I- sênéral Mmirke-MattiioLi
$mt
autres royaume» envahis par nos armées. — Maïs l'Espagne était notre alliée naturelle, l'Espagne ne demandai! pas mi" 'is que de s'affranchir de la vaniteuse lukllr \\v h Grande-Bretagne qui ne s'impose jamais qu'à prix ù or, et celte lutte désastreuse fui pour nous la cause première de nos malheurs e( de notre chute.
Oerie
t, les nobles courages, les généraux habiles ne manquaient pas plus au midi qu'au nord; il y euJ lâ-has comme ici de grandes actions, d'héroïques dévouements ; mais le bras puissant qui se lassait i\ frapper lis n .lusses unis dont L'hiver allait (avenir le redoutable auxiliaire, avait déjà compris 1a nécessité d*une retraite qui devait lui rendre des soldats aguerris; et les commandants des divers corps .1 armée en Espagne et en Portugal, se laissaient souvent aller au torrent qui 1rs entraînait, non point parce qu'ils ne pouvaient lui résister, mais parce qu'ils sentaient que toute énergie proh i..-iait la crise sans empocher la catastrophe, Cfe qu'il fallait donc, avant ioui celait de fane oublier au pays conquis L'injustice de l 1 at-
taoue, en se montrant généreux envers Je peuple ; ce qu'il fallait d'abord, après la r juéte, Gelait de faire comprendre au peuple que la politique seule avait allumé la guerre '■i qu'un funnereur avait cherché querelle à un roi; mais que lui. citoyen des grandes cités ou des bourgs, se verrait toujours respecté dans ses habitudes et dans ses mœurs.
Ce à quoi on lient le plus, c'est à ce qu'on veut vous arracher par la violence, e( le sacrifice le plus douloureux est celui qui von s est imposé. Les Espagnols avaient donné une paille de leur or, leurs villes épuisées ne leur appartenaient plus, et la famine étendait ses bras lou^s el décharnés sur les eampngnes saccagées.
Certaines provinces du centre de V Espagne se reposaient, encore endolories de la terrible secousse qui les avait ébranlées. Les remparts en ruines, les roules jonc liées de cailn- \ns . laissaient de trop sanglants souvenirs dans l'âme ulcérée des vaincus, et l'on eut crié a nn thème dans Saragosse contre tout insouciant qui aurait osé sourire au drapeau tricolore planté sur des cendres ence.iT fui liantes
l'UJfiL. CHEF 1>K MIQOELËTS
Pnjol plonge sa lame plus prolunthWnr. el un cadavre Lornhe, — (Pape 441
Palan»* .ivait iIi'Ti-ikUi de quartier en quartier, de maison en maison, d'étage es étaye, la cite glorieuse, Hun u'él ..
debout, ni hon ss p ni édifices. L'orgueil seul, cet orgueil
■i.-i1miii:iI i|ni sied si bien à tout cœur plein «h 1 son devoir, ■ dressait encore au milieu des défans ntuliïés par h. hache cl le tarante, ei le nom de l'immortel Païafox n'était jamais prononcr an su in des familles sans que Le père portât la main à son chapeau, sans que la reen deuil dit ■
son fils épargné : Voilà, mon entant, comme doit se défendre quiconque est traîtreusement attaqué dans ses foyers.
Sagimie avait donné à ses rois l'exemple du dévouement «■! du nipj'i \> ..h- l;i mort; Soragossc L'imita sans la surpasser, ni les funérailles des deux villes retarùVruii |n-n! -i'-li •■ de quelque temps la conquête morale des Espagnes,
Qui ne se retrempe mx sublimes sacrifices?
Mais ainsi ne liront i-;.- 1 tûtes 1rs provinces de la Péninsule, ainsi ne fit pas Barcelone [Indomptée qui ne c -
[irrijil jh-K, .[iii n'a jamais voulu comprendre que le commerce et l'industrie sont les lils de la liberté. Le jou^ mo-
nacal el te joug de Madrid étaient un poids si lourd aux ■ !■ aies des Catalans* que l'arrivée des Fiançais chez eux j fui presque regardée comme un UfiifaU* La Catalogue était devenue française : des préfets, des maires, des procureurs 1 1 *iv*m \ , drs tribunaux avec le jury remplacèrent les alcades, les goWnadorri/W, le* eorrejjidures, 1rs simulacresde l'inquisition mutilés sous im> h miles balances, el Les Français pii m ut un inmin'nf >v croire avec des amis trop longtemps négligés.
Cependant La Catalogne, loute (1ère de sa couleur si dis- Linele, ne voulu l consentir i la perte d'aucun de ses privilèges; elle si'inlila au contraire s'y rattacher avec une non* vellc force, et, pour prouver aux dominateurs qu'elle ne se sentait point blessée de leur lu telle, la vaniteuse niellait une sorte de coquetterie s étaler sis anciennes allures, qui du reste filai saimi fort aux nouveaux venus.
Ce qui surtout a droit de surpumliv !■■■ -iiMn^-rs am- '.int au sein de la Péninsule assoupie, c'est l'activité nécessaire i presque tous les jeux, à ni- - pie « ■ ml es les danses
auxquelles se livrent les Espagnols; cl ce qui est pur ii un perpétue) objet d'admiration, c'est ramour ou pluu'ii le fanatisme do tous les enfants de l'Espagne pour les combats de taureaux,
À ces délassements, en effet, toute artère t>nt rite, tout regard s'anime, tonte ardeur pétille* » niple les hem qui doivent passer avant l'ouverture de la fête, un sequcstionne sur la vigueur des taureaux reçus, sur la heaute.de> inulis h des chevaux montés par 1rs pU-tuh>rs. Les paris pous tel ou tel jouteur s'engagent Uourses longues de soie s'emplissent ■! « a quadruples neuves, i-.m rKspagnol i vaniteux dans ropnlniee el plus encore dans La i
l,i fôte est avant la fête. Quand elle arrive, ces! le bnnheur, le délire; le triomphe, c'est la frénésie, alors sttrtout que la corne du taureau s éventré bien -l.-> chevaux, broyé des cotes à bien des hommes, quand l arène est bien rouie de sang.
Et les fii m m es donc! voyez comme elles se parent avec coquetterie, nu: lh ut belles île leurs heaus yeui
noirs, de leurs cheveux d'ébène si longs, si soyeux, de leurs mantilles ,ï larges (ranges dont elles se drapent avec une grâce si dangereuse, et de leur incarnai vtf et coloré où se peînl le bonWii cl surtout le désir qui Les embellit encore 1 Une course rie inureaui est en Espagne ce qu'étaienl nos tournois aux temps chevaleresques, et uni prince sur le trône n'a été ssseï fort pour détruire cet ainnscmeni national auquel tout noble ou roturier espagnol tlenl autant qù*au pittoresque de son costume, à la majesté rie son km»
L'immense cirque Mlienplanehesaabdes,peinLesen vert, s'était épanoui sous les plus belles pannes, car il est d'usage ici de se vétîr d'une façon coquHie pour ei! 1er voir égorger des hommes ci des chevaux. Les éventails s'agitaient avec une grâce et une ngilitéâ fasciner les cœurs i l â lasser les yeux, tandis que rie leur coté Les jeunes soupi* rants, la cigarettes la bouche, envoyaient courtoisement avec un mouvement de tête imperceptible* parfailcment compris par le regard intéressé, la houlb'-e rie tabac parfumé vers la dame de leurs pensées- Les indifférents erraient ça et là, proposaient des paris pour tel ou tel taureau, soutenaient le picador Maiêo, ou gageaient des quadruples cou* Ire lui. La fêle allait son train, même avant d'être commencée, la joie el l'impatience ae peignaient sur tous les vis ges, les tribunes des hauts dignitaires s'emplissaient petit i petit; les diamants jetaient ou loin de vives étincelles, et les regards scrutateurs ries Catalanes, en se pro* menant sur la foule, savaient lien dislinguci les hommages rendus a leurs |n*r>onrn s ei L'admiration causée pftrl'éclai de leurs riches paru
Avant ri Vuhvr en Espagne, mi entendait les Français crier hautement contre ces corn! t*. meurtriers ■ n i h-s hôm* mes jiuuuit ] < k ur vie sans aucun bénéfice pour la s icïélé; ils disaient qu'un des premier icles de feur code porterait
l'aboli u le «es joutes de sang, de ce» tueries barbares,
et, ils s'indignaient que 1rs Espagnols les eussent gardées si longtemps dans leurs mœurs toutes de galanterie. Selon eut, tes dames qui assistaient à de pareils spci Lacles méritaient des flétris- m es |nib!iques, i ils Enaienl d< -. inathèmes pour ton le jeune li lie qui conta il les traits rie courage et d'adresse dont elle avait été témoin à ces jeux si palpitants.
Tant que h guerre fui permanente, su n lui i tant mie la formidable guérilla de. Pujoj s'était ruée sur h ■ convois, Barcelone nYul point lîefeies populaires, les danses publiques restèrent interdites si par «ne loi, du moins par
un sentiment de dignité nationale. Les lui lia un* sérénades avaient cessé leurs accords, et c'est â peine si dans les rues silencieuses les incertaines vibrations de la mandoline faisaient soupirer la brise de la nuil
Les Français dominateurs n'avalent pas voulu d'abord les fêles guerrières; ils trouvaient mesquines el froides lesrornn h ces des amoureux, et ils i lé poétisaient celle Espagne poi tique qu'ils ne connaissaient pas ou dont ils ne voyaient que la lente et douloureuse agonir.
Mots Pujnl portait une cpnuletté française, peu de cadavres hrnrlaieni mi r les route* publiques 1rs unies des chariots voyageurs, les convois d'hommes et d'argent srri-
nuit sans être trop inquiétés h les dé s*i f-
façaienj presq lans la quiétude préseni
Ainsi tout semblait reprendre sa couleur primitive dans Barcelone rajeuni* . i m. excepté pourtant le combat de taureaux contre lequel s'élevaient tant île voix menaçante
Pujol prit sur lui île braver h s cris el les colères, u lança dans les montagnes environnantes une cinquantaine de si hommes les plus alertes al tes [dus exercés ;i la chasse des taureaux sauvages, el un beau m min on entendit dans quelques rue* rie h vrih un roulemenl terrible et prolonj qui forçait les habitants â se barricader dans leurs demeures, C'étaient les soldais du miquelet, montés sur de légers coursiers, armés de piques, menant m milieu dmx une vingtaine de taureau* étonnés de leur obéissance, nu se promenant peut-être de prendre bientôt une revanc éclatante.
Us rameaux furent casernes, et Le lendemain on se pressait autour de l'enceinte ou ils se préparaient i la lutte, et chacun pouvait admirer la vigueur et l'audace de ces n doutables champions* dont les cornes effilées mémo iei Le ciel.
— Que prètenriez-vous faire.' dit Maurice-Mathieu à Pujol qu'il avait envoyé chercher,
— Donner nue course <\>- taureaux.
— Je les ai défendues,
— Vous les permettre!,
■ — H y aura du sang versé*
— Je l'espère bien*
— Vous teignez de ne pas me comprendre.
— Pardon, général, je comprends très-bien nous menaces de In r rie vos troupe .
— C'est cela.
— Ne craigne* rien; s'il y a du tumulte, ce ne sera que
tiarmi ceux qui ne trouveront pas de place dans l'enceinte. *as iiu de mis officiera n'y manquera, et vous-même je CroU qiu* vous aveï h Hi- à] ljm r ta luge la plu» h et la plus eom mode.
— Cela esi donc bien attrayant?
— Cela est noble, cela esi grand* Un homme contre un taureau, ries S ments épouvantables, des cornes aiguës, des mouvements rapides, de la rage ci de la douleur contre le calme, le silence et l' Vous vero rai, si de pareils amusements u ont pas une ton h- .-mire poi que vos anciens el ricï; i tournois où l]on se bardait de ter el où l'on se meuaçnit avi > d>-s la née- émou et des glai ns tr; m haut. Il n'y a point rie courtoisie possible entre les adversaires descendus dans la licc r et il faut que l'un des deux succombe.
— Mais cela csl horrible!
— Cela esi beau, voila* tout, répondit Pnjol d*un air triomphant.
— Ecoutez, je laisserai annoncer le spectacle: les alcades permettronî qu'on appose les aftlches; mais si mes officiers apprennent que les soldats veulent s'npp imt an combat» je ferai évaquer le cirque.
— Vous n'aurez poiui celte peine, général. Un proverbe riii ipie qui n'a pas vu Séville n'a pas vu de merveill* moi je vous dis que relui qui n'a pas vu de combats de lau-
ux n'a pas vu l'Espagne. Vos Iroupes se révolteraient eoutre vmis si vous leur otiez cette satisfaction.
— Entrcrex-vous eu lice
— Peut-être, dii Pnjol en baissant la rois comme s'il méditail un sinisire projet.
— Ave/vous déjà combattu des taureaux dans un cirque?
— Général, j'ai tout fait
— Excepié le bien, dît Maurice-Mathieu en souriant.
— Vous êtes un ingrat
Pujol avait dit vrai' Pas un des officiers de l'année d'occupation ne manquait i la course, tous s*) étaient rvn*" même «-n oubliant leurs devoirs: i en ce moment on avait tenté one attaque contre U ville, toitr. dél impossible, car le is-ofliciera et les soldats avaient i lemenl envahi h te de l'arène. La curiosité est le plus puissant des aiguillon
Cependant lè> fanfares oommencérenl leur harmonie, les cœurs d. s Catalans battirent avec plus de violence; et, (
na
PUJOL, CIïEF DE M1QUKLETS.
dis que dn ns leurs cases respectives tes taureaux étaient excites ['H" îles oiqnres aigles ci des poids dont nu surchargeait leurs épaules, les pîcadores, les galtadores el les tûréirlnrcs, par quadrilles et vêttia de la manière In plus wquelte, parcouraient le cirque, les uns étalanl avec orgueil leurs mnsrb>s îdcins de sève pressés sous la soie, les autres h m- . xhéme habileté a manier leurs emirsiers. Quel ques officiers de. Imjol a nied et on costume île jiji.|nelets étaient aussi descendus sur le teire-plein avec un petildrapeau rouge à l'aide duoueî on eM ■ii«- Le taureau; ils se promenaient bras-dessus, bras-dessous, comme -si l'heure du péril ne lierai! jamais sonner, el ils s'étaient ropendanî cngnii' ; s ri arracher du front du taureau qu'on disait le plus furieux une cocarde rougn fixée par un ruban autour -le ses cornes, Sur crllc roi trouvaient ers mois: OiU
pfarfra «w raûigio «r. El cette somi ail en effet p mise à la main téméraire qui arracherait le m lion.
Les soldats de Pojol n'étaient ;ias gens a* jamais refuseï de lor; mais dans cette rirennsta- ni voyait nue leur amour-propre surtout était enjeu et qu'ils ne se disputaient l.i victoire «[ne par vanité.
Pendant que les < 1 uvs battaient d'impatience, pendant i[Ui' les yeux H ie reliaient où devait s'ouvrir la première barrière par laquelle le taureau allai! s'élancer* que faisait Pujol? Seul préoccupé, l'âme tout entière à la vengeance, il s'était accroupi inaperçu prés de la case où h taureau le plus furieux avait déjà reçu sur le front la cocarde et le ruban. Mais lui aussi il avait caché BOUS un des plis de son polit tu nieau un morceau de soie notre d'un iiiecl carré, sur lequel on voyait écrit en lettres rouges deux mois, deux noms dont la vite, don Lie retentissement le brûlaient comme un fer i Là il fut accosté par Beppa velue en
miquelet.
— hijol. quel est ton projet? hii dît elle à voix basse,
— Tu le sauras tout â l'heure, répondit Pujol en i^rincuit des déni
— Fais-m'en part, afin que s'il y a un péril o courir je puisse le partager.
— V.i, Beppa, il n'y a rien a craindre, pour moi. Laissemoi seul; Loi d mon cdléon nous remarquerait davantage, et jusqu'à la plus belle course je veux rester inaperçu.
— Tu t'épuiseras en vains efforts, Le senor Marcelino n'est pas dans le cirque, tu peux m'en croire : j'ai r r m ■ al-
Ûdés i 1 ! Ils .n aïeul reru mes ordres.
— Noble fille! dans chacune Je tes paroles un gage de tendresse, à chacun de tes | as iI.uk la vie une nouvelle preuve de t-m dévouement. Le ciel l'en récompensera t ISejipa, car il doil y Avoir un ciel pour loi.
— Je n'en veux point si Lu ne dois p-,s m'y suivre, Mon ciel a moi, ce sont te- yeux quand tu me reg ries avec amour; m m ciel à moi, c'est ta main quand elle presse la mienne avec tendresse; mon ciel a moi, c'est le prJage de tes il ■iileurs plus encore que le partage de les joies : je n'en connais jins d'autre, je n'en veui pas d'autre; mon ciel à moi, c'est l'enfer à les cotes.
Pujol et Beppa se dirent adieu , et les lutteurs Se préparèrent au premier comb t-
Uiic petite porte s'ouvrit, un uureau noir comme du jais s'élança, et à l'aspect de tant de monde placé en amphithéâtre il s'arrêta surpris, ion vranl el fermant les naseaux avec violence, graitam la terre de ses sabois, et poussant des beuglements sourds et répétés. In siffle! aigu appelle son attention ; ses yeux suivent la vil-union aussi bien que (treilles, ri t'agite snltador qui Ta fait entendre se présente hardiment a la bête écumeuse. Les voilà en présence luit de l'autre. Le saltador tient de la main jambe un petit drapeau rouge qu'il agi Le devant lui en l'excitant par des brr.,< brr... provocateurs. Dans sa droite est un dard ahju on sont noués des nattes de rubans et des grelots.
Le taureau prend de l'espace, le saltador esl immobile et attend; Le taureau roid il ses muscles, se ramasse, frémit, baisse La tète, piN fortement le sol el part... Le saltador bondit de cdlé, présente le drapeau ronge a la bétefurieu qui rase sa poitrine, lui lance an dard au* flancs et se retourne |i> ni r sourire au taureau qui après a\ >ir frappé dans le vide, roule ses naseaux déchirés sur l'an m ,
Apres ce premier saltador qui n'était a vrai dire qu'un
picador, et qui se courba humblement vaniteux, ami iccla* mations bruyantes, des spectateurs, surtout aux applaudissements des Français surpris d'une pareille adresse, un nouveau saltador se présenta plus leste, plus intrépide encore. A sou aspect, le vaste champ resta libre. Le taureau s'allait el se heurt ail souvent en lire les barrières, afin d'arracher de les lianes les dards eflïlês qui les déchiraient : mais ils pénétraient plus profondément à chaque secousse, et la rage de L'anima! puisait dans la douleur des colères plus dangereuse s.
C'est alors qu'il a ai teint le naroxismo de ses fureurs que le snltador Papnrlk par nu sitllei. Tous les deux se mesurent» plongent un regard dans un regard, se rapprochent et s'éloignent l'un de l'autre comme deux habiles tacticiens qui cherchent a se surprendre.
^'impatience des spectateurs était en baleine; tous les cœurs patpil Lient et tous les yeux se filaient sur les deux adversaires, allant i!« b celui-ci à n-bn-L'i, ainsi qu'on le fait au théâtre quand Jeux interlocuteurs s -ni mu- La Mjéuc.
Le taureau veul une victime, le saltador t el qu'un jouet- dans le premier la soif du mou', dans te second le désir de briller. Cinq ou six fais déjà les manœuvres de taV ii ornement ont eu Inm. el toujours sans résultais. L'homme doit provoquer, mais non commencer l'attaque, il cependant de nouveaux combats sont préparés \ la fête. Le
s.iltanV qui viut uu'il faut en unir, se rapi isse, s'açe-
nouille, pour que le taureau, qui ne rais ie qu'avec h s
veu x, se croye e u y r> sen ce d 'un ad vei s a ï re ai se a rai ne re. Pris au ptége, le taureau s'élance, lt 1 saltador se redresse,
ite le drapeau rouge; le premier btï.w h i.'ir, Tenue les yeux à leelat de la soiej frappe; mais un pied s'a|>pui6sur le fronl île la bête, deux mains s'cLayeui ib si - cornes ; le cou du taureau a^iie ses muscles, et l'homme i|iii devrait élre lancé de l'avant et broyé contre tes barrières, passe en l'air sur le dos de son ennemi désappointé et tombe dcboul ri vingt pas derrière lui.
Oh! alors il y a de lenthonsïnsme dans le cirque, et je vous demande ce que doivent éprouver cens qui, pour la première fois, sont témoins d'une adresse, d'un courage et
m sang-froid s: merveilleux?
l/affiiire du saltador achevée, le toréador se nte
môme sur un magnifique coursier; el là, plein de vigueur, armé d'une longue pique, il va au taureau qu'il l'o la défense; de sa main gauche il diri monture, habite a éviter les cornes acérées, et de sa droite îl plonge le Fer entre l'épaule et le cou de la bète surprise qui toinb'\ en jetant sur Le sol d'énormes caillots de sang unir mêlés de bave verdâtre.
Mais lorsque le saltador manque du pied le front du taureau, lorsque le toréador a pied ou â cheval no frappe point à l'endroit précis , hommes el coursiers lonleiu dans la poussière, les belles panne- volent en lambeaux, les lianes sont ouverts, el hs nasenix et les sabot S de la bète écuriMUse ne s'arrêtent que lorsque nul soupir ne s'échappe d'une poitrine*
Ace spectacle si récréatif, les tribunes *t les amphithéâtres s'agiteuL convulsivement, les bravos frénétiques font retentir les airs, le sourire est sur tout* ft tes lèvres, la joie dans Imites les âmes; il n'est point de parole d'enthousiasme qu'on refuse an taureau vainqueur, el peu s'en faut que celui-ci ne salue à son tour la courtoisie espagnole si empressée à rendre justice a son mérite*
Toutes ces choses achevé* s. d*-> mules su; n bernent harnachées entrent dans l'arène, l'iidécs par un muletier vêtu de la façon la plus coquette. Iles courroies luisantes sont passées aux pieds des victimes, un coup de fouet retentir, les fanfares jouent un air triomphal, et le terre- plein du cirque, ronge de sang, se revêt sous un sable poli dune nouvelle parure toute prèle pour un nouveau combat.
— Viens -tu de la course l
— Oui.
— Eh bien '!
— Petite, mesquine; j'y ai bâillé comme an sermon-
— Combien?
— Trois nommes Mus, deux blessés six chevaux aven* très et deux taureaux pîquéfl de la manière La plus maJadrolie.
— Tu es mi son, c'est honteux* L'an s'en va. La guerre est l'ennemi de h mi progrès, et L'Espagne aura bien de la peine â se régénérer.
Ces propos, on les entendait presque ait sortir de chaque course*
Mais celle ordonnée par Pujol, un peu froide jusque-là, devait avoir un dénnùmenl assez dramatique pour qu'on en gardât le souvenir.
Le chef miuuclel était connu. Ce ne pouvait Être sans un
Imissijiil h mi if personnel qu'il avait eu quelque sorte forcé 1 1 général -gouverneur à permettre l'ouverture du Orque, -I son absence m* me, car peu de personnes Pavaient reconnu sous son manteau, devenait I onjel de mille questions inquiètes oui se croisaient et restaient toutes sans réponse, On eut dit le prélude d'un orage, la première menace d'une tempête, el Pujol était ri tt en du comme la fondre*
La course se continua a ver ses divers épisodes de crainte, de joie, de carnage; et tandis que, par exception, loni le monde se félicitait du chois des taureaux et de l'adresse des combattants, Pnjul, absorbé dans ses douloureuses ré- Desiona, restait caché à la foule et préparait La vengeance méditée depuis si longtemps
Un grain, nombre" de victimes avaient déjà rougi l'arène . fia Ltadores et toréa dores s' et aient mon t rés d 1 g ne s de leur haute réputation, et cependant on attenihii encore le
taureau vjg eux dont Ions les chasseurs rivaient parlé
nvee effroi. |]e taureau, appelé Corréo, avait reçu h cocarde ronge, et pas un des jouteurs n'osait se vanter de La Lui arracher. Le dernier cadavre venait deiro enlevé du cirque quand les fanfares annoncèrent la nlus, belle course, c'estâ-dire h plus périlleuse* Les valets de pied se présenter en! ri h porte de la cabine, Pujol, dont Le bras pouvait atteindre les cornes de h bête, se penche, et, arme d'une pi lin t< i ilmielèe, IL appuie avec force sur le front du taureau; à ceil |! pointe était la bandelelte noire sur laquelle deux s terribles avaient été tracés : ces deux
noms étaient ceux de HarceUno Terez, le ravisseur de sa sœur bien-année.
La porte s'ouvre, le taureau heugle et bondit. C'est Le Lonnerre et l'éclair â la fois. Les spectateurs émerveillés ses allures d'indépendance battent des mains, et le taureau lier île cei hommage parcourt l'arène d'un pied insolent. Les picador es se placent à l'entrée des passages qui doivent les prmi''inr; les chevaux et les h>iv:ub.rts se tiennent jiriiilen.il h ni t à l'écart, et Corréo, dédaignant tout adversaire qui se cache et fuit, se place immobile au milieu du l M n [ne el sein Me attendre un ennemi.
Alors seulement on Kl distinctement les deux noms inscrits sur la bandelette; alors mi s'attend à quelque évéiii-nii'iii imprévu car Uarcelino !*■■. ■■/ csi i-hhihi dans u\irl 'lune, et Fou sait l'outrage que la famille de Pujol a reçu de ce noble Catalan
Un saltador se présente pourtant. Le taureau court à lui. es juive son pied, le prend par les llanr-s, le lance et lui luise le crâne contre la barrière, Un toréador, Harchena, le pins habile de tons, vent venger son camarade; le cheval el le cavalier s mit c ventres en un instant et foulés, ans [lieils.
L'arène se dégarnît; chaque jouteur se tient prudemment a la petite porte, et une nouvelle fanfare, annonçant I" lin de la course, se sonnait déjà par ordre du général.,, lorsque Pujol s'élance sous son brillant costume de velours, la tète nue, Les cheveux épars, IVeil lier et menaçant. A Faspect du clicf de la terrible guérilla savançani seul, d'un pas ferme, vers le taureau haletant et broya ni déjà La terre de ses sa bol s durs et raboteux, le cirque entier |uiu,<m- un cri d'admiration el le mnn Je Pujol s ■ ■ebappe de tontes les poitrines. Il est aimé d'une courte ■ I"' 1 '"mme nour un combat singulier; ses pieds sont cnau& espardillas, car il ne veut pas que le sol glisse sous lui; il va là comme à la rencontre d un ennemi qui l'ait end t comme- il allait â L'attaque d un convoi, sans peur, avec calme et sang-froid* Il ne veut pas d'une iongm fatte; il veut rester seul dans l'arène; Le taureau vent rester seul aussi; le premier choc sera rude, le premier élan sera terrible.
Le taureau s'indigne qu'on ose l'attendre, le miquclct
s'irrite presque de i'énuuion de la foule qu'il regarde de lemps i autre avec dédain 11 pose enfin son pie<i gauche en ayant et fait entendre son redoutable s î filet. Corréo a frémi dans tout son corps; sa queue rapide hat ses lianes, et frappant du pied le sol qui retentit, il s'élance contre la I ut] Ici ne de Pujol qui s'écrie i A nous dm j, Marcclino Pcrcz !
L'énéc du miquelet est entrée dans le cou nerveux de son champion, qui force Pujol a reculer. Mais lui, il a saisi de sa main gauche la corne Au taureau, ei - 1 droite il plonge, il fouille dans la chair de son adversaire. Attachés l'un à l'antre, ils Labourent et creusent le. sol. La foule iiiuHie ni> sait encore ]iiel sera le vainqueur.
Cependant les mouvements du taureau sont moins rapi* des, Pujol est parfois encore enlevé, mais il retombe toujours debout, étonné d une si longue résistance : un beuglemenl sourd annonce en lin une agonie. Corréo reste imnu kbile sur ses jarrets frémissant s; Pujol plonge sa lame plus profondément encore, et un cadavre lonihe...
C'est alors un transport,, un délire, une joie frénélique dans toutes les parties du l' in me. Les Français surtout agitent leurs chapeaux en l'air, ils battent des mains avec force, et Pujol, avant de quitter l'arène, insulte a sa vielime en lui appliquant sur le front un coup du plat de son épêe.
il allait disparaître quand on lui apporta dans une belle bourse l'or destiné au vainqueur, Il y a d+^ gueux a la porte iln Cirque, dit-il, qu'on le leur distribue; ce n'est pas de l'or qu il me faut, à moi, c'est du sang!
Mil
cm-: su; en. — i m-: ai;" mi
Prêtres, nobles, mendiants, voilà l'Espagne.
Depuis GharlefrQuinl, depuis Isabelle, Luut s'est abâtardi dans ce royaume qui n'en f si |.lu- nu que par sa grandeur passée*
L'Espagne n conquis PAmérijue, l'Espagne a eu ses grands capitaines, ses grands ministres, ses grands écrivains, ses grands philosophes. L'Espagne est aujourd'hui la plus petite des nations européennes.
Que Faudra iVil â l'Espagne pour qu'elle se régénéra t? Qu'on la laissât faire. Tout le monde, dans tous les temps, s'est mêlé de ses querelles. Après la conquête du Pérou et du M" m- peuple n von In Ta tderâ dépenser ses
quadruples fabriquées avec loc du Nouveau -Monde, comme si elle eut été inhabile à s'en appauvrir elle- nié me. Chaque vagabond se ma sur ses cités florissantes, chaque avide spéculateur se jeta an milieu de ses entreprises Ses onces roulèrent sur ions Les cumploir^ excepté sur ceux de Cadix, de Barcelone, de Valence et de Madrid ou elles ne firent qu'une courte halte, et il fallut L'ouragan de Vigo ii -m prouver aux Espagnols trop vaniteux jusque*]! quela brluue est comme la mer el qu'il s'agit d'un seul d« ses caprices pour anéantir les plus légitimes espérances d'un puissant avenir.
L'Espagne a toujours cru que l'or était la vraie fortune des Etats» Voyez ses terres incultes.
Le plus grand mal li en r de l'Espagne est venu d'abord d'elle seule, car elle a douté de sa force et a prêté Poreille aux conseils étrangers; el ceci est un contracte frappant dans les mœurs eues ha lui n il^ .h n- peuple rireptiminel, disant :i ions qu'il veut vivre en Lui ci par lui seul.
La paresse ce l'Espagnol naît de sa vanité, et cette vadite pourtant ne l'empêche pas d'accepter daulrni ce qu'il devrait n'acquérir que par hmméme* La paresse et la vantié, voilà les deux plus grands fléaux îles peuples*
La noblesse espagnole d'aujourd'hui est gueuse; elle
possède encore dans ses palais délabrés les portraits d< ses illuslres ancêtres, les bonnes James «fe Toiède t 1rs vieux blasons moisis, les manteaux de drap d'or; niais elle mange de l'ail cl n'a pas une piastre dans pis grands COf- IVis liiiiili k de Limes de fer et d'acier*
Si les moines d'Ëspaçne sont riches, c'est qu'ils mendient, et il serait vrai de dire que, dan» ce royaume, il n'y a que les imeux qui donnent à ceux qui prétendent ne rien iiviiir.
Le métier de que Leur est le plus productif de toute la IV-niiisuh 1 . Lorsqu'un moi m'- vous tend I;i main du la bourse, afin que vous y déposiez quelque chose, il semble 1 1 Mil naturel que vous lui tendiez, à votre mur la vôtre pour le même motif. Mais le moine espagnol ne donne jamais ijiie sa bénédiction, et ce n'est pas sans doute ce que v.ms .itlrndcz de IuL
Il est résulté un fait singulier de eel étrange privile que se sont arroge les moines, 1rs prêtres, les capucins el les religieux île tous ordres. Les ph]s désieuvrés d'entre tes d es « ènv rés se sonl dit un beau jour : — Puisqu'i m n'achète l'ln> ni clef d'or, ni Mnsim : puisqu'on ne donne désonnais des titres qu'aux voleurs des deniers publics, et qu'on dresse des poternes, pour '■• mknrs de grands chemins,
puiaqu us n'avons plus d*escnpeiies pour armer nos
ffuenllas. puisque nous ne possédons pâ& de jeunes et belles îilles .1 vendre aux gens de eour i-t iréglise, puisque hs arts el l'industrie sont au tombeau, puisque nous ne pouvons entrer dans les couvents h nous vêtir de robes saintes, couvrons-nous seulement d'un lambeau de chemise, et puisque le ciel de notre beau paya » si .vi chaud pour tins nuits, couchons sur la dure, et mendions i notre tour, car la mendicité seule enrichit, y tir risquons-nous ? si on ne nous donne pas, nous volerons. Ne sont-ce pas des vols que ces quêtes périodiques îles couvents au prolil de la pi ■ resse? Ne sont-ce pas des vols et des sacrilèges â h bis que ces prcdicaii"i:v dïmiTïïii mènes \\n\ effrayent le peuple et le menacent des tourments de 1 enfer quand il n apporte pas à la sebille bénite b j réal ou la piéceta qui doit lui donner sa nourriture du jour? flous, pauvres gueux, nous ne menacerons personne, nous nous agenouillerons
devant toul le m<muc el ts dirons : Hîett vous U
rmdet à Ceux qui ne DOUS donneront rien, plus sincèremeut encore qu à ceux qui nous viendront en aide,
Ici donc, mendier e'esi vivre, mourir de faim c'est fetre ripaille. Le gueuserie espagnole dame le pion â celle de flapies, de Rome, de la Calabre el «le h Sicile; elle est dune habileté » dêfîer les lois les plus oppressives, et toutes lois espagnoles se sont brisées conlre les mendiants iUt la (;aiaU.iL r ne, Av la Navarre ou des Àsturies.
Les gueux d'Espagne oni leurs usages, leurs mœurs identiques, «m plutôt leur code régulier *t uniforme. Tandis que les rivalité?* de province .» province voisine offrent un éclatant contraste, plus frappant encore que celui qui existe entre des royaumes très eh à les uns des antres
r toul ï^ royaume ■ n Ëspa^ur/, il est vrai de dire 411e
les -1 x de la Péninsule onl une allure, des manières et
des physionomies si exactement semblables qu'un jurerait qu'ils sont tous frères jumeaux, qu'ils ont vœu sous le même toit, se sont nourris à la même auge, se sont chauffés au même soleil et vautres dans les mêmes ègow
Le gueux de Cadix donne, sans se déranger, la nia in an gueux de Barcelone, et la mémo lèpre bienfaisante les n m m tous deux.
Le gueux espagnol court après la vermine et ks miasmes d'un cloaque en ie vous coures, vous, après la propreté' et l'air pur et libre. Si on l'a aumône d'un Un limpide et sa m, il le déchire et le roule dans la boue avant de s Vu yêlir. Le gueux espagnol qui aurait le malheur de ne pas oindre ses cheveux et sa barbe de graisse ei de suif serait indigne de figurer dans une caravane au milieu des bots ou dans une halle sous le porche d'une église; on le chasserait de la bande comme inlidele aux statuts de POrdre. On lui déclinerait k titre de gueux, et on le flétrirail de celui de dupe ou d'honnête homme, synonymes parfaits dans la langue de ces cyniques vagabonds, pouvant, comme
Medina-Cœli, do somptueuse mémoire, faire le tour de l'Es* j'iiiftic à pied, et COUCber toujours» chez eux.
Nu! savant docteur ne connu il la propriété des plantes bienfaisantes aussi exactemenj que le gueux espagnol connaît celle des plantes nuisibles. Quand elles lui manquent, ce qui est fort rare, il les remplace par le scalpel, et vous le voyei, Les jambes déchirées par une plaie verdfttre, les ouvrir encore a* l'aide de l'acier, et dire à son ami, témoin impassible de l'opération : — Demain, la piéceta tombera plus vite dans le sur \ au. ma plaie semble dater d'hier, et
r sompatil mieux aux douleurs récentes- Demain, nous
ferons ripaille.
Il y a fort peu de gueux eu Espagne qui ne consentent pas aux mutilations, afin d émouvoir la commisération publique. Les hnmmes étaient orgueilleusement leurs jambes el leurs cuisses ! .1 t;i loiile 1 lira ni aux églises; les femme- jettent iux regards des fidèles leurs mamelles flétries par de longues rigoles de sang, el leurs épaules où se promène sans douleur le mal artificiel qui lès vêtit.
friis chacun se fait signe ou échange des œillades, des mouvements de tète; un pleure à volonté, on sont il â la
lire enfant qui apprend la charité par In pratique, et quand luAire dis in r>i nehevé, quand lï'^lw; se vide, c'est un choeur infernal de cantiques â tous les saints, c'est un concert il* 1 possédés qui vous brise le tympan*
HVst aussi un passage qui l'obstrue, ce sont des mains
sensés oui s'accrochent aux robes de soie el aux mantilles de dentelles; vous êtes assailli, traqué, enveloppé, déchiré, et vous ne sortes de ce dédale horrible qu'api avoir jeté aux harpies quelques pièces de monnaie dont on vous remercie par nu verseï lui in intraduisible eu toute langue.
Les mîqueiets de Pujol, postés sur les hauteurs des déniés, soûl certainement plus aisés â éviter qu'une compagnie de pileux espagnols à la chasse d'une population dévote, el les moine» seul S ont le privilège de se soustraire a l'impôt force dont les au Ire s hommes se sentent frappés à toute heure il n jour et de la nuit.
Ali ! c'est que les moines et les autres religieux espa-
loIs sont, à peu de chose prés, de la classe des gueux;
si qu'ils mendient à merveille, eux aussi, et que l'on n'ignore pas que la curée est assez bien paria. • p;ir les bêles fan u ] s de même nature,
Viius trouves! dans ce royaume si bizarre et si curieux à observer des troupes ambulantes de comédiens, des troupes ambulantes de e hauteurs, des troupes ambulantes de toreadores, et surtout des troupes ambulantes de gueux. Quand les plaies saignantes des épaules asses longtemps joué leur rôle ci touché les cœurs, vient le tour des plaies aux genoux, puis celui des plaies à La poitrine. La comédie ne procède pas autrement; a la scène dramatique succède La scène comique; après les larmes el les douleurs* les rires et les joies- Le monde, c'est le théâtre; et qui ne sait que le théâtre espagnol est le plus riche de tous? Diles-moi un homme qui, à Légal de Lupe de Vega, ail fait jouer deux mille tu -uf rent cinquante-sept ouvrages.
La r 1111 se de taureaux, où Pujol s'était montré si brave et si généreux â la rois, avait attiré aux alentours du Cirque, comme l'.miil fait la veille la pieuse iï-u- de la Mernd, nue foule considérable «le mendirmis» lesquels comptaient sur de bonnes et larges aubaines; et cependant la misère devrait savoir que la joie est peu généreuse, et que le in al lieu r seul tend la iimïn au malheur.
Ils ne s'étaient pas trompés, et tout prés des ouvertures pat lesquelles on monta il aux amphithéâtres ou aux loges, on les voyait grimpes en tacticiens qui savent â merveille comment on parle aux yeux et au cœur de la
fouir.
Quand on vient, desangfroid, de voir tuer des hommes :'i COUDS de cornes, il n'en coù>- -n--n' dVji empêcher il "autres de mourir de faim, el quoique l'on soit bien convaincu qu'une iuéeeta ou deux de plus m- dispenseront pas le gueux détaler aux regards sa gueuserie, les uns donnent par habitude, le plus grand nombre par ostentation, peu par charité. Cela se lait ainsi depuis L'Indoustan jusque chez nous, cela s'est fa il ainsi druuïs le commencement
ŒUVMS DE JACQUES ÀIUGO.
dis siècles jusqu'à notre époque. La vanité esl reine du mande, vanité de gueux on vanité de millionnaire.
Cependant, au sein d'un di lunes de mendiants qui chantaient le plus » liaiilji voix et le plus naxillardement les cantiques dévots, 1rs întén i ta curée avaient re* marqué l absence d'une de leurs . compagnes, laquelle, grâce
â es feui de vierge expirante, d sa bouch ï. se cho-
■ 1 1 1 - 1 L i ■ h l t convulstvemenl des colliers de perles fines, n ses épaules nues, a ses clieveux tombant comme des Ihiis tumultueux | les voiler, et ii son sein diapré de plaies li~
ripnelait à elle seule lu générosité publique dix fuis pins une loutela communauté réunie; et t'est alors qu'on entendait le patron des mendiants dire â sa voisine d'une voix a arieuse:
— Kl Marthe ? je ne ta vois plus, où peut-elle être :
— Sans doute avec les amis,
— Tu sais bien qu'elle ne leur donne pas ce litre, et qu'elle ne veui rester qu'auprès de nous.
~- Laisse donc, c'est nue vaniteuse; clic ne demande qu'a* voix basse, elle chante â peine, et son corps n'csi ulcéré que > | u' une seule partie.
— Va, elle n'en souffre pas moins; tous les jours elle pleure, ions les jours « éteint; In lampe n'a plus d'aliment: ni puis y\\y esl folle; hier encore elle dansait, elle riait tonte seule, el si ru veux que je le dise tout, je crois qu'elle esl amoureuse de l'njnl.
— l'iih 1 lit l'autre en ouvrant de grand* yew hébétés.
— Je le parierais : elle prononçait sou nom avec d'autres nom* que je n'entendais pas fin! bien; mais eelui-là sonnait â Fairavec force, el s sœur battait, el des larmes »i ■< isses comme ça tombaienl Je ses yeux, h la pauvre peiiie se roulait alors dans la boue en disant dévotement :
— N'eSt-Ce |as que je SUIS belle cl [nue.' n'es! ri' pis .ju'il |]i";iiUHTii riinsi '
El elle se promenai! avec rapidité, et puis elle se remet* i il i rin 1 el ça durait des heures entières.
— Eh bien! continua un nuire gueux, ce que tu di^ II, Malrgo, est vrai comme le vrai, Biaribn est Toile de Pojol, celui qui nous donne toujours, el qui nous a jeté lri-bas tout l*o r qu'il a gagné au combat, Mari lia l\i vu passer tout é l'heure, elle a voulu se lever, et elle esl retombée comme un pli > m b; elle a essayé d> chanter, sa vois n'est plus sortie; elle m tiré snn couteau de sa poche, elle n'a pas eu la force de rouvrir, el elle Ve-l mise a rire comme lu le dis. lis inuJ à l'heure. Je gage deux oignons et douze radis qu'elle est amoureuse de PujoL
Qâ (ri'is-in qu'elle est allée en ce moment?
— A la rrîsrt, «m sur les pas de Pnjol lui-même-
— Chantons on cantique pour elle,
— C'est ça, chantons, les autres s'y laisseront prendre, el ijeiis donneront comme si nous chantions pour eux.
Les couplets rîmes aUèrenl leur train, el le Cirque était vide que les gueux attendaient encore, afin de suivre les cadavres des taureaux el des chevaux tués dont ils épieraient une part pour leurs provisions de ta semaine.
Maïs où dune, en effet, aurait-on trouvé Harthar Elle s'était rendue en riant & la rasa, ordinairement déserte jusqu'à La nuit, et elle était tombée expirante sur La un il le iï'lî-
L:i rasa consistait en une grande pièce propre à contenir cent cinquante ou deux cenis personnes couchées tes nues â côté des autres, et se nosani dos contre dos on jmi-
irinè contre poitrine, souvenl sans s'être j dis vues, sans
s'être jamais parlé. La nuit /c'était un cloaque infect etje- Uni au dehors des miasmes put ré fiants; le jour, c'était enen ri un ùgnui ou le remords ^nl aurait du chercher un refuge.
Lri quel' tues poignées de paille brisée, des dalles verdotres à côte d'autres carrés ne terre boueuse; au pied des murs, d'énormes pouti es pour s'asseoir ou pour servir dV reillers, et sur les parois du jemple, des crochets de fer portant les débris sanguinolents de quelque chat nu chien tué la veille, I demi enveloppés dans un lambeau de toile oïl dans un filet* (les apprêts de repas sont res| par
les gueux des sections de toutes les provinces, et nul n est traître à cet article du code* Le toit île l'édiilre est affaî
}l fr'J de larges gouttières, de *orie que lorsqu'il pleut
les geuêui vont se mettre à l'abri au milieu des rues.
Mariha s'était réfugiée â la casa, après le combat de taureaux et la sortie de l'ujol; elle venait se reposer de ses fa* lii-iirs de In journée; et les deux nul i es malades enfermés dans le cloaque étaient, l'un un vieillard de cent deut ans, bien portant, bon vi va ni encore ï l'ami-*- nu jeune homme de quinze ou vingt ans, tombant en lambeaux, tant son n d. ii r- pour les plaies artificielles avait été poussée hin et lui était devenue funeste*
Prés de ce lieu de misère, de houle el de crapule s'élevail, a l'anjili il*' la rue. une maison propre, élégante, coi|ui-i renient prime au dehors, ayant un gracieux pigeonnier sur le iiîi. des centaines de nids d'hirondelles sous Les ardoises respectées. Tout était riant ici, excei tan! les croisées bardées de fer, comme si on avait voulu arrêter l'air au p e. Là, dans de petites cellules proi" Jettes, cirées, aux murs revêtus d'un papier vert a* lilet blanc, est un prie-Dieu île noyer, surmonté d'un crucifix dél.p tie, puis un lii ;î rideaux ne toile grise, avec une bordure bleue, un oreiller a garniture de mousseline el une couverture d'indienne a* petits pois.
Vous y trouverez • j < ne un livre de prières, une arrii'dre dans le mur, un bénitier en faïence e! une branche de buis OU de laurier sur Laquelle, le jour des Rameaux, on a jeté l'eau héniiequî, comme on lésait, préserve de h foudre ei des [dilations de l'enfer.
( ante-six cellules, tontes régulières, adossées les unes
contre les autres, sont dans le même corridor, et lorsque VÀiHjvlits sonne ses trois eoups trois IViK répétés après un intervalle égal, l'oreille attentive du passant peut eu tendre un pieux bourdon urinent, pareil à celui d un essaim de joyeuses abeilles voltigeant de branche en branche. Quand Matinet appelle ni à l'église, nue clef tourne rapidement dans une serrure aux orts bruyanls T chaque cbambi i lie sa vide el voua voyez (non pas vous profane, qui ne seriez pas admis dans la maison de Lin m , miis vous confesseur rubicond de in ni de jeunes lii 1 elles) de petits pieds dans de petits souliers faisant crier le long corridor, se placer a la Mil- le % uns des autres comme Le feraient des soldats a lapa* rade. Les dévotes créatures descendent en silence, précédées par la supérieure au regard scrutateur et tévére t etde jolis doigts enfilés se plongent dans une grande coquille servant de bénitier, et le pouce faîl un , .iv an boni, puis une seconde sur la Imuebe, nuis une troisième sur la poitrine, en disant : Par le sîifne de la sainte crois, de a ennemis délivre/filous. neur. bi i tout esl couronné par un signe de croix rtrdinaire, et l'on s'agenouille, et l'on
prie, ou du moins jroil prier, car huis les livres soûl
écrils en Latin, et pas une d* ces jeunes vierges ne sait ce que von! dire Amen... qui. du reste, est hébreu,
Peut-être aurez- vous bien de la peine a me le dire aussi,
vous qui me lise?.
Dés que Mâtine* sont dites» on se rend .tu r. fermire. im Ion une avant de rompre le pain dont on couvre l.i surface d'une couche assez épaisse de confitures fabriquées dans la maison. a\prés Le déjeuner, dû L'on ne boit que de l'eau, on prie Dieu encore en disanl tes Grâces, et l'on eimrl au .faidin, OQ l'on cause pour liudinairc de ehnsenties OU plutôt devinées à nu fille parle cceur, mais que la crainte des peines étemelles tail regarder en fi'émissant, On se prend parle bras deux é deux ou trois â trois SU plus, car ramiriè l- rvente veut peu d intimités, et j'iHi se il' mande qntelte h été la dernière pens e de la
Lie, le rêve de I n% la première nensée du malin; el
Ton sedil plus bas alors que l'a" ;i été oppressée, qu'un
nuire ri" us les hummcS soûl des anges pour les recluses) est venu faire vibrer sa douce voix, qu'il s'est approche lout prés, plus prés encore, peur mieux se faire entendre, qu'ils fail tomber dans le cœur une extase céleste; que les portes verrouillées de la maison s'étaienl ouvenes: i|ue le ciel avait paru dans tout son éclat; que des danses l.i il huiles avaient eu lieu, el que de là, bu parfum de mille Oeurs, à lliarineiniede mille instruments, ;i telle de mille leudres paroles, a celle de mille jets de Lumière, au moment ou la lèle se periiniit dans un ineffable bonheur... la cloche de
Matinée, comme le cri du beffroi funèbre l>li le gkt|nssc* nti tu delà chouette, avait tout effacé.
— J fe .iï fait un rêve a peu prés pareil, la nuit d'avant, ili ;iii Ursule.
— El moi aussi, disait Cnlherin^.
— Ht moi, un rive plus beau encore*
— Kl moi donc!
— ti moi î
— Dis, oh! dis, ma petite Je t'ai tout raconté, mon amour, ne me caclip rien, i i.Nous si mmes si ignorant de ce qui se passe loin de nous*
— Eh bien! figure-toi que, pas pins tard qu'avant-Lur, m peine él lis-je endormie, qu'il m'a s- mldè qu'une main d'homme qu'une bouche d'nomme...
La cloche retentit» les oonvei >ns intimes sont inter* rompues, el l'on monte dons nue vaste salle d'étude ou a lieu une langue Instruction* On y ipprcnd a quilles conditions Dieu faite aux pécheurs, I quel piix un est béatifié, m L r aîde de quels sacr ces on peul obtenir des indulgenceSi comment un doii so tenir en dormant, comment il faut s>- poser a genoni devant Lélle ou telle figure du martyrologe, jusqu'à quel point la main doit monter et descendre pour Faire le signe de la croix, Usa pénitent qu'il esi • n n 1 de slnfliger quand on est poursuivi par iitn- coupable pensée [u'on vent chasserait loin, cl une foule d'autres précieux enseignements qui Um\ la vie iln cloître si c Ime el si hem ■ use*
âpres tp\u i leç qui dure deux heures, ni plus ni
moins les pensionnai esse retirent dans leurs n-Unles
m o la méditation. Elles descendenl pins tard ci vont apprendre à chanter dans la chapelle; ensuite elles ret montent, on leur fail réciter le catéchisme, elles disent le
BenedicU*', elles m autre sermon â entendra (je ne
dis p s i écouler). Elles m m il^ml quelques instants respirer encore l'air du jardin, où les douces confidences
itinueni et s'achévenl pour renaître h- lendemain, ei quand toutes ces grandes en oses ont i n lit n. quand la vie ,i circulé puissante narious les pores, on s'i nfermede nouvi "i dans l>i clismurette, on s agenouille, on prie Dieu,
on se déshabille, le som il vous saisit* vous berce des
iv s... et la vieillesse arrive là-dessus, puis la
mort, m nhc ci une croix de bois sur une II ^ileucïeuse.
Parmi i ml de discrètes ri pieuses jeunes tilles, on en voyaii util- toujours sewle, toujours les yeux baissés el les mains jointes choisir les allées les plus solitaires du jardin, lever ses grands yeux au ciel, el faire entendre di temps A autre ces mois sacrés : Mon Dieu ' miséricorde! miserii'iM'de!
Les larmes d'Àgatha tombaient alors brûlantes sur [es
tes paies ël creuses de la pauvre enfuit, et lorsque, effrayé de cette tristi |ui rida il si profondé mon I un
<U seize ans a peine, h 1 confesseur avait demandé la cause du remords qui torturait la pauvre enfant, celle-ci lui avail dîl a deux genoux : ,1e suis innocente, mon père, innocente el pun • mme la tille qui n « quitte tes bras de sa mère; béni moi, car je souffre; frimez-moi, car l'enfer me brûle, el je suis innocente.
\ l'ég! se, Àgatha était la plus saintement recueillie la prière, c'étail celle qui se Frappait la poitrine avec le plus de componction : et quand elle chantai! seule au chœur un reisel Je Ihvld, on eut dîl le soupir loin lin d'une harpe d'or, ou In di mi ire vibration de l écho ,mi une p irole céleste.
Toutes les pension n ûres de la Merced Aimaient A. itha,
tics la hi liraient, il!.- n'osait rinlerroger; elle leur
souriail i toutes, elle aussi, car elle étail bonne *■! Indul- i nte, el elle avail c nmprîs qu'il ne (allai! pas trop ifllk les cœurs purs el natis.de crainti de lourd er le dégoût de la vie, La religion, dans ce qu'elle a de pins coniii «-i de plus noble, avail empêché jusque-la Agathe de penser au suicide; ni ni s il .■ i des tortures contre lesquelles toute puissance succombe, el Agalha sentait, hélas] que h ■ chargerai! bientôt d'achever son supplice. Àgatna était ippelé ta lafoli dans toute la communauté, et seule elle avait le droil de sortir de la maison,
d'aller quêter an profil des malheureux et de distribuer [es au moue s â la misère.
Elle s'acquittait de ces pieux devoirs avec un tèle, une probité et un discernement exemplaires, et le quartier qu'elle parcourait semblait heureux du psssagedela jeune vierge martyrs, comme disait la foule empressée sur ses pas.
La casa était souvent visitée par A^atlia, et, à Sun aspect, les pieux se levaient, se signalent, arrêta i eu \ leurs Jurons â h gorge, el chantaient des cantiques. Hais la course de taureaux ayant épuré ce jour- là le cloaque, Agalha n'y trouva à PciUrée de L;i nuit que h jeune Martha et
les deux hommes dont je vous ai déjd parié. Ceux-ci reçurent un bouillon bienfaisant et quelques rêaux. Puis, s'approcha nt de la tille quelle n'avait jamais vue
— Vous p ses beaucoup souffrir , lui dit-elle d'une vois caressante et en se baissant sur elle; ou est votre mal?
— Là, là.
Et Mari ha pressait son cuuir sous sa main frémissante,
— Espérez en Dieu ipii guérît tous les maux.
— Dieu ne peut faire que en 4111 a été ne suit pas.
— Dieu a des rem «les contre toutes les blessures,
— Taises-vous, tille, Dieu est le démon
— Quel blasphème!
— J'avais toujours prié, j'avais toujours été pure.,, un jour... un j"']!"... un jour..*
Et Marina éclata de rire; mais son rire était une convulsion, ses dents s'entrechoquaient, ses Firas rnîdis frappaient le mur, sa tête se roulait dans la fangi cheveux hérissés obéîssaienl aux mouvements fébriles de rinfortunée, et de sa poitrine haletante sortaient ers mois : Pitié! pitié f . î*ai un ami! pitié! je suis sa Élancée, j'ai la ma belle robe de mariée.,, voyez qu'elle est belle! comme je suis belle aussi moi! voyez comme le ciel esl beau! Son amour â lui, c'est le ciel pour Martha! Allons-nous fttre heureux, lui par moi, moi par lui... Kl puis...Taisex-voug, des gitanes, le feu... des montagnes, des brigands, des assassins .. .1 l'uîol! PujoiL.. OSt : l'enfer!!
A ce mot terrible *l pnjol, Marlha s'étaîl > tomber
de tout Sun poids sur la dalle froide, ei Apiba n;ïle comme un cadavre ravail suivie dans sa chute.
— Que dis-tu de Pujol ï
— Ai -je dit Pujol?
— Oui, oui, tn l'as dit...
— Lh bienh.. que me veux-tu, toi? le rmi nais-tu î Vastu vu? lui as-tu parlé? Sais- in que l'uj'd f'esi Satan? suisin ujeje voulais le tuer ce malin, et ^ue mou couteau m'a Hcliappè?... l'njol est Satan, te dis-je; il m'a prise, moi vie • ns tache, il m'a livrée à ses linndits, il m*a Jlé i -
trio! flétrie, eut Is-tul Lt je me suis faite mendiante
pour le suivre et !■■ imi Hais Dieu ne te veui pas, Dieu m'appelle, je meurs... je ne souffrirai plus, j'espère.., il
mou Dieu! pitié ! pitié ...
Et Hartha riail eu prononçant ces paroles. Agatha >'éinii élancée d'un bond vers la m;ii lin te et était renu avec le prieur.
Hartha m Unît rendre le dernier soupir, te prêtre el \ lha revinrent et se mitent â gen -us; le prêtre lira d'il boite d'orum ■ ■ ■ la prit entre deux doigts et,
au moment ou il allait la présenter anx lèvres de la jeune tille agonisante après lui avoir jeté son pardon, Àgatl a Jït nu rapide mouvement, s'empara île l'hostie et s'énia ; À nnn. a moi ce sainl ministère aujourd'hui!
Puis, relevanl de sa main gaudje la tête sanglante de la jeune Karihn :
— S.. ni- de Mai^eli reçois, lui dit-elle d'une voix
suppliante, h- stiinl viatique de la sœur de Pujol î il loi le
désnn ur par mon frère, d moi le déshonneur t*ar le
lien. Tn es plus heureuse que moi, Hartha, car tes tortu-
ronl finir el les portes du ciel l'ouvrent pour Les mires. }\ ni li.i ! Marthn ! veux-tu le viatique dv h sunir de Puiolï
L.i liimche de la mendia j ouvrit avec effort. Dieu pénétra d.ms son âme. ses yi-iix m- fermèrent, sa main pressa
d œmenl la main d'Àgatha, et l'on entendit suus le der*
nier râle ces dernières paroles :
« Mon Dieu ! tu es la justice même. »
Vo\ispurjl5sep beaucoup souffrir, lui dil-clle d'une voïk caressante,- — (Pape Al.)
Le lendemain, Pujol reçut un billet ainsi conçu : « Frère, la sœur a été vengea, fais comme elfe» et jette dans le sein de Dieu des paroles de pardon. Wartha, la sœur de Marcel î no, est morte hier ilins mes Iirs, â la ai sa des pauvres de La rue Merced, Moi, je vis cloîtrée jus'iuYi ce nue le ciel m'appelle â lui. Ma mère sait *\\u- je \i< : ûbûssnijs ;mx diV-riMs d« In Providence. »
Le soir de ce jour si triste, on voyait une bière recouverte d\m drap noir sortir d'une église en deuil nu l-rulaieot encore mille cierges ; un nombreux cortège précédai! la dépouille de ta jeune fille derrière laquelle une population entière de pauvres mai « haït, psalmodiant des versets *, cl le cortège silencieux était protégé par des hommes armés de sabres» d'escopettes et ta poignards, le front baissé, Les yeux ternes, en tète desquels cheminait silen-' 'iouscmenl, entre une ^ituni ' ll pleurs et deux officiers mtquelcts, un petit homme «pie vous auriez dit marcher
m supplier,
Les soldats, citait la redoutable compaguie de Pujol,
celui '(ni les commandait était Pujol lui-même,, le convoi était celui de Mari ha PereZj «[in! avait naguère jetée en piltuiv j ^es hamlil
A tirés la vengeance le pardon !
Pujol ne pouvait pardonner nue Lorsijiie la victime était dans la tombe.
''► ius voyez la générosité de Pujol.