REPOS
Pujol n'était pas un de ces esprits actifs, un de ces caractères robustes <pii, en présence des circonstances les
plus difficiles, se d ressent de tonte leur hauteur, et su posent merveilleusement pouï prévenir le péril, pour le neutraliser et k vaincre, Won, rame d*- Pujnl était ^iiniiv mieux trempée; die prédisait les événements on les Êbi- Htl nnitre. Tout succès qui tenait du lusnnl IHrritnit ; il ne croyait qu'è une puissance, celle du poignard el de rescopette, el il disait que rien n'était plus aisé è irout qu'un seul Iilwiiilc aussi ftirl quâCtinl mille Inuumes. Le courage ■!> Puyol se retrempât à chaque catastrophe, je ne dis pas à ri ni. | m- revers, car il ne fut jamais battu; mais,
dés que ks Iiouimcs et les éléments se liguainji * tre lui
pour s'opposer a ses projets, il y avait entre eui une lutte ardente, et nulle colère n'était capable de h' dompter
hijnl avait nue âme nour la haine et une pour l amour. La reconnaissance de l'ujol pour nu liienfaU allait jusqu'au fanatisme, s;l vengeance pour un outrage jusqu'à la férotiLe. Tmit ce uni était audace ou témérité le dèsai malt ou le trouvait disposé à la ciémeuce(r<ïr il avait par thnnêplm d'une fois) ; tout ce qui sentait rhvpoaisn i n
Lii faiblesse le trouvait inflexible; une parole insolente l'aurait pi ni ni adouci qu'une prière, ei il ru* ei un prenait
les pi * que lorsqu'ils témoignaient de L'impuissance de
li colère. La vieillesse et LVufance étaient pour Pujol deux objets de respect et de vénération, et Ton raconte Je lui à eesujel des traits d'humanité qui l'honorent et le relèvent. Ainsi, après la prise d'un convoi, il n'était pas rare de le voir arracher du sa part du Lui in des s mimes considérables, en charger quelques-uns de ses mîqueîet* les
plus fidèles, et leur md ter d'aller à La découverte .1rs
plus grandes misères afin de les alléger. (In'uii tu- trie
nomme nulle part, ajoutait-il, et surtout qu'on distribue cet or pour les besoins des enfants et pour la consolation des vieillards : les premiers <nit longtemps a souffrir encore, el nous devons adoucir h-s maux de ceux qui s'en font.
Hoh <ï"i déroule ici cette histoire si féconde en Iragî* ques dcuonmcnls, je vous dirai quefai vu les yeux de Fujid se mouiller île Larmes an souvenir dt: la un ut d'un
i-Atn?. *— vn\ siuwt iiaçon i:.f t c É vit: i/Enn-rmi, 1.
ami; il lorsque, plus tard, il apprit, a Perpignan, lei tta« bisous qui avaienl affaibli Napoléon, et tes derniers offris de la lutte qu'oui â son tenir |r? grand homme pour prolonger de quelques jeans sa douloureuse agonie, s:> poitrine se fionlîa, ses bras se raidirent, sespoîngs se fermérenl convulsivement cl il s'écria : « Pourquoi Pujol n'a-L-il pas été appelé II n'aurait pas donné la victoire, sans doute; mais le* lâches el les traîtres De se réjouiraient pas un jour de h ut trahison et de leur lâcheté, Quand le fusil et le sabre oui f.iit noblement leur office contre des poitrines de braves gens, c*esl au poijrnard â jouer son ro'e dans les flancs des misérables, s Puj< ! c eu] point été assassin ni
i Pujol eût été vengeur; il aurait, je L'atlei énergiqm menl accompli sa mission; mais Pujol longtemps encore, demeurera Incompris.
1] jouait aux sentiments comme il aurait joué aux dès où aux cartes, linsi, des qu'il avait reçu un bienfait de quelqu'un, il lui était dévoué jusqu'à la servitude, el si, plus l, la même personne lui devenait hostile, Pujol se (lisait : a On m'a oblige au I èfois, on ma desservi sujour* d*bui, nous sommes quil rien de fait, » C'était d a recommencer et â se ci i ae nouvelle îiffcction ou une
tvelle haine, L'ne i ïc a un honneur, étàienl Joués en partie lire. Pujol m nptait pas autrement
M disait encore, en conséquence dé principes, nue le métier di > 1 1 l | ■ ■ élail un sol mélîer, en ce sens I qu'il encourageai! us de m au ta î se toi* Ge qu'il affectionnait, avant' ton L c'était \,i droiture. Dans toutes les occasions de la vie, il tenait pour in filme ci lui qui, après avoir foi! nent. 9e parjurait, el à ses jfeui il valait mieux ennmettre un meurtre qui fui. un mensonge, car tout mensonge esl ■ Idche
Imjol savait fort bien qui\ parmi les oui ci ers français* il nViaïi regardé que comme un brigand dont on employai! le courage, el il avait tiduvent A rougit* de certaines observations humiliantes faites devant IcS généraux. Mais il se vengeail de ces attaques indirectes jiâr le sut- ■ inattendu de quelque entreprise diluVib*. el lorsqu'au retour nue main généreuse pri sienne! il se munirait d'autan I plus sensible a* ces marques d'affection qu'il y était moins haoitué.
Au surplus, la droiture dé son esprit le dévoilait si noblement dans toutes le* circonstances, quesonvenl on le prenait pour arbitre dans les p-ravèfi [uëstions débattu* et qu'on n'en appelai! jamais de son prrfiL
Dans les salons du maréchal, dnftl les appartements des iers, Pujol marchait â côté des capitaines, des commandants; il était leur égal po [rade, teui égal au moins par la bravoure, et plus que unir égal par les rices rendus, et pourtant, oans les promenades publique
officiers de l'armée franc lise ■■; n - I '■'■■ il s tué de k main. s'éloignaient de lui et le laissaient sent, dans la craint'' -' -'■ montrer solidaires d'une trahison qui leur i si profitable. De son côté, Pujol humiliait ces dédains en se pavanant au milieu de ses intrépides compagnons, ut tenait par le liras sa belle et glorieuse Beppa, a qui plus d'un officier de l'année de Maurice-Mathieu avait inutilement adressé mainte oeillade amour*
Quant aux efliciers Supérieurs, aux généraux, an maréchal lui-même, il n'était pas raie de les voir bras de bras dessous, avec Pujol, causant familièrement de plaisirs et d'affaires sérieuses. Ils voulaient, â laide de ces pro dés,
guei
rtiver le cas qu'ils frisaient des services du chef lero, et peut-être craignaient-ils aussi qu*il pe leur i"i ! :.!■ pp h . nu moment surtout où les nouvelles arrivées de France Bemblaîenl présagei de grands malheurs. Au cende ces honneurs „ d ions i decesanti-
es publiques, nées du sentiment quetoui cœur généreux éprouve pour un traître à une patrie, m Mine ingrate, Pujol restait toujours Le même, répondait â un regard d'ami par un serrement de main affectueux, el à un sourire de un par une parole insolente. Deux ofUcferS le provoquèrent en duel â huit jours de distance l'un de I tre. Il Ht au premier une blessure i l'épaule, el, après avoir essuyé le Feu du sec ind, il refusa de tirer sur lui, trop certain qu'il se croyait de le tuer.
Un -s i ' ï i . qu'il était dans les salons du gèuverneui de
Barcelone, ou se donnait une brillante fêta, Haurîre-M;ithieu se retira avec lui dans une pièce écartée, et la une grave con lion l'engagea e • les deux hauts personnages. Pujol était assis celte fois â côté du général en chef de l'armée française.
— Cii andant, savez-vous l< s n uvejlesde Franc-
— A|i ! ah ! je suis donc commandant?
— Dès ce jour. Je vous ferai recon liai tre demain ma Un à La parade,
— Merci, général, ce n'est pas vol
— Savez-vous les nouvelles/
— Oui, général, elles ru guère bonnes, et je m'en doutais a la rareté et a l'exiguïté des C s,
— Que ferez- vu us si nous sommes un pmr fo le battre en retrait*
,|,. fous enivrai, je fuirai ï jamais ma première pa* trie pour ma patrie d'adoption. La nation française est si éreusé que j'espère bien qu'elle ne refusera pas du pain et un asile â qui lui a conservé tant de millions,
— Ainsi donc, vous nous serez fidèle dans le malheur?
— Entre les I • moi el les miens c'est un pacte ■ c'est un contrât impérissabh El ai
ilêral, que ma résolution soit un efïel de La peur. J ai cents hommes dévoués, prêts à tout oser sur uns parole de m « bouché. C'esl peu i[ue ces six omis lu mimes, n'es) pas 7 Eh bien ! j'en ai assez, et, si je roulais j'aurais nue armée prêta â m'obéîr et à con nierir l'Espagne. Le nom de Pujol ésl un drapeau sacré ou viendraient se rallier tous les hommes de cœur cli \\ap et hms les mécontents, dont le nombre est Immense. Si je faisais volte-face el t|ue je me déclarasse de nouveau votre ennemi, uon-seulemenl ma première défection me sursit pardonnes, maison m 'eu
ilt nu titre de gloire, tant on serait lier de mon retour. Il im a pas de jour que je de reç iva -le tous cotés vingl propositions s" ce sujet, el je n'y réponds que par un refus
htël. Marceline Pérez a échappé jusqu'à ce jour â ma tendance: à celui-M seul qui médirait sa retraite je ven* drais mes soldats, les vi < i mon âme.
— Sa y ez> vous que vous éies un homme dangereu
— Bi k, qu'un biehe vint vous appliquer un suufilcl à la tête de vos soldats, qu'il vous urraciiàt *us nobles épiiuleiiÉS et brisai votre éjjfëe, >[ue feriez- vous?
— Je tuerais le misérable
— Livrez-moi doue Peréi i r que je le tue, ear il .i fait plus que de me donner un soufflet, ear il a fui plus que de
m' arracher des épaulelles, il a déshonoré ma si et brisé
le cmiiftle mi m ■ ■ -■ . ]>■</. j'aime la gloire, la guerre, ii ■ ■'■ •'■ i- :•- ' rps ri corps, stvlet contre itylet; j'aime l*air pur et libre île nos montagnes, j'aime l'indépendance du vrai miquelet et du conlrebandtsle ; livrez-moi Perex et
3iron nfen ferme ensuite dans un couvent, dans un cachot, ans une tombe. Savez* vous, général, qu'il a Uétri ma sœur, une soeur adorée, un <\uge du ciel, autrefois Tamour et la consolation de ma vieille mère, aujourd'hui son désespoir et sa honte.*. Lit Ferez vit encore el je ne Le rencontre jamais...
— On dit que vous en avez déjà tiré une vengeance «ffi-nyaiilH.
— Mais non, puis me sa soeur  Lui <<>■ i «jut-pr mes ordres mes soldats l'oni dévotemem escortée justpa'é
n demeure dernière^
— Quel contraste étes-vous donc
— ,1e suis ce qu'on m'a fait. J'ai Uétri la éœur de PereS comme ! iulVri' ri ma sunur, puis je I ni renvovée avec une robe blanche et un bouquet virginal. J'ai t courir apres elle et je l'ai surveillée, espérant qu'elle irait rejoindre Marceline. Mourante, brisée, elle fut recueillie sur la rouie par une troupe de mendiants, elle peulii h raisott; et depuis lors je la vissouvenl et l'insultai de m
ods. Il y a trois jours, je la trouvai sous mes pas après li course d« taureaux; je lui jetai cinq ou sis piastres, elle voulut nie frapper de son couteau, mats elle n'en eu! [ ta force. La soif de la vengeance peur produire cel effet-là, général, et je ne serais pas bien sur de MattHiito IV je Le voyais La face à fane... N'importe, qu'il vii nue!
Pujol, i'. i ré' i-ei en i relien pour vous dire >|ue depuis quelques semaines mes soldats ne sont point payes.
PU,] n! . CI1KF DE MIQDELETS-
— 11 (alla il m'iii piv tenir plus toi; île combien avi vous besoin ?
— i: m'en pouvei-vous me rapporter?
— i'.r . | ■ l = sera nécessaire; une centaine d'onces de plus,
,cï*vbiis m voué plaindra de quelle village! ilr > I > i < l- gin* couvent?
— !N.ui.
— Cherdhe* bien, général, - i -r trouve.
— Qui, avec de lu mauvaise Foi,
— ij mauvaise foi seule peut vous Sonner de bonnes piastres, elle devient délicatesse.
— IJuelk 1 moral
— Faites vivre vos soldats sans elle. Ki. d'aillenrs, ive£*vous l'odieux de ces expéditions? Non, moi seul je h
■ et, si je m* suis jus encore gi illè Loul vif parles moi-
capucins ei les alcades, c*es! juc j*at prëâ de i
mes miqueiets» Snlrtaseï ma fidèle Beppi
— Ali! <»ui, ceuft Lûhêthië ■ doril loul le ode parle
d'admiration,
— MiTei |»iiir celle pai Pujol en se i dres • '■• i i = <■- iin ae cenl mille 1 1 i ■
Je vous eu apporterai demain ceni cïn pu !.:•■ mil i "unis.
rei :ie c« Beppa, ■ i elle seule que voua lés devrez.
Pujol allait partir pour se préparer a l'attaque proji i maïs le gém ml b n Linl en*
— On ne s« lasse point de causer avec vous, lui ilît-i J .
au i lorsqu'à côté de celte franchise on trouve lanl de
conlirnice et d'amitié.
— Vous voulez donc être mon ami, général?
— Oui. parce que je voudrais vous convertir
— A Hit n?
— A la religion des honnêtes gens, ï l'impôt sans supplices.
— C'est cela, faites la guerre sans poudre ni baïonm ttes; il-in bdeï dr l f or te chapeau ■« la main, Cl vous verres où
cela voua n Dans des luttes cou ■ celle-ci, nul
[usle milieu ii i-vi [■■•■m|i!,-. i>i les morls seuls ne vii tinenl
tu hdl te de vos i ii nis, Biais vous m'a-
ilit. général, que les nouvelles de France étalent fort tristes. Lsi cv que l'empereur es! ninl ii- ?
— Tra |ué par tonte l'Europe, il lait face i i mie TEumi ne |"'ur le vaincre,
— Je voudrais voir tel homme, le voir seulement! I! me semble qu'on doit se retremper â un seul de ses rè«
ls. Il mu semble qui cet homme a dix coudées au-d lutrés hommea*
— Qu'est-ce ^ue vous admirez le plus ru lui?
— Lui.
— Il ne tiendrait qu'à mol de ne pas vous comprendre,
— L'admiration esl Une passion que l'on ress< nt» qui
• I -v ■ .■■ *■! qu'on iiVxpliqm- |i •
— Avez-vons entendu parler de Soult, dé Ney, de &V
«I mnld, d'Au^ereau, dans vos montagnes
— il -I' vous -il.
— Qu'en disait-on .'
— Çhir aviez été grands comme Bonaparte,
■ 'i i 'iii -
itou 1er (ptG les hommes, ijui ne craint pus réclair ^ la in ■!;■ if bronche pas devant le canon, el nous vivons au miliru dès orages
— t!u vous reproche bien dés cruauti
On tir me reprochera jamais une bassesse, te que
ils apnelp crime n'es I ivcàt qu'une nécessité absolue
-i laquelle j'ai été iptelqucfois coiUraini de me soumettre;
mais mu- honte un opprobre, jamais je lie Ici aurais ac-
cept
— L n qui "us obcift*< ni sont, fi tres-peu d'excepli-us près, des s luhens digues du fîbi
— Vous vous trompez, général, le gibet est trop hniit
blacé | reuxj sari celfl tous, bormis deus ou trois no*
blés cœurs, aurnîeui uepilis longtemps rail coi ance
■ ■ le bhnrreau,
— PartiNcN moyens eu -vous parvenus .ï ^ous eu raire
obéir?
( v> : . uiiiii- n n problème à résoudre, c:irîls sonl tous
m i brèves que moi,
— Vous onl-i s mq leur cbeJ !
— Oui, ^ ils nul bien l'ait» carje inë nomme moi
ni'- [-i.iM leur rendre service- Le chetdoit penser ayant
i] r i - 1 ,l Pieuvre; eux, itis mit trop paresseux des-
|rîl il n'y r qui- leurs bras qui nient il'- l'activité; j*; leur .ii épargne du ia besogne} voila uml.
— Avant ii après (attaque, que faites-vous dans vos bï-
— Moi j'' me lions à l'écart b ouié \h- LS>-|-^ -:■ , [e Iiinmma cigarette et je pense à ma mère, lujotiranui i-"«- Litre cbits".", je pense aussi ii nu sœur et â Marcelïno Perei.., Lux, ils jouent, ils jurent, ils se battent «■[ ils donnent, Ca|irmU's ik 1 luus b-s crimes, ils 'Hit îmssi li»n^ \v^ vice hormis nu, k- libertinage. Celui-là, Ils hé s ¥ y livrent f|Uu birs ,ij"iK n'iiui rien â Faire, le vol îeur convienl mieux que le vi.,! .i ils s'attaque ni de préférence àii i vieillard i i i non ^>:l^ -ii la jeune fille ce ii cl ibésaurïsc itioins [lie celui -la.
• Li ; dits, que |ien$ent*Us de Napoléon?
— Je vous l'ai dit. général! ils ne pense ni jamais,
— Parliez- vous quelquefois de lui Mais.., à \ boni un
mais que plus tard sa taille do l^.iui vous avait rapetisses.
— S (tous cependant il irëftt pa? mpii Lanl >lt j
— Sans ■ il lèsent entreprises in génie il rule Lient que de lui seul. Li puis, me perméltrci^voUs dé \u\is le ilin'. j îr' croîs iu"il a toujours beaucoup plus compté sur lats que sur & aux. Que faisicz-vous en * II'» i sur les champs de bataille? Vous répétiez ses ordres .me executaten
— Comment avec de pareilles idées avez-vous osé n > pter n in air entrée eu Espagne
— Ali! c'est ( « je vaui quelque chose aussi m-.ï.
que le sentiment de fia lependauce lient tort au cifenr.
Pour luitLT om m* vos troupes hôus n ivons pas \m \ n de taleut, mais de bourage, et le vrai miquelet n'eu manque pas. Perché toujours sur le sommet des Pyrénées, Il à cùtl-
mnient affaire aux difficultés de I route, aux périls des
ursîons nocturnes, aux raflales du Sord, aux atl m.- 1 -
avalanches, comment n'empruntera ii-il pas de l'eu -
<:ea luttes perpétuel les.' Dans I" . de guerre que
is Avons onlrepns, les éléments sonl souveiu plils à rc-
— Nr vous reprenez pas, cénéra), mes mijuiduls sorti des homme • i a! - »1datsd la ! ^ : kioinmes pris au ] ied de î 1 ' cil ifaud, soldats tout di - :i se jeter ri ]a bouche li< anon, sur un faisceau de baïonnettes, au milieu de i,i
— Lutin, leur parliez-vous de Napoléon?
— - Souvriii ils se le I rge i-ui "■•'■ni d'une gûira, d'uni" couverture al d'espardillus* S'ils ne ui'-i ienl pas vu polit, ils lui auraient donné une taille de dix pouls nu motus.
— Comment avez*vous appris ce pn- ■■■"it le grand ca* pîtaine?
— Eux, pi W> journaux français qiiê nous nous procurons fn ri aisément.
— Ml vi
— Moi, par ses actions, par *a marctie asce dante. Partir de si bas i ! . m ver si haut! Arriver si haut en si peu de
mjis! La vie de cèi homme est comme iihe tënipete qui . ; Nitli: eu m din d'teil : comment liuira-t-elb- ."
— Par un luiiib-t.
— Ce ii '■ : | is probable, n -p d hommes meurent ainsi, ÉurioiH son > p i '.-n* 1 . Il doit v a \ oîr exception dans mort comme danâ m ^i■ , True/ ne m'en veuillez pas si parle ne moi s avoir [larlê de ïvq otëoa; mats je sti silr, In .^',r que je ne finirai ni par le tylei ni pair V i s r ' i* pelle.
— B$pérez>vQus autre chose
— Je n > pérè p s, je ci
— Sur quoi vous lot: h e-voiis?
— Sur ma vie passée; mûisjt iie pense posa l'a venir et j'aJicii.is ce qu'il jil.i'r ni diable d'oi donner.
— Avez-vous jam inge â ce que «lira de \uu> l hUînif
— Il ny .! pas de jour que je H'j songe; et pourtant je vais toujours mon train. Pouvquoiï l< j voici. J\ii lu Iq si ma tue dernière dans une fouille française tjiië Napoléon
■iii un loi . (li)ând ecs clio^-lji s'écrivent et sh publie ni où vivent de gran Is capllaines, que voulez vous qu'on di^'
d'un chef de partisans comme moi? Les journaux de Madrid ont publié jadis que j'étais un homme célébra, un ijiirmiT indomptable, un factieux du | il 1 1 ^ haut mérite, et maintenant ils me refusent même l'intelligence et le courage, tandis nue Les journaux français font Le contraire et que je suis a leurs yeux un lu r ^ tijiu- de ta ronronne civique. La gloire, la renonum'i'. m -ni intimes et utiles que pendant 411011 est dans ce monde; dès que nous soin* mes sous terre, que nous font les ovations ou les analhcmes! nous n'entendons rien, la barrière »s| trop solide, le mur est trop épais* Si les morts se réveillaient aux échos de la calomnie, il y au rail plus de franchise et de justice ici -bas- L'impunité fait lecnamp libre, cl Dieu seul sait le nombre des coureurs dans cette arène boueuse f... J'ai dit Dieu sait pur me servir d'une expression usilèe.
— Est-ce que vous ne croyez pas eu Dieu?
— Croyez- vous au diable» général?
— Il nest pas Inique de répondre < une question par une question.
— Généra I, votre bai semble s'attiédir*
— Croyez* vous en Dieu, Pujnl .'
— Je vous, assure que vos violons se taisent; H fa ni nue viîus allie* faire les honneurs de votre hôtel et remercier vos dames.
— Je vous plains» commandant.
— Vous voyez que l'incrédulité ranporte quelque chose.
— Vous ne croyez donc pas en Dieu!
— Napoléon y croit- il.'
— Sans nul doute*
— Je le crois fataliste* car il parle toujours de son étoile.
— Son étoile, c'est sa destinée.
— C'est ainsi que je l'entends.
— Oui. mais sa destinée providentielle. Je crois que voua seriez bien plus maître de vos gens si vous leur aviez donné une religion/
— Ils eu ont une.
— Celle du crime.
— Je n'ose pas vous dire le contraire. Et maintenant que vous connaissez ces coquins et leur chef qui vaul un peu mieux qu'eux, partez 1 voua avez besoin de piastres, noi i s vo os en a p \ « or I eroi 1 a
Pujol rentra chez lui ivre de joie et de reconnaissance. — Que tu es belle! dit -il a Beppa en prenanl sa léte poétique entre ses deux mains; que tu es telle! et surtout que tu es brave et noble, ma noble et brave jjiiana !
— Qu'as-tu donc, Pujol
— Ce que j'ai? de livrasse à lame, de la fierté, de l'orgueil! Tiens, je parie que tu ne L'en es pas même aperçue ? On t'admire dans l'armée française, on fait [il us. ou te
poursuit de regards am reux, de soupirs empressés, on
est â la quèic dun de tes sourires de bout-... N'est-ce pas que lu l'ignores?
— Non, Pujol. J ai vu tout cela, et j'en étais vaniteuse pour toi seul.
— Quelqu'un a*t-ïl osé te faire entendre dis paroles d'amour?
— Personne ne l'a osé jusqu'à ce jour; mon poignard aurait puni le h m traire.
— Bien, Beppa» c'est parce que In es gitan a ri la femme de Pujol, chef de bandits, qu'il faut en agir ainsi. Si tu étais une grande dame, tu aurais le droit de le prostituer i tes adorateurs, on te couvrirait de fleurs et mm de sarcasmes; mais loi, Beppa la bohémienne, lu dois châtier l'insolence.
— Pujol, il est des choses qui se devinent et qui ne s'apprennent pris. J'[ù deviné num amour pour toi avant le savoir si ce que je ressentais était dans la léle ou dans le
ur; maintenant je comprends nue ne pas t'élre fidèle serait un crime digne du plus terrible châtiment. N'as-lu |ûs entendu dire qu'hier un officier français avait été trouvé percé don poignard au milieu de la rue?
— Oui.
— C'est moi qui l'ai frappe. Ils étaient quatre, je n'ai pu atteindre que celui-là, le plus audacieux; les antres ont pris la Tuile.
— Les misérables t
-— Ils m avaient déjà sable et cherchaient à m'entrai ner; j'ai, joué du stylet*
— Tu ne sortiras plus seule la mtil. mon enfant. Si jV vais île prés de toi, quatre cadavres auraient été ramassés
â li i-jv,
— Pas un seul; on Aurait attendu une meilleure occasion. La leçon est donnée, elle suffira; Beppa pourra sortir maintenant seule et à toute heure,
— Tu as raisiiu, bu une, je ne veux pas te déshonorer |inr 1111-s inquiétudes, et ]:i pi Nina l^i | • | • • . la courageuse femme de Pujol doit sortir sans aulre escorte que son poignerd. Le général saura demain qui .« fra un de ses efliciers ; je lui répéterai tes paroles et il se taire. Demain aussi nous quitterons Barcelone pour toute la journée. Ilenose-tm, ma iidéle Beppa ; ih main nous nous battrons peut* être; bonne nuit, Beppa.
— Bonne nuit, Pujol, bonne nuit, mon capitaine,
— Tu te trompes, je suis commandant; le général vient de me l'annoncer.
— V li bonne heure, on sait te rendre justice.
MOHT9 ET VÎVÀfiTS.
— Alerte, Mathîas! alerte, Saletas! alerte, Beppa! jette de côté, ma noble fille, tes vêtements de femme, ta croix d'or T tes boucles do r, ton clavier d'or, tes braceli K tes dentelles el Les rubans de velours. Endosse, ma Beppa bien-année, le beau costume de miquclet qui i*> va si bien, la gorra si gracieuse, ton large pan (ah m de toile, tes solides espardtllas, ta ceinture de soie si brillante qui flotte sur les hanches pleines de souplesse, et suis-moi vers ce riche couve ni de 1 1 Tri nid ad, Lent protégé par ses créneaux el ses bastions plus encore que par sou Bien.
Merle, miquelets! le général gouverneur a laissé tomber dans mon âme d«s parties amies, de ces pan il uu'iHj n'ose point se Élire répéter iprès les avoir '■ni-uidues une fois, de peur de les rivoir ml comprises, et j'ai juré de lui rapporter des quadruples.
Alerte , mes braves guérilleros! il m'a dit que Beppa, ma femme* que la gilana Bepp.i. réponse de Pujol. était l'admiration de ses ol'iien rs, qu'il l'admirait lui-même, ei je lui ai promis l'or dont il a besoin pour solder ses trou pes.
Alerte donc, mes intrépides! et que je donne de Por à ce MaurieO'Matbieu. qui trouve ma Ihqqia une femme htlle et p 1 uê 1 eu se.
Appelez vos soldats bous tes allées delà Ram bln, ditesleur 'que je veox qu'ils soient braves aujourd'hui surtout, dites-leur encore que je percerai de monstyhi lu poitrine de Celui qui oserait distraire on • ni mari védis rie In somme que j'ai promise, et que nous allons voler, La probité du guérillero est cette fuis plus qu'un "le voir, c'est une uëi essilé, une religion.
Ajoutes , et je tiendrai votre parole, que je les dédommagerai une autre fois, demain peut-être, du sacrifice que je leur impose, et que, si je suis content d'eux, je ferai bientôt naître l'occasion qu'ils auront le droit d'attendre.
Allez donc» mes camarades- moi , je me rends encore chez le général, et je vous rejoindrai dans quelques instants. Je ferai l'inspection des escopeUes et des iromblons. Tant pis pour qui sera surpris en faute, il n'aura pas de grâce à attendre de moi.
Après que Pujol eut été recevoir les derniers ordres du généra], et qu'il lui eut nommé le meurtrier de Pciflicier fruii xk en lui en apprenant tes motifs, il se dirigea d'un pas rapide vers la lîambïa, et y trouva sa petite armée accroupie bous les arbres. Des que le capitaine parut, cha-
it.hil. iiili m; mkh:i-:li:ts«
que soldai bondit, placu son escopeiie sur t'épaule, assujettit son poignard à sa ceinture et se tint debout* mais non immobile, pour L'inspection*
Pujol, SI- 1 is, Jlathiaset Benpa se scrrêrenL affectueusement la main comme ils faisaient avant chaque combat, et le hardi commandant, ijumi «vaU fait reconnaître a ce
frade ou champ de Mus, adressa une harangue à ses sol* als ailentifs.
— (tompanero?, leur dit-il dune voix forte et brève, vmis \<<ii^ êtes conduits j 1 1 ^> | il*ïc:ï en gens de cunir, il faut continuer. Cehiî oui n'a de courage que par saccades e-r un licite. Nous allons tout à l'heure nous trouver en fn'é-
nce de canailles barricada dans leur convenl nmime dans une citadelle; s'ils ue se montrent pas boas garçons, lapons dessus dur et longtemps, car leur peau esi rude i'i percer; s'ils y mettent dV la bonne Lin- 1 1 os amicalement leurs onces, et revenons sans trouer de poitrines. Ainsi doivent faire de braves gens comme vous, qui ne val./ pas la corde où vont devri» être pendue I
Pois, s ;i dressant à la plupart d'entre eux :
— Toi, Girone, dit-il, lu as tourne le dos â l'ennemi a la dernière affaire; si cela l'arrivé aujourd'hui, je le hrù-
ii la cervelle comme à nu chien que Lu e .
Toi. Delmas, tu ris aussi une faute a réparer* Hier lu
pouvais, eu le jeta ni à l'eau, sauver un enfant qui se
nova il ; tu as été un gueux en reslanl sur le rivage : efface
■i faute, cl je te promets de te traiter à l'avenir comme
un brave homme que lu n'es pas.
Toi, Calmeias, je le défends de n ter le premier ï
l'assaut; tu as fait jusqu'ici l'office d'un vrai raïquelet, il faut le modérer :i Ta venir ; lès hommes comme toi sont dilic tles d remplacer: je le nomme sergent.
Vous tous, compaûeros , si vmts voulez bien mériter de vus nouveaux alliés. Faites comme moi, ni plus m moins; ils ne manqueront ni de vivres, ni de piastres,
En avant, miquclets! je vous mène au oou>ent de la Trinidad-
— Vive Pujull s'écria sa bande.
— Oui, vive Pujoll et, dansuueïtjues heures peut-être, j'irai dans l'autre momh . inher à la face de Taumareillas,
La horde redoutable se mit en mute précédée par l'ujol niareiiatii i î » - 1 « ■ ■ 1 1 >. - 1 n in tête, et par Mathias, Saletaset Andren, qui se tenaient le [iras comme des amis dévoués. A leur aspect. Il fi soldats et ufliciers français souriaient avec un s, Litiment d'enthousiasme facile à deviner; mais leur Qguro se rewbni il " litislanl en purlunt leurs regards si n- ces hommes de brim/r ei di> tavej qui. la cjgareilo on la pipe â la bouche* rescopelte sur l'épaule, la couverture de tu bandoulière, nurchaieni us ordre comme le
ferait une mente d<- hiiipe appelés à La curée, et fretkniii ut dis r - 1 1 nu rauquesèt sauvages semblables aux hurlements lointains des bêles fauves*
La ville disparut bientôt derrière eux; ils franchirent au pas de course les beaux jardins qui la cerclent d'une guirlande odoranle, et ils commencèrent bientôt à gravir les premières collines qui servent de piédestal aux âmes pyrénéennes.
Lé, Pujol appela du doigt sa belle Beppa, parée de son costume o officier miquelct, et, la prenant doucement par la taille :
— Amie, lui dit-il, jaï peur aujourd'hui,
— Tu mens Pujol.
— Si, j'ai peur, mais pour loi seule.
— Tu mens encore; car moi, vois-tu , si tu mourais, je mourrais; ne fc rais>lu pas ainsi?
— Tu le sais bien, amie, Mais n'importe. In resteras à L'arrière-garde, je le veux, je te l'ordonne; personne ne nous cnleud, nous ne sommes que deux.
— Tu te trompes, Pujol» répondit Beppa avec une vive émotion, nous sommes plu s «1. deux ici.
— \î»v veux-tu dire, femme?
— Qu'ici nous sommes trois, i.n, moi el notre enfant. — Es-tu bien sûre de ce que lu me dis là. ma Beppa bien-aîniêe? s'écria le capitaine avec un violent transport pe joie ; ce serait â en perdre la raison 1
— Cela est, mon ami; cet enfant que je porte dans mon
sein est l'enfant d'un homme de cœur et d'une femme énergique. Si c'est un garçon, Pujol, ce sera un héros; si c'est une ii1Jc.„ Oh! pardon, mon ami. j'ai des projets que lu n'apprécieras pas d'abord peut-être, mais je te prierai avec la ut d'amour!
— Une religieuse, n'est-ce pas '!
— Oui, Pujol, car, vois- tu, cette idée- la m'est venue du ciel, et j'obéirai au ciel.
— LÏi bien! soit, Beppa, tu la mettras dans un couvent.
— Comment as*lu deviné?
— Tu rêves souvent tout haut la nuit, pauvre folle ! et je t é coi île, ( iar r e que j'aime a t'enlendre > soit que tu do rmes, soit que tu veilles.
— Ainsi, in céderas à ma volonté .'
— Tu liras bien de moi?
— Au contraire, je te bénirai, et, si cela se pouvait, je t'aimerais davantage,
— Tu feras la volonté, Beppa.
— Tu me le jures?
— Je te le jure; mais ri une condition,
— * Parle-
— C'est que si lu me donnes un fils, tu n'en feras pas nu capucin.
— Non, je te l'abandonnerai.
— Alors ce sera un miquelcl et un homme de résolution*
Après cette conversai in n tout intime, toute de cœur, Pujol cl sa femme rejoiLmitvtil leurs ramarades; la marche se continua sous on soleil ardent sans qu'aucun des bandits osât faire entendre le plus léger murmure, et, \rtit a petit, les arbres de la plaine se confondirent, imperceptibles, avec la verdure avancée des près, qui s'eflai mit bientôt â leur tour *ous un réseau idanchâtn. Déjà Ton apercevait* à nue lieue de distance, le haut clocher du couvent de la Trînidad. lorsque les pas réguliers cl sonores de deux mules retentirent sur la route. On ni halte pour ne pas effaroucher les voyageurs, el Pujol, selon son babil n de. s'élança en avant.
Au ilrhuir .l'une roche npre et noire se montrèrent bientôt deux moines rubiconds, e.i.|.n tlrrnenF a&SÏS sur deux mules au pied solide, gras, pimpants, causant dévotement dé réfectoire et déjeunes noneites. Pujol s'abrita
us une touffe épaisse de romarin, et sitôt urie les deux religieux se trouvèrent â portée de son stylet, il ^e leva :
— Soyez les bien- venus, mes Excellences ; vous avei Là ileux magnifiques montures.
— (jne l'importe, manant?
— Il m'importe si fort que je vous supplie humblement de m'en prêter une pour continuer ma route,
— Nous avons bien envie de le retirer les moyens de la poursuivre, et, si tu ajoutes un mot, nous te lu ùlous la cervelle*
— Et moi à tôt, si lu bouges ! s'écria Bcppa qui avait suivi Pujol,
— Kl moi à toi, dit SaleLi
— Doucement, doucement, poursuivit le capitaine en souriant, c'est un pra nd péché que de merdes serviteurs de Dieu; je vous défends, mes ami> de leur faire le moindre mal.
Puis, s'approchan I des deux révérends frères, tremblant dans leur peau, il eu saisit un par la jambe, le tira rudement, le jeta a terre et Lui appliqua un vigoureux coup de [lied dans le dos,
— A genoux, canaille, a genoux, et que ton camarade en fasse autant!
Les moines obéirent,
— Onl-ils l'air de deux chérubins ainsi! Il ne leur man-
3uc que la palme du martyre; j'ai bien envie de la leur onner,
— Pitié, messeigneurs, nous sommes deux pauvres queleurs de la Ti inidad.
— Abl voua quêtez! alors, vite, déliez les cordons de votre bourse et donnez; voici mon chapeau, jetez dedans lo ut ce que vous avez; si vous gardez un seul réal, vous Êtes perdus.
Les deux moines levèrent leur robe de hure, fouillèrent dans une riche ceinture, en détachèrenl quelques piastres,
un plus grand nombre île bel Ira quadruples, el oWo oie» Lotii point ri ut ordres de Pnjnl.
— Diable! diable! dit celui-ci, pour Je pauvres *| ui-s-u i >. vous n'étiez j'iis mol unnli -, qqus, que vous appelés 1 1chrp, nous n'avons pas la vingt! un partie de cette *ouime. Il finit rmivenir que vous élus de lûen Mardis < i ;iilns. AImîs fft m *t pas 1-uL p.'ursuha-il d'un ion il- ride, ce nue vous nous donnez4« n est qu'une, Roulle d'eau dans 10céau. Il nous faut à uque, « l « - sommes aulremenl rumleleitcs, el c'est chez vous précisément que imus allons les chercher \'-"- • ûmqus (|jt, du couvent de fa Tri-
iiiil.nl î
— Oui, setW.
— A la bonne heure* lletnuim v alors mu mis pas, reprenez même \n< montures afin d'aviver i lllls liâtes* vonMl';iu*riir In oouirinit. -niié que pujoï, a in ItrCt- de • petits agneaux, va lui faire visite, qui! sa.il qu'on esl riche nu couvent île la Trîtiidrnl. qu il lui fout cent cinquante mille francs, el que si Les patrons se nuo lïrot" l'oreille, il v aura du InmuUc dans la sainte m ii >ti Allez, mes coquins, il ne vous amusez p,is en route.
Au i»"in seul de l'tijolV" iur|^ dis deux moines ;iv;iïr frémi; leurs lèvres violettes murmurèrent an m i un nu s, el |t^ni rassurer par tes dernières paroles du bandit, ils. remontèrent sur leurs mules et i uni -rent bride vers le couvent. Des qu'ils se virent .! quelque distance, ils donnèrent de lejpnni el lai cérent buis mules au 1,01 lup.
— Ils nul peur em iv dit Bep|
— J'ai bien envie de leur prouver qu'ils ne s--ut pas [oui à fut à l'abri de n g Mies, répliqua Saleli
— Tu les niiLii^ui'iMÏs d'ici, continua l'util. iScji.u 'de.
Un con|i de (eu, partit, les moines baissèrent la tête et
pOlUMii'. in ni leur çl : .ii.
— MaUdroiU s'écria rujol, voici comme an vu
Uni si ■( !> détonation se lit entendre, nue balle siffla,
et pu moine seul gravit li moplagne, taudis que quelque temps après rôn vit uiie mule cri de et *aos çavafier â travers les çavigs et su/ le penchant des précipices.
— Comme lu vises juste! du fteppa,.
— C'est yrai, répliqua Miiilii. s q\ii i\ de rejoindre ses amis; maïs tu aurais du Uni- faire grâc4 ■.
— Bah! bah! on ne fait pas fçrâce aux chiens qui eu niii les mes. Us pe servent qu'à ronger les os et à voler. En avant ' COîn OS.
É la horde s avança sans daigner s'enquérir de ce qui venait d'avoir lien-
A deux cent? pas de là, ois trouva un i i3 -.•.- de moine sur la route; il .-lx-tj it 1^ nu t ; ir.r d'aue balle, hijol le
faussa du l'^'il .jus [u'à une ravine^ eL nue beujjft a pr ni et si lundi* se reposjerefll sur les glacis du ç «uvttLt il^ la Tri niilad, vers lequel, contre toutes 1<^ l^i* en n^i. Çyio.1 ii envoya aucun parlementai rç<
Si is les moines, plus courtois, dép^ebèreul deux vieillards vénérables au chef de la ^çrilla,, "-^ de mieux couiiîiUre le but de sa visite. M % sa, voient. <ux itussi, tout le respect que le elief iniqin-lr iirniV^iît [lourdes cheveux blancs, el E^ujoi, Louche dç celle .renliiui. les renn. ;r eneorr plus d égards qu'il ne le&t fait en toute autre circonstance,
— Mes tévé rends venbuit-ils se rafraîchir .'
— Nous naviins y .i- s Jf Pujol, el nous venons -uu..l» ment voua demander le motrt de votre vis! le. Lmijour-s reçue avec grand plaisir.
— Vous mr flattez, mes pères; quant au but de mon imporluiiité. que vous savez déjà par un de vos quêteur* Irouvé sur h roule, le voîri ives-prêcis et três-ckii". Le géuéral Muniie Mathieu. île qui je suis \\\u\\ dévuu-. n i|ue d'argent; il m'a prié de lui en procurer. Je s;iis 40e v.iiiv f'iiinï]iuu;iutè est rklic.je suts dmic vt-un mhis en emprunt* i
— i:'j'st • 1 1 ■ 1 1 un t-mpruJil ' -- flien çue cel*.
— A ver- intérêt légal et jjaraptie?
— Rien n'y manquera. Pour intérêts, je vous promets d'empêcher mes baudiu de fniii lier dans vos ca tes ci dans vos réfectoires; pour garantie, je vous diurne ijji parole
3 ne, si von* \mes eiuciftâ) lu.ivenK'ul. pas UP si-ul QOtfp ■(■siM|ielle ne sera tiré, pat un seul slylel m sortira de sa gaine. Vous savet, nu*s révéreods, vi j'ai jamais irahi nu promesse.
— Ge n'esi paf) aîosi t commandant, cju |s espérions conclure h marché- >l..is onfiu.puU lue voiji ave» reçu 'les ordres .1 c#l égard el que tout inférieur doit obéissance a
son Buperîeur, dit es- nous la s nie exi^e, el pous ^er*
imis ai nous pouvons vous !.; fournir,
— El vous, diles-mru, je vous prie, jusqu Vhi vous pouvez aller.
— llêliis! les hii.|,- -.u h | rlurs et la mis^n- esi pni'Uit.
— A qui le dites- voue
— ■ K\\ bien' en ao i> immoUpt comme dei martyrr nous irons jusqu'à ileux pille piastre
— Ecouli/.onin, r*'\ Is, il il Pujol en se croisant les bras, car ceci est grave, ES T ous sommes tellement loin de comple que toute discussion esl >i su mais împo&sible. Je vais dire à mes gens de u préparer â l'attaque.
— Un uiomenl. Combien di -un nu lez -vous?
— (lent cinquante mille piécette
— Vous ne les aurez jam&îf, â moins que vimis ne I sii'z fondre les c adélabres et les vases sacrés.
— Nous les fondrons,
— Va lis crucifix inssiï
— Les cruçiflx et les vierges, et lous les aalnta el tous jes ornementa-
— IMeu vous frappera dans sa
— lUeu ne pense pafi plus n moi que je ne pense â lui : nous sommes quittes; nwis comme voua ne l'eles pas avec
M. un i< e Ihihien, s: suffi et, mes révérends, que je pr< ■
congé devons et que je me mette à la besogne.
— S4iiiji-/-y bien, Pujol. ta ommutiauLe i»sl uiniilirpiise, h portes sont s tlidea, les murailles lui il y a là aussi de li cl les et bonnes armes, des gens courageux que le ciol soutiendra.
— Voilà qui me décide. Je ne me sttîsp s encore battu contre le ciel, je veux eu tilier. Quant a vous, comme je veui vous épargner les angoiss. il'uu assaut et d'un 1 ;irnage, souiïie/, que i «-n use ainsi que je vais le fane, car la vieillesse est rliose sacrée pour m
Puis, s .ulressioi: 1 quatre de ses bandits qu'il désigna du doigt :
Holà, Jep, Thomas t Allo.ui. Salell, venei ici, coquin- lisseï-moî ces deui vénérables, priez-les de des- .*h ms ee pelit monticule» approchi deux
oli. Ironcs épais, et iliiichcz-les là fortement, sans
leur faire n moindre mal, le dus tourné au couvent, alln que nulle batte ne tuiisse les atteindre,
Li rnulinuaut ;
— Vous voy< a, - | que je fais ma tu v .ne eu
cûûscieace. Si je vous \ -^sh libres, vous retourneri ]h ni être chei vous, et il vous arriverait malheur. SI au cuutraire vous des lieï la montagne, vous pourries être
rencontres par quelques-uns d es maraudeurs, et ee se-
r.rii liH'n pis. ma fiai' Hespect et vénération aux rides et am
1 Ih'S'-ux 1 1 1 : 1 1 1 1 -
L'ordre de hvjol fut exécuté, les deux moines liés aux «ilivivrs a l'abri des coups de feu, pi la bande redoutable >',Lrliemina vers le cm veut.
Les moines claienl à leurs postes, et ils avaient h\\ leurs préparatifs de - ! k ise en booiwesqui savaient a merveille queïs ennemia ils allaîenlcomnattreL^vSnl h bataille, en r, Pujol se montrait souvent généreux; mais, dès que la première balle avait mCu"' 1 , il n'y mit guère plus de pardon a aile el toute prière "de blessé ou d'aganitaJtl muuraii .l l.i gorge rirrètre par le poignard.
Le choc «tes armes, les râles d< n blessés, le cliquetis des baïonnettes et des l'odeur de la poudre enivraient
le Ciuniiiaudnnl miquelei. et sa raison ne revenait que I"
3 L'action était linie. Il y avhii, comme Je tons l'ai déjà it, du calme il dut ion. du sriu^-froid dans si en-
Lu-. Ci si pour cela inéme QjU*ll élrûl plus
personne n'a jamais entendu dire qu'il eût Un à
iiiu'1-|u'nu -m ri.iin u il une n
Les moines de In Vrinilad étaknl a lenrs croisées h il* s .S.- fer. 'innés de fusils, de pi ^res et de poî-