PUJOL, CM ET DE MIQUBLETS
J AfflûT
Les y^nx *k- l'ujul te mouillaient "le lunncsaux ptoks du docteur...
lions; nous savons Ions connu en I son umoui p »u vous a pris naissance, comment il s'esl ncoru cl consolidé. Dans nos veillées nous avons souvcnl parlé de son audace à la première apparition qu'elle Lii à votre campj ei de son .lr.ini.iiii|iir duel avec un de vos insolents ofuVW* ; l.t |ui glorieuse qu'elle m- inïlle dans les escarmouches cl les ai l&ques des convois a souvent été l'objet >l> mis ptus fervents éloges e4 nous ayons senti battre violemment nos coeurs au récit du péril imminent aue vous courûtes* vous, Pujot, nu milieu dis uhc^s de vos montagnes, lorsquellr Lus de sa main un brigand posté pour vous assassiner. Allez, allez, Pujol, votre Beppa fait rêver bien des tétés et Le bien des cœurs; maison sait tout votre amour pmir elle, un est en ad m irai km ilov^iit son autour pour vous, et il y a plus d'un rude comb.it dans les consciences pour vaincre une passion sans espoir* Tenez, commande ni > moi-même, i|uî viens toucher si main, compter les mouvements de ses artères, étudier la vie dans ses regards, j'ai été sous le charme comme tous mes camarades, et j'ai
dumptr iumii amour en la voyant si m^uei lieuse du vous. Je vénère votre Beppa, Pujol, et votre al lâchement pour elle nesi ni plus puiss nt ni plus saint 411e mon i-esj.rri.
Les \tu\ île Pujol se mouillaient de larmes aux paroles du docteur, à qui il serrait affectueusement La main»
— Vous voyea doue bien que je nu puis accepter vos offres, poursuivit lu major d'un ton cordial, et que je manquerais .i mou devoir si j'agissais autn-muni que je nu le ii, Toutefois, pour vous prouver qu'aucun de mus sentiments ne unis est hostile, je vais vous adresser une de* monde,
— Je jure de ne pas vous refuser. Que désirez -vous 7
— Votre amitié.
— Oh 1 de grand emur, major; elle vous était acquise déjà par 1 a ha 11 Le estime que vous lus pires a tous ; elle vous appartient désormais par la reconnaissance. Cependant j'ai le droit aussi de me montrer exigeant envers vous,
— Qu'ai tendez-vous de moi?
ŒUVRES DE JACQUES ARAÔÛ
— J'ai promis avant de vous entendra*
— Je promets aussi, dit le docteur avec abandon.
— Tenez» major! voici «ne magnifique ta! salière que j'ai trouvée dans la cellule do révérend père de la Tiiuidad; il est mort, il est brûlé, calciné *-w cendres, il peur apparemmenl se passer de tabac. Acceptez ce bijou touché iiir un coquin et par un martyr, il vous portera peut-être li'iiiheur,
— Des diamants autour!...
— Ces brigands de moines ne se refusent rien. C'est quelque noble diminue ipii aura donné cette boîte au révérend dont la fraîche ligure était partout admirée, Vesi-ce pas qne vous acceptes .'
— Je craindrais de vous affliger, cl je vous Taî dit, je suis voire ami-
— À la bonne heure. Et ma femme?
— £oycz tranquille , maintenant elle est hors dedangei -, et dans une quinzaine de jours elle entrera en conviiles- CCnre.
— Vous a* i -cl le dit qu'elle était enceinte?
— Je mVn doulnis j et puisqu'il en est ainsi, je vous Conseille, fujol de In u ■nîr pendant quelque temps éloi-
' du théâtre de la guerre; il y va du sa vie, Les emolions de vos combats ne sont pas" jeux asseï futiles pour laisser I Ime en repos, h c'est du repos sqrlmii qu'il Huit à votre Ikppa.
— Najort on mVi as qu'on en parlait diversement dans l'armée française* L-. çajupinip g attaque j| l<ml et à tnusj que dit-on pe ma femme 1 ? Pardon* nui- je u'-elir-i Cette question qu'à ceux en qui j'ai fui. Jr sais > 1 1 ■ ' i I «■ I fiirt d m raire à un mari, à pu chef de guérilla surtout, eu un mot, i nu bandh. d'aller ainsi sq*iievan1 d'une i- miidence etigée d'un nomme loyal; niHisju vénère lanl nui Reppn que je questionne sans peur. J'ai tend s.
Le docteur laissa poser sur m - livres un sourire imper-
■ eplihlc qui n'avait rien d'offensant pour le ■< ■ r 1 1 - : l l « 1 . ■ 1 1 r
miqueïct, et répondit mer lï rmclii.se :
— Les jeunes genfi l'aiment eu sileu<v. les, homme* fail* la vénërenl ; tous (\ulmireni.
— Et ils onl raison, continua Pu] o| en bau^ant Éiéremeut la télé; celle femme-la major, miaulerait de (mile disgrâce, de tout malheur. J/amitté de cwte femme. cV>r l'air frais dis montagnes sur un fronl déioro par le soleil, c p csl la brise qui pousse te navire dans h*, port, c'est IV copello atteignant la prnti ine. ennemie, Lriunnu' de <"4 L ïie femme, c'est le poignard qui fouille dans le r-iiuir d'un ]"■ che; c'est un baume sur une plate brûlante, ft'est nue vengeance obtenue. Oh! major, que Marceline Père*, l itifirmie ravisseur de ma sœur bien-aimée, me soil livre un jour, et fujnl le chef de bnnditi, Pujol le renégal politique, Pujoî l'antechrist, comme disent ces cahots d'Espagnols, aure goûté les deus plus grands bonheurs dont puissent jouir les hommes iri-kns. Tout \ toutl excepté Beppa. ri [iii me livrera Marrelinn ferez.
— On nous «dit qu'il était mort quelque temps après son crime,
— Il n'esi pas mort, il ne peut pas iV'lre. Un scélérat comme lui m 'I il mourir que d;ms les tortures, et I enfer me réserve â coup sûr le droit de le châtier un jour, ffc m'avez- vous pas vu l'antre soir passer sons les allées de la Bambin tengiil orgueilleusement une vieille femme sous mon bras?
— Ouï.
— Eh bien! relie vieille femme, r'esl ma nniv ma bonne mère, qu'un misérable a frappée dans ce qu'elle nvail de plus cher au monde; cette oière, voyez-vous, e'esl une ri rue comme il n'y en a pas sur h terre, et, ce qui prouve qu'il n'y .1 point de |)ieu t c'est qu'elle prie et pleura sans cesse, c'est une j'ai un poignarda la ceinture, ce-l que ma so*ur a été outragée, et que Marcelino Perez m'échappe encore !
Pujol se frappa violemment la télé, répandit quel pies larmes cl tomba sur un siège.
— Je n'ai point de remède pour vos douleurs, lui dil h* major avec une extrême bonté, et le lemps seul peut cicatriser vos blessures- Espérai .
— Oh ! leiemp <-si impuissant à guérir ces plaies, le fer qui lefloiinre neut seul les fermer.
— Adieu, hi , 1 1 .liiiiatii.
*— Adieu, major.
Beppa ne tarda pas à ressaisir ses forces et sa santé
f fn h nulle action militaire probable D'ttigcnii û> in
que temps encore le secours di- la l rrible ;:n.i j|la .lr l'njoî, celut-cî se décida â envoyer «a femme â Cérone chez un de ses parents en qui il avait toute confiance-
— Il faut non> séparer, Reppa, lui ttit-il avec la plus vive tendresse : ta saule off ni Mie a l.es-nn de rnlme T lu te dois au bonheur de notre infant qui ne vivrait pas au milieu de nos agitations politiques, La vie de miquelet ne te va plus, et quelque douleur une j'éprouve de eeiie séparation» il faut L'accepter comme un sacrifice f.iii i notre fils,
— Tu le yeui, "lit lïepp.i nvec une ^10^ In me dans Les yeux, jobiuiai, m. ùs suis-en sur, Pwjpl, les lonrmenîs de Valisence mu seront [Jus funcsles que les fatigues de la pu erre. Xi prégenre seule me sou (mail: mon énergie v,i s'éleindret et je le proirai toujoui - 'lêfense au milieu de tes en in- mis,
— Je, te jironieh île tu rappeler au premier sic n ni. au premier péril, dil fujnl en lui serrant tendremanl la mnin.
— Quand fanuil noua quitter?
— Demain*
— SéproMJMmiii .iiirnutd'luiî» Pujol» à riiislaiit même, si rela se peut. Tu viens de me frapper au cœur, le mal bbJ lait, le contrat iupmetuera)l Si fe n'étais que ta maitresse, je resterai! j je suis la femme, je para
wm Crojs-iu dnne que le ne smiffre pas aulanl que toi de celle dure séparation?
— Non, fnjn!, il y a *ks douleur^ de b mme que vo antres lu nu mes ne cuniprEuiez pas. Mais lu dis qu'il fait! que je rn'i'h.igne, j'olh
— Gérone e^l fiirlilLêr. ell. eal n deui pas d'iri h â peu de
distante île Dessin. 11 pays natal, où j'ai envoyé mn
nn-ri-; la l'atalop^ne se repose; je te rejoindrai bientôt .1 lierons et nous ne non* oui lierons plus,
TiHit fui prêt le sojr pour le dé] ri ri de Beppa. Elle sV loiglty escortée par quatre des plus intrépides miquelelsde la guérilla, et Fujnl. après l'avoir accompagnée à quel 1 ne djstanci ii li vïlle t reulra pour recevoir Lis félicitations ije Slnnise. M M ' m ,1 |iiî il nvail remis lapins grande partir iju lui lin frii ,i la Trinidad.
L, pii h- .iv ii né ii ij. onne pour que la ration du c,ipHaini ne lui permit pas de se jeter dans quelques dépenses extraordinaires : Beppa emportait elle deux mille piastres et Pu] d, qui rêvait toujours a sa vengeance, avait ci* iëdi" dans toutes les directions des homme* hardis, inlel- . igenls , les uns déguisés en mendiants, les autres en chante ni s nomades, pour ni 1er à la découverte de Kl arec * linu ferez
D'autre part les bulletins delà grande .irnn ■■■■ de Naji: iléon semli!n : rni |u usager une prochaine catastrophe, e|. lecapilainemtqueieteraîgnatl d^traforcédeqnitterfKsjjairins.in^ avnîr chiné d'uni' manière éclatantele misera blePerez- bar- ►ne s'agitait sourdement t f pueras, lîosas, Palamos, fai- < ii ut entendre de redoutables menaces; les Français, pièces sur un volcan, allendaieni ruée anxiété te moment de rèruplion, et le drapeau Lrioobre qui Nmtail encore sur le Muni Jouv et le^ citadelles catalanes, semblait ^agiter dans un ciel Lenébrau^,
Au sud etâ l'ouest, les sinistres avertissements ne m an* • |u iienr pas non p(ua : les armées il ill, mi es par les Portugais et les Anglais, commença, ient â battre en retraite sans 1 1 ml (In jam is vaincues, et Tmi voyail en
face de Barcelone tontes les chaloupes britanniques se .I
ter des jia^ires mouillés an large, bisser leurs voiies insolentes, eomir sur la terre, l'aborder et jeter ne toutes parts des éléments de discorde et de rébellion.
In ja de sa n^tanies réactions avaient eu lieu; déjà, riv 1-
ife la formidable guérilla de Pujot, d'antres guérillas
s'étaient formées sur les ère tes des montagnes et la Iran-
quil ni- m régnait plus que dans tes villes militairement
occupées.
foute promenade â quelque distance des remparts de* raJiaîl périlleuse; le laboureur cacliaît dans les sillons et
PïUiU, Cil CI- HK Minn-LETS
ifans le tro b>s arbres le poignard el l - ■ 1 pins
m : : i'affeeti m, plus vous aviez à craindra pour voira vie. Us potences, impuissantes .1 vèprimer le* assit sain e dressaient sur les places pnMi*
i|i:rs; Pru-niic de DE» C0h|m' iii.iL E .|!Ki']<
sstres pi ceuxqui avaient \ a leur naissant
Isfu^mils . mis m* fraternisa ienl pins dans Les f menades; I luyait avec des sentiments de défiance
d'autanl plus é |U« la haine du vaincu avait été
plus longtemps maîtrisée par La terreur, ri Ion ne ^oy.iii fins â coté des Fran [ue les Catalpa iro^ compromis li 11 s le prisse ponr ser espén pardon au jour d<- la traite.
Dans ces conjonctures difficiles, le général en chef cherchait un appui chei tous les hommes de cœur, et il n'ou* iili.iti pas Puj'tl du ni il connaissait le dévouement fanatique. N l'envoya chercher dans son qu r*
— La crise est ru le, lui dit-il; est-ce que vous croyes .1 un soulèvement gci :
— Non, monsieur le gouverneur; les Catalans sont lu
vi ils trop paresseux : si l'on se battait d'un lii d T-intre, ri la bonne heure; te soldai esl forcé de se lever malin, el voilé ce qui ni' 1 rassu
— Pourtant, à notre ri iveeî
— C'est vrai, il y 1 en enthousiasme el énergie mais In secousse a été si pénible qu'on nu gard< partout un 4nu- I mieux souvenir , On tuera nos gens égaras sur les roui ]hl!iIl.|ui i v î! y aura aussi quel |ues assassinats daps li
es, eu « toiii. Tenez, je connais si bien mes cl compatriote s .[ne si vous vouiez les museler je vous en of* fie le moyen,
— Parler
— Àrrrleï-moi, rai, faites-moi traîner dans un cachot, dressez lin* 1 potence, laissez-m'y suspendu pendant vin^t-quaire heures, il y aura illumination gën fraie en vn- Ire honneur.
— Ce n'es! pas ainsi que h France paye tes services rendus.
— Eh! bon hi> la France de demain scra-t-eïïe la Fr -l 'aujourd'hui? Les gouvernements seul oublieux
les inju il dans leur mémoire,
(Juand vous êtes irrivè\ je •<. i voïc un ou deux militons -m pins el lue qui l'i'n-s centaines d'hommes; -U puis loi 1 rempli vos c ifl ■ ■ ■ ■ ■ surs milliers de
I"! 10 demanda peut-êlre des premières
victimes, et l'on m'en ai vile j Ira,
— ■!■ î là pour vous defcndi
— Bli '|'ii viius ri ï | qu'on, * |fl - utera et que vous n 1 ! n vous di I esl si aisé d'ê»
1 mi homme hU I ns mes montagnes
qu'on viendra me chercher, si j nu ■ on a be ■ u de moi en hol ■> este 1 lit qu'onira me surprendra
— ■ iiins vo ir sinistre.
— Ç|oi ' poïnf. l'e que je vous dis la. général, je me je ^' 1 is ilii du m 11 pris les armes p iur vous c im* i-ii Ira el si j'ai renvové ma Qdète Beppa c^&sl «1 ins k piï'-
^iond'unecaL prochaineel] nelleà laquelle
je ne feus pas Pi er,
— Comment! Beppj n'es! y.\< attarce'nui '
— IWn, gênerai.
— Est-ce que tra imour pour elle?;*.
In e, point d'aecusatton ipii nous et rirait, elle et m % itra allachemenl e i ii ■ tèrahlc t elfe mourra de ma ni rtc ijnmc je rai de In sîcnpe; niais j'ai deviné que
In réaction qui parait sciait pin nie ici que p 11-
■1 1 .'i envoyé mn Femme 1 'i r î, b i eu de
di-! ai e d<* nia vieille m ■ e Gér si paisible encore, et
rirai rejoindra ces deux objets de mon affeeti lés que
Vojra Seigneurie pourra ^ passai de 1 er vices. Un ofllcier du (îoste entra,
— Qénéral, nu mendiant désira voui parler; il sait que Pnjol csi nuprt^ de nous, cl il demande à êhe lui i,
— Faites entrer <
On homme \^[\\ de baiilom *■ présenta appuyé sur un
ImIihi nnueux,
— Dîel! toi ieî» 4ep, l'éeria Pujol épouvante en reoon-
ni un des quatre miquelels i^ii avaient escorte sa femme.
— Ouï, moi, dit celui-ci en se redressant et d'une voïi papide, moi oui me suis échappé pour accourir vers loi,
— L'n malheur, n'es;-
— Un malheur horrible.
— Parle, parle, tu vois que je suis dam i enfef,
— Sous riions près deGèrooe; la femme jette '[iielques pièces de monnaie aunenainh! \h- i-uenx agenouillas sur la rouie et chantant des cantiques, flous faisons ha lie pendant quelqaes instants ï eux, ils. se lèvent pour nous hé* nir : c'étaient des guérilleros dcgitistis, lleppa veut sedefendre; elle frappe, elle jonc du stylel comme tu snis, elle est désarmé?; nies compagnons meurent sous W l'-iiin .v-l. moi je mÏ!chap|iO] je me <nche dans les montagnes,, je les suU à ].i pisle, et je les vois entrera Itosalu, la «lie natale. Que dois-je fair< '
— Me snîvra t me suivra avec le poignard et l'esëopette. âdjeu, général^je vole .î Besalu, et mal leura celte race maudite, si ma liih!< 1 Bejipa et ma mère y ont rrçu quelque ouïr.
h 1 .le de Pujol fut bienin s .us les armes.
— linfnuis! dii le capitaine a ses guérilleros d'une voiï ide, fteppa vïenl *\*- m 'être volée, Votre amie Reppn a
éie [richement attaquée sur In route de ïîi-alu an moiuent où elle n L |i;imï.iïi des aumônes; il fout que vous nous retrouvies notre amie â tous il r.uir .|ue vous me rendiez ma femme â moi seul, A Besalu, en fini!
La bande répéla le cri de son en pilai ne. prit la roule il* 1 du, et l'ujol i leur télé, baletanl comme, une bête fauve, jetait ça et là ses regards riv SMUiour pour chercher des victimes*
li roule fut bientôt franchie : les soldais de Pujol. rapides comme le milan pour le pillage, étaient l'ouragan pour la vengeance; et l;i nuit qui suivit le départ de Barcelone, ii> se trouvaient campes a quelques centaines de
>]t Beialu, dans le lit radieux d'un torrent n sec Pujol U ni ordonna de s'arrèler lî , de ne point faire de bruit et do bien aiguiser leurs poignards, U serrait In
main aux plus braves, il disait des paroles affeduei: aux moins déterminés, et avant tout il les exhortait i ne pas faire irrâce*
,t w-y bien . camarades ., ils m'ont enlevé mû Uepp;i Beppa votre compagne de dangers, eelh' >|liï prcniÉI toujours voire défense quand i *-\m< irrité contra vous. Frappez fort , mes amis , ce village esl de imp eu Espagne si ma mère au ma femrde y a reçu quelque outrage; il ne faut pas y laisser pierre sur pierre. Beppa esl jeune el belle, tuea toui ce qui < i -t jeune m heau; ma mi'io ;i rlrs "'! m- veux blancs et des rides au front, tnez toul ce «jui n des rides ii'i rroal et des cheveux htancs< Après le ter et l« l'I'inii |i tlnmine, et vous serei bénis! Quelques-uns d'entre vous uni un l'i eu . ils ^ avenl c un] ter sur une êter* terne) le récompense; les autres trouver. «ut dans teurame el dans mon amitié le prix de leur dêvcniement et de leur énergie. Le massacra esl parfois une vertu, l'incendie peut être une action généreu e el vous savez que le IVu purille. n souillée il'uue larae tache sang : purifies Besalu, 5 braves guérilleros , et Pujol, voire capitaine, n'aura r vous, a l'avenir, que des paroles d'affection et de rc-
*■ nissance. Maintenant, ne bouges pas, poursuivit il en
y. .m de jmer, je vais seul a la découverte , mais lent nulle prête â mou lignai. Hathias, Salelas, je romple sur von-.
Pujol, à demi rouvert de son manteau brun et armé juaqu'aus itenls, sVivïiiiq â fins de loup vers !a ville silencieuse, Tout v "1 irmait comme si la veille elle n'avait été témoin d'aucun sinistre événement, comme si dans le jour elle ne devait être témoin d'aucun horrible sacrifice. La nuit était oh 1 : cependanl une Légère leinte de pour»
pra colorai I déjà L'horizon. Luijol entend pras de lui les jias precipili's «l'un Immine sifflant une caie segurfilta.
— Août, cabaHero,
— Buerin- Dias, senor.
Oii va sa seigneurie?
— A deux 1 ls a ici, pour um- fête. Et le cavalier^
— A Besalu, pour des affaires de son nègone.
un
— Von s n'en ferai guère aujourd'hui.
— Pourquoi?
— Ah! rVst bien simple; je viens de graisser deux cm des cl je vais les nouer nui deux potences que j'ai plantées ici tout prés hier soir.
— Va ces doux potences, pour qui?
— Pour la femme el la mère d'un scélérat.*. de Pujol. Pujol frémit, ses dénis «"entrechoquèrent violemment et
itûe sueur livide inonda son front.
— tl paraîl que vous le connaisse!, poursuivit le bourreau, car le nom seul de ce coquin vous a fait peur,
— J'en ni entendu parler; mais de mini sont coupables la mère cl la femme de ce bandit ?
— La première de l'avoir mis au monde ; la seconde de lui donner un fi h
— Parbleu, je verrai In double exécution, et je vais faire route avec vous.
— Est-ce que vous êtes du métier? dit celui-ci d'un Ion de vois fan fa rnn.
— De quel métier ?
— Je suis le bourreau de ce canton , et si vous vous y connaisse t un peu vous verrez que je ne manque pas sou* veut mou homme,
— Oui, vous paraissez fort habile.
— Aussi je ne voua Conseille pas d'avoir jamais affaire à moi.
— Xi vous ri nui], répliqua Pujol, oubliant le rôle qu'il s'était impose-
— En effet, poursuivit le bourreau, je ne vous avais pas encore étudié ; mais vous avez des yen * qui lancent des éclaira, vos lèvres sont tremblantes, vos poings se cris- |cnl, v\ unis Tirs armé jusqu'aux dents.
— GVst qui jt: voulais me tenir en garde contre h bande de Pujol qu'on n mi dit roder dans 1rs environs.
— Vous n'en avez lien a craindre aujourd'hui, car, avant-hier, elle a elé passée au iil de l'épie à Barcelone cl son capitaine pendu comme us renégat,
— En êtes- vous sur '
— Homme de mon sailli éternel; aussi sur que je vous t ois* J'ai même été chargé J'en informer sa femme cr malin dans le cachot. La malheureuse n'a pas poussé un soupir, n'a pas répandu une larme; â peine a-l-elle prononcé un moi ou deux.
— Lesquels?
— Je crois «u/elle a marmotté : Il sera fd +i . Elle voulait dire sans doute en enfer,
— Oui, c'est probable, il sera là; elle a bien dit.
— Mais cessons celle conversation , car elle vous rend hlcmc tomme si Pupd veillait autour de nous et nous écoulait.
— (Juî sait? peut-être nous cnl«nd»il, le damne. Il a été pendu en effet à lt.ircclone f comme vous venez de me le dire, mais il a fait nu pacte avec Lucifer,,.
Le bourreau se signa.
— El l'on assure <tue deux heures après l'exécution, le cadavre du bandit a disparu sans que le Cûrrégidor ail jamais pu le retrouver. lw Catalogue est bien heureuse d'être purgée de cet antecbrîsi qui alinïlc inni d'églises.
— À 4 1 1 1 i le dites-vous? Au surplus, voici m potences, j'entends déjà les cloches qui bourdonnent ; la foule va accouru, je me mets â l'ouvrai
— Faites-le solide, car il vous arriverai! malheur»
— Tenez, louchez ces deux cordes, comme «Iles sont lisses, ça ?a serrer mieux que Ee gantttv le plus fort.
— Aour, caballero.
— Aour, puisque vous ne voulez pas rester â la fêle, Pujol s éloigna. Ses jarrets nerveux ployaient sous lui.
Les battements de son ccenr brisaient sa poitrine et une sueur glacée inondiiit tous se* membres»
— Pitié! oh! pitié, mes amis" dii*il en arrivant auprès des siens qu'il venait de rejoindre. Pitié! et que j'aie la force de vivre jusque-là. Dieu ! Dieu ! je croîs en toi si lu nu: permets du: revoir ma vieille mère et ma jeune femme enchaînées l'une à coté de l'autre.
— Que dis- tu, Pujol? s'écrin Saletés épouvanté de ces paroles.
— Oui, j non ami, ils vont H; s pendre, les pendre toules
deux pnrre que la première est nui mère et que la seconde est ma femme. J'ai vu le bourreau, je lui ni parié, il est en ce moment â l'ouvra ce. Lève-toi, Mathias, mon frère» (m Salctas, le voyez* vous aussi la -bas qui essaye le nœud fntaï? mon [lieu 3 Mes que je vive encore une heure!
heure de vie, et puis 1 enfer pour l'éternité !
Pujol était pale comme un cadavre et ses forces s'en allaient vaincues par L Vu orgie de sa colère.
— Veux -lu que nous marchions avec loi ? lui dit son frère d'une voix martiale.
— Bon, Marinas, je rimurrai pas encore; il doit y
&yoif nu Iiiru pour le lih qui brûle de venger sa mère... Silence! ... n'entendez-vous pas des cris farouches? oui, oui, ce sont eux.
Pn jol bondit comme un rh irai surpris cl blessé.
— Vos poignards, enfants, sont-ils bien aigus? vos cœurs bien durs.' Marchons, marchons â genoux et la tête baissée vers ces hnurreaux; car ce sont des bourreaux aussi ceux qui accompagnent ma mère el ma femme... Eutrnilcz-vous encore ?... marchons, et silence, ..
Des torches funèbres répandaient au loin une fumée noirâtre, la route était obstruée par toute la [ululation de Resalu vomissant des outrages sur les deux v ici i mes qui marchaient en chantant les louanges du Seigneur.
Pujnl tombe dans les bras de Saletas.
— De La vengeance! lui dit celui-ci tout bas â l'oreille, Pujol se retrouva debout et terrible.
— Vms*lu T Mathias* point de fuétre là-bas... ils ont bien fait, ma m ère el Beppa n'eu ont pas besoin pour ap-
pr Ire « mourir.. , Les vois- tu, mon ami?... regarde, mes
feux se voilent, il (ail nuit,
— Il fait jour, s'écria Bfathias . carie vois ta Heppa el noire mère enchaînées toutes deux, et elles nous cherchent sans doute; les voici, les voici, elles touchent presque à la potence; on les frappe! on les outrage!
— A moi mes braves! s écria Pujol dune vois retentissante; à moi mes guérilleros! fi moi mes nobles bandits! et point d'èseopettes, vous pourriez ni teindre ma mère ou ma femme
Les soldats de la £u cri liera se ruèrent sur le cortège coin me une horde de loups sur un troupeau de Im-liis; la foule veut fuirj elle est bientôt tournée et forcée de s'arrêter.
— A genoux, canaille, a genoux I et loule télé qui dépassera ma ceinture tombera iliins le sable.
Le-; miqueMs mil mis en joue la foule tremblante; Pujol s'est élancé vers sa mère aahord et puis vers sa femme dont il a brisé les liens.
— A moi mon poignard, Pujol! s'écria Beppa.
— Tiens, femme î'
— A moi un rosaire, dit la mère!
— Je n eu ai pas, dii Pu jol.
Ah! vous élevei des potences pour les femmes! poursuivit-il en frémisse ni, pour des femmes comme ma mère el Beppa. Eh bien, misérables, i, je change la destination de ces potences; mais elles devaient j er deux Cadavres, elles les auront. Qn' 'amène l'a leader de lïcsaîu
qui à laissé outrager ma femme et ma mère, qu'on me le livre et qu'il SOll mis â mort,
L'alcade livré ri Pnjnl Tut pendu, et quand le bourreau voulut descendre de l'échelle pour saisir la seconde vie-
lime*
— ïlesle H, lui dit Pujol irrité, lais ion office pour toimême, ou je t'expédie un des mien
Le bourreau eut beau demander grâce, il fut pendu à n'ilê île l'alcade, • r . relie dmille voii-rvuioc obtenue, Pujol, i demi satisfait, s'écria : — tjue les riches de l'endroit m'apportent â l'inslant même quatre mille piastres, ou pas un de vous ne se relèvera 1 quatre mille piasln S seulement pour récompenser mes hraveî guérilleros que vous voyez Li ileboul prêts â faire rouler vos cadavres dans la poussière, et qui me demandenl par leurs regards cetlu parole dexter minai ion! quatre mille piastres seulement pour vous punir d'avoir osé teucher les vêlements de ma mère ri de ma femme sans vous cire mis ri ceiinnx comme vous le fuites eu présence d'une de vos reliques! quatre mille piastres seulement, n'est-ce pas que Pujol est un
PÏUOL, i;i!EF ftE MIQUELETS.
bandit bien clament cl bien généreux? n'est-ce pas mie vous l'estimez Aujourd'hui ce qu'il vaut, et *|iic vous lui rendez tous justice? Allons, allons, que l'on s'exécute sans retard ; j'ai hàlc de vous dire adieu, et de saluer de la main cette ville maudite ijnî devrait déjà s'écrouler dans les flammes. Allez, je suis pres^, mes gens attendent cette noble paye don t ils se sont montrés si dignes, et si je n'étais pas né parmi vous, vous n'en séries pas quilles â i ban compte. Je vous donne une heure pour l'exécution de mes ordres, et, pour chaque minute de relard, une poitrine sera percée. Vous saves si je liens parole.
m me les envoyés ne furent pas très-exacts, tes cadavres de trois victimes avalent été déjà traînes dans nu fossé, ci Ja quatrième allait recevoir le coup fatal quand la rançon fut apportée.
— Et maintenant, qui t'a frappée, lleppa? dit PujoL
— Il est mort,
— El loi, ma mère, qui a ose porter sur toi une main impie î
— Personne, mon fils.
— Au nom du ciel ! nomme-te-moi.
— Au nom dn ciel ! je lui pardonne.
— |]h bien! puisque tu le veux, je pardonne aussi, dit Pujol en courbant «Vv mut la tote.
— Merci, oh J nnnj Dieu 1 je ramène mon fils â ta clémenn
Wll
BOSPI r ALITÉ,
Sanglantes exécution* achevées, justice une fuis accom* plie, VnyA se jeta île nouveau dans les liras de sa mère ei de sa femme, et les couvrit de larmes de tendresse. Son grade, ses crimes, ses soldais qui h-niouraient, le son nir de bcs brillants faits d'armes, la honte de s'être vendu aux Français, il oubliait tout dan* ses transports, Uhus son ivresse, il ne voyait là auprès île lui qu'une mëre adori
une lemme, un lils son espérance; et il pleurait a ilieu
de sa joie, et il riail au milieu de se> larmes, cl il raconi.it tour à i ou r ses craintes, sa rage, son désespoir, son délire eu apprenant d'abord l'arrestation de lïeppa, ci pins tard les supplices qu'on réservait à elle el à sa mire.
— Il y sera!,., n'est-ce pas, ma femme, que lu as dît ers j croies a ton bourreau? il y sera:... Oui, oui, j'y serai, partout on il y aura péril |"«ur loi ou pour ma mëre. Une les hommes vous menacent, que le ciel et l'eu fer voua poursuivent, Pujol sera toujours Là pour corn ha lire el vaincre les hommes» l'enfer et le ciel. Mais, dis- moi encore,
i -tu cru un instant aux paroles de mort dont on abreuvait la dernière heure?
— Pas un instant, Pujol, ces malheursJà se prédisent par In voix du cœur* A l'heure de la mort d'un objet si, lendremcnl aimé, il doit se passer dans IMme une de ces commotions qui tuent, le corps doil frissonner, les yeux se voiler de ténèbres. Je le le jure, Pujol, j'ai souri aux paroles de mon bourreau, et Le lâche a pris pour de la joie ce qui n'était qu'un démenti à son funeste augure, une certitude de ton retour.
Et Pujol, a ces paroles de tendresse échappées d'une lu niche adorée, répondait par de grosses larmes sillonnant ses joues, cl par un de ces sourires de joie et d'ivresse ou l'amertume occupe aussi sa place, Celait un délire, mais un de] ire qui tenait des joies du ciel et des tortures de l'enfer; et vous n'auriez pas pu dire en ce moment si Pu- *oi était un ange de lumière ou un ani^e des ténèbres* "'est que chez cet homme, au* passions si ardentes, les extrêmes étaient toujours côte a cote* ef la violence et la
douceur devenaient intraduisibles tant elles étaient fugitives et changeantes.
— Moi, nion fils, poursuivait la vieille encore iremblante, je n'avais de pleurs que pour loi seul ; qu'ai-je fnil -tu ciel, moi, pauvre infortunée qui le vois maudit en tout lien, qui entends de tous côtés les terribles analhèmes dont ou poursuit ia têieî liélas ! je t'ai fait naître, Joseph» et Dieu sait si je me suis jamais couchée, si je me suis jamais levée sans appeler sur loi sa sainte hn-ilicliini. Tiens, vois Maîhias, le In m Mathias, qui creuse hï-lus une fosse pour ceux que tn viens de tuer» pourquoi n "es-tu pas indulgent comme lui, mV mon Joseph! il faut plaindre et pardonner pour que Dieu nous pardonne un jour.
Je dots au Seigneur bien des pardons pour ravoir négligé dans mes prières. Combien de fois, en me jetant aux pieds de la croix sainte pour implorer en faveur de Mathiasla clémence divine, ton m l'est-il pas verni remplacer le sien dans mes pieuses oraisons! Combien de fois, eu cherchant â devenir mère équitable, ne me -mis-je pas li ii pp.- h poitrine pour me punir des préférences involontaires que je t'accordais â toi, fougueux Joseph, qui as si souvent fait trembler ta pauvre vieille mëre ! Est-ce une punition que le ciel nVinllige aujourd'hui? Hélas! que ie calice ne passe que sur m - lèvres, et que moi seule je sois et i a liée de mon amour !
— Allons, ma mère, allons, je tâcherai de suivre vos conseils ■ je suis jeune encore, j'ai du temps pour la pénitence, et, en attendant, je m'absous de la mort de ces co* uuins pendus aux potences qu'on vous réservait, el de ces drôles sur qui Mat huis plante eu ce moment une émis île bois. Vous aveî beau dire, liicu ne peut garder rancune ri qui venge l'outrage fait à sa mère, S'il nie punissait pour vous avoir sauvée d'une morl infamante, si! me frappait pour avoir arraché ma Reppi bien-aï mée an gibet préparé parées misembles, que m'aurail-il donc réservé dans sa justice, alors que, vaincu par la peur, je me serais sauvé comme un biche â l'approche de ces limjis affamés, el que j'aurais permis qu'on vous eùl lancées dans l'éternité!
vous, feu iru es généreuses qui prie» pour \ns I rrermx.'
Non, non, ma im-rc. le Uieu que VOUS invoquez a compris i pie j'avais une t.khe â accomplir, il m'a donné la force de surmonter ma douleur, il a béni mes armes, cl il ne serait plus digne de vos adorations s'il ne m'avait pas permis de vous [ires se r encore sur mon cœur.
Apres ces premiers moments don nos â La tendresse, le commandant appela ses bandits toujours liai étants,
— Vous vous êtes cûiiuniis comme vous-mêmes, leur dit- il avec l'accent de la plus vive reconnaissance, je veux en agir avec vous mieux que de coutume. Voi ri quatre mille piastres fortes, elles vous appartiennent, vous allez vous partager toute la somme, et, pour peu que les officiers el les sous-ofiïcicrs y conseillent, je désire que cet argon I soil lionne par portions égales.
— C'est cela, â parts égales, s écrièrent les officiers. —À paris édiles, dirent aussi les soldats, et vive Pujol!
— Vous voyez, ma mère, que loul le monde ne veut pas que je meure. Ce sont de braves gens!
— Il faut bien que quelqu'un le dise, reprit la mère en souriant avec tristesse.
— Oh! je ne suis pris le seul. Tout bandits qu'ils paraissent, loul méprisables que le publient les Français el les Es* pagnol s, mes soldats et moi avons souvent partagé notre ration avec le piéton de la rouie, el il m'est parfois arrivé d entrer sans être connu dans une cabane ou dans une grançc et d 'entendre des proies de bénédiction adressées â Pujol. Allez, allez, ma mère, votre [lieu qui doit me juger selon ce que vous dites, aura une balance e-ale pour tous, et s'il e>t aussi grand el aussi puissant que vous le croyez, il sait ce ijue je vaux et i) fera une juste part des vertus qui me distinguent cl ne sont qu'à moi, et les vit que l'enfer ma donnés. Mais partons, élotgnons-ûOUS de ee maudit village où vous avez la ni souffert,' et retour m ms â Barcelone : décidément je ne vous quitterai plus.
— As-tu vu h sainte si cor avant ton départ?
— Oui, de loin ; elle portail des secours aux pauvres ainsi qu'elle le faii tons les jours. Moi, j'envoie en secret de l'urgent a ceux qu'elle ne peut secourir selon ses vœux, Par-
fit!
Q&tIVhfcS DE JACQUES AflAlïn.
tout où clic i»rLss.". c'est une bértédiëtion, c'est un cri d'fcdiiiïrnlîoii et de tendresse. Sous sa longue robe de lune, sous le [jr.ind rosaire qui pend à ses entés, on seril, otl devine l.i piété qui raccompagne, on comprend lâchante qui loi sert d'escorté. Ses grands Veux bleus ne se reposent que soi* tes misères, cl si uni n gaucho igtioré lo bienfaits que sa droite répand. On l'appelle la sainte dans Ions les quartiers quelle parcourt, le* mvr< s'arréieni el prient, i^ jeune* jilles plient le geribiï el se signent, el il n'est pas jûsqil'aiii moines et nus capucins qui ne baisse ni leurs regards devant Le regard austère et divin de igatlièj
0,111 pourtant a été sans pu insu urt sur H ut! me Harcclitio Peu jî. (Jiïant â moi, ma mère, Je m'éloigne d'elle, je In vén>i>'. Je l'nrîmire, je pleuré lui la sentant si prés de mon c<eur, etjc n'ose laisser tomber son nom de nia bouche, dé eminte qu'on ne devine qu'elle i s? la atèûr de Pujdl el qui- ce nom fatal ne souille les vêlements qui voilërit la purek* d'un ange*
— ■ Le ciel est ouvert pour elle, mon Bis ses prtèil s ontiendront peul-ëlre de Dieu ce que les m Vu tirs n*ojil pu obtenir.
— Qlloi donc ni ro?
— Ta conversion.
— Espérez.
Le brancard qu'on avait dressé nnr ordre de Piijol ' i;iît achevé pendant ces pieux entretien* ou y pi.- ça doucement la vieille femme, el Saletas, Francisco, Marini Maihiasel Ri poil Voulurent le* premiers le charger sur leurs é|jauli Beppa marchait d'un coté, le capitaine de L'autre, el la bande satisfaite prit le chemin quelle avait déjà parcourt), mais moins rapidement cette fois.
Cependant la aecou se avait été si rude que la mère de hqol eut bientôt besoin de repos; ses forée, épuisées ne lui permifi n t plus de se u nir assise sur le brancard doncernent balance* elle laissa tomber sa télé, cl sa voix Lreuiblarne dit alors: Mon Dieu! ayez pitié de mon fils Joseph!
Celui-ci atarinc* ordonne une halle et recommande le silence pour mieux recueillir dans son ilme les faibles ,'cceuls dune nicre adorée. Le chirurgien de la troupe s'avance et dit lorit bcis quelques par s l'oreille du capilaine qui, pour la première fois de *;l \ie, tombe a genoux el s'écrie : Mon Dieu ! sauvé ma itière cl je jure de ne plus toucher ni poignard ni escopelte! Mon Dieu, sauve ion mère *-'• je jure de f.iire rebâtir le cou veut de la Merced oue j'ai incendié! Je le jure, ô mon Dieu, que si ru me gara les jours de ma mère, je me jetterai a genoux devant^ lès images de les suints et devant les prêtres de les pgjlsel;. mon Dieu, sauve ma mère et je cessé d'être le chef de la redoutable guérilla.
Malhias et Marini. un rosaire a la main, chantaient pieusement quelques versets; Saletas. étouffé par les sanglot menaçait du poing el «lo regard BesaJu dont on voyait encore le clocher, Beppa mordait fconvulsivemeni ses lèvres, et les soldats de la formidable guérilla retenaient leurs jurons et li -lus blasphèmes à la gorge.
L'agonie de la vieilles*; un spectacle si lamentable! an corps douloureux poussé dans la tombe par une main fatale! I.i faiblesse aux prises avec la souffrance, le râle a*ec le souffle dévorant de la mon, la prière avec l'appel inexorable du destin, et point d'espérance! L'énergie esl épuisée, et plus la torture sera longue, plus le doute s'efract ra , la vieillesse compte par min mes, compte par heures, unis ne compte plus par jours et quand a sonné la dernière de ces heures, il n'y a plus a attendre que le dernier regard et la dernière sensation.
La mère de l'ujnl tenait dans sa main ridée la forte main de son lîls baignée de larmes; elle parlait encore, mais \ ar instinct, parce qu'elle voyait peut-être un ange qui Itaî ai -