‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 2 sur 82 · PUJOL, CHEF DR HÏQÛELE · texte numérisé non relu

PUJOL, CHEF DR HÏQÛELE

PIJOL

CHEF DE lUIOLELETS

LA CATALOGNE 11808-IKIti

AVAM -SCÉWS,

C était encore une époque grande t; ; ■ i ■■ ! ■ I ■ - . quoi [tic l'un s'aperçût dojâ njiie le 1 irgc soleil qui calcinait la Franc* ne pin i ail plus que des jis douteux sur tontes les autres j arties de l'Europe.

1] ne fa! In il poinl d horizon a l'ai n el ;ï la gloire

deffarmleou l T ;j| voulait, lui, avoir ses coudées I anches dans le monde; il étouffait au milieu du cercle immei qu'il s'était trace* et pourtant, au pord romrne au sud, de tous côtés se dre&saienl de formidables barrières qui le heurtaient et le faisaient trébucher dans ses pas de géant. Soldai indompté, empereur omnipotent dés qu'il jetait sur nu empire un regard de polére, cet empire Iremblail et tenait prêtes les clefs d'or de ses cités vaincues*

Un enfant an berceau réguRil sous son nom dans la vide des Césars et des papes \ la Suède Eu! était dévouée par te chef dont il l'avait dotée; L'Espagne avait vu sur sou trône lézardé un d* frères contraint d'en descendre; mais elle l'avait senti bientôt peser de nouve u sur elle, tramé à la remorque décelai iiui hrl iule résistance. Vienni Berlin, toujours soumises et toujours prèles û secouer Eeu; iiLuih. ii de servitude, ne se taisaient encore que pai qu'elles mandaient f[ue leurs voîi fissent écho avec les cent voix -les an 1res royaumes menacés. L'Angleterre bloquait nos ports sans oser les attaquer de trop prés, La Russie, qui devail être bientôt le froid tombeau de nos valeureuses armées, s'agitait sourdement ► comme un colosse aux abois , pour résister aux gigantesques attaques qu'on m -.| : i ii contre elîe.Le blocus continent i . triste utopie pour les esprits médiocres, mais grande el sublime pen- -•us la melledevaU se courber ïamliiii m britannique, rencontrait de toutes parts nue opposition à laquelle Napoléon ne salait pas attendu. Il reconnut que In Russie, en tête de 1a coalition . luttait par ses agents secrets avant de lutter avi m m s et son hiver,

La cou tuétc di la Russie fut arrêtée.

|iu toutes les ,-anîtés royales humiliées par les victoires de Napoléon i ose le regarder en face, <l qu'elles se furent mises d'accord pou ■• leurs nulle digues an torrent qui les avait sulmn Lisse* nuenl fut terribtç ^ el In premi ■>■■ défecti n de ait amener es aussi , pet ïi lit , I. /crains ci par le en and empereur se virent -ils forces de rebrousser che-

min, et vinrent-ils , presque tous ensemble, se grouper auprès du génie qui le* avait couronnés , comme p • i s'abriter sous lr même manteau protecteur ou plutôt pour s'ensevelir dans le même cercueil.

Alors eurent lied il"- catastrophes, alors l'his-

toire des vainqueurs du monde civilisé urisi les cgsui sans refroidir l'enthousiasme; alors le large soleil se ternît, et , snns crier merci, ce fui -î nous de trembler dans nos provinces en values.

La déroute devint générales un homme contre rem

mille h n un peuple -■ >ntre cent peuples ' il fallut

succomber, el l< sher bitumineux d< Sainte- Hélé ne re>

eut le dernier soupir de cette gloire immense, à laquelle nulle mire gloire ne peut • nti irée«

Voyez pourtant comme on marcnaii al »ra . et comm> les événement pressaient au Win de l'Europe ébranlée! L'aigle des Césars , reine du monde , a-t-e!le jamais eu un vol plus rapide? L'aigle 1 roi des airs, a-t~i! j ruais plus vite en ahi l'esp ce?

Le ï( mai, Napoléon quitte Sainl-Gioud, aîrc impériale.

Le l€ le roi el la reine de Suède le rencontrent à Pribourg et lui jurent alliance et fidélité Le I8.il est i

Die a

Le 6 juin, il visite Dantsig; le 22 commence l'ouverture de cette campagne de l'ussïe où périrent de si nobles

' *ages el où la gloire resta seule debout ..u milieu de

Uni de IV -i'Is et sanglants holocaustes,

Le :>3 . l'armée passe le Niémen : cette armée où se dessinaient, inaccessibles a toute douleur physique, ces silencieux etgi mvcs soldnts que l*em| ereur dont llséUïenl nés pouvait appeler par leur nom ou par celui des batailles qui les iraient illustn

Le I* juillet on s'empare de Wilna.

La mai clic était assez rapide, le* victoires assez êclatantes, pi ur que sur son trône éloigné, le ciar entendit déjà l'écho su min' des pas de l'avant -garde française s'a* v.i[n; iiii comme i un triomphe assuré.

Suivons oi -s lésions de bra n -s.

Le 'iô juillet te prince Bagration veut tenter le sort des armes ;'i Midnlow. DâYOUSt se charge de lui prouver qu'il a tort.

Le 23, un détachement fait mine de vouloir arrêter l'élan de l'armée, Nansouty»! la léte de deus divisions de carabiniers, te culbute eu avant ifOstrowno* Et, camn si taji es n"- ien1 pas ei d'assez utiles ensei-

: ne-jjis, le "i7, l'arri :i-..i de russi . i le de dix mille

; s, esl complétemi ni défaite à Ostrown

Le 17 août . Sm ik se dresse devant l'empi i ir avec ses murs élevés el foi mutable garnison. Il y eut ici un

poinl dWiH, mi repos de quelques ! ici ires, uuc bataille mi: u m- victoire. L'année russe veut s'opposer rm vi A de [aigle -, l'aigle ouvra ses ailes cl passe outre en lalssanl t:îufj mille cadavres sur le sol et en livrant gepl mille pi isomikrs à l'armée française.

Saint â là ville sainte, à h cité aux coupoles d'or ! Bile geléven l'horizon, orgueilleuse, comme si ce jour m devait point précéder celui de ses funérailles.

La bataille il*- la Moskowa fut une des plus meurtrières quoi» eut jamais livrées : noua eûmes vingt mille morte; les Russes perdirent trente mil!* 1 hommes et nous taïss renl cinq mille prisonniers. M y lui (in- plus de soixante mtJIccoups de canon de chaque côté; et, depuis Maremm, Napoléon n avait pas montré plus de braumre personnelle, de sang-froid . d'activité et de génie.

Cependant L'armée russe eu débris traversait Moscou dans sa plus grandi- longueur h se relirait vers l'est» landis que les Français faisaient leur entréMiiomn haie dans celle seconde capitale de l'empire des czam Vous savez le mie que joua La 11 tu me quand le bronze eut i;arde le silence,

Et, pendant que se -déroulai! si loin i-ite brûlante page de notre histoire, que faisait Paris? Il attendait les nui* !■ fins glorieux; et un beau jour le général Halle! poussa

un cri de révoltée! prochina, le 23 octobre, La déenéa

de Napoléon l ir .

Le 5 déceml re, l'empereur quitta L'armée.

Le général Mal Ici Lui fusillé. M is il \ eut aussi des \ ■ raies ne clémence . i ar les sanglantes lu i atombes n'étaient comprises par L'empereur que sur les e lumps de W. Nulle,

Le li février t*ir> Napoléon demanda des renforts au Corps législatif.

Le 27 mars, La Prusse déclai (vertement là guerre à

la France*

Le !■'» avril, Napoléon quitta Paris pour si- rai lire a la tète de >à nouvelle année, forte de cent soixante-six mille hommes.

Ne dirait-on pas un coursier numide, libre de tout frein et courant devant lui pour voir si la terre lui fera défaut, ou plutôt ne croirait-on pris entendre les élans du lion al« y ssi nie n allant se jeter au-devant de la caravane périodique sur laquelle il a coutume d'assouvir sa faim dévorante '.'

Et nuis, est-ce seulement un homme qui se lève, part el s'éloigne?

Voyez plutôt

Li- \ w l mai . bataille de Liilzcn , où nos soldais se couvrent de gloire.

Le ÎB mai, L'ami nçaise fait son * nirée â Dresde, et le 31 elle livre In fameuse bataille de Bautien et deWîirschen.

Le S, suspension d'armes conclue à Plelswilz et an congrès de Prague. L'empereur accepte la médiation de l'Anirir he.

Quelques jours plus hrd c^Eie puissance nous déclare la guerre comme venait de le faire la Prusse; et, le 52 août, ses armées se mettent en marche pour combative les noires ri se joindre â la formidable coalition. Les "20 et '27 eul lieu la sanglante bataille de Dresde. Le général Mon m y lui tué, et le boulet qui s'empara du transfuge alla le chercher au milieu des rangs ennemis : le canon aussi a de L'intelligence*

La bataille de Leipzig dura quatre jours* Nous avions sous les armes mit trente-huit mille hommes, les ennemis en comptaient trois cent mille. Accablée sous le nombre, trahie par lis Saxons, l'année française fut contrainte à La retraite.

LeSO octobre. Les Bavarois, réunis aui Autrichiens r voulureni arrêter nos braves a llanau. Lisse vm.nl nilbnti et les soldats de L'immortelle armée se retrempèrent à ce nouveau succès, qui fut» hélas [ comme le dernier rayon d'une gloire prés de s'éteindre. Tout était perdu, /on l'honneur l Napoléon arma â Paris V !) novembre; h le 31 décembre les alliés traversèreni le Rhin el énvaÎJ le territoire s teré.

Ici s- e la plus dmirabfe campagne du premier

capitaine de tous les pa I toutes les époques. Ici

lîonflpnrte natl une seconde fois et retrouve loule l'aclivil- .!. <.■> premières guerres dltalie. Ici Napoléon et Bonaparte ne font qu'un. Ce n'est plusâ coups d'hommes que les victoires sont remportées, c'esl te génie luttant corps â corps avec les masses, tombant el se relevant toujours

Slus grand el plus fort. On croit éire » chaque instant au emier soupir de la lutte , ei le colosse contre lequel viennent se heu rler les mille lésions coalisées est £ peine ébranlé dans le choc, Partout où son «ûl d'aigle Lance h fondre il y a brèche et chaos, Saint-Dizier, Bricnne, Champauberl , Bontmirail, peuvent marcher de pair avecArcok, Lodi, Honlenolle, Rivoli, Napoléon était là où le danger se montrait le plus pressant. Quand la retraite devenait tumultueuse, le capitaine s élançait l'épée a la nui in, rapide comme la pensée; Tannée se" reformai! en lin! ni lie, et la victoire cheminait encore sous nos drapeaux criblés.

Pourtant, il fallu! succomber. Paris était dans un réseau de fci : mis phalanges broyées marchaient encore soûl en nés 1 1 ;j r ïeu r arden E pa î riot \ sm e ; ma is elles en tendaient d erriére elles les hurlements ennemis, et les yeux des soldats se remplissaient de larmes.

Ils allait -ni ils allaient où on Leur avait dit d'aller. C'é* i.iii une agonie â briser l'Ame, c'était un convoi funéraire.,, El les débris mutilés d»- fa plus puissante armée du monde erraient ainsi r.i h la. demanda ni du pain comme ils avaient autrefois déniai] dé des cartouches. ..Mais, au jour du péril on leur avait donné des cartouches; au jour de la misère, on li ni refusa du pain, lin les traqua commodes bêtes fauve eux ijiii avaient encore un peu de sang ronge pour le dernier râle de In France.

Kl. quand toutes ces grandes choses se passaient la-has, prés du pôle, ei ici, au bord de ta Loire, «pie taisaient les antres enfants rfr h patrie envoyés au midi?

Ce qu'ils ont fait partout.

Ils. sr battaienl tous les jours, Us couchaient aux camps, ils manquaient de nourriture et ils mouraient en cri an l : l'iv€ l'amptreuTt car il y vivait eurwe un empereur eu France, et ce cri retentissait fort et puissant de Cadix â la Moskova.

Sun 11 rentrait! poursuivi par les An^lo-Vortugais, dont il sut. devant Toulouse, si bien châtier l'insolence, el Suchet traversait Le Perthus, réunissant admirables troupes à Perpignan , dont les pavés criaient snns les i dentelées dès caissons et des canons de campagne.

Avec l'armée française, sous les ordres de Maurice Mathieu, de Decaen et de Lamarque, on vit arriver aussi â Perpignan une poignée d'hommes à la mine bave, aux j unes creuses, â Ta s pool farouche, commandés par nu

ire homme petit, propre, coquet, bariole île koderi d*or sur toutes les coutures.

Cet homme» c'était Pujol.

Ce Pujol, que je n'ai jamais pu n j.n .h r saus nu double sentiment de terreur el d'admiration* je m'engage a vous faire connaître sa nature exceptionnelle. Je n'en ni jamais compris une plus dramatique, plus noble, pins li i ilcuse.

Je vais vous parler de lui. Je VOUS dirai sa mort au-si miii-i dtïïne de sa vie; cadre sanglant d'un tableau peint avec du bitume; dernier soupir d'un volcan ; demi lave d'un cratère qui vient de pousser sa démine menace.

Pujol devait mourir un unie il est mort. Il y a des destinées qui ne sont complètes que lorsque Je sang a cessé de circuler; alors que la tombe s'esi !"'■ n nr les cendres muettes; alors que la v..]\ des hommes et tes élans de leur cnlére sont impuissant- ,'i les raviver

Si piijiii s'était éteint calme dans s^i l'u\ s'il avaii I m Misse son ileniiev soupir aux bras de ses amis en plein si la foudre n'avait pas éclaté i ses tortures dernières, la vie d>' Pujol eût été incomplète; il y aurait eu mensonge dans celle carrière s! tongui et si bornée â la fois, ou tout a élr ^rand, terril. frayant.

H ipotéon devait mourir a Sainie-lléléne, Pujol était prédestiné aux tenailles el au gibet.

Napolé -i Pujol!

Pourquoi j !l ua penl-èlrc manqué i relui.,!. | ■ i ■

être un urand homme, que des soldats disciplinés el les

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