PUJOL. «HEP DE 111 OU EL RTS
surmonté de deux grandes plumes de coq, ei. ainsi accoutré, ainsi <t -i «lé au milieu tlc>s. sarcasmes d'u ne menir de li.'r-is féroces, on le bissa sur Se mulet, on l'y garrotta avec de l-rh liens el r.ui se rcmii en marche vers Figueras.
[Htttîére l-i mule harcelée par des bourrades perpéh et par des flagellations d'orties, venaient de** ^ens arm aussi de rouets, frapp al avec une gaie) ■ sauvage sur les épaules el le dos du miquelet martvr en lui demandant ironiquement pardon du mai 711'jfs /ni [irisai* ut s au a le vouloir*
Oh! rV'iiii une noble ci belle fête pour les Catalans, que relie entrée triomphale de Pujol dans une des villes les
mieux forJiOées d'Espiigne, el servant de risée sans dire un m ut, suis pousser un soupir, peut-être aussi sans un i .il i dans le eu'ur, â mu 1 imputation ivre rie vengeance et accusant la lenlftnrde l'heure qui devait lui montrer Icc.t- 'I ivre du bandit suspendu â une potence,
ïl y eut des juges, un simulacre d'équité, des pan mielleuses avant de condamner Pujol.
On ne voulut pas laisser croi e ceux qui de loin entendraient prier de rriir inique affaire qu'il s'agissait d'une re] résaille envers un homme désarmé e) 1 leusement livré a ses ennemis au un pris du droit des gens el des nations.
Lr conégidor qui l'interrogea n'obtint du patient aucune réponse*
hijul se vil accuser personnellement de fous les meurtres qui avaient ensanglanté U Catalogne, de tous les inceudies qui t'avaient dévastée; ou lui reprocha des repas de membres d'enfants el de jaunis femmes mises à l.i loi* ture r |;j IHijoK inébranlable dans sa résolution de mutisme, ii "essaya aucune justification *
Il savait bien qu'il n'avait été rendu aux Espagnols que
Sou r subir toutes les épreuves des martyrs, el il demanail à Lucifer qu'il lui fût permis de u exhaler aucune f>laïnle au milieu des tortures dont on devait prolonger sa ongiie agonie,
De temps à autre, on remarquait que sa poitrine oppressée se soulevait comme une montagne soumise i une co* 1ère souterraine
C'est qu'alors il pensait à Beppa» c'est qu'alors il tremblait pour celle forte el généreuse femme ;i laquelle il devaif les seuls instants de bonheur qu'il eût goûtés sur la terre; c'esl qu'alors il était près de tomber aux genoux de ses juges et de leur dire avec des sanglots et des larmes :
— Oui, je suis coupable de tous les crimes que vous me reproches; oui, j'ai égorgé vos mères et bu le sang de vos enfants; oui, Tai incendie mnents el voséglises; nui, j'ai blasphème voire Dieu, j'ai brisé sou saint tabernacle et mutilé les vases a quand mou stylel a pu les allein* dre; je suis coupable de toutes ces abominations, mais je le buis seul, parce que seul je commandais el que mes soldats ne aa\ ient qu obéir. Ùa femme surtout, ma femme qui est maintenant sur le territoire hospitalier delà France, ûhl si vous saviez par combien d'ardentes prières elle a soit rem cherché â me détourner de me$ sacrilèges, si vous saviez combien elli > i dévote >i saint Jacques, â saint Christophe el a ta Vierge des douleurs! C'est une sainte feine
ô mes juges, nu ange â qui Lucifer a arraché mon Ame. Eli nies si ma Beppa rentre jamais eu Espagne, à mes juif es, quelle soit libre d'y vivre dans la pénitence le deuil! Ou ru- doit point frapper les saintes du paradis ; n'est-ce pas que vous ne frappereypoint ma femme ' n'estce pas que vous ne la punirez point de mes crime
M lis Imjol jjardnit pour lui les vœux de sou cœur dans la crainte que, par une nouvelle et odieuse machination la compagne de ses périls nv. fût découverte et qu'on i îvit de Perpignan ;ue l'on ne savait plus ce qu'elle était devenue.
Nul di I h- iir ne fut donné au guérillero, et un jour, rî midi, la voix grave el solennelle du corrégirior lui lit entendre ces terribles paroles ;
— Pujol, vos crimes vous ont mis en exécration parmi les Espagnols cl les Français, vous avez mérité la morï el
les tortures réservées aux parricides, aui sacHle. • i nus blasplicmjteurs; mais nous, indulgents dans aolre juste sévérité, aous ne vouions pas que votre agonie se prolonge el quelle épuise vos forces, Voici donc ce que sous avons arrêté el ce qui sera fait : Demain à pareille heure vous sei« / conduit sur i. ■ |., . .• \] ynr imi I'ihj \<uj> en l errera d-ms un trou jusqu'à la poitrine, lr peuple | ■ processionnelleiin-ut devant vous et vous frappera selon sa volonté. fur heure n|n-.-,. vous serez conduit au lieu de votre dernier supplice, escorté «l'un prêtre â qui vous demanderez pardon de votre passé, et la, au s te* cloches de toutes les
Églises, vous serea lancé dans Péternïtè. luVu voua fasse miséricorde I
Pujol se leva et marcha d'un pas ferme vers In porte du • liir.il où se passait celle Ignoble scène, el là, maigre les gardes, commença son hornh > i -thirc.
Un monde entier s'agitait dans Figueras, mais un monde de loups, d'ours en haleine, de tigres à In gueule béante d'hyéneai In Langue rouge, glapissant, hurlant, rugissant ran- piant des menaces et vomissant d'inferneii iféralî'Uis contre lis dernières heures d'un homme qui n'Appartenait nlus aux hommes, d'un malheureux déjà dans les mains de L'Eternel.
Les triples portes du lïdide cachot de Pujol s'ouvrirent i l'heure indiquée. Au même instant, comme une éruption de Ilots irrités, comme une cataracte envahiss mtc les pingt
mille Ames, accourues \ ■ jmiir du séduisant &pecta<
d'un corps noué au gibet et flutlaut .i l'air, s\igitèreul convulsivement et remplirent l'espace de cris frénétiques.
La milice armée, les gardes royaux, les troupes de la garnison, ne pouvaient plus contenir la horde farouche qui ■•■ ruait sur ce débris d'homme dont L'Ame seule était calme et puissante au milieu de tant d'initaiiou.
Le martyr enchaîné m ulemenl des mains marchait lentemenl d'un pas assuré à coté d'un muine ijui lut '<i-
tail inutilemeni un crueilix â baiser et qui criait à haute
"ix :
« Aiuiihénie! anal home a l'impiété! »
On arriva sur la place llavnr.
U un trou avait été pratiqué fa vrille; Pujnl y sauta itùt qu'il n'y de i en lit, des pénitents vêtus de non ei innés de pelles y jei^renl du sable, et le guérillero se trouva emprisonne jusque la poitrine. Le peuple délila devant lui, et, comme si Dieu du haut du eiW ivaîl f-iît parler sa clémence, peu d'outrages furent prodigués â I intrépide bandit.
Une femme cependant s V fait placée en face de PujoL
— Misérable! tu as cause la mort Je u enfant, lui dit*
elle. Tiens, brigand, voila le clttàmeni que je L'indigo en attend ml que le bourreau fosse h 1 reste*
EL après lui avoir craché à la ligure, clic lui appliqu:i un
vigoureui sou filets
Le peuple avait cependant répondu ;î cel outrage par un cri général d'admiration comprimé né iin l. h- In pitié» et Pujiû après un rapide regard jeté sur la fanatique femme, s'était contenté de lui dire :
— Ce que tu dis el ce [ne Lu fais là est beau sans dnule p mais je ne ta devine pas encore.
11 y eut un silence nue longue anxiété el les yeux ardents de In jeune femme se promenaient sur la tuile émue de terreur, rien ne b> ■■ « -nît-
Aprés eetie premier»» et longue agonie, Pujol fui d.Mré, et IL eut assez de force pour marcher sans appui jusqu'au lieu du supplice.
Mais en route, cette même femme qui l'avait si cruellement inanité sur la place May or, s'élança de nouveau sur Lui, i'accaiua de violentes injures, le Irappa à diverses reprises, l<- saïsil par les cheveux, le foula vins. s. -1s, et Pujol lui dit enliti «l'une vois nnturauie :
— Femme, je commence à le comprendre.
u m i i.isl vendu au lieu fol al m plutol au calvaire de délivrance.
CEI! VUES DE JACQUES AnAtJO.
Tu pil montait l'échelle précédé par le bourreau, suivi par le prêtre, horrible chapelet sut lequel ta foule fixait des yeux i m mû biles.
Tout â coup u u jeune homme se précipite, saisit violcmment h femme par le bras :
— Viens, viens, dit-il d'une voix retentissante, viens, épouse el mère infortunée, je me charge de lai, car tu
tarais pauvre; je suis riche, et comme tu es l'ennemie de 'ujol, viens, le dis-je, lu auras de l'or et un licl hôtel
pour loi el ta famille.
Pujol tressaillit a cette voix comme il celle de Satan, et la
femnie bondissait! ainsi qu'une lionne :
— Ah ! te voilà donc enfin! s'écria-t-elle avec un accent frénétique, je te tiens sous ma main rigoureuse* relais sûre que tu viendrais jouir des tortures de Pujol. J'étais sûre ou*' j'attirerais tes regards et que lu assisterais â ce lu* fête de la potence. Te vi ïlâ donc, Marceline Perez, pars avant Pnjul et Bcppa l 'épouse de Pujol !
Un cadavre était immobile sur le sol labouré, car une lame d'acier venait de fouiller dans son cœur*
Ojj lança Pujol dans l'éternité, ïîeppa h>ml>a expiranle au pied du «ibet.
Pujol abaissa son dernier regard vers la terre, Beppa fit monter le sien vers le ciel, et les À tues des deux miquelels s'envolèrent ensemble.
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