C.OHBA
Comme dm s trombes chassées par I ouragan, la lionne et [v Hou se précipitèrent en même temps. Il v i-ui chaos; presque tous nous fumes jetés à terre,.. ; mais, debout au même instant, nous nous trouvâmes placés en ordre de bataille. Quatre des nôtres étaient ! par le cïioc :
nous les couvrîmes avec générosité. Notre première décharge, que nous n'avions pas en le temps de diriger, fut suÎvjc d'une seconde aussi super Bue; car les bêles furieuses nous avaient dépassés, puis nous craignions de hier quelques-uns des nôtres accroupis derrière nous.
Soit dignité, soit instinct de leur défense, les lions venaienl de se retourner \ers nous, ri il devint bien êvidr-ul que c'était a nous désormais qu'ils voulaient avoir affaire, Ils dcvinëmii que là était nu troupeau de victimes dont
ils hriseraii'iit les in I ires à leur gré dès qu'ils n'au
raient plus rien â redouter de nos armes; el c'esi pour cela nu ils avaient fait comme nous et contre nous volteface. Un coup de pistolel partit... Jules avait bien visé, La lionne* frappée à rreil gauche, poussa un horrible rugissement auquel rép lit le rauquenient plus menaçante n-
core rie son formidable ami ; et, comme je vis les jours de Jules en grand péril, je me trouvai â l'instant à ses col es.
— Merci, me dit-il. i y complais.
— Un pistolet .'
— Voila,
— Une gaffe?
— Je n'en ai pas.
— Demandes-en une li un matelot.
[Tous avions été entendus. Rivais, excellent vaurien qui avait échappé cinq on six fols à la corde et qui était tout zébré parla garecttede fîavaslro, vint à nous el retourna sans armes auprès de ses camarades. Ceux-ci se rapprochèrent â notre ordre, el serrés de nouveau, non s attendîmes Pava tanche. Elle arriva plus fongueuse, plus meurtrière : Jules est renverse.
La gaffe a pénétré dans les lianes du lion, qui brise le manche et revient à nous. Je décharge mon pistolet à bout portant; la balle arrive, et arrache un gémissement firé^ nêlique... Rivais se défend contre la lionne. Deux île amis lui portcnl secours el sont blessés presque en même temps. Un second pistolet est remis â Jules, dont U sang coule en abondance. A mon tour, j'ai la cuisse déchirée par un coup de griffe, tandis que ma balle fail son devoir el creuse profondément les chairs.
Les matelots s'animent à cette lutte scuaruée; ils coupent, its trouent, ils percent; et la mêlée n'est plus qu'un carnage admirable dans ses péripéties* Chacun son^e à sa sûreié [irrsnnncllc. et chacun pourtant semble agir dans rinlérét de Ions. La lionne est a terre; le lion chancelle. Nous crovons te combat terminé; il l'était en effet, mais le massacre ne l'était pas. Les deui bêles furieuses ne veulent point que leurs Cad a vf es mutilés gisent seuls sur In plage, Elles se ruent sur les groupes des noirs bloius pr
NTN POLK A L'AUTRE.
ir.
du Jlol; elles uificnent, elles triturent; excitées par l'odeur du sang, elles se vautrent avec frénésie sur les y ici m h s sans défense. Ell^-= se roulent sur le* corps inanimés ; elles tombent se releumt, tombent encore*** Un sourd mugissement retentit, un soupir d'agonie se fait entendre, un nier lite : c'est encore "ne victime nue leurs çrifles
dci
viennent d'acheter
Les ténèbres nous enveloppaient. Blessés, èclopés, bien portants et meurtris, nous rejo unîmes les embarcations.
Six des nôtres avaient péi i.
— Eh bien] Jules, souffres-tu beaucoup?
— Presque pas: le soutenir de la lui te efface la douleur. Lt loi, Jacijm
— Je crois rêver; nies artères liât (eut à se briser sous tu a peau.
— Que dis- lu de tout cela ï
— Je dis que L'ouragan et le typhon ne sont rien.
— Un peu de chose*
— Le lion,, comme le simoun, c'est la tempête du désert*
nETurn.
hEyUlv-
Hue faire de Unis ces esclaves nus et mutités ■ | n il nous était impossible île conduire a bord .'Les abandonne] n la plage à La merci des tigres, des lions et de la faim, qui tiendraient â coup sur les visiter, semblait tout d'abord un acte de cruauté inouïe; et cependant c'était le seul pariî que nom eussions â prendre. Le navire était petit, le capitaine liât ;<st m rigide dans ses menaces, cl j<- ne doute pas qu'il eut jeté, sans miséricorde, ces nommes i la mer, en cédant à un de ces caprices, n une de ces pensées dé bêle féroce qui lion i! Ion ira Sent «Lui s sou ame*
<Juant à moi» quant à Jules, nous nous étions compris à merveille, et nous avions résolu, à la première occasion, de fuir \ Éclair ensemble ou séparément. Ensemble, c'eut été une joie; séparément, c'était une douleur. Lh hellcen* faut m'enivrait par son courage, par sa pieté filiale, par I énergie de ses résolutions, par l.i n -I ■ I ■ --i île son ime, <|ni acceptait lontes les tortures; elle ne comprenait ni la honte, m la dégradation, et sa vie entière ressemblait à un saint martyre* Pore et chaste au milieu d'un monde de damnés, citait M une grande ligure à étudier. Cela il là
- il' organisations primitives sur lesquelles l< , , r uv
se repose avec amour ; on devait l'admirer et raimer à la fois
— N'est- il pas cruel , me dit -elle en me serrant atfn - I ueu sèment la m.iin avant de quitter le rivage, d'abandonner sur ce sable brûlant tant de pauvres êtres sans défense? Que vont-ils devenir? Dieu le sali. Mais, puisqu'il y a un Pieu pour eux comme pour nous, espérons en sa bonté, rejoignons In « iialoupe el retournons a boni
— Un est Jean-Jean? lui demandai-je avec inquiétude; ea l j e n imi> va ni on 1 1 rave ma telôt, d ont il fin 1 1 q u e je vous parle avant d'aller plus loin.
Il efiil lié Iri ou lu, il n'en savait pas pln« rpie vous. \ .k plus que moi.
Il n Vivait jnmais connu son père, il ne se souvenait point d'avoir reçu de baiser maternel, seulement îl se rappelait que tout enfant il avait clé rudement chiUïé- pour des fautes qu'il ne comprenait pas, et que lorsqu'il tendait la main il recevait souvent eu échange des soumets qui lui auraient fait ruauilire la vie s"i! avait pu maudire quelque chose ou quelqu'un, ïe brave garçon.
Jean «Jean, pour uclinpper ri des vauriens avinés qui le ruaient p Havre sur le quai, se jeta on jour à la nage, escalada V Eclair, où l'on recevait tout ce qui -v présentait avec de la je gso el un bras robuste. Le bras de
Jean-Jean avail plaidé - sa cause, il pesai! rudement sur une manœuvre, cl le pauvre enfant ï'estimail |iren me heureux qu'on voulut bien lui donner du biscuit moisi, des féi mangées des vers et des coups île garcette, eu échange dises miîls sans sommeil el de ses jours sans repos.
Ses camarades qui l'avaient le plus étudie disaient, sans trop oser le garantir, qu'ils l'avaient ml sourire une fuis... Hélas! peut-cire l'Vtii -il de pain blanc et de caresses malemelles.
Je ni étais HiUai he il Lui, d'abord nain que j'avais lu sur a ligure amaigrie un caractère d'héroïque souffrance el dVvniigèliqne résignai mu oui me lavait représenté comme un martyr; et puis Jean-Jean se baitaii sans colère ave* ses camarades seulement, parce qu'il était battu \ puis en- COTO dans la bouri'iK'iue, sous les eoups de vent, il se cramponnait hardiment aux empoinlures et faisait sa besogne de matelot en gainer de première fiasse
Un jour je lui tendis la main, il cacha lu sienne, cl Jules, qui était prés uV moi, loi sauta an cou pour L'encourager, Le soir, Jean-Jean pleurait, ses camarades en eurent presque pitié, tnmlis que lui se sentait le pins heureux des nommes.
J'aurai Lieu souvent l'occasion île vous parlei de Jean* Jean ri de a laideur mythologique; mais, puis pie je Suis «m train, achevons le portrait:
A ses cdtes, Jérémie, de lacrymanle mémoire, eut été le plus facétieux des mortels, et il se serait bien gardé de porter envie à l\iullel et au lis, qui ne pleurent «pie le marin des hvrnes de la rusée.
Jai craint un jour dViuliifer mon pauvre muielul en lui demandanl s'il pleurait plus fort el avec plus de plaisir lorsqu'il voyait rire les autres... Il est des flores auxquelles ou ne doit loi ici no- qu'avec la plus grande circonspection-
Je feignis un autre jour de pleurer a une infortune imaginaire, Jean-Jean m avoua qu'il pleura de joie.,. Vous voyez donc bien qu'il y a parlids des sourires au milieu des amertumes lu matelot, car une bonne proie de vous tombée sur son cœur va le rendre lout a la joie, et la joie de Jean-Jean ne peut se traduire que par des larmes.
Oui, Jean-Jean pleuve sans cesse non pas comme une fontaine, mais comme nue averse, vous diries un lac dans sa boite osseuse.
Les éloiles au firmament ic font pleurer, il pleure eu voyant glisser l'eau prés du navire aventureux, il pleure en suivant le mouvement de La lame, en recevant sou biscuit, en eiihim chaut les vergues; il pleure s il voit pleurer ses camarades, il pleure plus fort s'il les voit rire; il ii'a jamais avale 11 n lambeau de lard salé suis l'arroser de ses la nues, et \ous eu aperce vcï une courir sur joue dés qu'il ferme In paupière cf se livre au sommeil,
i> Jean-Jean que je voua présente et dont je Us dans l'avenir un ami aï dévoués a dû naître entre deux soupir*, entre deui larmes, un lover, sur un grabat...
Le ciel a ses mystères.
Oui, sans doute, il est laid, mais non repoussant; ses yeux son! en dés u cord, la couleur de ses cbevoni esl multiple, indéfinissable; sa bouche a toujours l'air d< ■ ■■■ 01 lit r on secrel à ses rleiu oreilles sans ourlet, sa démarche est alourdie son regard souvent hébété, sa parole, traînante,
souffreteuse; eh bien! v - n'avez pas attaché un regard sur ce pauvre être que tous lr rarcsscz d'uni: douce pen* sèe. que vous vous dispose* a lui presser la main. Ne le biles ] ii s cependant si vous craquez pour sa saule.
Vous (*ics blond ou brun, vous avez des cheveux listes ou bouclée, vous éics taillé en squelette ou en silène, I n ii turc a ses caprices,
Eli bien! Jean-Jean pleure sans savoir qu'il pleure, sans le vouloir ;i coup sût 1 ; i! pleure connue il marche, commi H respire; c'esl une maladie, p'h si une ahemtion, c'est tout ce que vous voudrez.,. Ces. Jean*Jean.
Li première fois que je le vis, il pleurait, accoudé sur le bastingage ; j'en eus pitié, j'allai .î lui et voulus savoir la cause de son chagrin.
— Je n'ai pas vie chagrin, me répondit- il avec un gros soupir.
— El pourtant lu pleure. 1 , mon ami,
— Je ne crois pas aux larmes : c'est une douleur, et je suis heureux.
— De quoi donc es- tu si heureux, un m garçon
— De voir que les autres ne pleiimii pas.
— Chez mot La joie ne se traduit que par des sourires.
— Je ne vous comprends plis, lieutenant.
Hélas! l'infortuné n'avait jamais connu la joie, esperoi^ que l'avenir Lui sera plus sccourable.
— Où est-il? demandai-je à Jules.
— Tiens, regarde, me répondit celui-ci, le voila pies d'une négresse blessée, déchirant sa chemise; il panse Vin fortunée, et il arrête le sang qui coule avec abondance*
— si les larmes sont un baume, ajoutai -je, la uéçrcssr guérira. Vois comme ce pauvre garçon semble souffrir de la douleur des autres,
Nous L'appelâmes, il vinl à nous, Et, confiant les noirs ;i la clémence céleste, nous prîmes b 1 large pour rejoindre V Éclair y dont les amorces multipliées nous ordonnaient d'accoster.
Jules et m ro. côte à côte, nous nous disions du regard |uelques-uues de ces douces pensées qui attristent le pré sent et colore ni joyeusement L'avenir. Il y avait d*- la non-
cenr et de E'amerlti tans ce langage compris de mm*
seuls; et, voulant y ajouter que |ues émotions de plus, nous appelâmes Jean-Jean. Il vin I à nous avec un sentiment de tendresse tut N^rimiible, Son pied louchait déjà le tapis de l'arriére, Lorsque le roulis de la ehaloupe Le contraignit i s'anpuver sur un de ses camarades, dont le chapeau tomba a la mer. Jenn-Jean se pencha pour le ressaisir; nui- cMii-iiné par son mouvement trop rapide, il tomba a l'eau... Ce fui un long éclal de rire, car nous savions le matelot excellent nageur. Tout à coup :
— Requin ! s'écrie L'homme à La barre, requin qui court sur Jean -Jean!
— A moi une gaffe ! dit Jules.
— A moi un aviron ! dis -je à mon tour.
Et Jean-Jean, qui a tu le péril, ua^c de toute la puis* sauce de ses bras nerveux. Rivais s'élance, un pistolet â la main, et se trouve bientôt à cÔLéde Jeau- Jean. Le redoutable squale, indécis, ne saii encore lequel des deux matelots sera «a victime, et, tandis qu'il délibère, Jules, sa gallV 1 *i la main, cherche l'uiil du monstre pour lui porter un coup fatal, IL allait certainement, si je ne l'avais retenu, suivre les deux matelots à la mer, mais Les énergi- 3 nés paroles que je lui adressai Parrètérenl dans son élan e générosité; il conquit l inutilité de sou sacrifice et resta prés de moi.
Nos deux hommes se cramponnaient déjà ri la chaloupe, Jean-Jean, plus habile nageur que Rivais, aidait son cama-
rade, q ut nous saisîmes par les fin eux et tes vêtements, ei que nous hissâmes bientôt parmi nous.*.
Le requin alors, plus sur chi sa proie, a^ile ses nageoires et m queue, il se tourne sur le flanc pour mordu- avec plus de sécurité; il ouvre sa large gneulc, armée de quatre rangs de dents aiguës, et, roi moment où il va amputer une des jambes du matelot^ la gaffe de Jules, lancée d'une niiiin lei im\ jiénélre dans les chairs du monstre et ta force ;i une rvolulicn qui donne le temps ri Jean* Jean île remonter à bord.
— Bon appétit, mon mignon! dit-il su squale, qui emportai! avec lui le fer meurtrier, bon appétit! Je suis Urop coriace, tu aurais tait un détestable repas, el tu déjeonerns Iik'm mieux arec cette poiuir de fer que Julta vienl de te donner en guise de cure-denls.
— Julie! a'écriérenl tous les matelots à la fois en dirigeant vers la jeune tille un regard curieux et provocateur,
— Ma foi! je l'ai dit* poursuivit Jean- Jean, je ne me démentirai pas. Qui, mi mis >r matelot est une matelot te, ri je délie qui que ce soil d'entre vous d avoir un eœurplus solide et un bras plus robuste,
— Et une i/q* plus ! elle, dil Canal, l'un des plus hardis [uinsde VÈttair* Aussi, je vais l'embrasser et ta baptiser gabier de première classe,
— Halle-là? m'écHai-je à mou lour en me plaçant, hl lignard â la main, entre Jnlia et Canal...; si tu avances, tu os mort,
— Laisse-le faire, lit d'un air calme la jeune fille.
Le requin nous suit encore, ri. si Canal fait on pas de plus, le requin déjeunera.
Une scène sanglante allait sans doute avoir Lien sur la chaloupe Lorsque le porte- voix du capitaine envoya ses ordres jusqu'à nous cl calma l'effervescence des bandits* Quelques instants après, nous étions tous sur YÊclair, racontant les divers épisodes de notre course à terre et de notre retour,
l.r séjn'.ir de Jules a Jjnrd du brick devaiai! impoli hle désormais. Bavastro h* comprit, et ordonna de piquer nue seconde fois sur Ténériffe on il voulait déposer la noble • u la ut. Le lendemain, nous mouillâmes de nouveau devant Sainle -11m ils, el L'ordre fui donné au canot de descendre « terre cette intrépide .jeune fille, que nous retrouverons peut-être plus Lard dans le cours de ce récit. Nosdeui mains ne se quittaient plus, nos regards se confondaient; nos cceurs hatlniun* dans une même penSet; l'adieu ne devait pas être éternel*
— Un bien lieu BUI hasard nous a jetés a côté î'un de l'autre, me dit-elle d'une voix émue; nous nous revenons, Jacques} ne le penses-tu pas?
— Je pense que nous nous quittons, lui répondis-je, el h certitude du malheur présent ne me laisse pas même une consolatiiiu pour l'avenir.
— Tu as tort; il est des choses qui doivent être ; on les devine sans les comprendre* La terre est grande, je le sais; mais la pensée est \oy.ui use; elle la parcourt en une seisonde, et il est impossible que nous nous soyons vus une fois pour ne pas nous retrouver là ou la, poussés l'un mms I mitre p:ir f-etle puissance invisible, Immuable, étemelle,
qui gouverne le \ ide. Donc Jacques, W ne te dis pas adieu,
mais au revoir* Si je n'avais pas foi en ces paroles, je ne te quitterais point.
La lutte devenait trop difficile. Si j'étais resté plus longtemps lupr s de Jules, j'aurais à coup sur déserré Le bord;
jr compris d'ailleurs que ma postli côté de cette Jeune
Ghle seratl peut-être un obstacle a des projets qu'elle ne m'aurait point confiés: et, déposant sur son front pâle un
isertoul fraternel, je la quittai appuyée sut le bras '■ Ji'.ii-Jiiiit. qui foii'l ii en larmes. Jules entra chejun banquier qu'on lui avait indiqué, moi je demandai une auberge où je pusse passer la nuit et d'où je devais partir le
D'O POLE A J/AUTRK
lendemain pour du* excursion dans Pile r le pic • hv. demi les col res se font sentir quelquefois jusqu'aux Açorcs el au? îles du cap Yerl.
Le lendemain malin» je frappai â la port* du banquier de Juifs*
— Ce matelot est parti toul â l'heure sur un cheb»il voile pour le Brésil, me dii le chef de la
mais >u.
— \-t-il passé une bonne nuit, vous a-l-il semblé heureux de ce départ? demandai*je timidement au banquier.
— Jf« suis cei Arajjo, dis-je en m'emparant île la feuille de papier, cl je lus :
« Ami., je suis sûre que lu vin films demain ; je i écris, non |nini te dire que je pense à loi, mais pour le confirmer dans cette pensée que nous non., reverrons un jour : iYs|--T- nce, c'est du bon! eur; 9 ijpus heureux, Jacques!*
I,! résignation est aussi une vertu. J'acceptai mon isole-
ïnt, eu deux jours après, je lis nu ^ préparatifs pour une
ion d m- Vile; I étude est louions une consolation.
me ni
JB.OHA. — ABCSfi&tOII AD fît . — OVRA(. ATÏ.
pprochanl si fort mi soleil? nu- demanda Jean-Jean avec un profond soupir, après mie nous eûmes dépassé les dernières maisons du Sainte-1-ntix*
— PtMinjiioî une sottise? lui repli "luiû-je aveu bonté.
— Dame! il ne fait déjà mie irop chaud ici-bas, et, certainement, quand noua serons la -haut, nous liions ressembler ii il" s homards cuits.
— I.fi mon pauvre garçon, lorsque in seras Là-haut, lu 'Hiffierns dans tes doig
— J'avoue, monsieur Àrago, que je suis un tnibécile;
niais je m .ii jamais passé pou sol, h te n'est pas bien
à vous de trous moquer d un brave maleloi qui n'a pas inventé Ici poudre, mais qui ne demanderai! pas mieux que de s'en servir au besoin pour voua défendre,
— Je ne plaisante |;is Jean -Jean. Sur In pie nuu rons froid; et, plus noue nous approcherons do soleil, plus nous «relouerons.
-— \h ça! . ■ ns. mi» dil le matelot d'un son tfc voix ali est-ce que plus je m'approche d'une huche enflammée, plus j. ■■/ Est-ce -[m 1 le soleil nVsl pas une biïcLii? ronde qui brûle par Ions Les bouts?
— Si, mon garçou; mais le soleil est ù trenle-hutl ralliions de lieues Je L terre; une - n deuj de moins, c'est sans valeur; la-haut l'air est [dus rare qu'ici, le pic ne garde pas Lichii'i-ur e iinme le sol sur lequel nous marchons; la*haul tu ne trouveras pas les Heurs, les arbustes, qui croissent au pied, et lit verras, mon bon ami, que, sur les choses sèrl' uses, je ne plaisante pas méun: .iut. toi»
Jean-Jean beugla en signe de reconnaissance. Son reqard
baigné de terme* se dirige* vers moi avec une Londres» respectueuse j et nous continuâmes a petits pas notre chemin.
J'ai lis tait â peu près une course de huit à dit minutes ,n ind je m'aperçus que mon fidèle matelot était resté en rriére : je Pappelai, il nerépondil pas, et je" rétrogradai pour m'assurer de la cause de s'ui absence Dans une prairie borda ni I cl emin et pm 1 ■• ■■■ par une baie ravissante de grenadiers en leurs, a'oû s'exhalait un dé icieux par* fum, je le vie assis auprès d'une source d'eau courante dans laquelle une jeune paysanne abreuvait deux chèvres, Une conversation était eniHgce.
no
— Je suis dievrière, disait la belle enfant,
— Tiens! c'est drôle, je vous croyais gardeuse de chèvres t répondit Jean-Jean, qui prenait sa toute petite v.iix.
— Dame! vous nïii s p: tenu de savoir ça : ne devine pas qui veut, et les apparences peuvent nous tromper*
— Ainsi donc, le malin, vous c induisez vus gentilles cocottes à l'abreuvoir; le soir, vous faites de même J
— Je recommence le lendemain, et la lin de l'année arrive pour vous comme pour moi,
— Mais les bourrasques, les calmer les tempêtes, les typhons, les coups de hache et de pistolets, ces gentillesses de mon état de marin, ne les connaissez-vous pas?
— Du tout, répliqua la jeune insulaire, qui s'animait par degrés : nous avons les menaces du volcan, les soubresauts du sot, les collines qui s'humilient et baissent la lèle, les reliées qui se lèvent el deviennent montagnes, les arbres qui se courbent et se redressent comme sous un ordre de l fvterneL,. puis le soleil qui ressaisit son éclat, la végéta* lion oui renaît, les maisons qui se raffermissent, les hnbiiinls i|iii m' se signent plus avec la même dévotion, les moines qui nous bénissent avec moins de piété,-,, tnul cel senor, u sa majesté, sa grandeur, tout cela est imposant comme vos tempêtas et vos typhons.
J'étais dans l'enivrement. Un langage si pur, si coloré, si chaud, sur les livres d'une paysanne, d'une chevriére» me parai-- til un mensonge* un contraste, j'allais dire une impossibilité, J'écoutais par tous mes sens» j'étais ébloui, et je ne voulais rien perdre dune conversation qui me promettait un haut enseigneraient.
La ligure de la jeune Espagnole annonçait une précoce intelligence, et vous lisiez sur son œil d'aigle une puîsv.nce el une virilité parfaitement en harmonie avec les ri pi rochers du paysage qui nous entourait... mi fronl tarée, une chevelure noire et chatoyante par ses reflets, onuu-
Eeuse et coquette, llottanl au Ère île h luise sur ses épaules nues et brûlées; jamais ailes de narines plus chaudes el plus mouvementées, jamais dents plus blanches al 'rifées par des lèvres plus r m s, et vous ne pouviez arrêu mini d'a.l Lion à l'aspect de sis petites m.iios.dnnt les doigts effilés eussent été bien mieux armés d'un riche éveniai I que de la baguette noueuse qui les appauvrissait,
yuan! â son buste de seise ans, il avait -nue souplesse Ii ni nu olnil frappé tnul d'abord, el le corsel qui emprisonnait !,i taille, ainsi que les jupes bariolées qui tombaient jusqu'à mi-jambe, ne semblaient serpenter que pour obéir â h richesse des foi mes de celte fille primitive sur laquelle le soleil dardait ses II - :u\s les plus aiguës sans qu'elle parût en ressentir les at eintes Jean-Jean voyait sans arfmiiv; : de temps si autre de grands soupirs s'échappait-nl de i poitrine; il essuyait ses yeux avec sa chemise ne matelot et après quelques inslaota de silence pendant lesquels Jn n i n Ne s' iflait Juâûita) taquinait un petit grillon, il s'écria r
— Oli 1 si .IL Arago était ici!
— Quel esi ce senor Arogo? demanda d'un air indifférent la chevriére.
— Oh! lui ce uest pas un senor j c'est un monsieur qui
OEUVRAS DE JACQUES ABÀGO-
Une cou vu cation ÛUU engage'. , l p -^e 13*)
se fait â toul, qui s'accnmiuodede luud mais qui n'aime ni le vin ni l'ent-dc-vie, c'esl un savanl qui li! ilan> les plus gros livrés sans épeter el d'un seul œil.
— El ou est— il maintenant !
— tei, près de loi, jeune fille* répondis-je en m 'approchant de la bcll*' Espagnole; et, puisque je t'ai mi', je n*ai plu» la force de gronder mon compagnon de voyage. Dismoi, poursuivisse en m'adrcssanl au matelot, ne Lrou\ Mi pas que Juan il a ressemble à quelqu'un du bord?
-- Si, pardon, excuse, monsieur, â Iules, par exemple; iu:ii-î Jules est plus bel h-, t-i la paysanne e*l plus beau ; lui, on dirait que c*esi elle; elle, on dirai! que c'est lui.
— Explique- (oL
— Je veux dire que !e garçon à l'air d'une belle G il e. et la tU le î'air d'un beau garçon. A propos» poursuivit le matelot d'uuc voix suflisanie en s'adressan! à in chemére, n + a-
ves-vous jamais escaladé le pic d'où s'échoppe uu grand m Al de fumée?
,— l'Ius de vingt fois] je sers sou vent de guide ans vo. geurs.
— Tu avais bien chaud, n*esl-ce pas?
— Merci ! il y n la-haut de éternelles, et je VOUS réponds qu'ornve au? Canadas, vous me demanderez une
ut une pour vos épaules* Eu rouie, l'hiver monte n è us et ne vous abandonne au retour que Li où oourenl le- >npiîlon5 eJ h - canaris les plus poltrons, quand tes Blets el a poudre leur foui une chasse meurtrier
De [-lus en plus étonné t je hasardai une question a hquelle je désirais une réponse positive:
— Voukï-vous me rendre un service, eenora, demandai-jc timidement h Juanita.
D'UrT POLE A L'AIT HE.
Le pic d> Trii-ni!.-
— Lequel t Excellence? me répondU-f Ile en haïssant ses grands yeux noirs eî vélum-
— IL s'agirait de nous servir de guide pour nrrïver jusqu'à cette colonne de fumée qui munie, monte..»
— Noire comme une Ame de damne, poursuivit l'Espagnole avn nu langage poétique.
— Comment! lui répliuuiiHc, vous donnez une forme a t'fae?
— Il Dhui bien se représenter une chose pour en parler,
— Et comment alors vous ropTésenles-vous Dîen?
— Oh! lui. c'est Lui, me repondU-elLe en se signant; bi, c'est le vent rjui souffle, r est In mer qui bouillonne, césl le volcan ijui gronde, c'est h 1 snli'i] mi l m mûrir !;i vigne et les fruits, c'est l'immense paré a'étoilea suspen* dues dans les airs; Jui, cest Le monde, e*esl lui. Nous l'adoronsdans tout, mais nous n'osons pas lui donner une forme.
— Bsi-ri' un moine île Sninle-Crdîi (fttï TOUS a enseigné ces grandes choses?
— Uli ! non. Les moines de La fille sont trop savants; quand Us viennent prêcher dans le* campagnes, nous ne les comprenons pas, Ici nous sommes presque toujours isolés; nous pensons, nous pensons beaucoup, et ce que nous savons monte du cœur é la tète.
— Ton père et ta mère ne font-ils doue rien appris?
— Si, à mourir. Je les ai |. r-liis à deux jours de distante l'un de l'autre, il y a quatre ans de <:c!a. Pour toute famille aujourd'hui j f aî ces deui chèvres que vous voyci là P
i ■ signées comme leur guide.
Juan i ta s 1 était jetée dévotement à genoux, et, après une courte prière, elle se releva en souriant.
— Tu viens de prier pour ton père et pour La mérei lui dis-je.
frein*. — TÏP. SUfOI hiÇUX ETC*, lii'E o'RBffltiTU, 1.
OEUVRES Qfi JACQCKS AIUUU,
— 01 1 [ non. Je viens do puer pour qu'ils me protègent» moi £|iii cours encore dans la vie,
— Est -ce que vous ne priez pas pour le? m ml
— Si; maïs 1rs morts prient bien pins pour nous; il esl ri;i r nrel que les riches donnent ara pauvres, et ceux d'en haut sont riches jfo ciel h de iiuu.
La jeune fille ne racontait pas, elle disait. Celle douce et touchante philosophie devant laquelle s'inclinait mu raison .i|i|i;irti -ii;iii-rlle à ^Espagnole seule, ou composa il -elle le domaine de toutes les jeunes Mlles de IVnerïlTe? Pourquoi une exception? Je ne pouvais, logiquement l'admettre et je comprenais plusaue jamajç quq (es grands nhénomé-
■ de la nature devaient cieyerTânie et lut dévoiler le Dieu de l'univers, désireux d'étudier avec plus de soin une organisation si heureuse, je tai & Juanila la question i pie je lui avais déjà fa île et qui était restée Siins r. pimsi-.
— Veux -lu, lui dis -je avec lion té , nous accompagner JUSqllM la I i r du l i
— Pourquoi pas jusqu'à la cime? me répondit -elle ave*un ton d'assurance qui ressemblait à un reproche.
— I7est que je crains que les forces ne trahirent ton courage*
— Ce n'esL pas une excusa, senor, mais "in- injure de ping] "'l je rougis presque d + clre forcée de lever la tête pour regarder celle montagne «h- laves mil a haii notre ile et qui r un beau jour, demain iiieuUôlre, w replongera dans,
abîme,
— Conduis-nous, jpnita, lui dis-je eu lui tendant la main.
— Excel h -nce, combien me il ler-ei-vous pour cela/
— Combien, veux- lu
— Chez non :i s des fmcjenj ($oqa,fletq >, il n'est p ilhabiiude qu'un réponde A une question, par pe question.
— Je te donnerai dix piastres de plus que tu ne me demanderas, répliqnai-je airlip ■ I -t - l'imenlion que je prétais a la jeune Es|iÊlgunh
— Oh ! f.invLiii 1 . me dît-elle en poussant un petit sililement compris neç plèvres nhêissaiil [ite ( Excellence, et, si vous me voyez si joyeuse, i ijiie piqinlenanl j'aurai de quoi payer le> deux hellis pierres, h - ih-n -. grandies croix que je veux placer sur W> lombes fie itinu père el de ma mère.
Nous accompagnâmes dn^uiln jusqu'à la porte d'uni cabane, qu'un massif de liirniors nous v ii empêchés d'apercevoir; elle salua une vieille femme, sa voisine, lui recommanda ses chèvres favorites, et, cinq minutes après,
13 nous enfonçâmes dans file. J'offris â Juanila une
place auprès de mot sur ma mule : elle me remercia d'un -ijiiede lêle, el ses pieds délicats arpentèrent le sol â quel" ques pas en avant de nos moulures.
— Une penses*!» de ce Lie II Ile? demandai -je à Jean- Jean, qui souffrait beaucoup, sans doute, du silence forer que je lui avais impns
— Dieu nie préserve d'en penser quelque chose, me ré-
] dit-il en grommelant, El faudrait me donner du m I
pour l'expliquer, et je m veux rien deb« besogne du câjpîlaine Bavastro; j'aînje mieux laisser les choses comme elles sont et les femmes tomme elles veulent être.
Pas n'est besoin que je voik parle de la route, qui est ici tortueuse et que vous parcourez d'un pas difficile, tantôt a travers deâ cnalaigniers gigantesques , tantôt sous des berceaux de vigne dont vous eu ri liez les grappes avec 11 main. Nous montions son siblement el nous eûmes bienl >1 atteint la région ûe& nuages \ le temps élu il magnifique, et. quoique sousune chaleur de vingt-huit degrés Rwumur, Juanila ne paraissait souffrir ni de l;i rigueur de l'atmore, ni a*-> aspérités du chemin. (Juant à Jean-Jean, je crus remarquer que ses soupirs devenaient plus rare* el
qu'il parcourait la campagne d'un regard avide : le progrès se faisait sentir et j'en états tout joveux. Presque à chaque instant Juanila nous mon liait avec une soi le dorjjuetl la majesté de la végétation qui nous entourait, et, de temps â autre, elle franchissait quelques rigoles qui bordaient le chemin pour cueillir celle plan 1 isse que
alti i us ci se nos yeux éblouis, nous étions silencieux, el moi-même je devenais sérieux et réfléchi en présent cette i imposante de laves que mille secousses avaient jetées à l'air et qu'une seule colère devait peut-être englonlir un jour.
\ midi ei après une rude ascension, nous dominions la plaine appehv las Canadas, désolée, triste, où poussent douloureusement quelques liges de genêt, arbuste raboteux,
.1 la i:'h-. i-iii | ou sis pieds du sol, n un
terrain jaunâtre de pierre ponce el d'ohsidinues brisées
Vrms êtes ici aux Canadas el dej-i h '■■u 1 dn de cette aduiiralile végétation tropicale dm a si doux à
garder, et" répondant, visiteur! amicalement accueillis, mu' grande quantité de papillons aux couleurs brillantes tourbillonnent capricieusement autour de vous. 11 est probable uqe, pour leur nourriture, ces fragiles insectes redescetnli nr par bandes â certaines heures et ne remonk ni ensuite qu/afin de changer -1 ■ cljmaJ, Inconstants ei vagalnunis comme h j s hommes.
Voici Imïl heures quj imus sorpmi i i»n marche, et nous avons fait â peine trois lieues- Juanîta cheminait toujours; elle ne tournai! plus la lêle, dans la craints Bans doute que nous ne pussions supposer [M elle nous demandait gr4 je me montrai généreux, je (-appelai de ma voix la plus coquette, et je lui dis que je voulais in'arrêler sur h- pla-
u que nous venions d'àtleimlre, appelé dans le pa- Stama tir (q$ tngkse*.
— Je comprends la phrase, me dit Jean-Jean, ceci c'est le repos des habits rouges j maïs je suis sur qu'ils ne le iùn\ I- S p|us i|ne mon Iront qui ruisselle et mes mains dont ia peau commence â s'écailler. Cependant, monsieur Arago. jnnirsiiiUi-il, vous ppurnes avoir raison, la chaleur pique moins ici qu'au départ, et j'avoue que je peux avoir en torj île çrpjre qu'on grillait près du soleil.
Li hpise in n •. eL cinq minutes \ . un froid vif innh saisit au point que n^ous dames allumer un grand (*■". .1 uitiini [eaîs nuui thermomeiie, il marquait un degré au dessous de zéro, ej Jean-Jean ne manqua pas de nous Fnirf^ observer qu'il étaii assez curieux que la liqueur deseendil à mesure que nous montions. Ju mitn tnuis iiiierrogeaitdu regard t:f semblait heureuse \h> nous voir jouir du s :e!e grandiose qui se déroulait devanl non-
— As-tu souvent été témoin d'un si subit changement
de températurr? ih-iii 'tuhii-je â L'Bspagnob curiosité,
— Oh! senor, me répondit- cl le, il m'est souvent arrivé de p-HuMer el île cuire alirrnativémenl deux ou imis fjiis par heure, el je ne serais pas surprise qu'avant deux minutes nous ne fassions forces de renoncer a l'ascension,
-- ,1e vois â l'iûstaal même donner un diunenlta les j aroles, lui répïi ju-n-je; car voila le ''nue dont nous n^rin-^ atteinl la base, je veux te gravir -ans retard
— Gardes- vous-en bien, serior; il ne faul pas que la nuit non-- imnve lé-haut; voilà i ne le soleil se couche, même pour nous, et il vous faul i eux heures meure pûnr escalader cette pyramide de eendres mouvantes on vous enfoncerez souvent jus jn" u\ genoux.
— bu chevrièrna raison, me dit Jean -Jean; p.is<ons la nuit ici, monsieui Arago; prés de ce feu si mua nos couvertures, nous prendrons de> furee.s pour demain matin; le quart sers rude, m; is je m'en console d'avance puisque je n'entendrai pas >î Hier la garceU" dn Onpitaimii
D'UN l'OLE A L AUTRE.
CoiiiTiif bravade, j' ai l'ascension ; Juanita mêlai f*ire, bien convaincue que je renoncerais bientôt ,t mon projet, et» se retournant vers moi :
— Allés, allez, me dit-elle, vous redescendre* proa vite ,|ih ■ -. moulé. Il y «■ M te criîis» - t ; de s |miules de pi invisibles» dont j" u -■• gui s - s dans l'île connu tifiicultés el les périls : un pas a gauche irons êies sauvé; un pas .1 droite, vous ête lu,
— Eh bien t alors f dît Jean-Jean 1 une nsiive té comique, il n f aqn*é rester au milieu,
— Ou est le bénéfice, répliqua ['Espagnole, puisque, dans celle position, vous n'éles ni perdu ni sau^
— Décidément, je suis un grand imbécile, dil lu matelnï. entre n dents, et, *i le capitaine m'avait entendu, j'an-
déja reçu sa garcettesur mes cpanl
— Ah! vous croyez, iim dii .la.mii.i .1 une vob railleuse après mon ijuuihuiHative, qu'on vii nr ii 1 pour se promener '
— C'est pour cela que 1 y sommes» lui répondis-je d'un Lon demi -goguenard, a lin de cacher ma m niure«
— Où csi le lerraiu uni que tous frappez du pied? ou il les arbres qui vous abritent? on est le chemin irai
ou «Ri h [e Bile que vous sui U pro-
menade di réjouit, et il me semble, seiior»
que la fatigue 1 déj^ commencé pour von
— Mais nous voulons aussi nous instruire.
— Qn>. que % ^prendrez? 1511e ce pays est san*
loul le monde le sait.
— Eh bien! nous ■ niions le savoir comme tout le mond
— Et puis, soitL- -/-v bien, il voua fanl enenre quatre ïi ci 1res de marche nom arriver au sommet.
— Je crus e, ne h lu nord : il la poi« [v- Jenn-Jean mii se dilata il et se contractait à celte menace de !i jeune l\ .
lieux petl ■ enclos «!■.■ (avea était notre domaine, l'un
pour les mules que nous abandonnâmes ici p I tutre pour
li . [.i. tons- Nous invoqua me uleiL mais; le froid lui
dil de nous entendre, et, redoutables auxiliaires
me rude température, des myi di puces nous tiureoi
San tveii.Qw stdoncravcntureuseet misérable
de bob as déguenillés qui a semé dans cette
- que le frnid ne peut dé:
Iruin In Piclnev rétea
■ lii Slama de los In. 1 ; te temps vous le pi rmet; cai !' j balte, v. g jambes pi
trace de nombn poules occasîonnnées par l'a
loti importun de ces nu - ennemis, qui nevû
harcellent que trop dans iiaudcst
■lo m ■ : ;i : tant assoupi \ vers mi unit, le froid et les
me 1 lèrent» et je jouis d*un ■■ cle ravissant.
•n étail >il« :. de moi ; la-bas, la-bas, i'Ai-
|Ue ; - des vil 1 de la lavi
r ma lêtc, le Pie s fan: fume roi es, j- 1 1
par inlnv cou-
>le, l'iuiriM'i ix brillamment paîll tes
,it avec nn f*l 1 1 .; ! i- u- regard ; c*éJ 1 un
tableau magique el religic ■■. la foi lequel se re-
! . .!'■ i is la, pour ainsi dire, seul, en rie
'■ : 1 n'avail poinl quitté mes amis, ei je me \\r<<r\
involontairement v ;tte patrie abse rue le 1 ne
quitte jamais. Dans mon active tma ion, je crus la v
îSSer an milh li *, je la s tn La main e| je
p ■ : ponrqu'ellc me roi unfjmir rendue avec toutes ses riche
veillons-nous pourtant cl loin de noua les