I- n •• s qui j-« n ■« deur ib-s
"huiii H pjrétf iivir ce cône domtn iti
qne Je mont Blanc, le Cbii ra&o el l'Ilymalaya oui *lê»
trôné depuis que ces ossements terrestres on! par la setence.
Nmis foulons du pieil le plaleau Alta-Visin, aorte ù'û$*. M ■■ -I de -lis i douze m Ar surf ncaîssée daps •I;' 1 bl t-, d'obsidiane et il basalte... Maintenant, plus de chemin, pïus de sentier, i ! U quoiqu'il laase â peine j J|l iuîr:i 35- i,s jiiliiti 1 île l.i voix et il n geste avec une idres merveilleuse et une mtfâpidïL& de chamois.
Alerte encore ! luanita n us encouraefe, nopfî pousse, et
nous voici à le C««ra es Utê Ni w \ [.1 bonne l un
uoîiM -|. .uol: l'Anglais n'a pas pu dcbapliser celte magnî-
■ii' station, ou nous nous arrêtons nu instant.
La paitie de la potteo . peut desceïidre a lui il mètres de profondeui .
Juamia ^y elan< l*aide d'une corde i! »nl
elh' sViait rnnoie nu departfje l-i suivie et j ordonnai .1 R-Jean d lonmagner.
— $nr le Pic n la bonne heure! me dit^il -l'un ion dé* cidé; mais dans U Pic, merci; sur une baleine, je \i* veus !iiin; mais dans une baleine, j- lis en souhaite
— Poltron: m'éçriai'je d'un Iqn de menace.
A ee mot, Jeanne 11 - • pi ieipits vers moi, el peu >'• n fallut qu'il ne s'ëlane II dans le ^ -niflVi 1 sans le secours *\r la corde protectrice :*il y a des nipts qui frap| eni les liommes de cœur comme an n<n\v tVêpve,
La rotteesl une chambre irréguliére de dix pas île dïam Ire; Hit n'offre rien de 1 uri eux d l f observateur 3 un [unnlilô de noms IV. 1 1 1 1 is
surtout, en 1 enl les 1 iroi: erriie imitateur -li-
ce- l ; m : frivoles, je dessinai sur un I il de ba-
le polie le norlrail de l'empereur, sous lequel j'inscrivis le quariiin snivani :
DU J le il >i l-'i' U r ]H'Hj'
l^r ses vertim wr comine i
1 1 ! tUS.
J'étais bien jeune encore, eld> i je me sentais dominé par I des jeuï de mots, doni i'ai eu 1 mi de p ine
me coi'L'ijjer depuis, J'ajoute, comme souvenir de voyage, qui nie ans plus ' 1 ■ je retrouvai dans la te le por t ra i t e i le q u a l ra in respecl ; quelque ennemi de m a utatïon iriiomme sûrîeui avajl tra emenl tracs mon pora sous les rîn n..*II peul se Nre con:
oaitre aujourd^ui, je n'ai jamais eu de rancune durai
Rous planions sur l'immensité: toi mp un disque
liTiniiifiix se dresse à reitrémUé di murs, la \ ravive, les étoiles s'effacenl et le grand astre trône seul sue le monde. On lever c]e soleil dans les régions ; trop icab dominer l'|to iion de quatre mille mélri est un des plus magnifiques spectacles offerts a l'admiration dn voyageur, nous en [ouïmes dans toute sn majesté:
eiel se puriBait, h nature semblait respirer à l . la mer la n*;aii s s ondulations diapba nés» el le géant lumineux mOntail loujoura, emhra -ni! l*atniospl tuant au mon-l- sou éternelle | e. Un en is giganJ que d*' laves vomies là, dans im . de poétique humeur, robail la ■■ te du Y\c: hicntùt. noue grimpons avec ili;- une art is atteignons enfin la Vîsta
. plateau circulaire qui environne la da
cône, véritable pain di sucre, m lus vertical que tout le
■te.
Ici leadiffteuli aïeul immenies : nous nous sentïo v par une marche ton ' douloureuse, el nous avions remarqué que le terrain sur lequel nos pieds aU | aient se ( ne nrê«enlail aucune solidité, puisqu'il
formé de cendpes, de -l- bri ■ iréni formes, de pierres | ;es
entremêlées de quelque ■ Cnnseiîléa
r .luanita. nous évtllmes de nous échelonner, car la
chiite des pierres ocrasirmnée pur 1rs înniiia et les pieds du premier grimpeur au tait pu devenir funeste <i ceux qui le suivaient, et nous in m le ilcrnicr cône du mont
G Mtit t les uns ;i coté des autres, sur la même ligue, comme dis soldats eu bataille, plongeant souvent daiis la cendre jusc|u'â mi-jambe, et cherchant de notre mieux à nous éloigner des ardentes ftuneroles qui s'échappaient des nombreuses tissures de cette cheminée volcanique. Souvent, des blocs de roches se détachaient sous nos pieds, roulaienl jusqu'au plateau de In Vista del Piton r et nous nous félicitions alors d'avoir pris nos précautions pour éviter le choc de ces projectiles meurtriers*
Jean-Jean et moi subîmes ici un singulier phénomène : nous saîgn rimes prodigieusement du nez. et Juanita, en souri anl, nous ilii qu'elle avait presque toujmir s été témoin d'un pareil résultai sur les voyageurs de toutes Les nations, Jcconsinie le fait J ajouterai que nos gourdes de peau éprouvaient une dilatation vraiment extraordinaire^ Encore un eifort, cl nous trônons sur le sommet déchïqii' du volcan. Nous y voici: le tableau est imposant de majesté* nous nous sentons tous lîers de noire conquête. La veille* lors de notre première ascension, muas avions déjà vu les nu a s es s'abaisser sous nos pieds, cou rit- au gîê de la brise capricieuse, se jouer dans les airs et présenter â Tu? il niki' 1 rumine d'immenses troupeaux errants dont les in* h i vii lies étaient remplis par la mer bleue se perdant jusqu'au douieux horizon... Aujourd'hui le passade aérien a changé : c'est un vaste champ de neige très-peu accidenté et gardant l'immobilité d'une nature sans vie.
Mais d'autres éludes plus sérieuses, plus précises, appe* Uienl mes i< i n u in intelligence : c'était une belle
chose ii décrire que le m a ^uiliquc panorama que. uousfoul huis en ce moment ; aussi chacun de nous y porta- 1- il attention la plus scrupuleuse: Jean-Jean observait iveclea yeux, moi avec la tète, Juanita avec le cœur.
Rien de ce qui est au-dessous des nuages n'arrive a nous; nous peignons pour ainsi dire des crêtes suspendues dans Les airs : vois Test s'échelonne un vaste amphithéâtre; vers l'ouest se dressent de nombreux cratères, dont un surtout semble régner sursis voisins et menace In souveraineté de celui qui continue d'attirer l'attention' des voyageurs.
Le contour de ce dernier, minime Teyole dans le pays, peut avoir de deux cent cinquante â frofs cents mètres; il est relevé vers le nord, «chancre et évasé vers le sud ; sa cavité esl une demi-sphére creuse, pro ronde de quelque cinquante métrés je coté, de vingt-cinq i trente de l'autre. J'y descendis et je Le parcourus Sans plusieurs directions: je mis le pied au centre même du cratère; tout autour de moi s'élevaient des tourbillons de fumée empestée» de soufre, et je ressentais une très- vive chaleur, pareille a celle qu'on doit éprouver en entrant dans une Tournai > u- dente* Le volcan semble nssoupi, mais il se montra toujours menaçant; à chaque instant de sourdes détona lions se Font entendre, et, malgré moi, Pline au Vésuve si relléla d.ms ma nens ée; j'avais, en effet, de sérieuses craintes; les exhalaisons du soufre gênaient parfois ma respiration, e! je Unis par n'être plus rassuré sur La solidité de la couche de cendre qui obstruait le soupirail ignivome... Peut-être le jour n 'est-il pis loin on la colère du volcan, étendant ses bras sur l'île, donnera fatalement raison à mes funestes pressentiments.
En piétinant sur ce sol en combustion* nous en faisions dégager de brûlantes vapeurs, et, à un ponce de la surface, le feu était assez actif pour allumer un cigare. A combien de mille mètres pourtant bouillonne la lave qui pousse si Innr si>s émanations embrasées! ISous nous assîmes sur la partie la plus élevée et la plus rocheuse de l'on lice du cratère, et tandis qu'a travers nos vêtements a demi calcinés nous éprouvions une chaleur fort incommode, les au très parties da notre corps, soumises a l'action de l'air raréfié, souffraient d'un froid rigoureux. Voici un déjeuner et une provocation n la fois ! tïn pâté fut placé sur la roche la plus aiguë du Piton t nous L'entourâmes comme dessoudais qui vont ten-
ler un assaut, et, peu d'instants anrés, il ne resta plus de débris de la forteresse démolie. INous bûmes a la réussite de notre entreprise : les vœux et la prière devaient arriver ^prés la joie et les menaces.
Tout était vu, tout était compris, pas un des détails dignes de rester dans mes souvenirs n'échappait à mes in-
i imitions, et répondant je ne pensais point encore au départ, tant était sublime le spectacle dont mes yeux s'eni vraie n m m- incroyable avidité, quand Juanita, de-
I "Hit sur un énorme bloc 3e lave rnugeÂlre. s'écria d'une mhx stridente :
— Alerte, comparierns' alerte 1 on nous sommes perdus! descendi his \iie, cherchons, trouvons un abri, ou nous allons bientôt tourbillonner comme des ilocuns d'écume .. Ajcrte, doue! «m nul de vous ne verra la tombe de sa mère, ni moi la tombe de la mienne!
— Tu es folle, lui dis*jc du plateau que j'occupais, tu es folle, Juanita ; ici l'on i des vertiges et je comprends tn déraison; mais Le péril, st-itl nulle part, à coup sûr.
— IL est partout, senor Arago, sur nos têles, sous nos pieds, et 1a main de Ulc-n seul peut nous arracher à la mort qui ia étreint.
Je plongeai a l'instant même la pointe de mon poignard dans la croûte dti cratère el je la retirai une minute prés fumeuse et brûlante.
— Vous ii y êtes pas t nie dit l'Espagnole attentive â tous mes mouvements. In menace ne vient pas de là. d'abord ; voyez- vous là-bas, » l'horizon, ce poinl blanc presque imperceptible • | ii i monte lentement, Lentement comme s'il sortait avec eflbrl du sein des eaux? Eh bien! ce nuage a des bras robustes aux pi H s les arbres les plus vigoureux résistent a peine: il ;i une \"is. sonore et puissante qui
décapite lesn Lagnes. et c'est par un bienfait céleste qu'il
esl permis n l'hoir le raconter les désastres qn elle en*
traîne a\ elle,.. Voyez rumine il s'élargit, comme il devient blafard, sa colère sera terrible... Alerte, donc! ou vous ne direz à personne que vous avea gravi le pic de cette île de la lave et que vous voua aies promené sur son cratère silencieux.
Nous obéîmes à la parole nu plutôt d L'ordre de Juanita, el b quelques minutes après, nous nous vîmes au pied du cône de cendres que nous avions eu tant de pi ine i gravir. Point de nuages à l'air, excepté celui dont L'Espagnole nous avait menacés. 1 leiî était libre dans sa marche, et cependant ses rayons arrivaient pilles et glacés de son disque irrégulier. Je remarquai, avec une surprise qui n'était noint sans terreur, des estafilades rouges cl violacées cinglant le grand astre dans i ou s les sens.
Jean-Jean, qui * isissair toutes les occasions pour placer son petit mot, me dit de sa voû goguenarde
— C'est drôle, c'est amusant, voici le soleil en mardi* gras, il vient de se travestir en lune, et il nie sein h le qu'il fait de la verdure quelque chose de bleu el de la mer quel* que chose de jaune] qu'est-ce que cela veut dire /
— Gela veul dire, répondit Juanita qui hàUïl noire mar- ■ lie, que L'ouragan s'avance avec rapidité, qu'il est plein de courtoisie, qu'il nous prévient a va ni de nous frapper.
— Il est plus poli que le capitaine BnvnMn», murmura tout bas Jean -Jean, qui n'avait compris qu'à moitié le langage «le l'Espagnole et qui nous suivait d'un pied paresseux.
— Arrêtons* non s ici, nous d il Juanita dès que nous eûmes atteint le pied d'un va tf*me massif de basalte sons lequel douze on quinze personnes auraient pu se mettre â couvert». Enlcndez-vous la menace? serrons-nous bien les nus contre les autres si nous ne voulons pas être en le-
<; jamais je n'ai vu le ciel plus irriié contre la lenc; ce sera beiu, ce sers sublime comme ! met ion el le chaos. Ecoutez! écoutez.
La parole prophétique de JnaniU s'accomplit : ce furent
ouragan qi
ence; tes pitons grimaçaient el projetaient an loin des
rs fantastiques, tantôt grisâtres, tnniût terreuses,
d'abord un long murmure, un bruissement sinistre, des sons rauquej entrecoupés donl rien ne disait In cause.., I trbustes frémissaient, les insectes creusaient le sol, les rochers faisaient sentir un léger frémissement sous les premières atteintes de l'ouragan qui gardait encore le sl-
silhouettes fantastiques, muio: semblables â des flammes à travers un vêtement de deuil. Quant a l'atmosphère, elle pétillait d'électricité, de ! rubans diversement nuancés muraient dans tous les sens. et la science n'explique- pas encore tes étranges caprices, ces singulières anomalies dans l'ordre normal des choses
il'ii 1-liriL
La physionomie deJean4een avait un caractère d'imbét : i 1 1 i té r e II cm cul lixe , q u 'el I e i s ù I fait com prend re l'idiotisme dans ce qu'il y a de plus affligeant et de plus glacé ; moi, ; 'étudiais pour décrire plus tard, car j'avais foi au retour; e me Ijirurais déjà l 'ouragan déposant sa colère au pied de a citadelle qui nous abritait : ainsi ai-jr Lui jours pensé dans les moments les plus difficiles de ma vie si avenu*
jse. Pour Juanita* elle était admirable de calme et de sérénité; elle repnrdaîi courir les météores sans dire un mot; mais la double frange de ces cils don >t pre^ s voilait parfois ses grands yeux attentifs au prêlud'- 'lu désa> Ire : vous auriez cru voir une de ces belles statues île hi méditation el de la liberté (fui semble» i accepter le péril sans le craindre et deviennent provocatrices alors même qu'on 1rs menace; sa bouche gardait dans un de ses coins la jn lin- ri-nrette qu'elle ru- fumait pas» mais qu'elle caressait comme elle Tcût fait d'une fleur, tandis que sa main droite, fortement appuyée dans L'anfraciuosité de la roche protectrice, lui servait d'appui contre quelques secousses i na r rendues; prudence et courage voyageaient souvent cou' a côte.
Et maintenant, silence pour écouler la voix de la tem> pèteqni retentit et tombe mnmn' la foudre! seulement celle-ci ne brûle qu'un point, tandis que L'autre envahit et dévore l'espace \ le volcan se ne h- ;ï la lutte et nevetil ■as rester eu arriére dans celte querella générale ou l'eau,
feu, le vent, son! tours tour vainqueurs el vaincus. Une pluie neigeuse, rroide el compacte, tombe avec une effrayante rapidité, on dirait ou 'elle veul éteindre la colonne de feu qui vieni de percer ia voûte rocheuse du cratère ; mais la tourmente, dans ses évolutions de géant, s'empare de la Qam me et de la trombe irritée, les mêle, les disperse, les force ii se rejoindre et va plus tard avec elles s'engoua frer dans les flots de l'Océan qui bondit roiume un tigre en furie, Deslluts immenses de poussière cl de gravier, des lan* fjues d< i fiiu brûlantes el sulfureuses serpentaient au tour
ts, passaient sur nos têtes. Jus [iie-là nous nous
Étions tenus fermes el serrés, pareils i trois statues de basalte enfoncées dans le sol, mais celui-ci tremble, s'agite, et une secousse violente nous jette pc le- racle dans le sable amoncelé.
— Courage toujours ! nous crin Juanita d'une voix entrecoupée. Etre vaincu par les passions, cela est naturel; mais se laisser dominer par 1 ouragan, cela est lâche, et toute Iftchetë est une honte.
J'agis entendu et je venais de serrer la maïn a l'intrépide Espagnole, lorsqu'une rigole de lave bouillante, se faisant jour à ti Le mont, serpente autour de uous el
tombe en cascade dans un ravin creusé par l'éruption.
— Voyeavous ce feu qui coule? me dit Juanita de la main, de la parole et du regard.
— Oui, je le vois; il me semble que la rivière grandit à chaque instant.
— Vuus vous trompez, senor, ce n'est pas une rivière» C'est une trombe, et bientôt, â coup sur, j irai rejoindre mon porc et ma mère.
Lc> désastres de lu tempête continuaient toujours, et nous voyions raurnoyer dans les airs les troncs déchirés el tordus el des fragiij' us de rochers vomis par le géant i^nivume, dont Les éclats retentissaient pareils i cent batteries
en action. Tout a coup, un bruit plus redoutable que ceux qui l'avaient précédé descend, grandit par intervalle, s an* proche, semble nous saisir et nous entraîner avec lui: la terre tremble sous uns pieds, et nous voyons avec un effroi
mêlé d'admiration un immense globe de roches i h-rft
quelques Ul1s de nous en creusant sous sa pression un profond ravin,
— Dieu est Dieu i s'écria Juanita en émisant <es mains avec dévotion, nous sommes sauvés par ce qui devait nous perdre : celte masse incandescente qui a plané sur nos têtes et que le lit i ruelle s'esl creusé i empêché de rouler jusqu'au pied du Pic est notre seule planch- de saluL; elle :i changé la direction du torrent de lave el va dès à pré- 5* ut n «us servir de pont pour franchir celle qui nousemprisonnaU... Je vous j'aj dit, senor, Dieu est l'h u. el il le ml toujours une main secourait le a qui lui demande un abri pour les restes sacrés d'un pere et d'une mère.
Ces paroles échappées des lèvres et du cœur de la jeune lille. je les entendais à peine, tant les rugissements de la tempête étaient retentissants ! Li gerbe de feu vomie â l'air par le volcan entraînait avec elle d'énormes blocs qui se heurtaient avec un horrible fracas, et i pi» ud la lave, devenue captive par quelqnc> .isuiratiuns sous-mari ries,, ressaisissait ses llammes. vous eussiez dit une immense tombe ! qui s'ouvrait sons vos pas, et vous fermiez les yeux pour
ne pas voir ïïq vautablc chaos dans Icipiel vous alliez
disparaître.
Depuis trois heures durait l'éruption, depuis trois heures lèvent le plus impétueux avait commencé ses ravages; s'il eût changé de direction, c'en eut été fait de nous; mais, d'accord avec la lave pour détruire, ils furent d'accord aussi pour nous permet Ire de raconter plus tard ce phénomène. Juanita me l'avait dit : Dieu est Dieu. Cependant les bouffées de viiu eut moins précipitées, les gémissements du cratère s» ralentirent, eL je me demandai quel mystérieux rapport pouvait exister entre ces colères atmosphériques et ces irritations souterraines si loin les unes des autres... La scieuc se tail encore â ce sujet : trop d'intrépides explorateurs, depuis Pline, ont payé de la vie leurs périlleuses tentatives, aalnl a Clapperton, â Boulin, à Colomarde, donl les ossements ont trouvé une tombe dans les flammes de l'Hécla, du Cotopaii h • L« 1 formidable Movvna-Kah, qui fait trembler l'archipel des Sandwich 1 chacune de ses menaces.
Et Jean» que faisair-il pendant que Juanita et moi uous nous disions nos craintes cl nos espérances?.*. Le pm rçon, adossé contre une petite roche surplombée, piéti- 11 i» sans relâche pour dominer les couches de cendre qui tombaient sur nous en réseaux onduleux. C'était toul : le reste ne le regardait pas; seule me ni il ne pleurait nlus, el sa bouche desséchée pouvait à peine articuler quelques
paroles*
— domine c'était beau! lui dis-jr en -ourinnt.
— C'est étonnant I me répondit-il d'un ton goguenard que je ne lui connaissais pas encore; vous dites que n'est beau quand le rideau est b quand il n'y ajilus rien â Craindre; m cuis ne trouviez pas que celait heau quand les pierres et les flammes couraient sur nos fronts courbés comme autant de volants, et je vous ai bien vu baisser la tête plus d'une fois, même alors que le danger était prisse.
— Tu regardais donc du coin de la prunelle?
— D'abord, monsieur Arago, je ne comprend* pas comment la prunelle, qui est ronde, puul avoir de* coins; mnis, ce qu'il y a de certain, c'est (jne vous ne paraissiez pas heau du tout sous le tas de farine qui toisait de vous un véritable meunier.
— Allons, mon brave, je le remercie de la leçon de logique qu'il l'a plu de me donner. Voici la liére Juanita qui nous invite â la suivie; la pauvre lille a bravement
né ses deux journées,
— Uli 1 pour cela, c'est vrai, dit Jean-Jean ; je la déclare
OEUVBBS DE JACQUES frRAGO,
honptme de cœur, gabier premier numéro, et h aail-
lâârds taillés c me Un, ou coiiioiù clh, seraient capab
demander un soiianle-quatone â L'aide seul d'une cb loupe canonnière.
Tout était bouleverse Ha base dti l'ie; mais plu* loin le paysage n'nvaii rien perdit de sa splendeur, car la 1*^' s'était dirigée vers h iu suivant une h rue vallée i^s* peciee jusqu'alors, Nos adieux à la belle ' noie ne se liivnt |»Hii ii i sans larmes; umts l.i uuit limes â la fontaine où nous L'avions vue la première fois ; et nous la vîmes, après qu'elle elal reçu de i des témoignages de gratitude, se 'l : ii i pas pressés vers les palmistes où repo*
i ttl lès cm. In s de s m père ei d e qui prient
pour elle dans le cieL
TMIEs H,ï!:M VI tIS, — M ERRÉ il I
SI
En rail d» voyaiimts, riëa de
lu
petits
, comprenez -vous, mes nous pe ej de plus Innnotone nue la ligne droite Sur un terrain pian? Non, s:ni^ doute. La larité lue l'ïriii i ' i : 'lu premier coup d T œîl voua ut
vu, loul ir . totil étudié : arbres cl : eaui,
château s et moissons; le z\ de li route, voîU ce -jui convieul il l'explorateur, ■ •jn'il doit rechercha i
avant toub e. Car ici la variété, l'intérêt, sont a ch que pas, et la régularité même '-si une surprise, Qi ni
mol, je suis lôuj - •!> •! isobèu m Indique
dUdoigl Le 4 lemin â suivre, et je voudrais courir av< tVuilie rpiî vêle, avec l'oiseau qui prisse, av& la bise capricieuse qui se promène.*. On lie va jamais plus loin que
lorsque ■ s.iii m l'on va ; i une i I"- ■ ï - . dans
im-s !i-n rcgrinatîc fenenv suis setUi contrarié de
courir ;i l'Est ou an Sud, quand mon Itinéraire m'indiquai! l'ouest ou le nordi Toute indépendance rsi dans nus a\lures; on nu pcui guère vo 1 une chaîne aux pied les membres comme la pensée doivent avoir leur Libn potion, et je m'assoupis ainsi qu'une marmotte au tic-tac
d'uni- pi-Lnlule.
Maintenant que vbus nie connaisses lin peu, cheis enfants» '•. qui je ni ad f
que je vous fassu arpenter le uK^Im- avi n-
celle Afrique sauvage, témoin de ta ni , Lu n loi
dans i'i-s iics de laves >|(ii changent de forme el de natu .i ■■]i.n|iie éruption , tantôl dans cette ute cl pau-
vre 3 la fois, dont l'intérieur es! >t jifu conuu, ei j*vais dérouler a ios y\w quelques-unes des scènes les plus
pieni-
rXe vous raconter que oe que j'ai vu, ne voua 'lui- que les drames dans lesquels j**J joué !'■ principal rôle, sérail appauvrir votre mémoire. L'intelligence qtu voyage nViudir pas seulement en regardant fi -. autour d'elb
il f.mt encore qu'elle s! felsse One ni s luire du passé, du i LV'i'ui ïi même de ravenir. im interrogeant les sites, les variations du sol, les tombeaux, les temples qui sedres-
ut, les générations qui disparaîssenl i, sans cela le cadre n est pas complei, U ■ i r u'a pas compris sa rigide
mission.
Aus.-ù vais-je m effacer pour quelques instante; ni Jean- Jean ni moi nous ne figurerons dans ce récït| peut-être
ignere%-Yi as [ueîqi hose, el d'esl la le bul principal
que je me suis proposé en venant causer avec roîis a Donc niiii'tice.
Les détails de mer ; l|x fiiinuieriîeiUî franc us L'Atlantique, doublons te cap èi ftonne-Éspêran titrefoia nommé Tem| bns i iul d'un
rs le magique Indoustan, riebe desn nature féconde ses mines d'or, de ses perles, de ses ti mais pauvre de ses oursins, de ses lypini* de Bon t Koléra dévastateur,
tes hégres de presque tontes les parties du monde ou ta traite v*y < . ■ , ! eut e les singe* i
parlenl jjas, cesl de peur qu'on ne les l ■ ■ ■ Il
esl certain que l'intelligence, l'adn !-'■ la ru
*:l même le cour, lesjockoset des orauj!
outangs sont Lailemenl supérieurs i ceui que po eu --al les Malgaches, les Uozambiques, m An et itnis, ijut' ce serait ufteuser là rai tadrumane que -il lui opposer -là i. el qu'au total, si i
choisir, j'aimerais beaucoup mieux être Ni un des bois
jfuettë par le chasseur, sautant joyeusement de branebe en brani lévastani Les rMères* les champs de c â
sucre- [es riants vergers entou U- butes murailb que de me voir a peine soutenu par iii i : ! ûèi table pitance >rm mille but la sol
us le foii^i noueux du planteur: Le singe a te dôme &\ rets pour -se protéger contre Les averses et les rayons brûliinis d'mi soleil de plomb; le uéçre reçoit sur épaules rotes el crevassées les eaui du ciel qui 3e bris( j
■ ■' les llcdiea ardentes d'un joui torréfiant sous une tone
sans brise el saris fraîcheur; et puis l'air libre pour [e
premier, li case enfumée pour le I celui-ci uni
eau souvent croupie, à celui-là le ts du torrenl ou les
vapeurs vivifiantes de 11 cascade; à l'horame desebain
au - i i i *. : Ti space! Choisisse
' e qu'il v a de merveilleux â étudier 'buis les manirs v\ [en habitnaeà de ces individus si bien iaitlés pou courses aventureuses, c'est le parfait accord ! rbai tnonie admirable qui remuent dans leurs rangs alors rpi'ils se sonl assemblés pour un butderapîn Iruction.
ts d tries un a de vi m.-rners façonnét aiin
pér ils des ba tailles , a m car mo uehi
nu vaste ainpbitl -t, après d«' t: dcltbéralic
aedonnanl le e *ijI ipi'au plus l ati plus
lin Iule, au érimehb
Dés qu'il s'agil \ r la limii l'une quête
plantations io ou n-intiirLÉé, vous pouvez, mais de loin senlemen ;autill ariarde ap-
thér, s'agiter, pétiller, tourn une reou une fortl touffue, s'arrêter, nuis v
carlier frêtil à petit, gai nu'n l'immobtlil teindre
■ mil r les < , nii^ f -sls de l'un d'entre uiix [ui, idacè centre, prend toute b gravité d'un i. iu a'un i
léchai, au moment d'un a^ôl solennel ou d' mie bataille diu drail le s.iiui d'un ré.
Mm frit-* m l,i pendanl r> mg slténce» au milieu de e atteote religieuse que uni lement n'i sérail interrompe ni nulle grotesque gambade ne trouble la majesté? On oc sait; mais, ce qu'il j i de irrai, c'est q près une ou plu le ce Ueuélibêrstion incomprise
pnr nos intell cinq ou \\ *sed< eut de
gros de l'armée et vont se poster eu embuscade â cinquante ou soUanie pus di? là; sept on huit fOht voîle-l et su plaçenl sur les derrières, tniidis qu*un troki me pelolon se dirige vers les lianes el semble veiller sur l'expédition;
Tenu luvres exécutées avec une précfâion mer«
vi illen éral en chef «J^nue le signal de l'atlaq
aul el un cri aigu; il s'êhmce. ifbonditi il dévore
e terrain, cl malheur a* La plantation sur laquelle il .i pro-
de porter l« théâtre de la guerre! Après quelques
lettres, plus de i suit arbres, pliïs de fruits aux
branches, plus denldg abrités, plus de pastèques doui
■ ■i j pins de f tîches goïav< > t idn Fumées, plus de bananes onctueuses, plus de jam-rosusaî-
.in.iLhis, plus de " i lus loul i lit, tout esl celé, déchi-
queté; tout esl débris : vous dîrii i que t*ouragau ih w
If UN POLE a t:autri:.
KS
passer, vous croiriez qu'un souftte Je foaatoul ^nij-nmo suis soi] haleine; ri.it ne manque à la dévastation, nlaia le planteur s'éveille â des cris frénétiques, il lève les stores de se* croisées, et il voit, perctiés sur les arbres voisins de sa plantation, tes singes vandales criant, riant de sri rage, de son désespoir, et insuUaol a sa fareuT et â ses menaces. Sans h raillerie, il n y aurait pas de vengeance complète : les dèuoiis insultent aux larmes.
On parle beaucoup de l.i malignité, de l'espièglerie dn
singe; on .1 tort. Ces deux mots renfermenl un sens ou
rien de bon ni de méchant ne se trouver et ce n'est
pas a la race dont nous parions 'pu- n m l'appliquerons
c quelque justesse.
Le singe est méchant, cruel, atroce; el T de plus, il esl en général traître cf. lAche, Quand il mût, c'esi pour le plaisir de nuire; quand il égraligne et mord, c'est qu'il a du bonheur ;i frire crier et â voir couler le sang, Encore s"-\ profitait de ses exactions, de $< es bri-
gandages, on les lui pardonnerait eu quelque sf>ric. et! raison de son instinct, de sa nature. Mais non, le singe
iii et mutile, sachant â merveille que son action m basse et hideuse; ut moins îl y ïiiiim ilu danger « la cum-
ttre, plus il s'y livrera av< deuïï
\. tne citez pas, je voua pfle, des petils singes-lions si gentils, si coquets, m listes, si amusants, que vous portez vu> épaules, que tous laisse? se promener sur votre table, toucher a lotis vos mets, et goûtei tleboui devant mus, <î la même tartine ou mordre m ht même grappe; (18 me ci le* pas mm jlus ce délicieux ouistiti si vît si agile, si pétulant, si petit, si propre, si spirituel dans sa physionomie, si expressif dans son reçanï, si craintif si suppliant dans sa voix : ce son! I i d grandes exceptions qui confirment les n. fcocrales. Li puis je ne tous di> pas ■ plus que toutes les familles de singes iienl la même astuce, In il perlidie, i ï l même cruauté; Kt pourtant, m observant avec itlention les mœurs de ces individus privilégiée dont le Brésil seul] je crois, possède les espèces, vous voyez ericorl! ches eus due tendance d la taquinerie ne sijiîe ili- velléité a la révolte qui vous fra| et
dont vous n'expiiqderea l'irrésolution que par les pot mels mouvements de crainte el A** terreur fébriles qui lés ; ircenl ci L'obéissance ■■ I •. s que vous l. rez nu -inut uu une iit-i ii- |i"in- les punir de leur volonté* du mime uês^Une menace s échappe Âe vus regardai
Sitôt [ne l.i jnie du méfait sVst aufflsamment mhfctifai parmi la bande celle-ci n'ailertd pas que les chasseurs puissent la traquer et la poursuivre. LU» 1 prend s-m niait.
précipite d'une forêt à l'autre! traversé les plaines le* plus étendues avec la rapidité d'un torrent* et met m in elle et ses ennemis les collines él les rivière
que
oppos ne fois rramponné la, il devient -i son tour h le le de La colonne : le premier abandonne son appui, el la corde de singes, reprennul mu' ■ lallation inverse, par vient n methe entre elle et ses ennemis une barrière au ceux-ci avaient jugée infranchissable-
Et maintenant corn me m poursuivre et atlciudrt n-Ur race malfaisante, si aride pour le destruction, si active
d 3 J] ss J*l '■ Sl ingénieuse dora ses moyens de défense? La
halle ruera peunUrc mi ou deux de ces individus, le fdoml. en blessera qùel.[ues mitres; mais les forêts en sonl iufcs- :■■-•■■. li- un besoin de nourriture, ils deviennent intrépides par uëri'ssîié, et les nègres chargés de veiller à la sûreté des plantations ne peuvent guère se [tasser ta i>
du repos qui leur .--i nfusé m mili Jes ardeurs du
soleiL
La ruse vient cependant en aide au platile-ur. Il iMic d'attirer dans un même bois le plus de singes possilde qù 11 v ippelle par le acrificc d'une partie de la récolte; el dés qu'il les vuii voracement attachés au butin, il fait montei une partie de ses esclaves sur les arbres qui entourent la scène du repas; il en place une autre partie sur le sol, avec ordirç d$ faire un grand brnil ■ i ■ ïambours et tt'instrumeuLSi e( il attend que la troupe aux abois cherche un asile contre ses adversaires. Traques sur les arbres, attaqués j lerréj les singes cherchent à se blottir au milieu des branches que les nègres n'ont pas encore atteintes.
CVsi ta ce qiiriviiii prévu le planteur, c'est li lussice
qu'il désirait. Une gomme ;! i a va il été répandue aur
les branches, nue de ces gommes solides qui vous retiennent malgré' v. us ;i là pince où vnii-e pied vient de s'appuyer ! et êOhlfe laquelle le singe lui te désormais l'ii tfniii. El est pis, clftui . i-mr ainsi dire enchaim I'lu> il piétine pour echappn â ta élue, pins elle devient étreignante^ il crie, il s'rtgile. se rnute, el le chasseur a tout le temps pour le fini mire 9 I ritiba de gaules nu avec le plomb, m escalrtuStil les nrlm-s voisins.
Les lialiitrinis d*iihe partie di • îles Malaises, du Sumatra et dé Jàvà élèvent dés singes jinura lier A la conquête de leurs Hères j ci celte châsse, «|ui u'iMîi»erjnB de la patience èl ne présente nnciih danger, esl celle »(uî produit u ■■-. [dus heure II i résti liais, Les singes esclaves s'élancent dans les foréltij se iliunniiti dis allures de liberté el d'indépendance lnni à M\ propres â séduire ceux qui, sage crainiif-. évitent le voisinage des villes et des comptoirs.
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Pour franchir celles-ci. les mtijï's, qui en général jsi-
savenl point nager, se servent d"u yen sj in^i-uieuji,
qu'on aurait bien d peine ; . > ajouter foi, s'il ii'ëlail Blteslé par h- récits des voyageurs lus plus vérîdiques,
Vprés avoir choisi un endroit du fleuve ou h végétation deux bords se rapi e du moins par les cimes des res, les luges escaladent relui qui plane le plus l\ sur les « ;iux. L'un d'eux alors, choisissant la bn qui lui parall en même temps In plus robuste et la plus Uexil>le, se cramponrie d l'extrémité par ses mains el par sa queue, de sorte qu'il formé un demi- m. Un de ses camarades le suit, se glisse de la branche nu corps de son
uni. s*y attache vigoureusement, el forme ■tinsi un second anneau de la grande chaîne qu'ils veulenl tr< iser ei attend un troisième jui vicnl â son tour en précéder un quatrième, puis un cinquième, el aînsî de suite, jusqnM ce que loutela Iroupe se trouve liée phr les reine,
Cette première opération achevée, et avant que le singe eu tête de U colonne annonce que ses forces s'épuisent, t airiére-gartie grimpe sur L'arbre, décrit un immense cercle, h. m- luss.int uller ton! à coup, di - un muuve-
ni d'oscillation que cliaipie individu Augmente, ainsi que nous le faisons dans une balançoire, pont <|iie Je di i aier puisse atteindre bi I une dis branchée de la rive
Dès que tes (irehiiers sont parvenus é se i tire une coi ;ei tionibrense, ils se mettent ï\ la t ; te d'une expédith
otar