D'UN POLE A [/AUTRE
J*ji routine avec lui la bùu- féroce captive , Page 50,)
qu'a m «ni plus les battetuenis de votre rcriii-, lorsque vos yens sont sans, regard*
C'est, je vous l'atteste, un bien dangereux ennemi itue l'orang-outang traqué dans ses forêts
On pu ri vu srraés lentement de bâtons se défendre
v.-iillnmme.iii c re une douzaine de chasseurs habiles, et
il n'e*t pas rare d'entendre les pas rapides d'un éléphant On d'un buffle retentir dnns les forets don ces singes si lestes el si forts parvienne ni ri chasser ers monstrueui et terri Mes quadrupèdes.
De pareils faits ont besoin d'être souvent écrits pour iroUattre Pi l utile, el tous les voyageurs heureusement si trouvent d'accord là-dessus, pourvue vousu'ayes plus i]i ii je les révoquer en doute,
l e mandrill est trop stnpkie pour trouver de sûres protections contre les armes des Matais et des explorateurs européens; sa démarche lourde et embarrassée le rend ai' sèment fictiiue des chasseurs ipti rnttaqueni ;î coups de
fusil, de p m Très et de bétons et le prennent souvent dans des fileta tendus sur son passage Le mandrill n'a da* dresse qu'a l'heure de sa mort, et sa dernière pensée (don* oez-moi une autre expression] est une vengeance.
Blessé d mort par le chasseur > et jugeant qu'il ne peut dus échappera ses atteintes, il Nimbe, reste immobile, aîsse tourner, retourner sur U- sol, et lorsque le scalpel commence sa dissection, au moment nu on s'y attend le
moins il se jette sur p nuemi et le mord avec voracité.
Satisfait de oe triomphe d'agonisant, il tombe el meurt gans l'i" sseï un crî
La chasse an mandrill est un jeu plus qu'une guerre, un nmusi ment plus qu'une fatigue.
L'orang-outang et le mandrill son! originaires îles nicmes climats et vivent des mêmes fruits cl de l.i m v nie industrie; mais l'un est leste, actif, entreprenant, phun de courage; l'autre est lourd, pr^ne ttupide, Il faut voir ce dernier Lraqué dans *.* retraite par rorang^outatig, qui le
ŒUVRES DE JACQUES AD A lin
taquine! le harcèle, et semble von loi» lui donner uu peu d'activité* Aux cris «I» 1 joie du bourreau* aux accents de douleur de la victime, les chasseurs accourent eJ déchargent leurs a nu décochenl leurs Uëches empoisonnées sur les ilenx stages, H vainqueur et vaincu rendenl ensemble le dernier soupir.
Le mandrill se prend ■! us des filets* Dés qu*ii se sent captif, il si- couche, el quelques instants ipn - il songe à s.i I ili et te perdue; il veul la reconquérir, et il mei tant )!■ lenteur à attaquer avec ses «li ni- les mailles du réseau qui sonnent, que tes chasseurs onl le lemp d'arriver H de r abattre â coups de en de lusîts ou de pierres.
On .lit proverbialement: Leste comme un singe; polir* quoi le mandrill nrsï-ïl pas classé | armi les marmottes oti phoques? Le mandrin déshonore In race simiahej
De ions lis singes uni parcourent les archipels océa niques, les vasles solttuues uré&iliennes el les immenses forêts vierges qui pé&eni sur le sol de cette : : li (ne partie du nouveau monde, Icjoeko esl sans contredit le plus h le, le plus entreprenant, le plus audacieux. A h vérité, il ne se montre que la nuit cL fuit les rayon* ilu soleil; mais, quand nuit tlort dans les habitations, q us lui ■ • i
pi dans les cases des négresj il se glisse furtkeineui, ainsi qu'un adroit filou, dans h niera ou sonl gardés les gerbes, les grains cl les fruits; Après âtoh dé| on butin ;m rond de | e i ; : ■■ itc, il revient r. la cHatee, recompu inu ses fopines, '.kl - end ports les plus racKi > uvre, brise les armoires les plus snlidemenl Iterm i ne se sauve que lorsque le jnur le Hi.:< e. Mal ! si couvert dans un appartement ou an milieu m Un vergçft liai n de cherchera fuir alors, il s'arme il- résolution lance en désespéré sur lea cliasseuis* jinttdit cûinme Mri jaguar, pince, tfoeMre, mord, ej ne loiiiltè (lie jamais
sans avoir Tait de nombreui ictînv
Les fléchi s des Boulic ! itrs Momlrn-
cas, des Tu pinambos, et les fusils des kilrôpi 11 uvenl .seuls arréh-r i ursions k j jocko, qui c pendant,
l is jeune, s'apprivoise l cilement, el devient un des plus
réables passe*len1pR des désœuvrés brésiliens.
L'ouistiti, le singé lîoil él Li ge volant di lu Rmtveîle- [Eollaiide T oui ressemble $1 < à une chauve-souris, . l'aide jl'nil fusil ciianjc dû son m de sabb i lin. Le co i|< les étourdi ti ils tombent, el jts n'uni pis élire repris lours sens qu'on les lient déjà rend m •< dans une cage*
Tout gentils, tout eopiets, tout stuusahis pi'ils son . vous tes voyeï, en l'absence di» h urs mai I 'Us fils darchal de leurs prisons, grignoter les bdlsi les rideaux, les étoffes qu'ils peuvent nt teindre. ■ i m rivet que destruction»
Il y a toujours du singe dans Le singe, el L'euatiti ne ment pas ( sa nature.
Il est imp isstble de se Taire une idée de la véhémence, ou pour mieux dire de la râpe avec laquelle s'a t laquent deux singes grands ou petits, jeunes bu vieux, de que eapéc pour la possession d'un IVnil nu I ■ < ■ nquête d un gite.C'esl un ilélire, um- frénésie; ce sont des cris, des frémissements, des hurlements à fa liguer tes échos; *'i' s Mil des morsures profondes, des déchirures qui enlèvent de longs morceaux de chair. On ne cessera de ■ irnbattre que lorsqu'on n ] ■■ plus de forces ou pins de
il- ni s,
An f^Hir des deux athlètes vous voyez les brandies des arbustes brisées, les feuilles en poudre, la (erre labourée, el vous pouvez vous en approcher en ce moment, lia Relier les deux antagonisb pi |uer de vos épées, leur briser un membre, les percei n du peiil plomb j nul ne tâchera prise, nul deux ne mourra sans serrer étroitement son ennemi dans ses bras.
Si le singe avait autant de force que de méchanceté, de puissance dans sn haine, ce serait nu des plus dangereux ennemis des hommes.
Le singea une neur effroyable du serpent, A l'aspect du reptile, ses montures In mbiôtent ou se roidissent, ses dents s'entrechoquent; il s'agite dans un mouvement per* pétuel, il se cramponne de sa queue à la branche que 1< !" il-- el ks pieds abandonnent, il courbe ta tête, ferme 1rs yeux, el se laisse tomber sur le sol, où il devient bientùJ vie lime de ses I erreurs.
Ili iireurs iliunes de foi is surent avoir observé des smges pendant une heure enliérej perchés ainsi par ï\ trémité de la queue aux plus boutes branches des arbres, el ii n> ru r .< ri.. - ilu quadrumane leur mil toujours inuh{ué parmi les broussailles la]
ului serpenl aux aguels, en uuôlê d' ■ proie. C'est là
Une 'II- ces eludëS utiles ei curieuses â recommander aux exploraiëtirs.
Tni]« de précautions ne pèiivënl jamais être pris m- !i -.- les ui)U - dangereux qui infestent m fnivis éternelli ■ lu Brésil, b 1 ^ solitudes africaines ou les archipels iudieîis, sillolinés [tar lé redoutable boa, dont je vous ai diji dit les effrayantes proménauési
On a beaucoup parlé de l'adressé des singes a éviter ici nu tel pic; ctlasseiu ! É beaucoup parlé
aussi de leur iniellitrenee à se prQcuwr les aliments nécessaires â la vii^ ' lis bul 1' i'i -mli' ne sail pas que la pluparf des espèces dont nous retraçons les mœurs se couslrniseni des hnhiUilions commofc â 1 ai hranctu
d'écorces et de feliiltêâ 1 où IK se mettent â l'abri des injures du temps. Son ce rapport, Torang-on surtout Tn ii des merveille
Les cases utHI bnltt, ri ijd'tm truuve è] ifnn* l*ïn-
lérleur des (mets ltU m, niTr^ul une solidité, ui
ëftl d'arrliiteeturerpii ('qiouràhté là rnîsou. Mai |ui tient du prodige* é'esl l'nrderjrou plutôt In rage de p
session dnnl II s anime quand stierfelie a l'exproprier.
Les comnitis r|iit» vous lui livrer eu rase campagne ou au milieu ilrs Inii^ s'oii d'fhYiles et péri Heu k ; ceux qui oui lien autour des habitations ibnldes luttes un ^ue ton jours la vicloîiee^l du ■ \Uï îles sin
Orgue i Heu setnei il jioslé ei lînelle avaiirêe -i "[Urines i>as de son édifiée, il n î'air de unis dire due 4 persoui le droit d'ypmi Iim >|in c < i in!, i lui seul, el qull
esl -liî à niohrir plulni \u*i eeder^ Jamais soldai ne montra plus de Êïrmeic, plus de dé lerini nation pour la défense du | oslé qui Tut coni m Itènneur*
Maintenant si vous es^nffeï debdsseri , si vous île? pas 'i ':'■'■ ■ 1 1 1 es roian^-rmiaiiL' il éloigné de son huignifl jne palais, tdchêt qlJ • balles portent juste, car sa e- rhnmltv el il a pour auxiliaires la force i !
r adresse- Ce soni nés màhs de buflle, de.s évolutions de rpent, desnmrsuiesde tigre, des attaques de gladiateur. Il vous déchire de ses dents ai de ses pieds vigoureux: il vous s .nflleUe île ses main- promptes comme lu pensée; vous croiriez entendre tomber sur votre dus les 1rs de vingt blanchisseuses cessées d achever leur ie.
Ici naissent les regrets. L'imprudente querelîe d;ms laquelle vous vous êtes jetés vous oiw parfois toute pensée de défense, tant votre adversaire s'empare de votre admir ■ ili.ii : Ce n'est que lorsque le sana coule par maintes blés* Mires, cr nWl Uue lorsque la douleur vous ramène au s^ tîmeni de votre conservait .<n que vous en appelés â vos piquet, â vos épées, a vos p dgnards, qui vous sonl enlesmivcni par votre ennemi.
Po i pie .ror.u il, -.mian^ se sent frappé a mort, loin de fuir, il ■. ; i encore mi n içant devant sa i oHn, semble
ir > 1 1 1 spectacle du désordre qu'il a causé parmi ses an* ir. l Les, sourit au dernier des chasseurs étendus sur la I iissiërc, et mitre cbea lui pour expirer dans son do* miellé.
Quelques peuplades .vages de l'intérim ur du Brésil se
livrent avei ardeur à i - des jraftds singes qui peu-
| pleut les solitudes de cet empire, presque aussi vasïc que
l'Ei ; maïs elles font surtoul s guerre ï ni vi.»rln
ans frêles individus de cett< •■•■ douf elïes • ïmeni h tir.
■ e&jhfrkoà el ■ | n*-! cliies autres espèces géantes, les
surtout ■'• s L-.int de leiirs arcs rt 11 «tics et
■î pierres, qui sont leufrs seules armes flans hs ■■ m,:, i clés tribus rivales.
\ pierres •••• ■ amp Ment d'un Iranbi u coupé en en long, aux extrémités desquels on a firai> [iic Jr-s trous ; r le p ■ ^ la ■ ^uï esl noi
rii iiiriiH'iii ; à celle rnnk' ut est Lre&sëé UUC autre qui
sépare 'I** le première vers le milieu, île telle sorte que deux petits bftl fia où tteiii os | rerliealehient â ces
■des les empêchent "!•■ sfe r ; . fer- Là est un litel à mailles fort serrées ce file! a trois pouces de Ion el
c'esl suit.- ?. père que le sauvage p pierre, assujétie
par k'ihtlèt ci !■ pouce, ainsi (|uTôn le fait de U 11
Vous comprenez nus si le Bbuticoudo lance ta pierre en ligne àr iite, elle doil frapper le bois de rare, puisque lui ci Se trouve -I ris I même plan que lus cordes et les filets, Dr, le I- ro iche In lien, qui est, selon moi. le pins habite, lu plus I- sii . le plus ingénieux des naturels, vivant loin ■!■ toute civilisation, tend sa corde eu biais, el la pierre qui devait s'arrêter î sou dépari atteint le but eu passant à côté du bambou.
J'ai vu un enfin l de dôuié ans offert eh cadeau à U. Lûudsdorffj charge d'affaires il" Russie auprès de Jean VI, et re avaîl expédie â ce savanl nntura-
■■ pour lui fournir une occasion d'étudier sa tête api l'avilir séparée du tronc; j'ai vu, dls-je, cet enfant, étbnné ■j'i'oit lui luixsiU la vie, atteindre presque toujours a vingU cinq pas iln distance un pi i que j'avais pendil â In dunette de notre navire.
A l*aîde de ces arcs de coi ii pieds el de ces 11"--*
pennées, de plus de unit piens de longueur, le t pas l'attaque du jaguar; jugea donc si le stnge n'a pas tout â redouter d'un pareil eu i\
Quant aux tx ouistitis, aux singes-lions et Aux
nomln ï frt mil les si légères, i rapw dont
nourri -, ni ivei l'ini ■ L- - sensualité, ils dédaignent iv eux I. ^ pierres el les flèches, ■■[ les preuuent à raïde d*une grande souricière (donnez-moi un autre mot) placée (i rentrée d'un champ de maïs, dr- canm re, nu bu
pied d'un bananier. Eu grimpant sur un Hue, en se promenant au milieu d'une plantation, L'ouistiti peut apaiser sa faim; mais, dons l'habitude ou il est de regarder comme sinon l.-t propriél i des autres, il i ne d y lour. La souricière renferme entre sesparo 'ains,
fruits, les légumes qu j i dép \ ■'•- Le uWlîcoudO; Ici est la rapine, ici est la perfidie* ici esl ta méchanceté; c'esl ici par conséquent que doit se jeter avec un bonheur in oui celte geiit ma liai '.mie. ei la porte du piège tombant derrière le quadrumane roî lui prouve que le vol ne i ■■ pas Uni béni i i- .■ ji'i le commet
Les premiers explorateurs qui ont étudié (es mandrills, les orang-butang dans leurs forêts, onl publié
bien des ai nr les mœurs el lés habi-
tudes ilt* ces élres slngulu •:<. qui ressemblent sou r ni de rapj habitants des pays êquatorîaux,
nourrissant tant tant de natures oppose
[la ont raconte mille \ plus ridicules les m
que les autres, et dont la philosophie et lès études des temps utudi mit fait prompte et bonne ju Selon
Ees yo rs du quintième et du seixlémi le §« pies si l" condes en merveilles et pendant I lés on croj :
entitfe à l'Eld s Les singes, dans leur amour - : i donné pour les femmes, s'élançaient an milieu des j.
fila- Luttaient avec ardeur contre I?» Jalousie lies tommes, se choislssaienl m l < rnuorlaient an
fond de^ huis el vivaient <• iii bonne tnlelli-
-■' née. De ces bicarrés 1 1 mon- a>uplements uai-
suienL selon eux, les ruaei |iu ii lea babouins, les m tacas» te* i I .poins, les malbrmn ks, les monbs el tes gue-
iiiius. (brmanl l'Immense famille dès wgeui ■ des
plantations qui peuplent encore une vaste partie des rêfèts de L'Inde, de rÀfrîque, de l*àmârîque septentrionale el de la plupart il. s archipels océaniques. Mous avons marché depuis trois i clos; tes préjugés ont fait place ;i la *\\i*' par l'a ri de la navi^dlim, le domaine de^ conna satices lui mai nés .1 été agrandi^ on 3 classé les espèces, ou • Interrogé la nature avec une raison plus saine; et le singea les plus industrieux, les pins lesU les plus spiri
«ueîs, se ll'ouvénl encoi'e placés" bien loin des. Rottenlots, Jes ^l ••■ iuil>i,u<--. p des sauv naturels de la presqu'île Perus et de des habitants de 1-. Konvelle-Çaïle du
Sud, qui occupent, selon non-, li< dernier degré de I cheile sociale, «''est 411e I intelligence seule appartiei i'homme; c'esl que celui-ci seul étudie les merveilles du monde ei ■ ■■■ni prend seul la ghttideur el II lhajësl de Dieu.
Ml A S SE AD Tl lit. F aOVÂL, \ Là V \ *\ El K I: Y. D AfilR, \\ 1 1. d'aNBUIOI t:
hms un pays comme celui itiiB nous éludions, peindre mœurs des I -■"- 1 1 - ï< ciui le sillonnent» e'esi peindre
H les m '!'■> i"ii s !ei «1 es jui le su I rumen ( t e 1 -1
aussi celles des Itouums -|ui les poursuivent el Lea corn battent. Le Lîçre, le linu, la panthère, aonl les liôles île rindoustan; ils viennent si si u ir h bahî-
tati^jïs 1rs mieux closes, que, ramilles errantes dedéve
« et familles de planteurs paisibles sont presque toujours !■<•■ ■" facï -i lembleni vivre delà mdme vie; l'^
émi i ■ lenl Laos l'Imle avi c 1 ml de rapidité
que l- sommeil ne nous semble jamais tranquille. Les nouveaux venus surtout y sonl debout avanl le jour, lenl comme perdues l> res de repos, *i vous les •i, insoucieio di j s fatigues, courir !'-* campagnes mirer, pour ainsi dire, â chaque insl ml <lans c< v dlaphanesel dans celte végétation merveilleuse qui couvrehl le Ml ei la garent comme en un jour oV leie,
■f' 1 tenais a visiter Calcutta, la ville des palais; une 00 îon l'.--. irable s'otfi ii. et \* h u"< roule avec mon iUl^W Jean- Jean veiseeGim.i magique» randea»vous liabidiel delà plus nde partie des ■ isseaux européens <pii vont chercher h fortune -m milieu di^ fa igues tl'une navigation J'-nn 1
Siilouse. J'avais quelques Lettres de recomu Intion t je me promis Je faire prompt el bon usage, rai i' 1
\ mlais donner |ieu jJe jours à cette reléctie ; i,: l' , et ïe
sentais d'ailleurs qu*il me serait (pour ainsi dire imp issib'e .!■ [nittei ■■- beau pays si je reliais é m'yacclim 1er L T u
riche colon me veeut fivee tant dé h ru-
frappais \\ i à une nouvelle porte, ri dès le Lendemain do
mon arrivée ] Ih'jv voulut me doni i- 1
,, ,,!s, un- di ces joies que leshommea de cœur eJ d'in-
grence cnerclienl toujours dans Leurs përëjrri nations.
J'avais dil a M, Peters que j« doutais du lion, du lisrro et
de la panthère; il releva hardiment ma pin; rie, eï
quelques heures après, il nVappril que unit était disposé
pour • chaude oa - lux environs de Calcutta. C'étail
li que jfl voulais en venir.
Nous étions six Européen ^. tr-i- Anglais, un irlandais,
dean-i. moi m n. p^its quatre Malais, dcuxGipa tjiml
Chiens doni on m avait dit merveilles ■ eur était ecra-
tri sans brise i U\r, Hous recevions sdr notre corps.
légère, I- h Ittelnles d'un soleil à pic* cl c ■ 1
■ I lacïe curieux que celui des oîsëam arrêtant Leur
alourdi ■ s le feuillage Êpâïs des tamarin! t des pal-
ŒUVRES DE JACQUES AftÀGO,
mis les, on ils trouvaient un abri conlre la lassitude et le plomb du chasseur,
Dans l'Inde, lorsqu'une fois vous ave z fait vos préparatifs pour une périlleuse expédition, vous n'avez guère a vous occuper de s petits i lût ails du la course. De nonnes balles. des triibmts aigus , des sabres et des piques bien trempés ne vous seraient pas fort utiles contre les bengalis et les joyeuses nuées d oiseaux coquets, au plumage si varie, qui sillonnent les airs; vous les hissez riant leur liberté, vous les respecter même dans leur sommeil, et c pour cela sans rioute qu'ils snnl si familiers et si confia lit s nu milieu de leurs incessantes évolutions.
Ils passent, vous caressent de leurs ailes, sifflent et s'en vi.uîi pour revenir bientôt plus agiles et plus alertes, de (elle sorte que le filet lieu plus que le fusil les livrerait à votre merci. Un motif puissant vous force d'ailleurs â les respecter, surtout dés que vous êtes a quelques pas d'une ville ou d'une habitation, car le huit de votre poudre ne réveillerait pas roulement les échos de ces vastes et imposantes solitudes. Sous les taillis, dans le voisinage, prés des marais faûm itx, repose le lion, sommeillé le tigre; et, pour do tels visiteurs, vos armes d livent toujours être eu état de vous protéger. Homme nous, ils ont l'instinct du péril; plus que nous, ils ont l'instinct du mal. Quand la balle a sïfUé, ils devinent qu'ils peuvent s'élancer sur une proie plus facile, et leur repos alors a Heu dans le sang et sur des os mutités i caresses de lion et de tigre laissent des débris sur le sol, et le silence régne où naguère vous entendiez les cris de la meute, le cliquetis des armes et les rugissements de la bète furieuse.
Il en est de ces s ta de carnage et de désolation comnn
des colères océaniques) vous voulez les avoir connues. •juitul la rafale carabinée arrive, vous carguez vos voiles, vous laissez porter si von s avez, de la mer a courir, cl. lorsque les Ilots se sont ai misés, vous êtes en extase ■ levant 'es souvenirs de la tempête. Ainsi faîtes- vous dans II mie, quand vous allez a la chasse du tigre, du lion ou du rhinocéros. En parlant vous êtes gai, insouciant, vous ne croyez pas ii ii danger; mais, des que rébran lemeni du sol. le brû. sèment il<- la savane, vous disent l'approche de votre adversa ire, oh l alors» tous coTiintt-ucez â douter du retour, et vous voudriez être em: :ui dépm-i.
À midi, nous fîmes halte dans la délicieuse habitation du docteur Iflacquario, que nous trouvâmes fort triste, mais qui ne nous eu lit pas moins bon accueil. La veille, une panthère s'était élancée par-dessus le mur d enclos de; son jardin ei avait dévoré le lils d'un Malais, sro# serviteur, endormi dans une rase. Le mur de cet enclos avait treize pieds anglais de hauteur, et l'élan que devait avoir pris la lié ii» furieuse étail reslremi et sur un terrain raboteux. M* Macquaric nous engagea vivement a p la nuit clans son habitation, et, quand nous Lui dîmes que nous n'avions que deux jours i donnera notre chasse, il nous montra vers
I horizon de gros nuages omoncehV i itani comme des
fantômes, étendant les bras et s'empara ut de l'espace.
— L'orage sera rude, nous dit-il; le baromètre descend, mes chiens aboient d'une façon lamentable, et, si vous voulez être témoins d'un affreux spectacle, voues â quelques pas d'ici.
flous le suivîmes avec curiosité sous une graci'U>e allée de bananiers, et nous nous assîmes au bord d'un ruisseau qui courait avec une vitesse au moins de trois lieues à l heure. Les eau* pétillaient avec un léger cliquetis, comme si elles étaient en chullition; le docteur nous dit que c'était le signal précurseur de l'ouragan.
— Rentrons, rentrons, poursuivit-il d'une voix altérée, ta rafahi va vite; il me semble t|iie je l'entends mugir; et les arbres les plus solides ne le sont jamais assez, contre le déluge qu'elle entraîne avec elle.
Lu effet, nous étions â peine barricadés que le désordre commença... Point de tonnerre, point d'éclair, mais un roulement lointain, comme le chaos des vagues sous le typhon dévastateur, La pluie tombait en gouttes si pressées
que vous eussiez dit une masse compacte sViffaissant tout (l'une pièce pour écraser celte brillante et splendidc végétation qui dominait le sol. De notre retraite murée nous entendions les 1 oit tires voler en éclats, et, lorsque, du côlè opposé â celui d'où s'était échappée la tourmente, nous voulûmes jeter nos regards vers la campagne désolée, nous vîmes des arbres entiers tourbillonner un gré de la trombe voyageuse, monter, courir, descendre, remonter et tomber enfin avec un terrible fracas sur d'au 1res puissants végéta nx qu'ils brisaient dans leur chute,
Une heure après le ciel avail repris sa limpidité, le feuillage ne bniissair plus, et vou> ériez. frappe de stupeur â I 1 aspect de cette n iiure morte, quand vous veniez de la voir lever audacïeuseiiMit la tète contre les menaces du ciel.
— Je m'attendais â autre chose, nous dit M. Uacquarie en souriant, le mis seau a menti pour ia première fois, il m .1vail promis un ouragan, il ne m'a donné qu'une bourrasque; d l'avenir, j'aurai moins foi en sa parole,
L- lendemain, il n'était pas encore jour, que nous nous mettions en roule, renforcés par le Irréel la sœur du Malais dévoré, qui voulaient uuc revanche contre la panthère ou le tîçre. Les chiens en avant, non- tous serj comme p<mr faire face â un pressant danger, n ros louâmes un bois dans lequel, d'après l*avîs do nos guides, nous no tardâmes pas à pénétrer. Arrivés â une grande clairière, nous nous assîmes pour déjeuner.. . Le hure ne nous en laissa pas le lui sir. À un premier et lugubre rauquemeut, les cl lien s, qu'on nous avail dit si courageux, ae sauvèrent derrière nous, la queue entre les jambes et jetant ça et la des regards empreints de la plus stupirie frayeur. Ni le fouet. ni les coups de crosses, m les menaces, ni les caresser rien ne put les vaincre; et nous résolûmes de nous passer d'eux, Un second rauquemeut plus bref plus distinct, nous apprit que le tigre approchait ; nous visitâmes nos amorces, et nous attendîmes en ordre de bataille. Le Malais ri.: ii a* troïs pas en avant, sa sœur â ses côléSj armés tous deux d'un pistolet et d'un trident à manche de fer. Le voilà !...
Ondnh iim ment zébré, haletant, étonné bien plus qu'effrayé de noire présence, immobile d'abord, poussant des gémissements sourds et profonds, roulant une prunelle fauve, caressant ses lèvres en ir'ou vertes d'une langue rouge et raboteuse... il êlaii ma^niliinie n voir, le tigre royal Nous fîmes quelques pas vers lui, il en lit quelques-uns vers nous, et, 1 mit .1 r-up comme s'ils avaient honte de leur pusillanimité, les chiens, suis y être excités, vinrent se placer à noire front, serrés, impatients, silencieux.
A leur aspect, le tijrre bondit, s'allonge comme un reptile* fouettant ses lianes, machanl la Irise qui se promenait sur sa face tourmentée..,
Nous n'existions [dus pour lui ; ses premières victimes devaient être les chiens, nui osaient l'attendre et le braver* Ils s'avancent en ordre d abord, puis se séfi rut pour attaquer la hé" le féroce par devant, par derrière, par les flancs. Le tigre couvre de l'oeil le plu* téméraire d'entre eux; il s'élance, il a un ennemi de moins â combattre, le
K"i [mil est ouvert sous une seule pression de mâchoire. 011s voulions porter secours aux autres, qui avaient reculé de quelques pas, maïs Le Malais nous 1 uie de la maîii de ne point agir encore, il voulait lasser la bête b:roee* et il désirait que nous revinssions tous chez M, Mac* quarie. Sa sueur était admirable de san^-froïd cl d'intivnidilé; de ses mains vigoureuses elle tenait eu avant un trident aigu, et je remarquai que la couleur jaune de son front et de ses joues prenait pe-Lil à petit une r.uleur rouge et presque cuivrée, (Tétait une jeune fille curieuse à étudier.
Cependant le champ de balai Ile n'avait plus qu'une éten*
il le cinquante pas ait plus; un ennemi entouréde vïoglen*
nemiséiaîl là. Il se cou rta, il s'accroupit, il se ramasse pour donner un peu moins de prise aux balles qui vont si U 1er, et peut-être aussi pour s'élancer rivec plus de violence. Sur un cri du Malais, sur un geste impérieux de sa sœur f
D'US POLE A L'Al-TRE.
1rs chiens s* précipitent à la fois, s'attaquent aux reins, ta cou, aux cuisses nerveuses du redouta M e quadrupède; c >st un grognement sourd, ce sont des chairs qu'on mrïi-lie avec n e sont h is évolutions du boa; le tigre ouvre une poitrine, se retourne et plonge sa griffe dans les intestins, d'un adversaire acharne.,. Le sang coule par raille
blessures, le tigre est toujours debout, ind nié, furieux,
menaçant. Tous [es chiens sont hors de comb.it. les Irais nui ment encore semblent nous implorer , te Hâtais s'est avance, nous Levons suivi. Une balle part, le tigre rugit bondit sur place et retombe comme uueaêTolitueî toute liêie féroce est de nature vivaee, et nous ne sommes pas encore Etui termes de la lui te.
Le tigre recule, mais on devine que ne n'est point une fui le; l'a jeune fil h- s'avance, précède son frère, et provoque seule son ennemi, Il part, le trident le reçoit au vol, ! i jeune fille est lancée au loin j kl r h 4 cime, mais le fer meurtrières! dans la plaie qu'il a ouverte, et le tigre proment' lui son instrumenl de moti
Nous l'abandonnâmes quelques instants à ses i Blutions, A ses fureurs, -î ses frénésies; plus il s'agitait, plus le fer creusai! les entrailles; c*étaii une agonie menaçante en' coi e, cl te Malais, nui rechargeait son arme pour tirer â bout portant, recul a la cuisse une entaille qui le contrai»
-iït à In retraite. Quanl à sa sasur 3 ell - s'était poinl
encore relevée de *a chute.
Ccfcndaul H fallait en Unir, nous ajustâmes tous en même temps, et une décharge générale étendit le tigre sau mouvement sur le sol profondément Labouré*
Le retour se lit jusqu'à moitié chemin sans le moindre accident ; mais, arrivés sur le boni d'un ruisseau serpentant le long d'une magnifique indîgoterie, nous entendîmes tes deux Malais nui nous precédaienl pousser un grand cri, nous doublâmes le pus et nous trouvâmes ces deux înfortunés couchés i terre ei baisant avec transport des débris humains,..
C'était mu* partie du crftne de leur jeune frère qu'ils reconnurent à une légère cicatrice au iront. Leui dés spoir me toucha jusqu'aux larmes; ils baisaient avec amour ces sanglants, ils leur adressaient les paroles lis plus Attendrissantes, ils jura ienj de lîrer vengeance d'un si 1 :• m rible malheur, et, comme ils relu s.-reni de nous accompagner le jour même jnsque chez H. Uacouariç, nous réso-
mes de passer la nuit avec eux. en pïe campagne. La
panthère n'est pas loin, nous dit la sœur en smorç on ûstolet, il me faut sa vie, il me faut si peau; je les aurai, fui là les traces encore fraîches de son sanglant passi suivons-Les, ou plulôl laissez-moi, je v , l i > l * suivre sente,
Je pris son bras et nous nous dirigeâmes vers une coltine boisée, au sommeJ il* 1 laquelle puii.il ait un minaret do ni la calotte dorée resplendissait au soleil. Nous nous arrêtâmes pour souper près d'un vaste bassin, dont le bord très-décMqueté nous autorisait à penser que les bêles féroces de ces contrées venaient souvent y étaneber leu soif:
— .li ne pars point d'ici sans une dépouille de tigre ou de panthère, dit la jeune Malaise à son frère, dune voix
V'i. T ]]ii[|iv L
— Sœur, répondit relui*ci, qui n'avait pas abandonne l.i tête mutilée, je liens \*' même serment que toi.
— Eh bien ! dil un de leurs amis si vous voulez me confier celle Lêie, je vous jure é mon dur qu'elle nous livrera une victime.
— La V1IÏI.Ï! s'écria U sœur, et, si tu nous tiens parole, je t'uceepie pour époux, car je sais que lu m'aimes.
— Tawach. dit celui-ci, tu auras la panthère, libre é toi plus tard de me retirer ta parole.
Eu quelques minutes il eût abattu et tourné eu cerceau un bambou au milieu duquel il plaça un nœud coulant, et dans ce nœud coulant la tête du Malais, Cela fait, il grimpa sur un arbre, attacha fortement une corde à une branche
vigoureuse* descendu, Ka l'autre hout à un arbre peu distant du premier, e( la tendit jusqu'à ce que Ke cerceau, le nœud coulant ri L lele lussent ri douze ou quinze pieds du sol. L'appareil achevé, i) vint â nous el nous dît d'un ton d'assurance :
— Ou il n*y a ici ni tigre ni panthère, ou nous en aurons un; seulement, tenons-nous a V écart el gardons le si Eence*
Non- m -us étendîmes sur une pelouse, quelques-uns des chasseurs veillaient les autres se livnienl su repos, ei P de temps en temps nous interrogions de Tœil le piège lendu à la bêle féroce. La nuit fut calme; seulement, par intervalle nous entendions le glapissmi. m delà hyène cherchant traîtreusement sa proîc et le cri aigu du bengali, abrité sous les hauts panaches du cocotier, dont le front semble plus appartenir au ciel tru*à la terre. Le jour naissait.
— Paix! paix! nous dit le chasseur expérimenté qui avait ps.' le piège, voilà le ttgre ou la panthère» j'ai entendu un lugubre rauquement.
Alli'LlhnH '
Le frère cl la sœur voulurent aller au-devant de la bêle féroce; leurs camarades les reliure ni en leur promettant une vengeance, Il y avait une heure que nous attendions, impatients du curieux spectacle qui nous était promis, lorsque en effet une panthère arriva eu bonds rapides prés dm sinistre appareil.
Elle s'arrêta surprise; deux fois elle se dressa sur w pattes de derrière en face du piège tentateur ai s'accroupit comme pour réfléchir. Tout a coup, elle bondit et s'élança sur nu des arbres où ëtail attachée i.i • <u de, essaya u d'atteindre le cerceau sur le lacet à demi tendu ; mais elle tomba et se retrouva bientôt sur ses naltes. Dans sa fureur, elle creusait profondément le sol, elle se ruait sur le tronc de l'arbre, dont elle mâchai! la d ire êcorce el poussait a I" air de lugubres rugissements- Cependant elle s éloigne du piège, sans !•■ ; e de vue, i reculons, lenlemenl, ! nul émeut.',,
— LUc est a nous, je vous en réponds, dit tout bas le chasseur en se frottant les mains, elle prend de l'élan, elle va partir el ne se reposera qui u l'air : Voyez!
La panthère s'est élancée.,. Ainsi vote la pierre échange de la Jrimde du Hnléare; le m eud coulant n'a pas joui . i bêle féroce a passé à rôle, entre In tête et le cerceau,
— ?>e vous impatientez \ù\-. nous dît le HalftjS; ellOTOUt
sa proie, elle L'aura, mais elle lui contera cher!
La panthère recommence sa manœuvre, el r elle fois, elle vise jusle...
La tête est dans sa gueule, mais le nœud coulant fait son office, et la hele féroce est pendue par le cou à quelques pieds du sol. J'étais en extase.
— Tu seras mon mari, dit la jeune Malaise au chasseur, et je vais rue donner unejoie. hélas: qui Unira trop lot.au ji> de ma haine.
flous arrivâmes auprès de la potence d'une si singulière espèce; la panthère s'agitait dans des convulsions horribles, ses ongles cherchaient la terre qui lui mampi h sa gueule ouverte demandait on souffle qui n'arrivait pas jusqu'à ses pour **î et, même ■ son agonie, elle conservait un air de férocité qui justifiait les tortures qu'on allai! lui faire subir, La jeune lille, muette, maïs fébrilemeur .. ailée, piquail de son Irideni les flancs de la héïe captive, elle lui iiuviaii les chairs aveeson poignard, elle lui arrachait pi-iir ; petit les enlrailles r el elle éprouva il â ce jeu miel une joie si vive, que vous eussiez dit, h sa physionomie, les caresses d'un* se^nr â un frère tes baisers d'une mère à mui fils. Le vcnl seul agita bientôt le cadavre de la panthère, l'on coupa La corde, et l'on eût quelque peine â arracher la lètcôu Malais de La gueule béante qui s'en était emparée.
La caravane se mit en marche, Induus et Malais assez
7iU
OEUVRES UK JAQQUBS \ Il A lin.
insouciants, moi tout rempli H'uur luUc gj sanjlante et d'un la liteau si colore. Jean-Jean ne pleurait presque plp;
{*e t'interrogeai, il ne répondit pas; je te laissa; n ses rélésions.
El maintenant que je vous ni montré cet hôio fau\ il'Àie, N'in.inr partoul 1 a désolation et In nu ut per mettez-moi de vous conduire près du jaguar» l' 1 ligre 4'Anp ri que, plus leste que le premier, mais moins redoutable. \ loutre, unimeule nombreuse, vïugl chasseurs, ■!■ ■ piques, '1rs i M - ■ li rats, des sabre?, «tes poignards bien trempés, des balles rte plpmb; à relui ci nu seul homme, un style i à chaque
hotte, un cheval et un lacer .
Le Gaucho es( un vraî centaure; il part, il est a l'h-iri* zon. Le crj du jaguar se fait entendre 5 voit ri te Gaucho
joyeux comme si oii vcnail de l'inviter â filé, (In 1
peau de feutre u larg* par un ruban ious le
menton, couvre sa leleî il a pratiqué une ouverture au milieu d r u ne pièce d T éto fie taillée en Ronds Q>e ** s M ce manteau, appelé poncho dans le pays, <ju ! il abrite épaules; la peau retournée du jarrei d\m cheval lui sert de boite et enveloppe le pieu 1 , moins l'orteil, qui 111 lie dans un tout petit élner triangulaire; puis» des culottes de cuir, et dans sa raaîn droite une très-longue lanière bien bouclée ile> deux bouts i une sorte de selle fortemenl sanglét ?.<i^
te ventre de s compagnon de péril. Xyé h 1 Gaucho
pénétre dans les ]»ln^ profondes solitudes; il brave le pain* péros, se redoutable niveleur des plaines de l'Amérique du Sud, el revteni .1 Montevideo aven un butin noblement acquis, je viuis l'assure,
Le lacet ou plutôt le lasso du Gaucho peut avoir dir-huit ou vingt bras; t il le saisît do telle sorte, que. bus | L*aftile. jl fi 11 me en tournant deui nœuds coulants, qui dni-
;: s'emparer do la b+Ue cou Lit hupiclta ils sonl dî Suive* avec moi le Gaucho, et voyez-le au jeu terrible qu'il a nse concevoir.
Le jaguar est |à, I e jaguar rapide et Vondïssai 1 comme ta pantin uipte comme le reptile, féroce ctminn le li^re i*Asië, et visitant ainsi que lai les ci met ièrea, dont il 1rs fosses qui abritent les cadavres. Ils sonl en présen Li* cheval du Gauche s.iit que s'il retourne, il n'aura point de défenseur; aussi, failli face à k ennemi; son maître lui
furie brièvement, par monosyllabes, h | ■• mi i laut il est parnilemenl compris} car son intelligence esl grande. S jarrets s'agitent Ecbrjlement, si-s naseaux rent et se
ment, exhal ml au loin mu- 1 l| eur brûlante, ses oreil sont dressées comme ; * crinière, et son œil plonge dans IVt il du tigre aux aguets, ,
Le Gaucho se parle alors à lui-même :
— Alerte! vnîlâ ron ennemi, celui qui vèù( le disputer ces plaines immenses ; ne te bi^s*- pas vaincre, ou U ■
ma nules ne parleroui de toi qu'avec mépris,
— Alerte, lep ! tu porteras celte bel h 1 ^Montevideo ou ï lSiu un- Lyres, in 1m voudras cinq ou six piastres; sois vrai en dis. ml que lu ■ as. [.ri-" au premier coup de lassn.
— Âlerle. Jepl
Vingt -cinq pas an plus, séparepl les deof jouteurs, ifs se rapprochent encore, el lé redoutable e toujours,
el Jep le Gaucho ne parle plus; Jep pique les flancs du cheval df son immeiisr éperon Lridenle, je jaguar Relance pour se cramponner au poitrail ; le lasso. |itus rapide, parti; le liîrre est cerclé comme parun bna T ei - ! ■■■■ e 1 a iveG lui la h('qr féroce captive!
Quand celle-ci brisée a le vertige. Jeps'afr^ ■ des-
cend, s'anme île ses deux poignards, s'avance el ouvre le couir du ligre léopardé\ La peau nern vierge d'autre bless sure, ci in réputation de Jep n-aura reçu Aucune atteinte. Si pourtani in lasso a été mal dirigé, si le jaguar s'esl saisi du poitrail un «les 11 mes du coursin\ [n Uaurlio tire de leurs pmes les de ni pQi^nîuiK, et, saus descendre, il combat la lirce ocurm u 1-, fouille dans les chairs et La force à lâcher prisi-. lii'iix miuuies dit regos suffisent; te !■ -■ est 11 saisi, lancé de nouveau, ci il est peu d'exemples que le
liauciiiKLit rnanquit deux lois sa victime, ilais, liontl ifX dfl sa mnhnl esse, it ahiindonne sa proie, il i-etouru ville
sans nulle dépouille t et ilit a gea amis qu'il n'a pas trouvé de jaguar daufl ses promena des, qui durent quelque foîï plusieurs m 'us*
Voua voyez, mes jeunes amis, qno l'Amérique el TAsie ont leurs hôtes meurtrier \\u leurs splHudes ne sont guère paîsil fes p^ur des vo; allantes la nuit loin de 'mule
habitation. S J, 1 cire m&pects si vous visitez j 1»
maîs r iiinsi que je l'ai iiii. 1^1 s conlrées San s; prudence esi : souvent ré (lésion $>l put
homme exposanl inutilement sa fie de gaieté d tr esl coupable envers lui ses .unis, sa pairie. Qui désire voir veul sans doute au pouvoir racon ter : le&cadavr«" o'onl point d'êloqto 1 . «
— Ah ci! monsieur À rago, me dit Jean-.Teau il'un sou de voh parfaiiemenl en harmonie av. m- sa profession de pleuh pi-, est-ce que vous n'aies pas fati le rraternis depuis si Ion ps av^c les singes, les léopards, les lî-
Itw lions et autres gentils camarades de la même esl ••■.■.' Si ci .inms . ne n'a r 1 me le faire
Ir, je prendrai mon parti, je marcherai même quaitf '.- pour peu que cela \ni: us distraire, mais ah piï: venez-moi ï car, de pnrae abord, se tmuvcr coude à coude avec une panthère, en '< guarou un joeko, loujoi disposé â vous rosser ou us avaler, n*esl pas chi très» lî ver tissante,.. V i, monsieur Arago, C* genre île vie pas, et il me rend si triste, que depuis huit jours je u *-i pas vergé une seule larme; je dépi ri ■ je
va i
— Hiùs tranquille, mon brave, lui répond i u lu serran I nffechtei ni la main; nous allons parlîrp des pays où il n ra ni lî ni lions, ,\ m poun pleurer tun» à ton aise c r nous nffaire .1 des:
h mes.
— \ la bonne heure! voila qui me va* qui me SMrir ]:ï que je vous estime de u u.
LE :t lk Fi:iï. — awtiu.'H -ni- h ■
. T , ■ jiarli^ sur un brick nnghis uni dlriî [iojiï
Madagascar, et je ne saur i • ma li e combien fûl ran li il m leur de Jean-Jean, cou hirnnc à uaviguei tu-
telnis hrilnnuiitues, Pourquoi celte antipathie? Il iren savait rien 1 ^me, mais il ! lit si profondément * homards cuits, ainsi qu'il I lait, qu'il eut soin de se
Miir.i-uir de la fer-ven le au.; j lié que je lui avais 1 1 uir ne pas m'a|j:indonner«
— Ce : ira 1- me disait-îl eft m* in ni a
bqrd, ce ^-'iit des ace ; in tirs, (Jes vanUeur, des Chinois.
— Ce sonl des Anglais, mon brave.
— Ce sonl des Chinois, vous dis- je, des pékîns, des magots, qui vous flanque ni dis coups de garce lie, rumine Vous me lin n | moi des par des daffeciim. Us ne veulent pas que les autres | '-n} tes fîclrleof drs. noir
li • n l ce iraii- dans I s les parties du monde; ils -ni du poison à eeui-ei. de la poudn ix-3 evousjui ru aisieur, que le monde ne Unira que p
— Tu crois donc, mmi pauvre ami, que le monde fiuii aï
— Certainement, puisqu'il a commencé.
— Mais al us que ieviondi 1 1 r^rre, les mers, les astres?
— Ça oe me regarde pris, cri n'est pas mon affaire, ce u'ct pas moi gui tes ai crées; mni< ce que Je sais, 4 "'«" |ia- ■] futer, c'es! que ce bouler rsemeni n'arrivera ijue par ces chiens ■ ■' ■ nue je voudrais avaler en ira vers, au risque d'une affreu =e indign îtion.
Avec des no m de la nalure de Jean-Jean toute Ifitte
devenait inutile et périlleuse, combattre sa croyance ç tait la Forliliei : ; -' lis donc semblant rie parti > on? I iv contre les Anglais, el je lui Mes qup, pour bïeç) eludior le monde sous toutes ses faces, il mllail vivre un peu a?ec ses ennemi
— Va donc pour les homards &uîls, me répliqua-t-il, heureux de mn concession, mais qu'ils nie n buslenl pas Irop a bord, un je cogne c a ,*ur un hnrdage. Ç
• piin-li. poursuivit-il d'un air ne mépris, ucnuenl ;m de la morue; on ne peul re les aplatir, cenundnui j'es-
ieraij pour pi u nu ils neni de mes larmes, donl la - ce
mble s'épuiser depuis que ïous fn'avei fuit qui Lier Les Immmcs pour les Mies féroce
— Tu vois donc bien que les voy- ml un lunièlice.
— Dites mit: pauvn-1 \ j'avais des pleurs pour Unis n'en ai presque plus nouv personne. Que me ledeiiH après afoir tanl eourn r
Nous arrivâmes é boni an moment mi Tu m n< dora paît, cL cinq minutes plus Lara nous (lescendinps le C ■ ma? jesiw Ion t les bords son! %\ pipis, itoijj (es IImIs spnj sillonnés de tant de rarên . W<à\\ t In peitf
et lecteur, n'ont pas un in&tani ne repus [ ' ni celle
euse navigatl .1 ' L, tandis que votre l'eprd ,>anèli sur une pagode brilla nie, tandis que va irayers
a ne \ ilion 1 noim :- , «tes plair
imiMi retrouvrx, n>i même insî&nl, sous 1< - |-i-
naches onduleux des palmier? ■■ ■■ ■ l£urn| oh*
ici de n-nx Les plus chars: là se i(ri s èlégani
habitations qui remplacent an.j ' cciure
orientale, plus pittoresque, sens d>>uir. puais donl on s f > I ■ ■■ ji.it- habitude.
U il lui belle et parfumée; des myriades d'oiseaux
diaprés voltigeaienl autour des cm |<niissnicm un ]
lit cri el nous abandonnaient -\ l'instant, comme pour nous reprocher noirn dôparl. Hélas 1 n'était- n< pas de l'ingratitude?
Nous n'étions pas encore a vingt milles de h coje, bmp la brise, qui s'était mon Ire ine-lj du m courtoisie amicale, garda toui \ coup le silence, fie u'étatl pas le
Une, mais la lorneur; ce n'él tîl pas Le repos, mais une halte qui nous fatiguait; on se - 1 ni lil à la gêne sans sn* voir pourquoi; de le frémissements parcouraient] intervalles n membres alourdis, ei vous miriez cru qu un
fioida invisible oppi ni lié ins
es c s canards, s'agitaient e-oume .m\
■m s d'un n . m. ils cherchaient a e leur bec, de leu pâlies, â se] arer les barreaux qui les empris nnaient, et «in de en volatiles, qrdinaireire paîsjbî
it daris de ai uloureuses conl irsions... l.ri cause ces rira u;.. | .!ii-.ns h connaître,
en ri'étai! limpide comme le ciel dazur uni s'épniipuis? | or no rien 1 plus pur el plus riant que le
sur lequel le brick se balançait â peine, et cejien- ■I m nous entendions courir, de l'horhon à nous, un certain bruissement, mu Lia ion, dont nous ne
pouvi ma deviner h cause, lors [U*en éiudianl ratmosphi avec plus d'attention , nousaperçiimes unpelh nuage; blanc aux Imi-iIs, terne au centre, uui pourai! avec une rapidité a fati |e regard. U grondai) la fat) lu-. Là buuil onn la tempête, là tourbillonnait le lypli «n.
Oh! que h < ipUain iv prudept è 1 er tpnles
ses voiles L,. De ce point •■ ri la circonfér* n
détail pas plus grande que |u 1 ap: ■ - 1 j r du soleil,
s échappait, rapide c ne r . une r.ifale carabinée,
•^11 s kqndle [es flots gémissaient avec un iréii ment lu^nlin- lii.-niù 1 la boule se dessina creuse ei jaunâtre, et, quand le météore vint sévir avec toute sa vioience 1 nous dûmes, nous croire perdus. & moins que In main de Dieu ne nous proiègeaï -■ inire la destruction. Les mais criaienl et lombaienl décliïqu^ enroul es él :«'r! H r ïdnib
-i; pie; lest lames amoncelées nous couvraîen inei
i iU' Lui! en bout; i s naviguions cuire deux
'"i ||t; I'" h vent le plus impétueux cour ail dan: ! ii-
tes les directjflns, el parfois Lrois vagu< s opp isêes, lance< par ]'oui aifii u lent sur nos ràles el aous faisaiem
çroîreque I pci in avait quiiii . domaine poun &caia U r
les cieU3f.
Le biir.k élaiE rasé; pas amuareatton n*a?ail tenu m^i . nmirres; - ha tue instanl, la gueuîe liéanle de
la vajjue nous enlevait quelque matelots, et, si le lypb ili'..ii encore nous poursuivre -l- s furie, c'en clail rail de lions, rOcérni devenait notre tombeau. Mais h crise qui arrive c im]nie La !'■ ! ' Ire passe avec plus de lenteur, c! même» ali ■■ 1 colère os| ëtejpte, b's trnec ,. | iiis sont ! 'lu'irmps par Les ll^is irrites Ils - •■ ■
lient, ils .1 ilïiimh'i j|i -v (LreSusenl lels que
de gigantesques c^||ines t iW sorte uu '( chaque oudulation île rtWim voi|$ avei à craindre île sombrer ci do dispa* raîtn: ■! tout jamais dans l'abîme.
Oependanl Le brick tinl ferroe <' mire d'un
ciel el d'iuo 1 mer d'accord nlh 1 Um pour la deslruction, Él, quoique ses flancs fns>cii1 1 1'< ounue.si la mitratUe avait tonné sur cu\. [[uoiqne tb-s tr çonsde mâU
ïsent seuls doboul sur un puni ^ins manœuvre el «in'un liers de réquipage i-ûi été bii1cv< par ta tourmente, nous
11 tu t-s continuer noire route vei* l'est, abatiduimaiil. Ii 1 che du ÎUi\ ■ 1 : nous n'aurions trouvé aucun ' 1rs cl'Meri nr pmir tant -le misé La boiisstdi empor avec |'h pitacle fui remplacée is nrientlmes, tanl bien que mat, quelques lamneaui ih? toib avîroni d<
ihupe, et pi.juïini'H sur HaUivii'. '■■ |- : ni bien troui en route 1 ay?re qui nous viimlrnil en lîtle,
■ ■ .Ii':m-.li mi sV:l,iU comluil, pandanl i- ! la du-
. du Lyphqn, .ivre ou courage vr-iinicul héroïque ; le « pilai ne avait voulu | r en reeom liens er; mais, Mêle A son me d^iHjpatbte conln ils. il refusa obstiné-
ment lê;s i;n ir lliiiiill -ti. iuil. ifl r'->[c», il ail-
miraii comme m ni l;i ^ravnuro el le sani froid,
— A^^-viiis j n, 1- vu ||{] iN.u>nuiii pare U ? me dit- il ajee nu soqrî tiiiiigneiix; des g\iiuées, des souverains, ceia m'aurai j brntu lesiî ijglsî... s*il m'avait qiïerl 'les picces dr nx livres menées, des louis ou des piastres, je ne •lis pas, niais de f*or nngl iU, alloua doncl je n'aurais p
tz de mille de savon pmn me purifier.
Kien ne se grave plus profondémenl en nous Pju*upe pensée liie- c'est le clou qui entre dans Fn plaie el qui l'irrïte dès que vous L'agîtei : aussi me s 1 Lat-je bien de '- ; 1 cher â prouver à un m pauvre matelot qu'il avaîl Lort dans sa haine; je confiai le rem tde au temps plus puissanl riue la philosophie, et je le quittai pour livrai u mrpfei les diverses impressions qu'a va il fait nailTe en moi le redoutable phénomène météorologique qui venait de nous abandoi r. Jean-Jean continua de se proi icren large, tandis "[ • matelots anglais se promenaienl en long, et il fallut bien -l- la patience, a pfiux-e^ pournç pas chorcher
'■relie an laquïn camarade que je !■ donné.
— C'est uni, me dir. mou brave matelot, dés qu'il m j.'-reui \-t*rs le soir, accoi "i iragiiu-n! de bastingage qui restatl seul èlayé, vous avez beau prendre des unies el faire de belles, phrase • ji 1 ia défiebien ded crimeeque n tus avons vu. Quel baochan I ! quelle fournaise] la 1001I sous toutes les formes^ à elj.L.jue saut de la rafaipj â tb-ique soubresaut de la v.-.mie. fa mort, sans une prière d'ami, sans une 1 irme de rrere ou de sœur, ta mort par U- vent, par l'eau, par Le feu, ei, quelques jours a: un requin pour tombe; traduisez ça si vous le pouvea,
Kous orientâmes, lutl bien qitf mal, l|ih i : ! imfaetm de loilcs sur de*
:> virons de d)»toupe. \\\i$v 51 ]
— J'écrirai ce que ui viens de me dire, lui replie] uai*je, et ce ne seront pas. les plus mauvaises lignes de ma narra* t ion. je Le le jure.
— Comment! vous me im'iin/ dans un livre ï
— Oui, certes»
— Mon nom, mon vrai nom en tontes lettres:
— S.-ius r^ntrediL
— Oh! monsieur, voilà que je vais- êtn k lrcp heureux, et que vous allez m V m pêcher de pleurer à la venir.
— Veille! veille! cria la vigie de la poulains, iWani nous est nu globe de fim,
— Est-ce que la nier se sérail al) umre dans ce cliarivtriî me demanda sérieusement Jean* Jean, dont IV il exercé interrogeait dêjd l'horizon,
— C'est i|utr--jii"Lm de ces météores lumineux qui écla-
ir ni surtout dans les chaudes régions de la terre, lut ré- |iiiudij=*jr ; i) y a aussi des mollusques phosphorescents qui éclairent l'espace el qui ne perdent leurs rayons que lorsqu'on les arrache i leur élément. '"
— Ce n'est pas cela, monsieur» j'ai vu souvent ce que vous dites : ici la marmite est plus grande, il y a plu* de fauches dessous, et je parierais beaucoup contre peu que l 'i -f un navire qui cuit avec ses matelots*
C'était, en effet, un navire en Il a m mes, courant au gré de In brise et venant i nous dans sa dernière heure d'ironie .. Nous fumes bientôt près l'un de l'autre.
Quel eftrayaul tableau! quelle épouvantable page de h vie de marin i quelle horrible lin a une existence de misère et de périls! ...
La-haut un ciel d'airain, que des tourbillons de Ihi mines et de fumée voilent d'un réseau impénétrable; 4 nus pieds des flots discrets qui gardent bien ce qu'on leur confie; au-
fi^<
1HTN POLI A L'AUTRE.
! ;| l! ivisf i\>.
tour de vous deiTVmgues ardentes a'échappant livides des sabords et des boisages carbonisés... Un bûcher immense qu'attise le mouvement, et dont ta dernière Lueur sera votre dernier râle* Cela est imposant comme le chaos, cela tous rail croyant de l'enfer,
La corvette en feu n'était séparée de bous que do trente à trente-cinq brasses; nous pouvions ton l voir sur le pool, ou les hommes niêiï riaient et se tordaient clans ta douleur,.- C'étaient des noirs au milieu de quelques blancs, agglomérés prés du grand mai, qui commençait a pétiller. Un homme s'élance an milieu de la barrière de uammes qui I". m prison ne el fait jaillir l« Bot sous sa chute; on lui tend une amarre, il s*y cramponne avec les mains el lis dents, on le hisse... "il prononce quelques pirolea el meurt... Le navire étail un négrier dont le ciel châtiait le sacrilège. Petit à petil le flot montait, et uons voyions, debout sur la itamii 1 . les cheveux hérissés, La menace a" la bouche, un petit homme dont Je regard satanique semblait in su L 1er au x lia m mes , et dont 1 a pa rôle vi bra a te im posait
encore aux esclaves qui l'enl miraient,,. Le n plnn*
ît toujours. Il allait enfin disparaître, quand ce Hier de la ni de malheureux s'ouvre un passage à tri ver.*; leurs chairs crevassées, nous fait sijrne d'aller a lui et s'élance du bastingage, Jean-Jean el an autre matelot, sans calculer le danger, se précipitent pour lui venir en aide, ils nagenl d'un bras vîgoureui, soutienaenl [Infortuné, le poussenl te soulèvent el le hissent enfin par un sabord, . C'était le capitaine Bavastro, tenant encore dans sn main la ^rcetle livre Laquelle il ïébraît les épaules de ses matelots el de i gclaves.*. c'esi ;lîli>î qu'il arriva ans pieds de l'Eternel.
ltnix noirs seuls échappcrenl au désastre : arrivés â hord r ou î!s reçurent tous 1rs secours que nous dicta l'humanité. Us nous apprirent [jue le c pitaine auquel ils nnj,,n !i-i|-,ii nt, les avait rmpiis a Zanzibar; que sna métier de forf'in pesant imp peu a ^a conscience, il s'élail déctdi eu adopter un autre en harmonie avec Ip premier- qu'il voulait l'enrichir d'une façon moins loyale que celle dont il raii d'abord Fait un code; que l'état de négrier lui avait
i-jims. — m p. uifow raCjm et fi'% mue b**KMip T 4.
semblé remplir sdu bol, et qu'il cherchait » détomraer sa cargaison â l'Ile» de-France» lorsqu'un ouragan L'avait fore prendre te large. Quant a rincendu ■, personne n'avait su comment il a 'était déclaré ô bord, mais les déni noirs pensa ic ut qu'on de leurs camarades était le coupa h le, Us ajoutèrent ;m reste que Bavatitm le- libellait chaque malin avec mie incroyable cruauté* qu'il ne leur a va il jamais donné qu'une moitié de ration et qu'il n'ai tendait pas qu'un malheureux fit tout à Eût mort pour le jeter aux requins»
Dieu ii ms secrets; mais, lorsque sa justice a parlé» gare aui coupables! La foudre atteint toujours celui qui La colère ilu Tout-Puissant a désigné.
typhon ei les courante noua &vaienl poussés a l'est \ changer de route dans L*étal piteux du brick eût été un acte de folie.*». Comme nous ne devions pas être fort loin de l'archipel de Malaisîe, nu s courir, espé-
rant nous radouber dans une de ces Mes à peu près indépendantes .ni nous trouverions sans frais les bois u sa ires et des vivres pour une nouvelle Ira ver*
— Ne voua avais-jc pas averti? médit Jean-Jean, qui me vil plongé* le soir, dans mes aombYes réflexions; naviguer avec ces chemises routes el ces che eux caroii c'est s'exposer â tontes les déeonGLures; j'espère que vous me croirez une autre fois,
— Je le répondrai une autre fois ce que je l'ai déjà répondu : le typhon nV pas soufllé pour nous seul- ii sVsl
m d'autres navires, el tu vois d'ailleurs qu'il noua i épargne
— Ah! vous appelés ça épargner! merci -le la polites On épargne un homme quand nn Lui vole ses beaux habits pour le vêtir de vieux haillons 1 Lit bien! c'esl joli; croîs que L'eau ri le feu vous uni troublé J-i cervelle. Voyez ce pauvre bries: qui omis porte ;i peine, on dirait un rueuxcouranl la mer pour demander l'aumône d'un i» crun nordage ou d'un morceau de toile; ça fait pitié* ça tarit mes larmes.
— Dis plutôt que ça devrait en remplir eux.
— Ou les vôtres, mais les miens!.., Vous savez bien, monsieur Àia^o, qu'ils pleurent et qu'ils rient en sens inversa de ceux de mes voisins. Telles, pourvu i vil- il avec nu profond sentiment d'amertume, la Mie d'un navire dans cal état me met la mort au cœur, et je lui pi -i- rais volontiers chemise, vareuse et pantalon pour lui faite une mime ■ h un Toc.
— Va, va, mon ami, nous arriverons sans ta charité toute pieuse, el unis aurons au relui ir quoique clms. raconter a nos amis,
— Il est certain que si cela continue nous en aurons vu île toutes les couleurs.
— Terre devant nous! cria la VÎgW .
Toutes les ricin Les pays équatoriaux s'épanouirent Inenioi a mis regards éblouis : partout une puissante végétalion, part mil. T opulente famille des pa Emis tes, proim - -liant dans les airs leur chevelure ondoyante; el l.i, sur u plnge sans aspérité, le va coi, l'arbre a pain, le rima, le bananier. Laissant tomber à travers ses larges parasols ses
ippes si riches et si savoureuses.,. Nous étions presque consolés i
Nul doute, I10H8 alitons mouille]- près dune de ces îles
riantes de la Sonde doiï s'échappent comme des oiseaux
eura des milliers de pirogues montées par des Malais
intrépides et farouches 1 dont le * "inunu-ce. moins que t . ■ i ..
pine et le massacre, fait la fort - et 11 *ie> Mai il us
presque chacune de ces Iles se trouvent des compte : n»
is j hollandais ou portugais, et nous comptions sur leur protection contre tes pénis d'une relâche commandée par m itro détresse.
tout hasard nous laissâmes tomber l'ancre à deux encablures île la cA . BUT nu fond d*" COÏtîI, et IIOUs : 1 1 1. 1 1 1 -
dîmes li \hite des pirogues que les naturels lançaient a l'eau.
— A La bonne heure ' me dit Jean-Jeu o, roicî les hommes avec lesquels nous pourrons faire la causett
— Voici des hommes, lui répondis» je, en face desquels nousIenuK snement de nous tenir toujours sur la défensi m-. L'hisl lire de l.i conquête de cet archipel est écrite avec du sang, les hommes y tuent pour le plaisir de tuer, et la civilisation, d'accord avec le bronze, n'a pu les dompter encore.
— Vous cherche! a m'effrayer, répliqua Jean-Jean en ouvrant ses grands yeux effarés, des homnv ni toujours des hommes; ils n^se déchirent pas a belles dents comme le tigre, la hy m el le Lion, et je ne croirai a la meehancelé de cens-ci qu'après qu'ils m'auront mangé.
— Tu y croiras peut-être irop lot. mou fidèle ami, et, ' aux allures des insulaires qui approchent, je pense que
nous ne devrions mettre aucun retarda" lever l'anc • .
— Je pense comme vous, nie dit sir BamUlon en me frappant amicalement sur L'épaule; mais où aller avec nu équipage déjà disposé i la désobéissance et un brick en lambeaux?
— Vous avez raison, cnpilaine, de deux chances il fani choisir la moins défavorable; dos i-onj sciures peovenl être une erreur, attendons Les événements.
— J'ai perdu mes plus intrépides matelots, poursuivit sir ILamilton d'un ton décidé; quant à moi, j'aurai tait mu devoir jusqu'au bout.
— Je voila promets aussi l'nppui de mon bras r lui répondis-ji», il ne faiblira pas dans le «I ui^er.
— Ivli bien î s'écria Jean Jean le front rouge de colère, est-ce qu'on me compte pour rien ici /est-ce que je ne tape pas dur et juste au besoin 1 Requins, ouragan, hommes et lions ne me feraient pas reculer d'un pouce, et, si dans le danger vous me dîtes : Reste-là ! j'y resterai, dussent ces gradins qui is accostent élever déjà Le bâcher sur le-
pi i-l ils voudraient me faire rôtir... Ordonnez, me voila!
Le capitaine et moi i-nàmcs affectueusement les deux mains du dévoué matelot, et, cinq minutes après, une demi-douzaine d'insulaires tout à fait nus et sans armes mnniêreut à bord.
— Ils sont trop Laids pour être méchants, me dit Jean* Jean à l'oreille, comme s'il craignait d'être compris, ça ne peut pas maneer des hommes, ça avale tout an plus des
ufsa l îiillette, et je serais fort surpris qu'ils nosut plumer des pigeons et des poules
— Tâche de u être ni poule ni pig< on, mon drôle, et visite en cachette L'amorce de tes ptsiok
h iWe.in i;i une grimace horrible, mais il obéît et se tin! avec erinerie prêt à tout événement Deux des natun ls qui étaient montés à bord parlaient assez lien l'anglais; ils firent des offres de service su capitaine, i a lui [u renl de lui prêter une cinquantaine de leurs camarades pour l'aider dans tesl Ira- ans mdiSpeDsab el de brick» el ils ne demandèrent pour toute paye que deux barils d'eath
de- e Cl de la poudre.
.-Quant â des piastres et à des guinees, poursuivit le plus i'i-.uj-l, qui semblail être le chef, nous ne vous en denjaudet'Jjs pus, c'est une monnaie qui n'a pas cours dans notre Ile.
flous fimes prix : le capitaine el moi ech ogeâmes un regard d'intelligence, et il nous l'ut démontré que nous aurions bientôt à nous défendre contre des pirates.
h. -puis Li déeinrerle de cet archipel par les Portu : .i i lit m, ut les marchandises le> plus appréciées
des Insulaires, et nous étions surs que le mensonge prés
deriiii de livs*peu Le pillai-
Que faire, cependant? ^oire sécurité nous ordonnait
toute réserve; nous verdîmes aux naturels quelque verras d'eâu-de-vie cl (te rhum qu'Us avalèrent sans grimacer Umoins du moud e; ef, comme ta nuit commun ça il à nous entourer, ers braves gen s t retenant de ne pis oser franchir une petite barre qui protégeai! leur village» nous demandèrent la permission île laisser la nuit a bord.
Un refus était impossible. Les coquins s'étaient étendus déjà sur ]e pont; nous ne dormîmes que d'un œil, et nous attendîmes le jour uns oser virer au cabestan, car les autres pirogues et leurs paveurs voltigeaient incessant* ment autour de nous comme des vautours rapaces.
— Monsieur* monsieur, me dit une heure pi us tard dans ma cabine mou m delol irrité, vous a?ies raison : ces mangeurs d'hommes doua préparent un plat de leur façon 1 1 c'est noas qu'ils veulent étendre dessus,
— Comment le sais-tu, drôle?
— Voici. Après que ces deux gaillards enivrés sont tombés sur le pont pour s'endormir, je me suis glissé prés d'eux, et, pour Les enfoncer* j'ai rnntié, mais ronlh* aussi fort qu'une rafale d'ouest, Or, je les li vue ouvrir largement les yen* > les tourner çâ et là, sn serrer la main, parler à voix basse et se dire des c Emues épouvantables*..
— Tu ne connais tas leur langue.
— C'est «'gai* il y avait beaucoup d'A et beaucoup dit dans leurs discours, et pois, quand «m fait semblant de dormir pour se parler â l oreille, c'est qu'il doit être question d'une friture,., d'hommes. Si vous m'en croyea, em- \ 10 i£ nous il "abord ceux-ci. nous nous débarrasserons des autres comme noua pourrons.
— Je vais prévenir te capitaine, qui sans doute est aux aguets comme toi; sois prudent» mon ami, tes obserrat ions sont justes, nous sommes faibles et peu nombreux, ils sont formel par centaines; la ruse seule peut noue sauver d'un grand désastre,
— A mon h vis, me répliqua Jean- Jean, là prudence voudrait que nous missions ces deux c*»|uîns cuivres en çipilotade: ce serait deux ennemis île moins, et ils m'ont l'air d'avoir un poing dans le genre de celui de Bavastro, qui se promène en ce moment à coup sûr dans le ventre de quel* que requin son parent.
Le capitaine non plus ne dormait pas : l'œil et l'oreille aux aguets, il étudiait, en homme i \|» ; i imenlt!, les mnuvcii nu Es des pirogues doni les évolutions rapides semblaient un jeu Inventé pouf nous distraire d'occupations plus sérieuses, et il avait cru remarquer des signes d'internée i, entre les insulaires de la cote, ceux delà rade et les deux qui étaient restés à bord-
— Je ne sais trop r uous nous tirerons d'ici, me dit-il en venant à moi; j'aimerais encore mieux le typhon que La visite de ces coquins; qu'en pensez-vous?
— Je crois comme vous, sir Ha tu il fou. qu'un grand péril nous m* , et que nous aurons bien du bonheur si nous pouvons plus tard !e raconter à nos amt>,
— (Jiu- (aire?
— Li confiance j eut nous sauver.
— Sans doute; mais nVn profiteront-] !s pas pour nous immoler à leur soif de rapine et de sabir?
— Pvut-ètre les calomnions
— Dieu le veuille I
— Essiiyiuis l'achat de deux ou trois de tes pirogues, jetez-y une dernhdou^aiue de ios matelots les pins iu trépides, h i teneur explorer Les autres parties de l'ile, ei j'espère qu'ils nous apporter ont du secours de Quelque établis* meni européen ; le pays est si riche, qu il me parait impossible qu'on rni| abandonné i lés premiers naturels.
— Cnmmeut payerez* voua i es pirogue
— Avec des gui née s.
— La vue de IV ne leur fcM-l-elle pas croire que nous avoua des trésors cachés dans nos canines ï
— C'esl possibles maïs, enfin, il faut prendre Un parti,
— Va pour celui que vous proposez.
Le soleil planait d'aplomb sur nos télés, et les insulaires, â peu près nus. ne semblaient nullement en resssçntîr les atteintes : nous en laissâmes monter uni- vingtaine a boro T et le marché lut conclu sans que ces hommes di lave parussent te moins du monde éblouis i la vue des |i d'or qui leur furent comptées. Nous leur dîmes que quelques-uns de nos m telots allaient B'emnarquer pour chercher des arbres anattus loin du village appelé Boni-Banou, cl que nous reconnaîtrions par des présents h protecti qu'ils voudraient bleu nous accorder, D'autre part, m conseil In mes une grande circonspection à nos hommes, qui descend ai eut bien armés, et nous attendîmes li ur
dans une grande anxiété.
Une remarque nous frappa et nous remplit de teneur: c'est que, deux heures .tures le départ di nos matelot*! presque toutes les pirogues des indigène» i . uiu h plage.
-- Vous croyez avoir envoyé nos hommes I terre pour i lire du bois? me dit Jcan-Jeau d'un accent courroucé \ eh bien !ce seront eux qui serviront de bûcher, si je k déjà dans le brasier.
— Toi qui les délestes tant!
— Je les déteste, j'en conviens, mais pas quand ils vont mourir, et vrai, monsieur Àrago, (e me donnerais volontiers une fameuse raclée avec ces chenapans, au profil des chemises rouges qui tiknt là-bas comme des moutons
un abattoir.
— Allons, allons ' ton cœur *si toujours Je même» mon brave» et, quoique tu ne pleures paa tant, lu uc vaux pas moins que lorsque j'ai commencé i L'aimer,
— Tenez, pour cette bonne parole, je me laisserais volontiers piquer par une des il iches de ces coquins a lifoncer. A propos, monsieur Aiîijjo, comment s'appelle leur ite?
— Ils I oui nommée Poulou-Souc.
— Eh bien! j'en suis pour ce que J'ai dit, les Foulon- Souquenois sont des bélîtres, dés gens de sac ri de corde, que je voudrais pendre au Imut de nos vergues comme un chapelet*. . Imbécile que je suis ! poursuivit Jean-Jean a> un gros soupir, noua n'avons plus de vergues,, et -ans cela comment naviguer?
— Ros hommes vont traîner à h remorque quelque beau Lronc d'arbre.
— M. m sieur ÀregO, êtes-vous bien aise de me faire quel que chose ?
— C'est selon.
— Sauf le respect que je vous dois, vous me faites pitié 1 Kor hommes ne r> Iront ni avec, ni sans arbres, nos hommes soûl perdus, nos hommes sont cuits, quand je vous (e dis..»
toa&Jean avaii ;i \ jue le bruit bleu distinct
d'un coup de feu arriva jusqu'à nous; î l'instant, no nous tînmes en alerte et nous pofcntftme s Boni-Uanou ;i. Garonades dfi triboilL
Cependant, comme aucun autre coup de fusil ne retentit, nous restâmes calmes, pensant qu'un de nos hommes avait tiré sur un oiseau.
surprise! â joie! d'une crique à l'ouest de l'ile, se détache une chaloupe ;ue nous raconn os do construction européenne j oous ue tardons pas à u«ucr des h naines blancs comme nous vétui comme nous.
Les voici : ils i dix-neuf bien armés, nous lisons sur
les physionomies le bonheur qu'Us éprouvent, et ikjugent
ŒUVRES tïE JACQUES ARA GO.
dp leur côté avec quelle ferveur nous remercions le ciel d'une rencontre si imprévue.
Hélas! les sauveur* ^taïeni. les tri s m s débris d'un navire naufragé depuis un mois; Us avaient seuls échappa an désastre, (I uni que bien armés et bien défendus dans une redouta qu'ils s'étaient construite â la hâte, il ne se p mîi pas de jour qu'ils n'eussent à soutenir quelque assaut
n g les indigènes anthropophages de Poulou-Souc. Dn
de leur?: camarades, fait prisonnier, avait été dévoré en leur présence, el ils 'il fendaient à chaque instant a un sûrl pareil,
Jean Jean se mordait les points de rage.
— Six de nos hommes sont â terre» leur dit sir lin miltan, croyez- vous qu'ils courent des périls ?
— Personne no reviendra, a moins d'un miracle du ciel... nous répondit le patron de ta chaloupe.
— Alors, ;'i terre! s'écria le capitaine, et ne fois grilce â personne... la balle ira plus vite qu'eux; à la CCiniurc nos pistolets !
— Cré coquin! dii JeamJean» voilà un Anglisman que faimeromme an firanc luron A terre, et gare lâ-de^ms :
Les pirogues achetées servirent au transport : quatre
hommes seuls ne I s suivirent pas et restèrent sur le
brick pour le l:iin' sauter dans le cas on nous aérions vaincus.
Wuus étions trenle*$ept, tous armés jusqu'aux dents de fusils, de sabres, de poignards, de pistolets, rous bien résolus. L'expédition était commandée par sir il ami Itou, qui me pri i de me tenir toujours à «es cotés, tandis que Jean- Jean se montrait décidé â me .servir de rempnrL :i lu première attaque sérieuse. Nous ne devions (aire gréée À personne, pas même aux rajahs s'ils tombaient dans nos mains» et vous ne sauriez croire avec quelles rd eu r char un de nous se préparait au combat. L'incertitude et le malheur donnaient de l'audace et de l'énergie aux plus timides. Les visiteurs surtout avaient peine si contenir leur impatience; ils voulaient se ruei ne prime abord sur le village, el fia regardaient toute prudence comme une lâcheté,
Les pirogues filaient avec une incroyable \itesse; on pagayait i petits coups pressés; bientôt, aidés par le llnx, mi'us nous vi mes à portée de U terre* où nous allions arriver au commencement de la nuit cl bien certains de ne pas avoir été remarqués far les insulaires, qui, pour mieux dé puiser leurs projets, s'étaient retirés dans l'intérieur d'une forêt voisine.
Les naturels de Pojilou-Souc, comme presque tous les 11. liais, ne donnent, je crois, que d'un ieil . sans cesse eu guerre les uns rn- antres, toujours en lutte ardente
avec leurs voisins, ils ont â toute heure des 1 tommes « n alerte, el, malgré notre prudence, nous tombâmes dans nue embuscade.
Ce qu'il y a de particulier chez ce jjeiiple de sang, vomi par Timor le farouche* c'est que des qu'un ennemi du dehors se présente, tous les naturels fraternisent, et leur b ai ne cesse pendant la durée de l'expédition, U repas di chair humaine achevé* les loups regagnent leur £ite. et les voila prêts à recommencer leurs inTerna Pourquoi des navires européens ne viennent- ils pas mouiU 1er devant Ponlnu-Sime pour en chasser ces féroces habitants, ou plutôt pour les détruire? La civilisation a bien autre chose a faire, ma foi I
A quatre heures du matin nous primes terre en laissant nos pirogues à la garde de six de nos matelots, et, pi les uns contre les autres, nous nous dirigeâmes vers Kormakah, ou nous compilons trouver tout le monde dans le sommeil, 3ir llamilton était a la lêle du peloton , il su retournait vers nous pour s recommander le silence le
8 lus absolu» lorsqu'il tomba mort, le cou percé d'une êche.
y Et d'un s'écria .IcanJcan, qui s'élança au-devant de moi comme pour me servir de bouclier.
— Tais- toi, lui dis-je, le bruit appelle le danger.
— Les mangeurs d'hommes nous savent ici; l'entends, à côté, dans cet épais fourré, un bruit continu ; nêtes-voua pas d'avis de vous nu r dessu
— Non, mais les fouilles n'arrêtent pas les balles; faisons une (ir»ehnr; el visons â ceinture d'homme.,, Est-ce votre avis.' demandai-je i sir John Davis, qui devait remplacer le capitaine.
— C'est mon avis, ma repli qua-l-U*
Tous nos coups partirent en même temps; un bruit sonore el prolonge lit retentir le sol.,. Hélas! is avions
lue un bulle et blessé un autre, qui fnTait avec d'horribles
beuglements,
Cependant nous rechargions nos armes, décidés i abandonner l'endroit couvert dans lequel nous nous étions avancés, quand nu cri formidable retentit derrière bous; au même instant une grêle de Héches non- assaillit, et, de ■•l'île preminv attaque, mms perdîmes treize homm Plusieurs autres blessés el souffrants crièrenl sauve qui peut, ci se dirigèrent épouvantés vers la plage; 'les ce moment nous dûmes nous croire ,i notre dernière beui Vainement sir Jidm Davis, Jean-Jean et moi ess râmesnoiiv d'arrêter les fuyards, la déroute devînt générale, et nous ne dûmes la vie, mes deux compagnons et moi, qu'il notre détermination de nous cacher prés des morts.
L'ennemi nous dépassa, suivant les fuyards dans leur
retraite, en j ssanl au ciel des cris de rage, el nous
comprimes, au sib îles armes a feu. que notre parti avait plus de martyrs que b combattants, Que faire dans notre horrible position? lv r la lutte contre une centaine de cannibale, c'élait courir a une mort inévitable. Quant au retour â boni, le trajet devenait presque imp sible, car nous devions supp i-er que les chemins etaii lit gardés. Nous enfom et dans l'île et vivre des fruits et des racines que les forêts nous auraienl fournis, ce fut le n jet fuel nous nous arrêtâmes, mais que nous ne pouvions guère mettre à exécution qu'aw point du jour, Toule fois, pensant « j ne les sauvages ne tarderaient pas à revenir nu lieu de leur première attaque pour v chercher le^ morts i ' achever les blessés, nous abandonnâmes notre poste, et nous lions d irisâmes, a In ni hasard, vers l'intérieur de Poulou-Souc.
— Silence! dit tout bas Jean-Jean , qui précédai! sir John Davis, silence! il y a du r du par ici; nous tombons dans une nouvelle embuscade.
Mous nous couchâmes ventre à tenu et attendîmes noire sort, bien décidés â vendre cher notre vie el a venger n malheureux camarade
Hélas! d'autres tableaux nous attendaient, des tableaux hideux, désolants, scènes d'horreur et de deuil contre lesquelles noire courage était sans puissance. J'ai promis la vérité avec tous ses détails, disons-La pour combattre ce qui osent prétendre, aujourd'hui encore, que la civilisation a été moins utile que funeste aux peuph iniques dont
nous avons fait la conquête depuis trois siécb
Le plus lugubre silence, nous l'avons dit, succéda aux cris de rage «les combattants, el bientôt, comme des loups affamés, les i: ■••'. parcoururent le champ de bataille. Les blesse^ el les morts furent traînés par les pieds ï la
clairière prés de laquelle ts étions blottis et où devait
se consommer le sacrifice; nous vîmes alors ces farouches cannibales compter les victimes avec une joie d'enfer, tandisque les prisonniers i terre attendaient le signal du supplice»
l r n amas de branches et de feuilles sèches fut apporté par des femmes et des enfants, qui ne se montraient p moins empressés que les combattants ,i exercer leurs dent -
fuës sur les chairs sanguinolentes. Bientôt la flamme pétilla, tourbillonna, et, dans le brasier ardent, sans cesse
D 1 UN poli: A LWUTRE.
mente, furent jetés le* cadavres de quatre matelots mn-
lilés el il ir plein de vie, qai ne tarda pas â se tordre -m
milieu des flammes, Pendantce terrible drame, tesnaturels ch m tient leurs chants de triomphe el dansaient autour du
cr. ïne derai-li - ■•. Les menus femmes et les
mêmes enfants qui avaient apporté du Imis allèrent puiser
l'eau a an ruisseau 'i"i 'ail la clairière et éteigni-
reu m
mii le IV-n Cela fait, l*ou retira les corps noircis eteàicî-
l'aide de couteaux â lame droite, ils furent dé*
coupés,! ! ; :. -■ ûi l.i plus .■ ■ s pari du festin; il est
i aussi quil montra lu | le couragedansli rombal,
et que sa foreur &*était accrue par une blessure â l'épaule
dont le sang coulait encore*
On mâchait, on mâchait avec frénésie les membres de nos malheureux compagn ms, < ' c* repas hcinih ■ ■»■! Jl une épouvantable agonie pour eeui qui alieudaïeut sans espé* rauce un pareil sort. Dés que les appétits fureal satisfaits, une nouvelle ronde eiïi lieu, puis le rajah» s'approchent d'un prisonnier, lui ordonna de s'asseoir; A |*?ine eut-il i li-ï que, il'un seul coup de erish, le chef de rue tii rouler sa lé le sur le sable aux aboiements des cannibales- On but ensuite, et pour cela le crâne que. l'un venait d'aval* uc fut coupe en deux, vidé al à demi nettoyé avec le se* i dç? quelques folioles de cocotiers; rutis la coupe p&BSfl de lmnrhr' en bouche, remplie j mesure qu'elle se vidait,
M y eut un insl.iul ih- lejn'is pendant lequel les sauvages s'assoupirent comme après une orgie, mais, bien loi i -éveil -
• par île ii"Uvr,Liix appétits h craî sans doute que
les victimes ne leur échappassent, Us supplièrent le rajah
■l' leur d r li mi ii. un délibéra, je croîs, pour savoir
si la torture préeéderail l'exécution ; mais nn se montra humain celte foi- 1 1 chaque coup de crish jeta im cadavre sur le sot.
îN'uus 'lions tremblants dans notre retraite, la peu
i sac attachée .sur le spectacle horrible qui venait d'avoir lien devant nous, el nous lm i détachions p-is uns re-
rds du lieu de h scène, semblables i l'oiseau fasciné
par le reptile, et certains que si le repas du lendemain de-
; : 'jne endroit nous rejoindrions bientôt
-. infortunés camarade
Je ne sais à quel sujet une querelle ardente eut lieu entre deux combattants de doux villages u] -posés; les guerriers tl parti pour l'un ou l'autre des adversaire crish furent tirés des fourreaux, les flèches posées sui hcordes tend el un nouveau combat s'engagea entre les vainqueurs de notre expédition,
Nous» pendant la lutte, nous essayâmes en vain depousjusquau rivage, el c'esl ilors seulement que ji.midécidâmes â l'entreprise périlleuse que nous avions résolue, foui espoir «le rciNiiiier le brick nous était défendu, il devenait évident nue les anlhr iiqdiages l'attaqueraient avec une partie ne leurs pirogues, ou que. du moins, ils le garderaient ;i uie,
^-En avant, doue! dit Jean-Jean» qui \\t une iCEiun d'intrépidité dans notre fuite i nu avant je n*ai pas envie de semr de bifteck i ces goulus les forêts d'ici sont riches, les feuilles i 'tes nous serviront de matelas, nu
me •!' rbn ' nnli et, quant aux ii.li aux.
['espère que nous en avons do larges et d'épais, r J- C un suivit-il avec un imperceptible sourire sur les Lèvres, il y i de r espérance .m rond de toute misère; et. puisque
Dieu n'a p;i* permis ijue is fussions cuits comme nos
infortunés camaradi s, c'est ■ | n ' Li nous garde un meilleur
Miir, pourvu que nous ne manquions pas de couraj Que diable! les singes vivent bien dans ces fo nous
dos bien jes jockos, je crois, et I l'on ne meurt ni >i> fitim ni de soif quand on a de Veau i ses pieds et des fruiis
I lete.
La douce philosophie de Jean-Jean nous jeta nu peu de joie .m ofeur< Nous nous élançâmes bravement vers l'inté-
eur de nie» dont l ideùj nous était inconnue, el tie saurais vous dire combien de consolations mms trouvâmes dans les périls et les difficultés de limlrcprise.
Quelques cochons blancs, quêtas indigents nppelleni lialiroiissu, grognèrent son eut a aos ■ ôtés; miiis nous n'aurions pu tes atteindre qu'à l'aide de uns pistolets, et la prùdeni nous eu interdisait l'usage* De gigantesques I s glissèrent
dément devant nous, surtout prés des endroits marécageux; mrtis, loin de nous attaquer, ils prenaient la fuite a* notre approche, et nous n'eûmes réellement à nous défendre i|ue contre d gions de singes, dont presque toutes les iles de la Sonde sont infesté
Il y avait neuf jours que nous cheminions dans les bois.
sur il.- hautes collines, ■ travers ■ végétation presque
impénétrable, lorsque nous nous vîmes arrêtés parunlarj courant d'eau qu'il nous était impossible de franchir Jean -Jean voulait tenter rentreprîse; maïs, se souvenant que je ne savais pas nager, il se donna sur la joue un vi-
ureux souffle) pour châtier, disait*il, ceux qui avaient négligé mon instruction.
— Grâce à vous, monsieur, poursuivît- H d'un ton de repentir, nous voici forcés de taire un grand coude el de changer de route : j'avais idée rue lâ-bas, de l'autre coté, nous aurions trouvé des hommes moins cruels que ces Pou Uni -Souci liens j mais, puisqu'on ne vous a ri eu appris d'utile' dans votre jeunesse, courons avec la rivière, qui doit se jeter dans la mer, ri il est tout naturel d-- er qu'il y i des villages auprès, peut-être même quelques $n capitales Comme Paris ou Londres, Dieu n'a p semû tant ne richesses inutiles sur ■ elle terre de malheur.
Ce fut encore mou brave matelol qui retrempa notn énergie. Nous descendîmes la rivière, don! les bords, pn que partout envahis par une végétation gigantesque et serrée, rendaient notre ma relu- extrêmement difficile Le matin, avanl le lever ■ Lu soleil, le soir, après son couchei les rosires s«^ll:iui.u\ .luit grand nombre de crocodiles sortaient des eaus el nous montraient le danger du repos Irop pn> du fleuve, t midis que les rapides ondulations du boa sous les épaisses couches de feuuta> inni't»> imus >iéfendaient également le si nu nu- il ;i I VjjuI-lv des multipliants et des cocotiers.
Le péril était donc partout, quoique l'un île nous fil
toujours sentinetlo quand les antres doi »i ; et, par
mallieur. nous ne voyions de terme à nos fatigues que dans quelques nouvelles catastrophes,
Cependant le fleuve, hérissé par intervalle de roches ma« drépoi iques, non- offrait des coquillages en abondance, tes fruits m: nous manquaient pas, et toute espérance iiélai! pas morte en nous.
— Le fleuve remonte, nous dit un malin Jean- Jean, qui venait de nous réveiller; or, puisqu'il vient jusqu'à nous, c'est que nous ne sommes pas bîn dl ! ■ met . En avant, et que Dieu nous protège !
L eri du matelot doubla notre énergie; nous crûmes un succès prochain, nous remerciâmes le ciel d«- J.i joie qu'il jetait dans nos âmes, et. comme récompense de noire gratitude, nous entenditnes\ le soir, le roulement des Ilots !.icêi.iiiiqiuïï, dont une brise fraîche nous apportait la voix consolatrice,
Jemi-Jean, hélas I avait en tort; pas de cabanes à Ternbouchure du llcuve; pas de eimiptoir, nulle trace sur !e sable du lommes,- Clous seuls peut-être avions
encore foulé de n>>s pieds celte terre inhospi ta Itère,
Le pauvre matelot était al terre, il n'osait pas nous adresser une parole, et sa douleur grandissait en raison de la position extrême qu'il n < !it faite sans Hre consulb
— Tenez, nous dit*îl en ûtant son chapeau, je suis un rien du tout, un mandril, une macaque, un Poulou-Sou-
cbten, battez-moi , mssez*moi P tuei-moi, mandez- i,
tous jure que je ne vous en garderai pas rancune; c'est vrai, j'ai voulu faire le savant, et je ne suis qu'une cruche; si vus m'en croy* bi vex-moi ici, ça m apprendra une autre fois i obéir et non pasd donnei des< >eils.
tous essayâmes de consoler le pauvre matelot ; • nous vîntes bien que sonclia^rin m pourrail que % lire, car
autour de nous tout éta il triste et solennel comme In solitude dans le désert
Le lendemain nous eûmes failli, l^s arhrrs fruitiers nous faisaient défaut, et l 1 embouchure du fleuve, noire de monstrueux r mu hI Mes. no non^ fi1"LV,nil ^itcune ressource pour In [i é clic, Deux JûUW aptes nous nous regardions il un air terne et vitrifié; nous ressent ion- les angoisses de la faim. f ■{ nous ne nous adressions que des paroles n mères.
— Je vous préviens que nous ne lirerons pas au sort, nous dtl Jean-Jean, qui vit bien pourtant que nous at- ! ona, le oir, en venir la; mon pistolet est chargé, -i vous miiiezmon nom dans le chapeau, je me brùïe la cervelle
Sir John Davis cl moi nous remit ions, le deuil au cœur,