D'UN POLI- A L'AUTRE
reposent de leur? fatîgttèi... jour pour jour, trois ans ftfria no [iv départ de France.
C^LiiL une douleur et liUfiJote; chacun de nous voulait r le cirque Funéraire, les saules ptélirédrs, les pèuptii rabougris, la case du pÂtre, ta i «élite fofltîiînç ou il se ûaltérait. I :i 1 nous brûlait d*aller s'agenouiller devant
celle mais û son agonie fut si Imum 1 el si brûlante.
î" h" complément de notre lonsrue campagne ÉTffl ébtll la première récompense.
Des escouades Rirent farinées; on descendit» on nous montra la pierre sur laquelle il posa le pied m quittant !e BeiUrophon; el, dus ce moment, l'île nous parut un cercueil.
James-Town est une ville fortiliée; le séjour de l>ni| raur napoléon, et «on pas l. lieu d'asile du général Bonaisrle, en m ni î- disait insole minent le civil - tiçre rouge I dson-lnwe. esl devenu une ville de guerre, une citadelle de difficile accès, (Iliaque point culminant est domine par un for lin; chaque crique a ses nastiotft et ses eréneauz; chaque pointe, sa guérite et sou soldai de garde,*, Nous n'avons plus rien à demander à Sainte-Hélène : les tendres de l'homme noua ont été rendues, ils peuvent démolir leurs citadelles, ils peuvent démonter leurs canons, Ils peuvent dormir tu paii comme celui dont ils ont si longtemps troublé le somii
Je roulais que ma première course fut un pèlerinage ; je lis le trajet à pied, escorté d'un enfant chinois, qui chai de nu- donner les indications qui me seraient né- .J'escaladai la grande rue, assez verticale, servant de premiei édielon au voyage; et, dès que voua avez dépassé les dernières bâtisses, votre 03 il plonge à droite sut une sorte de vallon, ou est encore un colonel qui m'accueillit, plus tard, avec une grande courtoisie.
Vous monter, vous montez encore les rampes creusées dans la lave dont les couches sont colorées de diverses nuances, et vous arriver & un petit bois de pins, souffrant a h fois des rafales carabinées qui les décapitent, de la pauvreté du sol qui Les a vus naître, et de l'ardeur du soleil qui les calcine.
Voici un jardin... À In bonne heu te, une chaumière, un peu de verdure, quelque chose qui dît la vie, sur cette scène de deuil et de désolation; \ la bonne heure, des liges vitreuse?*: -i la h on ne heure, des fleurs et des parfums la où tout appelle li destruction, Mais ! ."u^ rie faites point de halles dans ces enclos privilégiés, car vous êtes parti pour d'autres émotions, pour d'autres joies, qui oui aussi leur • -tu un*.
Vous regardes devant vous, vous otci votre chapeau; car I i-bss, dans le luiniain, es( la tombe sacrée, avec le cortège historique et lugubre dont vous parlent tous les voyageurs. Trois saules déchiquetés, une gril h 1 circulaire en"! uns, nue petite lente, une guérite hors dr \\ \\>,
une grills «-u &T efl dedans, et une pierre* v\ -\ presque tout. Dans la Lrui-iite, tin ii.gislre on ehaeuj 1 son nom» lr. une pensée j Ù y a la de bien belles cho il y a là bien des frivolités, il y a aussi bien des bontés et des bassess
Quelques a m tînmes contre L "homme qui gouverna le monde* qui lit trembler tous les mis de la h i ie; des purôles fatale* conire le grand e<Bur qui dort la du 80mm éternel; et puis de ces paroles généreux jui reposent Peine, qui vous enivrent et vous tour doucement rêver»*» C'est la vie h
J'ai renia ri [ né, m général, dans les pe jetées là eu
piiture à la curiosit icyageers, une tendance an ridi* cule, â l'effet; et fttoï me tue récriture était illisible, le nom du signataire semblait moulé.
— Voyons, que lirti-je v demandait-on eu route pour le tombeau, El la tête remplaçait le cœur, en auppo- -.,ii il mémo un cœur au moment du départ
Je passai un grosqu irl d'heure à feuilleter ce registre. Les noms français y pullulent ï les Anglais j aignenl h IcmenL, et |iiclques*iins d'eu h'.- vnx y défendent la conduite
Bir [liiilson Lowe. J'ai soupçonné la même main de f être essayée sur plusieurs pages, ei je ne is pas surpris que cet intraitable geôlier se fût rendu lui-même ce service : le tigre n'a guère demis dans le mondS.
Ob iâuOre d'un devnir, mais tm le h mplit.
Signé lltcs, Ce iJick i .1 un valet, sans ébntreflit.
À la place de Lowe, j'aurais agi comme lut.
En voila Un qui dûll avoir sollicité nu poète d^éûuteur
'le haules-œuvre
«Je ne voudrais pas tire Anglais quand je snnf*c que sir lludson Lowe est de mon | ■ : 1 y -< .
a Davis. Georg€*StrMt } 15, d
Cela esl bien, de donner son adn .prés avoir signé une telle ligne.
Ou je me trompe fort, un j'aurais pu apposer Tin nom connu â une page représentant te urofll Lres-resscmblanl deVÈmpereur, 1 vee ce quatrain au bas:
Du monde il » la il h • an |iuHc
i'jr 163 ïertl Il n le (icur on unie la tâli ,
A h Tir
Une de ces Inscriptions était ainsi conçue :
4 Je me mis faii matelot pour ventre saUuer encor uns fois les restes de imm vieux eaporalle Hpi'il ma app ! ^ mon non. Sî je tenais mosieu Lowe enl eiieux!
un quappou. Je demeure uit et jour dau> I" I H je sij
« <jE.:MAi7r, fourrier de t'e^viellejrarde. »
lu LTiiuid nombre de noms de dames décore ni ces pages,
3ue l'on renouvelle chaque ann.ee au moins; et il r si "ajouter 4 1 ne presque toutes signent des pensées grandes et généreuses.
« Une éiemiië \U [lonheuf à la mèred*un pareil martyr!
* BBflfSTïR]
El plus bas T d'une autre main :
« Des siècles de toiture i qui a pu oublier qu'elle était la femme ae napoléon*
a Aijëlajuk Gui iriH.ii »
« J'ai six ni , ma mère m + u appris à liiimer, el je l'aime comme si j'en avais quarante.
« Lœtsfti j>
« Six pieds de lerre A qui i rempli le monde! N'importe, l Angleterre jie le rapetissera point
n Julie Raïu£«. s
u Sun repos fait le repos de la terre* S'il st? réveillait, le
monde su réveillerai! ivec lui.
t( \y\ i4i. il dnASTOlt,
J'inscrivis mon nom sur le registre; m je poursuivis mfl
r. m te.
j'entrai dàhS l T èncebW; je cueillis quelques rameam
de saule, ijueltjuès feuilles de g#anium; j*avançaî encore
et je fis volte-face vers la pierre lumulaire gauche; pi
que a hauteur il-i éoude est une espèce de touif, en moellon
et en lave, qui arrête les ('l.uuli'trieuts; :« colé de Ce mur
esL la fraîche mare dans laquelle on a jetc quelques galets
roulés pour que Veau se deincli.1t plus llmjjîde du sol, et.
celle-ci : El court dans une petite rigole imper. île,
d'ui't e nappe par mille petits conduits plus rail
ehbote. a quelques pas de l-i. cette source, où j'Empereui
alirueiitait sa douloureuse existence, empiétement ef-
feoée, donnanl è peine un peu de sève aux petites il . -1 1 1--
qui ■ ui et meurent parmi le gazon.
Avancez, s tancez toujours.., Il demeurait )â,ilsouflfrâit 14, il mourutli.Voililepèrîstyle:quatrémftrches + ,,aujourd'hiu
il n> en a plus. Voici ■■ ehamnrel coucher^ le lieu saint de son agonie dernière.., < Un blutoir. La ta] 1 -
que tout ii rail enlevée; quelques lamheaul dominent encore votre tété, parce qu'on n'S pil les saisir; et partout des inscriptions que les oisifs, les curieus ei les penseu: viennent y déposer* Franchissez rédil.ce, - vous
trouverez sur un terrain uni, qui a servi de champ clos S deux champions dont le nom mérite 'I êire A
hiiuieur de l'œil, vous Usez wXt le mur. :i l'Une
ŒUVRES DR JACQUES ARAfiO.
strophe de ïlngo, ces deux lis nés aussi belles ipu- iout ce qu'a écrit le grand poète î
« Ici. Piètre TULert et Mathieu Morïn, vieux de la vieille, se Nunt a lignés pour savoir lequel des deux aimait I? mieux le petit caporal...
« Mathieu Morin a été blessa, mais pas convaincu. »
Plus loin encore, dans la campagne» tous apercera nue somptueuse demeure, un chrïteaii avec lotit ce que Se luxe n de plus confortable : de, salles do bal, de bain, il* 1 billard, un jardin magnifique..* mais, hélas! jioîni d'hôte, pointde chaut qui l'an i me, point de femmes qui IVmhrllisseoi. J'y allai pourtant, ei j'y trouvai M, Lefroy, officier distingue de l'artillerie anglaise, gentilhomme aux bonnes m auiéres, savant modeste, s'occupa ni beaucoup de minéralogie pour tuer la lenteur du temps, n de magnétisme terrestre pour satisfaire à ses devoirs. M É Lefroy est l'observateur que n> avait hissé dans file lors de son expédition an pôle austral.
En entrant dans la maison, aujourd'hui si 1 richement profanée, ou vous présente, sur nue laide fort commune un grand registre pareil ri celui de h guéri le. Nous v avons lu les vœux que lés officiers de la frégate la Vénus y exprîm aient en 1839, pour que les débris de la maison hissent achetés par la France, ei qu'elle devînt l'asile de pieux invalides.*. Le von ne sera point exaucé.
Ce i[iie nous avions n voir c'était le tombeau, c'était aussi ce que nous avions vu? il ne nous refait donc plus rien à étudier dans l'île : aussi regagnflmes-nous le boni, heureux de r^un relâche qui vivra longtemps dans notre mémoire.
Il parait que le capitaine n'était pas. pressé d'arriver, puisque, â l'aide de quelques bordées, il lui eu! été facile de gagner ta côte ouest ù' Vfriqiie, mi il voulait ir.-ibord re- L-ifiitr, i|irîl I issa porter, et courut île nouveau, vent arriére, vers les répons équinoxiales, si écrasantes pour les équipages.
(Juaul à moi, peu m'importait (t'a I Fer l;i ou là, pourvu que j'eusse quel unes observations utiles â faire, ei vous savez que je suis de ceux que fatigue L'oisiveté*
Nous voici pour la quatrième fois sous La ligne, les ma* teints, épuisés, respirent avec effort la brise qui enfle les voiles, et. • L > > 1 1 1 1 ■ 1 1 r île leur sommeil le plus paisible dès qu'ils on! orienté... Je fais mieux Qu'eux tous, et je ne laisse oisifs ni mes crayons, ni ma plume, rues seules richesses présentes, mes seules espérances.
Rie]] im ~i\ |i'rduponr l'observateur dans celte traversée heureuse, OÙ les éludes sonL sans périls et sans fatigues; pas une heure nVsl lente pour qui veut voir. Mats, re qui tait fortement battre le cœur dans la poitrine, ce qui surtout fait vibrer I à me, ce qui révèle ta présence du Dieu de l'univers, ce sonl ces admirables couchers du soleil. après une journée ardente.
Lé-bas, l.i-bas. dans un océan de feu. sur un ciel de feu brillent, d'un jei â blesser la vue. les contours bizarres des nuages, se dessin nui sous les formes les plus fautastiques; ce sont des montai! ries avec leurs crêtes arides, leurs volcans ouverts et en activité, sillonnés par des i orront* de lave, s' effaçant ei renaissant comme un jeu d'optique qu'on admire sans le comprendre, Ce sont des armées ennemies qui servent, turbulentes, les unes rentre les autres, et font jaillir ou loin mille millions d'étincelles dans leur terrible choc ; vous croyez entendre le cliquetis des glaives, leelmç des boucliers, les rôles des combattants, le hennissement des chevaux... Vous êtes témoin d'une sanglante mêlée, d'un épouvantable désordre, et vous trouvez des larmes et «le la terreur pour tant de désordres et d'ébranlements*** Ce sont encore des plaine* à perte de vue, des champs de blé nourrissant la il .in nu- sans l'assouvir, des cascades bouillantes; ce sont des villes immenses, avec leurs dômes, leurs clochers, leurs minarets, leurs tours, leurs citadelles, el tout cela bâti sur le feu, avec du feu; ce sont des charbons ardents de la base au sommet, rouges, blancs, violacés*.* partent le ciel et l'enfer, partout un brasier immense dans lequel le navire va bienl l s'engouffrer.
Oli ! oui, je vous l'atteste* un beau coucher de soleil sur
un ciel tropical est le plus imposant, le pins majestueux spectacle dont l'homme puisse jouir. Tempêtes, ouragans, calmes, naufrages, la mémoire peut tout oublier, personne n'oubliera un beau coucher du soleil sous la zone terri de: car. si toutes les tempêtes offrent te même chaos, si tons les calmes ont la mime tranquillité, nul coucher du soleil ne ressemble a relui de la veille, nul ne ressemble u relui du lendemain. Pieu est là, grand, incommensurable, éternel.
Cent fois, i coup sur, les premiers navigateurs qui sont ni lésa la recherche de ce nouveau monde, si hardiment deviné par Colomb, ont dû se croire arrivés aux termes de leurs courses à l'aspirr de ces puisants phénomènes devant lesquels Trlmc tombe en adoration. Comme eus aussi, nous nvons souvent crié Ter tf! mais, une heure ifue Le
^nteïl s'était plongé dans les Rots, l'illusion s'effarait, l'horizon devenait une réalité» et nous nous retrouvions dt enchantes entre le ciel et l'eau, attendant qu'une brise plus rigoureuse vint ojfrirnn nouvel aliment â notre curiosité.
r * I S TE SSE.
Ile tous les tléaux qui pèsent sur In pauvre humanité, le plus mortel et le plus corrosif, sans (toute, c'est la tristesse, si horrible, si poignante ri celui qui succombe.
Lirsi[iic ce sentiment (car c'en est un) vous prend ,i l'Ame, c'csl le clou rougi qui pénétre ei d-rhirc les chairs, û*esl l'ongle aijii qui creuse; et si. pour essayer un re* méde, vous jetez une plainte au dehors, celle-ci meurt sans écho. Hélas l ce ne sont pas les gémisse ment s uni vous rendront à la vie calme et paisible: au contraire, ils vjendront en aide au mal. Ce qui tue dans les nom imitions, ce n'est ni le rau pn-menl du tisre, ni le rouli rnenl du lonin in . ni le miiL'issement de la va pue écume use, ni la voix terrible de la cataracte ; ce qui tue, c'est, la iirilfe qui oui re la plaie, c'est l'éclair oui se tail dans l'espace, c'est la gueule de la lame uni absorbe et engloutit, c'est le remou qui étoulïe le dernier soupir; ce qui lue c'est le silence, et la tristes.se est toujours silencieuse. Hélas! ce mal s un mal d'autant pin- L nnidable, qu'il porte en lui un découragement qui épuise la vigueur sans la mettre â l'épreuve, qui énerve et glace à la fois, et ne vous laisse d. forces viriles que pour souffrir.
La colère peut être un plaisir, la vengeance une Ivresse, toutes les prissions des hommes une consolation; h tris— lesse est toujours une douleur: elle vous abandon ne â la merci des tiraillements les pins boni blés, et vous prive de ri m t»s les plu% douces consolations des nobles cœurs: elle trouve l'enfance sans çrJice, la beauté sans prestige, les eaux sans limpidité» le Heurs sans parfum, le ciel sans n 7. 1 1 r , In ten d re s se ni a t e r n S Ile sans ma gie . La na t ur e e ni ie re n a pi nue teinte pour la tristesse; elle n'a qu'une seule et monotone musique eu présence de laquelle vous vous traînai, faible, endolori, comme si vous échappiez aux étreintes d'un dévorant cauchemar, La tristesse est en soi, je le sais, et pour La ni elle se fait jour a travers tous les pores, elle Ne répand sur tout ce qui vous entoure: mais elle effleure les surfaces sans les pôn trer, et vous êtes d'autant plus malheureux, que dans cette crise fatale nulle solation ne vous est offerte, nulle pitié ne vous est acquise : a T'est un fou \ c'est un maniaque! dit-on de toutes parts; la maladie s'en ira comme elle est venue, n Li lh n aussi p et, en attendant, elle vous brûle» elle vous torture. Un pl.iînt relui qu'elle mnîtrise; plaigm-/ donc aussi celui que la tristesse a saisi dans ses élam dentelés.
J'écris ces lignes an moment ou mon flme devrait, je le
comprends, s'ouvrir à l'espérance» qui « :, sl une joie. Le vent souffle régulier» la mer est belle: jai fait les [rois quarts de ma longue course, j'ai échappe â mille dangers : loul sembla nui présager un retour prochain. Eli bien! ce qui pour les hommes dont je suis entouré «si tin espoir» presque lieu certitude, est pour moi seul un présage runes le, une catastrophe.
Hier, j'étais le pins joyeux de uOUfl tous; hier je «vais autant dans l'avenir que dans le passé; hier, je jetais mes folies au vent, et le matelot insouciant me portait envie; aujoui --I "hiii.me voilà sombre, taciturne, presque méchant, CtP la tristesse, qui est venue -' moi sa un ma volonté, m "a violemment saisi à la gorge h L:i tristesse et la véritable bonté sont incompatibles; comme personne ne la plaint, elle ne plaint personne, et l'homme bon esL H u mime charitable.
Je viens de quitter un pays ou celle maladie de IVime est inconnue* La joie est à Wahoo dans les jeux, dans : les occupations les plus frivoles, dans les ipcreîlea, peut-être aussi dans le sommeil. Oh ! je me sentis heureux, plein de force et de vie, au sein de celle population d'enfants, com-
E reliant que le plaisir est nu bienfait qu'il ne faut jamais lisser échapper* Je me rappelle tous les incidents de mes |i aïicnadeSj de mes courses, de mes excursions ; Amourou. Lahéna, sont là comme deux sœurs aimées, là. sou* mes veux, comme deux souvenirs consolants, comme deux ports tranquilles après les tempe h s île 1 âge ei des passions.., Kt pourtant Lahéna et Àmourou me fatiguent, m importunent; je m'en veux de penser encore à leurs fraîches ailées, â leurs cases si paisibles, à Leurs habitants si hospitaliers* J'en suis a comprendre comment j'ai pu me plaire sur ces deux terres fécondes, riantes et fortunées, et je m'irrite contre mon bonheur passe, non nie si j'avais perdu quelque chose a être heureux, l'nurqn i suis-je devenu méchant? Mon âme s'est»elle tic trio sans cause? Non, je suis triste, voilà 'ni et qui me sourit m outrage. Oh! si voua étiez triste comme moi, je le serais liieu moins, je vous jure. Oui, j'ai complété les trois quarts de mes pénibles courses i travers toutes les. régions; je me suis promené sur des terrains arides, sur des gazons frais, sur des cônes brûlants; j\ij étudié ci il des mœurs sauvage* ri lies n.uurea bienfaisantes; j'ai luné contre millr privations, contre mille périls se renouvelant sans cesse; j*aî ru disparaître pour toujours dans Les eaux quelques-uns de nies plus chauds compagnons de voyage, et un ±rr.-iinl nombre, de mes plus braves et du mes plus cher s matelots î maintenant je U niche presque du picette Europe â qui cependant j'avais cru adresser un Adieu éternel; j arrive, il ne me reste plus que six â Unit mil hlieues â franchir t et la tristesse s'est jjIîsm'h'* dans mes . mes» et la tristesse, rongeuse comme une désaffection. vient de me saisir pour m abandonner quand il plaira à Dieu, car Dieu seul est puissant pour combattre et vaincre cette puissance rivale, contre laquelle ^"épuiseraient en vain les efforts les plus héroïque «h s homnn
Àhi c'est que plus on approche du but désiré, plus* m craint de ne pouvoir l'atteindre; e est qu'on se retrempe aux obstacles, c est que l'énergie naît des difficultés, et ttu'alors qu'on a vaincu toute barrière difficile, on tremble Je se
r arrêter dans sa course par le galet de la roule ou le ruisseau qui la traverse, La iris; m- nul guère dans le l-'i'-iil; elle ne visite que l'homme assoupi ou désœuvré,*,
Et puis encore, vous avez laissé lé-has, au jour rïo votre départ, une patrie, des amis dévoués, des frères pleins de h adresse, une mère tout imour... Qui vous dii. hêUis! .| ■ i • vous trouverez an retour cette patrie, ces unis ces frères, cette mère? Qui vous assure que leur affection ne s'est point affaiblie dans réloignemenl; que d'autres affections h oui pas remplacé celles que vous gardez toujours dans votre sein, (jui peut vous apnien.U' que l'infortune n'a pas frappé tout ce qui; vous aviez aimé, tout ce que VOUS aimez encore?
El ces déchirements d'un |. i,s «juc vous am quitta fort et puissant, qui viendra vous' dire qu'ils ont cessé leur marche, que les vieilles gloires ne sont pas Heine-, que le lume les b proie. e les haines ne les ont point
souillées de leur souffle impur?
Maïs une M-nle de ces pensées peut imprimer sur votre front la tristesse et le découragement; une seule de ces Mouhre* pensifs peut décolorer les riants tableaux an milieu desquels vous vous êtes si souvent trouvé jeté; et quand toutes, cocu me des fantômes, viennent se ruer à la fois dans votre esprit terrifié, ou saisir la force de les combattre et de les dompter ?
Je vous l'ai dit, la tristesse est mortell-
Et pointant, on rit autour de nmi: le navire, sur les eaux unies, clisse hardiment pou» se par une brUe ronde et régulière; il n'y a plus de malades dans les batieri. joyeuses, il y a des chants sur le pont, et de la mer à courir.*. Eh bien! encore, c'est tout cela réuni qui redouble cette tristesse a laquelle je succombe.
Si, lé ou la, il y avait des ennemis | combattre, des mehes aiguës à éviter, un peuples étudier, des roche relies
â faire, on! alors» peut-cire, contraint par le sentis L
du devoir ou la viuluncc des événements 01 de» choses, jit lutterais avec profit contre le mai intime qui me dévore. Mais rien, rien, que la mmiotimm 'l'une navigation sans
colère , sans incidents, sans péripéties, sans dénoû al
tragique. Dieu! que le I heur est lourde porter! — Silence] terre: terre devant nous!... Tout le monde est la\ accoudé sur le bastingage, les yeux â l'horizon, luttant d'ardeur à qui saluera te premier la roche, la plaine ou le
ri t. dont l'Océan fatigue incessamment le pied isolé,
i -ce une île nouvelle que les feux sons-marins ont soulevée? Est-ce une tenu habitée par des peuplades farouches? un sut généreux, où les naturels exercent les pieux devoirs de I hospitalité ? Eh! que m'importe ! la iris-
se s'est plongée dans mou àme; ce qui occupe, ce qui amuse, ce qui intéresse les autres me trouve sans émotion, >■! C*e&i ;i peine si ['interroge l'homon qui SC rétrécit... Ne vous ai-je pas appris déjà que Dieu seul était le dominateur delà tristesse!
— Terre I crie le matelot eu vigie; chacun se place â son poste; je me place au mien, car j'ai aussi un devoir â remplir; maïs ce devoir, auquel je me livrais encore hier avec tant d'ardeur, il me pesé maintenant; ce in-st plus tin délassement, un plaisir, c'est un fardeau sous lequel je succombe. J'aurais v.mln qu'on m eût laissé dans mon étal dû lorueuiv presque d'anéantissement.
Qiiiii]<i ctiappe de la jou
que r.imc est trop pleine pour la garder, et ce a'est, hélaal que pour la tristesse que nous trouvons en nous de l'espace, lïlle se loge dans tous les recoins de nous-mêmes. Plus il y en a, moins elle s'échappe; c'est le corps du malheureux mis a la torture dans un cachol étroit : ses efforts
oueul les murs de sa prison sans les élargir.
dépendant je dois me soumettre aussi l la rede uui
m'est tracée, et, c me l'esclave â la lâche* je m incline
s- m s le fouet et la verge de fer.
Celte fièvre lente qui me consumait et tuait chez moi
jusqu'à L'espérance, céda enii m- volonté au-dessus .des
volontés humaines, et je repris ma gaieté habituelle. Selon moi, le seul remède véritablement âucaceà la tristesse intime et profonde île l'Ame est la tristesse de tout ce uni nous entoure, Manger a celé d'un affamé» c'esl redoubler sa faim; tir*- â côte de la douleur, ces! lugmenter ses tiraillements, c'est insulter â la torture, et toute torture oui rage et brûle.
Les travaux de chaque jour ne me trouvèrent plus si indolenL si rétif; tout mon avenir s'embellit de mes beaux jours passés; je tendais déjà" la main â mes amis d'Europe, que je n'espérais plus revoir, et révaîs de gloire et de bonheur.
J 1 ii étais au premier pas de cette guériaon miraculeuse, ou la nostalgie jouait sans doute le rôleje plus con-osit, lm [m j'entendis frapper doucement Contre les parois sonores de ma cabiur.
— Est-ce vous, docteur?
— QuL
— Entrez, je ne dors pas.
r- Tant mieux, me v^icï*
OEUVRES M JACQUES A1U<;0
— Comment ! c'est lui, mon brave metfllûfcJ
— Oui, c'est moi, mille sabords: qui vient vous dire i|na je vous méprise*
— Assied s* toi, mon brave garçon,
— Non, je suii mieux debout, tir je veux gesticuler a non aise, ri puis je pourrais défoncer ce coffre, ousqu'il y a iln vin. <lu i-Iiiitti ni il- l'eau-de \u ... N'est-ce pas, qu il y a encore de ï 'eau*de«fie?<..gj je le défonçais, co serait mi grain) malheur dont je ne ma consn h -mis jamais.
— l.li luenl renie debout et dis-moi pourquoi lu me méprises.
— Parce que vous êtes une poule mouillée, parce qm vous ovei manqué d'énergie: L'&aergtft, voyex,voua, ci un cabestan qui fnU de la force par farce, c'est une arme qu'il ne font pas Laisseï tombera terre; sans ça, vousêfr.. «.limbe*
-« T« fes donc aperçu que le marasmu m'avait snisi an eo?ur ?
— Je ne sais pas al c'est ce g ml in de M, Marasme nu nu •le ^cousins, mais, peur ce qui est de la chose, état que vous élicx déjà maigre comme une demi -ration , j su;
comme un sapajou de Chinois et iris h: comme : huilerie
ou la dyssenterle vient Rasseoir, Ça me faisait tellement bisquer, veyejwous, que ce malin jen ai f*.*iché une |iile •i Nicolas, Vnlre domestique, et que m m frère» qui est venu é son secours, en a reçu les eclaboussures.
— Quel vaurien tu es!
— Oh j ça, je ne dis pas noni je voub aime trop pour disputer là -dessus avec vous ; mais, pour ce ipii regarde votre spleen, comme iK disent, il ne faut \m que ça n eomnii'ucei si voua ne voulez pas nue nous vous L.ieiiïons
■"il j i
a i eau.
— Quelle amitié !
— l^rst li waii t la solide! Itcmarquez, du reste, • | ne je ne jure plus.
— Tu frises le juron un peu encore.
— AU ! f...idi!je . on ne guérit pas (mil d'un coup! Les IL.»» et les F..,, sont dans La lantm*i française «l surtout ■fans la langue du matelot*
— Aussi je te remercie déjà de Leseforis.
— bravo ï mais il ne s'agit pas de ça; je venais, nu nom li 1 mes camarades, vous ordonner de noua visiter quelquefo!| sur le gaillard d'avant , pour écouter nos gaudrioles, les aventures <!-■ Lïmae;, celles de Mimiel et puis aussi Lee miennes* Votre tristesse, monsieur Àrago , non» en dennait nu tantinet ■< tous, et puisqu'il n s reste plus 'pie cent n deux cent mille ])> »s à faire, il foin rire
— Tu remercieras les camarades,
— Ils étaient si «■hosrs ous voir les jouis creuses, lesyeui morts el la parole fiévreuse, que moi-même je n'ai pas osé, depuis plus do quinze jours, venir vous demander seulement mu 1 demi-limile-ille de vin; et pourtant c'est bien peu (Je chose.
— I fait Ion devnii .
— J'y ai manqué, monsieur] mon devoir eût été de vous en demander une entière*
— Miiis, uh'ii nii, ma cave se vide,
— Je ne le sais ipie de ivsic, f.,..iclitrc! plus on perd d. i plus ou s'attache à eeoi qui demeurent. Aior>, monsieur Àrego, je suis venu vous ci nsoier et vous gronder a la fois; rendez-moi la pareille : appelez-moi ivrogne, et verses.
— Tu sais comment on ouvre le coffre ; essaye encore
— Ce n'est pas plus difficile que ça , voyea* Une seule* n'est-ce pas
— Oui
— Deux ? eli bien! soît
— Je t'ni dit une M'ub-
— lïh ! vous qvei dil deux? Tenez, je vais le demander i Laroche tjui est hj-lmut sur In grande hune ; il doit avoir entendu. Merci Gré coquin ! quel bon i-tir de naviguer avec des marinade votre espèce!
— Jeu ai powriaui jisses.de la t titan,
— Lni ■■ i y. il. ne, ■- ■■ il" j<""is de Iris* tesseque vous m rtexde | ssser; mi e vous en préviens, si r i vous arrive enc vous voyons sut 1 le pont ou sur h dunette* 1 1 ! e, le Front ortie et les le*.
bnudenaea, foi de gabier, foi de Mouton . je ne viens plus vous demander une (tente goutte qe un d'ici à la lin da la œmpafne,,. Vous verreàl Quelqnej Instants aprë*. je rt-iminLai sur le gont ci je
ijualre des muiileurs lurons de 1Y |iiifiii;je fii>rmt la conversation over mes deux flacons i , el [e ^ourje aç
tableau.
La bienfaisance nesi i it-elle pas le piuspnksiini remède n opposer a la trislesM' de I ■inu
l»i la philosophie I puisque j'apprends ; > etian^ue pas de ma courst;,... J'ai déjà bien vu el bien étudie» permette* uj ni de courir vers le passé, il nous rapportera quelque ûliose.