‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 38 sur 82 · DES I. ^ (S II ES · texte numérisé non relu

DES I. ^ (S II ES

M)lt>T SR sJOST PHUM-ÉS |.

ARUIIU'ELS.

ûe fut une rrande cl nobïe pensée que celle de l'homme qui usa chercher la solution du problème dont le résultai était de réduire hiuirs tes langues européenne en une seule, biais Henri IV avait rêvé une chose ii i in

rope était trop peuplée; le caractère des n a Lion s trop distinct ( h- j iwncjiei i «tûtes avaient Irop d'orgueil national pour faire *"olonli»T<: h- sacrifiée qu'on avait exigé d'el: au prolit d'um seule, ipioicpie en réalité le bên^l. fil été

IiitiiL- ions. Vhiis a* ipie l'mi eût essayé sans efficacité dans e monde civilisé aurait pu,ji i, s'entre |i rendre avec apparence de raison parmi les peuplades qui [inrcourent L'intérieur des vastes continents, ci au milieu des archipels de toutes les mers, sur tout si , en pénétra ni clic/ elles, on - Ylaii fait précéder par des bienfaits pin toi que par l menaces. La biciivçilbnu' esl la plue sure de* persuasions. Aujourd'hui, toute tentative serait infructueuse; les besoins OBt grandi titulaires; il faudrait trop désapprendre

pour se régénère?; il j i trop de rivalités, trop de haines entre les indigènes voisine, pour cpie ni les uns ni les ,ultre* consentissent jamais a" a'elhccr. Vous voyeî que la civilisHtiou appâte pwfoiï i»hslacles avec elle.

Comme je veux <|ue le livrt* 'jiic j'écris ne soit pas uns dislrnrlinn passagère; comme j'espère , avant tout, ipul sera de(|uHi{iie ntitité au* explorateurs, je compte publier à la linile mon dernier volume mm vocabulaire exact de tuns les pavs que j h ai parcourus; et quelque arides que soient ces paçes aux veus d« ceux qui n'aiment des teyafesque les unissantes émotions, i r osi creiw encore que Ions me liiiuhon! eompte des j i> efforta que j'ai niits. de la

inrieuei- qui ma A lir^, des dangers q ni j*sï DNV(

pour rendna OS pénible travail aussi complet nue possible. Au surplus* peu de pages suffiront à celle tache, qui n'esl pas sans utilité g* néralu. Qui sait où te sort doit vous pousser un jour 'i

Il n v ;. peut-être pas de lecteur qui ne se soit vingt lois demandé comment je pouvais me faire comprendre des pMijihules sauvages qu+" je visitais, al commenl jepouvi ,'■!!', o tropris de celles sur t oui dont l'intelligeace devait être si | ru développée. Ls chose sat pourtant la plus simple «Lu monde, ettpieluues lignes sufâvoni pour l*etplioation d'ini faii ifiti pnrait iralion) assez clraiiïïo.

Je suppose, par exemple, ijue j'aie une expédition a tenlr rhez les Holtentpls, die/ tes ll.ifre ^. (JuVii-je ;i fai il , ;,l,..i.l .' De m^enquérlr de leurs mœur- trer di

difficultés de la r<sutretde préparer m^ objets d'échange carki le ounnierre esi un sacrihee pour l'BurOpéen, ni (nul - i . il ■ une ^ietoîre.

Mais la colonie que je quitta p""r m 'enfoncer dans les solîtiidea est voisine des lieux que Je veux visiter. Celle-là n d- -j.i fiit des conquêtes d'hpmmes, ne t ut-ce que parmi

vaincus ou les mécontents. Ces liommcsàdemi sauvagcs, â demi façonnés aux habitude nouvel le-? qu'on leur impose, sont arrivés .ivee leur idiome; je Tais a leur cherche, je les questionne dans la langue que leurs mai- 1res I éprennent petit â petit, et [ieit ne jours, quelquefois peu d'heures, me siifiisenL \u>nt en savoir autant qii p eux»mêmei

C'est que le vocabulaire rie ces | < aples est ins-borné, « esl que les mots sont Teipressîoii plus encore des besoins quo di- l,i pensée, el dou s possédons parfois dans une seule chambre plus d'objets, mu tous nui un nom distinct, qu'ils nVn ont, eus, sur le sol qu^jâ parcourent.

Des nattes, des huttes d\-s \>.. , des casse-têtes, des arcs ii puis les noms de quelque* oiseau*, de quelques quadrupèdes, des fleuves ou des ruisseaux p des arbustes on poisons.... Vous savez toul, voua, pouvez yûjb| chez les Notion toi s ou chez les» Caftes. Il yous est aisé de faire comprendre vos besoins, sinon ms voeux ; puis encore, avec des gestes, un peu rie physionomie et be&ucoun de patience, fous arriverez à cotre But. 13k in -i pas, tnul : la plu i >, 1,1 période n'es Lut chfv les penpk

civilisés; c'est le luxr île* fiassions ej nés tiCsqins, mû H faii peut-être le hw dn langage; toul ni du mn-

tact, toul s'imprègne du frottement. Quand [hhintani veulent parler, e'esl un fleuve ■ gui sedûrpujej les Kamischadalesel les Nouveaux-Zëlandaia n ont point de périodes i l'usage de leurs besoins.

Eh bien I celle simplicité de langage, si pi peu* m i spliquçt ainsi, vous pouvez, r.omtim je tous l'ai dit. r.i(iioinririr encore a j'aide île l'ellipse, dont certes pas un pi ■ < ' i -:i i ! i " ■ i connu le nom ttilal&ignjlkatkm. Ai, m lieu rie dire; « Je vous donne un couteau si vous nu; ri-mune volaille, » vous dites, en montrant voire objet ri>change, ouï parle autant que vos lèvres : s Moi i nou toi, volaille- — Salnu ptno , $aûm ayan, » Voyez ûopimâ tout se simplifie!

Et qui esi venu .< notre aide dans cette façon si simple rie procéder? Qui? Les sauvages eux-mêmes* en

ei nous, c'est-à-dire dans tes cilés ou les «■i.slilis-c.-nu nis européens! Les pronoms, les négations, les régimes ^puraissenl aveceui: ils soumettent la langue -i leur apiiiuile, el ce! lit.

— Maître, pas vouloir, — Moi. pas courir.— Moi, manger. — Moi, pas tuer blanc. — Grandes forêts à pay

moi, Toi hon , moi bon, — Si loi là. moi ici Ces

abréviations constituent les idiomes primitifs de tous les peu pli' s de la terre, et nous en avons g&té La pureté en les enrichissant. U luxe esl corrupteur,

Ainsi donc, Je m'explique les difficultés qu'ont eues à vaincre les premiers navigateurs; mais aujourd'hui, il peu rie chose près, il est lise cle se frire comprendre rie ton les les peuplades du slobc, car tontes ont vu des Européens, et dans nos établissements vous Mouvez presque toujours quelques individus des archipels ou des îles isolées que, vous allez visiter <

Kli c p-irau! entre eux les divers vocabulaires publies

par un grand nombre dexplorateuïs, on remarque parfois

des différence* si p- les, qu'il esl impossible qu'elles ne

soient pas le résuUl d'erreurs qu'il est pourtant mile de rectifier. Et d'ailleurs, chaque navigateur écrit avec i prononciation qui lui est propre. Or, Tes lettres, chi /. les Anglais, les w isses, les Portugais el les Français, n'ayant p s ta men ileur i-ii comprend d>;ji des modifications légë-

■ ; mais il est des mots tout n fail différents, toul a lait opposés dans ces dictionnaires imprimés dans un but d'util ilô générale, et je crois avoir mis dans mes rechercha un si grand scrupule d'Attention ,i bien traduire, que je suis certain qu'avec son Eiide on ne se trouve jamais en défaut.

emettez-moi de citer, an sujet de ces vocabulaire une petiti uecdoie as^ez curieuse; la morale en esl

Dans un des archipels du grand a Pacifique, mica» piUtine dont j'ai oublié le nom, -sis au milieu >L un grand nombre d" insu la ires, leur demandai! les noms rie tous les o li jet s q u i f n i p| »a le m s et 1 es i ra du i sa i ta* V insla nt

sur le papier. Cèco, rima, pirogue, mer, fmme. Utt, cuissr , btw, jambe, roi, avaient été parfaitement expli»

quèa sans que les naturels parussent nser di cette

espèce d'investigation, qui pourvut leur semblait une puérilité. Mais, lassés an i ■ -■ ■ . ils résolurent «b- ne pas ±y \ > i è r e i ut ,'i ge e u relu sa n i ri e 1 1 tu i vea u k é ckn îrcts&emeni

Le capitaine n'avait pas achevé son travail, ei. compta ni toujours sur In io obligeance de la part de ses instituteurs, il leur demanda comment s'appelaient ta* ifettic, la déni* . celui ri qui ils'adressait lui répondit par une phrase ■ lui : liait d* not*i mnuie$. Puis, avec la même con* fiance, ii demanda la traduction des mois orage . 0ieu T

amour; et ceux-ci d<> lui répondre avec 1<' mêi s.ni-iv.ii'l l Tu es bien fatigant, la te prommBf) FaUmm* te pUtUir dt U Uivrè Or, vous comprenez que les n leurs qui se sont basés la-dessus ont été bien aclorsqu T en présentant un couteau on en montrant ni ? ils auront (fit h ces na u vr es i os n la ires ébahis : Va (£ pviwtttwr ou puis-nùus te plaisir d* Gloire.

C*ôb1 une chose extrêmement remarquable que le rapport qui existe entr« le l.iiMj.i^e de certniiH peuples çl les [■.irait' de leurs habitudes et de leurs passions. Haïs i aussi une chose forl curieuse que les différences d'idiomes eutfe hs peuplades féroces voisines les unes ries autres, Aiu^i , par exemple, le langage Paîkicen esl not. coupe, Lranchanl; celui des Hondruûas est lenl . péjui' nrri; ît> Bouticoudos sonl graves dans Leurs maiii ■'■rijà, ils le sont aussi dans leur langage estes,

sans grjmaces , niai ■ sa us doute par l>- ridicule morceau de Imus qu'ils Itxent à leur lèvre inférieure, Les ibi- (eniuts bioiiiliiuucni une sorte de grognement qui dénonce l'abrutissement de la servitude. Il y a de la honte el de la nii.si-rc :i la fois dan- ses sons Iristes et dolents qui s'êdiapiient d'un gosier lourd et fétide. Cela seul l'idiotisme île i >

île, el .i |e voir et à l'entendre, on esl surpris que le Ifottentot marche A deux pieds comme vous el moi. Le lui rieslM' 1 est intraduisible i Faide de nos caractères 5 il impose de syllabes brèves el gutturales cou-

i par un claquement perpétuel rie la langue contre le

i js, comme font les cavaliers qui veuleui stimuler le

Iniï ri. i or monture. El ce qui ajoni« .i cette étrangeté fan- ■ i . i ksLla raiiiriitr rit^s ^ et desmouvements de l,i i.-ii- .i du corps des interlfn vs\ ^ela amuse, cela dinnlit, cela éionne, el il sérail |ieul4lre vraidedireque l- tangue cafire esl composée de- paroles accentuées et de i i. . Une demUdouiajnede ces hommes trapus, forts, iraVes, cruels, sur un théâtre de Paris, eurichiraieni une 'liieclion s'ils s*y livraient ,i une conversation animée. J'abandonne c^tlr [dee * nos modernes spéculateurs.

Hais a jii m. faul voir surtout dans la Tille du i];ik r\ le Cafre ou; le Bottentot armé de son instrument ac musique, cherchant l f i pure d T un mur t>u il'une porte, se tenant la, debout, ir-'i lignant, faisant vibrer -l'un doigl frénétique les petits boyaux qu'il ^i ^s^ujettis ■■ son bambou, â son écaille ou â sa calebasse, h entonnant nn chant de guerre ou tour, l)h 1 cela esl admirable, cela esl étourdissant! La musique est aussi une langue,

Le parler des malheureux naturels de la presque le Pérou esl éclatant, coni| osé surtr.ui îles voj a el é; on dirait des coquîHages heurtés conlr iquill ; el

ici ce n'est pas, je vous l ! attesHe, le souvenir de cette terre Uhiniliv. i. de coqiiilb's brisées . qui aide ,-i ma com-

paraison si exacte.

Il y a beaucoup à parier que la presqu'île Pérou ne compose ras de plus de m nie ou quarante mots. Il n'en faut pas davantage pour ênnnwer leurs richesses el 1 ni passions; et leurs sentiments doivent se résumer en peu rie syllabes.

ÀTimoi\ La langue est heurtée, farouche; les mots arrivent a roreille avec des sons împrévas P ei 1rs voyelles de notre alphabet s'entrechoquent avec une variété ftçre el brutale. On dirait, non pas le roulement du ton: mâia êclais ri r ■ la foudre. Les mœurs ttmbrienne* > reiletutt la comme dans un miroir.

Ûmbay est nn écho sonore de Timor ; il ni faut pas plus sép deux peuples que nv l i fail la nalure^qui les

a placés face .i facej formant un détroil de quatre lieues de large 1 1 qui semble h i rapprocher encore par lecara identique rie leurs ri' 1 vallons et de leurs ^m met s de

di:ïviu:s dr Jacques âftico,

CaJi

jave âpres cl Lancés. Ombay n'est autre que Timor rajeunie.

L'idiome des indigènes deRawack, de Waig£ion <■! île la

terre des Lapons se ressent de ce sol riche cl Èc I. < l de

l,i nature de son climal ëtouDDntit; c'est un fouillis per; iitvl sans nul repos, cl l'on croirait nue les phrases ne se ■ imposent que d'un seul mot, ou plutôt que chacun de huis mots est nui! Longue phrase.

Le Tcfaamorre est trop poétique, trop prodigue de figures, trop riche d'images; il devail succomber sous la puissante domination espagnole, qui l'écrase déjà dans la maje*tm j u-o harmonie ae sa Imitée ^bàlardêe aux Maria unes.

Quart i à celle des Carolinsjje ne sais si l'heureux naturel des I»ulis et généreui hauUtmts de ceL archipel forluné a fait ou confirme seulement mon opinion : toujours est-il que j"aî trouvé ches eu peupb, le plus heureux de la terre, mie grâce, une suavité, une hrmmuiie, qui arrivent sans effort a mon âme. Ce sont des modulations pleines de charme , c'est une musique ravissante; un dirait une ca-

resse, une prière au ciel; deux amis, deux amants m doivent pas s'adresser autrement du douce* confidences, et rien ne serait plus aisé que de noter le prier de ces êtres hospitaliers» cW lesquels les pieui sentimenU de l'eaifance semblent «v-re jusqu'à La vieillesse lapins avancée*

les iles Sandwich viennent encore à l'appui de ma théorie : c'est tan toi l'àprelé du sol et tantôt sa richesse et sa fôcondtti

ÀOwhféej quoique la langue soi! la même qu'a Mowhi e et ;'i Wahoo, il y a plu* de rudesse, et pour ainsi dire plus de forfanterie que chez ses voiaim Les mêmes articulalins se présentent; mais In. elles saillissent hrusqaemeut, d'une manière sonore ei rapîdi?, ici elles se foui jour avec moins d'emportement. C'est pie dans la principale des îles de cet archipel la lave îles volcans éW,ise la violation, er ■lue dans les autres la richesse du sol l'emporte sur les secousses de la terre et h fureur de ses cratères à demi éteints.

Vu ii s savez cornint- le parler créole e>l dons et limpide,

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