TYPES DE JACQUES UUGO
— H éveillons-la, J<isçph P avaii répondu Maihias, elle nous donnera sa bénédiction, el cela nous pu bonheur.
— Enfant, la bénédiction d'une m ne voyage comme la
prîér« el lanallmmc. elle ; . ft atteindra delnim el le bon-
heur il-iiii m parles viendra mms visiter avec elle.
— El notre b px?
— Elle dort tranquille, elle réve peut-être ri'angea cl île paradis, in rois donc bien qu'il ne f.mi pas troubler son somme cl.
— Mais si nous ne devons plus revoir nuira SOSur et notre mère î
— Nous les revenons, Maibias; ni ifl nous ne les re verrons une lorsque nous aurons été utiles au pays qui a be-
<n de nous; ce pay* a droit â notre aniour, ^-'- p«n - i lâchement occupe par des étrangers qui pillé nos récoltes, se sont emparés de nos places foi h ■> par la trahison, et qui finiront, si nuis les laissons foire, par nousenlever nos m ires et nos sœurs,
— Peut-être aussi brûli ront-U* nos églises/
— Ils n'iront pas jusque-là, ré] dît Pujol avec un rire
moqueur; cl puis. Dieu est trop puissant pour ne pus les punir de tant d'impiété. Allons, m m frére, dtons notre chapeau devant la chambre de notre vieille mère, et volons a la défense de la Catalogne.
51 a th in s s'agenouilla, répandit quelques larmes, baisa pieusement la porïe de lu petite chambre où reposait sa sœur, ei suivit Joseph, mi plutôt se laissa m traîner par lui,
— Où allons-nous? dit timidement le pins jeune dos l • s qu'ils eurent dépasse Les dernières maisons
du village,
— Laisse* Loi conduire. Noua avons â la ceinture une vingtaine de balles, un bon stylet, une eseopette sur Tcji;lti !«■ ; avec de tels émisassions et du coeur, ou s'ouvre tous 1rs chemins,
— C est que je n'ai pas de cœur, moi.
— Je l'en donnerai du mien, Patinas, car je sens qu'il bondit trop fort dans ma poitrine. Tiens, h : ircle-nioi et tlche de m'imiier. La vie que je veux le faire est belle et glorieuse, mais elle est périlleuse aussi, et maintenu ui que iii ,- s essayé le premier pas, iJ serait imprudent de reporter
t«s regards en arrière.
— Eu arrière pi m riant est le toit sous lequel dorment notre mère cl notre sœur.
— C'est pour cela que je te prie d'en détourner les veux. Quand on aime les L'cms et qu'on est ! initier, il ne faut pensera eui que dans les cocon stances rîiflJci les et lorsijii ils mit besoin de nous. Sois tranquille, Alali.ias, les occasions viendront sans doute, et lu verras si je les laisse écliapper.
— J'aurai aussi du cou lors, u frère,
— El moi donc! dit Pujol en pressant le manche de son poignard,
— Oh.! toi, tu en as toujours. Joseph.
— Ce si vrai.
Ce premier el court entretien achevé, ils cheminèrent
quelque temps en silence, coude i coude, d'un pas rapide el régulier, l'un «n récitant sa prière do matin, r autre en bourdonnant un air national rimé dans le pays* Après deux heures de marc lie ils eommencérenl ! gravir une petite colline au sommet de laquelle se dessinaient des fantômes changeant de pi te montrant ets'efftiçanl par intervalles. Malblas se sïu'ii't.
— Ce son! eu*, dit Pujol.
— Des démons i demanda Maihias en mettant un genou â le ne,
— IN' on. des hommes, des Français, peut -et re. (untliias se vit debout el armé.
— C'est bien, mon ami. c'est l«ien, je suis content de loi. Le sifilct aigu h Pujol retentit, un sifflet pareil répondit à ce signal, et bientôt les deux frères se trouvèrent au-
Ïirès d'une vingtaine d'individus aux ; égards farouches, é a p oi I ri n e vel i ie . au 1 a n ! i om icide*
— ffous vous attendions, capitaine.
— Je suis donc votre capitaine
— Uni, nous t'avons nomme en ton absence.
— À la bonne heure. Camarades, je vous remercie, d'al"/id pour raoî, mais surtout pour vous, car vous serez
bien commandés, km- - entendu quelque tambour,
quelque trompette? nul bruil decharkv- rtiïle
n'est*U venu jus pj*i vous?
— Rien. Seulement le fflapissement des loupi dans la Ibrèi voisine.
— Il y ;i aussi des loups imbittre? dit Malhias â sou frère dune voix tremblante.
— Presque pas, mon amî.— CiTujinneros, poursuivit-il, ie vous amène une excellente recrue, mon frère cadet, uu garçon de courage, un enfant tonsuré, qui s dît plus de Pate\ et i'Ate ;ne vous n'avez fait de vols, et qui a plus
-uu-ni srrvî In messe que lu n*as commis d'assa ■i- Tanin i retllns.
— Tu h- flatli >. répondit orgueilleusement celui-ci d'une roixrauqueel en fumant sa cigarette.
— Avei-vous déj( une? demanda In capitaine.
— I: n'csi |i.:> encore jour,
— En route donc ! Quand nous aurons faim, nous forous balte, et nous ne man q uerons pas de vivres,
La pet i le t ruine se remit eu marche, et le soleil eom-
mica A dorer l'nortion.
La Catalogne était pour ainsi dire pavée de places fortes
ili-fendins par dr nie isesffarnl Lé, la el la, com-
mamlés par de lu capitaines â la figura hatafi as Les sabres des mameluks ou 1rs lances deaCostqw [iromenaient des soldats qui avaient nue gloin I •*■ f ire ou une gloire à sou tenir. Ils tom lent " l'Hnilinu les uns après U> ■nir< -, écrasés sous un ciel de plomb. s par
une balte nu troués par un poignard
Kjirueriiser saeitaoellecasi e Barcelone el son Mont- Jouy dominateur, Rosas, Gerone el quelques mires nlaces fortes protège ni en baleine, et louti
nouvelles I pes étaient incessamment demandées p-r les
néraux aux abois, tandis que la roule de I nan au Perl bus résonnait tons les i >urs sous les pas des chevaui et des mules, sons les roues épaisses "b 1 * chariots, des fourgons et de Tarlitlerie,
Ob' ce sont de nobles poitrines qui ont ©essé de battre alors dans la Catalogne en feu! Ob' c'esl une époque san- "lame que celle d ni i* 1 foui p^rle. et rbistorien des eraades choses (pron y a vues s'accomplir n'a pas encore taillé plume. L'épopée et le drame s'y déroulent pourtant â chaque page.
Vous connaisses maintenant les ennemis que Pujol avait a combattre, les citadelles dV» s'échappaient à Ilots pressés les intrëpiili - soldats ■ | uï se ruaient contre sa redoutable bande. Voila le sol abrupte sillonné pnr celle borde de mtijuelets, non pas enfant: i : indompté Miquet, a* ■ ^na l'indépendance d« sa patrie donna jadis un si fanai i |ue courage, mais iiîs du vol et de rassassinat, cœurs f.iroucues, êtres dégénérés qu'on devait plus craindre comme amis nue comme ennemis, car on était plus souvent auprès d eux.
Eh bien ! ces bandits indisciplinés jusque-là, m lis <{ue la vnii 1 1 le regard seuls de hijnl avaient pu soumettre, vous lîlleï les voir â l'œuvre, se vautrant dans le sang, souriant a la hirinre dont ils se font une arme, el n'invoquant que Ton for d ins leurs prières de damnés.
Je vous le dis parce que cela est. de huis les triomphes de Pujol, le plus grand, le plus merveilkuij le plus încroyable, c'est sans contredit la conquête de ces nommes de bitume, vomis ici-bas dans un jour de colère, dans un jour de justice divine.
Il y a eu pourtant trois ou quatre nobles cœurs dans Tarm ■•-■ il- Pujol; il faut y croire encore parce que je vous l'atteste ei que je les ai connut
Quant â tbijol, cVinii de l'orel du bronse; c'était de La boue il du s n généreux. Pujol n'a jamais failli au crime, et pourtant Piijiiî était un lininme de cœur et de probité.
Jugez-le.