D'UN PO LU À L'AUTRE
suri de Ki Chbâ et du Japon, empire* nvaux de globe, de splendeur ci de tyranni
Li i se n'esi pus seulement i L'aide de ces caractères nhysif|ii( s s et moraux des divers peuples ofii;i niques qu'il deviendrait peut-être aisé d'établir |eui ine d'une façon victorieuse, mais l'étude des langues et dee idiome archipels sera H â la pliilosophin un seoouftl plus sur encore.
Eu suivant La marche dûs temps, 1rs [iro^ivs des cul ■ ►nies ei l.i il i s tance de chacune délies an continent, vous trouvez parfois des rapports si intimes, des ressemblances si frappantes, des dérivée si certai sous manques
de logique pour les combattre. Les circonférences s'imprétfoeni lnujours des couleur- jetées au centre»
Il est toutefois des problèmes dont la solution est si effrayante pour L'intelligence, qu'on se hâte de rentier de* vaut |,-i difficulté, de crainte quelle ne détruise ce que votre raison avait d'abord et franchement accent
Oh ! <e que je vais roua dira tient du prodige, car te hasard seul ne tait pas de ces m ira eh
Les ~l'n |i j ei i.i iji f ■■ >.- et les Bn naj;es habitants
île I inférieur du Brésil, ont, je vans l'ai dil, contracté de si n res habitudes : e tatouent d'une façon
toute particulière, comme Les Pûïkick huis voisina; les Mitres font descendre le cartilage de leurs oui Nos. dmit ils, se servent *inaï que d'une poche, jusque sur les épaules. Cela est cruel et stupide a la fuis , cela blesse ton le saine pensée, n'estas pas Y.., Eh bien ! les Caroline* et Timor sont lés du Brésil de presque tout h 1 diamètre de la
terre, et cependant les oreilles des Carolin s sont nereées commi' celles des Bouticoud i ils les nouenl absolumcni de la même manière, pour carder les objets qu'ils peu* eu r ain^i poi 1er, et cite?: les Malais de Timor» comme chez les Faïkia s, le mol maison se traduit par rottmo ; tau rrf, par pâmait; seulement les Malais disent rottma~pQtn<tii, tandis que dans rinlèrieur du Brésil on dit koumapa LaU, L'analogie est frappante
Ai- je résolu une question? Non, sans doute, et le! n'a
!s été le but de ce «h [i pi ire. Pour la solution du problème qm- je propose, il faudrait une longue étude de d lails trop stérile nans un livre comme le mien ; il fan- h surtout une patience et un savoir que je suis loin de posséder, el al toul . nu temps plus libre et moins occupé de la masse des objets qui m entourent.
(I e qu e j'ai vou I u , c est que d ' a u i res ex | d ora leurs, ni 1 1 1 ■ porte sur quelles bases, élevassent un nouveau système el ouvrissent de nouvelles voies à l'étude morale do irlohe. L'histoire deg hommes eu particulier est l'histoire des peuples ei général- Pourquoi donc l 'histoire desarchipeh ne seraii-elie pas celle de* continents et des c lions qui leur onl donné naissance ! Les siècles, en passant leur
robre manteau sur tant de natures di verses» ont toul modîné, tout changé peut4ire> Eh liienl que la philosophie et la science fouillent au milieu de cl- chaos pour y débrouiller la s. ■ni.' e est un Mche au-dessus de mes foives, Kt d'ailleurs, dussé-je réù tde* dans l'opuaion toute bienveillante de ceux qui cou se nient a me lire, j'avoue franchement que j'aime cent fois mieux apprendre qu'enseigner.
Le triste souvenir des bancs classiques m'a guéri de tout
pedanUsnm.
Dans nos évolutions a travers In for^L. nous avions perdu le point de départ; aussi, â notre arrivée au jour, non trou vâmes-nous 'a sse % éle \ d u s en \ i e r . i dem i frayé pai lequel nous avions gagné le chaoi de verdure.
Roue allions donc u près au busard, foulant des (leurs, des arbustes, des insectes eflravéa de cetti visite Inattendue! midis que Les mules, guidées par leur admirable instinct, s'orientaient comme â l'aide d'une bous* ?ole +
Tout i coup, elles s'arrêtent frémissnnies w ne taraissentir l'aiguillon qui les déchire, Leurs en us se hérissent» de leurs naseau* devenus pourpi pe
un souffle brûlanl ei rumens, en rapides aspirations; leurs jarrets, naguère si solides Lremblenl fébrilement, et nous sentions comme des étincelles ëïei/ui nies qui pétillai en 1 autour de leurs oreilles roides et iromobi elles ne
re^anhieni pas, on eut dit. quelles u> neiit poj, et
ci!|iembmi - profonde terreur les tenait papiives
Qu'êtajtaa doucï
Les noirs le savaient bien, et l'un d'eux, presque; a rti col es, me monlr» du dmçl, sous un bananier, un monstrueux boa enroulé comme uu râlde, du milieu duquel s'élevait une tète hideuse et béante,
Jean-Jean, qui s'clail rapproché, me dil tout bas r — Vous voulez du inerveill- m par 'nus les diables I VOUS M servi - ; suuhail ; vous poutrrerraooqter à votre aise, eije crois que nous allons commencer pu irintriu furt peu divertissant.
— Tais-toi, lui répondis- je ; m<in ma monliire par la bride «i t^ehe qu'elle avance.
— Laissez donc, monsieur, mil cabestan ne pourrait la faire déraper, nulle rafale du nord-oueal aie lui ferai! courir un im-ml.
— Cependant, mon garçon, nous ne pouvons rester ■ > L plus longtemps. el ei i • nuit nous surprenait nous n'aurions pas beau jeu avec des reptiles qui se dirigent â merveille au milieu d*s iéu bres,
— Tenez-, vûyex, monsieur Araem r on dirai! qu'il se di\pose m u tic attaque; e- i chaud
Je monte admirablement â cheval; aussi > sur un petit écart de uia mule menue»'- par le boa, me trouvai-je bientôt a terre, asses meurtri de ma chute. Les detjx au- I res mu I es , fia ttC coi i Ire lia ne , palpi tailles CSsOu filées sa u fatigue , tournaient le derrière nu monstre; m cependant elles ne fuvaienr pas, comprenant peut-être que II: mouvement lixrVait l'attention de l'emiemi - muinii
.1-- ii-. h-. m et moi cherchions ■ > abri for ." l'oml
des deux quadrupèdes, quand le boa, pareil i la lia m m « d'un navire, se déroule et s'élance... IHi ! dès ce moment, la mule n'esl pins immobile, elle s'esl réveillée; à la se: consse galvanique, elle a bondi, et ses jarrets, redevenus forts «l puissants, font retentir le soL
Le çonstrictor est en présence d Un ennemi digne de lui; il s enroule, se développe, cour| a droite i gauche, se dres i comme un met, rampe comme une lune et cherche 'i i;nlacei li mule dont le sabot rugueux pèse de toul son poids sûr un adversaire indigné de la résiNiam
La lutte était encore, indécise; chacun des deux jouteurs prenait â son four foffensivej tous deuç iHaieiiJ bjes* mais tous deu reconnaissaient pleins dr vie \ dans son impuissance i -aisir les quatre jar els i la fois, le reptile en enroulait ipuvenl un seul nu'ïl ràïsaïi crier sou, s ses rudes pressions ; la mule se cabrait alors ei piétinai i de salmis [ibrea but Ig pjrfie du rnonsîre qui trainiiii à
Mais le boa s'éloigne: vous le croyei vaincu; suiveï4e, îf i; p ett la pierri du Baléare* c'est la Jl^-che du Malais. cV-i l,i course dn|oëland, e'eai plus qufl cela, '-c$i fa roudre ■liai traverse respaçc,
Len est [ail de hi mule, déjà le boa Ta saisie au <nn c| la cenlée comme la ourrorfo du m> rrenu h Madrid.*. La pauvre bèir se denaj encore 1 elle essaya d'aspirer la brise s|Eil n'arrive plus à ses poumons, elk pousse un lugubre gémissement, puis un raie, puis un auire. ei iiunlie pour ne p]us se relever.
Saiisf.iit de son triomphe el sans doult aussi soufftaq! .lu corn h ai. Le eonsiriclor repart et se perd bien loi au milieu des arbnsl- 1 -. son <ileimieux domain--.
— Ei ,| ., ,|(n- njeu .i mi- au monde de pareilles créqtores! s'écria mon matelot en croisanj ses bras et en posani devant moi... Eu îrçiritê, monsieur Aragpj je serais tenté de croire qu'il y a de l'homme dans I . divÉnh
^ I js-tni, impie, profiter nqns-nqi^ ei ailnrons Sun, mais «i vous mr Taîtes jamais adorer le bpa, je puldie h: iniiaclu â >on de troinne.
— Kn roule, ■!« ^u-Jean.
— En route donc i mais une mule nous manque, elb ■ lilé sor crilne, et voila un imif accrounj qfl| parait ne \ fouloir m compagne r; que fait-îl douc J Allons voir.
— Vous pas bouger! pous direni \u aul ïclave^j mais, vois, regarde, c'e>i beau, c'esl beau, c'est beau !
Que fait I h nime jeune el fort, immobile, uu ge-
nou ^i terre, le corps penclië, la tête ep avant :,„
OtUVIM-lS ME JACQUES AUAUO.
Est-ce qu'il invoque un de ses dieux? est-ce qu'il prie sur la tombe d'une mère, ou d'un frère ravi à sa tendresse? Approchons malgré les recommandations de camarades.
Quel tableau!
Près de lui, ri quatre Jins nu plus, un mi urine I m ■ a plus foncé que le premier, frémissait dans toute sa longueur ci semblait subir une: mlluenee dominatrice a laquelle il ne pouvait échapper.
Le noir faisait claquer sa langue par instant, et il poussai! de temps .i autre un lé^er sifflement semblable d une plainte, les yeux ilu reptile clignotaient, sa mâchoire s'ouvrait et se fermait avec une incroyable vélocité, une
salive gluante t liait de ses gencives sur le gaum : c'était
effraya ut et curieux â observer, je vous l'atteste.
A un sifflet plus aigu de l'esclave dominateur, le serpent baisse les paupières, ondule son corps comme le dot soulevé par une brise régulière, se tourne, revient sur luimême, se tourne encore, frémit, s'aflàisse, bondit, retombe anéanti eu spirale, redescend , se tord... et le sifflet du noir, toujours o genoux, est remplacé par dus syllabes saccadée*, brèves, soi turc s, m, m jettent le boa dans un rentable délire bachique,. • Nous étions dans l'extase, dans la stupéfaction.
— Lui mori, nous dit le hardi magnétiseur d'un air triomphant, lui mori | r deux mois ail moins.
^- Oui l'a tué? dcmandaUje.
— Parolej non; sifflet, non; regard, ouï.
— Ou donc t'es-tu connu cette puissance?
— Dans la petif même : un jour qu'un boa plus grand • I « 1 1 ■ celui-ci roulait m'avah-r, je le regardai comme pour Lui demander grâce; prune lie à moi plongeait dans prucelle â Lui ; il se amena, s'endormit, et c'est aujourd'hui un amusement à moi.
— Eh bien ! voilà unedistracLioii que je ne me donnerai
pas, me dit Jean-Jei vec une grimace horrible; mais
c'est d L'ôlc tout de même, et il faut que le serpent soit bien crapaud pour se hisser entorlîlti r par des yeui aussi stnpides t|ue ceux de ce mauricaud.
— Que veux-tu, mon pauvre ami? la stupidité rapporte parfois plus ijue la science.
— Tant mieux, je puis un jour devenir millionnaire. Nous Laissâmes le boa dans sa torpeur, malgré le désir
de Jean-Jean, qui voulait lui briser les reins à L'aide de sa petite hachette, et nous nous remîmes en marche, riches de quelques éludes qui ne seront pas perdues dans nos souvenirs.
Avant de quitter le noir lasciiialcur, je voulus étudier sa charpente et sa physionomie : l'une et Huître se donnaient un démenti.
Son front êlait aussi déprimé que celui des Huit eu loi s; le point lacrymal de son itil droit s'abaissait ainsi que ceux îles finnois/ tandis que l'autre était lai lié a L'européenne; sonnez aplati présentait deux narines velues; ses pommettes s'avançaient osseuses, en saillie; ses oreilles flottaient â c lia mie mouvement de la tête, et, malgré mes investigations les plus scrupuleuses , je n'ai pas pu m'assurer -si ses Cheveux Glaïeul eivpns. bouclés im laineux; ils se confondaient en toulTes bîîarrenieut posées, et, quant i leur couleur, je vous délie bien, vous, Decamps, Ver net, Se h f, ffer , W i n I e rh ait er , U u I a roc h e t de j a m a i s i mi ter ce q u'îls offraient de sale, de terreux, de gluant 1 1 de répulsif... il y avait pourtant une forte cervelle sous cette boite osseuse -
Je vous ai dit. ce me semble, qu'il y avait désaccord entre la face apauvrie de cet boni nie et sa* riche charpente. Jugez-en : cinq pieds dix pouces, une tête fièrement posée sur ses larges épaules, un cou nerveux* une poitrine velue el carrée, un abdomen charnu sans être proéminent, et, dès qu'il tendait les bras, vous vumi j / s'agiter ses muscle? comme des reptiles étroitement emprisonné
Les mains ne Téalao étaient petites, Le dessus, d'un noir luisant, la peau couleur jaune et maladive, ainsi que les oncles d'une longueur démesurée. (Jnant â ses jambes, elles me rappelaient, non pas celles de r Apollon du Belvédère ou de L Antinous, niais celles de l'Hercule Farnése ou du Laocuon ; c'était beau â étudier.
Je ne sais pourquoi Jean -Jean l'avait pris eu antipathie; il Le raîllail et semblait vouloir lui chercher querelle parce que je causais familièrement avec Lui el que je ]^iv;ii< sine sur mon calepin... L'amitié a aussi ses jalousies.
— Cet homme, ce négrillon,, ce gros chien goudronné, me déplaît des pieds û la tète, me dit- il en maugréant : j'ai bien envie de taper sur ses dent oreilles flasques
I comme les nageoires d une bon île.
— Garde- feu bien, mon garçon! il serait capable de te donner en pâture à quelque boa du voisinage.
— Ah ça! vous croyez dune, monsieur Arago, qu'il y en a comme des galets à Ténériffeou des kancretas dans des navires mal outillés?
— Il n'en faut pas la ni pour avaler un chrétien,., Je ne le conseille pas de le trotter à Téal i Lu tiens ,ï arriver complet au pays.
— C'est é£ai, nu ne dira pas que j'ai r a pou né... d'ailleurs il y a longtemps que je n'ai pleuré; les bonnes habitudes Il ne faut pas les perdre, et je vais me mettre â (a besogne.
Sur un ordre nettement formulé par moi, Jean -Jean me promil d'être plus raisonnable, et je continuai ma chasse aux papillons.
Jetais à peine â cinquante pas de la petite caravane, lorsqu'un bruit pareil à celui d'un cuip de hache sur un tronc robuste retentit jusqu'à mol; j'avance, mais mon matelot étendu di ; jâ sur la terre me dit, d'une vois souffrante, que j arrivais trop tard» et que la question était ré-
SOlue,
— Quelle question, drùle? lui demandai-je d'un ton sévère.
— Puisque j'ai l'épaule démantibulée, vous devez me comprendre...
— Tu as donc voulu essayer tes forces contre Téalao?
— Ouï, mais ça ne m arrivera plus; décidément, c'esl un galih-r de premier ordre.
— Commeni ^e*t engagé la dispute?
— Par hasard, monsieur, par hasard : je cheminais s ses côtés, je lui ai ma relié sur le pied et je lui ai demande iMison de m'avoîr mn relié dessous,
— Est-ce que tu deviendrais mauvais sujet? est-ce que tu ne voudrais pas plus de mon amitié que de mon eslim
— Pardon* excuse, mntMeur, j en ai toujours faim cl soif; mais quand une mauvaise idée vous talonne, > comme le courant qui vous pousse à la dêiivc : me voili rendu d mon état animal, comme vous dites.... Normal... peu importe, animal ou normal, je n'eu suis pas moins meurtri pur ce farceur qui est U planté ainsi qu'an artimon, el qui semble a L tendre vos reproche
— Toi, battu, matelot? lui disj< ,,vee un regard de bonté qui donnait un démenti a la sévérité de ma parole.
— Moi pas battre lui, mais Lui bai lie moi. el comme moi pas esclave a lui, moi défendre moi.
— Toi bien faiL
— Sï vous bal Ire moi, moi courber le le. moi courber dos, moi pas me révolter.
— C'est bien, Téalao. aide Jean-Jean à se relever, donne- lui la main, el froile ton nez contre le sien s'il y consent.
— J'aime mieux me frotter â sou nez qu'à sou poignet, dit mon matelot, il y a moins de danger.
Une copieuse libation terminale différend; Jean-Jean, appuyé au bras robuste de Téalao. fui Itissé sur une mule, et notre retour à la maniaque faïenda de sir Darkler eut lieu sans autre incident.