‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 42 sur 82 · IP · texte numérisé non relu

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BmikE CniSAmt, Ji miih, en fflÛ7, QoiaiC, fondée | sr8 I flnamplain, en iiiiïH. Dstiioet r>E Huosotr, Henri lluilsun, en Itflil. !'m:. ut: Haffih, on 1618, l!*? lions, ; ternaire, en 1S10flniB m I'ilhiïi, Ahel Taaman, en 1849, ïïouvei r lasde, le même, en 1 il 4 "J" [les pis V hi s » le même, eu 1f^ï3,

Ilesms Ei a ■ a- - 1 du j de lïriea, en 1045,

Ffoovgi i i;-lij!ET^F.. Dampiftr, eu 17*' l«01i Dl Bamurfû, en 179$,

Taiti, WalMt, en 1707,

ÀACB1P81 des Naviûate.1 r:s. Roumain ville, 170

Archipel he t,a Louisus: , Bouffai n i!le, cil I7ti8.

Tesitig riE l\t:j;.,i'K[EN. un delà Dès m, en 1772,

La ftiuvELLi-CmiMMirE, Cook, en 171

[tas Sawdwfch, Cook, en 1 77N .

Voila, ci rtes, bien des noms Illustres, bien des courages éprouvés, bien des paya longtemps inconnus ei donnt (Europe insatiable,,, (ntes-moi maintenant si, vainque ■■il vaincus* maîtres ou esclaves, dominateur* ou uji beaucou| à remercier I* 1 ciel de t mil de conquih

À ceux-ci, les haines, le* jalouses persécutions desprin-

n qui ik octroyaient sui de nouvelles terres un droit

* 1 1 ■ Nii/crruMi-i ceux-là , des guerres m termina blés et

ihj le sang i 1 iule à flots pi et engraisse le sol

témoin de tant de carnage

Nulle pari 'ii aile juiri des victoires morales.

Nulle pari ou presque nulle pari la rlemenre assise à cdtê de là furee.

Partout, nu contraire^ In canon el I* glaive pour asseoir i;i i m.

Pa rî ou t ail ss i des m enr t res , d es assa sslunls „ (le s n n fiantes re]

i 3 'e « l ! . ;i J* J j i s t o ï re & 1 n i teu 1 1 n des, c'est T h i s loi re

du non venu monde; n'est-ce ] ■ VOUS le dcnuinh , l'histoire, de l'ancien '!

-t-il , oubliée encore du reste de l'univers, une toute petite ilepour ta juelle Dieu n'ait que des regards d'amour?

V n-i-il . au sein de quelque vaste océan, une terre p» que imperceptible ou I " mitié die es autels > ou la Liberté pi e son culte ? Qui le 6 El

Nniis d 'avons plus de continents ri découvrir; mais les un rs n'ont pas été si pleinement sillonnées que toul p r .: . e doive s'éteindre*

que le n -■; ^ur passe vile , qu'il se taise i

Il fi ut laisser h paix et le bonheur d.ms la relrnile que

donnée, Hélas E les Carolines, quelque peu

lies qu'elles soient, ne tarderont pas i subir les desli-

s îles archipels qui les entourent. On ■■ si bien Ml (us-

quV. ; i, que te (lambeau de la civilisation n'esî plus

qu'une torche incendiaire.

i, r i» ,\ t ■. i; o * . — ta J a fl U A ft .

4e. ri [lier au capitaine, ass nchalam ni sur le

ei fumant sa eigareM

— V n'étes-vous v ri * fatigué de ces coi

àiucl isorbent les vivres du

bord et n'aboutissent rï rien

— ITebou rien, répondit*!) nvec a i-

qui ir â tout f '-eident mn roule,

teurrésish !rtrs<(u*ïh me fontvioteoce, et, dés qu'ils outrent courtoisie suis eourtoiiid mon I mr; quant au.\ vivres, il l, lui. t i i i o i i ^ i i ■ n i ■ .\r;

nos fontes j elles en renl junir

mois enenrr, et }r? vousflsaure que vniH ne mourrez pas de faim.

— Mais IV.ni. ne vous manquera-t-clle pa

^ ^^ Oh ! ici. je ne commande plue, j'obéis eu esclave» et si le cîel me refus* ■'■ ■ o , nous lirarons h langue; cependnnl t sons les tropiques , vous savez que les grains ne font pas ut, n les loties , bien nïenlées, r massent, ie heure, assez de liquide peur un mois d'alleu' Vaincu par ces raisons , je touchai ui 'rdevr-

i'i-ni tous les eeeui

— El la faniille, et la patrie? Vous n'y songez donc pas.

— Ma famille à mol, ce sont les marsouins, les bonites, les requins Je» baleines î ma patrie» les océans; des que je suis arri ins un port, dans une nnle, il me semble que

a cible tendu me reproche ma couard >î [e Fort*

roule vite «t je cours au large.

— T rs entre le l p eau t cela est triste,

— Cela Tes! moins tpie de louvoyer entre les hommes et

leurs mauvaises passions ici, nnemls sonl .i mes

pieds * |.i-|. ivcni au-dessus de ma tête; j'ai trop 'l'inûi pendnnce pour me lalre citadin,

— Et cependant, >■/. en mer la volonté des

i capricieux qui tuent 4e nos prévisions.

— Kn vérltd , monsieur, me repliqua-t-ll^'un ton asset i', je n" comprends pas le prédicateur qui «I >nne par su

conduite un démenti à sa morale, Que faites-vous tus prie, depuis que vous aves appris i pei ser, el n'êtcs-i [iris plus coupibleque moi? Je sais i[u< ! mïus mille qui vous reojrotte et vous pleure peul-5ire; pourqi du Brésil ne vous êtes-vons pas embarqué sur un navire faisant voile pour la Pranee?,., Tenez, voilà nue brise qui se d letle, *■• solloque et veillons brin,

je crois qu'elle va nous pi solidement,

— Àmènr ei cargue les perroquets! Y porter!

Mn baul â prendre lux ris aux huniers! Toui te inonde sur le pont! Deus homm i barre»*., évite la In in.

Le navire, bien nnpuyé, laissa souffler la rafale et courûmes au sud-ouest a ver ni w vil de six nœudi

vent Cf>ii de b'uil en houl . car l.i i

fonde eu quelques heures et nous imposa In plus ndc

prudence,

Tant j'i'i! y a de l'eau a courir, j'aime •■ les bris c^rnbinèea, elles semUi ut se mettre d'accord avec l'impatience du matelot, et quoiqu'il jun contre les ma*

mvi-.'s trop tendues, il salue] tujour

heur le cri delà vi ui voit la i <\ rhorîîton.

La voici f quelle soit la bienvenue.... Patae niîc

t et un amai . facile, un >spîialiëi%v

périls, ui la mer! |n

qu'elle non ure avec tant de vélocité,

irses, di-

D'un coté, l« ilouines; de l'autre, lu terre des \' J ■

ona; U, tuisol abrupte, Teux, tourbeux, sai

tion ; ici , une terre récon le . puissante de s c^is,

de h ai al . • A bâbord; courant vers l , des

rives silem ] npl^es seuiemenl de phofpi> de

Iiiu m tribord , ses homn

nomades Intrépide . c wranl ■ p f ttt-

indompl ni .ui . immetui,pi delà terre

Peu el eonr.ijit tout d'une haleine jusqu'au Rio de la

la rafale polaïi J*ai lai hien des années de cela , le^ Malpuh

désertes el n'ofnranl au navigaienr que ses magnifiques

il riches aujourd'hi rdee à quelques la Grande-Bre" . vous nouvel hardiment relâcher .ï la baie des Français on dans toul autre ; delà principale lle»cai i des vivres en

abondance el les m ■yens de réparer les ies que le cap D nm, «I r. t ï i subir.

Si vous coure? vers |i Linenl el que vous mouilli dans une d - nombi -I r^ il esl festonné,

bénêflces vous échapj eut, mais vous visitez un •i[iii- [> urieux du monde , une nation -i part,

l'un épouvante, qui fuit les cités, arpente les ■ h- qu'aux luttes quotidiennes qu'il pro-

contre le pouma et je jaguar, ^ il '< M uls ennemi ftpFtes, le Pata^oi ri »héfi - J, ife L-iille fabuleu

so

dont l'avaient doté les premiers navigateurs; mais sa staturc, bien au-dessus de la moyenne, il ses forces musculaires n'en font pas moins un être privilégié» taillé tout exprés pour le pays qu'il habile et que personne encore n'a songea lui disputer.

vous descendes chez lui : chaùuha) ce mol veut dire ami; vous le prononcez on tendant la main, une main avance vers ! a voir» 1 : vous voila de la bourgade, j'allais dire de la famille.

Chaovha, chez les Palagons , n'est pas seulement un mot, mais \im chose* Chaouha si™nitie confiance* hospitalité- Malheur à vous si vous dm reliez à le corrompre, h le pervertir! malheur à vous si vous vous jouez de ce qu'il a de pur el de sacré I

L'&urope voyageur s'est fait un singulier système, elle n cru que, dans ses relations avec les peuples qu'elle appelle sauvages, elle pouvait « elle devait même user de ruses et de perfidies, et elle regarde encore comme une bonne fortune tout piège, loute duplicité dont elle rend victimes Les peuples primitifs qu'elle visite.... Etonnezvous, après cela, des scènes de deuil qui pèsent son verni sur les nouveau! explorateurs.

Je vous le dis parée i|Uc rein est, parée qui' je te sais, parce que je n'ai jamais eu ;i me repentir de ma croyance. Soyez bons avec les méchants, el vous U •< forcerez an repentir de leur cruauté* Eu arrivant chez eux, ne von s laites point précéder par de l'artillerie; la confiance est nn bouclier, la

ii hise apprend la franchise, la provocation excite au

meurtre; ri rite? certaines nations, nn la vengeance esi une vertu, vous comprenez combien il y a péril a commencer l'attaque.

J'ai Irop « « un h le monde pour ne pas vous prêcher la prudence dans certaines re là en es: m aïs il y a des natui m un rien n'a le pouvoir de soumettre ; ni les gages d'affection, ni les menaces, ni Le pardon d'un outrage ou d'un sacrilège. Eh bien ï même chez ces peuples si farouche vous trouverez plus de sécurité dans vos caresses que dans vos colères, et si je trace ces lignes, si quelque ile malaise ne me sert pas aujourd'hui de tombe, ces' que j'ai souri aux >il tlements des casse-lé t es ei 411e j\ii souvent conlié mon aahre et mes pistolets a celui 401 était armé déjà du ni s h et de la tlëche.

Il m'arrivera pourtant de prêcher une théorie opposée, mais c'est seulement chez ces féroces insulaires do Pacifique, vivant de rapines et de carnage, ne roulant de vous que voire chair à mâcher, votre sa iig h boire, et peuplant leurs hideuses demeures de crânes et d'ossements humains*

Je vous monire lIu ilnigtles Filai, les Salomons. hspelew, Ûmbayet surtout cette nouvelle Calédooio, sol innés* pit;diu\ où' l'anthropophagie est dans la religion, où le chef est celui dont le casse-tele a le plus brise de crânes, dont la bouche a souri I plus d'agonies.

A la bonne heure! des canons braques sur ces iles de lave! à la bonne heure! des descentes à main armée contre ces populations indomptées que le massacre n*assouvit jamais et dont les idoles debout sur la plage, ou les Marais, semblent prêcher le pillage et la destruction.

Mais la Patagouie n'est pas ainsi faite, et je neveux pas laisser planer encore sur ce peuple ipii occupe tant d espace les accusations dont quelques navigateurs oui cru devoir le hVlrîr.

Je vis un jour â Montevideo u u de ces hommes centaures dont les Argentins ne parlaient qu'avec nue sorte de respect* Il avait plus \W six pieds, ses cheveux étaient noirs el plats, ses yeux démesurément allongés , sont front, ses

I commettes en saillies, ses dents éclatantes de blancheur. I portail la tête haute, sa déniait kn > mblait alourdie* et l " ha b i t ude du clic va 1 lui avait tellement a ri | uè Les j n m I tes, nue vous auriez dit nn torse debout sur deux parenthèses. Je n'ai jamais vu de physionomie plus douce que celle de ce clu'i" n; "u appelait Pouba-Pouha; dés que vous jetiez sur lui un regard d'intérêt ou seulement de curiosité, il souriait d'un sourîre fraternel, et quoique sou organe fut un peu ra nque, il vibrait doucement à I oreille et vous deviniez la bienveillance dans les syllabes tombées «l'une poitrine de bronze. Une remarque me frappa surtou! dansai h" 11 n «lusse : c'était L'extrême dêlu-atesse de ses pieds

et de ses mains; et, cependant, la était toute sa puissance, toute El ilomination. Les pieds pour gouverner son cheval, les mains pour dompter le tigre. Pouna-Pouha était admi. rable à voir ; je ne me lassai pas de l'étudier.

Je le vis nn jour se diriger seul el pensif vers un rancha peu distanl de la ville, je l'y suivis et j "eut rai dans le cabaret peu d'instants après lui.

Place sur un banc qui faisait face au sien; je demandai un verre d'eau sucrée, CU m'adressant au Fat&goo, je 1saluai par son salut favori Chaouha L,...

— Adios, caballero, me répondît-il : tu peux m^ parler en espagnol, et si lu connais cette Langue, notre conversation sera facile.

— Tu [-ruses donc que je suis venu ici pour cau^ avec toi.'

— J'en suis sûr, Vovons, que veux- lu savoir/

— Je désire savoir. Fouha-rouba, comment glissent les jours '|tie le ciel t'a donnés, et pourquoi Lu semblés te plaire bien plus (fans les déserts que dans nos cités 7

— Voilà deui questions auxquelles il m'est aisé de ré-

I luidre. Je vis de mon activité, je dispute mon existence aux éléments ainsi qu'aux bêles féroces, et jefuis vos cités parce que je n'ai me pas les prisons.

— Une prison qui renfei me tant de monde n'en est pas une.

— Elle est plus vaste, voilà tnnl ; mais Je boite el !•■ manger n'y sont pas moins cliers à conquérir.

— Puisque m le plais dans les luttes, poursuivis-jc eu allant m'asseoir à coté de Ponha-Pouha* Les villes l'offrirai cm les mêmes avantages que Les déserts.

— Je ne vois pas comme toi, Européen. IcU Les membres sont enchaînés, et vous avez tant fait pour votre bienêtre , que vous ne laissez presque rien a la force et au courage.

— Tu n'aimes donc pas des auxiliaires dans les combat»?

— J'aime ceux que je me donne, et non ceux qu'on voudrait me prêter,

— Quels sont- ils?

— filon [nui, mes boules, un cuchîlîo dans une gaine fixée a chacune de mes bottes, et mon cheval que j'ai dompte. Avec cola, je suis maître de l'espace.

Ces derniers un us, le Patagon les prononça debout et le regard flamboyant : j* 1 le répète, il était vraiment magnifique ,i voir.

— Ainsi floue, poursuivisse, quand tu trouves un jai m.ii- si u ton passage, ton cœur ne bal pas?

— Si, d'impatience cl de joîej Car j ai contre lui mon hi*ii qui ]r serrera bientôt emmue un serpent.

— Et si lu trouves deux jaguars?

— A l'un le lazo, â l'autre Les b ailles ! deux combats, deux triompha s.

— Cependant, tu peux être vaincu; le lato n'est pas toujours fidèle a ta volonté j les boules peuvent s'égarer eu route; et les allures des tigres sont rapides aussi

— C'est ce qui fait notre orgueil \ si nous n'avions aucun danger â courir, nous ne sillonnerions pas nos pampas que" v mis n'avez guère affrontés; et quant aux craintes

; parfois le

lazo et les ijul 110 ïmit pas gijlee à l'ennemi, à moins que Dieu ne s'en mêle.

— Vous avez donc un Dieu dans vos contrées?

— Est-ce qu'il y a des contrées sans Dieu?

— Non» certes, Pouha-L'imiia^ ma question n'avait pas le sens commun.

i Mil rationnelle ; vous autres, cltoyeus des

grandes villes, vous avez des tentes, des temple- des ■ jîises, dans chaque rue. el dans chacun de ces temples,

dans chac • de élises vous possédez nu ou plusieurs

de vos dieux que vous placez sur une croix ou que vous promenez parmi les hommes. Nous, p m res sauvages, nous n'avons qu'un Dieu, un seul, que noih créons dans nuire esprit et dans notre eujur, et nous l'adorons dans

— temple, qui esi L'uni vers.

— Comment l'adorez -vous?

— En lui adressant nos prières, en lui demandant la

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