D'UN POLE A L'AUTRE
amour, ou la source d'eau limpide glisse but un sol riant et parfumé,..
Le^- premiers chameaux de la caravane avaîc ni deviné ; leur tu Uni i est une seconde vue qui ne peur les tromper, et tous à l'envi pressaient leur marche car tous avaient compris nos tortures.
Hélas! tant de désilhisi -e pressaient sons les pied a des courageux explorateurs A» déaerl de Sahara, que nous n'osîons pas nous livrer à l'espérance d'un repos protecteur prés d'une source vivifia ni r.
Le Ijnnhi nrseul est léméraîre et confiant; omis le malheur n'a gu re fui qu'aux menaces célestes*
Cependant la ligne presque touj ours tranchée du grand cercle an diamètre infini dans lenuel nous naviguions parut bien loi s'onduler i des bbï] Lies, «tes aspérités semblèrent se dresser pour combattre cl vaincre la sombre monotonie du passage. Oui ■ ■ u i . le doute n'est plus possible; eur se joint » la forme; ce ne sont plus nés nuages fantastiques se jouant des i péraucesde la caravane : c'est le dattier au tronc filandreux, c'est le cocotier avec aes volumi* neux rê^îrneSpC'esi le figuier sauvage aui larges feuilles c'est un bois touffu avec ses bruyères et ses allées naturelles, ses charmilles, ses H -g aux- moteurs si brillantes
et ses populations ailées dont les cris aigus ou sonores saluent notre arrivée.
Nous ne nous donnâmes pas le temps de pénétrer dans la forêt protectrice, et, pêle-mêle, chacun de nous se laissa tomber sur le sable rafraîchi par l'ombre des grands us que le soleil couchant dessinait au loin en ravissantes ondulations.
Après les premiers élam d'une ivresse si naturelle, après le premier sommeil paisible conquis par tant de fatigues, nous nous élançâmes sous les larves parasols qui noua ■ihriiîMPnL et nous trouvai lu pied de quelques bananiers vigoureux des puits d'une douzaine de pieds de profondeur, ■! demi pleins dune eau fraîche et transparente.
Les parois de ces puits étaient revêtues d'une sorte de mastic luisant et légèrement acidulé. Lasuperliciede l'eau se trouvai riirumlirée de débris de feuilles et de branches
ies; mais û raids de perches ou d'un arc nous les attirions sur Us bords de l'orifice et nous puisions aisément une boisson généreuse cent loi.- plus u i e a* la santé que
liijiu-iiis fortes dont tes caravanes font un si fréquent et si funeste usage.
\\i\ et li nous trouvâmes de» tu mu H recouverts de palmes de cocotier assujetties au sol i l'aide de quel. pies pieux, et, prés -i*- cerl unes mares moins profondes que les puits, de nombreuses traces du séjour ù roasi tes Fer
i m- t'espace. Sur le tronc d'un nendanus, je lus ; « RinL 1793; «sur un autre tronc voisin : Ladv A I r ■ ■ • f8r> » et un grand nombre d'autres inscriptions presque eniîercmeni effacées par 1rs déchirures de l'écorne des ;ii ■ i
Je visitai enmre le bois, mais je ne trouvai pas sans une joie bien vive une bouteille suspendue à une branche de figuier, et dans cette bouteille une inscription en anglais et eu fi-iinçais, ainsi conçue;
v tout voyageur, salut :
« Si unis voulez vous diriger en ligne droite sur Ma >>'■, suives la direction qui vous sera indiquée par le grand figuier où celle bouteille est suspendue, et U- bananier séparé de lui par une douzaine de pas Une oasis presque aussi belle que celle-ci i à dix lieues a l'ouest dans l.. direction de ce même figuier cl du .lier brisé, au \ dn.jiii I esl un puits où L'on descend par dix marches i u sable mystique,
Respect à celte bouteille août une semblable i ri.
enterrée au pied du figuier, et une troisième se trouvera encore prés du grand réservoir de |*oa ; m nord-ouest de ce lieu de déïi ;es.
Je heurtai du pied un squelette blanc et mutilé, sans tête... Quelques lions affames étaient veuuj sans doute
promener par lé en mfcme lemps que le malheureux dont ses amis attendirent vainement le retour.
Un petil coffre en chêne bien cerclé était la aussi sur le pion, :i coté dune mare boueuse,
\S couvercle a" moitié brisé, les papiers épars ci cl 11 la terre profondément labourée aux alentours, attestaient une lutte rude et sanglante; un tigre ou un lion passa sans doute aussi par là quand Le voyageur achevait la relation de ses yhv.i . .vers le Sahara
En réted'nn volumineui dossier, on lisait :« Le capitaine Middleton, partfdeGorée le 11 juin 1814... > Quelques lignes tachées de boue et i|+- sang étaient Illisibles le reste contenait une longue relation assez m, -il horribles souffrances éprouvées dans le désert par la caravane dont le capitaine Middleton faisait partie.
Je recueillis avec soin toutes les feuilles de ce douloureux itinéraire; mais le lendemain, lorsque je voulus 1rs mettre eu nriln \ je tse les retrouvai plus.
J'ttssuy.'ii quelques plaintes au cher de la caravane; il me r> pondit que r "était bien assez qu'on me permit de prendre des i qu'on n'accordait pas un* faveur égale
>*w< tVv voyageurs, et que les papiers et le coffre rivaient été livrées n n\ Il - 1 ■ ■ 1 1 1 ■ - - pendant mon sommeil.
Je crus - cette parole, mais le drôle mentait, et je sus à <:i arrivée -■ Maroc qu'il avait vendu le tout un prix fort
slei au consul anglais, qui renvoya peu du joués après à
■i Société de géographie de Londres*
La veille de noire départ eut lieu une éclipse partielle île soleil, et i ma grande surprise, ni les noirs ni les Xral.es ne furent efi ■■ de ce phénomène céleste qui passa sans causer la moindre émotion. Les coursiers et les chant** i ix seuls s'accroupirent et ne voulurent se relever qu'âpres rentière liberté du grand astre.
Quant aux habitant* ailés de l'oasis, je ne remar.imii point que leur vu] devint moins rapi le, que leurs chanta .■r leurs cris se fussent seulement modifiés*
Tu iblfl s'abattit au milieu du camp,, mais nous ne pûmes p; is dire si la faillie, ou la peur avait occasionné chute.
Les Arabes augurèrent favorablement de l'arrivée de ces hôtes, et ils témoign^i-eni leur joie par de copieuses li« bâtions.
jleux heures après, nul d'entre eux n'avait la conscience du jour nu de la nuit, Qu'on vante encore leur Sobriété I
Le loucher du soleil fut splendide; ses derniers rayons coloraient de teintes pourpres les rimes des arbres» et
s étions plongés dans nue douteuse obscurité au sein
de laquelle, sous Tes bouffées caressantes d'un vent frais du nord, nous appelâmes le soleil prompt à nous visiter*
loin! de tente a l'air, point de prison aux poitrines oppressées; un large rideau ne n<>uv voilait qu'imparfainl le ciel touffu, chacun ressaisîssail ceUe imitante vie si prête a lui échapper dans les Û tsastres de -ri. et vous ne sauriez vous faire une idée du magique tableau offert par le calme de ces êtres à" la sève si chaude endormis et silène ieux r me les solitude* qui les embrassent.
La journée qui suivil cette nuitsi calme et si balsamique
fut torréfl mie, et i> y aurions tous succombé sans doute
sans Le généreux abri que le ciel nous avait dm m
La main brûlait aucontaci do sable au soleil; k feuill criail comme sous nue flamme ardente- le gazon se tordait a ta corrosive haleine du vent du sud-ouest qui s'était dos corps ruisselaient, nos forées s'en iillatoni à mesure que le p ml astre envahissall ratmosphère; les ebamea m eu>mémes demandaient ^ce par de sinistres I. déments. -
Mais tout â coup In l.rise souffla au nord, le feuillage reprît sa fraîcheur, les quadru] des leurs allures indépendantes, les Aial.es leur espérance perdue el l'oasis sa ma gnili [ue splendeur.
Cependant, par cela même que ce séjour de bonheur était un énergique démenti a la sauvage nature au milieu
de laquelle La main de Dieu V avait jeté, 31 pouvait nous devenir mortel*
Aussi, après une grave résolution, les chefs de la caravane décidèrent-ils que le départ aurait lieu le surlendemain; une demi-sédition éclata, et peu s'en fallut que Je sang ne coulât, car la lièvre du séjour était aussi ardente i.l.i ni certaines têles que Le désir du départ l'était dans les autres.
Les femmes apaisèrent la querelle, et Ton décida que le nombre L'emporterait ; la question fui résolue à 1" instant même, et la paix vint de nouveau s'asseoir à nos côtés au m o m tint et aux heures du sommeil.
Un noir et mur négresse, sa lille, succombèrent pendant la nuit; nous les enterrâmes avec les cérémonies eu usage die?, les Arabes; leurs amis aplatirent la terre eu dansant ou plutôt eu trépignant sur leur tombe, et le lendemain ils ne se souvinrent plus de la perle qu'ils avaient faite.
J'écrivis mou nom sur un papier, que je plaçai dans une boîte de fer- blanc; je Le gravai aussi sur une écorce d'arbre...
Veuille le ciel que quelque heureux voyageur tienne ine dire qu'il les a vus !
L'Arabe est essentiellement religieux: il croît avec ferveur. La foi, c'est sa vie, sou espérance, sou salut.
Si T Arabe est frappé par un lléan. il prie pour apaiser l;i colère céleste. Si le bonheur le visite, il prie pour que li- prophète ne lui relire pas ses béuédiclinus, IJans cette ravissante oasis que nous venions d'atteindre après ru ni .!
luffranoes, la joie Ait tellement ii*e que les mûrs, oubliant leur idolâtrie, se llrent musulmans pour prendre leur part des plaisirs que les hommes Inouïes auraient loul d'alnml voulu pour eux seuls*
Le bonheur est souvent égoïste, mais quelquefois aussi ses faveurs se répandent au dehors et le pauvre respire pi us à Taise sur le seuil de l'opulence*
C'est un spectacle à effrayer la scieur ■ ipie eeluî qui est offert par toutes les oasis jeïccs dans le désert,
ïcî le sable et son éternelle aridité; là une verdure fraîche ei riante,
lei une nature en deuil, là un riche manteau coutre les ardeurs d'un ciel calciné*
Ici une atmosphère muette, là une brise légère et balsamique faisant h ru ire le feuillage, et craignant de mourir si elle sort du cercle ombreux dans lequel on La voit pour ainsi dire jouer et papillonner.
Et pourtant malheur à la caravane imprudente qui s'endormira il trop heureuse sous Les ailes de La brise caressante; un jour arrive où l'oasis est profanée, où sou magique parasol tourbillonne à l'air, où les oiseaux, qu'il abritait sont lancés dans l'espace, où Les bras robustes des grands végétaux du lieu de délices sont brûles et déchiquetés..,
Kl ce jour, c'est celui où Je féroce dévastateur se lève, bondit, s élance, envahit, nivelle, embrase tout ce qui se trouve sous son haleine corrosive...
Ah! alors» alors, nul ne raconte les désastres j Le sable a fait son office et La tombe est muette.
Mais le jour est limpide, L'horizon d'azur, le temps sans vapeur, le ciel sans auréole». Suivons les dames, écoutons les chants des noirs et des Arabes confondus dans la mémo ivresse, dans la même religion.
Ce qui endormirait l'Européen réveille l'Arabe*
Ilien de plus triste sein ci moi, rien de plus soporifique, de plus monotone, de plus m or le! que celte musique à trois notes répétées à égale distance l'uneed,. l'autre ei accompagnées d'un bruit de tambour en cadence» sans modulation, et par conséquent sans harmonie.
Lis musiciens sont arernupis an milieu du cercle des danseurs qui attendent le signal donné.
Les figures ne si ni (guère que des passes plus ou moins élégantes, plus ou moins gracieuses, des bras d'hommes sur
Va tète ou sur les épaules des danseuses presque immobiles
d'abord, et qui no s'unirent que lorsqu'on les a voilées d'une pièce tfétoffe, tantû-l Mené, tantôt blanche ou bariolée, sons Laquelle leur pudeur n'est plus alarmée.
On marche avec gravité, «m trépigné, ou psalmodie des paroles gutturales dont le sens est près- pie I ou jours un chant de dévotion on le récit de quelque action d èclal du prophète, et après un quart d'heure de cet exercice peu fatiguant* les danseurs s'accroupissent pour faire place â de nouveaux lieurants*
il n'est pas rare que ces dm ses soient le prélude de quelque union intime» et qu'un véritable mai vienne clore la fête de l'oasis. La joie prend alors un caractère
tilus décidé, les trépignements sont plus fébriles, et a ce omit inaccoutumé de la caravane succède le religieux nitance du recueillement, car tout es! solennel dans le désert, le calme comme l'agitation, le chant comme la parole, la marche ru in me le n j >
Si la gaieté est commun icalne, le silence a nus^i sa C0n« II: ion. et je ne saurais voua dire tout le recueillement dent est saisie la caravane aux scènes de plaisir, de détâs* semenl et de tendresse qui succèdent, tu sein des oasi aux brigues et aux plaisirs du désert; vous croiriez que l'on craint de réveiller le Lion dans sa tanière, ou le simoun captif au sein de l'étemel.
Un mariage s'accomplit, pendant mure séjour d l'oasis, enlre une jeune lille de quinze à seize ans, sœur de l'homme enterré dans le désert, et L'un des chefs les plus braves de la caravane, La jolie fille, accroupie sur ses talons, reçut les cadeaux de son galant Daneé avec nue grâce, avec une modestie vraiment édifiantes : elle fui couverte d'étofll moelleuses, on lui orna Les bras et le cou de bijoux et de bracelets d'or rt de perles; et pour dernier cadeau elh reçut un des plus magnifiques chameaux de La caravane, ainsi qu'un cheval biuKê superbement harnaché.
Après quelques compliments et quelques serrements de main*; fort expressifs, la jeune fille m mta le coursier qui venait de lui "'-ire donne, et franchis ml l'oasis T elle ! lança dmi s l'espace en le faisant voltîgerçaei là, de la vois, de T éperon et de ta main.
De retour après ses évolutions, A h. le lia h reçut avec nue <-.rtc de vanité Me" pardonnable les éloges île ses amis, el s'assit loule glorieuse auprès de son lîancé*
Les chaula el Tes danses qui précédèrent le moment ou l'Arabe conduisit sa femme sous la tente qui leur a vu il été préparée avaient un charme, une douceur inexprimables.
On voyait que c'était le prélude d'une scène de re-
< h "illemeni el de tendresses laquelle, par Le souvenir ou
pérance, tous les spectateurs aimaient â prendre par L
La nuit fut calme, heureuse, parfumée; un lion vint rugir près du camp ; mais, soit que L'éclat de nos Lumières Lui eût inspiré quelque crainte, soit que sa faim eût été apaisée en route, il ne jugea pas convenable de nous attaquer.
Assez d'émotions nous avaient escortés depuis notre départ du Sénégal, assez de sanglants épisodes avaient assombri mitre vovage noue que nous nous montrassions peu désireux de la visite d'un pareil hôte, et Le redoutable . meneur « par un dernier rugissement pareil au roulement du tonnerre, nous prévint de sa retraite comme s il avait craint de ti ou hier l'harmonie de La fèlc â laquelle nous venions d'assister.
Les danses des noirs sahièreni notre réveil; m os ici rien de calme, de suave, de riant ; ce Fureur des cris, des trépignements, des vociférations, des contorsions horribles, des emportements de possédés dont aucune parole ne saurait peindre le désordre* Chez ces hommes nés sous un ciel ue bronze, sur nue terre calcinée au milieu des ouragans qui emportent leurs demeures, sans cesse en haleine contre les tigres les boas, les crocodiles, les rhinocéros, les Lions et les pinlhcres qui Leur disputent le sol; chex ces hommes, dis-je, tous Les sentiments sont des passions, toutes le- passions une frénésie.
IV UN l'OLE A L'AUTRE
fil
Chez de pareilles natures nées dans mi jour de colère, l'amitié, La haine, la douleur , la tendi la rage semblent de la même famille, enfanls de La même émotion.
Les rôtes de ces hommes, leurs caresses ou leurs vengeaucesdoniKmt ir wMi.x et vous i ! assister a une curée de loups voraces ou de hyènes affamées.
Je me vis un instant transporté aux Sandwich, où j'avais assiste déjà sur nu sol rie lave ■. d^ • h uses semblables, a • i> ijeni non moins effrayants.
La troupe sonore dnnna le signal du départ, et Les chameaux, agenouillés pour la charge qui lenréinii imposée, liiL'uj entendre à leur lour une sorte de vagissement annon- ■ni chez euxles meuaees de fn figura nouvelles, La source bienfaisante à l'aide de laquelle nos outres furent remplies, attendit le retour des orages pour se raviver, el une heure après, quand le soleil avait part déjà Les deux tiers de
s.i nuirse, le camp foi levé.
.Mais quelle ne fut pas notre tristesse, lorsque napprîmes que les deux nouveaux époux ne voulaient plus affronter les colères du désert. Prières, larmes, supplie. itiens, nui lires, rien ne put vaincre la fatale résistance d'Abdelhh er de sim mai i i Leur résolution était, disaientils, uni! inspirât) lu ciel, et quand nous Leur prédisions
les horreurs de la disette et de la soif, ils nous répondaient oue ïu'cu v pourvoirait, et que nutis étions des impies de douter Je la clémence céleste,
Nous dîmes un douloureux et dernier adieu à ces fanatiques, el bientôt les cimes touffues île la splcndido oasis s'effacèrent derrière nous dans les grisâtres vapeurs de l'horizon.
Une brise limpide du nord avait rafraîchi l'atmosphère; pour la première fois depuis notre départ nous nous étions vus contraint s de nous abriter la nuit sous nos couvertures, el u- ois aspirions par ions les [nues ce premier salut «r n tu- t. mperature qui nous annonçait Les rivages méditerranéens.
Chacun se félicitait d'une course si heureuse, puisque peu de victimes étaient échelonnées sur la roule; tes eau* série: a" ^enaieul plus actives, les chants moins réguliers plus rapides, et cependant les chefs ik a la caravane, alientifs ei inquiet parlaient -i voix basse, et levnicnt soui les yeux au ciel pour en étudier les mystères.
Les otseaui glissaient sur ims Lûtes avec une incroyable vélocité, poussant des cris d'effroi ; tous suivaient la mémo direction, et il n'èiail pas diflii-ile île deviner qu'un grand danger Les menaçai! dans leur repos.
Les étoiles pointant: ne scintillaient pas avec moins il elat. l'horizon était ilégagé, Le dernier croissant de la Iuim s'effaçait la-bas. lé-bas, dons une vapeur diaphane, et la brise souf liait odorante avec \mn courtoise régularité,
ILêlas! c'est le silence du reptile interrompu par le cri ■l VITroi de la victime, c'est le mutisme des Huis que le redoutable raz -de- marée va soulever jusqu'aux nues.
Le jour arrive. Tout est changé parmi mois. ;nii.nir ùV unis ; cite vaux et dromadnii es Fûiil face â l'ouest et piaffe m comme si un feu souterrain les brûlait,
imoun ! simoun ! simoun :
Ces dens mortelles syllabes ont relent i ; gare maintenant •
te sole il s'élève, mon t e, s 1 élargi t et | m ra il s*ar ré r or .
ll'est un disque immense que votre prunelle Bxi sans en être blessée; sa niasse est r ittge et comme incessamment zigzagua e par des estafilades motos colorées, pareille ces éclairs blancs or lipides qui traversent L'atmosphère o lors qu'elle est limpide ut pure.
Autour de Lui se dessinent régulières, tranchées, des zones violettes, bleues, hiafardes; et au-dessous, ardents comme des brasiers, vous voyez des crêtes aiguës, tailladées, fantastiques, nageant sur nu océan de iVu, dans bquel elles -.einblent v.'mloii abîmer
'■••s n a çn n tes aspérités sont des masses véaiculairea
dont les lianes ténébreux emprisonnent l'ouragan prêt à se déchaîner », H
Celui*ci les ouvre enfin»», le grand astre se voile, l'homon se resserre, le ciel s'embrase, la terre frémit, L'aval |: n-ive prompte comme L'aérolithe ; elle tombe, elle envahit, elle emporte dans ses aspirations les collim 'in'elle nivelle, 1rs grands végétaux quelle a rainai dans sa course de getnL
Eïlecomble les vallées, elle changé la face du sol qu'elle balaye. Mamelle, creuse et bouleverse; elle devient dominatrice, impérieuse, despote; tout ploie, tout secourue devant relie ipii ne (ail grâce i personne, qui se rît des tarons de la tenvur. des désespoirs di L'agonie.
'V qu'il lui faut û elle, indomptée, souverain.', I immensité ; ce sont les ruines, des cadavres â engloutir.
H'esl le deuil, la nuit, le chaos,
La voici maintenant.
Notre caravane se croit à sa dernière heure, La voici avec son r e .(esabli-. qui fouette le corps, le picote
ï'J b' brûle «■ l'étincelle électrique. Sa voix, c'est un
sifllcmeiiU un eri sinistre; son haleine, une odeur de si mire qui vous l.- touffe ; vous n'osez pas la regarder en rare, vous vous agenouillez pour lui donner moins de orîse... prenez garde! le sable amoncelé va vous servir de linceul mon u a ire.
Les chameaux le savent, ils piaffent pour ne pas être engloutis vivants : ils se tiennent serrés les uns contre les autres; ils montent, ils moulent toujours; Us étaient dans un wilhui, li'- voila sur une cime, d'où ils redescendent bientôt poussés par la rafale carabinée.
Ou sonl les tentes» les provisions, les coursiers?
Où sont les hommes qui oui osé braver le désert?
iilicrcl.cz, vous en i routerez quelques-uns, mais brisés, mais mutilés, sans force, sans énergie, sans espérance, car le simoun dévastateur n'a pas encore épuisé loulc >a rage.
Est-il jour, est-il nuit? ijue vous importe? Vos yeux sont clos, le sable les calcinerait.
El cependant le gravier qui Nmrhi lionne tombe, se ravive, serpente el retombe en attendant l'Un bililé â laquelle le eiel l'avait condamné
Ce que vous avez a faire, an sein lu di astre, ci 'est de vi mis livrer à sa merci, d'attendre et d« prier*
Mais llpurigtu l'apaù
■ II] - ■ '. iim- OU Ltlriss',
'l'util csi bouleversé.
Uans l« désert iminenï ■ L'ibis seul se balance, I ■ -irn-iiiii . f.il-.i sur L'horrible soî-hc Demain si Dieu promène Son regard tum puissant, jl vern la pan mens Creuser, ouvrir la terri ■ VA se gorgée de sang.
Nous nous comptâmes».,
Ce fui une désolation.
Presque tous les noîrs avaient disparu dans le tourbillon; six Arabes engloutis dans te sable laissaient voir louis rKhvmités crispées par la douleur; deux cbameaui el quatre '1- s nlus vigoureux coursiers gisaient sur Le sol crevassé et ne donnaient aucun signe de vie.
Les tentes étaient où le simoun les avait portées , les outres, h-s provisions ne se retrouvaient plus, el un dromadaire, celui qui près. pie toujours avait ouvert la mar-
ebe s'.-mport, instant après la catastrophe, et, comme
frappé de vertige, il s'élança vers le désert «le toute la rapidité de ses jai rets, sans que la trompe à laquelle N avail obéi jusque la eût le pouvoir de l'arrêter*
En creusant le su!, nous I vimtiecetie mère attentive
et dévoilée dont je vous ai parlé, ensevelie sous un épais Linceul de sable, ei abril.iui dr son corps inanimé ses pauvres enfants étouffés comme elle.
Quant à mol, qui avais eu la précaution do voiler ma Nuire d"un masque pareil à celui de nos sel recouvert d'une iriide gara bleue, je ne dus mon salni '|uïi ma présence d'esprit ri au soin que je pris de me cramponner au cou d'un chameau, dont j'imitais le piaffement* j'étais brisé, disloqué, cl si ta désolante rafale avait duré encore quelques instants, je partais avec elle, ci je ne vous conterais pas aujourd'hui les phénomènes dévo* râleurs de cette partie de L^Àfrir^ae centrale» si curieuse à
étudier- Tout Imparfait qu'il soit récit roua décidera
firnl-f'ire rt tenter l'entreprise.
Les débris de là caravane recueillis avec avidité, l'ordre â peu près rétabli, les forces nommes par le calme et la sécurité, car de pareilles désolations, Pieu ne veut pas sans doute les renouveler . à de courts intervalles, miin- mm-rlHlui reprise vers le nord, et c'était, je vous l \t i leste, un iil'lligéfliil spectacle i|iie celui que rums offrions.
la-bas, la- bas, un torse qui ne souffrait plus, eugloulî a coup sur dans un.' montagne de - ; 1 1 ■ 1 « ■ ; plus |inVs f un grand nombre de vie limes, parmi lesquelles des frères, des mères, des amis dévmtés, ei maintenant une joie impossible à raviver.
On ne se parlait point, on se regardai! d'un mil morne, dêcnUTMiié ; l'ouragan avait dure six heures, ef. nous venions de parcourir une quinzaine de lieues sous un soleil resplendissant*
Nous respirâmes la nuil.
Les refiles de nos provisions Furenl altaquées avec une sorte de délire, puis un sommeil réparateur noua permit d'oublier pour quel j nea instants les calamités du voyage
Au réveil, nous entendîmes des glapissements loinlains, des rugissements sourds ; mais je ne pua rouiller â t'homon pour voir où étaïl le péril, car tues êdinsses avaient disparu dans la tempête.
Cependant nous ne fûmes pas inquiétés par les panthères, les tigres et les lions; ils savaient tout aussi bien que les vautours où leur repas se ferait avec plus de sécurité.
Au point du jour, une brume légère nous apporta que!" ijue fraîcheur; on peu de rosée rail humecté E.i superficie ■lu sol, h il nous parul que nous avions changé de climat.
Le sa! de de la route» comme si le désert une roule,
h "us parut plus solide, muins In niant des chaleurs passées ; les oiseaux vinrent en familles plus nombreuses volfiger anlmir île la e donne, et nous reconnûmes enfin avec bonheur qui- nous* titrions dans la sone pierreuse qui procède celle des arbuste- ci des i onces.
U joie inattendue ! ô délassement de toutes nos fatigues Le désert est franchi, noua iTavons plus de périls à braver, de simoun a craindre, de hôtes féroces à combattre, de soif ardente â redouter,
L'horizon si 1 rétrécit et s'ondule avec grâce, ta zone pierreuse n'existe \\\\s \n*& cette partie du désert. U-bas pourtant des rimes chevelues, des dûmes d'une verdure riante, épanouie, sous laquelle non- ntkmltmt le repos, le bonheur, l'oubli des lotîmes.
Voyez quelle nature majestueuse se développe nu regard 1
Le paysage est magique, sublime, immense, il s'étend, s'embellit a chaque pas par de nouvelles richesse eoliu-e de nouvelles nuances; el derrière lui, â peu de distance, la mer, la mer avec ses flots limpides, son bourdonnement, ses voiles, ses brises voyagi m -es.
Vous voyea doue hi' 1 !] que le désert n'est pas un lambeau pour tous, qu'il est aussi une récompense, une consolation,
Oh! pour celle fois nous remercions le ciel qui vient dt mettre un ternie à nos seulfram
Des c liants se font entendre, ta ma relie devient plus rapide.
Au milieu de ces élans d'ivresse, les chameaux seuls courbent gravement la Lé Le el semblent noue reprocher nos transports.
Kli ! que nous importent les caprice* de ces quadrupèdes vagabonds, insensibles aux joies tranquilles d'une nature moins tourmentée! ("est pour nous seuls que llieu dans sa clémence a doté ces borus, triste ceinture d'une si puissante» d'une si fraîche végétation.
Nous avançons, nous avançons encore, et les forêts nous fuient ; nous i ti ucher de la mai m nous m i en-
tions le murmure des fiots méditerranéens ^uî vienm mourir sur h plage, nous voyons les ailés habita nia de ■e séjour de déliées errer çà et là comme de jeunes flanc tu travers des feuillage- qui les distinguent. .,
Nous n'avons plus faim, nous n'avons plus Noif t tout besoin a disparu en face d'un bonheur si rappri :hé..«
Un pas de plus ei. toul s'est effacé ; ces Ilots limpides, ces joyeux habitants dis aîrs, ces forêts aromatiques, ■ murmures ravissants d'une nature endimanchée, tout, absolument toul est mort, el nous nous retrouvons dans notre
étenud dësiiï avec nos r erreurs, notre épuisement et la soif qui devient plus corrnsivA,
l^es chameaux avaient raison , ils ne se laissent !^uiuv prendre au chatoiement des mirages, eux, façonnés aux
misères et aux déceptions du diWt.
\(:Kî VliK AD KÀBOC.
C'était i recomn cer, c'étaient de i hmus périls ;î
braver, Av nouvelles calamités è prévoir, et le courage et la constance s'en allaient.
Rien n f est mortel comme une désillusion.
L'âme el le corps sont frappés a la fois, el les plus ênerii m -ment du péril sont ceux qui succombent le plus aisément.
Les chameaux pourtant ravive nuit nos forces éteint ils bramaient par intervalles, et puisqu'ils étaient restés muets dans le désert Souf le coup d'un soleil de feu, sous l'haleine corro&ive ■ fu sir icco, eu | de l'immensité
qui se déroulai] devant eux, noua «h i penser qu'une nouvelle nature, de nouveaux phénomènes, un ciel pur, une atmosphère m uns rude, h* repos, le sommeil, la se* curité nous atlewiaienl non loin de là.
Ge qui surtout me jetait de l'espérance au craur, c'était le vol de cerlaîna oiseaux qui. après éire arrivés jusqu'à nous â lire d'aile, planaient un instant sur la caravane,
: -.lient un cri et reprenaient joyeux la li^ne par-
courue.
Ainsi Colomb, au milieu d'un océan moins périlleux • pie celui dont le simoun roule les iKis rie sabb* ci de gravier, redomm-t-il du courage aux matelots en révolte qui voulaient, par une honteuse retraite, loi - mener smi Immortalité; ainsi osn-l-ïl leur jurer sur l'honneur qu'une h-ri i- 1 [ail l.i. d'eux, el qu'un .jour encore de perse 1 rance les récompenserait de leurs faiigm 1 1 de leurs dan gei s.
Nul indire n'est perdu pour le voyageur attentif errant dans te désert.
PîhI événement n'eel -iMrilc nom- le navi ir égj sans boussole el sans soleil ;iu milieu des océans
Ici h baleine, les marsouins, les phoques, les poissons volants, lés pingouins» les bonites ont leur lancée, et , i|ii.'nLil le ciel voilé est muet, lescaui parlent etguidenl In carène aven lurette»
Pans le Sahara, les aaMes nnt aussi leur langage, leurs ni. le ciel a ses prédictions, ses avertissement fi irrécusables; et quand les airs et le sable gardent le si* tance, le dromadaire prend I* parole, el ses allures fringantes mi a lui i ru u> m^ilI un signal d'espérance on dedé-
Nrtlatiiiii.
Oh ! maintenant le doute est impossible, la réalité est là,
Dieu ne peut pas se donner un démenti ; le désert s'étend derrière nous, et t devant, la caravane, respira ni i l'aise fi foulant nm- i.m- puissante, où se dressent uV-
tes solides, se dessinent des montagnes avec leurs aS] rites, leurs profondes vallées, leurs forêts séculaires, leurs siumti s l encreuses.
Nous rentrons dans le monde habité, nous allons voir des hommes, de- di meures closes. Iû sanvageriSj le des-
rnitisrih- luttant encore contre La civilisa lion ; mais ta est 'hospitalité, e. m. sainte vertu des premiers peuples de la terre,
La, de sûrs oh ri s contre le soleil qui calcine» contre le lion et le tigre qui broient, contre le simoun qui enveloppe et engloutit, contre la soif qui corrode el fait absoudre le blasphème.
Voici le premier arbuste!
Dieu, qu'il est beau ! que sa li^eesl rigoureuse! que sa verdure est doues que sun parfum esl enivra ni '
L ortie épineuse, au sortir du désert, c'est le frais bon* qnet de jasmin qui s'épanouit à l'air dans un parterre emaillé.
Le paysage s'enrichit,..
Ge n'est plus un arbuste rabougri qui avec lier Lé s;i
tête au-dessus du sol, ce tfes! pas la bruyère sans sève m sans couleur, qui se traîne péniblement, c*esi un large rideau d'oliviers aui branches tnrdues, aui troncs noueux: ce sont les élégants palmistes promenant si loin de leurs pieds les panaches onduleui qui les nui ion tient; c'est un clair ruisseau qui les alimente, c'est le papillon qui se joue dans les charmilles ; e> I le lézard qui se cache;
si l'hirondelle vagabonde,,, et mieux que tout cela, c'est le bruit, celte musique éternelle du monde, le bmii qui a sa poesii a ivresse, sou délire.
Silence 1 un cri est arrivé jusqu'à nont É
Les chameaux ont in pondu par un hèlemenl prolongé, les coursiers on 1 henni, la caravane a poussé son chant d'allégresse :
Ail : Ukhl Allah!
[Tous venons d'entrer dans le royaume du Maroc.
Voici des plantations régulières, des m lisons fraîches et polies comme L'étalage dune blanchisseuse.,». Voici» hommes.
>us suit, on nous questionne, ou nous plaint....
Insensés! plaindre les voyageurs éeli;qqn\s aux désastres du tiégerl !
Ceux-là seuls sont â plaindre qui ne l'on! point par* couru, qui nom p^ëtnniéses sauvages caprices, qui nonl poinl prêté I oreille à son silence, qui ri ouï jimnl uuiillé il ins m> luirizons si tranchés, qui n'ont poinl VU l'iLis pla- ■ ■.il 1 1. du haut des eiew on perché sur un «oui pieu tu sommet de La dune; ceux-là seuls sont à plaindre qui n'ont point enlendn le u.ini^-.rin ni du simoun, bote fatal de ['Afrique centrale, fléau d<- Dieu qui punil suis miséricorde, étouffe le râle el rii de l'agonie.
la caravane campa sou> une épaisse fmvi d^nt La plupari des chameaux connaissaient les sinuosités,
j'entrai dans la ville, je me présentai au consul qui me reçut avec b é.
Le lendemain, je m'empressai d'aller retrouver mes compagnons de voyage, et je serrai la main ,i dmx AimIu-s avec lesquels j'avais presque toujours marché côte à cote.
Infatigables, indomptés, ils parlaient pur la Mecque ions peu de jours
L'Europe me paraît bien prosaïque après ces majestueux et imposants tableaux.
llt'iw joins api. s. un coup de canon du port m'annonça (arrivée d'un navire européen. Je me levai en toute faite iirui tailler .'i 1 1 r> i-iH-relie des nouvelles du pays né j'a-iis laissa toutes mes ioies, toutes mes espérai ires, une famille, une mure.,*,
A peine étais- je snrli de la case humide et basse qui me servait .I" ;i si N ■. que je me sentis saisi au collel
— Halle-là [ me dit une voii bien connue, halte-la ! se* goor, et voici qui va vous arrêter quelques instants en rou le.
— C'est toi, Jean-jenn ! m/écrïai-je en sautant au COU de mon brave matelot; lui, ici?
— Moi, ici, moi partout où vous êtes; partout où vous serez.
— D'où viens-tu ?
— Belle question. île là-bas, du d use ri.
— Avec ma caravane!
— Avec votre carat a ne uni n'est pas plus vol ni que mienne, avec ces s ipajniis iV Arabes et de noirs, ave.- k simoun, les trombes, in pesiu, l "oasis, le mirage* tout le tremblement cl tous Les chameaui qui ont plus d'esprit rpie vous el moi quand nous eu avons l>eauCOU|) ... Ali 1 roua croyez qu'où se débarrasse de Jean-Jean comme ou le ferait d'un vieillis bit fripé? Non, de par tons le* bords du monde, Jean Jean a* est dit un jour votn .mu v.usvou* êtes dit Le sien, le reste me regarde. Maintenant j pi eue» mon liras* et eu route, que cela vous gêne ou non.
J'avais le c<enr gros de larmes aux pare affeclueu de c*' brave ga non "don! le dévouement m'était si précieux.
Nous continuâmes .1 marcbei cAtea càte rers le port, ci il m'apprit en roule par coin hieu «le nnes plus délicates les unes que les autres il élaii parvenu â se dérober i ma vue pendant le douloureux voyage que nous venions d'accomplir.
— Ji- n'iii pas voulu, me dil-JL v nus donner deui en nuis pour un, dans ce pays de libres cl hle que 1rs damnés
.ils silbmtieui la nuit, eues fous seuls pendani Le jour, Si vous vous élîei un peu occupé de moi, vous n'auriez pas |iu voue occuper tout a laîl de vous et vous seriei resté en rhemiu. Mais ne perlons plus de cela ; nous voici au 31 iroc, ► quelques lieues de l'Europe, a une enjambée de cbea ; quel est votre projet?
— Ile te renvoyer chei toi el de continuera courir le monde
— L) abord, altesse, je n'ai |».is de chez moi, vous le sam de reste; en second Liin. >i vous ètc z ing al |i-inr vouloir vous i asser de ma personne, j- ne serai pas nssi-z sot moi, pour vous quitter; avec vous, mon
prince, je me sui> u iv.- .i.-u\ lus j*ei été mangé ; je
crois donc qull m'est permb •■ continuer W meim ^enre
dVxi rriei i -on in • n :■ iv> ra moitié eu Europe et moitié en
Aiiiéri'jue, \v mVn lave les mains,
Eli bienl mou garç c'est, eu etfH, r Amérique qui
m 'appelle, mais une Amérique ne ressemblant en rien â ci llr que nous a^ous déjà visitée, une Amérique abrupte, sauvage,.*.
— Ca me va.
i— Une Amérique imposante par ses rochers el ses r;is> rades, comme le Brésil l'esl |iarson soleil et sa légétalion,
— Ça me va, vous iii>-je f j'avale v- chers, j'avale vus cascades, j'avale vos sau^ [ces; mais ne me parlez [.lus de me renvoyer, ou je vous avale vous-même sans me donner la peine *de vous cuire : est -ce clair '
Maot-
— Si dur. in -m lirave que je L'empiine', et que 1 L - -= ■ h -
mais nous ferons chus 'mriuine jusqu'à ce que Dieu dise
liai h* è l'un de s,
— A la bonne heure ! et j'espère que ce sera moi qui m 'arrêterai lé premier.
— M est arriva ce malin un navire chargé de Terre- Neuve,
— Kst-avqueb vieille o*est pas aussi bonne? demanda .fi'iiii-Jr.iN avec une admirable naïveté.
Jr poussai ii h grand - rlal de rire qui afflîgen le pauvre ttelol; mais dés que je lui eus fini compren'lre sa bê-
tise, 11 s'appliqua sur le nez une vin gl aine de picheitetles, « r rue demanda si je ne croyais poîiri qu'il fût de la race des bases cm desenoux-
— Won, mon ami, non. lui répondis- je, tu es de 1a famille dix ignorants quî veutt-ni s'instruire; mais tu es riche de sentiments élevés, el celle opulence vnnt niïeui que celle après laquelle je cours depuis si longtemps.
— Va, pour celle opulence, un n p mdif-il, en me serra ni ïa main ;î rue briser les doigts; e L maînlenant en rouie, fût-ce pour la loue, pourvu que m mis soyez mon chef de lile.
I" I N ïlUft POLE A L'AUTRE