‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 53 sur 82 · IX · texte numérisé non relu

IX

— Eh bien ! nu ssieurs, ceci, c'est la lin du eimmouice-

lm ""i : i. c'esl le c encemenl de la lin... Le malin

tousse, on va m n-laïcher déplus belle..* Amorçons.

— Tu raves, interrompit Dolomieu, qui voyait les plus erm lies angoisses passer sur 1» noble figure dé Julie.

— Je ne rêve pas. poursuivit le sergent. Vous diirs qu'il r a armistice? 11 n'y en a pas plus que sur ma main. A Lisbonne, à Goïmbre^ dans les grandes villes, dnns h s punies, dans les maisons, dans les campagnes, Français et Portugais ne se parlent plus qu'a" coups de poignard A ilYs- ■ ■ ■ ■ I ii-b ( r* : on ne se h, il pas, on assassine; toutes les blessures sont laïies an dos, cl il y a moins de morts sur les champs dehalaïlle que sur les roules publiques; donc, il n'y ;i p.- misLicn . <l<mc, le trin*trïn va recommencer; donc, m ms allons tirer nos guêtres J'ai dit.

— Ainsi,

baudi attristée.

— De bandits ci d( i scélérats qui ne croicnl pas l'être, répondît le sergent, rognant de ne point voir les signes de mécontentement de Dolomieu.

Dans tel ou ici combat, nous avons troue ta poitrine don dis, d'un parent ou d'un frère; ceux qui resinu trouent nos habits quand nous les portons, el vnilé comment ta guerre devient une boucherie... C'est égal, vive

I " Il 1 1 j 1 1 1 ■ L i ■ : ! I "

— C'est | faui lui, interrompit le duc avec amertume,

qui est cause d** tous ces désastres.

— J'en conviens, répondil Sonoeval, encouragé par celle sorte d'interpellation ; mais, voye^-vouS; notre empereur, c'esl notre Empereur; un chel de file comme il n'y en ■'■ j imaîs eu i Rome, â Athènes, comme il n'y en aura jamais nulle part; lui, notre Empereur, cVst plus qu'un homme, plus qu'un demi-dieu, c'e*i dioi\ tiers dedîeu, el quand il nous dit : lui avant! [e sens 1-i ■■

— Qu'est-ce que tu sens? demanda Dotoinieu.

— Je sens le coude â gauche el je i ipc. Tenez, monsM tir

h: dui-i h-ne*, lieutenant; teneî, made iselle, si rEmp ■■-

reur, ■ 1 1 1 ï ^>t lr mi> n, qui esl le vôtre et celui i\*- toute la terre, m'ordonnai! l'impossible je crois que je ferais l'impossible^ et slJ voulait que je cria se : Vive M. l'inio 1 je ci i- rai : Vive M. Pinte !

— Vmis ne chnssrz pas ce Wllet î dii le comte en lançant sur Dolomieu un regard irrité.

— Pardon, excuse, monsieur le comte, dit le sergent,

mais je ne suis le valel de personne, pas même de

Empereur. Je me ferais tuer gaiement pour lui, pour M. le duc, pour mon lieutenant el ma lieutenante une voilé;

mais je ne crierais pas: Vive Pinto! quand lécartelle-

rait... Vous savrz I > i i n pourquoi.

One vive rougeur succéda ri la pilleur livide dont s'était empreints les traits de mademoiselle Julie le dur regarda sans voir, tant il élail absorbé dans une douloureuse méditation, '-i Dolomieu serra fébrilemenl Ee manche d'ivoire de son couteau, car un nouveau sentiment venait de se glisser dans ,son Ame

Il -,■ sentit frappé au cmur, il éprouvait les premières atteintes de l « jalousie, ce vivace cancer qui Ttir. gritëe â si pru de monde, qui brûle et torture sans pitié, qui prend place s votre chevi i, a empare de votre sommeil *\ ne vos raves, VOUS hlcsse pnr ions les scne t se glisse par tous les pores, et se montre d'autant plus dévorant que vous faîtes plus d'efforts pour lui échapper.

Un abîme immenseovail été creusé d'un seul mot entre Dolomieu et mademoiselle Julie de Bîrague; le f supplice

mmençail a peine, et déjà André s'élançait au-devant de tous les malheurs, il n'échappaïtâ aucun ; ilsformaicni attiiun île lui nu redoutable cortège qui devait 1 accom|iairmrjust|u'â la tombe, et, désormais, la parole môme de

ir.ilJVIlKS DE JACQUES AIlAiiO.

ma < I rm oî se] le Julie, celte proie céleste qui levait enivré jusque Lé, éiaït on enfer anticipé dont les flammes ne s'éteindraient peut-être pas au delà de h le m fat:.

On s'était levé de table; d'Almêida, Pinlo el les vains nui Itère ni la salle; mademoiselle de Diragng allait vin L un Jans son r^i]ûi Unit ut. Dokonîen l'arrêta.

— àycz-yoiu entendu, Julie, les paroles du sergent"'

— Je les ai entendues, André* *- Vous en avez derme le sens".'

— .l'ai fait plus, je l'aï compris et Pierre Bonneval a en plus do eti tirage que je n'en aurais eu, moi, qui voudrais au [uàs d»' ma v î o vous épargner une inquiétude.

— Cet homme vous aime donc? demanda Dolomieu pin- encore du regard que delà parole?

— Cet homme le dit.

— Comment le save/-vons, Julie? et s"il a eu l'audace de vous déclarer sa passion, pour quoi ne m'en avoir pas Fait la confidence?

-— A miré, les proies de cet homme Boni tombées impuissante! sur moi comme sur un mur d'airain ; je méprise le comte Emmanuel ï'into ; je le méprise parce qu'il savait tout mon amour pour vous, et nu il n'a pas craint de m 'outrager par un aveu don l il a déjà su In le ch Aliment*

— Oi.h' lui avisons répondu, Julie? demanda timidement Uoiouiieu, dont le Eront perlé dune sueur acre reprenait, petite petit, sa sérénité.

— André, s'il est des regards qui outragent, il est des silences qui lié tri s seul. Pinlo m'a comprise, mais il i -t bien plus sévèrement puni par mon amour pour vous uue par mon dédain pour lui. Voyons, ami, punrsuivii mademoiselle de Birague eu tendant une main moite et Ida riche a DolomieUj toujours triste et pensif, n'es*tu point rassuré p«r mes paroles /aimerais- m mieux des serments? V\ bon André, il n'y a jamais en dans nu m rime que il eux autels, un ri ma mère, nu â Loi ; nul encens profane n'y .sera brÙJé; je vivrai p je mourrai dans mon culte, et j'appelle s m- ma tête l'a millième du ciel si j "oublie un seul instant ce que

je l'ai juré, cequo fai juré à nu Sire... Allons, méchant,

Inclîne2-Vûua l je vous permets de baiser Celle main qui presse la vôtre, encore froide et tremblante*

— JJais ce misérable a l'audace de L'aimer, répliqua le fougueux lieutenant, Dans tout amour il y a une espérance, et c'est lii une impiété que je dois punir.

— Pauvre fou! répliqua Julie avec un sourire mélancolique, pauvre fou! qui veut relever le rival à terre, et le glorifier A s#s propres yeux en le supposant redoutable,,. André! un seul jour m'a donné de l'expérience, la révélation d'un seul secret m'a appris ce que j aurais ignoré sans lui ; mou amour a été le flambeau régénérateur de mon aine, cei amoiirqtn m'a trouvée jeune lïïle, m'a créée forte et puissante, el je sens que je serais maudite du moment où je cesserais de t'aiincr... Que voulez -v m s encore de mol ?

— Ln permission de défendre au comte de vous adresser désormais la parole*

^- Cria ne vous regarde pas, mon lieutenant, dit Pierre ftmneval, qui venait d'entrer. Tandis que vous causiez ici avec mademoiselle, je causai* dans la nie avec ce Pinte

de malheur, que je luis plus encore que mademoiselle ne le méprise; jai parlé d'estafilades sur In poitrine, d'oreilles COUliees .. il a compris et je suis sûr qu'il tiendra pour

solide la défense que je lui ai laite. An r$ste, il Hua lui rendre justice, lieutenant, je n'ai jamais mimu, dans aucune garnison, d'amant plus passionné 'Jeutieou vieille, blonde OU brune, Miette ou grande dame, il cherche tout, il voit tout, il accapare tout] eel homme est un réseau, et dnus cet hôtel, mis qull y | taul de beautés scnsildr-. je n'en connais qu'une qui ail résisté dcemirlîfl -• ...j'en

CUise r un u; nommant, qui I uloureuses pensées,

— L>ïi I pardon, lieutenant* on est bon français, soit;

mais la fieaui- esi de tons les pays, C'est comme le vin :

quand il e^i I , j n lefètcsans me soucier le ios du

pris rat " ronneou du Taire...

tntit.

sais la cause, poursuivit-il en redressant sa moustache.

— Gomment, lui, si patriote, tu L'adresses é une Portugaise? dit le lieutenant, qui voulait essayer de vaincre ses

monde s'il a pris racine sur les bords du Rhin, de la Ga-

Après cela, vive l'Empereur! et bonne

— Sergent ? tu es venu me rejoindre pour autre chose, dit le lieutenant.

— Possible ; mais comme la chose n'a pas lieu, pas n'e-L besoin que je vous ia narre.

— Si je Je l'ordonnais?

—Dans les rangs, bon, j'obéirais; mais ici, sans haussecol, sans épaulolic, peut-être manquerais-je n Tordre.

— Et à moi, me désduiraïs-tu aussi? demanda Julie d'une voix caressante.

— Oïi! A vous, ma lienlenniile, je dirai tout.

— tili bien! parle.

— M'y voici.

—Parle vile, dit Dolomiea, prévoyant déjà un malheur,

—Donc* mi lieu tenante, eu sortant d'ici, tout â l'heure, j'ai suivi de l'œil le c le, que j'ai trouvé en faction devant la chambre de rinrtda,.. Florîda, une jeune fille uni ne bail pas trop le sergent français... Je me suis dit : Te v 1 !;! pincé-; mais |ias du tout, le comte a frappé ù la priinde la camériste, qui ne dormait pas, qui ne devait pas dormir, trois petils coups de sa bagne en diamants. La porte s'est ouverte.

— Tiens, a dit le comte, voici deux quadruples, laisse entrebâillé, eei le nuit, le balcon de la salle à manger... J'avais i ii d'abord peur pour moi..., puis, j'ai eu peur pour vous, et puis je suis venu m'assurer si ce balcon était fermé. Il l'est, Floride ne l'ouvrira pas je vous en réponds.

— )lais cela est infime! s'écria Doloiuiru, el je préviendrai M. le dm

— FTeii faites rien, André, dit Julie : les haines portugaises sont comme celles de la Corse, il y a du San» au dimoLinenl de chacune d'elles,

La prunelle bleue de mademoiselle de Birague plongea dans celle de Dolomieu : tous deux s'étaient c pris. Cependant i! fallait s? retirer; les trois interlocuteurs se dirent adieu. Mademoiselle Julie s'enfermi dans sa chambre, André Dibuiui-u entra dans la sienne, et le > i -nt Bon* naval alla se promener dans le jardin.., Nul d'entre ci a m i dormit.

Pauvre Dolumicul il était jaloux de Pinlo, que Julie accablait de tout sou mépris !

Le lendemain, il faisait â peine jour qu'un grand tumulte, parti de la rue, moula comme une menace Jusqu'à l'hôtel du duc d'Almêida. Les cris ItM avm& ! ftn:e amu m l'iiLireut de toutes parts; on eut dit nue ville surprise

par l'ennemi. Le due s'arma de son épée et -appela tlolomieu, qui venait d'entrer dans le salon arec Julie,

— ■ Qu'y -a- 1 -il de nouveau? demanda le lieutenant*

— L'armistice est rompu, dit d'Almêida» les hostilités

n rnuteuceut dans une heure, c'est tOUl BU plus si VOUS

avez le temps de rejoindre votre poste.

— Monsieur le dtic a dit vrai ! s'écria BonnevaL qui venait rejoindre son lieutenant ; l;i fusillade galope ; nous

devons étie de la fête sous peine de déshonneur,

— Monsieur le duc, dit Dolomicn d'une voix solennelle,

LE DUC Jï'ALMÉJDA*

Le devoir m'appelle s.. us mon drapeau; je pars, je confie cette jeune lllle, ma fiancée,:'» la loyauté portugaise,., Jure**moi ici, sur votre épèe de gentilhomme, que vous la protégerez corn nu- un père protège sou enfant,

— Lieutenant Dolomieu, répondit te duc en étendent la m in sur II tête près me inanimée de Julie, je vous le jure soi' ma foi de gentilhomme, sur cette clef d'or que j'ai reçue de mon prince <

— 1-ln avant! décria le sergent Jînnneval d'une vois brève et ferme. En avant : et gare a tout ce qui ne sera pas 1e duc d'Alméida

— Adieu, monsieur le duc, dit le lieutenant Dolomieu en s'élançanl vers la porte... El vous, Julie, adieu, poursuis vit- H sans tourner la té te,

Julie de Birague n'entendît point, elle était tombée sans connaissance.

Laissons courir les événements, el courons a?ec eux, s'ils nous laissent un peu de relâche*

Sur lune des dernières pages de cette histoire intime, nous ■ vu André Ûdumïeu, le cœur brise, s'élancer vers le drapeau que le fanon lui indiquait de s i s « ■ i x. 1 1 - Lentissante, mademoiselle de Blrtgue courbant sa blonde têle so i II main prolectrice du ducd'Alméidi, et le servent Pierre Bonne val précédant son lieutenant en criant : Vive l'Empereur! Peut-être ignorons- nous Les sentiments cachés de quelques-uns de nos. personnages; ta suite de notre récit nous apprendra >i la jalousie de Dolomieu pour Pinto était justifiée] et >1 la protection du duc ne devait pas être mise à de rudes épreuves-

Le temps a bien marché depuis ce jour; plus d'un cadavi e di' soldat ou de capitaine a été percé par L'cscopeUe et If: puluiiardj maïs les nommes n'ont jamais manqué à la guerre, ri celle que les Prançnis h les Portugais se fai-

• ni alors devenait de plus m plus sanglante, i!Vst ipic P jalouse da no* succès et de notre gloire, là Grande-Bretagne s'était levée aussi, et avait envoyé sur leTage ses meilleurs généraux ci ses plus braves solda: s [unir mms cumlndre,

D.ii i heures de repos, Dolomieu écrivait a sa ltan> cée, nu plutôt au duc d Alméida lui-nmnu\ pour que ses lettres: ne fussent poïnl interceptées par les nombreu guérillas iIojii le pays (Hait pavé; mais depuis deux mois un silence de mort régnait sur les opérations de L'armée, ri les journaux se taisaient sur les espérances ou >ur les craintes des généraux ennemis, que Ton disait vainqueurs ou vaincus, selon les besoins ou les caprices des rédacteurs

Mademoiselle de Birague vivait dans une inquiétude qui portait atteinte a sa santé chancelante; la parole consolatrice du noble duc d'Aiméida lui semblait un présage funeste de quelque nouveau malheur, et, dans son amertume, elle accusait le duc et Pinto de lui cacher les événements des deux aimées. Les heure* sont rapides à celui qui prépare à une infortune, nuis qu'elles sont lentes .1 celui qui espère une joie!.,. Aussi, 1 tut était bouleversé dans 1 1 nature pour h pauvre Julie, doni le cœur battait presque en même temps d'espéi ince el de terreur,

Pinto venait loua les jours chez d'.Uniéidi. ei pourtant tous deux se haïssaient, lin motif secret, que nous ne connaissons n 1 avait jeté Pinto ches d' A Iméida ; ils s'observaient mutuellement, erchaient pour se nuire, cl il y avait qui-; pie cb le si fatal dans L'échange de li urs courtoises paroles, que jamais la vengeance sans hypocrisie n'a été plus effrayante. Les hommes de emur aïnieni. mieux voir leurs ennemis â c6té d'eux; ils redoutent moins leur stylet que leur balle, car h main iln meurtrier esi trop timide pour Fouiller profondément dans les en* (railles; mais la balle va également vile, quel quesoiti'œïï qui la dirige, quel que soit l'index qui fait partir la détente; et vous savez maintenant pourquoi le due d'Aiméida semblait rece voir avec cordialité les i-ilos du comte de

Pinto, La suite ■]■■ notre histoire éclajrolra peut-être d'autres mystères; en attendant, suivons le cours des faits dont nous sommes témoins.

La matinée était belle; le soleil s'épanouissait à l'hori- '■' ■" •! semait ses obliques rayons a travers les touffes odoriférantes des orangers et des lauriers -roses dont le beau jardin de d'Aiméida était, pour ainsi dire, pailleté. Ç et la, de petits oiseaux que vous auriez pris pour des papillons capricieux» nacrés, rouges, biens, diamanlès t serpentaient en Unis sens et butinaient joyeusement dans les allées ombreuses ou le ciel perdait de"son azur, où ta lerregagnait quelmie chose de son éclat. Les ruisseaux semblaient gazouiller plus coquets et plus rapides; une brise de itier faisait amoureusenu ni sa promenade matinale sur les corolles qu'elle ranimait; le pétillement d'un snl qui s'entr'ouvre aui baisers d'un soleil presque vertical, tout disait une journée balsamique, une de ces chaudes et langoureuses journées des pays méridionaux ou toute marelie est nue fatigue, lom repos un sommeil, tout s-inmeil un bonheur; car on < ni dormir sous lésâmes torrides, car là Pinaction est lavic.

Je vous ai uVj i nommé Florida.., Florida, voyez-vous, était une de ces jeune* Mies portugaises qui sont toujours dans l'âge d'aimer, toujours aux aguets d'une passion, toujours vaincues par elle, mais victorieuses à La fois, seli. m leurs caprices du leurs besoins. Florida n'avait jamais attendu l'aveu d'un sentiment qui souriait à ses désirs; le regard va plus vite et plus loin que la parole: la prunelle chaude et bitumineuse de Florida s'élançait pour donner du L'audace à la timidité. s:m sourire achevait la séduction, et voua vous reconnaissiez! vaincu avant d'avoir essayé de corn battre. Si vous aviez offert de l'or â Florida pntir si défaite, la jeune lilK- vous eut hardiment craché au visage; elle voulait uni parole amicale, un serrement de main, un battement de 1 inr. un baiser; avec ses trésors elle uta il riche, elle était reine.

Florida aimait la jrrandesse parce qu'elle se m lu par L'uni ; elle était can-éiiste par état, mais duchesse par rame; elle avait de La dignité dans ses faiblesses, de L'orgueil dans s bandon ; elle ne desceudaii pas jusqu'à

vous, elle vous élevait jusqu'à f|lc t ci j'aurais plaint celui qui eût voulu ladédai^mr . j le triomphe.

Etre quitté par elle, c'était un dénoûmeut prévu, infaillible; La quitter semblait au-dessus des forces du vain» <[ -1 ■ir, il voila pourquoi le bonheur moins que le plaisir uevait jouer le principal rôle dans les victoires desamou- 1 . i\ de Florida. Sefee ans, plus de quinze, moins de dixsent, ilge viril en Portugal, ou le soleil mûrit si vite les raisins et les passions ; des yeux noirs frangés t\\n\ réseau épais de cils longs et soyeux; une richesse de cheve» lurc â l'aligner le L r rand peigne d'ècnille bariolé qui cherdiait a la retenir captive, un front intelli^onl, un ne/ iJroit aux ailes mou vantes et rosées, ï'agitaut â Lonle émotion; une bouche pelile, accentuée, jilutùt dédaigneuse que >ouriense, mais s'ouvranl a demi pour étaler aux re^iirthdeux rai ilr perles deCeylan, comme on n'en dota jamais le gr ad VViehnmi.

Je m» vous dirai pas combien il y avait d'harmonie dans La courbure d< ses épaules tombant avec une indépendance qui accusa ii la force el la souplesse â la fois, dans la désinvolture de sa laîile moelleuse et cambrée; rombum Min COU était "rricinix el diaphane, sa poitrine brmo' nieusement modelée; je ne vous dirai rien non plus de sf- j : . Is que j'ai vus à peine, ni de l'éclat de sa parole que vous auriez crue sorti 1 d'un \a^ de cristal ; car, peutêtre partirie**vous aujourd'hui pour l'antique Lu -.itanie,

l d'y chercher une copie du modèle que je viens de vous présent* r.

Quoi qu'il en suit de vus désirs, laisses Florida faire le guet prés de la porte de la chambre a coucher de mademoiselle Julie, et surprendre eu flagrant délit despionnage le comte l J iuto, l'oreille doucement appuyée contre

se r 1

OEUVRES DE JACQUES AR w;n.

a a SEAure ^

iui«-

moi sur votre épée de gentilhomme que vous la protégerez- [Page 7.)

— Eh lien ! pli Lien! seigneur Pinio ! est- ce là la place d itii gentilhomme?

— C'est la pi ;i ce d'un prince, puisqu'il espère l'y voir,

— Le mensonge ne va pas plus à un gentilhomme iju'a un manant, cl vous mentez, seigneur rînto.

— Si ta bouche n'était pas si ravissante, je h punirais <le ronlrage, dit le comte en essayant d'embrasser in camérjste,

— Doucement, sefior» je ne permets ces irrivautés qu'aux cœura francs, aux âmes d'élire, et vous me parais-

ii avoir él rangement dégénéré.

— Prends-y garde, Plorîda! lu pousses trop loin l'audace de les impertinences,

— Pjtisijuu vous \ si haut placé, peuvent-elles vous atteindre?

— Non. mais elles m'effleurent cl c'est déjà trop, rep mdit le comte en cherchanl à vaincre te dépit nui le dominait.

— Voyons, poursuivit Flmih toujours prête i pardonner après avoir puni, que faisiwvous â cette porte? Oh ' point de mensonge, il ne réussi rail pas avec moi qui vous âbsou île votre amour pour une camériate, si vous avez te

mal lieurf l'eu ("prouver,

— Tu le sais, Florida, dit le comte avec un abandon liuî en aurait trompé de plus clairvoyants, j V\ me celte jeune Française nvrr ■■ ioleace, avee firénésÈc, autant que lu as aimé Loprz.

— Ce n'est guère.

— Autan! que lu as aimé Yogo le Brun.

— Ce n*est guère.

— Amant (tue tu ûs aime don Josed'Aimnsla.

LE DUC I) AI. M Élu a.

Le scrgoiït Pierre tionncvdl.

— C'est i[iieh|itoclio!sc. fc *

— Voyons, presque au U ni que tu isaimé bw...

— Oh! alors, vous l'aimez jusqu'à la déraison» jusqu'au oVIhv. jusqu au poignard,

— C'est cela. Noms n'avons pas de nouvelles de *oii uancé.**

— J'en aï, moi, interrompit rapidement tflorida en tirant une lellro de son sein,

— Eli qu iî : ouf lettre de lui!

— De son beiî, du sergent..*

— Tu Tas aimé, celui-là aussi !

- Oh! celttMA di* fon plus que lous les autres.

— P<mrqiuri?

— Parce iju'il in.- nfaiiuml pas, InL

— Ei pourtant celle lettre est ane lettre d'amour, sans

doiik! ?

— ^"ii. une Icilre d'affaires, froide comme volrc - ■< i ■ m-. . . comme te sien, dil l.i cameriste avec un MMiliimni de dépit qui se dessina sur ses lèvnss pressées

— yue le dit-il ?...

— Qu'on se bat toujours, le malin, le stôr. ï,i nuit, au

In baïonnette, au canon, et il ajouta qu'il seseni capable de m'aimer si je \eUle bien sur te repos de In (i;i[ir>'c de son lieutenant.

— Celte lettrées! datée?

— Du Ik Nous voici nu 30; il y a quinze jours docila.

— Uli! il y a înen du nouveau depuis celle époque» et l'on parle i menl d'une bataille rangée dans laquelle les Français oui été froUés de la bel In numiëre.

H iv ri; s DE JACQUES ARAGO

— - Vous êtes l'oiseau des ténèbres j fienor Pmto; vos paroles sont comme le cri il e l Llî I j ■ 1 1 1 . > lies annoncent toujours quelque chose de funeste.

— Comment ï lu es si peu patriote? Loi jeune DMe de Guïinhre, loi qui as été presque folle de Gonzalez Lue sous 1rs mm* «II- l.i l'uerta !

— Pourquoi fallait-il?

— Chacun de nous ne doit-il pas déïendre sun pays?

— Comment doue êles-vous là ï répliqua vivement la belle camérisie poussée a bout... Voua êtes cent fois moins patriote que moi, qui ne sais point porter l'escopelte, el je voudrais Lien apprendre de votre seigneurie s'il y a vraiment du patriotisme à essayer do séduire ici imcjemir Française que les périls de la guerre retiennent i j n ce j alais...

— L'amour nW-il pas IYkcusc de nos erreurs, de nos faules et même de nos crimes?

— $p nVi jamais été si loin, m -nor, rèplkiua la camérisle avec une dignité princiére; eï si l-lm-i mie encore la place où vous la voyex, c'est qu* elle lui esi imposée par le devoir, cl non pour continuer un entretien ou la camériste est noble et le noble roturier,

I lorida n'avait pas encore prononcé ces dernières paroles <[ue déjà sa main s'était armée d'un poignard qu'elle tenait caché ù. sa jarretière; mais Pinlo* qui comprenaîl la fausseté de sa position, changea d allures et trouva bientôt une excuse dans un sentiment que devait comprendre [ ; lorida.

— Tu ne vois d<mc pas, pauvre folle, (|iie j'ai voulu t'éprouv r et le mettre m E, r arde contre lui -môme? Les soins et la tendresse que tu prodigues â cette jeune et belle Française sont un devoir sacré pour loi ; mais le mal, tu ne le vois point ou il est, et ce n'est pas le comte Pinto qu'il faudra bientôt accuser des malheurs qui vont frapper U senora de l!iraguc et le lieutenant Dolnmicu,

Florida devint pale, lant elle redoutait que le comte n'eût découvert le secret qu'elle aurait voulu se cacher a elle-même. Mais, se remettant bientôt, elle dit avec une feinte sécurité.

— Qui donc peut menacer la tranquillité de la jeune

Française el de si m liaucé?

— Comment! Lu l'ignores, toi qui rois si bien ce qui n'est pas?

— C'est pour cela, monsieur le comte.

— Que dis-tu des assiduités du âne auprès il'" la senora Julie? Florida eu l bes in de toute son énergie] r radier son indignation*

— (le que j'en dis, rê pondit-elle d'une voix stridente, ce que j'en dis, t'est que votre pensée est une penser 1 infernale, que voua i-u - un démon iocarué, que Mitre hnleiae * irrompt les sentiments les plus purSj et nue, si vous ne m 'avouer pas que c*est encore la une ruse pour «Réprouver, je vais à Uns tu ni même donner avis a monsieur le duc de vos odieuses accusation

Vaincu dans huis ses moyens d'espionnage» Pinlo garda quelques moments do silence pour essayer de nouveaux ressorts; mais ta si muette uV mademoiselle Julie de bïra« guesc Ut entendre, el la camèriste enlra chez sa mai tresse en lançant sur le comte un reperd qui Ira ça nue ligne de feu du poignard de Florida jusqu'à la poitrine de Pinlo.

Resté seul, le comte, qui ne voulait point pour une ve ngea nec laisser écha pper u ne dou b! e pro i e , raed 1 ta moyens de trahison et calcula, comme un habile straiégïsle, les chances probables de 1a résolution qui lui serait dictée parsa bonne étoile.

— l'u .-ut ■•■i-mcnl. se dît-il, c'est trop plébéien, et puis lu ut d'intérêt s'attache â la victime quelle-même n'a pas beaucoup â se plaindre de l'événement, quand un gentil*

homme comme moi est de la partie, Le feu â l'hôtel? les risques d'insuccès sont irup nombreux» les cordes, lus

draps noués, les échelles de soie en usage ici e-u en

Espagne, il puis encore Les sublimée de vouements qui arrachent la victime au bra&ier, sans compter la potence ou l'exil qui attend le coupable lorsqu'il est découvert, .,

Il v a bien le viol, poursuivi, il en se promenant â grands pas : ce moyen me semble efficace; mais, j\ songe, l< s doigts, les ongles, les cris jouent un terrible rôle dans ces scènes nocturnes, el la vertu qui veut absolument se défendre tient alors de la lionne.

Que faire? ù Satan ! Il uie faut une vengeance, lu le sais; fais donc qu'elle arrive, quelle soit prompte, efficace, terrible; ou, si tu mêla refuses, je renonce pour jamais a toi» j'endosse le IW et jr me claquemure dans un e ni vent.., de nonnes

H ricanait hideusement du cynisme de sa pensée, quand l,i porte qui donnait sur l'antichambre s'ouvrit avec vi

leiu

C'était le ducdAlmêïda, le front pâle, les yeux baignés île larmes et froissant dans ses mains une grande feuille de papier.

— Qu'avei-vous» monsieur le duc? demanda Piiitu, d'une vuiï hypocrite, mais née un imperceptible sourire! car il préviiyiiir un m il heur*

— Un fatal êvénemeni, te non dit dVIméido, une nouvelle qui fera naître ici plus d'un désespoir.

— La bataille de La Scala seraiL-ellc perdue?

— Kilo esl gagnée.

— Votre château de Curaçûù ft-l-tl été réduit en cendres?

— Seigneur Pînto» la guerre a des désastres qu'il faul subir, Cible de toutes les infortunes, J*ai perdu dans deux combats de in de mes frère-; tendrement aimés; j\>i vu mes propriétés ravagées, la liberté de mon pays à l'agonie \ m a fa j'ai grandi à chacune de ces cala mi lés," et je nie suis montré [dus fort que le destin.

— Queîi donc la eause de colle profonde un ii..|, qui vous fait tant souffrir?

—Prenez, répondit d'Âlméida eu présentant nu comte le jeu mal qu*il serrait dans ses mains crispées, lisez el juge* de la douleur que va éprouver citez moi la noble i J 1 1 • qu'on m'avait conliëe comme on livre une jeune vierge au prêtre qui la bénit et La consacre ,i hini,

Pinto lut quelques lignes du regard» et poursuivit d'une voix haule :

a Le combat de Palafox a été des plus sanglants; il a duré depuis diï heures du malin jusqu'à huit heures du soir; et, si pertes sonl sensibles* celles des Français sour irréparables* Ils ont perdu deux mille hommes au moins, dis oflieîcrs, et, parmi eux, le lieuienani Dolomïen, qui

tait particulièrement distingué dans les affaires préré-

dentés, el que sou général venait de nommer capitaine, cadavre a été Laissé en pâture aux loups et aux corbeaux. »

Sun

— Voilé un bien ! liste événement, dit Pinlo an rendant la feuille au duc, et en essayant un soupir douloureux,

— (lYsi li, monsieur le comte, dit d'Alméida m se frappant le: f i deux morts au lieu d'une : celte jeune litle m 1

survivEM pas â la perte de son fiancé.

— Qui parle de mon fiancé? s'écria mademoiselle de Birague en s r élançant vers Àlméida, Aves-vous reçu des nouvelles, monsieur le due? sont elles bonnes? la guerre va-t-clEc durer longtemps? tiegiâce, monsieur Leduc* un

mol qui me rassure ; j'.ii peur!

— - Les journaux sont silencieux, mademoiselle, répondu le duc dune voix calme, ils ne parlent presque poiut

Vu mois* 1

des dm* arnu'i -s; il n'est question d'aucune bataille. d*aiicune escarmouche, et peut-être sora^ei-noua n ta veille

d'une ji;ii\ dont ]«s deux pays "lit ! mt besoin.

fol» ni* Tmure z , monsieur le iluc, ponrMiivit inaiicisi']le iJc Hirague; et, puisqu'il n'est pas question d'attaques de guerrillas, pciisqne les deux ai mées semblent se préparer a un armistice, qui sera sans doute le prélude cTim traité de paix durable, souffre/ que je quille cet liôtel mi votre cusur ri votre m;» lu ont protège ma faiblesse . permetirz-m-'i de m omettre en route peur me rapprocher Se mon fiancé. Dolomicu m'attend i coup sûrs donnes des ordres, je vous eu supplie, pour qu'il me soit possible de le rejoindre. Je ne vous parle pas de reconnaissance, monsieur le duc, vos bontés soni gravées l'\ comme la prière dans le cœur des anges... Quand parlirai-je

— Vos désira, mademoiselle» son! la règle e on s ta nie de ma conduite : vous partirez dès ce soir, répondit le duc d'une voix à pet un entendue.

— Et je vous accompagne, poursuivît le comte; je serai votre guide et votre diffuseur n la fins : mon brés et ma

poitrine ne vous feront pas défaut

— Croyez-vous mon bras assez faible « i mû poitrine ssftex froide pour confier A d'autres un dépôt si précieux? s'écria le duc en se plaça ni en face de Pinto. Mademoiselle de Rira^ue m'n é.U' eiuitièe par sa mère, plus tard par sou

fiancé ; je dois <■ pie û celle-là dans le ciel* a celui -ri sur

La terre de In vie cl de l'honneur dune fille» d'une épouse, et je regarderais nmimu lui vul lait à mon devoir, sinon à ma tendresse, tous les soins, toutes les protections qui ne lui viendraient pas de moi,.. Ordonnez, mademoiselle, je vous obéis.

— Non, monsieur le duc, je ne partirai point : le-, dan* gers n'étaient rien pour moi, je ne veux pas exposer votre vie si précieuse aux chances d'un voyage si long et si difficile; je reste, j'accepte toujours avec bonheur ceLte protection toute paternelle qui fait mmi uiL.mil el ma sécurité, et j'attendrai que Holomieu m'app Uo a lui pour vous dire un adieu dont l'amertume sera toujours gravée dans mon âme.

— Le voici! le voici I s'écria FJorida en se jetant comme

une folle dans h- salon.

— Qui: qui donc ' demandèrent m même temps, si

L> ï sentiments divers, mademoiselle Julie, le duc et Pinto,

— Lui !

— Qui, lui?

— Oh ! je l'ai reconnu de loin; il vient â grands pas p t l'allée de ci Iran ni ers,

— Mais i| ni dune, Florin" a ? dit le comte.

— .li- l'aî reconnu a son air martial, â sa démarche, ;i sa moustache relevée comme ra„. Tenez, je l'entends !.,.. il me rapporte le baiser que je viens de Lui envoyer de la main.

Mademoiselle Julie de Birague courut â la porte du sa< Ion; celle qui donnait dans Te jardin s'ouvrit: le sergenl î f iene lioimevnl se présenta tout couvert de poussière.

— Murl! dit-il au duc sans apercevoir mademoiselle de Birague.

— Sileno

— M répelé eut les lèvres stridentes de la jeune Bile, atterrée c me pur nu coup de foudre.

— J'ai dit mort? poursuivît le argent.

— Vous l'avez dit : mon coeur Paentcndu.

l.f.i.lï. — i.a fastrûpi

Un silence lugubre régna d'abord dans la salle, que voua eussiez crue tendue d'un drap funéraire la»! le deuil était empreint sur toutes le* physionomies. Chaque don-

leur se trahissait nw s laractcrc distinct^ mats le plut

inielhu. nt observateur n'aurail pu dire ce qui si- passait dans l'Ame de Pinto : c'étail une contrainte calculée, un miwnngiî indéfinissable; il v avail sur sa boche, dans son regard, dans les rapides baltements de si poitrine, quelque chose de triste el de gai, d'heureuz et île T.! .1 qui disait horreur et pitié â la Fois.., On n'aurai l potal tué cet homme, on l'aurait frappé; on lui eût volontiers infligé utrage, et pourtant quelques rides mobiles imprimées sur son front de vmgl*rînq ans â peine décelaient un combat intérieur mi pouvait se raviver un sentiment ï- esque généreux... Satan aussi garde sur sa face de prouvé 1< 1 type primitif de son origine céiesie.

Leduc d'Âlmétda serrait amicalement ta main du sergent Booneva), et Laissait tomber sur l'orpheline une prunelle douloureuse, qui eûl été une consoïalbn pour mademoiselle «le r.ir.i^ue si elle avait pu voir autour d'elle et si elle avait eu le sentiment de son immense infortune. Les grands malheurs ont cela de compatissant, que le contre-coup vous laisse en quelque sorte le temps de recueillir vos forces...; c'est d abord la stupéfatimn, pr^ |ue l'anéantissement, puis In crise avec toutes ses violences, avec taules ses angoisses, avec tout son désespoir.

Mademoiselle de Birague était immobile comme une si ri ii ie .h' pierre, glacée comme une ligure de marbre,

paie comme elle, insensi de corn die; ses yeux étaient

ouverts ainsi que sa bouche d'où s'échappait une vapeur bru la nie en ranidés aspirations.

Plorida, au fond de la salle, sanglotait comme si le tlancé que la mort venait de ravir a mademoiselle <b- liirague étail le sien. Chez les filles taillées sur le pal ion de l.i belle Portugaise, douleurs ou joies se jettent au dehors, et presque toujours le résultat de toutes les deux sont les la mes, taries bientôt par une émotion nouvelle.

ftévcs consolateurs du passé dont les douceurs du présent ne peuvent attiédir la suavité, avenir couronna de fleurs, affection sainte, promesses d'un coeur aiinanJ déposées lians le cœur aime, cIiel>N' éjoisinc de m rc ayant appris nue seconde vie â celle qui en était absorbée, foui vient de mourir sous la fatale puissance d'un seul nuit dont la syllabe sonore veul dire Dieiij néant, éternité, aelmi la • royance ou rathéisme de celui qui reste.

Toutes les âmes parlaient, toutes les bouches gardaient le silence, tous les feux étaient Immobiles; nul ne voyait que su pensée creusée dans le cerveau, et celte pensée voulait dire muÛmtr.

Dans les grandes crises, quelque noble que soit mieua- « lit , . il y a toujours eu nous nu premier sentiment personnel qui nous domine et nous subjugE»: In "êtn'-rnsiiê ne vient pie plus tard, alors que le p ri] imminent est eifacé; aussi avons-nous vu, à l'annonce de Ja mort du brave Dolomieu jetée comme unanathéme su milieu d'une

iversution intime, chacun des personnages qu'elle iutérçssait s'isoler pour ainsi dire des nulles, el ne réserver que pour lui seul l' h s conséquences de ta révélation. Mais quand le danger i fui el que nous avi w* pu en mesurer retendue, tout ce qu'il y a de dignité en nouasedêi loppe, et c'est alors seulement que s'individualisent les n. . i -. îes caractères - passiot

Le coup de ton n erre avait été imprévu, excepté cepen-

oi-: livres DE m:gn:s .\n.u;o.

uant pour le duc etPinto, que les nom elles du j ou in ni avalent préparés î\ mie catastrophe. Mademoiselle de Birague en avait été si violemment frappée, qu'elle s'était toiii d'abord crue seule an monde... et mamlcinuL In voila, cherchant du regard cl de In pensée, non plus une consolai ion , maïs vin appui contre une si poignante infortune; son d'il terne et glacé ressaisissait la vie et Le ni' nivemeut, il s'imprégnait d'une molle tiédeur, et de grosses larmes en descendirent lentement, aspirées par deux joues brûlantes et violacées.

Il est des événements qu'il faut nous annoncer deux fois pour que nous osions y croire; on se dit : Cela est, el cependant on attend encore une révélation nouvelle pan que, de la certitude seule, dépendent souvent noire présent et notre avenir. On craint une déception, In plus aiguë de nos douleurs ; el voilà pourquoi nnirt et le duc d'Aimé Ida avaient, comme mademoiselle de Birague, éprouva Ji n. mi motion d'un sinistre événement.

^—11 est mort! Ce furent les premières paroles écbâp- (■■'est des lèvres de Julie qui réunis sa il a nue douleur comprise, dont jusque-là tout s'était r

dans sa télé et dans sou Ame.

présenté vague et douteux

— Bien mort! avait répondu le sergent ri ut voulait tuer toute espérance et qui aimait mieux une Lia taille qu'une escarmouche, tl est mort comme il devait mourir, mademoiselle, poursuivit -il d'une voix éteinte et saccadée, mort comme un brave que toute Tannée regrettera, mort comme un ami dévoué que tout le monde doit pleurer.

Quand on veut se façonner à une grande infortune, dît le sergent après un moment de silence, on s'y plonge tout entier. C'est la ligueur a m ère qu*tl ne faut pas avaler goutte a goutte, c'est le feu de bataillon qui vaut mieux ii ne celui de peloton ; et si mademoiselle y consent, je lui dirai comme lu chose s'esL passée, il y a quelques jours de cela.

Mademoiselle de Birague leva les yeux au cîel et ne répondit point,

— AIj f t:'e>t pour moi aussi r^uo je parle, poursuivit le sergent, et c'est la millième fois au moins une je me narre ce que j'ai vu, ce que je sais, ce qui me luise le cœur; mais ces! égal, ca soulage, c'est mi lai'ilcnn qu'on dépose

;i (erre, eV>[ nne halle après nui- Iihj» -lape ; et, fran*

chôment» je suis un peu fatigué.

Un léger mouvement de tète de mademoiselle de Birague sembla encourager le sergent » qui * voulant toutes ses aises, provoqua une permission plus positive.

— Au reste, ce que j'en dis T ce n'est pas pour moi seul, chacun de vous en a sa part, monsieur le duc, monsieur le comte, el surtout vous, mademoiselle» qu'il aimait comme j'aime mon Empereur*

— J'écoule, Bonne val, dit mademoiselle de Birague d'une voix presque hicntcndue; j'écoule, j 'écoute..,

— Je ne passerai rien, je vous en avertis; aussi bien il n'y a rien à cacher dans celte vie de ni on lira ve capitaine! que la balle et le salive viennent d'arrêter tout court..- I voyez-vous, c'était pur comme de l'or, c'était bon comme une caresse de mère, comme une parole d'amitié de notre Empereur,., on l'aimait parce qu'on L'aimait, voilà tout* Dit maintenant, si vims voulez, je commence.

Mademoiselle de Birague Laissa hunher un pâle regard sur le sergent, .-i chacun se rapprocha du narrateur, dont Rorida ne perdait ni un geste ni une parole.

— Vous n'avez pas oublié le jour où un boulet ébranla cet hôtel et nous apprît, au capitaine el a moi, que nous avions à changer de garnison. Nos bagages furent bientôt lice lés mais mais avions des adieux ii faire, et m jus ne partîmes que le soir, au milieu dnn orage dont les éclairs seuls nom guidaient dans notre nnite. Le canin était à lIoux petites Lieues de la ville; pour y arriver pins tôt, nous primes des sentiers dé ton mes; mais voilà que dnn

épais massif que nous longions partent de us coups de feu qui font sifili t quelques halles au-dessus de nos icles,

— Alerte, sergent! me dit le capitaine, oui avnil détué, voila une guérilla! Merci d'une guérilla ! c'étaient

tout bonnement des bandits a postés pour nous couper Les vivres* el que nous aperçûmes occupés a recharger leurs armes. Mon pistolet prévint celui qui allait tirer pour la seconde fois, le coquin tomba le froni Lroué, tandis que le brave capitaine, qui ne visait pas mai du tout, je vous prie de le croire, eu démontait un autre*-- Leurs digocamarades prirent la fuite, et nous pûmes continuer notre route.

— Gomment! dit Pinto» vous vous êtes si aisément défaits de cinq bandits a postés dans le bois?

— Qui vims a dit qu'ils étaient cinq? répondit vivement Bon ne val avec un regard de feu*

— Vous, ce me semble 1 répondit Pinto d'une voi demi éteinte.

—Je ne Tai pas dit, et pourtant ils étaient cinq en elfe!, toute la bande, a moins que le capitaine ne fut resté en y me.

l,c due parut épouvanté, PlntO demeura muet, Honda loigna ili comte, et mademoiselle de Birague, qui ettendait le déuoùinent du drame, pria le sergent de continuer-

— 11 était une heure du malin quand nous arrivâmes au milieu de notre compagnie; on nous y ni tendait avec une grande inquiétude, car elle se mettait en roule, ci si un nous avait moins connus, on aurait pu Lions accuser de désertion.

Je mentirais, poursuivit le sergent, heureux de l'attention avec Laquelle on Pécoutait, si je vous disais que depuis ce jour nous n'avons pas Irai né notre vie de misère en misère; nous étions traqués comme des Loups..- Chaque traînard, chaque malade resté sur la roule, servait bientôt de nfiluiv aux corbeaux ; mais n ms compilons sur une bataille rangée, cl des lors nous espérions une revanche.

La revanche n'arriva point; toujours des escarmouches îles coups d'escopettea partis de droite, de gauche, des champs, des maisons, des rochers... c'était un roulement perpétuel, uu silUemenl sans relâche, et, par malheur, un ennemi invisible.. I.i moyen de luer en tirant an hasard, flns fusils restaient charees, el nous échelonnions Se, mutes des cadavres de nos frères d'armes, qui mouraient en criant : Vire l'Empereur !

Voici la crise, voici le dénoâmenl, poursuivit Bc vol

d'une vois plus faible, mais qui s'anima par degrés...

Faut-il que je continue? de manda -l*il en se tournant vers mademoiselle de Birague.

— Oui, oui, continuez, répondit [a jeune fille â demi • touffée par le pressentiment de la douleur donl nu allait

frapper.

— Noue formions Perrière-garde de l'aile gauche de l'armée; seuls nous étions restés en deçà d'une rhirreéir die,

tis rapide, quand, sur nos lianes, s'élança un corps tPAnglo- Portugais donl un profond ravin nous avait masqué la marche. Nous allons au-devant avec résolution pour en finir an plus vil, ru la nuit approchait; mais derrière nous s.* dresse un nouvel obstacle, el nous nous trouvons entre deux feux.

Lit-il que je poursuive, mademoiselle ?

— Oui, oui.

— Pli : ma foi, nous nuis retrempons aîors à notre cri favori : Vive l'Empereur! et, la baïonnette en avant, nous cherchons a nous ouvrir un passage à travers une masse dix fois plus nombreuse que nous, Efforts inutiles I nous sommes accablés, on nous sabre ans pitié, on nous taille sans merci, et je vois bientôt mon brave capitaine,

lout souillé de san^ et de pou- -i. re, tomber à la léte de sa qompsgnh... je m'élance, je vem le venger, un coup de liaiounetle m'entame l'épaule , cl j' 1 iompe; mon corps sanglant couvre celui de Dolomieu, Je sens le* battements «le son cœur, mes fortes renaissent avec l'espèi anee de le ici '".> i fii vie, mon haleine le réchauffe, mes doigts incertains cherchent l.i i-l -i' 1 . je In trouve, j'arrête Je snn£ qui coulait de sa poitrine, les ennemis passent et repassent plusieurs fois sur nous, je fais le mort pour sauver mon omL, Petil .': petit, le combl s'éteint; on se tape encore, mais loin de ikkis; les balles, plus rares» sinieni sans nous atteindre; ei, tandis que lr> fuyard* so suivent dans hwin* I- directions, j'entends mon pauvre capitaine qui dit en- '■ d'une voix éteinte : Vive l'Empereur '

— Oui, ouï, rive l'Empereur! lui dîs-je, nous sommes toujours ;vivan (s c'est moi t c'esl votre sergent qui v.-i vmis

irger snr ses épaules, et qui espère encore vous conserver pour lui, pour votre pays, ^c*nr elle!,..

— Non, mon ami, ne l'espère pas, ma blessure est trop profonde; niai?- [ni, Uonneval i de reça^ner quelque masure, quelque bourgs cherche nue rlnti- généreuse qui te vienne en aide, el porte *ma dernière pensée a mademoîs l'Ile de Birajs m.

— Faut-il que je poursuive, mailcmniselli Mademoiselle de Biragne ne répondit pis...

— Li unit était venue, je u*en tendais plus rien autour

de moi; je redoublai d'efforts, et, prenant dans s bras

mon capitaine presque sans mouvement, j'errai dans la

pagne; nue faible lueur me guida :i travers les cru m ris vers une petite maison : elle hmdail la grande r me dirigeai de ce côté, encour .■■■■ nf toujours le capitaine, i'i qui la douleur arrachai! parfois dr profonds soupirs, Je n'avais plus que deux cents pas à fa re, quand un coup de fusil retentît au-dessus dema tête; un cri déchirant de mmi capitaine m'apprit tju'iî avait été frappé. Je sentis sa main presser mon front, sa tête tomba sur ma poitrine, et Va, va ! me diUl, fois! je meurs! sauve-loi. ; . Dis-lui.., dis i mademoiselle... dis à Julie».. » La morl était venue. Les pas di< quel jues soldats se tirent entendre; je i uichai mon capitaine sur le gazon, je lui donnai le Iriser d'nriUm »■! je m'avançai vers la maisonnette où j'espérais trouver l'hospitalité duc an malheur. Je frappai à la porte, près tue tain quVn jjr m'om riraii pas si je divulguais nia qualité de Français- mais j'étais épuisé |>ar In fatigue et par La

douleur, un m capitaine venait d'expirer, Tarn battait * n

retraite, je tenais fort peu â la vie; je frapp-'i 'Icmc hardiment.

— Qui vive? dît une voî* de femme.

— Moi, un homme seul, un soldat blessé qui a besoin de secours et qui se soutient â peine.

['■mtIiii

— Non ; j'ai été laissé pour mort sur le champ de bataille.

— A la bonne heure! un déserteur esl un traître, un lâche, el nous nu recevrions ni un lèche ni un traître.

J'entrai, el je me trouvai en face de deux femmes, une de quarante nus à peu près, l'autre de viogl; la première belle encore, l'autre jolie :: toutes deux bonnes et ejtarii Ides comme la religion. Je ne saurais vous dire la tendresse <■* les soins que je reçus dans celte maison hospitalière. Les iliMx pieuses femmes ses posaient ans plus grands périls si uel m'eût découvert chez elles : une proclamation vriniil de déclarer rebelle lout individu donnant

nsile â un Français. Rie put attiédir le dévouement

desdeui saintes créatures: ei, grâce a elles» je recouvrai bientôt la force et la santé. Sur nm - indications, elles allèleni s vivent a h recherche des resu^ de mon malheurçm « tpilaine, auxquels j'aurais viuilu. donner l.i s ipulture, Leurs courses furent sans résultai; peut-être d'autres avaient-ils déj i pris ce soin, peut-ôtre aussi L'armée avait-

elle trouvé ce cadavre ri "o Rincr, et l 'avait-elle juiè dans un tombereau .espérant qu'un prisonnier dirait son nom pour le foire inscrire sur les bulletins du combat.

— C'esl ce ijui esl an;.- ■ L ï J le duc, i|iti ne voulait, pas

3uc niiidrMnoiselte de Biragne crût les dépouilles mortelles e son liinur livrées â la voracité «les corbeaux et des linips... Les journaux de ce malin m'avaient appris ta fatale tvclle; mais il- se trompent si souvent, que je voulais la cacher à la seiiorn : la douleur n'arrive jamais que trop vite.

I'mi pmssiii» oY main dit nu duc la reconnaissance de ma demoiselle de Biracjue.

Le gent continua :

— Dés que je fu* rétabli, je pensai à quitter la demeure de mes généreuses bienfaitrice

—h'- ei T senor i lii Uniinviiicodoï quelapaixsoil

publiée; on ne viendrai [iris unis chercher ici, et puis unis parlez le portugais assez bien; nous vous donnerons des vêtements du pays, er vous passerez pour un de nus parents,

— Pour un de nos fjvus établi â Batavia, poursuit il la jeune lïlle,

ïlorida sourit, et nous saurons plus tard pourquoi son sourire el s:i joie.

— Cependant il me rcslnii une mîssiim d'honneur à remplir, poursuivi! le sei^enl : j'avais juré d'apporter â mademoiselle les dernières paroles de nnm capitaine, où il

Ï avait aussi des mots d'affection et de gratitude pmir f. le due ... Je quittai nia retraite, et, sur les indications ricDnlnrés, je suis arrivé tout â l'heure la où j'aurais voulu jeli r r« spérance ei le bonheur.

Mademoiselle de It ira a? ne, qui, pendant tout le récil du sergent, était restée pair el silencieuse, sembla renaître lorsqu'elle cul compris que son malheur élail invjiaralilr. Uw voyait qnelh' menait de prendre une résolution, < É i il était , K 4sê de deviner qu*il y avait quelque chose de funèbre dans ■ j j eusée.

— .le veux être sénle, dit-elle au duc d*une voix assurée; il est des calamités qui demandenl de 1 énergie, je désire m> j recueillir tout entière dans ■ elle qui vient de nie frapper... Je rentre, monsieur le due; laissez-moi seule, de grâce, dans mon apparie ment.

lin passant â côté du sergent, iimlemoiscHe de Bira^uc lui serra convulsivement la main; puis, mare liant ripas mesurés, calme comme la Jigurc de la Médita lion, elle cuira dans sa r.iiiimbi'e, dont elle poussa la perle avec terreur.

Piuto et Florida laissèrent dans La salle le duc et le ser*

ni.

— Vous redoublerez de soins auprès de mademoiselle de Birague, dit d'Alméidn en s'adn ■ss.int k la camériate, et vous n\ç rendre?, compte <lc son état-

— Oui, monsieur le duc. Mon mailre connaiJ nia lendresse pour elle : je ne la perdrai [ms un seul instant de vue.

— Je vais donner des ordres pour que votre chambre

s. il prête , dit le duc au Si rgent, 'I - |n 1 ils furent seuls; y. m- devi l avoir besoin de repos.

— Mou récit modelasse, répondit Pierre Bonnevaf, er j'ai plus besoin de confiance que de sommeil.

— (Jue voulez- vous dire?

— Rien, sî votre seigneurie me fait rininre de douter de la noblesse de mnn iîme; beaucoup, si elle y croiL

— Assieds- toi doue, et parle-moi à cœur ouvert.

^CVsi ce que j'ai toujours fair monsieur le duc mes amis comme a mes ennemis; i oeui que j'aime et que

OEUVRES DE JACQUES AUAlîn.

j 'estima, â ceui que je liais ei ijuc je mèju'ïse. Pardonne*, monsieur la duc, iiiciis le mépris d'un homme de cœur, dans quel pic raitfl dn la s« qu'il se trouve place, est

du mépris; et voire seigneurie, j'en suie sur, a bonne opiii! on uu pauvre servent ;i -pii son capitaine avait voué une -à grande amitié. Votre seigneurie me tutoyait autrefois, j'attends aujourd'hui 3e ménie honneur ei j'écoute.

— N'as-iu pas plutôt quelque chose a m'apprendre? dit Le duc avec bonté; le capitaine ne l*a-t-ï1 rien dit pour mot?

— [tien a vous apprendre, mais beaucoup i roui dire; élises choses, que f ai gardées jusque préseul surina poi* trine, elles m'cionftenl , elles m'écraseûl maintenant que je n'ai jdus de capitaine. Moi, c'était lui pendant sa \ W -, lui dml être mot après sa mort,

— Je sais la vive affection que voua aviez l'un pour l'a litre, mais je ne comprends pas ou lu veux en venir*

Alors, qiMi n prépare nia chambre, dit BonuevaL

— Hou, reste,

— A la hiinne heure! jVriiiiic. Et d'abord, monsieur le duc, j'ai l'honneur de vous dire que tout ce que votre seigneurie va me raconter, je le sais depuis le commencement jusqu'à II fin; ainsi donc, sî elle- oublie ouelque chose, je me charge de la mettre sur la vote- C'était un si brave homme que mon capitaine! il \ons aimait d'une amitié si vive ! . . il avait pour vous nue reconnaissance si profoude„.< Vrai, monsieur le duc 3 vous, son empereur, mademoiselle de Bîregue, et moi, pardessus lo marché; voilà sa vie*

— Eh bien ! oui, Oit le duc, pressé plus encore par le nfjaid scruta leur du sergent que par ses paroles, oui, j'aime celte jeune Dlle, je t'aime avec toute la fougue de la jeunesse, Depuis, le jour où elle rsi arrivée chez moi, je n'ai pas goûte un seul instanl de rnlme, et ma vie s'en va dans les tortures de la jalousie la plui dévorante. Juge dn

ni'Mi supplice i|UTnnl sa parole amie lomhail sur' i

rtrtir; juge de ma rase nuand In main de Doîomieu pressait affectueusement la si nue. et, lors pie prés de moi i

v> iraient mes yeux se baigner de I; es, lorsqu'ils cro] m m

jee les malheurs de ma patrie les faisaient seuls conter: je souffrais le supplice des damnés en suivanl leurs regards

se chercher et se confondre Toi qui m'as si bien > ; in-

dié, continua le duc, heureux de pouvoir enlin trouver un confident, dis, Bonne val, as-tu jamais reconnu que mes siiitis se soient affaiblis, rpio ma tendresse ail penlu de sa sainteté?,», J'aime cette femme comme les augi s aiment Dieu, comme les démons aiment le crime,

— Gela n'est pas vrai, m-u irur le duc, dit Ekmneval avec vivacité, et votre douleur vous calomnie.

— Ce que j'ai tenté pour ma fjucrïson evl au dessus des forces humaines; vains efforts ! je succombai à la peine, et je me réveillai chaque jour avec une toiture de plus : la certitude d'un avenir sans espérance.

— Que vous êtes noble, monsieur le duc!

— Je malheureux, voilà ton! ; caries pensées les plus impies vuii un iviuil me visiter pour m'oftrir des consolations. Oh! dans ces moments de crise, je ne reculais ni devant le piège, ni devant te meurtre, ai devant un crime plus grand encore, j'ai combattu, j'ai triomphé du crime, je suis toujours courbé sous mon amour; et, ce matin, quand la nouvel Se de la mort de l>"lomieu ma été connue j'ai vu pins que jamais mademoiselle il. LrJL.igoe perdue pour moi sa passion grandira

par Tin fortune.

— Tout coque vous dites la, monsieur lo duc, je le comprends à merveille, quoique je ne sache pas trop ce qui r'i •-■ yuc l'amour, — l'amour comme vous l'entendez -, — m us j'ai perdu mou capitaine, cl il me semble que je l'aime encore davantage; si je perdais mon empereur, je ne sais pas ce que je deviendrais, tionc, je vous plains ei je vous aime coi esi j'avais connu cet am mi- qui vous

fait tant de mal. Cependant, ne serait-il pas sage d'essayer encore un remède/

— Leq nel voud ra i s-lu me proposer ? dem o n da \ e due avec un sentiment indéfinissable d'espoir et de terreur A la fois.

— L'absence ne guérit-elle pas celle maladie?

— Non, Bonnev.il, elle y ajoute nue torture de plus; je n'étais jaloux ici que de Dnlomieu, loin d'elle je léserais de tout l'univers.*. (Jui sait? peut-être verra-t elle un jour mon supplice et me prcndra-l-clle en pitiés

— Ce sentiment vous suffirait-il?

— Hélas! non, Bon ne va), il m'abaisserait âmes propres yeux; je veux son amour mi...

— Pardon, monsieur le duc, mais les sentiments ne se ciiinm ndi ni pas; l'amitié, la haine, n'arrivent point par le caprice ou la volonté : c'est la raison qui nom les impose, et je sais pourquoi je vous estime corn me je sais pour* quoi je méprise le comte de Plnto. il mit l'aspect seul me donne le vertige.

— (hic tVt-ïl lait ?

— Monsieur i' due, quelle est voire résolution? qu'arrêtez- vous a propos de mademoiselle de Birague?

— Pourquoi ne veux-tu pas me parler dePinlo?

— J'y serai toujours â temps, Soyez assez bon, monsieur le duc, pour médire ce que vous lerez pour mademoiselle de Birogue, que mon en pilai ne vous a conlice â sa dernière heure?

— Le nements dicteront ma conduite,

— Alors je reste, dil Bonncval en se levant; j'espère que vous ne me rhasscrez pas de eh ex vous, et que vous me permettrez de veiller bussÎ sur celle pauvre jeune tille, qui u';i plus ni père, ni mère, ni liniicê.

— Encore un mol, dit le duc eu retenant Bonneval pnr le bras; tVt-elle jamais parlé de moi ? çroîs-lu qu'elle itil deviné mes sentiments?

— .le suis sur du contraire, car elle vous aime d'une amitié au moins égale à celle que j'avais pour mon capitaine*

~ Je n'ai plus peur, dii le duc; mon bonheur est dê.sormnis impossible*

Avei-vous remarqué que les grandes douleurs ne choi* sissenl jamais leu - coniidents? Iliche ou pauvre, grand ■ mi petit, reçoivent également les plaintes de eeux qui souffrent; on dit ses peines ri la vieillesse qui a oublié, a l'enfance qui tu- comprend pas, â la br île qui n'y rr guère, au Front intelligent qui cherche en vain un rO; in d- ... Iiéias on le dii encore aui olqets inanimés qui vous eniourenlj auxquels on donne une nmc, et parconi |iienl de la piiîi .

Qui n'a pas r, mnié ses n lûmes an feuillagemuel des

nl.j' ■-. m /mi qu'il foule, au nuage qui monte, plane et disparaît, au ruisseau ttuï murmure et fuit?,,. Vous voulez associer le monde entier à voire douleur, et c'est pu m* cela que vous le dite* -ïstel

Le due d'Àlméida, du ut vous connaissez maintenant le

malheureux amour, comptait quarante ans a peine* et

l ■:■] : lui cette passion,, la première qu'il cfti éprouvée en

sa vie, lui avait donné l'expérience dV ceux que le sort a

mvonl rudoyés, h c'est presque avec bonheur qu'il s'élaii

înfle au servent BonneTalj aussi sa unir fut-elle plus

tlme, ei, â siui réveil, alJa-t-il f courre sis habitudes, ru

pîrer la brise matinale dans les ombreuses alleis «le son

jardin.

(Juani nu sergent, malgré sa fatigue, il pesaa la nuit ilnus la méditation, bien résolu à ne pas dévier un seul inslaui de la Mule tm'il setait tracée. Son capitaine lui avèîj

dît : r Veille sur elle! i S. \ ilnVu voulait [tns

d'autre,

]] sortît de -s.i chambre.

— Tiens! vous à ma porte? s'écria-l-il, flatté d'une si heureuse ri i iM ulre.

— <>ni, m i, dit Florins; mademoiselle repose, une de mes amies eîlle auprès d'elle, el je suis venue pour causer quelques instants avec vous*

— Volontiers, Florida; In malin .1 u nonce belle* fais us un tour dans h-, parc.

—Ça me va ! j'aime mieux le parc que le jiinl : n . il n'est pas tiré an cordeau, et je voudrais qu'on ne mesurât | as plus respaecque les passions.

— M îiis tes mauvaises? demanda H mncval rn | renant le bras dç Ja camérislcci en se dirigeant vers [\ er.

— Est-ce qu'il y en a de celle nature? répondit Florida, litre de son cavalier... Je n'en connais qu'une, si un I •' m! L'appeler passion : c'est niigratiliuh 1 . n cclle-Sa, sep gent, vous ne ['éprouverez jamais, n'est-ce pas?

— Je ne sais pas m-' que c'est, cl je ne le saurai

de ma vie, à moins que le senor Pinlo de mon àme ne charge de me t'appn udre un jour.

— Vous I*aimei7

— Comme En nimes In fièvre.

— (Test selon laquelle, répliqua la jeune tille en sap- ] uyanl plu tement sur le bras du & it.

— Eh bien ! je l'aime comme lu aimei le silence du cœur.

— C'est fini, cet homme ne mourra que de vuire main.

— Je le crois.

— Hais m parlons pas de ce vilain noble nue vous dé-

je déleste aussi, et répondez-moi avec ï«. incluse... Voyons, nY.J-u- jus que ma so ur esl bien jolie?

— Et bien compatissante,

— ÏÏe Ta-t-cllc pns été trop? demanda Florida le rail] nu front.

— Est- ce qu'on peut Te Ire trop pour celui qui souffre?

— C'esl selon; il va tant de manières de comprendre les malheurs d'autrui!..,

— Tu es si généreuse que lu pourrais peut-Aire uiVu Citer mille,

— Vous .ille& trop loin, et vous me donnez trop de

VCrtUS,

— Ah ! voBs appelez cela des vérins?

— Sans doute.*, vouloir toul le momie heureux autour de soi.

— Tout le monde' dfc-tu,

— 6b! je m'entends... le monde, ce m sont pas Ions ces hommes, beaux ou Laids, qui passent el k; ni dev«nl nous en nous coudoyant, qui chemînenl, s'arrêlent, mangent cl dorment comme les brebis de retable ; le monde n'esi s ui ni qu'un seul homme, et c'est lui qu' voudrait rendre heureux par-des us tout.

— Hais, si j'ai bonne mànoirc, von s avez eu déjà ce bonheur bien nos foi», quoique voua ayez à peine dix-huîl ans,

— Qjraepl ans aux péclu . sergent j nous ne vieillissons, h'i - ijiie trop vile. Lai eiohs jeunes, et I i faire les années, qui vie mien l si rapidement.

— Oli ! toi, je doute fort que Lu aies jamais trente ans, alors même que tu en aurais quar ini vieillit, ce sont les chagrins, les malheurs, les d6ceptions, ri m es femme ù te faire des {oies de ce qui lue les attires.

— Je ne sais comment vous l'entendez, sergent; Ionjours est-îl que depuis quelques mois je crains de devenir Lai Je avant nîx-buit ans.

— fie serait dommage, j'en conviens ; mais n'avez-vi pas chercl: ma corriger?

— Si faiti et je n'.ii pas réussi.

— Le p onsole du i il.

— < Pas I ou jours.

— Le vôtre o été si gai, si couronné de Heurs, comme on dit.

— On dil tanl de sottises!

— Moins qu'on n'en faii, ma i II re FloHdo, et ce sont les sottises qu'un e vu faire aux autres qui vous lienncnl en garde contre colles que vous pourrie^ foire n uvim'nie.

— Franchement, je crois que vous parle? pour moi* Franchement, Florida, vous ave?, deviné.

Ainsi donc, vous Baves que je vous aime, et japeinU nue vous ne m'aimez n

temn

— Vous apprenez que je ne dms pas vous aimer, voit .■ tenu

— Hais, à ce compte, vous m'aimci un peu, et vous m'aimeriez beaucoup si je parvenais -: 1 "ublier mon passé ?

— M y mirai! des chances.

— C'est trop do bonheur I s'écria Florida, car ma vie ne date vraiment que du jour où je vous ai vu... Oh ! \*\ suis que cela u est pas hien ô m m jeune lillc de dire ses sentiment» avec celte franchise; mais puisque j'ai commencé, \^ dois Unir; el puis, ce u'esl pas ma foule si je suis nï-e

lis un soleil brûlant qui ne vous donne pas le lemps de vous défendre.*.

— Tu nés donc pas île Coïmbrt

^- Je suis née à Tdnériffe, répondit la franche jeune fille avec une petite moue ravi ssante, et vous voyez que li'Ul a conspire à me faire ce que je suis.

— Tu es une noble cl délicieuse (llle, Florida, el ma franchise égalera la lionne, dit Bonnevai en so pinçant en fiiee île l.i belle Portugaise h en lui serrant affectueusement la main* Je l'aime, oui, je t'aime, moi, depuis Ion*a oui | ■ • ' ii ! l'as pas vu, c'esl que j'< payais de me Ee

lier à niin-uir'mc,.. Laisse-moi poursuivre, et dérobemoi tes larmes... Oui, Floride, ta beauté, ton dévouement, (es caprin-, les Lcrreura, les Joies d'un jour, i<m repentir,

qui se lisail par fois sur ce fronl si lm n conro ; . dans tes

regards -i \- ocaieurs! f iil «t en toi m f a sulilugué, lont m'a f.iit ton esclai -. m a victime*

— Oh ! mon Dieu ! laïMoi, laîs-toi, je deviens folle!

— Une femme êlail l;i dans L'hàlel du due d'Àlm^la; un jeune homme mon lieutenant, mon capitaine plus

!. f i; lui avais juré un dévouem ni à toute épreuve : s ie fuir le jour ou II domieù rejoignil son draj eau : mais si lu avais |u lire en moi, tu aurais été vengée de mon .-. Oh! Florida bîcn-oimée... le croirais-tu ï après l.i

ri de mou capitaine, j'ai seul! un secret bonheur â ne

pouvoir rejoindre mon corps d"i - t je songeais n toi, je i,. Cl nfond i- dans mon coiuravec mademoî* de Bîra-

piir, qui a^air besoin d'appui, <i jaî rec au que la pairie

est quelquefois loin de la ville on l'on a le jour.

Florida respirai! a peine; de ses lèvres entrouvert* chappaït une haleine briilente, son corset de satin !- mdissail sous le-î rapides aspirations d'une poitrine c nvnlsiremenl . ■ :^ i l • » ■ , et de ses mains crispées tombai) une chair virile qui bon!" .M- it 1rs . :i - de Bonncval...

~* Eh bien! sVni le sncJie doue jnsgu'ou ira ma ten Iresse ] our Ud m intenanl quetu m'as dit ton amour, pa T ce q Ue j a i ù'w al rs que je pk-nnin lou indifl-nmec.

1ll

LIVRES DE .i \ QUES AliAi;n.

Jt?

1 ^ri

Le (lue d 'ALnir'nl :,

ziëvouejiext

— Li veille du jour oii tu partis avec Ion lien tenant, je demandai au duc, mon mai ho, h permission d'aller rmbraser ma mère; il me l'accorda* Troisheures après, suns le costume de cautinière, je suivais ton régiment. Tu cannais le sous-lteuienant L;ivrîl, je un: confiai à lui; je lui dis mon amour, ma résolution miLrmlablei il me promit do mo proléger : il m'a tenu parole..,, Je te voyais, j'étais heureuse I

Btmneval était d;ms l'enivrement.

— Le soir de la snn^ km, i- journée où Doloimeu n élé tué, je t*ai perdu dans la mêlée, < l tu toucheras là, se mon rpiiule, l;i trace d'un coup de feu qui me renverse i n

franchissant une haie pour aller d ta rencontre. Je conn.iis^iis le pays, je im- dirigeai vers la mai sua de ma mère, et le lendemain, lorsque tu frappas, à noire porte, je poussai un cri el dis à ma sœur : « Sauve-le, je t'aime! mais Barde le silence! a Elle m'a tenu parole, el je la bénis. Kes deux chambres n'étaient séparées (pic par mu p iitcclotson; je l'entendais, c'était te voir; nous souffrions cnsemlle, nous guérîmes ensemble; el t st tu p irli pour h France, je nie semis montrée, je t'aurais suivi ; mais tu demandas le Chemin tir Coïrobre, ma mere Le donna un guide; je Le recoin ma mUi .1 deux genoux â la Seùora do Ifon- Secours, dont tu as vu limage près de ton lit; je le précédai dans la rouie, et ce n'est nue depuis (rois jours nue je suis arrivée chez le due, Crois-tu, {tonnerai, que j nullité mon |wi

— Je te crois, Florida; l'amour, c'est Je dévouement, et je Redoute pas de ti.i

— Viens donc sous un soleil plus brùknl encore, s'écria

LE DUC D'ÀUII-IIM.

$ous l£ cù>|iimc de canlutièra je suivais Ion régiment, (Pa^e llî.)

me lillc avec une exaltation qui tenait du délire, je no crains plus >cs rayons; jai hesnffi de nouvelle-: foires pour L'aimer ci pour l'apprendre coin nu? on aîme.

Sis mois s'étaient passé; depuis les événements que j'ai l ■ oulés aux regards de mes lecteurs; la paix v- lu it en Porltigal t non pas une de ces paix profondes ei serions qui missent de la r.iijm- du dit découragement des ci mmbattants, mais I» paix turbulente de l'Océan après h lemnéle.CVuicnt des jours île ncrimiiuthous et decolt'N 1rs familles atteintes par le fléau reprochaient à celles qui nviilcnl été épargnées les cicatrices et le deuil de la pu trie. 4

Chacun se Unit après U> envahissements, suit que Je peuple envahisseur ait clé repoussé, soii que ses franchises nient ('ii! frappées, car lecanon a ses auxiliaires puissants* alors mémo qu'il vient de se faire entendre pour 1a dernière fois,

J'absous le vaincu Je tous ses Sacrifices, de toutes ses

ruses, de tous ses mensonges, pour cc!iap|Cr a la rude condition de f»rb>-> > n 1 1 i ■•!- de L'unre, ri les cas ne fioul n rares ou celui-ci préfère i la captivité la mitraille qun'avnit épargné : c 4 esl encore l'Océan après 1a tempête dévorant les débris des vaisseaux qu'il vient de bercer.

Aussi malheur aux prisonniers qui languissaient encore

-luis les hôpitaux! ruallunr suriout a l'uni Eb Mi n du

capitaine qui < rrail toujours sur la montagne pour échappera l'cscopetta ou au poignard des jjuerrHteros, moins

île

eut

le*

craindre pourtant que tes irîbunaui nonugais charges

les El ais. Les cachots, les déportations, étai*

■ Limants les plus magnanimes infliges aux caplife: In potence faisait son oAu ir les autres* C'était la un refuge contre une réaclion possible, Lrs difficultés ap- , : t la prudence, eJ le Portugal aujourd'hui coniu

avant, ru m me toujours, regardaii lu Brésil comme ta dertii. •!■ ■ i ■. :i îic de son fantôme Je nationalité.

Nous n'avons pas mission de dérouler aux yeui de nos

Hi

i^Lifc?. — I >d L-. M MOV r..U.I» I. r L | î.ï L t'YïLl tutu, I.

ŒUVRES DE JACQUES ARACO

lecteurs frs diverses phases des amours de cette Mie et brillante Floridn, coursai après le plaisir comme le pajHiloii après la Jleui\ comme té Uni après le lloi t ne reculant drvanl iiih un obstacle pour arriver à son but, H baignant incessamment sa vin dans L'océan si périlleux drs passions de lïime + Fiorida joue un rôle dans le drame dont le dénoiïment est encore loin de nous, mais elle n'y prend part que parce qu'il i&t impossible à cette chaude imagina? fîou ÔY rester étrangère â la marche des événements fini

Ia heurtent, pour ainsi dire, é chaque pas, et parce qu'elle voudra il être seule In consolation de celui qui souffre.

Tontes les joies de Floride sont des joies impénétrables,

profondes, ïrrcgultcres, des émotions drisord uV-s : r

nn vase dans leqael ne s'infiltrent que des lr |Ueurs généreuses, et qui repousse au dehors tout ce qui peut corrom- |.r« sa nature. On peu) briser ces créatures cxceptionnelon ne les modifie pas,

— Vouh z-vnus être Floridn, vous, jeune fille qui lise*

ci ! nages véridiques? Oui? Ûh l alors je vous vois le

sourire sur les lèvres, ri je ions salue comme nue des p!ns beumiH's enfanta que le ciel ail rêvées..* I. mla donc se mouvoir a L'aise, cel ■ i :(iricieus( h Floride aux passions cosmopolites, et sachons si nous ne trouverons nas, dans les tableaux que nous avons promis» des couleurs plus suaves, des scènes dont les teintes, moins bitumineuses, reposeront les regards au lieu de les fasciner»

La douleur de mademoiselle de Birague n'était point de celles dont la blessure s'affaiblit chaque joui; les fleurs avalent cessé de couler, mais le fer brûlant était reste dans li plaie, H c'est parce que la plainte ne s'exhalait point au i li hors que la lorlure étaii plus poignante.

Le ducd'Àlméida redoublait de soins et de tendresse auprès de la pauvre i rp!nliue s et PintO, qui s "aperce vniL que ses visites devenaient importunes, en conclut qu'il devait les multiplier, parce qu'il attribuait à la jalousie le sentiment de répulsion dont il éiail l'objet. 1/ hypocrisie est la politique du cœur; Pïnto feignait de ne pas corn* prendre qu'on cherchait â l'éloigner de l'hôtel, et, presque chaque matin, le duc et mademoiselle de Birague recevaient ses visites.

Julie i réprouvait pour le comte ni haine ni amitié j elle l'estimait comme dans le monde on estime les gens que l'eu connaît à peine ei que l'on ne veut pas connaître (lava ulage.

Celte indifférence, qui aurait dû charmer le duc, blessait profondément son Ame. Dans la violence de son amour,

il a ii mil de si té qu'on lui présentât des obstacles à vaineie. Mais comment s attaquer a ce qui n'offre point de résistance?

He son côté, le comte Pin to jouis ait intérieurement de sa position, cl il se consolait de ce qu'elle avait de peu rassurant pour son amour, pu" la certitude où il était des souffrances du duc. Les homme* taillés sur le modèle de Pinlo n'ont presque de véritables joies que celles qui leur viennent du malheur des autres.

Un point d'appui lui faisait cependant défaut : depuis quelque temps Vlnrida ne voulait plus recevoir de cadeau; la jeune fille, tout eut nie à son amour pour Bonneval, se sentait brûler les mains par le> ^ né rosi tés du genfi [homme, et refusait d'apporter, comme par te passe, â mademoiselle de Birague, quelques-unes de ces paroles dont elle avait souvent jusque-là subi le contre coup.

Cependant les événements politiques marchaient vers nn denoùnnut qui ne pouvait plus être pour la France

cette puissante épee de quiconque rêve un brillant avenir! il morte dans les easurs 1«^ mieux trempe

Le duc d'Almoiiîti confiait a mademoiselle de ii irrigue chacun des déhilsdr ectfc guerre si désastreuse; il lui disait, avec celle parole amie qu'il exprimait si bien cl qui " i nue consolation, que, puisque le ciel lui avait enlevé? sa hmïl'c, elln pouvait recarder cnnvrr sien l'hôtel on elh

tait Une agonie a briser l'Ame, celait le dernier soupir d'une gloire à laquelle nulle gloire ne peut être comparée. Le sang le plus pur coula il de toutes parts, les larmes les plus améres tombaient de tous Les yeux, et l'espérance,

a '.ail été accueillie, et comme sienne iunm r immense for* lune dont, au reste, il prétendait la doter un jour. A ces lémoign . , mille fois rénales d'une ■ (TecLïon si pure, mademoiselle d<! Birague répondait par la reconnaissance la plus vive, m ils elle était bien résolue â ne pas la iuolireà une plus Longue épreuve et i retourner â Taris.

— Ob ! si une famille vous attendait là-bas, lui dn ni le d ne. je comprendrais les désirs de voire cœurs m ah, orpheline et sans omis, que ferez-vous dans cette ville immense dont votre jeunesse conserve â peine le souvenir?

— Ce i [ u e j ' v f e ra i ? rép onda î t tris l cm en t m ademoise I le de Birague. bêlas! ce que je fais ici: le terme de nm vii» est marqué désormais, Los larmes sont une consolation et une douleur i la fois, et, pour moi, pauvre nbnndonm

In tombe seule est un refuge.

— Que vous êtes injuste, m demoiselle! que vous êtes cruelle surtout! L'amitié, lr dévouement, ce seul là des bienfaits qui doivent toucher nue àme comme la vôtre, et il y n de I égoîsme dans votre ■!■ sespoir.

— Je pense autrement, monsieur le duc; car, moi, je n'y trouve que de la générosité»

— Je ne vous comprends pas, mademoiselle.

— Eh î ue voyez-vous pas, s'écria mademoiselle de Birague avec un aecceut désespéré, que mes malheurs portent avec eux leur contagion? ne vovez-vous pas 'pie je suis fatale â tout ce qui m'approche, li tout ce que j'aîroe? Le doigt de Dieu a tracé sur mon front un siiçne de deuil U... Ecoules... J'avais un frerr qui m'aimait comme les anges aiment le Très-Haut, et il esl morl !.. j'avais une mère que j'ai mais comme une fille aime sa mère, elle est mur te i. . j'avais un fiancé que j aimais comme Ja religion aime la prière, il est morl L,. Je n'ai jamais connu mon pire!.... Vous vuyex donc bien qu'il y a péril â laisser tomber sur moi un sentiment de pitié. Vous voyez donc bien, monsieur le duc, que je dois vivre isolée du monde.

— tili bien! mademoiselle, dit Alméida d'une voix grave, puisque vous trouves une certaine douceur dans la contemplation de votre Infortune, sachez qu'elle est plus grande tpie vous ne l'avez encore pensé jusiiu'a ce jour.... Votre fortune, celle que vous a laissée fi. Polomîeu, vous est vivement disputée à Paris, et de récentes nouvelles oui me sont arrivées me font trembler qu'on ne vous en dépouille. Pardon, si. avant de tous en prévenir, je me suis chaudement occupé de vos intérêts.

— Vous ave?, un noble coeur, monsieur le due, répondit mademoiselle de Birague, sans s'émouvoir de li nouvelle qu'on venait de lui apprendre. Vous cachez vos bienfaits :mc plus de soin que d'autres ne cachent leurs pHidics, et vous mérite* le bonheur que vous voulez répandre sur tous ceux qui vous eu lotirent.

— Le vôtre seul mademoiselle, est l'objet de mes voeux les plus ardents.

— t'h! ne le sais-jepas! s'écria mademoiselle de Bjraivee une exaltation qu'elle ne put maîtriser. Me aais-je

pas une votre amour est d'autant plus brûlant que vous cherchez a le cacher.., a le cacher dans votre sein ?

Leduc resta pcl|jtié,

— Oui, monsieur le duc, poursuivit mademoiselle de Birague, (e sais que vous soufriez et que vous hésites à me sacrifier â votre repos. Un cœur ingrat n'aurait point compris lamour que vous inspire la pauvre orpheline couûéeà votre bonté,,,; moi. monsieur le duc, |e l'ai deviné. Vousnïaimez, monsieur le duc, et j'ai porté les angoisses

T.!-; DÏIC kVAMfilDA.

de celle passi lmninnlricc chez un homme qui ne comprend que la noblesse. Oii! poiirr«-vous me pardonner, monsieur le due? poursuivit eneorc mademoiselle de Itiro-

fue en se jetant aux genoux de son généreux protecteur, tins devriez me prendre en pitié, et pourtant vous allez me liafr\ car toute ma leudri-s-e, je Tni don un- ri ma mère, i:n tout mon Amour j je l 1 ;it donné à Dol milieu, car je ne vous nîme pas,

H.-i'l' moisellc de li'un^uc nvn ■ nlii iKunc son le parole tuer toute espérant* c ei sFAlméida; il fui frappé, eu effet, mais s passion était dt; celles qui rësislenl même « la désillusion; il vît avec une sntin dr désespoir, qui- d pendant il ne chercha pas à combatif. Il croyance de mademoiselle de Biraguc, et, la prenant par (a main, il h rc-

leva Siiu- lllî inli-^i- ■sfMilr parole,

Ils étaient pales tous deux, tous drux tremblants; in» monde d'idées se croisa ieni dan* leur âme, car la pensée est la, r|iioï qu*eu dise la science : celle qui dominait le duc, calait le désespoir; celte qui remplissait mademoiselle de Birague, c'était le remords.

— Le ciel mVi témoin, dit le duc en ranimant tout ce que lui avaient laisse de forces ces cruelles pan des, le ciel m'est témoin nue j'ai combattu cette passion me toute L'énergie que j ai pu trouver dans ma dignité compromise par elle; le ciel m'est témoin que j'ai mis â vous In cacher toutes les puissances de mon être, Ce que j ".iî souffert, vous ne le croiriez pas, vous qui avez été si rudement éprouvée depuis que vous êtes au monde. Vous voir n ii iiMuit, i-iiiii pouf moi une éternité de délices; et vous étiez si digne de mon estime, que le mystère de mon amour m'y faisail trouver quelque joie, une espérance

ponvaii m être offerte à h mort Je boloinien eti bien,

celte mort me frappa au coeur, parce c|uc je voyais voire douleur, et j'aurais regardé comme une impiété de ne pas mêler me* larmes aux vôtres, Tanl que j'ai vu ma passion murée entre vous el moi, poursuivit Alméida d'une voix pins résolue, j H ai voulu vous ^.mler ici, j 'espérais que Mini aurait enfin pitié de mon sacrilice ; aujourd'hui que yous le connaissez, je comprends que vous désiriez vous éloigner de Coîmbre» Croyez moi« mademoiselle, plus vmis liât' rez votre départ, ] dus je vous bénirai,

Le duc d'Alméîda, dont les yeux étaient vil ri liés de larmes corrosives, rentra dans son RpparLcmcnt, et ruademoisellc de 1:ii . brisée par lYffoî-r qu'elle venait de s'imposer, cul a peine î de se traîner jusque su

chambre, on elle lomba sans c ronsissauce.

ueni 1 1

Le comte de Pinto entrait au mf-me moment, désireux, ! lui aussi, de brusquer une entrevue dont il attendait l'issue avec plus de calme que le duc 4* Alméida* Il s'avança prudence vers la cfiambre de mademoiselle deSira* gue, ■ t ■ ■ 1 1 l In porte était restée ouverte*

— El< bien : que fait eue >re là votre seigneurie? cria la

belle Pïorida, £[111 l'.n.iit sui ■■ i 1 I» piste.

— Tu le vois, je cherche des consolations qui m 'arriveront de In ou delà, peu importe*

— Mais vous savez bien que vous n'avez rien à espérer de la jeune et belle Française, lout entière aujourd'hui dans les larmes et le désespoir.

— Ouï, monsieur le comlc, sourîtes de pitié ou de joie; cU ceux-ci, je v.hh délie bien de les fa in* naître, même

les bH-res do la camérisîe, qui s'oppose à ce que vous

^iczun pas de plus vers la demeure de in -I ùsi-llo

Julie.

— Je le le répète, Florirln, il est nécessaire que je lui parle.

— Comme vous perdriez lous vos efforts, monsieur le

corn le, â me faire comprendre cette nécessité] j'arrive à propos pour vous éviter l'en nui d'une mt revue lIh.iïI vous ne tireriez aucun profit.

— Eh bien) serais*jc plus heureux auprès de loi ? répliqua le comte eu se rapprochant failli Merci non J de la Ca iiktlsu».

— Auliclois, je ue dis pas, roua in'aurir/ pin peutrc ; mais, aujourd'hui, mou cfeur est pris pour letcr-

él nitô

— Je ne crois pas ;i l'éternité; je doute surtout de celle de ta passion.

— Oh! celle-ci ne finira pas» et je vous engage, monsîeur le comte, a porter ailleurs vos déclarations et vos fadeurs de gentilhomme-

— C'est la ton dernier mot?

— Ànssî vnn que je suis la plus hcllc camcrîsie de Co 7 mbre

— Dès lors, cherchons ailleurs, petite... Que dïs-iude

m demoiselle de Biragir

— Je dis, seoir, que c'est In le cœur le plus noble itnï ail jamais battu dans une poitrine de femme.

— Croîs-tu que le duc, ton maître, soiijaloirx de moi?

— Mais, pour cela, il faudrait qu'il aimât madeuiivsi'llr.

— Il en est fou, dit Pinto avec un sourire satanique.

— Misérable ! que me dîtes -vous là ?

"-Ce que lu sais aussi bien que moi, hypocrite, et ce nue tu veux inutilement me cacher..* Un parle à Coïmbrc >lu mariage prochain de mademoiselle de Dïraguc, qui a

arnv

— 11 faut pourtant que je lui parle; les sourires nous rivent parfois de nos ennemis comme de nos amis.

bien vile oublié sou brave capitaine,

— Miséricorde divine ! cYsi là une calomnie, monsieur le comte, cl si Votre Seigneurie vient pour madciin hm Ile. Ii porte est ouvert, vous pouvez partir. Quant à moi, je n t:trc où m'appelle mon devoir, et j'exhorte monsieur le comte â retourner â la l -.in mue de Santa-Ùruz, où il Détail pas mieux reçu qu'ici,

— À fil ah ! de la raillerie!

— .lavais trop bonne opinion de votre mérite. Je n'appartiens pas à la grandesse de Portugal, mais Florîda s'es- 1 trop pour vous honorer de sa colère,

— Sais-lu que je sui^bien bon de souffrir les imperti* il l 'lices?

— C'est â quoi s'expose 1111 grand du royaume en venant déposer ses hommages aux pieds d'une humble camérislc*

— Ëh ! dit le sergent, qui arriva à ce moment, monsieur le comte Pin in n'est pas instruit de l'évacuation du Purtu- I par les troupes françaises?

— Où aveï-vous appris celte nouvelle, sergent?

— Km parcourant la ville, ou h 1 s réjouissances vont

commencer. Un décret vient d'èlre publié ^ m cominnude

1 tout Français résidant en Portugal d'en sortir sous peine

de mort.

— Cela est luen pénible, bl< n douîoureux.

— Et vous ne le comprenez pas, m ui-irur le comte* vous qui accueille?, celle nouvelle avec lanl de sang-froid?

— Tenez, vovez Roridn-. elle prend plus de part <juc

roua a notre douleur,*., les larmes inondent ses belles paupières.** Est-ce qu'elle vous aimerait? demanda le coi nie avec une ironie mal déguisée.

*— Elle m'aime! dit gravement flou ne val en croisant les bras sur sa poitrine, etVest pour cela, monsieur m corn le, que, si vous ï-\Uz moins noble, je vous défendrais de lui adresser vos galanteries.

— iW'z, dit Fl«ii iihi s'élançant au milieu des deux interlocuteurs : j'ai dil a M. le coinle mon amour pour vous, et S* Seigneurie, de sou coté, m'a avoué son amour pour mademoiselle de Birague.

— Eli bien] cela est plus sérieux encore, et si monsieur le comte était de rang moins noble, je lui défendrais aussi de s'approcher du la lancée de mon capitaine.

—Le comte de Pînio prend en |>t lié toutes ces bravades, et 11 les pardonne.

— Je ne veux ni de votre pardon ni de voire pitié, monsieur le comie de Philo, grand de Portugal, et j «une mieux votre colère nue votre indulgence. Je vous dvfends donc d'approcher deFlorida; je vous dé rends encore d'entretenir aucun espoir de réussi le auprès do la tiancée de mon capitaine J'ai dil, je vous salue. Viens, Florida, rouirons auprès de in maîtresse, et laissons M. te comte passir dans l'antichambre^ où il se trouvera en meilleure compagnie.

Tout se liguait, comme on le voit, dans l'hôtel du duc d'Àlméida pour s'opposer aux perfides intentions du comte de Pi n lu. H ni de$ personnages qui ont passé sous nos yeux ne connaissait le motif de ses projets de vengeance. Dans sa coupable pas* h m pour mademoiselle de Birague, il y avait une I mine invétérée cou ire le duc, et il faut bien que nos lecteurs sachent comment elle avait été inspirée.

Quant au mépris de Pierre Bonneval pour lui, il était si puissant que le noble soldat le regardait comme un senti* ment honorable, et il mirait cru manquera l'honneur en 3e laissa nL s affaiblir dans son âme. Sou amour pour Florida était an contraire, quoi qu'il en eût dit, peu enraciné, et il nmij.i h >■ ulemenl en faire un prétexte de querelle mii forcerait le comte à a reculer une provocation dont il ne redoutait pas l' issue, tjucl sera le résultat du choc de toutes ces passions diverses?-.. L'avenir nous rapprendra ; faisons, en attendant, quelques pas en arriére.

Issu d'une fies plus illustres familles de Portugal, José Pinto était le fils de Joachïm Tinto, qui joua un très* grand rôle dans les conquêtes que celte nation lit sur les cales d'Afrique et des Indes orientales. Ile puis 1fjl)0 jusqu'en 1190, son père, son grand-pore et ses aïeux s'étaient Paiement distingués dans bs voyages des Vasco de Gamn, des Albuqùerqne, des Diaz, des S: dis, des Cabrai, dont les noms resplendissent encore parmi ceux des plus célèbres navigateurs du monde. Un de ses frères, plus avide de richesses que de gloire, partît pour le Brésil avec la famille dont Jean VI était alors le chef, et déchirant ses Litres de noblesse, se fit planteur près de la grande Tijuka, que les peintres et les poètes de noire siècle ont illustrée.

Parmi hasard dont les conséquence* devaient se foire

sentir bien au delà dos lieux qui le virent naître, un frére du duc d'Almcida possédait, â coté des propriétés de Joachïm Pi util, nue vaste plantation cultivée par des centaines de nuira achelés sur les cotes d'Afrique. Parmi eux riait une jeune lille d'une beauté remarquante, à laquelle d'Alméida , par humanité, épargnait les rudes travaux de la culture.

Tous les noirs avaient pour elle une de ces amitiés ardentes qui germent sous un soleil vertical, et il est vrai de dite que Pàradîsa nn ployait smiveiil sou influence auprès de son maître pour sauver le coupable qui s'claît exposé a quelque châtiment,

Pinto vit ta jeune esclave, et résolut de triompher de ses principes, car son maitre lui avait appris La valeur de ces deux mots : pudeur et vertu, dont les noirs exportés

au Brésil, à celte époque surtout, ignoraient le sens, abrutis qu'ils étaient sous la verge impitoyable des régisseurs.

Impuissant a vaincre la jeune fille, Pinto la fit enlever, et û ne h rendit que souillée à son maitre.

— Que fer iea- vous, dit celui-ci âses esclaves assemblés, â celui d'enîre vous qui aurait profané la jeune ParadisaT

— [Vous le frapperions de mille coups du t hicoltt

— C'est bien, je donne la Liberté à ceux de vous qui ni*améneront demain, ici I • 1 « - 1 ■ lié, bien garrotté, le cumii 1 Joachïm Pinto, ravisseur de Paradisa, votre protectrice.

Six des nlus robustes et des plus alertes esclaves de l'habitation s introduisit oui, la unit, dans la demeure du comte, qui, le soir même, était le prisonuier de d'Alméida*

— Tu l'es dégradé par un infâme guet-apeos, dil celui-ci en lui crachant au visage ; fu dois recevoir le châtiment de Ion crime, et les bras de mes noirs vont te l'infliger .

Justice Fut faïle. + . Une heure après, un cadavre m lambeaux gisait sur le sol ensanglanté*

\a- ili'sliiniiLi ur infligé â un noble, la connaissance du crime do Joachïm et la considération qui s'attachait au nom des d'Alméida, tirent taire les tribunaux brésiliens; mais José Piuto apprit toul dans un VOYage qu'il lit â Ui".

et jura de se venger* Peut-être saurons-nous bientôt s* il doit réussir da n s se projets.

Allons en avant, et n'oublions rien de la vie intime des principaux personnages >!• notre drame.

VM

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