‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 56 sur 82 · II · texte numérisé non relu

II

mil le canon gronda sur ims moulage PJuj du lio;iu\ jours; Quand l'escopeUa éveille nu* campagne^ li mais if amours.

DKt ji ■ v nifi\

Au son des castugnctlc

Djilm r, jeunes lilLi:llL's n

v\vim. ici .ihKiunux.

Le jour u'i poitit Je voil i Kl lu tir I, iJjiiud d'étoile», Nous *- 1 i L : S ix.

• il:

Quand lu canon gronda sur rîûs montagne?,

l*his de buuqx jour.*; ■Juand I BMftpetlG éveille nos u ini|Ujjmïs p

Jamai-; d'amours.

l"sf u vsf ni I !

Un ii s t'air la do chu sainte NVxhale dm mu- plnmle; L'Ki^rmrl nous sourit, El la fleur parfumée, Sur ^.i tige ombiitimi/i', \ r»ir s'épanouit,

Çll.irii.

Quand le canon gronde s jr ims nvmi. jhiic 1 *,

Plus de Imamt jours ; Oimid t'cscopetlo éveille nos campagnes,

-1 tu lis d'amours.

Les chants patriotiques, mêlés a des refrains tout rimé; par les poêles Improvisés du pays, égayaient chaque matin et chaque *oir les heureux habitants di' la ■ ■ ie* Ho Cependant Les jeunes tilles, ingrates pourtant de bienfaits, trouvaient dans Leur îiciIvé' îma^inrition les moyens d'ajouler une joie a une joie, une espérance à nne espérance. Vihis ave/, beau dire, anatomislcs, phiïosopl es rêveurs de tous les empire^ et de toutes les époques, Ses pensées i:e $on! |tas lillrsiln cj rvcajt, leur siège principales! au cœur, et cefuMa seul est stérile eu ce momie qui [iruclame des tbéoi ies 1 1 ■ i- 1 1 ! on peut aisément discuter les bcnëilcei

Les fillettes de la vallée comprenamnl a merveille une existence dorée â deui; mais elles avaient parfois de dom cnulldeiices â Taire, et comme elles ne croyaient (us i jn sympathie des Lièdes, elles rêvaient aussi le bonheur pour cet le qui, abritée dans l'indifférence el T oisiveté, s'endormait dans le re j iKile Unir àme.

Un homme errant seul sur le chemin, nn Lord du mis*

srau ou diins les hois, ïi travers les fleurs et les rliarrnilles, aurait dîi une Iristes&e, et au même instant les compagnes inquiètes, essaim généreux, êgc mraietii pour chasser le vilain nuage du ciel p:ir knrs caresses et leurs sourires,

■in a dît bien souvent que le vrai IjOtifieur êl.iit eu la variété et le chan ^ nient.

Dans In rtttlrt d$9 Roses, une pareille maxime eût été une impiété, un sacrilège, et L'on an rail tmpitoyahlemeni chassé du pays celui cpii fauxalt préconisée. Il y" a de r ingratitude a courir après nn printemps perpétuel; il faut nu été ;i l'hiver*

Chaque saison apporte ses privilèges comme dm > rue àiv • ibmceurs.., ne parlons point île la tombe •> |«nq">s de la vallée des Roses, ce mot attristerait ces pages

Vous le savet, la gueire qui assombmsak alors le Pnr* tugal épouvantiiii riiumanilé, L'escopettc el Le poignard

;-ent souvent pins généreux que Les cachots; hfilles du la bienheureuse vallée ne L'ignoraient pas, et,

pieuses c mêla religion, elles résolurent, an périt mime

de leur - "arracher I. - victimes â ta torture et au giliet, Rien n'est inventeur comme la charité. Vêtues en relîgicuses, presque toujours exposées i la brutalité d'une soldatesque sans discipline, elles allaient, les saintes madones, â pied, seules, prot par leur chaste Lé, visitant ambulances, les hôpitaux, les bivouacs; et, dés que riienre était venue, versant nue liqueur spi ri tueuse aux gardiens, elles pouvaient, à force de soins et d'intelligence,

iiriscrla fnii.edu [n'Honiiicr, auquel leurdoî^l indiquait pour refuge la vallée des /.Ws. Von s avez pleuré ches vous des frères nu des ;.mi< .1 la tombe, tandis que, libres et heureux la-bas, ils bénissaient le destin qui leur ai envoyé un ange consolateur an moment même ou ils croyaient voir s'ouvrir pour eux les porter de r éternité.

o;;rviu:s m: .iacques àïiàgo.

La religinti des jeunes tilles d<mt je vous parle sérielle comprise |i;ii ceux que voua appelez prêtres, bénédlc- Uns, moines, capucins on derviches ; rasés on chevelus, jaunes, noirs au" cuivrés ■ Ji> ne le pense pas!,.. Silence donc sur ces Figues confidentielles! Ils vomiraient semis d-itiie quelque foudroyant nnalheme cnntre les impures générosités imaginées dans la vallée dé* Hoses; mais nous e. sftiahJiliii'si infatigables, qui ayons ^ i^-Uù tous 1rs H : foule Un pied (un tes les en pilules, fraternisé avec les peu-

Stades Ifs plus sauvages du globe; nous f|iii P par amour e l'étude, s si mimes incline tour i tour devant le

Christ, Hrnma, Wisimu. Foë OU UTrduwn ! ; imus qui avons prêché par h pan de, la plume ou l'épée, l'Evangile du

pardon, nous envoyons, du I lêhèbres d il a plu

au ciel de nous entourer» une absolution toi nie aui jeunes femmes de In vallée, et nous noyons hop en la justice 1er n elle du suprême arbitre vonr que nous ayons d craindre qu'il tu 1 soi! pas île muitiê dans notre clémence.

Entre le bourreau qui demande sa proie avec un blasphème, et la victime reconnaissante souriant ri la limite divine, le choix n'est pas difficile, et le Créateur de toutes l'Im es, qui permel tant oVin piétés, mystère Impénétrable! ne prêchera du moins jamais le meurtre, l'incendie et Pas- ■ usinât.

Dieu est Dieu,

Bêlas! tout soleil a son m eut d'éclipsc, tout sourire son amertume* toute oasis son loùl.mi sirocco.

Ln vallée des Roses pouvait échapper n celle règle universelle, et le jour vtnl enfin ou la désolation ei le. deuil la mitèrent dams ses solitud- - !i - i>lus mystérieuses. Le snlril se levait radieux, les yens & ouvraient a ln lumière el les cœurs à la joie; un bruit sinistre arrive en soubresauts jusqu'au village épouvanté, ou accourt, on s'arme contre L'ennemi commun, on se r>:-surc a l'aspect d'un homme, d'un seul qui arrive et tombe épuise de fatigue; il est p île, Harassé, ses cheveux sont eu désordre, ses vêtements déchirés, il n'a pas de chaus me ; mi lui prodigue les soi us les plus fraternels, il ressaisit ses forces, et il raconte ainsi si désastreuse aventure :

— Je suis (il s du Brésil, mais j'ai toujours regardé le Portugal comme ma première patrie; aussi, an premier appel du canon qui ébranlait v<is ce 'es, j'ai inversé TAt*

lantique, et, fuyant mon pays Je me suis trméd'i ous-

qnet. La guerre a ses cruelles nécessites, elle impose des sacrifices, elle absout presque le meurtre, et noire religion, si sainte, ne condamne point â des peines éternelles celui qui, dans une escarmouche ou sur un champ de bataille, tue, «ans colère, par le fer ou par le plomb.

Mils aller au delà de *v que prêche l'a pu Ire de l'ii-n du liant de la chaire évaugéii [ue ne peut qu être agréable au ciel, et, à cote des rîg mrei si s maximes qui nous sont enseignées, j en ai fait asseoir d'autres dont l'Etre snpième me tiendra ctuii; le, |V-| n

Ce que j'avais d'à boni regardé comme un devoir, \'n[ reconnu plus lard que c'était une inspiration divine, Uni j'ai sauvé de malheureux enfer rués dans les enduits, tant j'en ni arraché à la potence dn ssée pour eux, N'est-ce pas, mes rréres, vous qui m*éeoutez, n'est-ce pas, mes sœurs, vous qui jeté?, sur moi des regards de bienveillance, crue je suis absous par votre humanité, si vos iusLiiicts | strtotîques me condamnent?

les douces pressions de mains de ceui qui L'entouraient dirent au narrateur nu il partait a des cœurs qui savaient If comprendre, et qu'il serait bien lot admis dans la fraude

famille de In vallée dit RûftS,

Encourage par ces témoignages d'affection, il poursuivit de sa voix in plus persuasive :

— Après l sanglante bataille d'Àlcantara, Ou tant de sacrilèges se s<mt commis, je quittai Lisbonne, cl meren* du ;l Porto, témoin des plus épouvantables exécutions j ; corps (loltaîent nu gîbel . sans cesse en ■ ermammer, w M te était terrible la fureur des vengeances, que, bien souvent, le cadavre heurté sur la route était livre au bourreau, cl llotlaîl à Pair une heure plus tard.

Je m'armai de courage, mon 4me s'ouvrit .'■ dei pens

vi es d'en liant, et je "trouvai la récompense de mon dé-

v oui ment d nus les larmes de ceux qui me devaient la vi

et la liberté, larmes de gratitude qui m ouvriront peut-être

les pr lu ciel

Français, Anglais, Espagnols ou Portugais, élaienl [mur moi des frères; h religion iJu Christ n*a qu'une famille, elle dit : la ciémence pour tous, et je n'avais |as d'autre >r ne pour combattre Vimnii:;*.

de va il

a deux jours de cela, une triple kuruliûû avoir lieu d Coimbreje m' s rendis, et j'obtins aisément de l'alcade major la permission de visiter les condami dans les caCTtoti, et de leur faire entendre l< a prières des agonisante.

La nuit fut tempétueuse, la foudre grondai I avec un horrible fracas de tous les points de l'horizon, les ci lairs embrasaient tes ténèbres comme les flammes de l'incendie, nui- çréle rapide résonnait au sol ainsi que des balles de plomb, crevassant les demeures les (dus solides, i-r vous eussiez dît l'en Tn- déchaîné junrr châtier tes hommes de

tirs crimes- Les mères priaient pour leurs euthnts, les enfanls nleuraicnt dans lis bras de leurs mères, it l'orage planait limjours sur i.i ville submergée.

Lu coup de lonuerre pareil au retentissement de la M-tiiupetii- du jn^i-raenl dernier envaltil l'espace, la foucl éclate, ei sa langue de Ihmmc pénètre par % tn^J issues dans la prison des condamnas i niasses autour îles murai les et des toitures dont le feu céleste avaiifaîl ii | j

Tous les assistants se signeront, dirent mentalement un Pater , entendu de Dieu seul, el l^inlo continua son récit :

__ — Qu'avaiS'je â faire bu sein de cel épouvantable elm rêjniN l.i volonté suprême el favoriser la tuile de ce qui n'avaient plus que ipielqties heun s a passer sur cette terre,., yne r^emel me pardonne si les nommes me ji

q( coupable.

La tmipéic était allée porter plus loin ses colères ; douze prisonniers et moi nous franchîmes sans obstacle les enceintes de la ville, ccut-ci à lia vers les ravins, ceux-là sur les montagnes i tous â la garde d u [

Nftus eln reliions un refuge dans une fuïte préei|iitée, main la voii du locstu nous avertit que h vengeance des hommes voulait être satisfaite, et que des soldats étaient sans doute ri notre poursuite; nous ue nous trompions pas, e* quelques-uns d'> uns compagnons d'infortune, arrêtés par les sbires du pouvoir, lun-ni. sans miséricorde, passés par les i mes, Ce que sont devenus les autres, c*( un mystère que Ton connaîtra peut -être un jour.

Quant a nmi. >\m< guide, sans pain, presque ^uis vêtement^, me laissant conduire par mon étoile, eu qui j'ai foi, j e s u is a r ri vë dans ce t te va 1 1 ee heu venu des Rose s , o ù je vous demande l'hospitalité que tonte Âme chrétienne doit d l'infortune,

L'étranger venait a peine d'achever son récit, écouté a ver un pieux recueillement, qu'un cri ;ï demi étouffé, pareil â un cri d . ail, arriva jusqu'aux ^ens du village, assemblés et accroupis, A rinsintl méjuc tout le monde fut debout, et surtout les femmes, qui voyaient

j une infortune â secourir.

— De 3a religion, s:»iu mais aussi le la prudence, dit le narrateur, lespié^ &pîus perfide ivenl tendi

atout ce qui est chaste et charitable; ne nous ^ ; j rons pas, formons un faisceau '! |h résistance si c'est un ennemi, et soyons unis également pour le bienfait.

Un second cri, plus douloureux encore jue le premier, guida la généreuse caravane vers une clairière du bois voisin, où l'on n liait chaque dimanche remercier Dieu de la j-iMi'.'ii u dont il entourait la vaille des Kotôg.

On allait par groupes pen distant • uns des autres, lentement, lentement comme le voulait la sécurité de i us: et. d"»s qu'on fùl arrivé a retlrâmUé du bei'ciîau ou s ouvrait la c!aîi iére, les regards fuuill nnlde tous > avec une inquiétude dont chacun avait sa part.

Un homme ' ; i;ii! I.'i prés d'un ruisseau rapide vers lequel il s'él • > traiuc, s us doute pour s'y abreuver : une casaque en lambeaux de loi! ue couvrait ses épaim es mains déchirées se cramponnaient à un caillou solide qui lui servait d*apnuï; ses jambes grêles étaient â peu pn-s nues, et ses pieds, zébrés de riffoïes sanguinokn! dcu- - ii?nt une longue marche et des souffrance* inouïes; il

LE DUC D'AU! El H A,

.lïnir i" n]n ses sens, et semblait prêt a rendra te dernier soupir.

An mémo instant tes genouz d'une jeune hlle servirent d'oreîllera la Léledumoril d, une autre massait doucement sess membres engourdis, une troisième déchirai! sa coiffure de line loîle pour bander les plaies : on lui j arh î r . on le berçait pour le rappeler a la vie, et, quelques instants après, le miracle était accompli.

— Où suis j : .' dîl l'inconnu avec un profond soupir.

— An milieu d'amis qui ne demandent pas intense que de vous iMr.l. r. vous qui avez in ni souffert*

— (Jue le ciel vous en récompense, que saint Lorenzo,

mon paluni, intercéda [ ' vous, si vous avei besoin des

prières d'un élu I

— Tenez, martyr, voici un peu de vin i ' aider vos

forces qui renaissent, daignez vus lèvres b celle liqueur, • i ne songez ;'i vos mi passa a que pour remercier le Tres-lbur de vous avoir ijuidr jusqu'ici.

Une demi-heure après ces premiers snins, le matheureui fugitif pouvait jeter un regard consolé sur loul ce qui l'entourait.

Maîs, arrêtant tout a coup sa prunelle vitrifiée sur l'homme secouru !■■ malin : — Dieu esl grand! secria-i-il, et sa miséricorde infinie! Oh! soutenez- moi, pour que te puisse arriver jusqu'à cet a pu ire de charité que je vins là, si j'ai Eoolc ma rriisn-ri .

«Parlez, au nom du ciel! parlez, cl que votre yoïicjclinritalde arrive jusqu'à moi- Iknte divine' s'écri* Pinto, vous ici! vous eu sûreté» loin de vos bôurftaui, lorsque je croyais la poteuce dressée pour vous pliant sous le poids de voire corps.

— Elle élaîi dresse t% etjo n'y aurais pas échappé, Hais la foudre, qui est le glaive do lîieu, ouvrit mou r.ieliot; nous prîmes h fnii • grâce a vous, qui ne voulûtes | oint d Mimer réveil D nos cardes; quelques-uns nui été repris et fusillés, les halles mont faiL grâce; l'Éternel, plus puissant que la corde, m'a aidrj dans ma fui le, el je [■■ I.-'ji i s r puisque je \ous dois nue seconde fois la vie, puisque je ne mourrai pas sans vous témoigner encore toute ma reconnaissance,

Quatre bras s'enlaçaient, dem cœurs semblaient battie •lu i même poitrine, un souriait et Ton pleurait a la I" ï; "U levait d'avenir, ou était heureux» Itos qu'on fui arrivé an village, Lorenso compléta son récil en parlant des nombreux bienfaits de Pinto, et, dès ce moment, ce dernier parut à ions un être vénérable que la mtiè devait un jour béatifier*

La guerre ne cessait pourtant passes désastres Le Portugal avait [plus à craindre encore île la prolecti m de ses alliés que de la mitraille de ceuz qu'il appelai] ses ennemis, et rien m- disail la lin du Uéau dévoratcur.

La douce vallée, pi jêe jusque-là. sembla pourtani enltji déshéritée dn la honlé céleste : | resque cha [Ue i uir y apportai! un deuil, presque chaque jour Wn des larn

« olafeni dans plus d'une Emilie, et imite révélai! ■■

disait d'o i venait le mal... Satan s'inspire au U inhcur des hommes.

Tantôt c'était un cadavre de jeune fille trouvé dans les ps sans nulle trace de violence sur son corps; tantôt c'était un vieillard mutilé dans sa demeure sans nu! indice contre le meurtrier; souvenl aussi l'Incendie et la dévastation régnaient dans la campagne, lorsque presque lent le monde était del r pour prévenir les désastres.

Des neuvaincs forent ord ces, d les deux nouveaux

venus dans la communauté prêchèrent la paix et l'humaniio; ils liieni brûler dévotemenl di rges bénits à la c ha poilu de saijit Nicolas, patron de la v el promis

reni, au nom du ctoï, une absolution totale à celui qui

de cou 1

nom ou cseï ouvrirai i les coupables ■!■ tant de malheurs* Hélas! les prédications n'oblinrepl aucun résultat: Di s'élail retiré nu pays, ci nulle portion du territoire p- rtugais n'échappa désormais au Beau, Les deux saints apôtres, Pinto et Lorenzo, jouissaient (jours de l'estime générale; chacun d'eui avait choisi une épouse parmi les plus jolies Biles fie la vallée, cl, (ouj ours charitables, ils ravivaient dans les coeurs les espérances a demi éteintes.

Un jour la porte de leur maisun étant resiée fermée au moment de la prière, on parut surpris, on s'effraya, ou pressentit mie uolivHIo caUisinqdie.

On pénétra dans la demeure, rien, rien, partout l'ordre

la sécurité,., on cherche encore... Ciel!*., deux cada* vres de femmes,., Ceux de Pinto et Lorenzo, on ne les trouva nulle part.

U terreur, une de ces lerreurs vagues, mutiles, profondes, étendii son crêpe noir sur la vallée; les plus limidt'S t'abandonnèrent sans savoir où aller porter leurs mis; Les plus aguerris , livrés seuls a eux-mêmes, univirenl hieniôt leur exemple ; mi quUla le pays sprés y avoir éb ■• une chapelle en l'honneur de san Lorenzo et de son Ptw enlevés au ciel , ei U- déserl régna du naguère nvaienl régne h concorde, la fraternité, lebonheui

Un mois plus lard, on iiendit a Porto un brigand du nom de Lorenzo, qui. sur Nclielle fatale, avoua, san?- v être forcé par la torture, que lui d un de ses amis, qu'il ne nommerai L qu'a Lucifer, s'étaient rendus iparcmenl, et d'un commun accord, dans la mllé . afin d'y

cbilier, par le fer el la ftamme, les Portugais et les Inches asseï peu patriotes pour ne pas donner une partie di* leur sang su pays qui devail les répudier comme indignes.

Le fanatisme i laissé toujours une longue iraiuce do sang partout ou il a pénétré; le fanatisme de V ;i1 tu Lissemeut est encore plus aveugle que celui di* rintelligence.

Quant au complice de Lorenzo. ou le chercha vainement, peut-être les limiers de la police ne voulurent-ils pris le

trouver; le nom de Pinto est conu n Portugal; il eu

e-i un, occupant un grand espace dans notre drame, nui i souvenl à raconter i ses amis les béatitudes de la valive des Humes; on donc tes avait-il apprises?

Lorenzo,. dans le cachot, dans h chapelle ardente et la corde au cou, avai! « i plus sobre de cou fuie nce,

Encore aujourd'hui, quand on parle a Pinto île la *"*{(&.

s Ho&esi nn sourire satanique se pose sur ses lèvres mine* - **\ pressées; il quête des détails, il les révoque en doute, il les combat ou les appuie, et rien ne serait peutêtre moins mystérieux que le mystère do ni il s'entoure, si les années n'avaient point passé sur ks èvéneinehts que nous venons de raconter, el si hi justice des hommes ne se taisait pas souvenl eu présence de la rîchi ssc el des blasons, prolecteurs de tant ue honteset de crimes,

Croyez fi un monde où la balance est égale | r la

où les n la-/y n'ont lieu que pour les pervers morts sans repentir à l'ftme.

: • i I K OK FOUK» — l"SK POTI v- :

L'époque .les Camocns, des l>îaz, des Albukerque. « I déjà bien loin dû nous, \ travers les riches plantations de la Solldail et les magniOques vîçnobles tapissant le liane

ines, qui oftreiH nw invincible barri- mi II atlantiques, suivons un jeune homme, une jeune lîllo, marchani la nuit, se cachant le jour, évitant les villages, les habitations» comme s'ils avaient mi crime â einier.

Lui, chemine le premlei', fouillant île l*œît à l'horizon; il v ,i une noble a ition sur sa figure pâlft et amaigrie; <\>i liomiue, â coup sur, smiffre plus qu'il n*a jjamah souffert ; une cicatrice, à peine fermée, sn dessine sur son front bruni par le soleil, mais on devine *\ i ce n'est pis là ce qui don l'avoir arrêté dans s c irrière de soldat, si, en ! . il a porté le subie et la carabine. Une profonde pense scupe le fu^ilif, qui, méprîsanl te difficultés de la

... u heurte aux cailloux dont les aspérités dêchirenl ses cuauss«re3de Lisière, Une voii rien auprès de lui. rien autour de lui; ta j ■ voyage au loin, et il va plus d h n pérance que d'inquiétude dans ra venir au-devant duquel il s'avance avec un courage héroïque.

La jeune filles dix-huiï nus; ses cheveux mur et lis

OITVJil s m-: JACQUES AlUfiO.

Kos dem voy tgeurs venaient de sWoirsur Jesbords d'un ruisseau,

s échappent en ll.>is soyeuse de la résille qui veut on vain les emprisonner; ses yens clignotent pour ntlivdir reflet d un soleil presque vertical, i L ses petits pieds provoquenl

l: ! r * l, H Ufl *}« ,ls sonnmssfiDt r uinu ItEi-n imsi souple ci

vigoureux a La fois comme sa taille, serrée dans un corset de hure vi ri r, entourée, aux manches, à t'épaule et a l.i gorge, dnn large Liseré de velours orange; ei si vous m» voire attention sur son sei,. harmonieux et rondeet, vous sertea tente d'en arracher la croix d'or oui te nrotege, tant u a de priceet de pureté.

Elle s'appela h durez. Quel mensonge d'afltnuerque Iprénoms nesont point une prédfâimation! Quand elle presse sw lèvres colorées I une contre L'autre, vous croyez voir h statue antique de Diane chasseresse, et lorsqu'elle vous parle ou que sa bouche entrouverte aspire la brise, vous vous taisea pour quelle ne cesse pas de livrer .1 votre admirnnou ces deui i;utrhmbs i.k- uurW ,| r>n j ].-, nacre f-r plus pure uV-.ilc |>^]n blancheur.

Voy«-li maintenant ; elle -!.... devant ]♦* jeune

homme, elle le précède; et, si du haut dune colline, olJe aperçoîl un clocher, une habitation, un village, elle chaire

* ul,m ' m 'I*' ilirection, et dit a son compagnon que Je

prudence Lui ordonne cette contre-marche,

La parole il" Doterez une sonorité merveilleuse, faite

J r c un mander; elle vibre puissante n l'oreille; et, bien

certainement, si cette Florïda tjue vous connaissez était la, die serait horriblement jalouse, et t'empêcherait d'arriver a Coinibro.

Comme au juif de la légende, on avait tfit à celle jeune II] h- : e Marche! » ei elle s elait mise en roule ; on lui avait dit encore : *PïoUge!i et elle protégeait, Qui donc n cet Hé puissance sm elle? Peut-être l'apprendrons-nous sous peu à nos lecteurs.

La nuit était venu,;, nos deux voyageurs venaient de s'asscuir sur Les bonis d'un ruisseau qui parlait sans ces c au sein d'une nature muette. Ils mangeaient un pain dur, une botte de ra.ÉU l- nçs, et de ces oignons d'Espaqne, si piquants au palais : c'était un déjeuner sybarite qui ne

Lfc M G D'ALttKIDA,

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