I.NtO
ilnrn jus lonL'Innnps. Apres atoir examiné les alenlûni-s, M Jurez dll fi son camarade :
— Je me reconnais !„. r;v.t IUm derrière ce rem]
tte ii: vers i;i droite**. En deux heures doua serons ii
Coïmore, si un? balle riï-srrmoLU» [ W nous àrrêli , ts en rouie.
— (lu la pointe d'un stylet, répandît le voyageur.
— Oh! quant d crile-lâ. Je la crains moins,.,. Celui qui frappe ainst doit être prés; j'ai le bras fort, l'o A\ sûr, il je
me charge de la défense.
— Muis pourquoi, jeune fille, cet intérêt on plu tût cette
ardente amitié?
— Je ne demande pas mieux que de vous rapprendre, senor. Aussi bien, il est l'heure du nous remettre en route, et H foui, ei tout prix, que j« calme votre impatiena
— J'écoule.
— Ce n'est pas long i je ne voua ennuierai pas trop,
— J'ai du bonheur i\ vous entendre l
— Vous série? moins galant, Sfl[ls doute* si nousotious arrivas; mnïs, patience! je connais un se ni ht uni abré gcr.t de moitié h peine, H nous fera regagner le iein|^ pt-nliu.,. Il y o cinq mois el quatorze jours «le &\ », seù'n : nu mu.! il de livrer h bataille de Lascala, remportée pnr l<*s Français et les Portugais, luttant les tins contre !e^ autr< On complaît bien des morts de chaque côté; on nvait rein
-In- do tu- jias faire cric* mx prisonniers, et les soldats avaient obéi; caria loi regardait comme criminel celui qui aurait épargné un blessé* fis appelait-ni Ha Mvr lu guerre ! mol je dis cjue c'est commettre des assassinats,
— Taas raison ( jeune M ■ I l-i* J Poursuis.
— Après la victoire qui nous mit en déroule ♦ quoi qu'on en ait dit dans les journaux du pays, les Français ra* vagèn ni nos moissons, incendièrent nos demeures, e( ré« pLindiniïi en tous lieu* ta détint ion et le deuil, Aussi, la guerre se lit-elle bientôt d'homme >i homme, et tout Portions, &$ù de pi us de di\ .-ins, qui ne portait pas L'eseopelle, était regardé comme traître a son pays* Je nie fis
homme, non par amour pour rua patrie, mais pour nu autre motif que vous allez connaître...
Les yeux de Dolorez lui lien 'ni d'un vif éclat, et vous eussiez dïi la jeune fille près de tîrer vengeance d'une riwile pri'" IVm - ."-i ■ .
— Quelques jours avanl la bataille, mon mariage allait être célébré. J'avais pour fiancé Peu z, homme de emur el de patriotisme, qui dut me quitter pour suivre 1rs guérillas célèbres commandées par le marquis de Chavcs, à ijui le ciel lasse miséricorde ■
Dolorez se sij;na.
— Vous connaissez maintenant mon mari; il troua bien des poitrines françaises. Je l'attendais : mais, dans une illaque r 1 1 1 ■ - 1 : 1 1 ' 1 1 1 - 4 il fui fnii nrisonnifr cl meneau bivmiae ennemi. Le lendemain il était condamné à être fusillé; il n'avait aucune grâce à espérer, mais il comptait eac i sur la générosité du ca juta me français 4111 vint lui apprendre son sorti
— Je crui* avoir fait mon *U voir, lui dii Pcrei, ruais vous serei compatissant, capitaine, et, après mon exécu* lion p vous fereï parvenir ceLte lettre et cet anneau •> ma fiancée,
— Je te le promets : où est -elle?
Tout prés d + ici. dans une maisonnette surmontée d'un
nuier bâïi de tu îles routes, qu'il ions sera Facile de
trouver. Kl le prie, elle m'attend... Rendei*lu1, capitaine,
mou corps perce de balles, aiin qu'elle l'ensevelisse, ou
lene sainte.
— Tu as dune de la religion? lui dit son jugo.
— J ",ri i un cœur, capitaine, un Dieu, un pays!
— Ton Dieu t'a-t-lî commandé de l'cmbutqner derrière les arbres pour faire feu sur mes soldats !
— Oui. certes 1 st ce que je suis allé ches vous sacca ger les villes, empoisonner les rivières, priver 1rs mérea de leurs enfants?
— M ai. s la guerre était ouverte
— La guerre est une grande impiété, capitaine! et je \ons défie bien de prouver que celle que vous nous faites psi jilus juste el plus chrétienne que celte par laquelle [unis vtnjs re| ssons,
- Ecoute, lui répondit le Français, ému de tant de (Vaufhise, je comprends ta colère 1 1 1 h iinc. Sij l'.i- lii.irt 1 , si je i*- rends la liberté, la colère et la bai ne t'ordonnerontelles encore de trouer ims poitrines ?
— Non, capitaine; à cùlé de la religion do mou pays, vii mira s'asseoir celle du la recon naissance... Deux lieuvv* après, moji époux m'élail rendu, c-ondnil et protégé par quatre hommes ^ue lui avait il ■■■ |"Utr escorte le c;ipilaine ennemi, qui s'appelait t ; oy. Depuis ce soir, senor, cou Lin 11. 1 Dolorez, mon mari el m «i avons sauvé la vie à bien des Français : vous êtes le dixième, el nous ne nous arrêterons pris J.i, je respire*
— Vous :-■'■/ de nobles coeurs 1 cl je ne sais comment vous prouver ma gratitude.
— C'est l'affaire du temps, et je suis sûre que nous n'aurons pas â nous repentir, Senor, ce n'esl pas pourcommelire de mauvaises actions que le ciel vous sauvé la \\f m r os blessures étaient si profondes, vous avîeï perdu in nt de sang, que vous respiriez a peine, et il a fallu un miracle pour vous rendre â la santé,
— Il a fallu tous tes soins, belle Jïolorez, il a fallu ton dévouement et ta pitié.
— biles plu Lût mon amitié, senor : elle a fait (nul Je prodige.,.,. Vous ne savez pas pourquoi je me suis si vite attachée A vus.'
— Pourquoi "
— Ln première parole que vous ave/, prononcée en ro* [h.' h ml vos forces, a été an nom rie Fi mine; el rela nous touché, cela nous retentit au cecur à nous autres jeunes tilles, qui aimons et voulons être aimées.
— Te son viens- tu du nom que j'ai prononcé?
— Si vous le > ou le z, je le répéterai.
— Non, garde- le religieusement dans ta mémoire, ma ebére Tlolorez p car c'est l-< mu- ;ïme noble et compatissante, une femme jeune et belle comme toi... eV-i nui fiancée devant Dieu.
— île voilà I heureuse! s'écria Dolorez en se le-
vant, je rends le bien que Ton m'a fait, le ciel esl juste. VoyeMOUS, continua -t-etle avec relie naïve coquetterie qui lui allai! si bien, vous me lanciez des regards si tendres,, vous m'adressiez des paroles si douces, vous cherchiez 1 »ionffer tant de .soupirs, que j*ai cru un instant mie votre reconnaissance allait plus loin qu'il n'aurait filin. Entré nous, senor, mon mari était horriblement ja* Unix, ei 11 -la me Faisait un plaisir inouï,
— fton, IMorez, c'était simplement de la reconnaissance, de l'ami lié ; ma tendresse n'était que de l'admiration jiour ton dévouement.
— Je le savais fort bien, senor, mats je pouvais m'y tromper.
— Si bonne el si belle !
— T .-lisez- vous, taisez-vous, mon mari nous voit et noue écoute.
— \)û si loin?
— Es! qu'on est jamais loin de ceux que l'on aime? Me voici prés de vous, plus prés encore, et il me semble
que ces L A lui que je donne ce baiser.
IV dorez appuya ses lèvres sur le front de IV liante r qui devint pourpre; puis, reculant de quelques pas, elle se signa et poursuivit d'une voix mnl assurée:
■ — Eu route, senor, allons voir votre fiancée! mais aux
Ïmries de 1 loi m lire, je vous dirai adieu ; je sens qu'il ne ani pas rester trop longtemps éloignée de son mari,
Un jeune bontiue, une jeune li Lie seuls sur la grande roule, marchant bras dessus bras dessous, inspirent toujours moins de défiance que îles piétons voyageant éloignés l'un de l'autre; voiM pourquoi Juan Ferez avait permis â sa femme, sur la liuèlilé de laquelle il pouvait
in pter, comme vous avez pu le voir, d accompagner le prisonnier sauvé par leurs soins.
Les mites d'une guerre si de nstreuse se faisaient encore sentir dans les provinces, et Juan l'ère/ avait accompli jusqu'alori la promesse solennelle et sacrée faite au
• pitniiic
— Le soir arrive, dit Dolorei en s 'arrêtant sur un mur
• li- clôture Irês-voisîn de la ville; il faut nous quitter, sein u-, il fu ut nous dire adieu. Mon mari me Tn onlouné; je dois lui obéir, n'est-ce pas?
— Uni, mou enfant, oui, mon amie, adieu 1 Tiens, voici un souvenir de ma tendresse pour ioi + .. une bourse contenant dix-lmii onces qui m'ont éld laissées, un portrait, fe sien, celui de ma limitée qui me pardonner.) de m -eu être séparé pour loi*
— Qu'elle esl belle! Je le garde, senor, dit Dolorez nvec une 1 hume dans les yeux et un profond senlîuinni de jalousie au cœur; m [s je vonâ rends cette boui dont je n'ai pas besoin , mon mari me gronderait de l'avoir acce] ' ■■■.
— Alors, rends-moi aussi le portrait.
— le g.irtfe huil, seûor,
— ïl a i s toi, n e m *o 11 11 :s - lu ri 1 ■ u ï
— Prenez ce rostre bénit à Notre- Uamc-dH -Pi lar, il protège quand gronde l'orage : alieï, et que le ciel vous ';. rdOj si no Doïomïeu !
— Que Dieu te rende heureuse, Doloret!
— l)3i u ne vous écoule pas T dit la jeune Portugaise d'une voix saccadée...
Dolonueu. le mur palpitant et dévoré par ^ une vague inquiétude, fruncbU à p t i^ pressés les rues qu'il avait lani de fois traversés en des jours mi il leurs; il cl ie reliait des yeux el île la pensée cet hôte) du duc d'Àlméida ou il avait laissé totili '|' rinces el tout son bonheur.
Le vûili !.., Ses forces L'abandonnent, il se soutient â j-eine, le mouvement de ses ai devient plus prêcipitê, il cmiul de succomber à l'émotion, ;i la joie. Il se
net un moment, il chancelle, il arrive devant la de* meure du duc, il frappe*.* personue . Il frappe encore.-. [nisonne ne lui répond... H tremble ci pnlit... Il fait le tour, il gagne la grille du jardin, il son ne... même silence.
— Me voici, lui crie enlÊu une voix; monsieur le due n'est jilus à tioïmbre, personne n'habite son hôtel,
Uolomieu part, il sait que le due possi-de auprès de Coïmbre une propriéti charmante dans laquelle il passe
LE DUC D'ÀLHÉIDA.
d'ordinaire les mois les plus chauds de l'année. Julie est Lé, sans don te, attendant son retour dans une retraite silencieuse. Mais le voilà presque devant Je péristyle de Hiôleldu comte île pînto f c*est â lui qu'il vn d*abord s'adresser*
11 s'approchait d«i la|»rte et allait faire retentir le marteau, h» liras l'arrête.
— Vous n'êtes pis heureux, seiïor,
— Kii i|uoi ! c'est Loi. Itolorcz ! je le croyais hien loin.
— Que voulex-vous, sec if! on ne quitte pas ainsi tin ami, une ville né l'eu a passé ts premiers jours de bonheur et que l'on retrouve après une longue absence, Mais chw qui alliez-vous donc?
— Chez le comte de Philo, un ancien ami qui me donnera des nouvelles de tout ce que j'aime.
— De lout e^ que vous aimez, seâor? Ëst*ce que, dans le cœur, il n'y a déplace que pour une seule affection :
— Pardon, amie, pardon; lu-lis mou impatience un ini\ . \À\ u, Dolore* idîeu !
— Adieu répéta la jeune Porlug lise avec un | ■ r o f ■ » 1 1 ■ I soupir, en s'éloiguant les yeux baignés de larmes,
Trois coups violents retentirent, un grand loquaîs ouvrit,
— [ï ne <|t -mandez* VOUS 7
Monsieur le comte de Pinte.
— Quel es! votre maitn
— .s. suis I Mini du vôtre,
— T"i, mananl î
— Uni, moi t el je vous réponds que v rudenient i-i.-'hi' si vous ne m\ onceï à l'instant même.
— Ah ca! voyons, nvez-yous toute votre raison, on f.iut-il vous Taire mener aux incurables?
— Rien ji't^i. plus sérieux que mes paroles et je voua engage û me conduire auprès uc voire maître,
— Votre du moins, car je ne veux pas annoncer
un passant IbrL sale, recouvert d'une vieil le cape.
— Annonce laq lais, monsieur Charles Dolomieit, capitaine Français dans le 42 règjmenl de ligne*
— lïiflu" capitaine, j'y vais, répondit le laquais, qui commençait à craindre cju'on ne réalisai plus lard tes me-* naces qui venaient de 1m être adressées.
Il conduis! r ftoïomteu dans une salle dation te, in-
vitant ses camarades à veiller sur l'étranger, et il alla pré* venir le valet de chambre ilu comte,
Mn>'l>{ites instants après, Doiomieu el Pinte étaient dans l'un de l'autre nu milieu servi Leurs interdits de rhôtel, qui s'attendaient à" un* -■ ne hurlesqu
— Ej t encore* dit Pin to; c'i si le ciel l[uj n elle un ami que j'avais cru mort.
— El ma fiancée? demanda Doiomieu d'une voii tremblante; parler, monsieur le comte, pu riez,- Madem ûsellç de Bïrague, nu est^cllc ? Je vicias de l'hôtel d'AÎméida... Où sont- îls :
Vous ignorez donc?,., répondit le comte. Sortez! ajoutait-il en s "adressant â ses domestiques.
— Maintenant que mm s sommes seuls, monsieur le , .je vous en supplie mus préambule, répondez : où
i mademoiselle de Btrague?
Le comte soupirait hypocritement cl gardait le silence, car il éprouvait une joie infernale S ret m mer le fer dans le coeur de Doiomieu*
— J'ai donc un th i malheur à redouter? poursuis vil Le capitaine idonl les lêvn décoloraient et dont le front itvrait d'une pâleur livide.
— Ah l i ni il Pinio d'un acecut mal assuré, !" nce nous expose souvent û J»- terribles déceptions; mais comptons sur un bienfait du ri.
— Par pitié, inunsieurle comte, parlez.», vous voye
mes alarmes.,, on est tu ,il scILc de Riraguc .'... b
le duc d'Alméida?
— Quand vous saurez i le due, vous saurez où est voire fiancée, répondit Pin tu en pressant la main de Doiomieu ; il es! des sentime i qui unissent à jamais I Ames, il y en i d'autres qui disparaissent avec celui qui Les ■ inspii
Un tremblement subit s'empara de Dolomieu qui n + eut pns la force d'interroger, même dans su pensif : il veu.iit
est
de se croire trahi, (sus exiger d'autre preuve «pie les parole* do celui qui s'était plu a lui versi-r poulie ;i «ont te le breuvage amer que sa perfidie avait préparé.
appuyant sur
liiicr rmfurlûné. f.cs
que si ueruuic a va a \
— Cela est bien triste! ajouta Pinio mures les paroles qui pouvaient lorli
s nobles comme la votre prêtent à ceux qui les entourent h's vertus qu'elh a . rdent en elles, et voild pourquoi l'homme de hiun devient U victime dr sa loyauté, vous aviez voué su duc d'Alméide une anutiê si c »iiO intt, vous
compreneï que rien ne lui a cië élus facile que de v
tromper.
Dolomieu respirait m peine en écoutant Pinto souriant à
cette douleur.
— le n'est pas mademoiselle de Biracue que j'accuse, jjoursulvil celui-ci, l'œil Dxê sur les traits du eauiiaiiita pntnre enfunl, inhabile à distinguer le mal du iien, ne
comprenait que In noblesse, dut-elle être victime *l> si-s propres vertus, el dés que celui que vous lui aviez appris à es limer eut osé l'attaquer dans sa seconde religion, — s. m
* ur pour vous. — elle pensa peut-être que les discours
■lu due n'étaient que l'écho dt-s paroh a que vous a*iei fnii
retentir à son oreille.
Une violente pression de main lit voir au comte qu'il avait frappi: juste et que Uobimieu était toujours vivaoi l»mr la ilouleur,
— J'ai du vous annoncer toute votre Infortune, poursuivit-il en s'efforça nt d'appeler à lui '1rs Urriu j vqiii u 'arrivèrent pas; j'ai bien soimerl moi-même *\* 1 voir votre fiancée viciime d'une indigne trahison, el j'ai acquis encore des titres ^ votre amitié... Ecoutez, monsieur Dolomieu, ne me blâmes pas de ne vous avoir point tout d'abord éclairé sur les vrais sentiments du due votre rival; c'eùf été imprudent] car nu - ;iiui>s pouvaient m- pas si ré-iliser .. Oui, certes, c'eût été vous jeter vivant dans un ardent brasier, et une affection sincère a des sac ri liées ,i ■i'ij r, sacrifices surhumains dont cllr revendique le privilège.,. Vous avez sans doute remarqué le senti m en! de répulsion que m msieur le duc el moi éprouvions I un pour Vautre? Ma famille a reçu de la sienne un outrage que nus tribu nai ix n'ojit. p;is clifltié, mais doit) ni mis avons
lems-nu"' s lire une sanglante expiation, cl c'est poureela
Lpie ji- me suis attaché à lui comme la llammc s'attache à h lia m me.
Ûh! ,fe le haïssais non -seulement pour la fumiu iju'il
is avait inlligée. mais surtout pour le méçris i [ n H i 1 ■ ■ -. . ■ ■ i
voulu jeter sur notre famille. Je vous dirai plus tard l'ignominie de sa conduite envers la maison dont je suis
jourd'hui li chef; mais maintenant j'ai à vous raconter sa perfidie envers votre fiancée- Dès que le canon qui i lenlit d Goïmbre ébranla l'hôtel d'Alméida, vous eûtes ordre de rcjuiiidn voire brigade, el alors, capitaine, vous confiâtes mademoiselle de ISiraguc a la loyauté de monsieur le duc; la mission lut acceptée : mais une vùx secrète ne vous avait doue pas il il qu'il devait vous ravir
fiancée!,*.
Les \i:i\ ili- Doloiuii-n >'■ fermèrent, là sueur ruissela sur sa ugure blanche et froide comme le inarbre,
— l)c toutes les hontes ijuî se glissent dans l'àrue, poursuivît Piij[o. je n'en connais qu'une dont je crains h * ciïets, r"sL l'hypocrisie* parée qu'elle nous trouve sans défense. Le duc J* Alméida n'a pas employé d'autre moyen
ir séduire mademoiselle de niragueque de lui peindre j ; vive amit» [ii'îl feignait pourvouSi Je m'en aperçus le premier, ^ lorsque je voulus détruire ta confiance que lui témoignait votre lancée, te mal était sans remède, el la pauvre enfant subissait déjà l'influence qui a perdu tant de jeunes cœurs-. Vous partîtes, el avec un peu de haine contre moi, souveneï-vons-en, Dolomieu* l)li ! alors, la passion du duc s'accrut encore du désespoir de mademoiselle de Kira^ne, el elle ^'infiltra lentement, lentement dans une ame candide façonnée : jeune a l'infortune. Vous ne sauriez croire i la perfidie di j s pièges qui furent trjjdns i voire fiancée. La seduciion de l opulence était suis pou* voir sur l'dme noble de mademoiselle de Birague, aussi le due --u cbi ivh.i-i-il une autre qui ne j.îjuveiîi manquer il. r. ussirj il se mit a compatir u la douUm -b- la jeune fille, il répandait des larmes avec elle, et se désolait de
voire silence. Mademoiselle de Birague voulut quitter l'hôtel pour vous suivre dans vos marches, le duc se proposa pour lui servir d*c$corte. J* avais un devoir ri remplir, j'y fus fidèle, et, a mon tour* j'offris ê voire liante le secours ih mon brasellà protection de mon épee... Mademoiselle de Birague les retusa tous deux ; et dés ce mo* iii.nl. iniiM- hune éclata au grand jour, malgré l'astuce
3 ne le duc mît a la cacher. Jusque-là les angoisses, que i s »j e , le d ése spoî r d c m a demoiselle de Bira^ue a t testaient que voire souvenir seul remplissait son cœur. Les journaux nous apportèrent la nom elle de volve morl qui frappa a Trime Ja pauvre orpheline, puis le sergent Bonneval confirma le malheur qu'on venait de publier» et votre fiancée se livra au désespoir.
Le brave Pierre, lïminevu! vivait encore : les regards de Dolomieu se levèrent vers le ciel avec reconnaissance.
— Vous comprenez* capitaine, combien l'amour du duc d'Alméida dut s'accroître de la mort de Dolomieu , il fit couler ses larmes ; un découragement inerte s'empara de votre fiancée, et quelques mois après mademoiselle de Birague accepta un dernier sacrifice.
Cependant , ajouta Pïnlo, qui voyait Dolomieu sans énergie, une lutte plus cruelle venait de s'engager entre le dur . I " \ ! 1 1 14- îiln ci moi; aux paroles améres avaient succédé les menaces, aux menaces les provocations. Un duel i nL lieu, je fus blessé, porté sau* renaissance cbes moi. ■ i depuis ma guémon j'ai en vain cherche la reirai le île monsieur le duc et de niinlcmoiselle de Dingue. On a cru un moment qu'ils s'étaient retires am Àçorcs ou la maison d'Alméida possède d'immenses propriétés, mais ces bruits éta ient sa ns fond em enl.
Tonte violente douleur est muelle; après ce récit, dont chaque parole était un poignard plongé dans le cœur de Dolomieu, le comte voulu i offrir quelques mots de consolation, mais le capitaine lui imposa silence du regard et du geste, Il voulut | rendre congé du comte, mais celui-ci lit parler de uuuveau son inaltérable dévouement, ei le
capitaine, qui oubliait son ai r pour ne songer qu'à la
vengeance et a sa baine naissante, y répondit avec effusion, quoique d'Une voix â peine entendue.
— Merci de vin dévouement, merci, monsieur le comte; un jour, peut-être, ma reconnais sauce sera moins sierile. J'ai besoin, non pas de repos , mais de réflexion : souffrez que je vous quitte.
— Où serez-vous mieux que che? moi ? répondit Pinlo avec courtoisie; restez jusqu'à ce que vous ayez pris une dé 1er mi nation, cl demain, ou un autre jour, à votre loi* sir, vous pourrez vous met Ire en nui le. Je vais vous conduire à un appartement isolé; votre intérêt seul m'appellera auprès rie vous.
Dolomieu ne se coucha pas; il avait froid, et pourtant son sang bouillonnait dans ses artères. Btait-ce l'amour ou la haine qui le dominait?... c'était La haine sans doute, car ce sentiment eu ait oueure de l'amour, amour brûlant. allant jusqu'au délire, dominateur jusqu'à la frénésie,
ftffi" r xîvaci' r-oumu; lu remords, l'oilgent comme lui, ouvrant toutes les routes a ta désillusion, les fermant toutes a l'espérance.
Il n'avait rien deviné de l'hypocrisie du comte, ni rien compris à sa feinte amitié* Eh ! comment son ftme auraitelle ucc;i|rLi h pensée d'une trahison sans croire offenser Dieu. snns croire outiller U femme, son culte, sa religion de ions les instants?.,- Hais, elle-même, aurait-elle dû ajouter Loi ri une mort que des blessés seuls lui avaient ri p. prise?...
Est-ce que rien ne vient nous dire, de pies ou de loin, que ta catastrophe nous menace? Ksi-ce que la foudre trappe et lue sans écho? ^1 demoiselle de lîir^ue est coupable, (dus coupable que le comte d'Alméida r celui-ci devait succomber en présence de tant de séduction; mais elle, l'infime elle oevak mourir jjdéle a celui qui l'avait appelée sa fiancée.
Puis, shumilianL dans son repentir, et sejeuini â genoux :
-- Pardon, fi mou Dieu ! s Ver mit-il, d'oser accuser ce que m as jeli de plus parfait sur cetie terre; pardon m mes blasphèmes coin nie tu pardonnes a l'insensé qui mau-
dit. Mou amour fait aujourd'hui mou désespoir, il fera bientôt ma consolation, et je to bénis, Dieu puissant. puisque mes remords sonl nne expiation.
Les premiers rayons du jour venaient de se glisser a travers les rideaux' de la chambre de Dolomieu, lorsqu'un coup frappé a sa porte ÈW son attention; un coup plus fort le Sun il.
— Entrez, dii le capitaine.
— Pardon, dit un grand valet debout sur le seuil, niais une jeune ûlle, qui a rôdé toute la nuit devant Thôiel de Kh le comte, demande l honneur de vous être [in semée. Xous avons refusé d'abord de l'introduire auprès de votre seigneurie, m ni s cette jeune fille semble tellement inquiète, que j'aurais cru manquer a mon devoir si je n'e* lais pas venu prendre vos ordres,
— Faites la m miter, fa il es -la monter tout de suite, répondit Dolomieu, reportant sa pensée sur Plorida, dont il lit tend ait nne révélation,
— Ciel ! vous ici, Dolores?
— Moi, senor José, moi qui n'ai pas pu repartir hier, et qui ai employé ma nuit a votre profit; moi qui, pour arriver jus i]u a vous, me suis vue forcée de me laisser embrasser par tous les valets de Tbôlel : c'est là une preuve d'affection, j'espère!
— El que veux-tu?
— Vous demander d'abord la permission de m 'asseoir i vos côlés, car je suis accablée du fatigue.
— Viens mon enfant; le voilà maintenant près de moi, j 'écoule.
— Je ne suis pas, senor, taillée sur le modèle des jeunes tilles de mou âge, qui parlent d'amitié alors même qu'elles n'en éprouvent pas.
Une larme, limpide comme une perle» tomba sur la sor*c de Doloim, qui sourit a une imperceptible émotion du pi Laine. Il faut un si faible rayon pour porter un peu de jour au milieu des ténèbres!
— Viens, ma belle enfant!.,. De quoi, île qui vew-tn me parler.'
— 03 1! rassurez-vous, senor, ce n'est pas de la pauvre Dolorez, à qui le ciel if offre pas le bonheur dans ce monde, mais de vous nn peu, et beaucoup,,, d'elle.
— D'elle! me dis-lu f s écria Dolomieu en pressant dans une des siennes les deux petites mains de la jeune Porto -
se si dévouée.
d'elle! qui n'est fias loin, et que vous
— Oui, sefio retrouverez.
— Tu sais ou elle est?
— Si je vous le disais lotit de suitc^ vous me renverriez, ei moi j'aime à conter lorsqu'on m'écoule,
— Je t'écOiilCj Dolorez.
— Mais vous aveî besoin de raïme, seiior; ne prlli pas, ne rougissez pas comme vous le faites là, ou je de* riens muette.
— Tu vois bien que tu me mets a la torture!
i -mine il t'aime! se dit tout lus la pauvre lille avec un
soupir â demi étouffé,
— Allons, senor, je commence : ce ne sera pas long. Hier, après cet adieu si froid de votre coté, si sincère cl si douloureux du mien, je me suis dit que vous souffriez beaucoup; et comme j' 1 sais maintenant qu'on ne peut beaucoup souffrir que de rameur, j'ai voulu vous chercher 'le < consolations. Le cœur serré, les yeux rouges, ainsi que ceux d'une pauvre délaissée dont personne if essuie les larmes, j'ai rôdé autour du premier hôtel ou je vous ai vu frapper; je n'apercevais absolument personne, seulement un vent suave et chaud courait â travers les branches du jardin.., Allez, allez, quand on n'est pas heureuse, comprend très-bien le langage de la nature auquel ou n'avait prêté aucune attention jusque-là.
Une i m pat ii nce fébrile se trahissait sur la u'gure de Dolomieu, mais Dolom n'en avait point pitié; elle se plaisait ;i l'augmenter et à faire partager nu capitaine une