partie il' 1 ses propres souffrances
- Si, a l'hôtel
d'Alméida, on ne m'avait donné que de vagues indications, poursuivît Dolorez, jetais sure d'eu obtenir de plus positives m m 'adressant aux voisins* et
suri ""i i aux voisines. Les garçons ne B ivent pas voir, nous
LE DUC D'ÀLHÊIDA.
les faisons aveugles à noire volonté; les jeunes filles voient beaucoup mieux que les vieilles; aussi m'adressai-je en toute confiance à une petite espi de quinze ans qui mit souvent, me dii-elle naïvement, grimpé par-dessus les murs du jardin du ducd'Àlmëida pour roler des oranges el des Heurs, et qui aimait autant à satisfaire sa curiosité que sa gourmandise.
— Sais-tu, lui demand li-Je, en essayant de ne ans paraître plus jolie ^irc-!1e h sais-tu ce que sont devenus Je* maîtres de ce beau parc?
— Oui, seiiorita, me répondit-elle, ils sont partis,
— Sais-tu où ils sont allés ?
— Uni. il< sont allés quelque pari, à ce qu'on pense, mats on n'en est pas bien sur.
— Et la jeune Fr-irn; isc qui habitait ici depuis quelque tempe !
— Oh ! pour celle-là, Eunorîta. on se raconte des chdses éi ranges -
— Quoi donc? Je t'en prie, mon amie, ne me cache rien.
— Gh! puisque vous vous intéressez plus â la senora qu'au senor, je vais tout vous dire. Une nuit j'élais couchée dans le jardin, je suçais une orange douce comme le miel. Dimc j'écoutais, el j'entendis qu'on se disait des çros mois, qu'on se faisait de vilaines menaces à propos de I.l belle Française* Puis L'un, c'était monsieur le duc, disait qu'il était sans espoir, puis il se frappait le Iront et la poitrine, en laissant échapper des [undes rlont je ne comprenais pas trop le sens... qu'il la vénérait, qu'il la n peclatt, qu'elle ne saurait jamais son amour, ce qni, selon moi, était d'une grande maladresse-.. Enfin, Tau Ire, c tait monsieur le cunie de Pinte; il disait qu'il ne nous embrassait 1rs unes iprés les autres que parce qu'il ne pouvait pas nous embrasser toutes a \*\ fois, puis il sjnutait â un homme sposté par lu is \* l jardin : Dés que monsieur le duc sera sorti, tniroduis*toJ dans I 1 hôtel, impose- lui silence par la menace..* <lc sont ses propres expressions.*. Je n'entendis pas Preste.
— Es-tu bien sûre, ttolorez, d'avoir entendu ces paroles que lu viens de me rapporter?
— J' écoutais pour vous, senor,
— Sur le salut de ton Ime?
— Sur |i' salui 'I' 1 la viViv, []r. vous le voyez, senor, je n'ai fuis même le courage du mensonge.
— Hais c'est un sillon de feu qui me brûle .,. La jeune l i i 1rs n'a rien ajouté?
— Elle m'a dît encore que le bruit avait couru dans l'hôtel de monsieur le duc que la senora Julie, que vous aime?, tant, voulut tin jour se tuer» mais que lr> Larmes ci les pi i i ■■■ du comte de Pinto l'empêchèrent d'exécuter sa résolution.
— La jeune Mie t'a dit cela?
— Elle n il- l'a dit, senor*
— Mais le ciel a donc pitié de mes tourments ! s*ccria Dolomieu avec un rayon d espérance-
— Prenez garde, senor , de retomber plus lard dans votre tristesse, car enfin, puis. nie l. comte a eu puissance pour empêcher votre nelle Française de se tuer...
— Tais-loi, lats-toi, Dolores ! Tu vois bien que je ne sais pas ce que je dis, el qu'il faul un châtiment à tani de lâchetés.*. Tu n'as plus r.on appri
— Si, quelque chose encore qui ne regarde que mot*., voilà la seule chose depuis votre départ de la petite maisonnette de mon mari, qui n'a pris du vous intéresser..*
— Pauvre II. durez! dit Dolomieu eu serrant la main de la jeune femme, lu mérites le bmilienr, tu seras heureuse un jour l mais si le destin te poursuit» viens a moi, mon amitié ne te fera pasdéfaut*.* un frère console si bien une sœur,
— C'est quelque chose, répondit Dnlorez avec un cent d'une mélancolie pleine do charme; j'attendrai. A propos, poursuivit-elle eu revenant sur ses pas, car elle avait déjà voulu s'éloigner, celle que vous aimes si fort est partie pour la Prenne.
— Obi tu es la plus L'enuei^e desfemmeSj s'écria Do* tomieu en pressant dans ses bras la taille élégante et
flexible de Dolorcz ni couvrant de baisers son front naïf
pur, tu viens de me faire croire au ciel î
Tandis que Dolorez, tremblante, se soutenait i peine, Dolomieu sortit île l'appartement;
— Comme il l'aime ! comme il l'aime 1 dit -elle de façon ii n'être entendue que de Dieu, et pourtant elle est partie avec te dur- d'Almeida.
Dolomieu était enfin dans La chambre du comte, qui vitit .1 ri -devant de lui.
el vous apprendre des secrets que vous ne pouvez ignorer plus longtemps* Mademoiselle Julie de Bîrague a lui la maison du due d'Àlniéida sans protecteur, parce '(in- vous aviez osé profaner de vos calomnies une jeune fille si noble et si pure*.. Senor comte de Pinto, vous êtes un lécl
— ù vous rei ri i 1 1 v e ra i-je . en y i taî ne?
— A Paris
l.i Dolomieu s'élança dans la rue avant que le comte fût n vi du de sa stupeur.
Le lendemain, au point du jour, un cadavre de jeune Bile, troué d'un slylet qui lui avait percé le emur, gisait sur les dalles sanglantes de la place. Les gardes qui avaient les f rentiers découvert le corps de la victime trouvèrent sur elle un portrait de femme, un rosaire, un livre de
messe sur la dnnirr page duquel SC lisait CC seul mol :
Dolorez*
La police écrivit r. son mari ; mais, le jour même de t'é-
vénei f. Pères était arrivé à Coïmbre et revenait fort
agité de l'hèle] du coin te de Pinto. Il donna dévotement li sépulture a v;, femme; cl. tout bris- paria douleur, il — n tourna vers la peiùe maisonnette où l'on avait ap- [mrlë le corps du capitaine Ihdomieu.
Quinze jours plus tard, car la justice est 1res -expéditive en Portugal, on conduisit dans une salle bas «-, fétide, suintant de tous côtés, un lu mime de quarante-cinq ans à peine, qui s'assit sur un tabouret en Ire deux gardes.
La foule était compacte et béante; on disait cet lim
assîii de sa iille, de sa sœur ou de sa femme, et l'on se disposail i bénir Dieu le jour où il rendrait son ame â Satan.
Quant ri lui, Iroïd, impassible, le regard assuré, il attendait qu'on le questionnât ; et il était aise de voir, dans toute sa charpente, qu'il ne redoutait pos le sort qu'on lui rêservaii.
Les juges entrèrent après leur grand déjeuner, et leur intempérance de chaque jnnr se dessinait sur leurs race rubicondes, que les émotions du irJbuual n'avaient pas le pouvoir d'attiédir.
— Lrve/'Viius.. «lit le président au prévenu, d'une voix rauque el vineuse, Votre nom, le lieu de votre naissance et votre igeî
— Je m'appelle Père», dit I 1 accu se d'un ton ferme el bref, je suis né là ou là, peu vous importe, j'ai quarantedent ans et onze mois, je n'en aurai jamais quarantetrois, car vous p naissez avoir hâte de m arrêter dans ion course.
— Vous n'avancerez plus, dillc président, si vous Mes recoin upaiile.
— Je le serai*
— Ave/-vous ou défenseur?
— A quoi bon* puisque je ne a. -us pas me défendre".'
— Vous êtes accusé du meurtre dune jeune iille trouvas percée, la nuit, par un coup de poignard, dans une des roi s de Coïmbre . qu'avez-vous a réponde
— %\ un outre que moi avait été accusé, je me serais dénoncé moi -même : relie que vous appelés une jeune [illi -i it ma femme, mon épouse légitime devant le roi. le piètre el Dieu Elle m'avait juré ïHéliie, je lui avals promis protection... Elle m'a trompé, j'- l'ai poignardée. Ainsi doit faire Lui! homme de en- ir Portugais, Anglais mi Ksp,i«nol, qui a prN nue femme pour lui seul, alors qu'elle se doni n autre.
Il y eut des sillets et des applaudissements parmi les spectateurs. Les femmes, accourues en grand nombre a cette solennité, ne dirent pas un mot, mais résolurent de
oeuvres ne Jacques akago.
se tenir en garde, désormais, cou Ire les pièces tend leur Innocence; el vous savez, hélas 3 si le Parluiça
tendus m rai esl
une terre oui mœurs honnêtes, aux i tï li lui ces douces de la famille* aux béatitudes d'une religion pure rt sainte.
Le rôle dea jugea fut f net le : ils condamnèrent r'crcï à êlre pondu vif, jusqu'à ce que mort s'ensuivit.
* li ira, disait la sentence» an lieu de ion supplier monte â reculons lui un âne, Un lui passera un erucilix in 4:011 en signe de clémence. Le boum au sera d'un côté* le confesseur de l'autre, ci, derrière lui, suivra la bière qui lui servira de vêlement pour toute l'éternité. Lescougreça- Lîons desainl HaUiias, de snînt Grégoire et de saint hidorc accompagneront le patient jusqu'à* l'échelle fatale e! entonneront, pendant toni Le trajet, lea ca ni iques du divin Sauveur, Tous tes ans nue messe scr:i due pour le repos de l'âmede la jeune épouse lâchement assassinée, et une autre sera chantée en faux*bourdon pour que D-ru fasse {inix et miséricorde à l'assassin. s
Pendant la lecture de cet arrêt, Ferez haussait les cpan> les. souriait d'un sourire de pitié; puis, s'adressent tu président 1
— - Seigneur, celle sentence est juste: selon voua j'ai mérite la corde; iftchm qu'elle me serre bien le cou, car. si j'en revenais, j'irais profaner le cadavre de celle qui m'a précédé dans Vautre monde, en supposant qu'il y en ait nu autre.
Le jour de L'exécution, l'eres, qu'on fut forcé de traîner dans J.i chapelle ai dente, refusa énergiquement d'entendre les paroles du praire; il sereudil nu lieu du supplice
il tir insoucieux, et, sur la planche Fatale, il lança un
terrible anatuème contre la femme qu'il avait déjà frappée du poi^iKird.
Le lendemain) dans les mén on parla beaucoup de cette exécution et de l'énergie du patieni ; drus jours après, tous les sonvenira s'éLeigninrit dans les émotions aune fimrse de taureaux, on il n'y eut, cependant, que deux hommes tués ut six chevaux creolrés... On s'attendait ri beaucoup tu t eux.
Mus l'erez avait-il bien mérité la potence? Sa femme s'élait-eUe livrée Aine et corps à relui dont elle avait euidé 1rs pas jusqu'à Coïmbre au milieu des périls et dea difficultés d'une roi ito sillonnée par les bandits et les guérillas?,,* La justice ne se trompe jamais . c'est un axiome de tous les pays, et ici comme autre part, Dolorcz avait été coupable, vous ie comprenez comme moi p puisque, sans le vouloir peul*étre, cile s'élail livrée aux linttements de son cœur, aux enivrements de son àmc de vierge.
Il me semble que j'aurais absous IVitï, torture par la jalousie, celle iulrriin 1- |> >simi qui fail grâce à si peu de monde,,. J'aurais également prie pour liolorez, que vous plaignes comme moi sans doute.
Courons à d'autres tableau* que nous avons à peine es ■ ■ piissés et dont les détails ne doivent point échapper à notre plume»
UKK rr.m A» A 1 Mn. — L S mil.
Le temps avait mat ché, la douleur ne s'était point affaiblie. Plus puissante qu'au premier accès, elle avait pris
un caractère sibinitiix ci mélancoliq lonl te duc d \\-
méida était épouvanté. Lu vain cherchait-il, avec nue délicatesse in coin y«ri se par les a" m es vulgaires, à distraire mademoiselle de Bjrague de son découragemeni ; ta jeune lille aurait regardé tout sourire comme un -nnili^e, tout délassement comme une profanation, et l*On voyait facilement (pi 'elle descendrait bientôt dans la tombe, si une secousse galvanique ne la réveillait pas bientôt de sa léthargie.
Rien n'est corrosif comme une idée fixe j elle vous brûle incessamment, elle vous pénétre par tons les pores, elle se glisse daue tout vos rêves, elle repose â votre chevet, elle vous clone à la croix du martyr, et, une fois captif dans ses tenailles de fer, ne cherchez pas a lui échapper, vous ne réussirez mu M déchirer vos membres a l'iustruun tit rata), vous ne ferez qu'ajouter nue torture a une torture. Dès qu'elle s'est emparée de vous, vous sente/, quelque chose du sinistre dans tout ce qui vous eut' une. Li verdure a une teinte morne et glacée, la brise une haleine empois tnnâe, la fauvette un chant de mort; vous ne trouvez nu eu ne grâce à IVn lance, aucune douceur dans L'amitié, rien de divin dans la tendresse maternelle; Le ciel n'a pas de cl 1 rit i m cul plus terrible à intimer à l'homme, et ce 4 ni a j nute à celte éternité de souffrance*, c'est que chaîne minute vou parait éternelle.
Le due. d'Almëida pn^séd.iil trop le sen liment de* convenances pour essayer nue gnomon qui aurait coûté au coeur de mademoiselle de Bîrague l'oubli d'une seule de
; préen uses qualités; il la laissait â si d mlcur muette, et lorsque) ranimée par la reconnaissance, la jeune G Ile désolée appelait sur elle les malédictions célestes, Je duc cherchait a comprimer cette violence et semblait ne pas ta comprendre, ri lin de laisser mademoiselle de Biraguc dans son désespoir.
Quant â lui, sou amour le dévora il comme un cancer d'autanl plus viv ■, que, lniii de lui présenter aucun refuse, il marchait de désillusion en desiLlu tm et n'osait même plus confier ses amertumes au brave Pierre lionneval, dont la sémillante Florida s'était souverainement empara
tienl, Pinlo, dansl'lioiel du duc, contenait sa haineuse passion; il attendait, avec la patience et l'astuce du tigre et du renard ion de la satisfaire entièrement, l'é-
testë de Bonne val, méprisé du duc. il ne voulait pas s'apercevoir ilr- Eimenîs qu'il inspirait; et, â la joie qui sn peignai! sur toute sa physionomie, il était facile de voir qu'il se noyait bien prés du Iriompln
Un homme seul, chez te duc, était asseimaitre de lui pour cacher ses sentiir: g était Pmlo. C'est que, par
un funeste privilège, tes passions mauvaises noua imposent leurs violences et ne s'échappent qu'au moment de La catastrophe, alors seulement <\n elles sont satisfaites. Dans les regards, dans les ■-, dnns la parole, dans le silence même vous devine?, l'amour, la tendresse maleno Ile, la piété filiale; mais ].i haine VOUS échappe, et u.uand elle vous ail' lui elle vous trouve sans défense. Ton 1 dois, dans l'hôtel dWlméida, chacun se leunit sur ses gardes cou Ire le silencieux visiicur qui feignait de ne pas ô un prendre a quel point sa présence était odieuse; on le fuyait, on ne répondait à ses questions que par des monosyllabes >|ui insultaient â sa curiosité; mais le comte avait d'avaw tracé s nu plan de conduite et il allait â son but par des détours sinueux comme ceux de la vipère ou de L'hyène.
Li jeune orpheline, déshéritée de ses espérances, se inpait dans sa d.. 11 leur, et le premier momenr d'énergie qu'elle sciait senti dans l'âme lui avait donné une fatale résolution. La tombe lui paraissait un refuge; elle seconsolail dans cette pensée que la morl la joindrait â si mère et à smi liancé 11 était impossible que Dieu ne rénnii pas dans le ciel ceux qui avaient été si tendrement liés ici -bas.
Le suicide est souvent de l'amour; pourquoi donc anpdei-vous crime une action qui prend sa source dans un sentiment qui est le résumé de tons Les sacrifices, de tons les dévouements, d^ toutes les noblesses? Depuis quel [ues jours mademoiselle de Birague ne sortaiJ presque plus de sou appartement^ un Florida seule lui apportait les paroles amicales du duc d'Alméida et de Vient 1 : Ronneval. Avant d'exécuter SOU projet, elle voulait, pur nno absence atuicipêe, diminuer, en quelque sorte, la douleur qu'elle causerait â ceux quelle allait frapper d un coup si mortel.
La nuit avait été orageuse, Le tonnerre grondait encore au loin, les éclairs succédaient aux éclairs avec une cffrayanic rapidité; Florida s'était bloltie dans un cabinet attenant â la chambre de mademoiselle de Biftfue. Les nuits sont calmes, et le sommeil profond pour les âmes
heureuses; mais l.i pauvre orpheline, vivant d n n regrets ci ses souvenirs, n'avait pu dormir, pi •■ e qu'il n\ jtas de repos pour celui qui vil sans espérance. Sa pri du mnitn avAil été courte : -• Mon Dta, donne* moi ta forte d'accomplir mon dê$& in.
Tremblante, mais résolue, Julie avait doucement ouvert ta porte de sa chambre et se dirigeai! par le salon vers un
■ ilier qui conduisait dans le jardin, fors pie ami nom retentit zi son oreille* Elle frémit ci s'arrêta :
— Qui m'appelle 1 demanda-l*elle d'une vora qu'on aura ïl dit ue pas appartenir à ce mondi
— Hoi,~seôora, le comte de Pinto, qui ose vous demander pourquoi vous ailes ainsi vous exposer n la colère d'un
pe qui semble renaître,
Mademoiselle de Birague nspir.i plus librement ; elle aurait eu peur en présence du duc d'Àlhiçîda, dont les soins et le respect l'av nient profondément touchée ; elle parut moins inquiète ;mp ré s nu comte de Pînlo, pour qui elle n'éprouvait, vous te savez, ni haine ni amitié* Ans répondit-elle d'un accent plue assuré:
— JV ne sortirai pas de la galerie qui entoure ce snlon, j'espère que monsieur Le comte ne suivra point mes pas.
— Je vous obéirais, mademoiselle, si déjà je jf étais effrayé de la pâleur qui couvre votre visage angélique,
(In frisson glacé parcourut tous les membres Je madem oï sel le de liiragnc, épouvantée d'un éloge qui lai semblait un outrage â sa douleur.
— Monsieur le corn le, dit-elle, je vcui Être seules les sirs d'une femme, d'une femme qui souffre, sr>nl plus
que des ordres ; lais-iv-moL
— Son ira, ii peul y avoir du respect dans la désobéissance, et, quand le désespoir eummamle, l'affection n Je droit de résister.
— Je ne Crois pas, seûoi\ a l'affection nul l'impose.
— La mienne m'a fait souffrir avant n'être comprise, dM le dur avec un | rofond soupir,
m ose! le de Birague, effrayée, passa •■' ■• mains sur son Front et s'arrêta,., Pînto poursuivit :
— Lé vie. nVMelle donc ipie dans h- passe, s iîora, et ciuand la douleur est -..unie, u'est-il pas de notre devoir
il I'i'ï- miser ','... On n'aime pas comme ils veulent ôtre aimés ceux pour qui nos larmes s'arrêtent vil- .... Pleures, i, pleurer longtemps encore les êtres chéris que le ciel vient de voua ravir, cl permettez ;i vos amis de oonfuii'ln leurs larmes avec les vôtres.
— S'il es l n n égoïsme qui plaise à Dieu, seiïor Pînto. c'est celui de la douleur, et je ne suis pas blessée des sourires qui înVnloureut. .M i mère esl morte, mon fiancé est mort, je vais mourir aibsj, car je veujt les rejoindre, mais j'attendrai que le ciel me l'ordonne.
— Souffrez, sentira, que je le supplie de ne pas exaucer voire vtmi : jamais prière plus fervente que la mienne ne sera montée jusqu'à lui, La terre ne .lui -elle pas garder les anges pour ta consolation de ceux dmit le tenir n'a pas «Hé r om pris?
Un brûlant éclair enflamma L'horizon, mademoiselle de Birague y vît au présage fatal* elle crut que Satan Inimome èiiit à ses cotés, lui adressant de sinistres nanties,.. il entre toujours un peu de superstition dans les fortes consciences. Elle voulut parler, sa langue se colla à son palais; cite attendit une commotion nouvelle.
— Si vous .saviez, senore, poursuivit Pinte, comme nous souffrons moins de nos propres infortunes «pie de celles de l'objet de noire adoration, vous auriez pu Lire dans le fond de mon âme les sentiments qui la brisaient, alors que vont vouliez vous plonger dan s amertumes] Mon, mm, llieu iiiVn est témoin, ce n'était pas une espérance pour ma tendresse incomprise, mais un sacrifice accepté p ur la part que je voulais dans vos larmes. Pardon» senora, pardon a Y\n fortune nui a combattu l'enfer sans qu'un rayon céleste vint éclairer le supplice.
— Continuez, seiior, continuez, dit mademoiselle de llirague. les mains croisées et le regard Axe; continuer,
5or, il ma semble que la foudre gronde moins menaçante.
— 01 1! si vous aviez pu comprendre, poursuivit te comte, avec quelle ivresse mes yeux se baignaient dans vos lar-
mes, vous aurîcï pris en pi lié relui qui, pour la première fois, sesentait blessé au freurpnr les deux sentiments qui ouvrent 1rs enfers qaand ils ue vous conduisent pas au ciel.,, l'amour, l'amitié.
— Poursuives senor, poursuive! .
— Deux hommes étaient l.i sans cesse, debout devant
u\ menaçants; l'un posséda ni votre [fasse ilonl il s'était
emparé, l'antre espérant votre présent qu'il voulait conquérir,
— Oh! poursuivez, ténor, poursuivez*
— Eh Lien! oui, sennrn, je vous dirai i
aujourd'hui roui ""■ mie mon Ime n renferme en elle. tnnL ce ■ | ■ ■ ■■ j'ai éprouvé de désespoir; je vous dirai par combien de s cri-
fiées j'ai caché a tons les yeux la passi jni me dévo e
M qui me consume- Je vous aime, senora, je vous ;iime
rime vous seule pouvez être aimée, comme n..
nsolaleur envoyé par Dieu sur cette terre j je vi us aimais ■i!"]v pic l'espérance était morte dans n on fine; jugea de
" -ur] vous qui ditïgnet m 'entendre, vous qui d
gnei peut-être me pa r doi i ner .
Mademoiselle, de Birague demeura immobile,
— (le que je vous demande, hélas! ce n'esl jus une tendresse qui comprenne l.i mienne, ce n'est pas une affection qui- iLLinj ilvnuement ferait grandir; ce que j implore de vous, c'est un mol de pitié, c"< si une proie île clémence qui me permette de vivre au moment ou, comme vous, j'allais mourir.
Mademoiselle de Birague crut échapper à un réve funeste en entendant les pnrnlc* sncrîféires du comte 'I* 1 PintO que le silence de la jeune lîlle avait encouragé; elle se retourna décolorée, les yeux sers, le sein palpitant, le front pâle cl froid.
— Sa vi»*. vous bien, dit-elle fi Fini» dune voix stridente, saveï-'.ons bien que l'enfer n'a pas nssea de flattini- > pum- '■Irilier voire audace] Savez-vous bien, mis rable. que vos pareil s me braient comme un fer rouge, et que l f avcu do cet imour dont vous parlez sérail plu* criminel encore s'il était vrai que vous l'eussiez j i nti !.♦.
Pinto voulut Mloi-uer.
— Oli! vous m'écornerez encore, poursuivit mademoiselle tie Birague en retenant te comte, vmis m T ecouier> car ma colère oit une ilou!enr... Une femme, une jeune lille dont le cieur es! eu deuil par la mort de son Banco, doot te coeur cl les vêlements sont en deuil par la m - i de sa mère, une orpheline qui a perdu tout ce qui la rattachait â la terre, tout cr qui fhif ai un r la vie, m irite qu'on la respecte.,, et vous cherchez ii fnire entrer dans M.ui une une passion sacritégp ï Cela e^l jmpie, cela est infâme, seiVir. m [a vous dis, moi, comte Pinto, moi pauvre abandom i Jîir-u. -im- vous êtes un Moite L..
Le servent Bonneva) êiaii entré,
— Qettc éptthète de lâche qu'on vous lançon la face, seiVu Pînlo. je vous l'adresse aussi, non numne une injure, car vons êtes au-dessous du mépris, mais parce qu'elle doit frapper plus fort dans la houclie d'un soldat : Seilor Pinto, vous êtes un lâche!
— Encore quelques instants, l'ëcria le comte bouillant de rage, et vous saurez, vous, le sort qui vous est réservé !
— Pas encore ! dit le sergent en se plaçant debout de* vaut la porte; oh! je bien, noble sans uohlr i-. que si lu ilis un mot tu vas me faire fusiller; je sais bien qu'ici vnus ne faites pis ^rdee à vos prisonniers de guerre; mais je veus l'épargner ce non venu crime, quoique tu ne m pas la cemmisération de cette noble jeune Bile que in as souillée du ion coupable amour... Tu as l.i ton cpée, je sais où est relie de monsieur le duc, el auprès de L'hôtet je connais un Jardin qui peut a merveille no servir de ehnmpclos; je l F y appelle.,, je t'attends, veux* tu me suivre, ou faudrtt-t-fl que je le llnj^ille du plat de m m sahre ? Hâte* toi j réponds, car la liaucéede mon capitaine ne doi pas Aire exposée a te voir quelques instants encore devant elle.
— En Portugal, répondit le comte, un noble ne mesure pas son épée C mire celle 'l'un roturier, et je ne déshonorerai pris la mienne en la croisant avec la votre.
— Et moi. me trouves-voua assez noble, monsieur le
oeuvbes in: j a chues auago*
'. \ BMÏCE.
Ju mus accepte, vw, car je vous luis de toutes les forces Je mon âme.
comte de Pîuloî dit le duc -un sortant île son appartement* Je suis grand île L'orLng<nl de première <:îas$«, je porte à mes cùUts l,i clef d'or que voua ne portez pas encore; mon sang, celui de mes aïeux ;i souvent coulé pour h défense du pays... Vous me connaissez assez, monsieur îe comte de Piulo, et vous savez s'il y a du déshonneur a accepter un rai'M proposé par moi... Vous venez il'i jer indi- Lrn ment nue jeune fille conliee à mes soins,*, vous l'aves outragée par l'aveu d'un amour que vous n'éprouvez point; vous l'avez outragée sans un amour qui eiU pu vnus excuser; vous l'avez outragée la fcroyunî sans défense dans l' hôtel du duc d'Aiméida, grand dé Portugais* Mais vous ions êtes l rompe, se fi or ï'înlo, car je vous dis, comme celte jeune Mlle» comme ce h rave soldat, que tous n'êtes qu'un tâche.
— A In bonne heure! répondit le comte en se redressant de loule sa hauteur: ju unis accepte, vous, car je vous hais de louies les forces de mou àmc.
— Vous, s'écria le duc avec un sourire de mépris sur les i
lèvres, de la colère! Je ne vous croyais pas même le mérite de ce courage, et déjà bicii dos fois je Tau raïs mis n l'épreuve, si je n'avais craint de trouver un blâme dans la noblesse portugaise dont i 1 - vais cri ver votre nom... Clicz nous, l'arme du gentilhomme, c'est rëpée, vous la refusez., n'est-ce pas?
— Je l'accepte, an rouira ire, car je vous verrai de plus près, i i je pourrai vous dire, La poignée a la main, le motif de la hamc qui me dévore.
— Oh! la m â 1 1 1 c : ■ ■
— Je la connais, interrompît le comte, qui vonlnit se donner le nu-ritc d'une eonpnhlc révélation ;• vous me h.u'sses parce que mes espérances comba lient les vôtres, parce que vos regards hypocrites ne peuvent nie cacher k * | vv* fidies de votre cœur blasé ; vous me haïssez, monsieur le duc, parce que vous aimes mademoiselle de Dira que.
La foudre tombant an milieu de cet échangé de provo* cations n'aurait pas produit un effet plus prompt et plus terrible; lous les regards étaient dirigés vers U pauvre
Il DUC D'AIJIÉIDA-
Vue il ? Lisbonne h (Page 31.)
orpheline, don! la ^ïllc |iïiysiotinni1i» r-x^u-ïiii-- il h attraction ri |,i terreur, Etto .- ■ il espéré que l'amour du duc
aurai! | inaperçu rie s et In révélation de Plnl -
venail de détruire Béa illusions; elle attendis donc que Bonneval lui vînl en aide; mais le coup étant porté, le ii''jti ronlul, dans sa brusqua prévision de soldai, jue chacun en subît los conséquences.
I lorîdfl, demi vous connaisses le caractère, avait égalerm m" compris le silence de son maître, car elle pensai! que ramour, dans tous Les temps et dans tous les pays, est une nm de noire tic, mais elle n'in avail rien dit * rierre, ei ru e.< moment mit tout, elle si faisait un mérite do sa dise h" ii
Tous tus sentiments paissaient eUe confondaient n bien plus de rapidité qu'il n'en fout pour les décrire, et d'Almëida, qui ne voulait pas prolongci uni si douloureuse position, rompit le premier le sileuce :
— Votre heure, monsieur le comti
— À l'instant, monsieur le duc, il fait encore assez jour [ ni* voir une poitrine,
— El 1» pÂlcur d'un visage de làdie, répliqua le duc sxec une noble fierté... Pierre Bonneval* lu seras mon second*
Merci, monsieur le tîuc merci! mais j'aimerais mi fois mieux être votre premier.
— A la porte de ftomiro,
— Je vais vous y précéder.
— J'y serai avant vous.
1U sortaient'**. Hademoi de Birague s'élança*
— Vous reviendrez monsieur le duc?,., n'est* ce pas que vous reviendrez? dit-elle d'une v .h tremblante.
El elle dul s'appuyer sur un meuble pour ne point tomber*
— Ui! maintenant, je reviendrai, mademoiselle! s T écrr,i d Almcida, le cteur en proie i deux sentiments opposés.
— B vous, sergent? dil Ftarida,
— Attends-moi, petite... Florida, lu peux m'ai tendre.
f*[llïi. —HP, MlloS IWÇOfl ETC e , HUE D'sVtfUTPi !■■
Ce lui une m- nielle inquiétude nue celle qui su i vil la provocation du duc; mademoiselle de Birague, dont l'àme
lérénse recelait, comme un le sait, toutes les nobli - -i' . vr demandai! ave* terreur si, par quelque imprudence, elle n'avail pas fait naître nue passion Fatale. Puis,
entièrement rassurée, vIN II enc p iur se
convaincre une le tendre souvenir qui In rattacha il » Dolnmicu n'etail aflaihli un sou cœur. Elle Be recon* ail pure dans le présent, pure dans le p ssé; elle s'absolvait i !• ■ L'amour du duc eî ii'allriluiai] .piVi la re* connaissance les craintes dont «'lu- gg sentait a^UOe sur l'issue du combat oui avait lieu en ce moment*
Florîda ne tremnlaU pas Inui du langer qu'alla il courir Bonucval ipie de celui qui menaçai! son maître» si bon pour tl e, s! indulgent, si généreux pur ions ; elle cfoyail a sa bonne étoile qu'elle avait jusque-là toujours vue
onnante, et «lie no comprenait pas que tant de joies pussent précéder hll malheur- Peu façonnée aux transi* lions, il lui èïait impossible de supposer qu'une i rompte désillusion dnl si loi m frapper, et hieurcusc fille suivait, un puissant intérêt, les sentiments si distincts qui se peignaient tour i\ lour sur les traits de mademoiselle de Birague. Toutefois, pour faire diversion i la vague inquié* (in I1 1 qui l'agitait, elle se il ; cida à rompre le silence.
— Mademoiselle croU*eïle aux pressentiments/ demanda- t-el le d'une voix caress nie.
— Je croisa Uni! ce qui fait mourir, Floride, répondit !a trislè jeune fille avec un soupir abri poilrine.
— Alors» seûora» il lVuiJ croire nu bonheur, car il porte quelquefois de si rudes atteintes, qu'il vous laisse sans f.n rc pour de nouvelles épreuves Nos amis vonl se battre, Leurs enëes se croisent sans doute an moment ou je prie; cela nnrrîte, cela nVcctiauft'e le sang, mais je suis >are que s les reverrous bientôt tons deui sains et saufs*
— Que vous êtes heureuse de vos illusions, Florîda !
— Oh! pardon, sciîora,re ne son! pas tins illusions, c'est bien la réalité. Les heures riantes n'onl -,ii re qu'une court* durée, ma vie ne date que du jour ou fat compris que j'avais nue rime» un cœur... el ce n esl pas d'nter.
— Ijuol àgc avez^vouSj Fiorida ? demanda Blanche qui ivatt bien la réponse qu'on lui feriitli
— Près de dix sept ans, senora.
— Attendez quelques années encore, el voua verres que ■ ! déceptions son l Les compagnes inséparables de la vie.
— -le ne vois pas |Uoi elles nous deviennent nécessaires, et, pour ma pari, lorsque je tes trouverai voyageani ;i mes côtés, je changerai bien vite de roule.
— T v tais-loi*- j'entends un bruit de pas rapprm hé,
— Non, si »ora, personne encore ne p i L au bout de Ta venue,
*— ï)ii es-moi, Honda, croyez -vous que le comte de Pinto n'ait pas calomnié le duc d'Alméida en lui | ratant pour moi un amour silencieux?
— C'est vous, ifiof.'. que monsieur Le comte aurait calomniée, puisqu'on ne peut guère vous voir sans vous aimer,
— Vous ne failcs là qu'une supposition, répondit douloureusement mademoiselle de Birague; entiments ■ I < * voire maître n'auraient pu nVëcl pper.
— C'est selon, senora; certes, oui , vous vous .ses ici « ue de l'amour de monsieur le 'lue» si vous aviez oublié
celui du brave capitaine; maïs vous y pensez encore, vous j pensez toujours, et cela vous empêche de voir ce qui se passe autour de nous.
— I] a dû lien souffrir.
— ,1e ne dis p;is non, sefiora, ri je le prenais souvent en pitié. Figurerons que, peu iie temps nvanl voire arrivée de Coïmiïrej tout était prel pour Ee mariage de mon maître avec la ln*lle comtesse de Palmela, si riche, si riche qu'elle
Iwurrail acheter tous l mdsde la cour, Eh bien! nn if.iu jour, sans moi il" aucun, -lus dire gare, les iïles furenl interrompues , et Ton ne parla pas plus de noce que s'il n'en avait jamais clé question**. Lu jeune comtesse en mourut.
— Vou-i m'effrayes.
— Oui, une semaine plus lard ses chevaux s'emporte-
I renl, sa voilure roula dans un précipice ei l'on m plus que le cadavre de la pauvre délaissée, Voyez- v<
ne retira
ûus. Il hc faut pas plus dési &pérèr les jeunes filles que les jaunes garç ms t il en arrive toujours m il heur,
—Oh i celle fois, j'ai bien entend i vient de fermer
la grille du jardin*
— J'aï entendu aussi, senora... Courage.**
03 I Alt 1 AGE. — i DTE JOIE, — «ME TORTURE.
Le mariage de haui el puissant seigneur d'Alméida ei de mademoiselle de Birague nvail eu Lieu d us la chft] elle de rhôtel à tjoïmhre; [uebiues amis du noble Portugats et les s de <-\ maison y assistèrent seuls, et vous ne sauriez croin sentiment de gratitude profonde el de ten-
dresse exquise Altnéîda vil s:i fiancée, devant Dieu, accepter la magnifi [ue corbeille qu'il lut avait offerlo.
Toutes les merveilles du luxe et de L'industrie étaient
■ i liées dans un superbe appartement près de !■> cliambre nuptiale, et mademoiselle dt j Eîi devaîl se sentir limrense de t;ii>L de prodigalités, car elles dîsaienl i ta fois le respect, l'amour el l ■ Mime.
Parée de ses vîn^t ans, ili sa p A leur virginale, de sa re* Jigion, dr ses dentelles, de sa couronne, & son bouquet
■ I' ranger cl de IVclai de ses diamants, vous eus^oz pris Il jeune Française pour la sainte patronne du lieu ou le oui v lenneî avait renoncé d'une voix si faillie el si douloureuse que le pi lui-même l'entendit n jjeine, el qur 1 1 n s'en fallut ipie le duc d'Àlmêida n'abanaonnât la main tremblante ei fiévreuse qu'il pressait dans la sienne; mais un • ddi Julû i lui rendit toute sa confiance, ellil de nouveau pénétrer II joie dans son ■ime; deux tètes s Inclinèrent sous la bénédiction paiernelle de l'homme de Dieu.
Ton li! religion impose : la tristesse de mademoiselle de Birague, le ouc In prît pour le recueillement, et le leivl
main, dans les i nid lus de l'hôtel, par i malinée toute
balsamique, on entendait â travers tes Heurs des fraïclies allées courir ■!■ ■ parolea d'ivresse el de reconnaissance dont les archanges eux-mêmes enssenl été jaloux*
Rien n'est inspîraleor el géoérens comme le bonheur.
le -lue d'Alméida, d ni L'ime s'ouvrait â loules !• s délicate ses, voulu élargir l'horiîon qui emprisonnai! en J 1 -»:- Lugal la iille belle "et chaste qui s'était volontaîremi donnée à lui, el voilé pourquoi nous l trouvons . Paria dans un hôtel somntuem ouvert â tontes les illustrations, et surtout âcetlrs de Ym\ itee el m» j In probité.
Les jours vont courir vite sur les deui é| Oiix, et m ouvrons avec coniiance le^ pe es â'orde leur vie,
Héias ! quel ciel est sans leu: itelle route s.ms asuèrîtés, quel sourire sans amertumes, quel regard ■> fur* mes quel noble cœur sans tempête*
C'esl un splendide salon "Usant le goût, l'opulence el t'anuuir il' s loules les gloires*
Quoique meublé i là française, I' 1 i a In s qui h 'il
ppellenl des héros, îles poêles, des navigateurs, ayanl conquis leur renommée â l'aide dé travamt dont les pays savenl tenir compte, el que les siècles ont de la peine i f,i ire oublier:
Camoéns, le chantre immortel delà Lustad^ nir aie poème sauve des (lui- par celui -là rn^rne qui l'écrivail sur
pont de son navire aventura Uhuquerqu.. v ; Lu .. In demi-mmistRclic laisa ■< <• a, cl rapporléc plus tard d< s Indes â Lisbonne; Vasco detiama, qui, la premier, doiw le cande lionne- Kspi ra uir let^uel Camoëns avait pi
! cap de Bonne- Kspéra oee. mv Lequel Can cbmii Le séant Adamastnr, faisanl tournoyer eu lin, (haï deSolîs, rjiie vingt découvertes nautiques
1rs s 15 EÎJUï;
LE DUC D'ÀLUÉIDÀ.
ont vendu si cher aux marins; puis encore, kbfnvn Cahral, d qui nous devons le Brésil el ccllo magique rode de RtoJaneiro, â laquelle nulle autre au monde ne peol être comparée: et, ri s<-s > ■ . «n intrépide capitaine Rfagellan, qui, haiin parla tempête, entra audacieuiemenl dans une fissure <li j 11 pointe 11 plus méridionale do i Amérique du Sudi y pénétra, h sonda au milieu des plus grands périls, la po r couru! entraîné par l- rants, pousse sur les roches marines qui • livrent les quilles de cuivre les pins solides, n arriva enfin dans une mer lîbrej l'Océan-Paciflqite, qne la route par l'est, avait seule fuit connaître*
Ali' r\s\ ; qu'a ['époque donl nous parlons le Portugal était une puissanco que nulle Sutre n'osaïl attaquer; tf\ i
qu'il viv il de W gloire, de Sun Comme ce, de sr^ riches
vignoble^ de ses bois d'orangers, de ses brises parfuma de ses amours toujours n unes.
Ah! c'esl qu'alors Lisbonne Savait psi a '"i* 1 été ren* versée par le formidable trcmblemcni de terre qui se Oj entir a plus de mille lie m met*, ri dm —; . . i eurent un écho ratai jusque dans les deux Amérîqui ■ 1 qu'alors leTageélail un fleuve incessa m menl lai m par les carènes de Ïojls les peuples civilisés, et que la ca-
Eilnle lusitanienne, impérieuse cl dominatrice, ne secourait pas sous Le joug des moines et «h-s mpurins ?ri*, ou noirs, qui h rendent honteusement tribut tre aujourd'hui de leur paresse el Hr Leur superstition. Les portraits de ces morts immortels que nous venons de imi muer, el dont une Légende particulière, clouée ans cadres d'or, disait les h nul* faits, e 1er ni s lient l'œuvre de pein- 1 1 es éminemment distingués! el consacraient deux gloires à la lois»
Au fond de ta salle, sur des tentures antiques, donl le frottement >1es années n'avait |as terni les couleurs cha
s, h- regard admirai! une J il ■ plus grande que Les
autres, due au pinceau d'un artiste moderne, qui dcvAil avoir rêvé bien des fois, en étudiant celle tête rapliaeliquc, cette ; i Lee ' nue divin* , «pie lAlbnim, Tilien, Vêlas ti
nu ii ji-i - -h* Paris, offrait ri rhiiollieencc de l'a
311 r e la
- plus ne
■il et à c
Sur le cadre, admirable ni ciselé, nu \\*u : Lettres
; ftfanchi de Bîrti •" \tm
i.'i i.i il la reine du lieiu c'était la souveraine du palais « riait sans doute aussi la généreuse pri rîcc, car le sourire le plu? eux reposait sur sos lèvre el l'on imv vraiment heureux que du bonheur de ceux i[iiî nous ; lurent, de cens que no i i ' qui non- aiment.
Il j avaîi li de \ ■ i - ■ " » i j a i i " - loul impréj de ir ■ i de h isiH sse ; pai loul le fasl* pai inut
aussi un i accusateur de quelque profonde misère
Jolei les yeux dans une mansarde sans fraîches brises
nr l'été, sans d tiédeur pour la sni- le frima
ilu travail oi dr la faim, vousii rezeela rationnel, voire pi lié i ' dira point par h i rasie; rivinine rjui
■ ■ >«H un irral] l i i aux rii*> lu • i- 1. c
vous vous dileg qu'uue atmnsj I ■ jmre. eti donnant
Le bien-cire au pauvre, i ei ricliïrai ou pi le dégrade, cl des ■ | ■ h 1 m- Tmil | . \ isït '.
«V CÔ c de L'opulence il au cke-vel parfurai
d'une ie peui <■ i Echauffer ■■» toi ileiïs et
se bercer aux plus beaux révea, si tous faites asseoir les ■ us haineuses creusant d( ■ rides au front ci des ii=h^ an cœur; si, dans un jardin princier, vous faites promener e -i côte l'homme ferme al viril et le vieillard décrépit {fui n'a plus qu'une heure devant lui pour toucher .i l'immobile éternité; oh l alors vous inte !■■■.■ a votre raison, el vous lui demandes va inemeut pourquoi rArbi tre Souverain de i a doté d'un bienfait celui qu'il a voulu
écraser | ar une désillusion.
L'hôtel du duc d'Almtuda,au centre d'un dessus beaux
Hle
pensée celle poignante j malle qui y iiivenl
au blnsphème, et dès lors voua ne ^-rest pas étonne d'an*
uri! tre que le noble Porittf s tous
■ trésors que ses ancêtres lui enl I U; ftnire In
surênile de chaque jour du plus oublié de in - - rvilcurs*
Qu'avait-il fait -i Dieu pour la jusiiHriUon des tortures
qui lui ri lii'ni Knlligées? Ko |iOtivaU*il p. -s. ^ins icmords,
fouiller ijiUK mi vi*' [lasaée, et rëv-aii-il dans l'avenir le rc* gret de ses seul in h- ni s île générosil S
Kciait-ce qu'une épreuve que le suprême ordonnateur de toutes 1 1 s 1 1 - 1 < lui faisait sunir l
La tombe ne dîl pas toutes Leslorlures qui l'ont ouverte au cadavr et l'adieu suprême eiHalc 4*une lèvre m i rire -i été bien dis fois moins un clialimcut qu'une delivn née
Ji -i le cercueil pouvait parler! si le marbre fttn ! n néiail pris une barrière infranchissable pour celui qu'i abrita d celui qui le foule du pied "...
Pierre Bon ne val avail suivi â Paris le duc fAlmé da ; or, piiisi|irit y était, vims p< um/ bien que L'hnid.i devail y être .ïiis^i.
■ me paviez point d*un amour de jeune fille combaltu
i:- n - i gérances <-i dans ■■■ a illusions; il résiste a tout, "1 m .-' tient jamais pour battu, et plus on le repousse, plus il s'attache à l'oh^t aimé avec entrainemenl, m abii» giiiou, a^cc despotisme*
VU» -iiln savait, à ae pas en douter, qu'elle viendrait ,i buut de la résist uce do Pierre, car son miroir lui disait tons les matins |ue sa beauté, Loin de s'affaiblir sous le soleil terne et froid de Paris juérait chaque jour une nouvelle perfection, La jeune tille ne se souvenail plus du cerceau ; elle n'aurait plus escaladé les pommiers et les orangers du jardin. À Coïmbre, elle aurait accepte peut-
être via i trois; ici ^lle comprenait admirablemenl
une vit- a deux, rien qu'a deux, el Bonnevalél lil ce second elle-mAinu qu'elle rêvaij dans son ambition.
La voila réfléchie, et pourtant sourïeuse, se promenant ï\ grands pas dans le magnifique salon de son maître, fei* nf U dame de qualité, jpuanl â la duchesse, et attendant l'arrivée de Pierre, itii, îa veille, lui avait paru plaisen plus communicaiif'
Puis, donnant une nouvelle direction â ses pensées :
— Il li bien ! cela n esl nas juste, dit-elle en friippantdu qed h tapis moelleux; non, cela n"est pas juste, qu'un si rave seigneur que mon maître passe sa vie à pleurer, ri
soupirer, a maudire peut-être; il fondrait des consolation* à des hommes qui savent si bien aimer. ». Vrai, qu'il se présente â moi um galant taillé sur le patron du noble due d'Àlméida, et, quelque pénible que soit le sacrifice» je lui promela une Ûdelilé li l épreuve de lotîtes les séductions... Pourtant je suis Portugaise, et j'ai dix-huit ans â peine.
Elle venait d'achever sa période amoureuse, lors-ju'uu pelii coup rrU'iuiL ;i la porte-
— Entrez, dit-elle, presque certaine de l'arrivée de l'ii rre BonncvaL Ciel l \ onrsnivit la jeune fille eu n percevant Pinlo, vous â Paris; c'esi Lucifer, c'esi BelïébutlU
^ — Oici , inoï> et non Belzebuth, répondit lecomte d'une vois brève el décidée ; moi que je ciel ■ t l'enfer pousst ni Dti-devatil de ion rn-iiire; me voilé, j< b ne sortirai qu'après
.il- accompli mes projets*
— Qui vous amène? demanda vinjmru' Moridn, dont la pensée fouillait dnn. l'avenir, el présageait du grands malheui s<
— Qui 1 1 1 ":i : 1 1 - 1 1 1 ' poursuivit Pinlo en s'asseyanl sur un ml fauteuil, au pied même du por{r;iii «h: ■ l.i duehes^- ;
iléus senliments, la vengeance d'abord, puis lai r.
M isi i ' près uce seule esi un malheur, dît FJorida en croisa n b sur sa poitrine pour exprimer une
détermination bien arrêtée.
— -h- ; i-[i ire. continua Pin to avec un sourire salanhiue. Quand une idée ih' vengeance est entrée dans une rlimportu^aise, dans une Ame comme la mienne, il ne faut pas qu'elle y meure sans résultai. Tu iis t je liais h; Juc
d^Alméida de tout Pnmour qui le il v.ire | " ta maîtresse;
je le huis, parce que le nom que je porte a reçu de lui un do ces affronta qui ternissent l'éclat d'une Camille; Je le hiis parce ■ | m- j*ai juré à mon frère, frappé de verras, que le Inourreal] serait rhàiiè par le fer. Tu vois dune hien que je ne | • ■ ta anandoniicr ion maître après la blessure (juc |e ntiis de lui ;i Coïmbre.
— Si! vous sait a Piiris, dît i'iorîda, espérant que Pinto renoncerait a ses projets, c'est un nouveau duel, un duel
outrance, un duel â mon. h je ne crois pus que le sei-
OEUVRES DB JACQUES AaAGÛ.
gnenr Pinio essaye avec plaisir de ces sortes de jeux.,, Une lame d'acier, cela fait froid su cnenr où elle rniiv.i j esp«re Mue le seigneur Pinio y réllèchira,
— Le cl il eL dont In me menaces, répliqua le comte, loin de le craindre, hnu de le fuir, je viens le chercher ; cl, celte fuis du mains» j'aurai pour .second un homme prêt à me venger si je succombe,
— (jiii donc? s'écria Florida, épouvantée déjà de cette demi-confidence; nui donc et msen lirait à vous servir de témoin î vous, déshérité de l'a ffec Lion de tous ceux qui vous uni connu ! voua, que les familles honnêtes de Coïmbre ont chassé de leurs demeures!
— Ta colère n*es! point de la colère, mais bien tin dépit, dit Pinio en jouanl insolemment du boni de sa cravache avec le cadre du portrait de la dur liesse : au surplus, In s n uras plus tard quel est ce témoin lant redouté des un s : tant aimé des autres; mais, en attendant, je te l'ai dit, je te le répète, je suis in pour voir ta maîtresse, je n'en sortirai qu'après l'avoir vue, qu'après lui avoir parlé.
— Elle vous liait! répliqua Florida, rouge d*im patience; elle vous hait encore plus que vous n "aimez le vice, au I. m F qu'elle aime la noblesse du cœur.
— Bien des mépris se cluu^ - 1 1 1 en estime, dit le comte d'un Ion dégage, bien des tînmes deviennent des amours, et je ne serais pas surpris orne demain, ce soir peut -et n , la ûère maîtresse ne s'humiliât dans le repentir de ses dédains à mon égard,.. Va lui dire que je suis bi, (pie je hillruds; ainsi donc, f.iis-moi parler à la duchesse à l'instant même, où je hâte la minute que Lu redoutes.
— fille refusera .
— Peut-être* Un seul mol de moi. une seule parole échappée de mes lèvres, et son orgueil de grand esse deviendra i m pi orateur.
— Silence' rm vient...
— Est-ce madame la duchesse? dit le comte e» se redressant de toute sa hauteur.
— (l'est le sergent lierre Bon ne val, répondit Florida, —~ Il ne faut pas qu*ïl me voie encore, diL Pinio, qui
avait ses projets d'enfer bien arrêtés: raclic-moi, cache-
i vile, là ou là, peu importe, dans un cabinet, dans un
oratoire, dans la chambre... mais cache-moi ; ei, en attendant prends celle lettre et remets-la %iie a son adresse.
— Sauvez- vous, misérable, dii Li helle camérisle en poussant le comte vers un balcon qui donnait sur le jardin, el en acceptant la missive.*, vous êtes là a quelques pieds iln sol, viius n'avez rien â craindre, a moins «pic Satan ne vous enlève dans le trajet; peliez, 1 t nue toute la cohorte infernale tous accom paguti f
— Attends-moi, dit le comte en e 'esquivant; je le réponds que tu ne tarderas pas à me revoir.
Los glaces du balcon se fermèrent... il étaii temps.
— Tu dis donc, Pierre, que madame la duchesse est beureu.se ?
— Je le dis cl je le répète, Honda ; cela est simple comme bonjour, cela est vrai comme Vive l'Empereur i
— Mon pauvre Pierre, lu nus qu'à regarder autour de loi pour i percevoir que lu te trompes, et pour comprendre qu'il y n souvent bien des larmes dans les sourires.
— Coin ment t'en es-iu aperçue, toi i
— Je n T ai eu qu'a ouvrir les yeux.-. On ne se parle qu a voix basse, on n'interroge qu'avec craint» et respect, on n'ouvre la bourbe que pour répondre par des oui on des non, qui disent presque toujours le contraire de ce qiuls devraient dire, el je crains que Paris ne soit bientôt nue [ nu il,,. |iour mon maître nu pour ma maîtresse.
— Et la cause de tout cela, là connais- lu, Florida?
— Ouï» Pierre, je la connais, car je raisonne avec mon cœur plutôt ip l'a vec ma té. le. La vie, Pierre, u>sl pas dans le présent, qui n'existe plus, que chaque minute emporte; elle n'est pas dans l'avenir, qui u 'est pas encore arrivé; ille est dans le pnssé seul, qui nous échappe, qui nous endort 01 < l vieille.
— À ce compte-là, ma chère petite Florida, je ne suis qu'une étape dans la vie de jeune lillc?
— Oh ! ruuï, Pierre, ou peut me citer comme une eiception, je ne ressemble à personne, je *uîs moi, voila" tout. Par-ci, par-là, j'en conviens, il se glisse certains sou-
venirs, quelque chose dune première émotion; mais tu te montres, tu me parles, tu me serres la main, tu me souris.*, le reste s>IL
— Tu es une brave filîe, que les brumes épaisses de Paris n'ont point encore glacée; merci, Floride, moins encore de ton amour que ile l'oubli de tes amours; merci de ne pas regretter les coteaux toujours verts du Pnrlu^d, son ciel toujours bleu, sa lerre toujours riante.
— Tais- toi : on pense à ces choses, on n'eu parle pas; car, vois-tu, c'est comme les amants, lorsqu'ils sont morts, il ne faut jps les ressusciter. Celui qui règne est toui, et avec toi. ici comme ailleurs, je retrouve mes promenades ilu mut in, mes rêves du soir, mes oranges, mes grenades, mon beau soleil, en un mot tout ce que j'aime, tout ce qui me fait aimer.
— Ej si je cessais de l'aimer, Florida V demanda Pierre, qui voulait une réç;le pour sa conduite.
— Si tu ne m'aimais plus! répondit la jeune Portugaise eu plongeant son regard dans celui de suit amanl . si lu m' m'aimais plus, je Crois i[ue je me souviendras -on ht- de l'ounlrv, de ses mœurs, et de la belle fabrique de poî* goards d'Orribé, dont la lame perce une piastre sans sv-
b rocher.
— El si on t'en avait fait anlnut chaque fois que in as change de passion? demanda Bonne val avec nu accent de jalousie qu'il eut de la peine â déguiser.
— On ne m'aimait pas assez pour cela, et je l'avouerai, Pierre, une j'ai toujours pris les ci mira dan- l'espérance de les réduire au désespoir.
— M'aimes- tu comme an premier jour, Florida? demanda Eonuevat, qui attendait presque une réponse négatif e.
■ >"on, je t'aime mille lois [dus. i-i cela parce qucje pense mille fois davantage, parce que je le retrouve aujourd'hui tel que je l'ai jugé autrefois... niais cessons de nous occu-
Eii'r de nous-mêmes, puisque nous nous connaissons si >ten, cl songeons un peu à madame, qui souffre, qui souffre horriblement, et qui le mérite si peu... As-tu vu
ces magnifiques p.- "$& de diamants, ces riches denlcMi
ces veiours, ces cachemires 1 Vraiment, le dur est un grand seigneur, cl l'eu dit que >.u. cadeau de noces lui a eoôie plus d'un million.
— Tout cela ne serait tien, Florida, s'il y avait du bonheur là -dessous.
— Voila lr mol lâché; mais vraiment M* le duc était bien motus pâle quand il étiii m ni heureux... lit madame, depuis six u j « • i > qu'elle est mariée, je l'ai toujours surprise une larme sous la paupière... S'ii y avait \à nn autre amour?...
— Folle, veux-tu te taire!
— Oh ! je ne parle pas du présent, mais du passé... Ecoute, Pierre, elle était I tancée à ton capitaine; pourquoi ne l'aimerail-elle plus maintenant?
L'arrivée du duc d'Almèïda interrompit la noiversniniii de i-'Jiirida et de Pierre lamncval, devenu intendant de fa m ni son aptes le mariage du duc el son voyage â Paris. Il et ail faible el semblait souffrir; cependant, à la vue de ses fidèles serviteurs, il prit un air heureux.
— Madame la duchesse est -elle rentrée de sa ju'omenade du matin ? demanda-l-il avec un touchant intérêt.
— Ouï, monsieur le due. répondit Pierre, cl madame m'ii xml»li ; inquiète 'h- PahïeûCe du. monsieur le du.:, qui n'a pas l'habitude de sortir avant son déjeuner. rjusn-urs fois, pend an L la promenade, madame m'a demande si je savais le motif Je celte absence, et elle a paru Tort contrariée du ce que je n'ai pas pu le lui apj rendre, Si monsieur le duc veui la rassurer, elle prie dans son oratoire,
— C'est bien, Pierre, je II tends; laissez-moi.
— Vous voilà donc en lin, monsieur, dit la duchesse en en Ira ni dans le salon et en présentant sa jolie main à son mari; est-ce que vous deviendriez dissipé.' est-ce que le calme de votre intérieur n'aurait plus de charmes pour v.ms? J'avais hâte de voua gronder, et vous ne m'échapperc? pas... Abî vous cherchez autre part le bonheur que vous trouvez ici?
— Me gronder, madame : répondit le duc, plus epeuvnnté assuré par cette gaieté inespérée de sa femme.
LT UH: D'AUIÉIDA,
4111, jusque-là, n'avait pris aucun soin pour déguiser 59 tristesse; quelle est mou offense, madame, aJiu que je l'efface ? quel est mon crin.it', a lin que je l'expie?
— Le crime os! L r i-and, monsieur Leduc, car il vous a dérobé a ma vive tendresse. Hais, dites-moi, pourquoi ces deux magnifiques chevaux pour ma calèche ï Pourquoi ces brillance ffes dans mon appartement ?
— Mi- voila donc absous et consolé, madame*.. Vos deux clic vaux anglais étaient trop impatients, Georges m'a dh hier qu'il avait eu bien de la peint' .1 les maîtriser, j'ai voulu moins d'inquiétude pour moi ; vous le voyess, ce n"cst que de rêgoïsme... yuani à ces étoffes qtu vous ont éblouie, j'ai pense" une vous les accepteriez pour les fêtes qui se préparent à la cour, où j'espère vous voir éclipser vos rivales envieuses,
— J'en ai donc, monsieur le duc?
— Vous êtes trop belle pour échapper â L'envie, yous êtes hii|> l ■• ■ 1 1 1 1 4 • pour vous sauver do la médisance*
— Commenl ! on t'occupe de moi dans le m le que je
fuis .'.,, Que dit-on? Je veux le savoir*
— J'ai menti s mieux vous le Laisser ignorer, madame, Ne suis -je pas là, d'ailleurs, pour vous protéger contre les injustices?
— Voyons, monsieur le duc, j*écoute,
— Eli bien ! madame, dans ce monde que vous fuyez. on m'accuse de tyrannie, ou assure que votre solitude vous osi imposée par moi, et, comme de la médisance à la calomnie le passage est imperceptible, on ajoute, a voix basse, que votre isolement est un deuil pua 1 ■'■ ■ n l'honneur de ceux qui ne sont plus
— Vous avez raison, monsieur le due, ce sont là des calomnies qu'il est de mon devoir de faire cesser; je veux que vu]- mr rmntnisieï à la eour, je m'y montrerai Ûcre Je vous, Hère de mon amour, cl j'espère qu'on ne nm reprochera pins mes regrets et les larmes versées pour ma mère.
Ces dernières paroles de la duchesse furent prononc 1 avec une émotion qui trahissait un mensonge dans la peu-
■: te duc ne put s'y méprendre, et cependant, toujours noble 'i généreux, il essaya de- cacher encore sou amertume à celle pour laquelle il avait abandonné ses vieux amis, sa vieille pairie.
Seule au monde, sans fortune, sans parents, la jeune fille que le malheur avait poursuivie depuis S m enfonce,
que nous avions lai-oée à Hu'imbiT dans le denil et le désespoir, confondit m'entoila reconnaissance avec l'affection, et encouragea elle-même les espérances ilu duc, dont vous connaissez l'amour et Le respect. On la dotait d'une grande fortune, d'un nom glorieux dans les annales du Portugal, elle trouvait dans celle union un zélé protectcni pour sa vie à peine commencée, Le souvenir de Uohnnieu s effaçait petit ,i petit de ses peu et ce ne fut qu'a [in l'accomplissement de l f acte solennel qu'elle s'aperçut nue les premières émotions, presque détruites, se ravivent plus fortes et plus brù la n'es alors qu'on veut les placer sous la protection de L'oubli.
Jamais de querelles dans I;l maison du dur,, jamais de nuits amers qui jettent lani de tristesse dans les ménages* D'Alméidn était de imp lu m ne l'ami Ile polir ne pas témoigner à sa femme, même an milieu de sa douleur, des jgards et des soins qui disaient la noblesse de ses sentiments. Jamais, non (dus, quand l'abatU'incnt de In duchesse aurait pu l'excuser, il ne laissait échapper un mouvement de jalousie, que les femmes hélas! ne nous pardon n en I que lors |ne nous n'avons rien à craindre. Tinii paraissait calme dans cet intérieur, où régnait l'opulence; et pou riant, les plus funestes p.i^mus v avaient élu domicile - eni place au foyer comme des botes in-
réparables, comme des convives du duc et de la duchesse.
Ce que l'amour Le plus passionné avait pu rêver pour entretenir une Homme qu'il s'était Uatlê d'avoir allumée, le duc l'essaya au péril même de son bonheur et de sa séculitê. Sitôt qu'il pensait que les hommages rendus a madame la duchesse Qallah ni sa vanité, il dévorai I son supplice, il Laissait courir sa générosité habituelle, comptant reconquérir ses droits redevenus plus forts et plus sai rés par les péripéties du combat Il ■ n'était | as le lui-
sent que le duc avait le plus â redouter, et l'honneur de la duchesse devait sortir pur de toutes les épreuves que la galanterie élevait aut ■ ■ Telle.
Toujours jeune et brilla nie. poétique dans sa mélancolie, cali I m- ses nouvelles nfteetions, froide à tous les
■j.iL'-^ .le tendresse qui lui étaient prodigués par foule
d'adorateurs reçus à son hôtel, sa vertu triompha des plus lémériiires. et chacun enviait I heureux destin du duc d'ÀIméjjda.
Cependant, la sauté déjà chancelante de madame la duchesse s'affaiblissait chaque jour; il était facile de prévoir que |« mon devait en faire bientôt ?a proie, a moins qu'une seeousse galvanique ne vint bientûl raviver la pale
< i de celte Heur si jeune et déjà si desséchée.
f.'-s brillantes fétus de la cour t'avaient trouvée sans
m îon ; les flatteries de ses nombreux courtisans l'avaient a peine efuVmee; elle n-cevait les hommaees dont elle ■ : entourée aveenu accablement qui accusait la tiédeur desoa îime, et M. le duc s'était aperçu h premier que cette lia m me dévorante dont mademoiselle" de Birague avail ëlé embrasée était éteinte à tout jamais. Il s*en consola presque du it s l'espérance de ne pas survivre a celle qu'il aimait comme on aime à vingt ans, avec tome la fougue de la jeunesse, avec tout le respect de l'aire mur.
" ■ qui fa il les passions, ce sont les passions mêmes. Madame d'Alwëidn devait succomber au imd intérieur qui la dévorait, parce quelle étaîl sans désir pour le présent, sans VOBU pour l'avenir, cl presque sans regrets pour le passé. Forte de ses devoirs, nulle |>ensêe criminelle ne s iLiillnii sm> âme toujours cliaste, toujours été éei quelque chose de vague et de triste comme le découragement, comme Kl uostalgio, la pluspoignante maladie de l'homme, lui eubvait même h volonté de combattre, et elle se sentait vaincue par son affaissement bien plus que par la douleu r.
Le souvenir de sa mère remplissait ses yeux de larmes, celui de son fiance mu vrai l son fruit dune livide pâleur, et lorsque le duc se présentait à elle dans ces moments de cri la jeune femme allait an-devant de lui, souriante et affectueuse, les larmes cessaient de couler, le front reprenait sa virginale sérénité,
An milieu du silence des nuits, après les distractions d'une heureuse journée, quand la pensée se fait vagabonde 1 r fouille dans les paires les pins oubliées de la vie on redevient ce que Ion a été, on n'existe que par les émotions, les tristesses et les joies 1 |iii m- muiI plusi et, dés lors, le réveil est une douleur. On sent qu'on a marché dans La route des épreuves, on retrouve la fatigue du déplacement, et Ton se décourage, parée qu'on est assuré que chaque jour, cha 1 1 1 .■ heure, amènera une désillusion.
Mnda la duchesse d'Àlméîda aurait voulu redevenir
Julie de Birague, même lorsqu'elle n'avait plus de consolation A espérer dans les caresses maternelles- elle aurai 1 voulu remplacer les diamants de sa coiffure par les fleura pri n tanières don 1 elle L'ornait jadis, et la silencieuse allée • lu j inliu lui semblait plus douce et plus poétique que I blouissanle guirlande de lustres inondant de Bots de lumière le salon où 011 l n > ueillaii a ver- tant d amour.
Notre existence n'est point dans les agitations du ebanl' ment : on n'a pas le temps de vivre quand ou est sans cesse occupé des choses nouvelles qui nous entourent. Les heures du prisonnier sonl éternelles, et L'homme qui vit en liH-nièrue e 1 vieux avant l'âge et marche courbé par le poids accablant ih-s s luçis.
Si, parfois, un imperceptible sourire venait se poser sur les lèvres de madame la duchesse c'était surtout dans b's conversations familières qu'elle aimait a provoquer avec sa belle camèriste- Pour une si excellente maîtresse, I loridn eut, a coup sur, ététulidèle a Pierre Bonneva!, qu'elle aimait pourtant de cet impétueux amour dont je ne vous ai guère parlé qu'avec 1 1$. Il y avait toujours du respect dans les paroles \U- Floride; mais, roua le savez, entre femmes â peu près du même a"gc, le respect est encore de l'intimité. La protectrice qui cousent â descendre, et la protégée qu'on encouragea monter, sont bientôt en équilibre;" il n'y a plus île nomination, il ny a plus de servi* lude : ce soûl des amies, presque des sœurs-
oku vues m: iacquïs aha<;o.
Florida élaii plus tonrïnV timoré que flattée des bontés de sa maîtresse; (eus les Instants de Aberté que lui laissnii
S'il service, elle les cons cr if à m -l r.\lnn-iil;i, ci
dés ifu'elle éïail parvenue û la rattacher a l'espérance, elle rejoignait Bonne val avec plus de joie ri de bonheur que de coutume.
Un matin f[nc P silencieuse, Inquiète, aUentivCp ellcvcontaït I ];i porte de madame la duchesse, doni clic avait cru entend™ In sonnette, le salon s'ouvrit brusquement et on homme, qu'on devinait déguisé sons un costume de commission un ire, se présenta H
— Miséricorde! vous u \, sefmr ! sYcrîa la camèristcavec effroi ; vous, ici ! Que voulez- vous? d'nû venez- vous? Voire présence seule est déjé un malheur, Partez! je tremble!
— D"»iui meut, doucement, ma petite, UJ i la voïxcares* saule ci railb use â h fois de Pîûlo, je sais qu'il y •> du lu tristesse dans cet hôteî, ( i je viens y jeter, selon un. s habitudes, quelques rayons de gaieté.
— Les consolations que vous -ipjo. !*■/. ont toujours
quelque chose de sinistre, dit FJorida d'un ton de r ice,
nous aimons mieux noire tristesse - pal ci, senor; laites-
mms grâce ■ l ■- ■ vOtlHS présence, cY -i i ce que nous vous
■ !■■ rii;ui.!in!S,
ri- ip:e Lu as oublie, charmante Florida, h 1 poids de mes quadruples? ils étaient cependant d'or mexicain.
— Il y a Lien longtemps, senor; et, comme ils me hrùhtcni 1rs doigts notant que votre souvenir attriste m.i pensée, je les ai donnés, en «juiuanL Coïmbre, au prieur de va Merced pour qu'il k* distribua! aux pauvres : ils se sont purifiés dans h urs mains.
— C'est bien! fa charité porte 1 heur, et c'est pour
cela sans doute que je te rnrmtvi' ]ilus fraîche ei plus piquante que lorsque tu faisais le désespoir des amoureux el u es jeunes ftUes de Coirobie, tes rivales uineues
— Vos liai teiies, seiï u\ glissent sur moi sans me ton* cher; j'aimerais autant vos injures, si j'aimais quelque chose de vous
— Je ne me désespéré pas pour si peu , répliqua le
• ■•mi ■ ■ rie Pinlo en élevant la voix comme pour -il tirer quelqu'un dans le salon; il iùs( rien don) ou ne vienne a bout avec la persévér îe, la prière ou la menace.
— Prenez-v garde, b fior l un homme peut venir ici vous rappeler ■ | < ■ h i I a contracte nue dette envers vous, et qu'il broie de l acquitter.
— Je comprends : c'est ton sergent, ion Pierre Bonne val?
— Oui, le mien, le mien a moi -euh'. Les p: ï-juir
li noblesse n'es is!eul pas iei comme en Portugal... Culmine e*i loin de Paris !e* L'yi êm : J-s séparent les deux royaumes ..Croycs-moi, parlez; parles sans retard, -i l'instnni môme, car l'nuiv < i dans tous les cas, a sou défaut, M. le duc uVÀIm.'ïdn pourrait bien renouveler la rencontre dont vous vous tirâtes jadis si maladroitement.*, une seennde vous seraîl plus fatale,.. Partez, et que Satan, votre ■ri s 1 1 ï . vous accompagne)
Je ne me souviens plus de celle petite dgratignure* Flurida, répondit Pinlo avec un sourire dcdaipeui, et tu me vnïs luut prêt ,i m'exposer â ni recevoir une nouvelle. .... Donc, nu est ton maître? Je ne sors pas de son hôtel que je ne l'aie vu, que je ne lui aie parlé, on que tu ne lui aies remis ce bilU-t.
— Un billet de nous? dît la camériste avec teneur.
— Oui, de moi*., ou d'un outre.,* il le saura,
— Donnez doue, je m'en charge : M. le. duc l'aura ce malin,
— Ust-ec Une pi rs<e que lu ne tiendras pas?
— Monsieur le comte ne vaut pas u ensomje, répon-
■ I i la Jeune Portugaise avec un sourire dédaigneux; je d n lierai ectle lettre â M É le duc, et je lui oppremli -.i en même temps la qualité du commissionnaire,** Un entre!**. Souyêi-yous* c'est Pierre!
— Il me verra plus tard f
— AppcH le/nous des nouvelles de l'enfer!
Le comte disparut par le balcon qui d'umail sur lu jardin.
— IJihI il cet homme? demanda brusquement Pierre
Bonne val, qui venait d'entrer; que veut-Il? pour qut celle lettre? qui tous envoie?
Le {-ccur de Florida bondil de joie ;ï ce premier mouvement de jalousie de son am ntt.
— Cet hûmnu' k répondit-elle, m'apporte une lettre pour M le dur; quant nu reste, vous le saurez peut-être dons quelques instants : suive/ -K ne le perdes pas de vue, il y va du bonheur de nous tons.
— M, lis quel est dune rei I me? demanda Pierre d'une
m lis courrour*
— Le comte do Pinlo!
*— Le ite 'i*' Pïnfo! malheur, malheur à toi, &*îl
m'échappe! s'écria Bonneval en s'élança ni sur les pas du fugitif,
Florida était presque arrivée au but qu'elle ^e iiropnsaii d'atteindre aepuîs longtemps; elle ne comprenait pas l'amour sans jalousie, elle ne comprenait pas la jalousie sans violences, cl elle s'irritait souvent de la tranquille passion de Pierre, .le ne sais si vous iv* i bien siisi cette nature J part, mais il est certain que le calme lui paraissait un chAtimcnt, et comme elle a imaii sérieusement pour l.i première fois de sa vie, comme jamais elle n'avait compris la fidélité que dans une itme LièdCj la jalousie lui ip-
I bsait pour la première fois avec touies ses i mo*
Lions.
— €e qui lue les uns rail vivre les autres, se dit- elle avec ou sourire 'h- isfactîon, qu'elle ne chercha point â
abattre... Il étotl li ]i certain de mon amour, je l'élaïs trop peu du sîen t le- chances nqi.I. plus >'■ aujourd'hui ; et puisqu'il commence â comprendre l-t jalousie, i-' sois sûre que sa tendresse ne m*ccha| pera pas, je le lui pmmets religieusement... Mais relie lettre, poursuivit- elle, en donnant à sa pliysionuiui nractêrequé la présence
inai tendue de Pinlo lui avait imprim e... celle lettre, de laquelle je n'attends que &•< fermes* doîs-je la remettre :i monsieur le duc?... C'esl mon devoir, sans doute, mais le bonheur de cette finie si noble est enjeu: ne lerais-je pas mieux de consulier Pierre qui est plus calme cl plus réftechique mol .'.,. Non, ajoula-t-eUe d'une voix plus Lié. ld je remettrai celte lettre dont Pierre ;i son reti ur me de* mandera compte et qui peul«éhe ne renferme rien d'alarmanl pour mes maîtres, Je me suis sentie trop heureuse, il y a un moment, en llsanl presque de li col. dans tes regards de celui que j'aime^ pour qu'il advienne si (ôl u Iheur,
Florida sedi tgeaïl fers l'appnrïemeni ilu duc. henreu e de sa résolution, lorsque la sonnette 4e madame la duche&se se !U en! nuire.
— C'esl peut Être un. averiîsseraenl du ciel! se -Mi -.-lie i i,.-..-. .-. ... Je brûlerai re papier, qui doit mourir & a les lUnui: s puisqu'il nous esi app irtç par le comte dcpjnto.
— li me semble, dît le duc en entrant, que madame In duchesse vous appelle,.. N'avex-vous pas encore ohéî?
— Pas enc ire, monsieur le duc, nuis j« venais de recevoir cette leltre 1 votre adresse et je voalaia vous la i mettre avani d'obéir à madi
— A madame d'abord vos premiers soins, dit le duc avec sa bonté accoutumée; Pierre el R dierl sont là pour me wrvîr.,. Mais de i[ui tenCE-vous celte lctlF
— D'un,*, homme*., d*u« étranger qu'on a, je ne siis comment, laissé m n cr jusqu'ici. ■
— On a eu lorl . liiez chez madame 1 1 duchesse.
Li- ilue iiuml le billet, et resta pétrifié,.. L< i papier i »mb.i di mains, il le re saisit el lut une seconde fois d'une voix fëhrile :
M in sieur le dur, \eillez sur vous, veillez ^'if elle, veiller >nv lui.,. Les morts ne sont pas tous morts 01 I
tombes ne se fe pas loujours sur des caiavrcs ..
Veilles sur vous, veilles sur elle, veilles ftnr lui. »
Un abîme immense venait de s'ouvrir sous les pns du dur .l'Alm.'-i'Li. doni h- h - 1 pfl e disait la poignante dou-
ir. L'infortune esl intelligente, elle va au-devant de louies les calamilés, el « i vrùl de loin, les indique du
isc l'instant do leur venue, el telle est sa preenec, que le destin semble se liguer avec elle pour ne pas lui di er un démenti*
[,.- dur ( t..-i sur une eboise el se \ v\t a n lléi hir.
LE DUC D'ALMKIDA.
— Ses pleur*, ses soupirs, ses terreurs, *es remords» en voîlâ la cause, dit-il ; elle il DoUunieu vivant el le désespoir la dévorait en silence), , &lle se reproche comme un crime le nom quelle porte, elle nu: hi\\v de tout l'amour que je lui ai ravi, elle ml fuil parce que sa pensée • - 1 toujours â un ■ f t je suis placé Là c 'mine un mur d'airain entre le bonheur de tous tes deux. Si la diidu sait la résurrection ^ Dotatuieu, si elle me l'a cachée, cela seul < J ■ » i e être roi vengeance... Si elle l'ignore... pauvre femn plaîgnons^la des jours heureux que je lui enlève... D'une part, de U terreur pour elle; de feutre, des craintes pour mm!... Mais n'est-ce pas Dolomiru lui -môme qui a eu l'audace d'i d over ce message s*êcria-l-i] en se Levant et en -• ppant le front avec violence . . Ce billet.** non... c'est impossible..* n'importe, interrogeons Florida.
Le visage du noble duc .-■ couvril de rougeur ;.u moment d'exposer nin*i l'honneur de la duchesse aux ncrÉdcs conjectures d'une femme d< mbre, el, Lien résolu n dévorer ■ ncore ses mortelles terreurs, il ord mua d'atteler el alla chercher nu pende repos dans le mouvement... ïl faut de Cair et de l'espace ■■ ceui qui n'onl pas de confi- ■ l' lits intimes dans leurs iifliîrîions,
Uduc passait devant l'ajuparlomenl de s;i fe ic,
— Vous me quitti acore demanda la duchesse en entendani la voiture s'avance, devant le perron.
— Cela ne duir pas vous êmunur, madame, la fatigua lue l'inquiétude.
— Ki quelle inquiétude pouvet-voua éprouver , mon
nini ?
— Toutes me viennent de vous, Juins rotre santé chancelante ne me laisse pas do repus, h \ ■ roua
me fuir me fail craindre que votre tendresse m n: moi ne se soit affaibli', i > .- I . > mienne, voua
e savez, n'a p;is besoin d'aliments pour être aussi paternelle que pat' le pu
— Mais vous ii-i-' tort, monsieur le duc, de nfaccuser de li :• ir '-t celle t«nd paternelle donl vous me parli t ni i uns celle que j'ai ambitionnée J'ai voulu d ■-
eo vous épousant] j'ai trouvé en vous nu cœur jeune, dévoué, une Ami b!e eL généreuse ■''■ ne vous
aime ni par rei laissance ni par devoir, je vous aime
parce que je voua ai compris et que je corn un nds encore combien vousavez du souffrir d un |>a>sèqm ne p ni plus renaît]
— Aiii^-ï donc, Julie, dit le duc i- 1 1 pressant la main de femme, ce |.;i^.- si caressant pour vous * si doulouretu
pour moi, vous ne vous repenu/, jins île L'avoir ouhl vous ne lui sacrifiez pas le présent tj lej'eî cherché à rendre con&olatem ?
— Nom monsieur te duc, vous n laisse ici aucune place pour les regrets, et, saus cette mélancolie donl votre Iront se couvre souvent -i mon côté je n'aurais ] in eu de soucis depuis Le jour ou vous m'avez dotée de vutre nom.
— z bénie | oun es parole s donl von ivrez mon
Ame! s'écria W duc en appuyant ses Lèvres brûlantes sur le fronl dt* ta duchesse ; aujourd'hui plus que jamais j'avais besoin de les entendre,, aujourd'hui plus que jamais elles me m»ili une espérano
Ces deri • is tombés avec effort jetèrent le trou-
bledans L'Ame de Julie, ipiî cherchait en vain à s'expliquer les nouvelles terrent >n\ 4
Jamais Florida n'avait repenti de si vîoh otesémoU tus: elle attendait Donnerai qu'elle ovail lancé sur les >• du comte de l'intoet red wiaît surtout une rencontre qui
pouvait être l'ii.de â soi m ni ; elle tremblait pour le duc
dont Le cœur élail en proie a la plus horrible jalousie^ elle
:utd.ii[ [tour sa jeune ci bonne maîtresse, qui pleurait un fiaucé dans l.i ton e ei tjui allait peut-être bientôt le voir reparaître tcnïMe. et mernienni ; son inqui tte imagination travaillait sans cesse, son ftm eteon pâtissante fouillai l toutes les ressources de - n esprit actif pour lui venir en aide contre tant de misère; rien ne 1 1 rassurait, rien ne lui indiquai! un rem »de n n, et elle s'abandonnait à un abattement qui la toisait trem bler |i •■::■ sa beauté, à laquelle, \ ws le avi -, elle tenait presque eut m qu'é la vie. Madame U duchesse, qui s'était
enfermée dans son oratoire, venait de le renvoyer: elle rélléchissail >euh dans le salon, quand Pierre entra, le
gc enil mmé la ra e iu cœur.
^ — Je l'ai sui\j, s'écria 4- il en tombant sur une chaise, ■•' ■■' Lui, c*ftsi ce comte de malheur, il ne m'échappera plus maintenant, je te le jure, soil qu il vienne pour mail me lu duchesse, soil ■ju h ii vienne pour toi.
— Lui ns-lu parlé, Pierre '
— Je m'en suis bien gardé-, Lui as-lu dit que je Eusse j Parii '
'—Non; mais puisqu'il ne me l'a pas demandé, si qu'il pense que tu y es.
Je Le lui apprendrai ù ce misérable, car, â coup snr, il vtenl ri nous guid p r nue pensée infernale*
— Voyons, que V ; i-l dit?
— Je Le trouve Irop dis réle dans tes confidences ,. 4
I -ci* qu'avant ion dcparl lu aurais donné quelque espoir ce chu i de malheur?
— Pierre, vous l'auriez su le premier, ma proie u toujours été l''"' liode ma pensée, et je recule devant un mensonge comme devant une lâcheté,
— Il peu' y avoir de générera mensonges \ et peutêtre, Florida, i ains-tti de m'afiligei par quel<iue i ij niiidence échappée d<- tes lèvres
— Non, je i s rien, mais, comme loi, je cr i us tout, La lettre qu'il m'o remise, je l'ai donnée à monsieur le dm-; j'ignore *•*' qu'elle qonLient.
— J'ai peur, Piorida^
— El moi aussi, Pïerréi
— Quelle est ta pensée eu r ment? Si nous sommes d'accord, le fiii s'accomphï
— Pierre, le comte ni toujours madame l.t dur.
II aura suis doute appris par quelqu'un de ses émissaires ■,iu b notre maitr«' n'élail pas tieurem, et il se sera ranimé d cette dernière espérance.
— Tu es folie.., quand de I' 1 bouche d*une femme le es! i mm sur un humme, rien ne peut le
il i u" '[m! é, quelque effort qu'il fasse dans
sa réhabililatiou '.., Ou est monsieur le da
— Dans sa chambi
— -.)<' te Le répèle, j'ai peur, • j « i o-l [ue ta pensée ne soit pas li mienne. José, d'après i ! ■■ . veillera nuîfot
ur uv l'inhi- il me dira toutes les de ma relu Le ce node. capable des plus honteti et s'il f il mine
*h> ■'■ pprocl erdé l'hôtel... <t!l'!ii, j'ai mou projet, cl ma fin me volonté est un fail accompli.
— Pierre, mon bras < i si sur, 'lii lYoidcment la jeune lîlle eu s- plaçanl devant son amanl , cet l me ne mérite [>.:s ta colère, el il rflc semble qu/on ibûi mourir pins douloureusement quand on meurt de h main dune femme.
— Wr«en -noî^ ■ ix être eid. f . j«- t'en prie.
— Pourtant ma lame est bien tremp e, diJ Plorîtlo en quittant l« k s Ion; Pierre *i lorl denepasme livrer ce misérable que je hais depuis ju reu\ «fui le li i(.
Res «"■ si'uL Pie ■■ lionne val >uda c mtre un meul.l ■. et, la tête A ■ - mains, il chereha U cause d is persécutions du c kmie conire le duc; il la trouva dans Lji naine, car la haine seule fail voyager les méchants; il i loin de lui l'idée iH'un amour quekoJîcjue *' m pu .mirer le con I Paris* Profon lèrnent altaché n sou m
il aurai) voulu que Pinto n'eilt eu à desseins que sut Florida qui lui avait déefaré son amour d lui, parce qu'il lui eut clé permis alors d'i alla vengeance
uu'ii méditait. Mais la n des sentiments du duc
qii il meriiini , irs in u '■ "' ^ wsiunw» uu une
d'Alun i la n 1 - >ii pas souiïeii qu'un autre usât du droit do rln.ii r li- « nite dans c i i ce ni-ci aurait élê ble de la conduite "I" son ■ il il.
— Comment savoir le contenu delà lettre npp i»ir Pinto? Pourquoi Lui -même était-il venu l'apporier? Pourquoi son déguisement el surtout c< i *o de Lisfionneâ P.iri s '.'...
La léte de Bonneval ^- k perdait en con|cctures, mais le = 1 r . 1 1 de lions fui qu'il y avait S Paris un in<
flme .'i chAI el qu'il saurait bien, lui, se charge* seul de ce -o:n.