PUJOL, CHEF LIE MÏQUELETS
tonnicres, Les iamiw i du gitane sont nues, n sont
également, mais il n'est pas rare d'en voir quelques-uns
je Miiih, rsde corde. Toutefois, ceuiqui lent â ce ««cours sont les Éashîouables de lu troupe, en général 1rs pins mauvais marcheurs el Les plusdcgéu ela Us yeux de vrai gitano, la propreti et l'élégance des vêtei -eut la Us el la servilu le.
Upremin passion du gitano, c'est rindépendence. f Je me bâte pourtant d'ajouU y- *i I |J gitano n'aime pas .'
•h des cités, du moins se p!ait41 dans leurs alentours^ cl ncnUeUre . i . n i sorte d'< selavage impose y.-\ n s
de
us,.
^ea el par nos mueursqui lui donne, a lui, de
ii hbi lonl il fa s'enorgueillir sur les grandes route an sein J s monl i^ues et au milieu des frircts solitaires-
.u!. il- liiii-v. une large teinture de cuir avec deuï gaines, l'une adroite, I at - enf t un cou-
tenu et une paire île ciseaux immenses . placez, comme contraste, des bagues aux doigts du gitano, el vous am in
hune complet et vous connaîtrex sa physionomie e allures.
Lagilana laisse ilôt 1er son immense cl < en re,d ml un demi emprisonne pourtant quelquefois unepartii
Un ii.i que le ciel eùl fait 1*1 i s 'rail répudiée. Les
chr euj de la fit ami losibenl sur ses reins, eut m gorge, quand elle esl feljûut, sûr ses genoux quand elle te tient as- %\ ■.■. sur li viande qu'elle mâche* dans le bouillon qu'elle
île. On dirait quels cl lure de la gîtana esl un assaisonnent! eu ■■ - mets ■ |iu jour, Elle au
orne ses oreilles, ordinaireunut forl peUies , d rmes
boucles d'argent; son corps est couvert p : une chera d'homme fermant rarement sur ta poitrine; des jupes es de laine et dea espardill ent son pit-
toresque accoutrement. Il n'est pas rare d'en rencontrer portant un clavier d'argent suspendu .. la ceinture, et 4 l'extrémité duquel se trouventde pe I seau*, des Christ dea Libi ia el de têtes (les mort en miniature* D'antres aussi laissent flouer sur leur esLom c us rosaire el une croix, des os, des c quillages ci des dents passés à un lil de laiton. J'ai vu desgilanos et es dévot ment .> IV '. se fi ppantmrtemeni la poitrine* >e demandaient-ils pas pardon à Dieu d'avoir, par leur ma* Udresse, laissé échapper t sion d'un vol ou d'un incendie? Tous les hommes ont leur reliai m.
La caravane 'les. gitanos, qui . iîi-- ►mme des fontà-
mes h l uii: du C"| ilr \,-. -lfe ïopprochairiit de lie se composait d'une vingtaine d nulividus de tout flge. Celui qui ou v rail la marche portait stir^a i^ v i j - ^a l ■ ^\and rase ■ terre nommé ouiîir; à ses rùti-s. le front haut et (1er, ch minait une commère de quarante ans, forte, grande, au* allures masculines, chantant une seguidilla nasillarde, attentivement écouté quatre marmots pivotant autou d'elle el trébuchant presque à chaque pas, Uni ils étaient attentifs a la gaie chansonnette. Plus loin menaient hommes mûrs, chargés de provision!» de douche et fumant La cigarette de papier allumée d*un seul coup â laide d'un briquet J'utu lin -me elliptique tréa^lloi^ -e , dans lequel sont placés les doigts delà main droit
Li s vivre* sur Lesquels on allait se jeter étaient des ni*
§ii> mis, des poireaux, de l'iiil du pain nûir, un mouton tué ans la rente el un chien noyé qu'on avait arraché au cours du torrent qui mugissait nu" pied du col rapide, horde é gauche par des ma ues de roches taillées & pic,
À quelques pas de distance des jeunes gens I lissait,
pieiue Ae force et de santé, une jeune Bile de seize . ih plus, i ii taille élevée, à reliure Ûère, au regard insolent et orgueilleux. Qui donc lui avait dit qu'elle était belle? Personne: mais elle l'avait soupçonné, l'- s un d»- ses compagnons de '.■■ vage ne semblait se douter qu'el e ÏÏil la, ei pourtant tous I aimaient peut-Être. Mais Beppa n'avait v'ww compris de leurs i- Is m de leurs pi oies, et dans sa bouche petite ei admirablement cadencée, sur iV.uu large et développé, ou devinai! qu'il y avait un Langagi l'.n-L une pensée haute et virile qui brûlait di ter au
dehors. Beppa était une gitane, née d'un père el d'une mére gHauuH. et l!e[qia ne le croyait pas, D, us tes grottes ou dormait la Camille v- use, lu un mes et femmes (ni et confondus pLtiais&aieûi ignorer qu'il y eut deux sexes
parmi eux; lleppa le savait > merveille, et sa place au pi te
ii toujours Loin, bien loin de ses camarades, qui la regardaient en pitié.
i et fila nos tout bavards par essence; ils parlent toujours et de i ut. Ils vous disent les nueuis des peuples qujis m ;irésï ils vous funt îa description des villes qu'ils ont traversées ï Ut upent aussi ne politi |ue, eux qui n '''Ht ni chefs, ni rites, ni provinces, ni impulsa payer lis |iuih»ui de '■'■ •■ix-. , i-is. de sciences, d'astronomie tnrtoot, Jls [livh-ndent sai « ; r le cours des astres, ils ne sV|muvan- (eut ni de la foudre, ni des éclairs, ni ries météores extraordinaires dont ra[i[i."n*iiion glace parfois les hommes civil et, par une bisarrerie assez singulière, des que s^lance sur leur tète une de ces étoiles niantes qui ■ mbrasent l'espace, ils font à L'instant même el .ivec dévotion un signe de croii pour accompagner, disent ils. l'âme qui s'échappe du purgatoire.
Beppa entendait les merveilles de ces narrations et ne h adoptait point parce qu'elle ne pouvait les comprendre. Elle se Laissait doucement aller au lorreni fangeux 'iniTentrainait; mais chez *•' lyait que c'ëlail la résignation
de L'impuissance, Bien n'était positif dans son âme que son
issement; elle devinait presque toutes les émotions qui finit la vie, el c'est pour cela que sa position actuelle était pour elle une loiluie de ImiS les instants, Si Ou lui avait demandé ce qu'elle pensait de ses camarades. d> ii mis, de su famille, elle aurait répondu pur tin sourire de pitié; puis, revenant a elle, elle se serait demandé aus avec amertume en quoi elle valait mieux qu'eux et sur quel mérite elle étayerait son orgueil. Beppa souffrail el pleurait rte toui ce qu'elle ïoyail ; aussi jamais ne mêlaitelle son sourire aux rires éclatants qui lai>:h-ul r. teotir la caverne où l'on s'abritait^ Beppa dinait avec ses compagnons; mais «u] voyait qu'elle etafl d'autant plus seule el isolée tpTon t'entourait déplus prés. Nul de ses camarades ne lui avait jamais -liJ : « .le t'aime; h ei Beppa, *■ I ml attendait ce mot, n'importe de quelle bouclie, n "importe "li'jin-M" Je l'aime eût été pour Beppa un baptême nou-
u une lumière au copur, un rayon ■ e, une vie d'élu. Hais ce m \\ si saint, si puissant . elle ne Pavait jamais entendu, elle nessvail dectnutùen de syllabes il était formé, et elle ne se L'explioaail que par le sentiment.
[>pa ne ravait point Lu, Reppa n'en connaissail point ■. el *'lle cou rail en aveugle, eu insensée, vers un bienfait rêvé que le ciel s'obstinait â lui n fuser*
Un jour pourtant qm j le hasard avait jeté a ses cotés un de ses oins jeun rapagnons de vu] .• e] nu elle regardait le ciel comme pour s inspirer el se |il;iiiiilie :
*— (Jue regardes-tu ta-haut? lui dit son camarade,
— Si le jour m'arrivera.
— Il est midi el le soleil nous brûle.
— Je ne sens pris le Soleil et il fait nuit.
— Tu es folle, IkppaJ
— Je le a je le crains...
— Cela porte malheur â toute une famille, et, si ton ère le sait, si ment il s'en doute, il pourra bien te lire un mauvais parti et le Em
— Va lui dire que i+' suis folle,
— Non, j'aime mieux te dire â toi que je veux l'épouser.
— Tu veux nVépottser, dis-iu.'
— Oui.
— Pourquoi ■
Pour a vi ôr une femme.
— Je m'en doutais.
— N 'esl -ce pas que tu le vent?
— Tu es fou. Guilhera !
] i < plus folle que moi; je t'assure, Geppa. que j'ai toute ma raison, tout mon t »lm<
— Je m'en doutais eneiue.
— Miis pourquoi ne veux-tu pas être nia femme?
— Parce que je veux rester tille*
— Il ne faut pourtant pas que u race se i^rde,
— est maudite notre race, Gnilhem, dit Beppa en frémissant, et, puis |ue tu veux la perpétuer, pourquoi ne
1res» s-lu p â à Rose?
— h lui ii fait la même demiimle ce malin.
OEDVBIS DE JACQUES ÀRÀGO
^Va-t'en Cuiltsem , va-t'en vite, je suis malade , je veux fi Ire seule, ra-t'eii, ou je le frappe ou visage.
Le dîner avait été prépare. Le moud m lâchement assas* sine et le chien volé su torrent, déchiras plutùtque découpés, è lai en l déjà retirés de La braise, la nuis que les autres débris sanguinolents demeuraient suspendus à des cordes onctueuses tendues aux deu* parois de la grotte. La meute vorare se ma dessus a vit des prognemonls sourds, et Beppa, plus iittrisiro que h veille. sYtaii retins à lY-carl aurun roc, â coté du n maigre olivier au feuillage tente cl rare, Son ardente imagination la jetait en avant . et elle ne vivait plus que dans l'avenir, car elle regardait son existence présente comme une iomhe où elle était ensevelie sans air et sans lumière.
— Mon Dieu! dit-elle enfin à haute voix, mon Dieu! qui suis-je, et pourquoi m'a-lon fait naitre? Ai -je demandé la vie, moi? y ni me Ta donnée? Qui dois-je maudire? Souffrir et loujmirs souffrir ! Pleurer et toujours pleurer sans cire comprise ; aïmé! J'attends. Ce que je veux, le
ns-je moi-même? Un remède à la torture qui me brise; il doit yen avoir puisqu'on dit qu'il y a un Dieu ■ el uni fait le mal prut le guérir sans demie!... Mon Dieu! guérissez -mou car je suis bien malade !
Et Uuilhem qui veut m'êpouser; Guilhem ouï vient â moi apr> n avoir demanda Rosa ! 01 1 ! mais Guilhem GSl un infime, je le L lierai !
La tète de la jeune fille tomba sur sa poitrine, ses grands yeux n> tirs se remplirenl de larmes, smi sein s'agita avec violence, el ses dents et ses membres craquèrent cou vu I si rement C'en est fait, poursuivît-elle, | liasses souflVl comme cela ; on ne doit pas plus étouffer dans la tombe i|iir je ne le fais ici. Je mourrai; je no tuerai pas Guilhem, mais je me tuerai, moi. Bouffions une dernière torture, mais la dernière du toutes, et puis le néant; car, s'il y avait nu Dieu, il ne laisserait pas souffrir ainsi une pauvre malheureuse créature qui ne lui a rien fait.
Toute résolution de Beppa était un acte accompli h Plus calme, elle si» leva, et elle se disposait a rejoindre ses camarades habitués à ses alisences lorsqu'un bruit sourd île pns précipités lixa son attention. —À la bonne lu-un»; sï-cria-i-elle: du mouvement, des hommes, un momie si! le faut, mais surtout un monde autre que celui qui me cou* Mime, Les voila là-bas, voyons-Les sans qu'ils me voient : ils me tendraient peut-être la main et me jetteraient une pièce de monnaie ou un morceau de pain. Je ne veux ni du pain, ni de l'argent, ni de la pitié de personne, C'est autre chose que je veux.
Douze ou quinze piétons cheminaient en gens pressés d'arriver. Celui qui les dominait avait une allure si lesle : qu'on eût dit que ses pieds, chaussés despardillas, ne touchaient noint le sol. Axant d'arriver eu face de la grotte, ils s arrêtèrent étonnés d'un roulement eoufus de voix, et le chef de la bande, marchant à pas mY loup, lîi signe aux siens de ue pas bouger. Tous nhèireuL Mais lui, tirant un poignard et un pistolet >Ln sa ceinture, s'élança d'un seul bond vers L'angle qui abritait Les gitanes, et se posant licrcmenl en face des affamés :
— 15 1 1 ci appétit, enfants, dit-il d'une voix familière, bon appétit. Je m'attendais à trouver ici d'antres gens que vous.
— Et toi, bonjour, répondit le pins vieux des gitanos ; maïs une veux-tu?
— Je veux librement passer mon chemin,
— Pour cela, il fout que tu fouilles dans ta ceinture
— Comme vous y allez!
— C'est notre habitude. Ainsi jette-nous quelque chose, ou nous saurons bien t'y forcer.
— Avec quoi ?
— Avec nos couteaux,
— Vus couteaux si ml trop rouilles, et n + ai-je pas là mon stylet et mes deux pistolets chargés?
v — Noua sommes vingt contre un.
— Ce n'est pas assez, enfants, et le premier qui bouge est mort !
— Cii ma rades, en avant!
— à moi, les miens :
Les compagnons du petit homme armé bondirent, et I-
gîtûnos dans leur taverne se virent à l'instant mis eu joue. Benpa alkit s'élancer pour voler au secours de ses camarades quand le chef fie la guérilla, que vous avez deviné se nommer Pujol, s'écria :
— Bas les armes, enfants, et que nul ne bonfofcppa resta stupéfaite.
Les g i ta nos riaient tous à genoux cl demandaient merci avec force signes de croix,
— Eh hienl dit Pujol en baissant son pistolet, vous voilà muselés, mes chiens] vous n'osez plus aboyer main* lemmL M;iis ce n'est pas lout : fouillez â votre tour dans vos ceintures, et que rançon nous soit acquise, puisque vous vouliez en obtenir une de nous.
— Un voleur! se dit tout bas Beppa inaperçue, un vuleur! je m étais iromp'
— Tenez, lenez, sejior, poursuivit le viens gitano, voilà ioul ce que je possède; voija aus^i lout ce que possèdent nies co m p nu crus,
— Quelques mnravédis! deux piécelasl
— C'est tout.
— Vous meniez, canaille !
— Nu us sommes de h canaille, c'est vrai, mais nous ne mentons pas.
— (lue mangez- vous donc là?
— Un moud m volé cl un chien ramassé.
— Diable 1 diable! Et votre pain?
— Le voilà:.
— Il est bien noir
— Il est délicieux quand nn le mange sans peur.
— Par le n ter ! d lies- vous vrai '!
— Par le ciel ! nous disons vrai
— Par le ciel ! suit, si cela vous amuse.
— Allons, eufm ls. Continua Pujol en s'a d ml â sa troupe, ces coquins sont de grands maladroits, el il fatal leur venir en aide. Que chacun de vous leur jette une pi i Ire; moi, je leur en donne dix, car je suis dix fors plus riche et plus généreux que vous,
— Cependant, caui laine..,
— Si tu dis un mot, je le lue...
lit le poignard de Pnjol était à doua pouces d'une poitrine,
— Voilà, capitaine.
— Une ri utre fois ne réplique pas. Antonio. Il fuit faire l'aumône, il fou aider qui souffre, lit loi, Francisco Mari ni, nui semblés si ému m donnant ta piastre, songe bien qu'il faut donner par devoir, mais non point par camp sion : l'homme ne doit jamais pleurer. Au revoir, gitaims de guignon, faites ce s^ir un meilleur repas que celui de tout à Thème* man^e/ «lu pain, ne volez que les riches; donnez une double ration â ces bambins qui melendeni les bras, et que je vous demande la permission île bai - r sur leurs sales joues, el buvez à hi saule de Pnjol.
— Pnjol! s écrièrent les gifanos, épouvantes du nom terrible qui venait de retentir.
— Pujol T se dit eu elle-même Beppa en avançant la tête pour mieux le voir.
Et Pujol poursuivit sa nui le, et les gilanns émerveillés ramassèrent la fortune qui venait de les enrichir; et ils arrivèrent avant la nuit au Llers, ou ils perdirent dans une orgie épouvantable Le souvenir de Leur bonheur présent et de leur douleur passée.
Ileppa seule ma m [lia â la fêle.