LE CO>VOI
Le défilé nue nous avions i iV inrhrr était long, étroit et m i île car ieséhmilenieuls de la montagne, lirs-fivqnenls
pujol . CHEF pi: mimi i:li:ts
en hiver, détachaient parfois de la cime dos roches énormes qui s'emparaienl de la route. Le piéton pouv:til nï^C'iii ni se détourner pour continuer son chemin; mais les chariots ri les bagages | forcés *!■■ taire halte, donnaient toujours 1> i< ■m [■>' aux redoutables guérillas, rôdant sur |( hauteurs, de se trouver â point nomme- aux passages scabreux, ri là surtout se faisait l'altauue principale; lu surtout les Français avaient â craindre les bandes de mi* qucl« i> el de conlrebandistes âpres à La curée, et il fallait
bien qu'ils succombasse otre des ennemis tirant su ries
nommes comme s tic une cible* et cachée eux-mêmes dans les >'i ii fractuositéa des rochers oit souvent ils perçaient de redoutables meurtrières, La guerre de la Catalogne ne fut. â vrai dire, A celte époque* qu une guerre d'escarmouches. cl T hormis les places fortes prises par trahison el sans siège, toufse passa, comme nous le disons, en embuscades, en nimbais ' particuliers, en assassinats, Chaque uniforme français qui se m un trait sur les grandes routes était troué par dix haJd la fois. Lp mol seul intlepcndencia avait fait en Catalogne un soldat de chaque homme, un meurtrier de chaque soldat. Quant aux moines. ils liénissaicnl les escopet- Les rt lesi poignards, n'avaient que des ana thèmes pour les consciences paisibles et ne réservaient leurs palmes qu'aux martyrs de la cause sainte.
Alors h i prêtre portait à côté du crucifix un stylet béni. II en avait encore un dans la manche de sa longue i . I ^ jrise '«ii brune, cl dans sa ceinture se heurtaient les pommeaux de deux belles pisloles aux ressorts bruyants dont il se servait a merveille , je vous jure. Dans leurs serinons quotidiens, le Français était un tueur de rois qui méritai! la mort La plus honteuse, la plus cruelle; et, après une sanglante action, il n'y avait point 'oraison funèbre sur les cadavres frappés de la balle el du poignard, mais bien des vociférations el des blasphèmes.
15 1 te guérillero, que faisait- il , lui? Il se mettait dévotement à genoux» priait divinement et tuait aussi dévoie-
nt, par derrière , tout hum me armé ou désarmé nui se
trouvait â la portée de son couteau ou de son tromldon, La palme du mari vit un peut se conquérir que par des
rîfices, et chaque Espagnol au cmnkit se rv^w il;iil comme un sainl apôtre en face de ses persécuteurs. Pujol seul travail pas voulu de prêtres dans sa milice; il avait dit aux siens;— Mes entants, nous ne nous ballons ni pour le ciel, auquel nul de vous ne doit penser; ni pour la gloire, dont vous ne voulez guère plus que moi ; ni pour l'indépendance de notre pays, qui ne sera plus indépendant, qui ne |" ni pas l'être, qui ne veut pas l'être; mais
nous nous battons . p.i" que (uni li e de cœur doit se
défendre el bien se défendre quand il est attaqué. Mous nous battons surtout parce que ces hommes «pu viennent du 1 » nous ont de l'argent, qu'ils en uni beaucoup, el que nous en avons fort peu. Quant à moi, vous le savei . je n y tiens pas essentiellement et vous devn ree.uuiaitre qu'après iliaque Lutin il n'est pas rare quejesonge d moi Lorsqu'il n'y a plus rien à prendre; mais je me sauve s mvent aussi sur le Lendemain, el j'ai toujours rua bourse ouverte e celui de vous qui vient m'empruntes même alors que je sais -pie cet emprunt est un voL Au surplus, mes braves, quand vous serei las du métier, vous ire?, vous i i ' pendre ou vous voudrez , je ne vous en empêche pas; mais, tant que vous serez dans mes rangs, vous m 1 obéirez comme des moulons, ou je vous brûlerai la cervelle ■ 'Uime n des coquins.
À cela, les soldats delà bande répon 1 aient : VhePujol! et iimt était dit, elfon lirait sur les traînards de tous les régiments, cl aux arbres de la nmie pendaient des cadavres, i:t Ion en trouvait surtout tin i^raiid nombre troues par derrière, et Ion voyait souvenl aussi des enfants dé* chûtes sur le sein de leurs mères égorgées. Sanglantes annales qui luisent la plume dans ta main chargée" de les retracer'
Nmis Ta vous déjà dît, Pujnl n'aimait pas les prêtres, il b's méprisait et les baissai I i II fois; et, comme H ne croyait pis m Dieu, il ne pensait pas '[lie quelqu'un île bonne Fui pût y croire*
Il disail souvent .pie \vy. prêtres n'étaient bons, selon l'esprit de leur étal , que lorsque l'homme auquel ils of-
répondîrent â sa voix, ei il n'eut plus qu'à contenir ses
npjn ne fût sultat. ' y
soldats pour que Le coup de upmi ne
joie
cou
pas sans rc-
Le convoi était parti de ligueras entre deux el trois heures ûv L'après-midi. Pujol, aussi habile que Mina dans cette guerre d'escarmouches, qui seule pouvait lui réussir, avait pris Les devants avec ses intrépides miquelets, el apivs «voir expédié à travers les montagnes ses plus agiles marcheurs pour donner réveil à ses a vantardes éloigné il se rendit avee le gros de ses soldats au Lieu même où le i bal devait être fivré.
— Trois cents hoi - de l'autre bord, dit-il â Saletàs;
mène-les la, mon brave, et point de quartier* Faites rouler des pierres sur ta route; creusez des fossés comme si un i >rrenl avait dît L'ouvrage, Deux cents hommes en avant pour achevei cequî pourra s'échapper; ils seront corn* mandés par Taumareifias: c'est lui sur tout qui necomprend I- - Le uini grâce!
Taumareïllas sourit tr^r^iietl et marcha fièrement vers le lieu indiqué avec ses bandits délei minés*
— Soixante lurons en avanl de chaque côté de la route, ;i travers les broussailles et les rochers; point de bruit
IV, Lient leurs secours n'était bon â rien, c'est-à-dire a L'heure de la mort, ajoutant (mil fallait extirper les prêtres delà société comme hypocrites et dangereux.
Un prêtre vigoureux et jeune s'étail un jour présenté â son camp, et lui avait demanda à être incorpore dans son armée.
— En qualité de quoi? lui dit Pujol.
— Mais, en qualité de prélre*
— Quelles seront tes fonctions?
— Ile bénir vos armes.
— En deviendront-elles meilleures !
— Jt- prierai au>si
— Qui prieras-tu?
— Le. Dieu des çhéliens, et pour La cause que vous défendes.
— Nous ne défendons aucune cause, mon ami, nous sommes libres d'attaquer aujourd'hui Espagnols ou Français, et je ne sais pas trop laquelle des deux nations nous bail et nous redoute davantage. Cependant , lu es la, pour- Sliivil il du ton d'un homme qui ne veut point de réplique à ses arguments, lu resteras , je te déclare prisonnier uV guerre; et, puisque je suis de nonne humeur aujunnl'lmi . an Uni de le faire pendre comme j'en ai Le droit et presque l'eiiMi-, je i - n .Vie dans une de mes eompagnies. Au lieu d'un rosaire, lu auras un poignard, au Lieu d'un crucifix une bonne escopelie, et un salue effilé au lieu d'un goupillon. Allons, mon petit , ne fais pas la grimace, tu seras le plus gentil de nous tous, el tu pourras le dire sainl Paul ou saint Martin , à ta guise, Ce que je t'offre
n'est pas à dédaigner, et. pour te donner de moi u s-
celïente opinion, je le permets de pi iei\ de prier ton Dieu; mais croîs-moi, prie en toi-même, car, si Les camarade L'entendaient t ïls pourraient bien te faire un mauvais parti. J'ai Là des gaillards qui ne veulent pis qu'un se singularise, îîs sont si impies» mes gredins.,,. Ainsi voilà qui est dit, tu es soldat de Pujol, soldai dans U compagnie de Saletas, mon meilleur lieutenant ; j'espère que lu feras ton devoir.
Le jeune prêtre fit son devoir en effet. Il se nommait Toirellas, et il fui pendu â Barcelone pour je ne suis plus quel sacrilège coin mis sur des vases saints volés dans un tabernacle du courent de la Merced, Pujoî L'avait converti au crime.
Ainsi se faisaient d'ordinaire les recrues de la formidable guérilla, effroi des bourgs et ilesciié* autour desquels elle' rodait ; et, quand un honnête homme résistait aux prières el aux meuaees,on Vt-nroj/ait, cuiume disait Pujol,
et, dans Icui's jeux quotidiens, les joyeux I lits s'amu-
saienl en passant a donner des coups de poing ou de sabre aux jambes pendantes des cadavres suspendus aux arbres et Ilot tant au giv dr.< vnils.
Cependant les avis qu'avait reçus Pujol d'un de ses plus adroits espions le imitaient en belle humeur, el T pour la faire partager â son armée, il lui communiqua ses projets d'attaque nour Le soir même. Lies cris dune mie farouche
OEUVRES DE JACQDES AH.WÏO.
possible, point de coups de fiisil, le stylet lue aussi bien et plus commod ■■iin'iïl. Quand le* voisins se mêlent do h querelle, il y a tumulte, el ce qu'il nous faut, à nous, c'esl le silence, .le vous permets ae fn pper eo lace, pour peu que cela fous amuse; mais surtout que les fuyards
iieinis ifaïllenl pas loin, il faul les traquer dans leur course. À cet effet, qu'on dépêche quelques erlaimu-s; lâches que nulle alerte ne p« -us recommande avant toute chose, c'esl de ne point faire de
i&onniers; a quoi nous serviraient-ils? il sertît par trop ridicule de leur Sonner la moitié de nus vivres. Allez- nu i.
mo posic ici en tête de nus lions, el je réponds bien de
p;is laisser trop ie hes »gne i 1 lumareillas, C'esL dit? c'est entendu? qu'on visite les armes, qu'on se couche, et qu'on ne bouge qu'à ma voix ou à mon sifilet.
Un pîquel de huit cuirassiers ouvrait la marchedu convoi. À pns lui» braves rvuume les soldats de la grande armée de Napoléon, marchnienl -coude à ronde deux compa* gnies de grenadiers et de chasseurs derrière lesquelles mula ienl bruyamment de petits canons de campagne précédant la caisse ci les vivres appoi tés n quartier général de Maurice-Mathieu. Le nombre de chariots avait été parfaitement signalé à Pujol, et ceux-ci , nommés dans le pays carros et UtTtanas, étaient Ira par de vigoureuses mules nu
[ias sur et léger, harnachées, pavoisées et couronnées dune iiiutepvriimidf de plumes vertes, bleues, r et jauni
entremêlées d'une tmnu ose ; nautile, de petits ^reluis discordants. Elles cl] ein inaient gravement, allant a droite el â gauche, guidées par leur admirable mémoire! comme elles l'avaient fait la première fois qu'elles s'étaicnl trouvées sur la même roule. Les tartanes allongées avaient à chaque hurd mi banc recouvert de p* ra ou se délassaient par* fois les piétons épuis - el où Ion pouvait également, de lemps -i autre, se mettre â l*abri du soleil brûlant sous un dôme de toile peinte en rouge, soutenu par des cerceaux implantés dans i rois du chariot.
Pois venaïeul encore deux autres compagnies régulié auxquelles se mêlaient, pour tromper L'ennui de U route* peut-être aussi pour se d imiter du roc ur contre les périls dont nu les avait menacés, les voyageurs, h s spéculateurs, (es fournisseurs, les vagabonds de chaque pays, avides île tout I»"" ment , el quelques douces femmes aussi,
que leur tendresse de mère, d'épouse ou de tille, appelait au milieu des camps el îles batailles. Huit chasseurs i cheval fermaient le cortège, dont la longueur occupii un vaste e.
A de courts intervalles des coups de fusil retentissaient, el Les gens dudéiilé pensaient que ce pouvaient être les éclaireurs qui cherchai eut à éloigner ainsi les paysans curieux ou importun s dont l'habitude était de rôder autour des convois ci oui finissaient ainsi pur voler quelques ha»
telles aux piéton? distraits par leurs importun îles et leurs prièn s.
Ce n'était pas cela pourtant.
Quelques soldais de Fuji d , Mollis derrière des tnuiïes épaissi s de romarin , bond ient le fer à la main contre les soldais français servant en quelque sorte d'avant-garde. Dès que te cri u alarme était pousse, une balle L'étouffall et le silence succédait nu bi mt.
— Un tousse par Lâ-bas, disaient les vieux sold. ils aguerris.
— N'esE*ce pas le canon ? demandaient les piétons alarmés,
— Le canon? il a une pins foi te poitrine; on tire peut" être aux lapins ou ..u li h.
On tirait à des poitrines d'homme,
A peine les premières tartanes eurent-elles dépassé le centre de la ce! bre ^ mj ignie dont Pujol avait pris le commandement, que celui-ci Ht retentir son redoutable si filet d'attaque, A LUnstani même, une décharge générale
s troupe* li du o h s regards effrayés des
gens du corn i.
Jj tiers et les - ■ ursen alerte cherchaient l'en*
nemî sans le voir, et, ; ■ qu'ils se préparaient bravemenl ivir la côte presque a pic, une seconde d ■> hargje eut lieu du coté droit, et les hommes tombèrent frapp par derrière, test que ce sont de dangereux pointeurs que
les conlrebandtsles et miquelets ' Pujol : c'est que, loi qu'ils vlsenl une poitrine ou une tête, la tête ou U pot* trineesi p L quelques-uns d'entre eux ajoutent en-
core â leur arme favorite le ten Lromhion, dans le sein duquel ils jettent une poignée ie balles qui tombent dévorantes comme un vaste u, sur les rangs ennemis.
Le s i ■ 1 1 i i • j s si c rs de l'ai ■ I e p con Ire lesi pie t s aussi Satétas el Pujol ordonnaient d« tirer, voyaient leurs armures d'acier trouées; leurs die vaux renversés, et devenaienl de la S'Hte i l i ■ dans un défilé si èlroîl et si escarpé sur tes bords. Tout le cortège s'était arrêté. En avant, Tau* inatelllas n'avait rien & f îre, el ses dents, jaunies par le labac, pressaient convulsive il ses lèvres épaisses el baveuses. La i|ui'iir du ciujvoi ne savait si elle devait rétrograder, et pourtant, soldats taillés pour les fortes épreuves. vi^HNi m mulets des tartanes, voyageurs aux (boit, tombaient sous les lin Iles, et â peine, çâ el li. au-dessus ih s broussailles, découvrait-on unelêie de bandit coiffée de sa gorra écarlate, riant aux éclats du désordre épouvantable qui régnait dans le délité.
i ep e nda u t on n e p i m \ a it dem eu rer ainsi immobile , car la mort plsnail sur tons les rangs; le chef da convoi donna l'ordre d'abandonner les vivres et la caisse, el d aller en en avant,
Pujol l'avait prévu.
— A vous le butin, diuil aux siens, à moi les hommes! lit, seul, il s'élance vers Le poste qu'il avait ludique â
Taiimaretllas.
— lei r hit cria-l-il. du plus loin qu'il aperçut son lieutenant, ici la route forme un coude; cinquante bons tireurs , accroupis el l'arme â L'épaule, je les commande; toi, Taumareïllas, sur le^ hauteurs, el vise bien; le convoi est a ntius, il fa ni des cadavres aux loups de la montagne.
— Je te donnerai des cadavres, répondit Taumareillasde sa voix haute,
Les débris du convoi dispersé avançaient avec ce coutf do la résignation qui va si bien â cetni qui aco mplil son devoir en dépit do destin Arrivés au détour du défllé, ils se croient i l'abri de toute atteinte ; tout à coup tes balles
rujol siflleut et 1+^ stylet achevé ce que le plomb a commence*
Mais il y a de l'espace pour combattre ; \ aurs et grenadiers se relévenL au cri de Vif» la yrance! des pelotons se forment, des sergents deviennent officiers, oni nond su tu par le feu, on marche la baïonnette en avant,,, Nul ennemi n'est la pour servir de poinl de mire , tout s T i
oui a disparu, comme par enchantement, et le dais français se trouvent seuls a ver leur impuissante bravoure â I extrémité du fatal défilé, Pujol el ses intrépide sont déjà h sur les haiilcui s d'où pai Lent sani s des coups d'autant plus certains que nulle résistance n'esl pos-
■le. Il im " pour les vaincus ni hou efTacer, ni gloire à recueillir] ils fnient, el Pujol, dont l'ardeur n I
la bataille, se mettait en devoir de les nom suivre jusqu'à là plaine, lorsque, actif el p ut, il dil encore i Tau-
mareilias ; « Ne bouge pas. atieuds-moHà.etplusdecoups de fus
Le lieutenant obéit, mais en nui it, car lui, le ligre, il von l,i il du sang à tout prix; et, quand il s'en était assouvi, lien roulait eucon . Pujol, ogïle romme leehamoi s'étui avancé vers la plaine on se terminait le défilé, afin de s'assurer si d aforls, partis de Barcelone, n'étaient pas expédiés an-devant du convoi dont Tairivee avaii suis Soute été annoncée. Parvenu là, il gravit avec la prestesse du chai sauvage un sapin élev- : et, en effet, il aperçut dans lé lointain les éclatantes étincelles baïonnettes frinçaises quis'avanr en ordre de bataille,
— Vous" arrivez trop tard, mes r flit-il en se laissant glisser le long de la tige filanuVeuse. vous arrivez trop lard, la besogne est faiie."
infatigable, il repart, il court, ilsehâte, il Liuidit. Arrivé à son premier poste» le sifiîei connu el retentissani
monce aux s dd its de Sal. tas -pic le pillage doil s'achever et qu' i r m reg fui r les m stagnes*
— Kl les bîesses? lui crie son ami,
— yu on les achève.
— Et les fi uirih
PUJOL. CHEF DE MÎQtfELETS.
— ï } iiié pour elles, qu'elles ne souiïrcut plus
— El Les eu fan!
— Qu'ils ne soient pas êa de leurs un Tin i tous les mulets qui sont encore debnniî erop rlext al IN accrochea aux arbres quel |ttes soldats trop mu tins , et que leurs camarades qu î arrivent de Barcelone sad ien i uifin eom-
men s fêlons nosi tsiteurs, Alerte donc, enfants» et vive
la guerre de guérillas 1
— Vive Pujol ! répondît sa troupe haletante, vite le héros de li Catalogne!...
Lis ordres du redoutable capitaine furent acculés: tes branches A loues arbres s'afla nt sous le poids des
iavres; les chariots «lu convoi furent mis en pièce*; les bandits -<■ . unirent comme le fait une mente de loupsaÊ famés qui pénètre du us nm iicrir sans d; fense, et, I -i -
ijue les troupes en le Barcelone arriv* r gu
par les tristes débris echa péa an massacre^ elles trouvèrenl •I ens mglanté des tèies séparées du tronc, des bras déchirés, ^os tors s hacl es, «les langues coup* es el des enbuts percés du poignard sur le sein de leurs mère* eu lambeaux.
L'armée de PujhI renaît de se couvrir de gloire !
LISMON.
C'était duris une vallée délicieuse, plantée çâ et la de figuiers ri de pommier abandonnés à la richesse du vis oliviers au tronc brcarre et clëcli Li p n- 1 ■ ■ , Loti! parés de leurs fruits amers (car l hiver était venu âpre el rude avec ses rafales du nord), se tordaient au pied des cimes chevelues de ces chaînes de monU ras qui semblent guider les voyageurs vers les nui. tes pyrénéennes. Puis, ainsi que des nids d'aigles, se montraient sur des mamelons tailles par !» maiu des hommes, en échelons ré-
{piliers, de petites maisonnettes blanches , coquettes, avec eur élégant pigeonnier et leur toit eu tuiles i mêlées
à des miles noires formant des losanges el des dessins gra* cieux. Puis encore des enclos bordés de haies de grenadiers avec leurs fruits pendant au milieu des roseaux souples qui leur servaient de tuteurs. Un mis eau, devenu tinrent après chaque orage, serpentait au fond delà vallée, et sur les flancs des collines la vigne aoueuse poussait horixontalemenl ses larges rameaux, auxquels on ne donne, en Espagne, ni appui, ni direction- frais ce royaume di Cita] igue, si rempli de contrastes , si diversemi ni coloré, si chaud, si âpre a la fois, deux c pourtant son) ; raies et Unitermes : la pan 't la superstition. ÂTune ci a l'autre appartiennent presque tons les instants île lu journée. Les soius de famille, les besoins du me: nt
Jamais assez d'importance pour faire oublier la sieste el le rc Un peut prier assis , debout, a genoux ou couché,
et l'oraison â saint Jacques ou â saint Philippe se dit à erveille quand la bouche Laisse tomber la cigarette ou quand les yeux se ferment au s. eil. En Ë en G ne surtout . une besogne pénible est réputée faite alors quelle est seulement comm Sans et' I», celle
pro v i n ce s i pîti oresq u e , re < i semen t do i ée p« le
ciel, serai! un des pays les plus beaux et les plus rie du m inde.
Nasa le Catalan neconr ino servitude, celle du
travail surtout l'oppn se el l*è il s'en affranchit n
ton! prîi; il aime mieux une mi- e sans soins qu'une opulence avec suei t brave, mais incon-
mt; généreux, i bntple - dévot par tradition et liber i u par tempérament. Les< ngdnC ni
Eb| agnes, et, si i 1 fatale influence des moines ne s'exerçait re toute-puissante sur h g habitants des
1 j nu rgs 'et des campagnes, la Catalogne, qui a iwuji>urs rêvé de gloire el de Liberté, serait, comme aux temps anciens, un pays à part, un sol indépendant, né germeraient toutes les vertus nui fonl les grands citoyens et toutes tes magnanimités qui font tes grandes républiques. Mais la guerre avait brisé bien îles courages; mais le pillage el la dévastation avaient anéanti bien des fortunes. On avait émigré pour s'abriter dans des Grandes villes ou dans des pays moins Lnurmenirs; *•{ la belle Catalogne, i dis si noble el si florissante . n'était plus qu'un cadavre infecl que le bruit du canon ne ponvail ressusciter et que Les pieds des soldats foulaient coin [n/ur insulter encore a sa splendeur
passée.
La vallée où Pujol, après sa comte il'nliservation et l Lvant-garde dont je vous ai parlé, avait donné rende* vous à son armée de brigands, présentait quel chose il étrange et offrait à la fois un air de luxe el de misère qui attristait les regards» Les campagnes étaient silencieuses, les habitai d séries; Il y avait là de belles parures el aoinl de corps pour s'en enorgueillir. On eut uil qu'une a es le, semblable â celle uni ravagea Barcelone presque a même époque, tenait d'y faire peser son bras de fer, et l'on devinait tout d'abord que les hommes qui s*] p nmenaîcnl en ce moment étaient des nouveaux venus* ompn
s de l'abandonner; car ils n'y trouvaient ni richesse à emporter, ni ennemis a combattre ■ étaient des soldats ou plutôt des hommes qui se disaient soldats pour s'absoudre et se rehausser à Leurs propres yeux : leur chef leur avait
pété si haut ri si sonveni que la guerre qu'ils I isaienl était une gueme d indépendance, que la plupart d ulreeux, que près pie tons se tenaient glorifiés du rôle qu'ils jouaient, el ils se disaient soldats de Pujol avec un tel sentiment d'orgueil, qu'on eut cru entendre un vieux grognard
r. r entant de La grande armée de Kanoléiui te Grand, Grenadier de la s ieitte garde et soldai de hijol t
Pujol el Kmoléonf**.. Il y a des bis la ires qui veulent ces rapproche me ni s.
Ce que Pujol appelait ses compagnies de braves était disséminé dans la netite plaine étroite et longue &ù cam> I -il l'armée j et lui, sans abri , sans aucune tente, assis sur une |,i, m: , aucienne limite île [iielqjie plantation, il était entoure de si u trésorier» qui savait admirablement compter sur ses doigts, et de quelques-uns de ses plus chauds partisans, dont le dévouement et l'amitié pour lui allaient jusqu'au fanatisme. Des colfres ouverts, convoil par certains regards, se trouvaient là aussi, protêts par La parole du chef, qui, d'un seul mot, éloignait Les curieux et les importuns trop avises.
Pii l'une iîx Lire ve et cou Lre laquelle mil contrôle ne s'avisait de protester, il disatl : —Toi, Gardas, prends ces mille piastres; part égale aux amis* — Toi, SaLetas, voilé trois mille fi nés pour ta compagnie; - . nioui, pas d'injustice, pas >le taveur, ou lu auras -'i ire i moi, que ji' vive amitié une je fe porte. — Toi ( Taumareillas ,
lici la ration et celle de tes intrépides; ils ont tons mérité la double paye qu'ils touchent. — Toi, Villa seca . voici «lu papier et de For; le papier, c'esi de L'or aussi, gardele, et donne les pièces jaunes à tes soldats; ils ai men i tout ce oui fnii du brait , depuis le canon jusqu'aux maravédis. — Tni T tngelo, in t'es battu comme un vrai imquekl , (uni nie un contrebande te dclerminé, pi esuue comme roui, je ne l'ai pas oublié non plus , tiens, prends.
— A propos, triple pari a Francisco Ma ri ni t qui a sauvé la vie à un de ses camarades el qui a tué deux voltigeurs assez fous pour s'.iUa.pier à lui; il est »HU qu'il les Lues a
houx, en récitant son Pater. L>l-ce tout i
— Oui, car il n'y a plus rien , répondit le trésorier,
— El ta pari, Pujnly dit Saletas,
— Ma part? je l'aurai demain, un autre jour, peu importe.
— Ceci ne me parait pas juste, car enfin ia récolte de demain peut nous manquer.
— Àver dus pillards comme toi, mon garçon, U v a toujours du bîé an grenier, du vin â la cave et de L'or à la ceinture.
— Merci, capitaine*
— Brûlez ces coffres: teie us eu baleine; queeha-
OEUVRES DE JACQUES AHAiiO
Avec de? pyullirds comme toi, mon garçon, il y a toujours du bté .m ETCiner... (Page i 5-.1
rxi^i il chaque jour, à chaque heure, de ses principaux oflieiers.
— • Capi laine, lui ilii l'un ilVin, qui venait d'achever su distribution, trois bless nu lue*
— C'est beaucoup;
— Capitaine, point de blessés dam ma compagnie, dit nu autre.
— C'est peu; ce n'est pas assez; une autre fois, qu'on ne se cache pas avec tant de soin.
— Capitaine, neuf lins,
— C'est iron; vous tUcs des maladroit
Et Pujol n'était content de rien , et H fronçait le saur-
— (l\]\Mii\m , lui dit TitumareHIas , un des plus hardis coquins qui aient jamais balla les Pyrénées, point de morts, (iuiuI de blessés, au déserteur-
— Qui donc?
— Sonate.
— Tu i nens , coquin.
eu n se rcpostHdLjjUÊUerai'mes soient en bon état demain malin.
— 11 y aura donc encore un passage de convoi ?
— 11 y aura autre chose peut-être : je in 1 sais, j'ai nu
Î>rojet qui m'occupe T qui me tourmente, qui me brûle, aissez-moi*
— Tu parais inquiet, dit a voix basse le frère du commandant en lui frappant légèrement sur L'épaule.
— Inquiet, non , mais irrité. Ces coquins de paysans, de moines et de citadins ne nous ont été d'aucun secours; au contraire j Us se nu miraient toujours prêts a nous trihir, à non* livnr, il ji.i grille de les punir,
— Nous sommes là fi ton service.
— J'y compte.
Tandis que les chefs et sons-chefs des compagnies de la bande redoutable se parlai^ 1 nient l'argent pris la veille au convoi, dont le passage avait été fidèlement dénoncé par les espions de Pujol, celui-ci al tendait les rapports qu'il
rf
— On nu pus M rôu vé son cadavre,
— Porte-lui aussi hii'H que lui. Par nus ordres, !c drôle *si ii Barcelone, jura ni eonirc noits et fêlé par les Français qui le ra restent. Il .! ni retenir demain pour nous donner et ri ni nés nouvelles qui dû us manquent.
— Tq ^ bien ii ibile P ftijoî.
— Je le sais, Si je n'uuiis |.;is »'iéun coquin, je smis un grand domine.
— G est comme moi* si je.,.
— Toi? Lu sems toujours un grediii; lu seras toujours un homme de sac et de corde; lu mourras comme tu ;is vécii, en pieux et en voleur Au surplus, j'ai les yeus sur loi, et veille l>ien a tn peau, elle n'est pas s-i dure que je ne puisse aisément h irnner.
Taumareillas se retira (remîrianJ el atterré. Il savait, lui, le prix d'une menace de Pujol; et de ce jour, il résulut de se sou s ira ire au châtiment et â la vengeance du chef qu'il s'était imposé , pour échappi'i* « la potence que lui réservaient ses crimes passés.
— Pujol 'i il a h m . t:L IL iilliii; oindr quand il vil venir a lui un de ses meilleurs amis d\ a* uce » un de ses plus liuVdes compagnons de péril Mu plus loin qu'il pul se lajre entendre :
— Capi laine, un espion.
— Qu on le pende.
— Il vent h parier.
— Qu'on le pende, te dis- je,
— H assure qu'il a un lt.likI secret à le communiquer.
— Un plége, une trahison, Si dans cinq minutes je ne le vois nas flottera l'air, c'est à toi qui* je m'en [mviidrai
Tandis qu'ils échangeaient ces rapides paroles, et au moment ou Stlelas s'éloigna il pour faire exécuter l'ordre de Pnjol , le groupe de soldats qui conduisait L'espion arriva auprès du capitaine.
Les mains du prisonnier étaient fortement liées derrière le dos et sur ses vêtements de velours vert se voyaient les traces des bourrades et di bli ssurea reçues ■il'iiisi.i m même où on l'avait saisi se glissant derrière les ruchers prolec-
l'AHCI< — TTP. 5IBOX 11AÇOH Cî ï* t V\W d'KM l ! KI II, i.
(EU VA ES DE JACQUES A II. Win.
tri irs du camp. Lesaiu- i Tu ne ouverture frite avec le poU gnard qui avait effleuré sa têto riiiSNtlaït ^iir son front; une cuiaïlle lui avait ouvert le genou, et, maigre" ces profondes blés sures, la figure de l'espion était calme, grave, empreinte dune tristesse el d'une msignaiion attestant à la fuis une grande douleur ci un grand courage. Ses yens secs, mais tranquilles, regardaient ceux de Pujol, qui, sans le vouloir, baissa un instant les siens el les releva plus irrités que jamais. Un Léger sourire* un mouvement iiti(ierccpliulc se Ji! remarquer sur les deux coins de la bouche du prisonnier, et un gros soupir Ct bondir sn pu i tri ne.
— À*iHm préparé la corde? dit Pujol d'une Tttfï ']iii commença terrible e4 qui s'acheva eu faiblissant.
— Oui. capitaine*
— As-iu entendu ' poursuivil-il en s'adressaïUâ Lliomme qui le cousit Uni jours de .sa prunelle nuire; as-lu entendu?
— Oui* j'ai entendu.
— Ecsais-tu pourquoi celte corde?
— Pour me pendre,
— C'est vrai. Kl lu un trembles pu
— Ne sa va i s-je | tas ce qu i m + a l tendai t en Venant a u { i ri s de toi, Pujol!
— Tu me connais doue '
— Qui ne te connaît pas en Espagne!
— Tu sais donc aussi que je iléi jamais fait i^nlce «ni
Coquins de In soi h !
— Je 1" et pourtant je suis venu; car. vûis-lu. Pujol, quand un co'ur comme Le mien veut quelque* àhnsi cette chose se fait, llegardc, mou cri ne est oummI, un jambe est déchirée, l'a i r e ç n e n cor e i > t ess u rea plus Ur ofondes et qui m'ont Tait plus de mal; deux CÙll(i* île pied, un soufflet : celles-là seules tuent. Eb bien ! Je nilfc sans peur parce que j 'accomplie ce que je m'étais prdtuli d>xe* eut» t.
— Souffres -lu '
— Oui. beaucoup,
— Que mon chirurgien soit appelé, dit Pujol d un de s< officiers; qu'il vienne â l'instant,
— Ton chirurgien ne nie çuérira pas.. El puis» a quoi bon des secours à celui que l'on va pendre l
— Ob! sois tranquille* lu ne t'ticliappcmspas. Mais, di : moi d'abord, es- lu envoyé |>nr Jcs transis OU par les espagnol* ?
-^ M par les uns ni par les autres.
— Par qui donc?
— Je ne veus pas le le dità, on plutôt je ne veux le dire qu'à toi seul.
— Et si je le lance dans le m end hlàJ
— C'est le moyen le plus sur ei Le plus prompt d'étouffer ma parole.
— tfon, j'y pense; tu as un secret à m'apprendre; suit, je veux l'entendre. Voici le chirurgien de mon année ; qu'on délie Les mains de l'espion. Eloignez-vous, compancros, qu'on me dresse une tente avec mes manteaux et qu'on se prépare pour la fête de demain,
— B<ui T j y serai, dit tout bas l'espion,
— Oh \ tu n'iras pas jusque-la. répondit Pujol.
— Peut-être; â moins que le docteur ne déclare mes blessures mortelles,
— Elles ne le sont pas, dit celui-ci; mais tu dois bien souffrir.
— Bah! bali ! nous sommes tous ici pour" cela; depuis Longtemps je suis fait à toute douleur.
Des que Le docteur eut achevé son oflicc, en nomme qui avait toujours pansé dea chevaux éi lui des yens, Pujol voyatil sa tenir (tressée, dit à l'espion :
"— Veul-LU me conlicr ion sèérét ?
— Oui.
— Prends garde au moins; si tu meus, je t'assure que mon poignard ne m'a jamais trompé.
— Je ne te mentirai pas; viens sons la tente. L'espion et Pujn] s'assirent sur une ennveilm Ê de hiur,
face à race, ei gardèrent quelques LnsUntâ le silence, mais sins cesser Leurs regards scrutateurs.
— Parle donc, lui dil enfin" Pujol d'un ton impératif, parte donc, puis ,iie lu « £ venu pour cela.
— Si Lu commandes, je me tairai. Toi, lu aimes A dominer; moi, je ne sais pas obéir; il faut me laisser f ne pas i n'interrompre quand j'aurai commencé,
^ — Les moments me Boni précieux, je n'ai pas le temps d'entendre de longues narrations.
— Aussi je serai bref,
— J'écoute.
— L'Espagne est I feu et a sang, Pujol, el c est i peine si I' -■< i diunts mêmes peuvent y voyager avec quelque
iirilé. J'élais loin, bien Loin de toi, el cependant Ion Fiiim est venu jusqu'à ma retraite; on ne le pr< nçait jamais qu avec nue Sorte de respect mêlé île crainte, car si l'on savait tout ce qui? tu faisais pour affranchir i <lo-
yue, ûtl n'ignorai! pas non plus la cruauté, ies assassinats des partisans que lu avais enrôlés.
— Il n'y a que les ennemis motli qui ne reviennent p La guerre se perpétue par les pi : > nuiers, et d'ailleurs, I vons-nousen faire, noUi qui changeons si souvent de retraite, nous qui courons si SouvCUl après le pain qui doit soutenir nos fin
— Je Le répète ce que L'on I ans Le blâmer, sans l'absoudre. Mais les hommes Comme Idl. Pujol, ne sont pa-: de
il don I i u parle avec froideur, dont on suit les traces avec indifférence. Quand bh parle de toit Pujol, c'est avec une haine qui tient du mépris OU ived un amour qui lient ■li I ' iiMi'Hisiasme. Tu étais, ni sein de ma famille, le sujet de tdniM d - conversations, el ton nom seul faisait liât ire bien des poitritjëii A II nouvelle de chacun de les succès, il y avait de la joie sur Ions les visages, et L'on exaltait ion patriotisme; a chacun de les revers, auxquels nous ne enn-jons. guère, la tristesse et la c) Mit Uf •-■ g tssaieul dîna Mues et les nuits se passaient silencieuses el sombres. Tu tué tant de fois par les I ailes ennemies que nous avons fini par le croire Immortel, et je ne comprends pas que les français aient si souvent continué dans leurs jourjeu à ! jgard, puisque chacune de les résurrections était une victoire plus éclatante remportée sur eux.
— Il faudra finir par succomber, car ils se renouvellent an ns cesse, eux cl le nombre de mes braves camarades diminue chenue jour.
— Je l'iii tiOmpris, et je \ iens te faire deux propositions, Pujdl : vi iix-iit dune nouvelle recrue.'
— Intrépide.' digue de nin cause?
— Dltfhti de ta cause, in trépide autant que loi, plus que toi, peut-être
— D'esï loi. sans doute'
— G "est fnoi.
— Tu es bien téméraire,
— Tu m'iis vu i une épreuve» essaye la seconde, placemoi quHque ttsrt en avant-garde el attends mon retour.
— Biais, si celait un pièce infâme, ce que tu me di> là î
— I attendrai. Je ne suis pas un espion, Pujol, et si tu doutes encore, je n'ai plus rien â te dire, tu peux me Lancer à l'air, comme tu le disais uml â l'heure. Je suis panvi i j'ni toujours été jmuvro, ers vêtements de velours qui imcou i -■ ni , \i m les ai volés hier pour venir te uni, le parler.
— Achève,
— La ivcrueque je t'offre te sera dévouée comme i sa religion; tu peux l'accepter sans crainleel ! avenir se charger» de la justifier 1 .
— îfoit, tu seras des nôtres; lu seras des miens.
— .rairiH mieux cela . mais, ce uV -si pas tout, et ici ma tâche devient plus difficile, car tu ne me compremlras pas, sans doute,
— N'importe, dis toujours.
— Lorsque , comme loi , on a sans cesse viCn dans les mnntagnes, occupe â chaque instant du soin de sa sûreté ;
l ii chaque jour est Une lutte éi que chaque lutte peut dernière, mi n'a il sus l*inie qu'un seul senliiuent
. L ^.. . L 1 ' ■• lLl É
!l nulle auln j.t-sioii ne vient
être la demi
l'amour de j'independancè* el s'y lni-i r R'eUt-cc pas, Pujoïî * — [Test eela.
— Eli l bien, par devoir, par pitié, je im- suis etiargé de
donner ri relie passum Hrdènte qui le' 'domine un sec ■
un appui '|Ui linit la gjrandir enchre, peitl-èirt i l'euii"blir,
— Je ne te comprends p^s.
pnnu (JUKI- DE SlûBBtiKTs,
— Je h- s.vi,i Sr Piijol... Qtt'al'id k\( hu't?
— Jttén. Une j tmrnéé | n-ilii'\
— Non. pas |!dui "lont le inonda
— Toujours du mystère !
— .le U\s me foire cotil prendre. Tu disque tu n'ts rien fait hier parce ijllë tu tounllea êïBllrtî»ni i" (penérosit&i pet* mëta^rnol d'aider La mémoire. Vous tUtisAdiiie, tuf eu lête. vins desOndie* le cul dû Mers, tu as entendu du luuit. in L'è* avancé teu) d'abord, et jilui tard les cam rades i "oui rejoint p-mi li' défënflft \ "rat 'tu étais luenacé»
— C'est \rai, Qui in dit Uteld '
— Je l'ai vu. Les hommes de I -in- ■ ri ienl des |i* lanos et jetais avec etiti
— Tu meus.
— J'étais ivi c eux . te dis-jc,
— fit Htoi , je ii* repete 4 1 1 1 ï • lu mens ; pas un d'eux n a* v.iïi uni- il m H- i hré tienne, ci loi, lu te si beau"
ba fleure de l'espion s'épanouit comble à un rayon céleste; il continus '
— Pujol , j'étais lrï quand tu as min toh efylet et ton pistolet in main; j'étais ïrï quand tu as noblemeilt jciè des pi isiis - I la misère, quand in as pimkmné, atéfsqi lu îiTfik te droit de punir' J'élais l.-i ■puiutJ tu aa emhrtis
li s deux petits enfants de la l'ami] h- des gitanes.
— Je m'en veux de ne l'avoir p rçui earâ cuup ir je t'aurais reerulë.
— Eh bien ! me voici, ton œuvre est foi Les Mais je n'ai pas tout dit. Il y avait aussi parmi nous un* ;• ûTle que tu n'as pas vue non plus j car elle m trouvait â l'écart lorsque lu as fait tou les ces choses* el cette Jeune Mlle, Pujnl , tu Tos rendue é jamais malheureuse. Ni? m'iuin ■ romps pas- Née gitiimi, elle ne comprend poinl sa naissance^ car elle se suif une âme t elle rêve île bel les el grandes notions ^ ellesaîl le sens de certains mots; "tte jeune fille est un mensonge nu milieu tle sa famille qui h méprise, paire qu'elle en a?sl. méprisée; cette jeune fille
souffre depuis bon cul ;■ , cl plus elleavançedanslo vie ,
plus son intelligence >V>l développée* plt^s elle «'4 si sen! e malheureuse, cai ■ ' e a vu que I immensité la séparait du
île des nommes, Où a-l-elfe appris ce qu'elle sail '! Dan - Le malheur qui ci un flnmbcjau* Où a-t-elle appris qu'elle n'est pus ce qu'elle parait être? Dans ledi ■ m m- lui inspirent ceux avec qui elté est souvent* Oh! bien des fois elle s'est demandé *î elle était folle; mais celte question mémo lui montrait l.i puissance de sa raison, eul.i- retombait de tout su h poids dans l'infortune i|ui Lendail i hrorutir, Au sein des villes qu'rili" inversa il en mendiante j lorsque ses camarade» tendaienl la Inâin, elle, la pauvrette, détournait ses regards de* passants coinmi si ri le eût craint u'éire reconnue, elle écoutait comme jihc musique Céleste les paroles des citadins pYeJli irjjui lionteusemenl ej > .1 caclietle- Olî! in ih sauras [amaîs parcohibicu de tortures elle sVsi p) -dessus de l horrible
Îmsilion on l'enfer l'a jetée. Bes s mpirS des la ri nés de eu. des prières ardentes au cîel, des déchirehiciits au e<eur, le (ii'-M^|n.ur, le délire j el t mi cela au milieu de IV bi'ulisscmi'iu il de 1> corruption* car celle feilime , vuis* tu f cette jeu ne Bile dont je rai parlé-..,
— (lonlinuc, continue f
— On dit qtiè Dieu a mis ions les homtlies sur la n n- ; elle, celte jeune nlle, 1 croit une exrrpiinn IHlâlê, 1 elle w -in Nlle de S Idû, puisqu'une sniiflW cofnmË Les
d-iinijj-
— Je la platn
— Ile d'est |'»s j(sscï, Piijnl, elttj hiétite plus (jUti «Ha. C'est \ oitr eJle que j« suis . ruu ici auprès de Loi- Lï-lias Là-bas, bien loin, elle priait île [ol shûvértt; elle fa vu hier, elle n'en parle plus; elle \'n Vusccounini le ninîln-ur, et rlle s'esl sentie frappée a huile,
— Il feul la lin venir: pourquoi né t'a 4-ellc hdl ac- CÛhi|'ii:i.'' : .'
— Parce qu'elle L'aime, htjii!, et qu'elle ,t compris encore qu'aimer toul m-u1 était un enfer* tri i lie fois plus laulant que celui un elle se Ctinsilhlfe.
— yuH - reste donc car dte Inmoui, Pu]ol tt*feu tentini |am;lî« : l'iimmir est une faible -- et tic m lin nr à
la fuis. ei. l'i.i.il h 1 n 1 proiivern que tiens duns -.1 vie celui
nu' il a eti polit 1 ss tnére, el r Amour de lindep'udnuce. Va ai iv cela à la tiOrtlprtghfe.
— Cette bomj»àgnl al ma simir, ™ Bli ! biéU] mi ËOnsolèr la sieur.
— Pfbflf Son ili J 'Sfs|-.niv un' in. ràitt je réclnmeuhetecopi'Me, des n lUonsî m« rflUMl ponr Boldat?
— Jfe ne i]î i iii le yins mieux- jure de tn'dbeir.
-— île te II jure!
Piijol sortit de sa lenie; il apprît â sesoffldera uud \èb
pion llVlrtil ]...s *pl n, rt iniB farmê^ ibnlpUlt
recrue de plus.
Le gittiio r)di se lit non \ndren p fut tatorntfé dans in coinpiigtlie de Tilimafetllaii et quoi [ue ol wmn admirai sa belle Qgurecl sa tournure toute martiale, on It piéljhïl l^nieinent Ijilfl le v ni Il'aajitAt pasj U nuit Qommc il h fiLillnlne, nu eaibivre siiisla cùrdo qui a. ait été préparée avec tant de joie.
L'armée île Pdjôl élall ComptiS l de llidal mis . d'Andahuis, de Bdàum i, de IHayoHquais* chassés de leur pa\ traqués dans leur domicile elandtes lin poUr vëll od ftss i nali.. l'inis ou | h--- |i!i' tous Bvaieill sur le dnrpfl que)i|itc
idamnnlion llélrissànte ; lotis ou |ireaqi m avaient habile 1rs prô ides, lescatiboië, od S'i 1 lîeitl êe .\y\ih ib-s imiin< i|i s l-i-imI -rnies m îles tbrH^orfl iithabill\s a les !■ irder. Pouf des [jehs taillés de la s iHe, léS RrOs vi rroi |. ^ finies semires, les triples murailles élaienl sans puis* >'m'r, v\ r n rompmil ait ntoinb une UeiUalne ■■ i-
I L 1 - 1 1 l|i é ces bander redoutables que teuis a nu' s dévoués
avaient arrachés .1 t.- bbtehei au 1 eut nu-nu- 011 te
moine, les pâttltenli Et le bôUrroaU les eacoriflieut au liuti fatal.
Parmi ces compagnies, composées chacuue de soixante' dix .1 |u iiM i -viii*. r isliuniTiM^. c^Mede Tuttmareillal feiirtout
faisail rem r n- r par son insatiable artiVu I* dfe pillage, d'inci i ndie, de dévastation , d*n ssasjîjllii I. fritt ttii ile^t-r
nir-.lv celle milice de sang n'avait su faire i lee ù .i-
nemi désarmé cl à geo 1 s: pas un qui n > su repro-
■ •[■ Le meurtre il un vieillard dit il m ui- femme Implora ni en tain là mlsérîeortlet cl lui. le chef l'ir.uiHie de tes coquiliÉ; liil. [mii^siLinniiais de iiaissaiioe, s<Uaii évadé dts |'iisiui^ de Bairitft-Therêsfet à reipl^nnn , \ ' Venir
ir h S liiuijs rie l 9 u[r>t dnnl nli ne piielail (iani Ions leâ Hêlii ;ibJi-eK 'in'^ivec aduiir;iiirni el aimnn\ lu iirri 1 .,!!!! nu milieu *'v fci 1 hommeBrtUl titntàs de l w
ans co'iirs île h ze, a l'iliru 1 dd 1-innv Au-lr. Il l'espioni
se 'Li ir ci 'idter,ei comme tnuL mms sa démartîte, dans 1 1 npniieie \.tm\ii*. de ses Iraits el dahl !». J ii-n [uille remrftfiè fjh'il afall montra lofs lie s<m .-11 . - 1 Mini, fomblutl lui ■ r iI.iih (.1 sullë le pi-emiër e i\û parmi eut, qu«t
« I -m ■ -Uns, rf.Ji- nvs .le i-ette '^i|i"rioiiii- qiti Us Ihriil fUtji* |V-S, j'i-^iliinml selnn Irni" l..almn' us ■ drd n.
quelque querelle, el île > h >i 1 1 mm ainsi Un iil n]t n- déitieuti aux [•■ ■'■■ .-i'in- il-- Piijol, nui fm ai 1 pif se nié nitiln u commii un r^quih diime bielHdl «l'otâliper nu r.nij tliftliiiftw d lis r.irne't 1 . Le liitLime qui ti-riin jjn- dalll le j U tri MA dé l InnuriM'- ih 1 lafdd paVa i^înler. m In jninn > ne deVttil | * 1 riahiiii pniiL' Amlien qui, pourt.inl. •- auhÏJ 1- nigiie de sds nouveaux Ca m rûdefe illl'il re- nl.h 1 avi?c n iiHa. i'ujnl fui inslfuil put -m lidele Kaltlla* des dfcpttelliOJifl ktoMtltea défi soldats de TâllmilrciHfl* cuiliru Vrulnu; mail le vdillaul cipiuiine ; lltldtl à fcdfl : -mi : t Le
nouveau venu esl un brave, il a du émut* Gimino tUl et niuii ir- ne s uis ]ias fâche que mon flrmée «u wiii liistnlitc,
le CuUrii Çi.jiiinuuiqiit- aux I "■■"■In - |>.r II llflm. Ib
2fl
QEl'VBKS iir j.\i;gn:S AIUG0.
va, Sa le ta ^ donne do ma part ce stjlet â Andreu, dis-lui qu'il m'a servi long-temps, tjue je l'autorise à s'en servir à mon exemple contre tout gradin ami nu ennemi : mais surtout, sil y a rixe, je veux qu'elle ail lieu à armes é% tle s. Si les coquins de In compagnie de Tauuiarcillas se mettent deux ou trois contre Andréa , je t'autorise à le protéger, à le défendre. Va, mon ami, mot , je médite nn projet que tu combattras sans doute, m ni s que je suis déridé à accomplir,
— Pujol, ici et partout, je suis ton ami, ton ami insépar ai le,
— Si je n'avais que des soldats de la trempe, trois mille seulement, en quinze jours je serais â Madrid et malin di> l'Espagne.
— trois mille hommes dévoués comme moi feraient mieux mie cela, Pujol, répondit Sa le ta s en lui serrant forf'-iiM-nr la main.
— Laisse-moi et va voir Andréa,
Saletés obéît. Le faux espion, ace lé sur un roc de gra*
lût, était absorbé dans une seule pensée, quand le Meutenanr de Pujol l'approchant l'appela par sou nom. Celui-ci tourna a peine la tête, et son regard, plein de tristesse el d'indifférence, lui demanda ce qu'il voulait.
— Je veux te parler ru m du capitaine,
— De Pnjnl '- oit Àndreu en se relevant comme sous une dolente commotion,
— Oui.
— y ne veut-il .' qu'exige-l-îi de moi? Parle, je suis prêt,
— M Renvoie ce stylet,
— Pourquoi faire f
— Il sait qu'on murmure, qu'on t'accuse d'être véritablement ut espion, iï craint qu'on ne le menace, qu*on ne le frappe, et il vent que tu te détendes,
— Donne-moi ce stylet, remercie Pu jol, et, puisqu'il veut que je me défende, assure-le que je le ferai assez hien pour mériter son estime, l'ujol ne l'a plus rien dit?
— Plus rien,,,. Comment vont tes blessures t
— Je n'y aï pas songé. Pourquoi Pujol inst-il pas venu avec toi?
— Il médite une attaque pour demain.
— À la bonne heure.
— Tu es donc décidé à le bien battre ?
— Oui. surtout si je suis près de Pujol. Mais, sots tranquille, il entendra parler de moi* que je suis près ou tain île lui.
— Dis-moi encore \ aimes-tu Pujol? Ta im es- lu lue h
— Comme un lïere.
— Sais donc le mien.
— J'accepte. Tan nom?
— Saleté
— Snlctas, je suis ton fivre a lout jaunis.
il y avait dans la voix> dans lesreg irdsdu jeune Àndnn une exaltation »i fébrile, que Salctas en fut ému, et que le sentiment de préférence qu'il lui ."nail déjà accordé di-vijii eu un instant une de ces affections puissantes qu'on n'éprouve guetv que lorsqu'on a longtemps souffert ensemble. Les deux nouveaux amis se séparèrent; Sale las se mil en devoir d exécuter les ordres de Pujol, et Andreu reprit la place qu'il venait de quitter.
La nuit qui précéda cette journée si bien remplie avait vu quelques-uns des plus hardis maraudeurs do la lompagnie de Taumareîllas, fouillant ans alentours du heu où • tait passée li principale attaque du convoi; et dans une grande incendiée ils s étaient emparés de plusieurs barils <te ce vin capiteux de la Catalogne qui brûle et fait bondir. Selon les statuts de Pujol, le butin fait en linge, en meubles, en provisions de houe lie, par un ou plusieurs hommes, leur appartenait exclusivement» et ils pou va 3 en I en disposer â leur jçrè sans que leur chef fût en droit d'intervenir. Il riMiUait de celle permission donnée â tous, de ce privilège de chacun, que 1 ardeur du pillage était la preuiti-ro p;is-siiMi des soldats de Pujol après celle de IVsassinat, et que régotsme étouffait en eux toute noble et gêné* rcuse pensée en taisant cimier dans leur Ame une basse el honteuse cupidité.
Le vin avait donc commencé la fête des damnes, le fer et le sang devaient L'accomplir, Le délire bachique de pa-
reils hommes ne pouvait se museler (nie par les chaînes ou la mort, et Pujol même, lo redoutable Pujol qui avait percé tant de poitrines, n'était pas toujours sûr de triompher de la révolte*
Un de ses parents, actif, indompté comme lui, avait déjà péri dîna une de ces secouss^s,qui agitaient tant de bras frénétiques; et son frère Halhias, né bon, généreux, humain, qui ne s'était jeté Lï qu'aun de protéger son frère, mais que la chaleur de la bataille mettait souvent au niveau de ses camarades, et h it alité en ce moment et souffrait dune fièvre aiguë occasionnée par d «mies blessures.
Gardas et ses soldais jouaient à la manille les piastres gagnées au partage; deux autres comp s eu taisaient autant aux nosi es quelles occupaient; mais Saletas, docile aux ordres de son ami, veillait auprès de la bande écumeuse de Taiimareillas et tenait ses a f fi des en haleine de ce qui allait se passer
— - Tu ne viens don i' pas boire avec nous, dit un nommé lli poil d'une voix creuse entrecoupée de hoquets fétides, en s 1 a dressant au jeune Andreu?
— Je n'ai pas soif,
— On a toujours soîfen présence d'un baril de bon vin catalan ; et si tu ne viens pas , nous croirons que c'est par dédain.
— Vous aurez tort : mais je ne veux pas boire.
— El si nous t'y forcions?
— Qui, nous?
— Moi. par exemple.
— Tu n'es ni assez fort ni assez brave peur cela.
Il y eut un Kong murmure de menaces parmi les arnarades de lîipoll, et Saletas, qui feignait de dormir en écoutant ces intei pellationset ces réponses, essaya si !a lame de son poignard suri ait librement de ine el rajusta sur
le bassinet de son pistolet de camp (amorce que le rmmvm 'ni avait un peu dispersée.
— Sais-tu bien, poursuivit Rîprdl en se relevant, que tu l'air de nous menacer et que j'ai pour habitude de répondre avec mon stylet â toute provocation,
— Qu'importe a relui que tu provoques T s'il a un stylet aussi V
— En as-tu un
— Qui, et bien trempé, à ce qu'il paraît.
— Veux- m l'essayer contre le mien
— Je ne le désire tas; mot* si lu m'y for' p me défend n i .
— Défends-toi donc, car je le crois plus de eieur à la lingue que dans la poitrine.
— En cercle, ici! s'écria Taumareillas qui avait excité Ripoll par ses gestes e i regards de Loup. Il faut nue l'espion paye sa bien-venue. A chacun des deux combattants une couverture, et que nul ne dépasse la limite que je vais tracer.
Les deux ehampi no m- dressèrent, Ripoll, aidé des siens qui l'excitaient en« se couvrit le nras gauche d'urne peilte couverture descendant flottante de deux pieds; Andreu en fil autan' sans se hâter, sans montrer l:i moindre émotion, et dit, avant de s'armer du poignard :
— Songe bien , IUp nje t'ai entendu m mimer) , sinise bien ù ce que lu vas faire; et vous tous je vous prends â témoin que je suis provoqué.
— Cela ne regarde personne, répliqua Ripoll en colère, d 1 vin est tiré, il fioi le boire. Tu es là, moi Ici, tu as ion manteau, moi le mien, chacun de nous tient dans si m un il roi te le manche de son poignant, voyons où se plantera la lame,
— Dans la poitrine, si tu approches.
— Pare donc ce coup, i^redin :
— \i\ toi celui-ci, misérable'
Un cadavre était ;i terre, relui de fi i poil ; le eo m r avait été pereé; chacun suivait de l'œil le sang qui sortait à nds Ilots, el Andreu dit d demi-voix :
— Je l'avais prévenu.
— Ce n'est pas assez, répondit Avila, un cousin de ftîpoll, son frère pat ses crimes, tuas une autre poitrine à frapper,
— Et après celie-ci une autre, s'écria LaurcnsftivoL
— Kl après celle de Lan cens la mienne, dit Marchena.
PUJOL. CHEF M MIQUEUTS.
— Cela est bien lAchc , rcpariit Andreu , de se liguer viriL) contre un. p p
— €cla est plus que lâche! s'écria à son tour le généreux Pleins, en s élançant au milieu il* 1 - combattants
mme un laureau furieux. Oui. cela est méprisable t
vil, ceh ïHte châtiment, el c'esl moi qui me charge de
Pinflîger, Veui-tu il :, Tauraarettlas, essayer ton style!
■ n Ire le mien ' Je consens à descendre pour me foire ton égal.
— Snletas, I Donnais et tu sais si jamais j'ai n fusé
une rencontre avec qui que ce soit Mais je connais aussi Pujol, ci je crains sa tolère, si je ne crains pas Ion poignard.
— EU bien 1 dont-, eiv^c un des lient*; car ce jeune homme ne se bâtira pas deiti Fois.
— Tnm | i' l*on voudra! s'écria vivement Andr. u, et Itee i| ii i voudra.'
Puis, adressant a Salelas a côté de fpii il s'clail ftérement place :
— Tu resteras neutre ilnHcrue querelle, lui dit-il, elle ne regarde que mni «ml, Pujol a Irop besoin d'un homme de ta trempe. Ainsi dune, avec moi, et qu'on nous laisse le champ libre; je ■■■■us donner nu eaman de au cadavre de Bisoll.
Tanmareillas furieux en appela à tous ses s* il dais ih* l'insulte qu'il disait avoir reçue. Il les excita hautement â la rcvolii- Poussé par la rage, il osa vomir centre Pujol luimême les imprécations les plus terribles ci alluma ;
Litîon générale. Satei s l'u ea endre un vigoureux sifiki . ildata s'élam en ni niihi que des hèles fauves â
lii rencontre de ceui de Taumareillas \\y\~\ se dirigeaient déjà vers la pi ite maison barricadée 011 les munitions el les escopeltes en faisceaux dormaieni ■' Pabri de la pluie; el toute l'armée debout se vit bientôt prête à corn bail
pour ïonliv l'u jnj , cru . ■'. i . îL en eflel lulter contre te
chef supréi pie de s'attaquer â * i . A son premier
lieutenant,
!!■' o 1 1 1 1 , comme je l'ai dit, prés de son frère alité dans une grange isolée, Pujol n'entendit pas ton! d'abord les premiers cris de la révolte *pii levait utie tète audacieuse .
= n 9 ipprochanl de la croisée, lerelenliss -ni l'îeti connu
du si flirt de Sa leta s arriva jusqu'à lui; il ouvril promptenu- ni Les volets, il jeta un regard privant sur la plaine e4 aperçut, armés «l -jà de leurs poignards el de leurs grands
teaux, les soldais de trois * pagnies prêts a en venir
lux mains et se menaçant par les bl sphémes les ['lus
■ i vantables. Ne bouge pas, ■ 1 ■ i - i I i >«jjj frére f il y a
Iâ-Iijis iln Mi\$ qui coule, malheur, malheur â qui me forcera de punir !
Pujol se saisi! de ses ai mes el s'élança vers la mêlée, Les soldats de S . . i s, gu i 3 par leur intrépide ehef blessé a l'épaule* cédaient le terrain, accables au ils étaient par le n fun lire; el andreu , toujours â côté de l'ami dévoué du terrible capitaine, avait uéja étendu i ses pieds deux coquins >|ni le n de trop prés* l'e 1 autre coté du • amp accouraient aussi ceux qui , placés lé en embuscade , pensaient que leur pré&enre serait plus .efficace auprès de Pujol. Celui-ci, presque seul d'abord, volail plutôt uu'ilne courait vers son fidèle Salelas ; mais voyant venir derrière
lui les p d'avant-garde:* A i» les bons l a'écria-t'il
■I/ voix 'I'- l'uniem . 1 nn.ï. i. s bons, et point de quartier! •■ s. «n sifflet d'alerte retentit après sa parole, et rran- Ktarini lui dit le premier, en se signant suivant sou habitude : « 31e voilà, » 4
— .l'y complais, imi, reprit Pujol ; ht! s cemmo^moi et Lu vas voir roui m*» je travaille.
An coup de si ni- 1 du capitaine! les révoltés s'étaient un instant arrêtés frappés de stupeur. Ils savaient huit ce qu'ah.iii de puissance l'homme qui était parvenu i soumettre tant d'hommes invaincus jusque-là, el avec la crainte du châtiment »■< le^ . dans leurdme le re \^\- .!. .' iroir w
ri lé.
Aussi. à\ que Pujol Fut arrive nu milieu du tumulte, 1 a entre '< - mutina osé jouer du |. -khi] , tandis que celui le Pujol p ussé par son bras aerveux, frisait de pr< fond* dîmes avec dîsci 1-
nemeûL C ni des cris et du sang, c'étaient des impi -
cations et des blasphèmes, c'étaient la r.i^4* e| le désespoir, aient des menaces à Dieu et des invocations à S^itan. Sur la même ligne, le capitaine, les lieu louants Saletas, Carcîas, le jeune Marini <piî frappait en fermant les yeux, et Andreu qui taillait en ouvrant les siens, cherchaient les poitrines les plus téméraires, et hientùt Pujol et ses amis n'eurent plus ^n Vi iViipp^r sur le dos des fuyards. Un nouveau sifllet du dief retentit , le carnage cessa, les bras » reposèrent, les cœur s ha t tirent moins fnrt P <'i i'"n se re* garda de pari et d'autre sans que nul osai faire un pas pour châtier ou se venger*
l'njitl debout, irrité, promenant sur cette scène une prunelle furieuse, dit avec un accent à faire trembler les cou- >;ib]es : Assis! tout le monde assis?.,, el Ton obéît. — ■ »î, mon brave Saletas, ;î rôles: toi, volontaire An-
dreu, tout prés aussi 1 loi, Marini. derrière mot; nous formons le conseil qui va juger et punir, El vous, canaille incorrigible, vous uni n'êtes bons quà piller el qui n'avez de cœur que pour fa ré vol Le, voyons si vous vous jouen 1 encore de ma clémence. Je veux savoir comment a commencé cette révolte, et malheur ri qui ne dira pas l.i vérité. Sa le ta s instruisît Pujol de la conduite insolente des soldats de Tan m are il h s el de la bravoure d' Andreu.
— Andreu est caporal, dit Pujol; à la première affaire il sera servent. Puis, ^adressant â Taumareillas qu'il appela d'une voix hrève et sévère ;
— N'est-ce pas, lui dil*i! en le serrant à la gorge, que lu ne m'attendais pas si lut? N'est-ce pas, brigand, que la vie te pèse? Eh bien! misérable, je veux l'en laisser écraser encore; ton sang rfo doit pas plus souiller mon pot- 1 n;inl que ton fronr m- doit rtiréter une de mes balles. A moi. dix soldats de sa compagnie! poursuivil-iL Les dis soldats se présentèrent,
— À genoux! dit alors Pujol a TaumareHlas, a genoux el lève la tête; si in la baisses, la dose sera double. Allons, cillants, que chac le vous passe devant lui. que charnu
w< lui rr.iehu â la face et lui applique un vigoureux sou [f] -i sur la joue. Gare à celui qui fera mine de ne pas frapper de toute la vigueur de sou bras.
La sentence fm exécutée, el Pujol, poussant ensuite Taumareillas du nied. le fil tomber face à terre et le pressa de son talon en mi disant :
— Maintenant, vis encore, cliien. Te voilà baptisé indique. Mais, ee n'esl pas tout, il y a ici d'autres coupable qui, sans avoir mérité ton châtiment, doivent servira exemple à ceux qui seraient tentés de les imiter un jour. Qu'on les oorame.
Trois soldats furent désignes par leurs en uni rades mêmes, el Pujol, saisissant son pUtolet, fit sauter la cervelle su pivmiir II ntliit [lercer de son stylet la poitrine du srcond, ipiand Andrew s'élança et lui ifit :
— Crâcc, capiliiue; il s'est butin contre moi, et il s'est battu en brave.
— Qu il en soit fait ainsi, répondit le capitaine» je n'ai rien a le refuser aujourd'hui.
— Toi, qui m'es aussi désigné, dit-il encore a celui qui va it réciter déjà ses dernières oriisons f tu t'absoudras
de ton crime a la première affaire. Puis- je" y compter.'
— Je le le jure, Pujol.
— Gela sulïiL Maintenant, qu'on enterre les cadavres et que les capitaines de chaque compagnie, hormis TaumareilJas qui <*sl dégradé, me suivent a mon posle.
Andreu prit l« bras de Saletas et lui dit s voix basse :
— Laissons-les s'éloigner, j'ai un secret a l'apprendre,
— Les voilà loin!, que venx4u?
— Je suis blessé. |.euL-éiro â mort.
— Et lu ne l'as pas dîl .?
— Je ne le savais pas. . Soutiens-moi, je faiblis, la blessure est sur la poitrine, elle saigne peu, im is elle est profonde,
— Veux-tu que j'appelle?
— Non,
— Pourquoi/
— Tu v i voir,
Andreu tomba. Saîetas le prit dams ses liras, appuya sa tete sur ses genoux, déchira sa chemise, el s'écria:
— Ciel! une femme!
aa
QEUYRH ME JAfîÛUEË A II A i i-
tr- Tais |oi, dit lit fîlunq Reppa, iI'ihh- ruU|(fa;i|>U$« toif- N)ii tf p H I%&orq jusqu/aprea iru t,
Sablas chargea ki jeune filli; >nr sç* épaules, se relira snussa Uîiite, (fuppplep je chirurgien fn rassura lu lu lieutenant a|irrs avoir examina ta pl.ii- il |tijré le sape nu dehors* Hepjia sï'vanouii, donrenituil pq ■■■ sur dY'uaisses couvertures quon lui ivai] prepan el lr knilrinihi, en nonant tas yen,*, elle ni «' potu d'elte Pujftl aiit-udri c|itï lui pressait t . i itiniu.
— Tu Sflîs donc tout mainlruaut, lui dit la jeutic E i 1 1 • - Wus-tu que je le pnrle encore fie m,i scaur?
Uni. parle<mni de, (nj.
— f» 1 ri m' nomme Bejqia, FEijol f
— Eh liiiMi ' Deppa, je guislnfl frire Mipii frère!... J'aUemJr i
l.i l'flvnUc qlail upaiscQ, niciis lum les coin celle hoirie résiliable de sreT.T.iis, qui ne fraternisaient qil \
3!r le crime, vécurent désormais tt.ins |.i h -me le> ui.ne?, .su li "i .>. S'ils avaient nu deviner une inrr pu leur (ùtc e j [in reposer ira «quille! peut-être auraient-ils dit nn . il ii' ii éternel à cette vie dç fatigues, d'embûches, dr com- !-.iis el île meurtres dans laquelle ils se vautra h ni depuis si lotiglemi
M.iK, si liTii-Lir ilt , hommes, de fujol se laishil vile |fl
nnvrulr du pa-sr. ru revanche parlait-il haut ilrs yi il sV
i-.it dans ravenjr d'une vengeance, d'un . &sas?dnal*
Uhsï, nul rnrûlé dqufi I . ■ milice redoutable ne s eioi^iuiil-il
du <-.» 1 1 1 1 • mus .iMMf I i- -u (oui Lié ,'i si peinture |> iur y sentir
fe manche de son poign rd
< m «tu i- In vîi' fierai l glisser ! -PÇail milieu de
î.mt et (le si lIihm-i-, l'iii.iiinir :
Te um are il las, un le devine bien, nï-kiii pas. !; m usir-
■ 1 1 ■ "■ de ççuy. â fjnj l'émeute avait é^u funeste, et il sï'iaii bien piumis de laver avec du sang leshonh Lises, pctrjssui li. m a f;.ce, II lui J a liait, a lui, plus d'URe HçtfflW : SaJçUn}, Amîr. n etsurtoul fujo] m 1 devaient, m-Iom ^
1" i-. uns, mourir cjue ilu sn maîtii ci. pour raccNim|iîi>*emeni du ses projeU, ^ fturqil undu n S.-ii;*n l'Ame de sa
i liirciUas était un de <-és élres inromplcls* iiiffoi-
me^ i|ni riunpreuitent^uère ijue -la ba îcs^e »! (*abru-
hs-niirii 1 . in'-, pourlememtie. ilistitu^ ay gibet t el \\\]\\m
devine dupreiniçr poup devoir uppat'lciiir au bottrireau ei
• . H r. ÉïplÎL|wei i:i\ .uiailiL'uu- je Pieu, rouie k ï-
tnîilq .li- "l ;.n uni i i*Ll Lls, huiinrie et [tanvre tlauï Le 11- ■':?■-
lion, était emnsidéi'êe «'i bénie au Vidage [u'elle habitai l P ■■ '« - ci ipiea de tei*iî dQfll ftouf parlons n'avai&n! i jeii l' il i i:'!' .nx lionnôtes parçpls île ( esiinn 1 tUnit un h -s entourait.
Cependant Puiid, auprès ih* li rinidiede (tappa q^i^çmparni] i iffeclî m ^m-s nn'î) çb«FCliàl liësorpiais ;] U
lui disputer, s* 1 sentait «juelqm fois rappelé verg h : ei
■ I n ' î 1 avait si longtemps 1 1 1- ■ I Li .- . ni afqfs ses ir.iis ordi« nairemeiil calmes el graves, s astoffllnissajimt, < u i ses yeux nVajgJe >e yoilaieat dé kiuus
— \'.< n i si pas moi, au moins, qyj t'.-i:T>!r : lui dis;::l îîejifin en lui prenant la main et d'une voix caressante.
Toi, l»ehe fille E ÏSon. non, lu es .m nuithiïie un «me au mal qui me ronge, m me consoles nn ; un dans S'avenir!
— Il est donc bien i -ïsie Ion aven: - ??
i)ui, Bepna.
— Nr peui-tu le ebapger? feire il 1 le i '--'.. ï Nui il faut obéira la fatalité ^mj çonima.uil
— Ppuri|iLni mI'h.m-s-iu de me Cflufler le* [leini
^ — Tu en souffrirais la première el ['aurais nue afflicii'iu il i - plus. .,,- ii y-u njro Qe ipir j'ai ans" N-,
— Pjtioli r-rniiis-iii un ppi|fiard7
•tt 4'rii !r m i^ii ï et puis, qif est-ce qi|e In iinnt pdiicqui
la re.L i i en fueeei de si près q toque j cm
— Tu as raison.
— 'I iiuis, Bip-ia oean l luîulenuijtr, je sera) muai jusqu'à l'événemenl ; d>-s qu'il wra accompli, dès qu'il n'y
,mn |i|us |iiissiliilîh' de retour, abus sniu-miul lui « ! Sa-
li-i.i^ en si-i-1'/ les preuiiers in-iiuiis; le reste ol^irq parée que j'aur;ii commit
— Tu le dalles, ami : ton armée te redoute p!n lie
i :înui; elle c-di- enepre à la pvi^nçe -lr u volonté;
maïs il y a iei bien des slylels qui Frappent dans Ininlire Qt par dèrrii'n .
— C'est v r : i i : ,'i j'nj bien souvent envie d'épi à Un bras iiiuerni la peine qu*U ^lUiliuit bien preudrq,
— f'ujnl, ce soir je redeviens gitans, ce soir je vais ,i 1 1 pécher eh e de ceu^aue i'.ii quittés-
— Toi, peppi î
— Oui, m.ii ; lu [lètrîs m Suie, fu w niç g imprfirf*
i'.s, n m- nu comprendras jamais,
— Pardon, Eteppa; mais sî tu saraïs quelles Ipdnrcp nu dediireqll
— ponnenirep la muiiié si tu ne peux nn lea il .nuer toi QsUce qu'mi soufTrf à déni?
— Eli bien ! encore trois jours.
Loi rapporta que le pi >-l' qe la bandi bj fatale nui i iann;;iis recevatl t\v iou> i lui ëUienl iopne>, i-uiiûi par des moines fanatiques, lantui pu- îles muletiers, tantôt aieisi par des femmes velues en tueiuli.inies, et voyasri ni souvetii ii\er 1rs convois ennemis qu'elles abandonnaienl il-iusuii défile ou au passage diflieilede quelque torrent.
La guerre devenait plus désastreuse que jamais; Fipueras. Rosa&i Geroiu 1 , Barcelone, hérUsées de eanons, ilant|uées àe soldais, protégeaient, il rsi vrai, par ilaudacieunies. h s i-ii'uviils de recrues et d*argent eslgéa par i d'une campagne désastreuse; ruai-, hp] que d iînaU loin "N-s villes, que il<- « ilansteg grandes routes el jelès am venls sur b-s branches des nljviefs ou des figuiers des campagnes] Los loups el les oiseaui de proie ne manquaieni \r< s de vivres eans la Catalogne à l 1 , ne do L>us déroulons quelques sa nglautea
pages, el le oenil des familles se portait sans qu'on sut -que jamais de «nei côté étaîl parti le coup qui avait frappé La victime. *>hï bien des larmes on! coule* ne le snng qui engraissai I slors les jil,imes el h'* montagnes de relie m i ■ i -use province.
lirv ns au rninp
Lii jruu' ■ \ sérénité d'ame et la furce è*' eametère n voient bjté la guérispn rie Beppa, qui faisait souvenl d *see« longues promenades appuyée Bitr Les bras amis il«' Saletsf et de Pil iol , A qui elle racontai! les mille Inoîdenïa de sa vie passée, les mille déobirenients de son cœurj avec ce dramatique langage qu/ello s» j ule savait trouver, et que eomprenaïénl il merveille ses deux nouveau] rades, Le.
oos t urne de mieiuelel quelle perlait toujours lui donnait
iiuo |.liv-i..iin]iiir tiiui ,i fait rau-; t, i i plus d'un subi. il
de l".iii se disail en la voyant passer: (We a la liiur
Catalane -i quî ee drèïe déel ri ■« son ..ii-L--iiï-.
Ces prpmeu&des intimes, ces eouversaUopa fatrijlicres, où huis cœurs se trouvaient si hieq .; Ta^e, n'avaient
Îkûurtanl pas asseï il' 1 puissance sur Pujid pimrth rider son ronl eu passaient de si^uhirs et rapides nuages; et ni Beppa, que rmu^ appellerons toujours Vudrru, ni Sa le la s, si Cband dans son n mi lié, ne ponvaîenl rien lui arracher du sériel ';uil s'obstina il a cr,
— II aura sou exécution, U-ur disait-il souvent, je l'ai résolu, in. vrriliïrriHiiF réso|u, el si jr vous le confiais j'aurais a coup sur â vous combattre.
— faisqnlj ru e$l niusi, nous le pramelbms Une obéissance aveugle, i*epQnda|j Siln.is.
— Kt puis il u 'est pas juste que lu souffres de tes pomhais, poursuivait Amlirn.
— Vousno' connaU e*! amîs; jr \iius aj iv-M jm^u'n
PUJOI.. CIlGr 1 M IIIQUBLBT^
aimes
(leppa, lu le
ce jour, je résiderai encore, et vos prières hâteraient mon départ .
— T-m départ, Pujol! sVcrïa Beppa, comme frappée d'un malheur imprévu.
— Une absence de trois j oui ■ leme » i .
— s. «il ■
— Seul
— Pas ii n cam irade avec |çi} f
Si, mon poign il. Je vous pi dit maintenant tout ce : i ir roulais vou dire : je «l^fuiHls loule autye question. J'obéirai, dit tristement Amlrm : maj| j« dWp*-
— Si tu devin [V ouerai \ parle.
— Tu aimes, l' ij-Luiu vas. v..ir celle que m
— EnHut
— Jure-mo! que je me i rompe.
— Par L'affection que lu m'as inspira
rfipflS.
— ftle VOÎ4 i il • hinn|uil!e et lieureusi
— Ha tendre tas, aurait [lOiirlant voulu davantage; majs, puisqu'elle est si i mue, je tâcherai dV idêrer h violence,
— Toi, liii rêpnndil l'ujnl, lu ferais mn -ux de le (aire, et si je ■ ^ lis quil se trouva" I : "i monde un l ime qui pot
tir un autre nomme une tendn toque jn w
rie, j'irais lui en demamler raison h el a 1 l<> main, ■— À l,i bonne heure! vniJtl de bonnes p-n nli*> dupj je serais un ingrat "l' j ne pas éire li^r <l louc|n
— Je ne dirai à pera ifl l'absence [lie je milite, (mur*
suivil L ' 1 1 i • 1 1 plus ,ï vni\ bassj en voyant ven|j m lui il> de ses nii,.-.i i - : unis, nies Hinis. tachei qu'elle Demeure secrète : je Irais pour vous la mutinerie ta §oquïn*i
Les drus nouveaux venus se mêlèrent â la nuiïiirsi.itinii
inti [ue nous u- s de rapporter » mais e)le ctian
aussi loi d'objet,
— Mb bien! mw braves, leur dit JHtjql, esi-ce qu'il y a il u nouveau . J
— Oui, du imuviMU ancien, comme fte ont l'habitude de nous ru cl'uuii
— Qui ?
— ii , les français, ees pourclmssenrs du m mil i m à
— \li! ih ! [|| i h 1 1 la qualité des fnmùqwri, plus on |n bot, pfus »7* font d* bruit, Mais qu'est-re donc :
— [Jrs tu mvelles du quartier général des français,
— Que disent-elles? Ghantent-el es toujours; des triomphe enl-elles qui tout leur argent es I arrivée Bar* celone? que pas un *le 1* n i - soldat é n'a. pie liiô ï '[u'uu si ni •!•■■ leurs hommes a eu UW0 inêche di <iiï brûlé .' Sur mes mille braves, an ont-ils égorgé -is mille?
— Li*. lu le sauras.
Pujol prit l'ordre du jour du apporté par un es-
pion, n tut i demi-voix, en s 'interrompant de temps a autre | ar quelque rapide réflexion.
Le - uni Maurice-Math içu, rmnnumlant en chef. .
etc., etc M etc.
« L'armée vient de se couvrir de gloire. »
— Oui, li nôtre.
l'ti (iMiv.ii de vivres etd srgeut a été attaqué dans lr i défilé de Puerta par six niille brigands.
— La peur grossi l les objets. Quant à brigands, favq ■i 1 s in- sommes pas de petits J '■-
Qnî> des hauteurs où ils s'étaient Umhcmcn^ postés, il fatl un feu nourri sur nos braves. »
— C'est vni. ea.
a II en est d'abord résulté un peu de désordre. » Quel | i-i .
■1 îs on s'ist bien vite rallié; nos voltigeurs ont gravi a l'arme an bras, h élevée», en oui débusqué 1rs
« bandits, et les onl \ suivis la baïonnette aux reins
1 fusque dans les n lagnes, d'oii la imii mms s chassés
" Si >: tons à regretter la perte de cjuel [nes>uos de i nos meil eura soldats h de a Ire i .ht moins i.
■ leri ible guérilla est-elle ,ï jani ts d^lruîle ; n l'un ajoute
même, ce ;n" i au par des nrisonnie s que Pujol
« av : iii perdu la vie dans celle san^lnnie afTsire. Viiii'i « mille franes sont promis a qui apportera au général Ja
aouwl le certaine de b mûri de cescélérî L
mi on
ries
Pujol Ata sou chapeau, hterci, général, merci. Vingt Ile rrancsi je raux mieux que cela... Ahl j^aiété lue! ahî >n mcl ma l^lc à prii!.,. Savcï-vous liirn une vous mériieïea que je vous futnissedevoirr ingratitude?
— Que ili^in, Pujol ? sïrria Saleias avec un regard sent-
l ileur.
— Ilien, rien.
— pependant, i^s paroles...
— Je n défends de tes in terpréier.
— U sufiïf.
AiidreiL nourrissait aussi des projets qu'il cardait au fond
de l'âme. Il avait étudié lis démarches et le^ regards de lautnareillas, el il nr di Mitait pas que n» snl. ; t;ii ne médli'-i de sinistres résolutions contre Pujol, l*'un autre côté, il ne pfrjait guère de vue relu i â qui il a^ail voué son esislence, ri il cul. été difficile au chef de la bande de Lui carlin ses démarches I* 1 - plus si crêtes,
Le lenips éïait froid, l'iiiver, sj ii.lnui.ible sur res montagnes il. - 1 ■ I ■ ■ y ■ l ï L .l rajr&es i. :i';jes nuases chargés de neiçe, et les rapides bouffées du Nnnl soufiliùnit avec une violençe i ■liï.uinerlus pins robustes, les ImuleaiixeL leschfltaigniers qui avaient liravé tant de ontérei.
t 'armée s.iliii..ti de son mieux dans les maisonnette* éparscs ai sous jei aoufertures; mais l'hivernage éi.iit impossible sur Wn nautonrs ci Ton demandait à haute voix 4 descendre dans la plaine.
Nul ordre n'arrivait it pendant, n'est <juc Pujol avait quitte h- r-ntip.
Il m\t dix heures a peine^ la porte de sa diéLivereirnît* , siMjvinit doucement, et je capitaine glissait dans les ténèbres, j^hiis la tendresse alarmée don peu. Àndren avait vu
- i el s'était avancé furtivement ^ur ses traces, wtwà
lL'uei pistolet et d'un poignard. Pour abréger h chemin qu'il (levait franchir, l'njnl s'était dirijo vers les haulef néii's di--. riMiiiMjui - ili-ii- il connaissafl si bieu les dîflirNi's gentiers, el Audreu le suivait de [pin pour ne pas eo ê ire aperçu. I.e iirenrier, d'ail liuu>, ilan> la parfaite conviriiiui d avoir WBfl cacha sa fuiti, ré songeait pas à reffflrder derrière |ui et liât ajl sa marche en liom impatient d'îirri |
A minuit, }uiurtanti Vi\\<*\ lit hrtlteel se reposa quelques Instants fin pied d'un cnjîne noir qui se ue^sinnil dans (omhre comme un giiçanlesque fantâme. Àndreu se bloltit sous une roche nue u.ue le giv^e commençait à Mandiir, et Le pauvre pje'l m- pe réchauffait qu'au feu de sa tendresse, Pujol reprit sa runtu ru fred lant un chant d in-
dépendance, el Andreu s'étaK levé pour le uivre, quand du coté opposé le :-iuird retentissement de quelques p,i- le force ^ I 1 immobilité, feux inquiets fouillent î\ travers les ]>n 1 us ^t 1rs bruussatlles, il se penche, se couche, se redresse peur mieux voir et entendre, et il aperçoit enfin, I debout sur un monticule, la silhouette d'un homme qui semble chercher sa roule on délibérer sur dil parti à prendre. C'est ;i Lui désormais que va s'attacher Andreu; cest lui surtout qu il ne quiih-r;! |.Uk >Iu n^ard : car, qui donc peut se jeter ainsi, seul, dans ces terribl" s solitudes, sous une neige glacée, pendant une nuit sombre, si ce n'est le dévouement ou Le crime?.*.
L'homme i t.tit lieseeudti de son observatoire et avait poursuivi sa marche dans la direction même d'An dreu qu'il venait dedénasseren le frôlant presque de son manteau* Gel homme, c était Taumareillns | J^ j»iste de Ptijol.
MnU les fl'i-- ns de neige c ^mmençaîent à tomber avec in. vi ^ence extrême, et, s'il f;illait âVun des jiiéinnstmire
i adresse de montagnard pour ne pas muter dans les précipices qui bordaient le route, il fallait à l'autre toute
haine pour le guider à travers les ravins; il fallait surton F n in lis ii -il n- toute la passion qui le brûlait pour ne pas laisser fuir trop loin de lui le scélérat dont il voulait hôn 1 justice, puisque le ciel ne daignait pas s'en cb ger. Piijnl avait hardiment pris son clan vers les sommels les pi' u>: ri lui, in'rrpidi contre les hommes et Contre les éléments, secouait souvent ses vêtements épais pour h e.u qui k'emprfsonnait el se cou i eu tait de dire, en modulant sn phrase con uu dès<Buvré poursuivi par l'ennuj : Quel chieii de temps! quel chieq de temps!
GBDYB-ES DE JAi:*jUES ARAGO,
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Il s'aidait encore de ses main? vigoureuses et de lu pomtc de son poignard.,,
La nuit devenait nombre et téné lieuse par la blancheur même rlrs éclatantes zones neigeuses poussées en tons sens selon la direction des vents et des roc lies; le chaos était h'i avec ton le son obscurité et son vacarme; l'ouragan souf- 13 lit avec toute sa fureur et faisait et- ter les roches aiguës; l'avalanche menaçait de chaque côlé : rester, c'était mourir, avancer, c'était courir ri nue mort inévitable; et Pujol chaulait toujours : ijuel chien de temps 1 quel chien de temps! sur Tair d'une romance catalane, comme refrain d'une gaie segadilla. Ainsi fonl les grands courages ■ fui se retrempent aux n I «la clés et aux dangers. Pu jol avait pris une détermination ; il s'était jeté dans les montagnes pour arriver plus tôt au hit : il fallait ijne les monl.^ncs fussent franchies, et le ciel même nétail pas de force à lui faire rebrousser chemin. Mais les deux autres voyageurs, ou les chercher au sein de ces tourbillons, gci niant sans cesse de cime en cime, d'aspérité en aspérité, et se déchirant avec fracas contre un pin noir ou un chêne noueux qu'ils entraînaient dans leur naufrage? Peut-être les re-
trouverons -non s, peut-être la tempête céleste lenraiira-t-clle fail grlce. Pujol, plus fort que l'obstacle, a va il attefnl la crête la plus élevée de la montagne n commençait à descendre; le lonfi et solide bAton qu'il avait i\im .. >>r dans ta rouie lui serrait en même temps de guide et d'appui, et cejien « I a ni liilail eno ire de ses mai ns \ igoureu&es et de la pointe de son poiguard pour s'ouvrir un sentier ou son pied put sûrement npustir. Il avait bien là-bas, la- lia S, devant lui, une plaine immense que 1 étincelle électrique lui montrait à de longs intervalles; mais le péri) et la mort étaient but sa tête, à ses côtés , et la neige tombait avec plus de violence que jamais.
Tout à coup, pareil au retentissement de mille tonnerres, un craquement épouvantable se fait entendre. La redoutable avalanche se de chaîne pour tout usurpe r, l'uura-
n la saisit par les épaules et la pousse en avant; elle se blottit comme pour résister, s'engouffre, se redresse, (jranditj étend ses bras, attire avec elle tout cequ'elle touche, tout ce quelle heurte, tout ce qu'elle aspire; elle de-