‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 62 sur 82 · L:» duchesse ri'Attiit'iitji · texte numérisé non relu

L:» duchesse ri'Attiit'iitji

agenouillé, lui souriait d'un sourire infernal, et l'acca- Idail de ses dédains et de ses mépris.

Oh ! pendant ces moments (rélernelles angoisses, on voudrait se trouver eu présence, d'objets nouveaux, dans le silence de La nature, au sein d'un désert de sable- U milieu dans lequel vous vous êtes a^Uéen des jours meilleurs vous ni™ elle une joie et vous dit u lésîllusion**.

Li's meubles de cette salle immense, lès guéridons, les fauteuils, les canapés, témoins jadis dus confidences les plus intimes, m; [triaient drsnriiiaîs au cœur de l'infor* tuné que pour lui rappeler loui ce qull avait perdu.., cl ses larmes coulaient plus abondantes, et son cœur battail avec pins dp violence, et sa pâleur devenait plus livide... Lu commotion devait avoir lieu, car la défaite apprend la lutte, cl le duc d'Àlmcida nu pouvait pas accepter une plus longue agonie.

Il *e dirigea donc d'un pas ferme cl résolu vers l'appartement ou il était sûr de trouver son adversaire: il ou-

vrit brusquement la porte, tlolomteu et lui se trouvèrent en face,

^ Liait- ce moi ou madame la duchesse que le ctipî- Jaine d'Assns comptait trouver dans ce salon? demanda le duc avec cet accent de dignité ijui ne L'abandonna jan i-.

— Celait Pierre Bon ncral, répondit froidement Dotoir.icu, |in*i â soutenir l'attaque et disposé à ne pas céd> r un pouce de terrain; car lui aussi ci a H torture par la jalousie, car lui aussi croyait avoir une vengea un- a axeroi r.

Evidemment aux yeui du dur 1.1 ré| du lieutenant

était un mensonge, évidemment l- rùle lionicui allait v-in*. continué; d'Aimé ida résolut de ne pas le permettre. Aussi, tranchant dans h- vil', il voulut opposer un imhle caractère à eHtii qui s'avilissait, et il parla de son Gdéte serviteur comme il lent lail de smi ami le plus dévoué.

— Pierre Bonneval, dîl-fl en s'avança ut dans le salon rumine pour se donner plus d'espace, Pierre Bonne* al, soldat brave et loyal, celui-là S cûeur honnête, avec ipii vous auriez parié sans doute encore de DuIoiulj'il

LE Dtï(] D'ÀLMÉIDÀ.

>l un tenant moins que jamais, [l'nge 50.)

— Monsieur le duc, répliqua le lieutenant sans se laisser «mouvoir, et d'un ion -h voit qui . inif presque une menace, il est des souvenus Gmréolaleurs auxquels on s attache îlv. il autant plus d'enivrement, que Je présent est plus triste et plus décolore.

— JJulas! répondit dWlmêida tout entier à ses amertumes, cest quand h tombe viuiu de se fermer sur un cadavre > que tome illusion a'eflace, et que tes hontes de celui c|ii on pleure lui survivent pour Fexécration de sa mémoire*

C'était une provocation, une provocation directe, m mutant une réponse, que Dolomieu, cependant, essaya u éluder encore, tant il craignait de ne pouvoir se trouver une seconde fois en présence de celle qu'il appelait mujours sa liancée devant Dieu.

— Une voulez-vous dire, répliqua-l-il avec calme, monsieur le duc?

— Je veux dire, capitaine d'Assas, que ce Dolomieu entoure de tant de regrets n'en est pas tellement dune, que

| sa mort doive être pour ceux qui l'ont connu tin éternel sujet de larmes; ]« veut dire que les passions lionnes ou mauvaises, les sympathies et les répulsions n'arrivent jamais jusqu'au, cercueil, et ciue Dieu seul est le juge équitable de ceux que In terre abrite pour l'éternité.

— Monsieur le duc!*,, répondit Dolomieu avec un mouvement convulsif.

— J'ai respecté votre opinion, poursuivit d'Almcida d'une voix calme; respectez la mienne, que je n'impos

Îiersonne, mais que je garde : car elle esï ma conviction a plus intime.

— Dolomieu était mon ami.

— J'aurais voulu être le sien, mais mon affection n'est point frivole, et quand elle s'est reposée sur quelqu'un, elle s'en détache des qu'on a forfait a l'honneur.

— Monsieur Le duc, Dolomieu était mon ami, je croyais que vous l'aviez entendu.

— Capitaine d'Assas, je ie répète, votre ami a forfait à l'honneur, et je le liens pour fêJon et déloyal.

IN

nui», *- iht, sijrop !.„.,., i , c*", nuz D'GArcntn, J.

— ■ Vous savez, monsieur le doc, t|tiel t si le deveir de l'ami dom --h .-./,. .1- l'ijini absent?

— Due tardez*\ us d ■ à le défendre? répliqua d + Âl-

ttiéida, qui ne comprenait rien â la Longanimité du Lieutcunnl,

— Je suis ici chez madame la duchesse d'Àlroëida.

t — Ou vous ne devriez pas être, lieutenant Dolomieu, s'écria le duc d'une voix retentissante.

— Ali! merci -i voua dem'âbréger Le rôle f|ue jo n'avais accepté que par amour cl j ar reconnaissance; m< le im* permettre d'entrer dans L'aveu d'une passion qui ne mourra qu'avec moi...

- Haïs qui gardera le silence? interrompit d'Alméida, car ïnail ajouter un crime » une honie.

— Ce que vous appelé* crime mon s jeu t le duc. [e l f ap* If droiture. M«sit amour pour mademoiselle ili lî'i.i.

etail La c -i, tion du vœu do sa un re : v mu iuer s sr il un parjure, et je suis absous par moi quand je suis condamné par vous.

— Eh bien S je comprends celte douleur, puisque je rai moi-même éprouvée lors[ur j'ainuiM lans espérance; mais, si j'ai respecté la fiancée du lien tenant Dolomieu 1 que I- lieutenant Dolomieu re&j ecte la femme du duel Alméida, et qu'il me remette \i rinsianl même l'aveu monleur i|nil vient de lui adresser.

— de nesl pas un aveu, monsieur le due» répondit froîdément Dolomieu; c ***t Assurance*

— El une Lâcheté I

— Vous d* .-ti z savoir si le lieutenant Dolomieu sait en commettre, et. pour peu que vous eu don lies encore...

— Un cartel L. n est-ce jias?... jeu ai proposé un m te ilr Imitn nu mur qu'il outraaeail mademoiselle

au oiselle de

v m ir Lie nnio un jour q

1 1 i a - r i = i . ■ par un insolenl amour,*

— Le comte de Pinlo! s'écria Doloroien, dont ce souvenir fui une révélation.

— Oui, j' le pouvais, je le devais alors, ma vie u nie j "i i ït eu jciii mais aujourd'hui un duel, un due] av< c vous serait une injure jetée sur madame 3a duchesse, cl j'estime Irop baul son honneur pour Imposer a m Hiau d'un cmiilwt dont l'issue sérail fatale an vainqueur comme au vaincu*.. J'aime cette femme de toute la puissance nue Je Créateur peui y 1er sur une éme de feu, je Ta "une ai frénésie et j'en suis jaloux jusqu'à L'abnégation de ma dignité, N'est-ce pas, monsieur, que ç'esl là une bien étrange folie? Vous aveî vîngueinq ancienne homme; j'en ai a peine quarante : à voire âge nous tuons L'amour, au mi. ii i] nous lue. ajora surtout qn'u ne désillusion nous frappe au coeur* Eh bien, si je savais que h vie de Julie fut sans remords après mon abandon, si je croyais que vous pussiez plus que moi h rendre à ^cs sourires éteints, je vous dirais: hvpivnez-ia, soyez de moitié dan- -■ s esta* ses, »'i laissez r mu! n-r «ne larme sur celui qui vous dote de ce céleste iivsor... Ci maintenant comprenez-vous mes tortures, premier fiancé de Julie ■ !■* Mir.. ^ne, puisque je suis sûr qu'on me plaint, puisque je suis sur qu'on vous aime?

— Qiih tarder- voua donc à accomplir le sacrifice qui vous esl imposé? dit le Lieutenant Dolomieu avec un sourire i iiipreiiil d'ironie,

u ,' maïs cela est infâme î,.. Celui à qui Ton a montré l.i splendeur des astres, la m jesté îles océans, la magie du regard, l'harmonie universelle, accepte- t-il sans révolte le sacrifice du raYon divin qui porta La lumière a ses veux. IV^n-rance é son cœur?.., Je vous l'ai dît* André Dokunii u, j aime Julie de Bira^ue plus que Satan n'aime le crime, cl je in mb!e aux : î pensées qui me doi lien r e! uTécr.'M'u*... Mon Dieu! mon Dieu ! lu états jaloux de tan i d'amonr, je mérite â 1rs yeux le châtiment que tu nt'infligee!

— ilais ce Dieu que vous invoque! a*l-U eu pitié de moi?

— (Ton, v.jiis ne l r aimefc pas avec une ferveu régale R la. mienne; non, monsieur. Si j'avais m Julie di Birafue au bras d'un autre, ou j' oe l'aurais pas revue, ott je seraii mort, j ai dit .. fous atlrz abandonner cel hôtel.

— L J as avant que j'aie revu - l! i î'-. ma Qancée.

— Et maintenant sortirez vous? demainh le duc qui

verni' de sVmpaier d'un pistolet ei 3e d tt, exaspéré, sur li front de Dolomieu.

— Maintenant moins que jamais, répondit h Lieutenant, le regard assuré, U - bras ci sur sa poitrine.

— Preu; deJ je ne puis écouter que ma jalousie.

— Ainsi que moi, vous cnmpenea dune < tares î — Eh bien ! oui, je les comprends; mais. je von-- U- ré-

>éte t je veux que nui soupçon ne vienne porter atteinte à l'honneur de ma rem me; ci puisque U men ce ne peut rien sur tous, j'iti ru p ta prière* 1 1 1 - ■ i ■ - : • -i i c- Dolo-

mieu, An nr.ru de Julie elle-même, au mon de sa mère â 1 1 tombe* par tes, éloignez -vous.*, indré, : us en supplie avec drs In m> s mon honneur, sauve/ surtout

L'Iimiinur de Julie de Bira|U&

Nous ne savons pas quel eûi été le résultat delà persistance du duc et île !a détermination bien ara ciu lieutenant; noua ignorons si d^Mrnrîda, d au» sa juste fureur, cûl exécuté sa menace,,, la porte d« ta salle s'ouvrit, et, en présence de Llorida, les irritations se calmèrent.

La jeune camédste s*ctFtit arrêtée, pétri Bée , le cu?ur battant fort.

Elle attendait qu'on I ' i i m • rrogeAt, car elle n'osait prendre L'initiative; et, i me elle ^ sent ail coupable, elle

iuv" pi.iit son passé de fille aventureuse pour y pui er les ressources contre 1rs diflicultes du n i.

— - Quest-rj que vous portez la '! lui dii d^Alméîda d' •

voix nu il s'efforçait d« rendre paternel J^

— Rien, mensViir leduc> repondit la camériste du ses ii> peu façon n < llivpocrisie.

— Vous meniez,

— Oui, monsieur le dm ,

— (Jui vous a donné des ordres?

— Madame ta duchesse,

— Obéissez

l uni' l\\tv.

— Pour ^iii?

— Pour Le lieutenant Dolomieu,

— Donnez doue!

— (ja doit le l>r ' r d'il tout bas la belle Portugaise ( n tendant le hrllel an duc, à qui on aurail voulu le dérober,

— Tenez. uant Dolomieu, dh àJméids. Cette lettre votts esl née.

— ■ Cepend ii. r lîeur le duc...

— Lisez à vois basse; il y i peul Être la des secrets que vous seul deve* connaître, il y a peut-être til *'>** ces (■-■u- Rdencei 'l'un emor à un cœur qui ne doivent peint échapper au dehors, qui ne veutenl point decho, et que nu ri, surtout, je ne dois pas connaître.

I liniila s'élai! ippny le sur un meuble, le froni p.île t Je ard abattu. Pierre Bonnevsl Lui-même en aurait eu pi-

\u\ Quant ri Dol ien, il accepta d'une main timide le

billet qui lui élan présen \\ puis, rouvrant, il Eut â haute voix es sans boiter: « Dolomieu, si vous partes, a vous * ma reconnaissan emelte; si vous restez, â vous ma « désaffection de \\ utesles heures, a

— Je respira, dit tout bas d'Alméida, l'aine ouverte encore à toutes les espérance

Après un violenl effort révéla leur de tgut le pasaéj Do- Inmieu dit d'une voix presque éteinte;

— Adieu, monsieur le duc.

— Votre niiiin dans la mienne, indït d'Alméîil;!, toujours noble. U*\\ jours geuïén ux, toujours coTup^tissaai.

— Ne crajgflei-vûus pàs ? moûsieuf Le duc, la eontaaiûn du malheur

— Je ne e rai u s que la violation des saintes prome

e '-î i voua» lieutenant] de donner un dénu ati à mes terreurs, car elles vous seraient futaies ainsi qu'à m"i.

Li duchesse et Florida ml entrées eu même temps dans lr ,;i!yn : La première par In porte de sou appar ment, l.i seconde i ..l- a Ile qui conduisini à U leri isse -In jardin. Leurs prières montèrent au ciel comme des su n ■-. mais, au brusque départ 'lu lieutenant, qui ne voulut point donner sa main â awiui- i.i.i. ■ i ea comprenL que Les douleurs allaicnl rcnailpe, et ipiun crêpe m ûeuil ass m'-.i- ..'i désormais rbôiel.

LE DUC D'ÀLMÉIDA,

Pierre Bonneval, combattu pat dem sentiments oppu w Mail â li fois sur h due et sur son riauteuaniî srm rc- L.ihl Hî^iiflU tontes lés croisées, wrt oreille écoulait a" toutes les ouvertures, Hormis son honneur» il eu) Loul il uni; en ce monde pur d'Alun ida ei Dotomieuj et quand il eut in sortir de l'hôtel d'un f ■ e i ï il o l-i saccadé,

aperçu ce un-ci sorurue i uotni a un pai ra] il com| n' que te calme était â jamais banni de la maison de son bienfaiteur, el il foui Lia euini l'avenir sans y trouver nue consolation*

Lea heures qui précédent les tempêtes physiques sont rapides; v. u mies le roélêore immobile flans l'espace, v kubi croyez entendre La foudre à irnvers le* nu; cuivrés qui m n prison neni, el tous jetei nu douloureux regard sur la campagne riante, parce que, dans i|tie|quèa instants peut-être, elle sera labourée par la grêle El

i voyageuses qui laissent Uni dé désastres sur leur

M :is les heures qui suivent les tempêtes morales sont éternelles; cai\ malgré vous, en dépit ih votre volonté de fer, il ili- quelque énergie que vous vous cuirassiez, Je passe ii naîl en vous avec sa poignante escorta \\\- rfécbi* reun tiîset de désastres; tous n'êtes pies seulement malin u-

11 par l'absence du bonheur que vousrêviei el qui \ous

nil s mri. vous l'êtes plus encore parla certitude que le mal dèroroteur vous conduira jusqu'à la tombe et >o vêtira du môme linceul que vouai

La torture physique qui n'esl l'Ius n'a jamais existé; la ; rture m irale n us cause dés rides au cœur et laisse â

itoFi"-- li"i? mpreïûte sm iTaçablo, elle date de nuire

naissance; h le tl ijri inflexible de lïieu Lui avait indiqué la c lupe nu «'abreuvaient les espéra uce^ pour la remplir d'absinthe et de fiel.

Ce qu'îJ y a de fatal dans celle lutté oâ vous devez succomber, et contre laquelle vous épuiser iet en vain f'Ujte renergii votre conscience, c'est nue Ee vainqueur • sans miséricorde, c'i al qu'il vous raille impitoyablement de vos efforts et tous entraine après Sur, comme lofait l'ou- Li d< Ih.'s amoncelées qu'il sciait dau^ ses b\ ■■■autes évolutions.

À moins que le suicide ne lui vint en aide, d'Almtude, selon l'ordre de la nature, devait disparaître avant IMomi.ii. .f dés lors â celui-ci les extases. .1 la duchesse le partage sans mélange de cette bèaûr-nu*. Virus le voyea, l'enfer et il en lui; il vcmlnît vivre, m is * ivre sans cesse sur un brasier! 1/1 Le I ne choisit donc pas ses damn

Les funèbres idées du duc tourbillonnaient, aaathéme vivant, au sein de 8a demi nie. H ne lui humaient ni (lève ni repos; le soleil éclairait sa misère, rayonnante au milieu des ténèbres; il fuyait tout ce qu'il a va il cherché, îlmbu- C n i l tout ce qu'il irrmvail SOUS -es | a*., ions sa mniji, sons son regard, et il commençait è comprendre le blasphème, lui dévot à tout culte, saint à toute religion consolatrice.

I cependant U paru) y sfoir trêve entre lui el le malheur. Bien certain que k violener moins qde la ejéiici i&Ué

lui il K-r.iii ta victoire, il se rendit un jour seul, i pied,

chez Dolomieu, dont il avait appris la demeure, el frappa hardiment à sa porte.

Le lieutenant fut encore plus étonné qu'effrayé de celle visite; non pas qu'il redoutât une pro vocation, niais parce qu'il connaissait là : ■ 1I11 due, el qu'il craignait

d'être vaincu pur lui eu eénérosil .

Ils s'assirent en face l'un de l'autre, et d'Mmvida pt qu'il était de sn 1 lignite de ne pas laisser longtemps son

adversaire dans L'ii iuide. Aussi, prenant b y le el

reufermanl en lui tonte son émotion, il lii tomber sur le ccrnir de Unloimeu nies acccnis qui devaient y mourir s:uis

écho, car to passion du fougueux jeune Hof e était plus

puissante que jamais,

— ie ne vous cacherai aucune de mes | . dît le

duc, voua les saurez toutes, monsieur &oh ni u. n voua déciderez après de la marche que vous aurez a suivre, lh'- |iuis le jour on vous avez quille tuon hùtcl, le bonheur, un bonheur intime * mélange, profond» semble y avoir élu domicile. Julie île Btrague voua a remercié de votre

■ ie elle m'a remercié de maconlionce. A in tre

retour è la ville, jeu point tremblé pour !» vertu de

là dut d'Aimèida, vertu uni est eu elle comme la ten-

dresse è In niaternité; mais il était île mon (tevinrdu un ! as laisser planer sur elle un SûUpçOO^ el dés Nirs m* 1 priéfrea nrrivèrenl jusque vous pour obtenir un éloisfnement cfiii pouvait noua protéger loua .. Aujiuud'hui, lieuteiirin iiiiien je vienè ^ôus demander un nouveau criliee... Bassurtt-vouj : ce n'est pas une fuite, ces), n 1 1 contraire, un rapprochemenl. La sc>litude est mortelle, le danirer paraît immense quand nu l'envisage de loin, elles h numes taillés pour les nobles dangers les affrontent sans sourcillé r dés; qu'à sonné l'heure du combat, dès que le premier coup de feu a retentir. Mon ttôtel vous est ouvert, monsieur Dolomieu, Julie de Bîrague vous y désire pmtea qirelle m- v<ïirs craint plus, moi parce que je voni estime, y enez, Dolomieu, façônne^fous â l'affectiou réciproque tjni nous lie la duchesse et moi... A distance elle vous épouvante; lorsque vous en serez témoin, elle vous raffermi i,i dans votre devoir, eib ciel bleu, le ciel éEoîlf', i- sndira sur nous sans que le regret oit lr remords devii une mitre hùk%

Chacune d'-s paroles du duc d'Almëul.i éi-tii tombée

unie • goutte de plomb sur la poiirûiâ de Dolomieu.

1 .âj-iv un niége? était-ce la certitude d'un malheuf aoK* Ira lequel d Altnétda luttait eu vain? «"• ' ;i ï r-c-«- nue provotalîofi ou une espérance de Julie? .. Tou es ers que<iien^ Dolomieu se les adressa sons pouvoir répondre â une seule, mais brisé, mais bru lé par mille sentiments opposes dont chacun avait la même violence,

Mi ■ dans iiïuii ■ 1 ■. vagues Inquiétudes, le lietitendnc rda un silenee retléchi: mais, afin de s'assurer ries \v\\taldes Intentions du dur, il continua âon \>\l' de dlsstiuvl» lotion i't répondit .ï celui qu'il venait de provoquéf' :

■ — ne craignez -vous pas, seigneur d*Àl m cida ( que le-, jours présents que vous nYouvreï si beaux fae ac refiétenl un peu dé àèiii qui viennent de sï-leindre dans les larmes h le déâespoi ??;.., L'homme est un ange déchu j il lui l'esté, scion mol, bien peu de chose de sa perfection; Dieu Ta jeté sur l,i terré non pas tarit pour vainere -pie pour combattre, ël celui-là* n'es! pas coupable qui succombe après les efforts les plus héroïques, Si mon amour seul était en jeu. je ne refuserais pas, monsieur le due; nuis

froideur même de madame d 1 Al méîda serallundéfl qu il rue i]r\:riulraiL ini[K»Ssibié de ru.' |'-'S accepter.*. Je TOUS m prie, poursuivit-il, craignant que le duc n> ■■ angedl de)

oiution, ne torturez poinl m;i pensée, elle es! m lie et prt'ci^e, elle «lit ce que je veux dire, a savoir que, al madame la duchesse esi rie moitié dans vos projets» je renonce au voyage qui allait a jamais m'éloigner d'elle et de vous.., ï h iui-ê<ie la résistance nous apprendrait-elle h victoire, a elle él à moi. . J'attends, inonsiédr le duc, vous m*avei compris, je pe&se.

Les armes étaienl êsalcs; des delix côtés il y avait astuce, j'ai! is dira perûdie; mais celle du duc avait quelque chose de si nobté, qu'on devait la lui ^ordonner. Qliani à Dolomieu, il cherchaît a cacher ses projets fu tutti sous itn vernis de ^'nérosite au [del d'Àtméiui dut se laisser prentffë; aussi le noble Portugais hé votiltit-îl pas fermer In lice api-és celle première attaque,

— Ma démarche auprèsde vous, dit-il au lieuleuanl, e>t la r iù;it seul de la haute estime que professe pour

i S ta duchesse; tnoîs elle ignoreines inleui ions Lien arrelees â cel égard; et, soi! que vous oceepliêZj soit que vnuv iri'uii'ï, je suis convaincu jue ton âme, si noble el si pure, ne perdra rien de sa divine essence, l'-utr elle, leur moi, vous 1 Liez plus â redouter lorsque nous croyions .1 tombe fermée sur voua : elle aurai l pleure son am.inl, -...n ii ircu : 1 Ile se serait faîl une religi in Je sa douleur,^ Aujourd'hui il u"v a de pi ce en elfe, pour vous, que son amitié, dont je me fais la caulioD Fous appellerez

comme vous voudrez ce que j appelle, moi, coutianee; cefrt

aiqirenJ

sauvesarde contre là faîliicsse. Vous le voyes, monsieur

1 1 une demi-verte qui apprend le devoir el devient jine

Dolomieu, ma franchise es! égale i la vitre; ne torturés point ma pensée, elle Ht ce -sur je voulais "lire. — Eh bien, répliqua M domieu en se levant, aile/ ip-

pretidre I tme la ducli la visite que j'ai eu l'i -

mur Je recevoir de vous, répétez-lui vos parotes el les

CEOVRES DE JACOrES ARA 00.

miennes, j'attendrai un mot do vous qui m'éloignerc il» 1 Paris on m y retiendra.

I.o due et le Lieutenant se séparèrent comme deux amis îrrt'i . neiliahirs, et la journée s'écoula sans que Dolomieu recul li lettre si vivement attendue.

Le lendemain Pierre Bonne* al liai remit la missive de son mai Lit :

« Monsieur.

« J'ai revu madame la duchesse d'ALmtHda, fort Inquiète de mon absence, mais heureuse de la conlidence que je tut ni faite.

«A chacun de mes sacrifices p<wr .son lion heur, son àme noble cl onéreuse repond par une confinée et une loyauté de principes qui me la rendent chaque jour plus chère.

« Proton dément touchée de Tinterai que m inspire votre douleur si bien* comprise par moi. si fraternellement pardon née par elle, su bouche ouverte pour les pardons et la prière a hissé tomber sur nous de ces douces paroles qui illuminent tout mi avenir eu jetant l'oubli sur les heures les plus sombres de In vie passée.

« Non projet de vous réunir a nous el il ■ s.sayer de ne former à nous trois qu'une seule famille, madame la duchesse n'a pas voulu le combattre el s 1 en rapporte cntîérement à votre délicates • C'est à vous, monsieur, devons décider, car vous seul êtes juge de vos sentiment*.

« Dolomieu, si vous vous reconnaissez fort en présence dn péril, venez : si vous craignez, non pour madame la duchesse, mm pour moi qui suis invulnérable, mais pont vous, il nui l,i lutte pourrait épuiser L'énergie, parles, quittez Paris, puisque I •■ 1 1 •- était votre rAolujion 1 fuyez ceux qui vous aimeront toujours pour les rudes épreuves que le ciel vous impose... Il y a des larmes et peut-être du sang après nu combal sou u- un d'un coté par la ruse et la perfidie, de Paulre par la dignité , La franchise et les droits acquis. Vous le voyez, Dolomieu, madame la duchesse et moi nous vous désirons parce que nous ne vous redoutons pas, parce que nous sommes certains que uni profane encens ne brûlera sur un autel parfumé des plus religieux souvenirs.

a N'est-ce pris, André Dolomieu, que votre réponse ne sera que l 'écho de vol re peu sée intime ? M a dn me la ducliesse el mm* nous l'attendons avec la certitude que vous accepte?, vuire pnrt de bonheur 'la us celui qui ne peut nous

Impper désormais, je l'espère.

« D'ÀméioA, i

Le parti de Dolomieu fut arrêté a l'instant même, Le due se disait fort, donc il était faible; la duchesse provorjitaîl le périlj donc elle ne demandait pas mieux que de succomber.

Les passions, lionnes ou mauvaises, se font une logiqur a part j elles ne dressenl devant elles uni- ]■■< obstacles qu'elles se flattent de renverser; et c* est pour cela qu'elles se jelteut en avant, cl, su us les deviner, an milieu des pièges qui leur son! tendus.

Dolomieu aimait avec d'an tant plus de violence, qu'il regardai I comme un larcin la conquête de d'Àlméida, et il hit semblait impossible que la duchesse ne voulût point rédevenir encore .lu lie de tiira^uc, ne fut-ce qu'en souvenir de la plus adorée des mères.

Quant â lui, grand de Portugal, qui n'avait, selon sa croyance, assuré son triomphe que sur la tristesse et le déroui avenir ni île In jeune orpheline, il devait recevoir le contre-cou [nie ec qu'il appelait insolemment sou bonheur, et il y avait bien des tortures dans les joies qu'il osait se promettre.

Nos premières impressions, tontes fugitives qu'elles paraissent, ont le singulier privilège de se raviver à chaque événement analogue eu opposé; i.i similitude ou le contraste nous les rendent plus puissantes cl plus sacrées; nous répudions les années qui s*a van cent en faveur de celles qui s'éteignent nninstnnl effacées, el voilà pourquoi PAge mur vit de sa jeunesse, vnîl ■ pourquoi la uVeivpUude souri I souvenl aux évolutions du cerceau de l'enfant qui fourbi lion ne autour d'elle.

Dans l'ivresse de ses espérances. Dolomieu se retrouvait une seconde fois en présence de Julie, au salon où ils s'étaient si bien compris d'une parole, d'un regard; îl la rc* trouva il belle de ses dit- huit printemps, radieuse du va sue même de ses pensées, souricuse au bonheur qui lui tend. lit la main pour lui servir d'escorte; il" la revoyait sous sa couronne de Ulas, sons le parfum de son premier sourire ou sous l'émoi h m fébrile de sa première pression de main.

U se demandait ensuite avec orgueil comment le duc ne comprenait pas que sa témérité était une catastrophe.

Si sa réponse lut brève, c'est qu'il craignait trop qu'on ne la discutât eu comité intime, et que la duchesse ne reculai en présence du danger.

11 écrivit :

« Monsieur le duc,

tf J'accepte avec recon naissance Pas Ile protecteur que vus m'offrez chez vous: demain votre m.iison sera ]a mienne, demain deux familles n'en formeront qu'une, â moins que d'ici M madame la duchesse d'Alméida n'en décide autrement.

« André Dolouid . s>

Y eut-il de la joie dans le > ourdela duchesse el du due. eVst possible ; mais ce dut être une de ces joies remplies de terreur qui rn-M> brûlent s.m> noua réchauffer, nue de ces rigides étreintes que vous avez longtemps désirées et qui vous étouffent.

Pau. l'hôtel de d'Alméida* on avait jusque-lé vécu entre les sourires et les larmes, on n'allai! s'y agiter qu'au milieu de terreurs et d'angoisses. 'Aussi, dès que le brave Pierre Bonne t-al eut appris l;i résolution de son maître, qui l'appelait son ami, il -il In droit â lui el fil entendre de i

graves paroles de fr bise, de raison et d'énergie qui ne

tombent jamais stériles sur une âme loyale-

11 se tenait debout, h- iVnur haui; il parlait d'une voix brève el ferme, il était l'égal et non pas le serviteur.

— N'est-ce pas que ça n'est pas, monsieur le duc?

— Qu'est-ce oui n'esl pasi qu'est-ce que tu ^apposes qui est? répondit d'Alméida, qui vit bien, â la direction que

Pierre voulait donner â ses paroles j le hut qu'il se propos.-iît d'atteindre,.

— Des lubies qui passent par la tête de Florida et ansquelles je ne crois pas plus qu'à l'amitié des Anglais pour mon empereur, cloué a Sainte Hélène.

— Voyons, parle, je t* écoute.

— Ce sera court ; je viens vous donner voire congé,

— Tu me renvoies, toi? un si bon, un si fidèle serviteur .

— Oui, monsieur le duc, je vous renvoie, ou, pour parler plus nettement, je vous quitte; je prends mon congé de réfor

if-il que j';nejmentc tes gages?

— Oui, monsieur tu duc, d'un peu plus de confiance; je suis exigeant, et je vais vous en dire le motif: A vingt ans, â Yuigt-cinq, nous battons la breloque des que le petit aveugle se glisse sous la giberne, ûflus le eccur; mais dès qu'il est devenu grand garçon, ou que son duvet a commencé a pousser sur sa levrè, nous devons nous tenir i m garde contre ses ruses, i-ontre ses cMiaerit s, el il me siinhle que vous manquez â la fois d'énergie et de prudence.

— En quoi donc, Pierre? demanda le duc, qui sentait le rouge lui monter au front.

— Pardon encore une fois, poursuivit G on ne va h dont l'affection respectueuse reprenait le dessus au milieu de ses brusqueries de soldat; mais on vient de me donner une nouvelle qui me fait mal, qui me déchire, et dont je crains bien que nous n 'ayons tous à souffrir. Tenez, monsieur le duc, je brusque le mouvement, el j'entre en matière : est-il vrai que le lieutenant Dolomieu doive bientôt venir habiter l'hôtel?

— tlula est vrai.

— B\ bien! c'est une bombe qui éclate au milieu d'un repas de famille; c'esl une fondrière qui s'ouvre snus les pieds; c'est un corps ennemi masqué par un mamelon; bref, c'est une calamité, une déroule, une déhncle.

— Tu ttous calomnies lotis, Pierre,

— Fe si» 1 c lomnîe personne, monsieur le due: vous éics te |ilus généreux des hommes, niAdsimc la duché est Lb plus honnête des femmes, Dotomteu, mon ex-lieu tenant* le plus sincère îles unis; mais, voyez-vous. M faut

aiguille aimantée sur les poudrières, il est impruden!

de filmer au-dessus -1 nti caiss le cartouches, cl quand

h mer moutonne sous lesgiflles âfl la rafale, doîi

pas lancer une embarcation â l'eau. J'ai narré ; suis-je compris de monsieur le dur.'

— Tes craintes n'ont vas le sens .commun, Pierre, ci l'avenir me jusliliera*

— .le nr demande pas mieux» ninis je tu"- n vais.

— Tu mens. Pierre, dil Le duc en lui serrant affectueusement la main: lu v-- j ! ■ que je l'ai me, parce que tu m'aimes aussi, parce que j'ai besoin de lui.

— En ce cas, je vais cons 1er Florida, rjiri vmilaîi aussi faire son paquet, ta bonne fllle; et je \<ms | ■ 1 i • ■ . Monsieur te duc. de regarder notre conversation comme non ave* nue. Sur ce, nonne chance* et que mon empereur veille sur nous tons.

Un mois Après ce* entretien, sur une terrasse attenante au grand salon. d'Àlméids, assis entre Dolomieu ri La duclu ■>>(■. leur dressait les paroles les phi s paternelles,

— N'est-ce pas p mes amis, dis ii-il eu leur pressant L<i rnaîn, n'est-ce pas que In confiance est le bonheur? Je me sens bien entre vous deuij et, plus j';ii souffert, plus je mr repose avec calme dans celle vie nouvelle que vous m'avez faite. Je comprends, monsieur Dolomieu, que ma

niLiaissancc vous rappelle tout ce que vous avez perdu; mais i* avons eu du courage tous trois, et l'estime de

•même est un baume salutaire pour toutes Les blessures de l'Ame. Vous, Julie, vous avez vaincu un amour qui aurait fait li potr de vos meilleurs amîSj vous,

îiolomieu. vous L'avez aidée dans cette lmir généreuse : merci... One sœur, ce moi aussi esl doux à prononcer..* Julie consent à vous appeler son frère.** qu'elle soit votre sœur aînée, et que ce titre sacré devienne le gntfc proleck i ur de noire sécurité commune. V- i-ee pas que le pnssï» n'es! plus snmbrc pour non-

— Vous rendez justice à mes sentiments, dit Julie d'une voix émue, qui ira hissai! une pei lidie ou une douleur.

— Kl vous, André, jmur>uivii d'ÀJmétda, n'aures-vous pas aussi nue parole de consolation l laisser tomber sur mon aine brisée par vos amertumes .'

— Moi, répondîl Dolomieu, dont le regard arrivait incisif sur celui de la duchesse, j'ai puisé ma premi re énergie dans mon inforiune même, et je me reconnais for i/ aujourd'hui, de voiru confiance el de voire loyauté Les méchants ont beau dire, les nobles exemples sont contagieux,

Julie de [rîmgue était pale el tremblante : pile de ses terreurs, n-emU mi-- parce qu'il lui semblait que son premier Liancê acceptait sans honte ia dégradation du mensonge,..

Le dur. nageait dans un océan de perplexité,

— A la bonne heure! dit-il en s'efforçnnt de rendre sa vois caressante, dans celle délicieuse retraite à déni lieues de Paris, Je Jouis d'une tranquillité que les bords du IVi Lf ne m'offrîraïeni pas ilh La, mon appartement... celui d'André prés d'ici.. » celui de Julie prés du mien...

qu'avons- nous h désirer? Dolomieu absent, nous penserons à lui; Dolomieu près de vous, vous parlerez de mot. Je prêche parfois, n'est-ce pas, mes amis, n'est-ce pas, mes lidèles disciples? mais c'est l'Evangile île l'honnête homme. er mes paroles ne tombent pas sur un s.d de oit... Voyons, que faisons-nous ce soir? pou rsni vit-il en ><? levant, la chasse? la pèche? U promenade? Choisisses.

— Je rentre dans mon appartement, dit Julie accablée

sous la ut de poignant es épreuves.

— Et vous, Dolomieu? demanda te duc, bien convaincu ! • tnce qu'il ne quitterait pas le château.

— Moi, je monte â cheval L*.

— Liberté entière... Sl^L y vais appeler Pierre, lui parler de son empereur, de ses batailles, de ses marches

forcées,., Serviteurs el maîtres, chacun ici doit avilir su pari de joie*.. Au revoir, me^ amis, à Loul a rheure!

Dolomieu s'inelinQ, la duches&i Lui tendit une main placée.,* Le duc en eut piiié.

— I>< % t.i réréniiïiHOÏ dit-il eu s'efforça] il de sourire ï sommes-nous dune des élr m&ers le* uns aux autres ' Chacune de ii « paroles n'est-elle pas un écho de nos penu les plus intimes? Nous sommes tous trots de trop bonne maison pour qui- nous ne vivions pas dans nn échaogi parfait de 1. uni th.. de l'Amitié, pas plus, pas moins.

— ■ Au revoir, mon frère.

— An revoir, ma soeur.

I e duc seul resta dans le salon.

J is plus violents efforts ne fureni fails pour cacher

un profond sentiment de haine el de venj ce; jamais li -lo ii leur ne s'abrita sons un voile plus lourd el plus écrasant; chaque parole de mansuétude tombée des lèvri s du duc était une goutte de plomb fondu qui le brûlait, el ses tortures étaient d'autanl plus Doîenanle^ qull épui- •■■u fout ce que li- ciel lui avaîl I d'énergie pour ne pas les laisser au dehoi

Prrr la pensée il accompagna madame h iluHn ■■' drins son appartement, et il lu vil luirieuse an double opprobre qu'elle sinfliiicail .ï elle-même, el de celui dont elle dégradai! le plus générons des hommes.

Ans-;! ses projets, encore indécis dans s. m Ame, pre* naient-ils une teinte de sang qui la faisaît fri-sunoiT ; ii épiait le dernier regard de l'être iulïrna! qui lui valait une si poignante agonie* il suivait le dernier balteme de ses artères, el il dem ndatl si Dieu ne punissait point h- parjure au delà de la tombe.

Quant an complice de ta ni de perfidies, le due cherchai I â l'absoudre par l'irrésistible ascendant que Julie de Bi- : ne di vaït avoir exercé sur lui et pourtant il le faisait solidaire au crime.

Silencieux comme le nuage cuivré dont lis lianes ne sonl | ucore ouverts à la foudre qui va le déchirer, l infortuné p rcourail le salon i grands pas, il se heurtait à ions Les meubles, il ècouiiiîr à toutes les portes, il entendait retentir a son coBur el .ï ses w\ ilïes syllabes siuislrcs, el il pleurait, el il se frappai! La poiirii et il invoquait la mort, qu'il cherchait à fuir un instant plus lard, pour ne pas laisser dans leurs joies sans amertume les deux infinies ligués pour sou martyre.

Oh ! si, en fouillant dtms les y publiées de sa *ir t il v avait trouvé la justification de ses tortures, il n'aurait plus hésité â se livrer [ont entier à la colère celés'. ; ruais nul remords ne pesai I sur sa cou scie ne a dltounâ te homme, et il se révoltai! contre le suprême arbitre, qui ne^ lui tenaii pi rtttpLe de ses sacrifices ei d ses déchirements^

*.. La douleur i sse à Hmpiêlê.

D'Àlméida tenaii sa tète dans ses deux m tins; pois, se releva ni comme sous une sec msse galvanique :

— Lis iuià s'écria-t-il. Ou! il y ,.ma bien des hontes après tanl de lâchetés!.^ Mi résolution esl irrévoc ble..,iout «-i fuel... quen'aî-je pasfait,ô mon Dieui

ir jeter le remords dans lenrftme! J'aurais pardonne, oui, j'aurais peut-ëin consenti à une séparation' Mais non, louïours des , s, luujours rie l hypocrisie, Et

mes yeux épuisés - sans larmes pour mon mal! eur. I.i

vengeance aju-es le Llè»e-puîr : oui, une ve terrible

et di-ne d*i l'outrage. A vous donc lebouheoi aujourd'hui, monsieur Dolomieu, et vous verres demain >i celui que vou- envies n'esl pas un fardeau qui écrase. Quant a vous, madame U duchesse, priursoivii-il d'une voix phts sombre et plus pénétrée, vous n'aurez pas la joie du ums en f.uit une part et je vous la réserve égale â toutes celles que vous me dnuii. /..., Vous m'a?ej appris l'ingratitude. .

II allait sortir etchercbnii des inspiration» d lus les Iremtssemenls de roraee qui grondait, lorsque entra Pierre Bonneval, son intendant, son Adèle serviteur, sou ami.

— Te voilà. Liern ! , #

— Oui, monsieur le duc, me voilà seul, pensif, résolu et irrésolu i la fois ; aussi, u est-ce pas vous que je cherchais.

UEUVIUIS M JATil! S àRÀGO,

— Tant pis, car j'aime a Le vuîr P mou u mes eôl langeant te parole lidélc contre la mienne.., Tu ne tais

pas, Pierre, on ne m'aime pat A us ce elniicau.

— Vous croyez; monsieur le duc ?

— -J'en finis si\r,

— Moi aussi, dit Bonneval dune voix sombre et à demi articulée,

— Ki In ne me disais rien*

— Fanion, monsieur le toc, je piétine, je grince, je prie, je menace» joue 41 ce pas... El main tenant, poursuivîtil d'un (un pins ferme, puisque le coup est porté, puisque vous savez tout, mon rôle de dévmiemeuL commence; j'irai on vous voudrez, monsieur le duc, la ou là, au nord on an sud, sur lenv ou sur mer, peu m'importe; je vous suivrai parioui comme un bon serviteur, comme un caniche dci ■ comme un Bdcle esclave je pleurerai

avec vous, qui pleures *i souvent en secret; je me baignerai dans vos Larmes, et ÎJ me semble que vous souffrirez moins,

— Des pleurs! encore des pleura! *ocrip d'Almi-ida. en

se déchirant la poitrine, c'est du sPiig* qu'il me faut,

— Je vous en ai déjà" diurne, monsieur Le due, poursuivît Pierre d'un ion mystérieux.

— Gomraeitl cola?

— IliiY, pas plus laid qu'hier, j'ai vu lu misérable auteur ili tout le nul iini nous arrive**- Il était ici,., Florida m'en n fait la cunlidnieo,,. iC 1 1-e n du Imn par moments, telle jeune hllrî... Je l'ai cherche, je l'ai trouvé, je l'ai provoqué de la parole et du e,.. Je crois même que h geste a précède la parole... il a consenti enfin à se bat*

tre «ver un priys:in, comme il disait hi-Uis; et s'il en rérliappi- c'est 411e Dieu fera un nouveau miracle.

— De qui perleMn l demanda le due eu évoquanl ions ses souvenirs île ripiiil.

— De I homme que vmts méprisez el qui mérite votre mépris, d*uu misérablequejebijisét qui a droit à la haine de Loua las gêna de coeur»

— y ni donc? parle; qui donc?

— Vous ne devinez pas |

— PïirSe vite, le dis-jel...

— I)'uu coquin que vous |voï déjà châtié une fais ii titâmbre et qui n'aura plus envie d<* continuer sis perfidies et ses dilutions..* d'un noble, d'un tïiiind de Porlugai avec lit eroii d'or au coté, a qui ce bras vient d'ouvrir une porte qu'il ne franchira plus, j'espère,

— Pinte .'

— José Pbltûl vous Pavez nommé; ce nom exécré me déchirai! les lèvres ; je voua remercie* monsieur le duc, de ma voir épargné cette douleur,

— Il esi ici"/"

— Il v était,

— Tu l'as Lu

— Cela se peut, h. ou il ne s'en faut guère; car je n'y allais pas de main morte, et sa présence parmi nous élan une calamité !..

— Mais cet infâme m'appartenait 1 s'écria le due avec un îm ne accent de reproche,

— Pardon, nmn&ieur le duc, il m'appartenait aussi, car Florida me L*avait recommandé; je m en suis emparé» il èiiiii ili' bonne prise i i-aî maraudé à volve profit et au mien... Punissez-moi* si vous voulez, mais je suis sûr que vohv i ment sera paternel

— Tuas rail là ce que je devais Taire, dit d'Àlméida en pressant a (for in eu «ami eut 1 1 main de ion / ■ serviteur.

— Vous ne vous en seriez pas mieux acquitté que i,

répondu Bonneval avec un sourire de gratitude qui toucha p fondement le duc; et s'il sait quoique chose mainte*

c'est qu'un bras de roturier a du sang rouge et chaud dans les veines» c'est que dans une poitrine île roturier bal souvent un cœur de gentil h omn

— Mon brav-e amii dit Je duc avec un lot à demi

PlOllf:

— Me parlons plus de ça, monsieur Le duc, c'est une

affaire bâclée; L'entaille a été rude, elle ne *c I era pas

de sitôt... Parlons de voua, de 10a douleurs,

— Elles me brûlent, Pierre!

<— Oui, cela doit être!...

— Tu te comprends, Bonneval, lui UiujL rflmc ■ il ouverte â toutes les générosités; plus on a élé noble et màgnanïme, plus l'outrage - anglai

— ICt roua vous êtes mou ire si généreux!

— Que veux,*lu, Pierre? je Les limais Laul» les ingrats !

— Voulez- vous m'en croire? partons, fuyons ces lieux maudits ou 1 m\ est amertume ; ur vous et pou 1 ceui qui vous bénissent; venez vous réchauffer au soleil de voire pays, abandonm 7 tes ingrats i leurs remords; cl moi, votre fidèle jusqu'à la tombe, je serai là, pr > de vous, vous serrant la main, vous 1 eanl contre votre d ■■ noîrj et quand celin qui es! I.vhaul vous appellera, voire dernier regard >e plongera dans le mien, voire dernière parole se perdra dans la mienne, el elles monteront au ciel comme Jeux soeurs aimées,

— Va, Pierre, il 11 y a de ciel il de Dieu que pour les lâches,

— Vous blasphémez, r sieur le duc, il y a un Dieu

pour ceux qui souffrent...

t — Je Le saurai ce soir, poursuivit d'Alméida d'une voïi ténébreuse... Je sors.,, j'ai liesoin d'un peu d'air, j 0touffe... A ce soir, Pierre, à ce soir... reviens, je t'attends, lu in; m a ban il n u tiens pas, toi.

— Pardon, monsieur le duc, mais je ne vous (mille \< Quand le chêne se courbe el crie sous l'orage, il faut un

appui,,, je ne vous quille pas.

I-1 «lut: allait sortir; la porte — Où allaK-lu.' 'km n h le tluc en s canl de déro-

• lue allait sortir; la porte l'ouvrit, Florida entrait.

her son émotion et ses terreurs a la jeune camériste,

— .r^ikliiis savoir si madame avait besoin de mes services, répondit U jeune Portugaise en balbutiant , contrairement a ses habivudi

— D\>iï viens-tu l

— Me cueillir pour elle ce bou |uel dans le jardin.. *■'■ si mon devoir de tous les [oui

— Elle ment: dit nui! bas Pierre, elle en sera punie*

— Parle-le-lui, poursuivi! te duc; je le remercie de t* ■

attentions; tu es une excellente lilte, tu seras ti>i-

épouse,,. Purle^e-Lui : madame h duchesse est hem

ujourd'hui.

— Il y a quulque chose de fatal daus toutes ces paroi innrjjjin'. rr.

— Va, Florida I puis in la Laisseras seule, enl nds-tu? in i.i laisseras seule!... Ja veux qu'elle soit seule..,

— ÛuL monsieur le duc, "lit. Florida ton le tremblante

et jetant tour â loue un regard inquiet sur Pierre et sur

"iÏnSiiULL! L

'un p'js précipité, lu

n maître, dont la pâleur \a Laisaii frisson ner.

— Pierre, dit le duc eti sortant d'i vas me n juin die.

— Oui, monsû ur le duc-, mais... oi'i donc?

— Dana Le jardin, â l'allée des filleuls.. . Il m'a seml

t*y voir cette n u il.

— J'irai, monsieur le due, Puis, se [ il à lui-mêj S'il m'a vu, il a il îi eu voir d'autres, &e dit-il... IJul- de mail leurs, mon Dieu !

Restés seuls, Plorid 1 el Bonne val se regardèrent longtemps eu silène , ce! ut-ci afin de chercbi r en lui-rue Les moyens d'éluder Les questions que L'indiscréle pourrait lui adresser, celle-là | r préparer son plan d'attaquer

r un seul mol tir !■" conversation précédente avait nilumé eu elle un vif sentiment de jalousie.

— Il parait, dit-elle â Pierre de son organe le plus timbré, que La nuit a y--* 1 belle pour vous, puisque vous I h/. |i dans le jardin.

— Monsieur h- duc a mal vu* répondit Bonneval assez de rudesse, la nuit était sombre, cl les jaloux s

toujours double,

-^ Ou trouble, interrompit la camirisle; c'est \ maïs il est certain que vous étiea celle nuit 'latin l'j des tilleuls, el bien ceriatnemenl ce a'élail pas pom faire doux fi ceti Lue de marbre blanc qui

prend un bain de pieds dans le bassin,

ftun, ce n'est pas pour elle ! répondit Pierre étourdi-

nieni-

— Ah! vous v étiez donc?

— l'îutv dit tout bas Donne val cji st: mordant h ■ lèvres.

ï>tTC D'ALMÉIIU.

uu

— Vous y étfel, lierre, je l y ni vu.

— He l'espionnage!

— Ile la jalousie, cl pas nul n- ohose; mais une jalousie profonde, incisive; une jalousie qui prive de sommeil, qui hit battra la campagne â la tête h plu» solide; une ji ouste comme on uW éprouve qu'à dix- huit ans lorsqu'on se seul pour la première foii i la chaîne. Lorsqu'on

a se faire une: vie a deoi, lorsqu'on aime enfin par tous les sens.,* fintendes>fon8 bien Cela, Pierre.' y*, peux voua le dire anjourd Ij ■ i ï . car je ne m appartiens plu»; je vous Ri longtemps aimé en silence, parce que je craignais d'ai« m or seule, et que toute passion a sa dignité... mais aujourd'hui que vous m'avez dit que vous mYiinn , aussi,

voue,.*

— Jr vous l'ai dit ! moi ! interrompit F ierre* tout fier

de si (telle maîtresse.

— Oui, m E'ei dit, sergent de malheur,

— JV ne l'ai pas parié,

— Est-ce <;ii""ii a besoin de paroles pour exprimer une passion?*.. Un mol, une syllabe, on geste, un soupir, le

lence, tout bavarde quand on esi pri

— Je n'ai pas -eu-iiinLiL ouvert la bouche*

(. te bourrade reçue A l'office par Gémis, <|iii me cajolai! le gros joullÈu qu il est, et qui est allé tomber au (iiî Tond du buffet, comme un potiron, ta ne dit-il pas |n« Ique chose?

— \\\ ne dit rir-ri.

— Ça dit tout, «1 lu m'aimes, Pierre-, ne l'en défends pas ; lu m'aimes d'autant plus, que tu ne voulais pas aine t ;..* lu m 'aimes comme un brave îinmme que lu es,

mme un brave mari que m feras.

— Eh bien! oui, je ne m'en défends plus, j'ai perdu la bAlaille, je suis prisonnier de guerre* je t'aime, Floride, non p.:s comme un blanc-bec, non pas comme un fou, m comme un homme rêJlechî, sérieux... je t'aime, jeune fille, parce que tu n'a unis jamais à donner qu'un

sur el une main.

— Tu le tr |" \ Pierre, poursuivit la Porta] ivre

! joie, deux mains et un cœur : un cœur pour le mari, 'i= us mains pour souffleter ses trahisons*,, Tiens, je ne sais pas, Pierre, si !ieuesi asses puissant pour le récimijeii er de (es douces pa Maintenant, vienm-ut h j s

douleurs, la vieillesse* le mort, peti m'importe; in mV aimée un jour, une heure, un Instant, lu me las dit, jo n'en oYmande pas davantage, Lu m'as donné une éternité de bonheur,

— Noble jeune lillel dit Bonueval en pressant les mains a la helte camérisle, soit, je l'aime, msiè, je t'en préviens, Floride, pas -le bonheur cuire nous ,'. moins qu'il d y en

entre le duc et la duchesse,

— Alors qu'ils se rb pèchent donc»

— Tâchons de les y aid<

— Ce sera difficile, dit Ftorîda, tant 411c le Lieutenant ne mourra pns ut onde fois,

— L'es, une idée! reprit Bonne val.

— ( uix-iu dire, Pii rre?

Suffit t iis-toî, c'est la dans mon cerveau, ça a bej il" mûrir c'est à peine éclos„H je me 1 ronds.,. je n'en d il pas davantage.*» Je vais rejoindi le duc, ijui m'attend pour me donner des ordres .* Il y 1 (les hommes qui sont toujours trop loin de nous quand ils fte sujii pas â nos côu's. el le duc est de ceux-là.

— ln*pîre-tot, I ierre, dit fllorîda, qui souffrait du frein qu'on Imposait à sa curiosité.

— Par quel moyen?

— Un baiser, cela donne de l'esprit,

— hi du bonheur, dit Pierre en (embrassant,

Fuis H sortit à pas précipités pour se rendre a l'ail • des tilleuls*

Nous lavons dit, ce nous semble, le malheur a aussi paifûï sourires, alors surtout qu'il ne s'isole pas complet ement, et qu'il ose n . irder luiour de lui.

Le pervers, seul, n'.i jamais pleuré sur l'infortune d'autrui, et notre monde n'es! p 1 corrompu, que le

Ion al due trouve sui son chemin un Unis nc.i pour -courir*

Tant ce qui entourait le due d'Alméida et !■ ducbi

avait deux âmes.** une seule n'aurait pas sufti [mx tortures qu'elles voulaient amoindrir.

f- ■■ premières amours de Pierre pour la belle Portugaise avaient pris un caractère de gravité dont J I Stait

horriblement blessée, el cependant elUMiumH' r imen*

çail peut-être à comprendre que h passion de Bo une val ne devait pas remplir toute sa vie.

Etait-ce de l'inconstance, de L'infidélité '.' Gardi /■ de le croire.

I.' sergent de malheur d'autrefois était toujours le dom d'aujourd'hui; un de >.- s rs devenait nu or* drc. une de ses volontés un fait accompli*

pu pleurait dans les appartements de la duchesse, on brûlait dans ceux du duc* et la jrui.î Coïmbrese

sérail crue ingrate el l '■■ il pas mendié une

bonne part de tant d'amertumes,

JJ uant à Pierre Bonueval, vous connaissez cette nature privilégiée, r. -ir chaud, nassi mué, celte âme forte ■ [ovale a l'épreuve de toutes les déceptions*

Eh bien! il n'a fait que grandir dans l'estime do soimême, el s'il plonge un ve- ,( iri| sévère au fond dir sa conscience, il In trouve en parfaite harmonie avec les obli Lions ■( ne Dieu lui a impo.

Le brave soldat se demandait souvent s'il n'était pas ingrat d'avoir attiédi son affection pour le lîeulcnanl par celle qui le domina il maintenant pour le duc, et le (résultat de cet examen étail une absolution*

Bonneva] regardai l In reconnaissance comme la premîéredea vertu

L'ingrat, a ses yeux, n'a qu'un vice, ingratitude: et, ce qui l'avait te plus vivement attaché au duc d'Àlméîda, c'est In ei mfiance, la tendresse vraiment paternelle dont le noble Portugais l'honorait : les grands ont bien tort de ne pas se rapetisser, l'orgueil désapprend la rr* terni té- La dnrlie.se, le duc r Solomieu et Florida, voîla toute la vie de Pirrrn ïïonnevnL

Pour la duel it fait impie; ] ■■ = 1 1 1- h- iln.\ j]

se sérail jeté dans un l •■; pour son Ueuten ni, il aurait attaqué seul uni 1 redoute; pour la jeune Portugaise, il eût dëd ligné la plus belle fort une, le sourire le plus enivrant

El, vous le voyez, cet homme si [eune enoore, auccombersous h: imiils dr s devoirs qu'il s*esl imposés dans sninfe religion.

Ah! cVst que toute violente tendresse est superstitieuse; ces! que celle de Bonueval comprenail <!ëjâ que Je dénoûment de l>i lutte er e dans I hôtel du duc «L'AInii'Lil 1 serait une c.tnsl fruppEinl au coeur Ceux qui

lui survivraient.**

I , seul esU l'abri de c« an ■.«.««■l'ab-

sondre, nous le c- m prenons.

Ce qu'offrait deremarquahle Fhdlel du noM'- i s,

c*es1 que les confidences descendaient, ces! cfii\ laieot, sans être sollicitées, des grande mai ires aux serviteurs, ei qu'on semblait n'attendre de consolation que de ceux-là,

La vanité de Florida s'accommodnil â merveille àei condescendance; maïs Pierre, plus pieux, comprenait combien en devail ouftrir il'un tel esclavage; et il n'aurai I jamais voulu agir que >r inspirai!

lussÎ était-ce pl'esque toujours avec terreur qu'il trouvai 1 ^i"i] » seul auprès du duc ou «le la duchesse, 41M al aienl incessîimment au-dévanl de lui.

Horchons dans le drame, et courons vers le dénomment, que «s ne conn lissons pas *'\ core.

Nous a * a ons laissé La jeune el belle Portugaise Reuîe< radieuse de l'amour de I ierre, se |ir<iinenni[ .1 grands ; ila us le salon du duc el se parlant a elLe-ménu iutûus-la.

— \Jn brave g rç -:i que je me donne lé ! disait-elle; un mari comme on n'en trouverait pas dans tout le Portugal; aussi je l'aime*., que ça m'en fail peuri.... -Vais que pasM'-"t-il doue dans le c llçau : Si je fais un pas» • m h i Iut -.ur une vipère; si je rentis une lettre, i! m-

. I • 1 "i-L li: ci' 1 du |i : si -n me parle c'esl te son dune cloche fuinbn... Us mil tous fait la paix ici: mon maître les a embrassés ce matin avec amitié i ruais je

crains bien que celle amitié-là ne soit que de la haine, et les embrasscmeuts un étau de fer.*. Ma Foi, si c'est là de l'amour, je ne sais pas comme on se déteste,

La duchesse avait i- gaiement ses boutée de rê flexion, j'allais dire de iristesse; et si quelqu'un avait pénétré le matin dans son appartement, il l'aurai l vue, S genoux,

implorant 3a clémence du ciel, non point ] uni- faute

Commise, juin point pour nu pardon â obtenir, mois pour lui demander avec des larmes le bonheur de son noble époux,

La ferveur de ses prières l'avail consolée elle-même, car rien ncsl paternel comme la religion ; et la vertueuse femme s'était surprise un sourire sur les Sèvres et une joie au cœur,

lb'-hjsl elle m Vu avaîi re| rrulaut pas fini encore avec la Lutte engagée ; tombée sur son fautenU, madame la ducb crise d'Almêîdû était redevenue, quelques instants plus Tard, Julie de Birague; et de grosses larmes, perles sans taches, coulèrent de ses jeux comme un funeste avertissement

Elle se jela de nouveau â genoux, absorbée dans une pensée iniimc, profonde, qui la rendit immobile comme I:l statue de la m éditai ion; puis, se relevant tout a coup, elle s'approcha de son secrétaire et écrivit; i gui? noua le saurons peut-être, mais elle ne se reconnnissait pas criiiiiiH-Ele sans doute, puisqu'elle laissa la porte de son cabinet à demi entrouverte, et que le duc entrait presque toujours sans se faire annoncer,

La lettre achevée, elle la lut dune vois éteinte, la cacheta, et chemina â pas indurés comme indécise de sa résolution première; elle arriva à rentrée du salon, où elle ne s'attendait pas à trouver sa camêriste.

Toutes deux ëYliau^-n-nt un regard s ympathique; celui de ki duchesse disait la bien vei fiance, celui île Hurida l'affection; la prunelle de la duchesse était dominatrice : malgré son tpebable douceur, elle semblait eu ce moment demander grâce, el colle de Fiorida, devenue rayonnante, encourageait une confidence qui flattait sa vanité plus que ne leùt lait la plus belle parure.

Les vuiîà toutes deux.

Changes les vêtements, et vous placerez la puissance la où est ta servitude, mais une servitude dfene, une servi- Mule qui relève au lieu d'abaisser, puisqu'elle iveut dire dévouement*

Ecoutons maintenant les deux jeunes femmes, â peu prés du même à^y :

— Que faisais -tu lé, mon enfant?

— Votre enfant pensait, madame la duche&se*

— Cela conside-t-il?

— Gela occupe* et le désœuvrement, c'est la mort.

— Quel vilain mot tu viens de prononcer!

— Mais non, madame; la mort, comme je L'entends, c'est le sommeil du cœur et de la tête; la mort, c'est Hsolement.

— L'abandon, V isolement de tout ce qui nous entoure,

— Ceux qui sont partis de fie monde cscorlés de tendresse, de larmes, de regrets, de bénédictions, oeux-là ne sont pas mûris, ils vivent dans nos souvenirs, dans nos âmes; et, comme rien n'est aussi voyageur que la pensée, la nôtre iève le marbre, fouille la Icnv, ouvre le cercueil, se baigne dans un regard lileint, et presse encore avec amour nue main immobile et glacée,

— Tu es bien heureuse, F lu rida, de le faire une philosophie si consolante.

— Ah ï madame, elle n'est pas toujours en moi, elle vient par boutades, même (pi and je lui ferme la porte qu'elle ouvre avec violence, parce qu'elle est généreuse et quelle sourit â tout ce qui n'est pas méchant ici bas.

— A ton avis, les joies nous viennent donc a volonté?

— Non, madame» ce n*est pas ce que j'ai voulu dire : les joies sont paresseuses quand ou les appelle, elles n'ou'l d'activité que pour nous fuir; mais, voyez-vous, madame la duchesse, lorsqu'on peut regarder sans ter rem derrière soi, on trouve le ciel plus bleu, les étoiles plus brillantes, k brise plus folle, la Heur plus embaumée, le sourire plus consolant.

— Il il donc as-tu appris ces choses? Tu le vois, FlorMtt, je cherche un guide

— Ces chnses-là, comme vous dites, madame la duchesse, ne s'apprennent pas, elles naissent avec nuis, nous accompagnent dès notre entrée dans ia vie; «Iles nous bercent, et nous nous endormons de notre dernier

ruineil en les caressant de notre dernier regard, en les saluant de notre dernière parole.

— Je (e i mi prendrais a merveille, dît la duchesse avec nu profond soupir, si poire vie u était qu'eu nous, si d'au. très souvent ne s'en paraient de noire destinée,

— Ah! voilà, poursuivit la eamërisie prise au dépourvu cl poussée dans ses derniers retraiiHjemrnts, notre volonté est parfois vaincue pnr la volonté d'un autre, et, par malheur, cet autre Dons domine risse/ pour que nous soyons

us force contre lui.... Al h ■/. allez, madame la duchés continua la jim ne Portugaise en levant ses beaux yeux au CÎ4 1. j*aï beaucoup appris depuis peu, et vous savez quel «■s! imm maître

— Est-ce que tu as a te plaindre de sa rigueur?

— Pas trop, madame, unis c'est lui qui ne se plaint pas assez des miennes.

— Je croîs pourtant qu'il t'aime beaucoup.

— Quand nous aimons un peu, madame, c'est toujours trop ; quand nous aimons beaucoup! ce n'est pas assez,

— Il faut être modéré dans ses exigences*

— Mue voulez-vous? â Coimbre, ma m Ile natale, quand on a seize ans, on aîmec ne siffle la brise» comme mûrît la grenade, comme glisse le ruisseau; pour une tille de seize ans, l'amour, ces I le jour qui Liait, c'est la nuit i|ni ûous voile; l'amour, c'est la fleur qui se colore, c'est le nuage qui passe, c'esi réclair qui brille, c'est la foudre qui gronde;. ♦* l'amour, c*est la prairie, le vallon, la montagne, la chaumière ou le château*, l'amour, c'eut un éventail, c'est un stylet; l'amour, c'esi lotit cela: qui

m prendra l'amour autrement ne sera jamais â Floride

— Mais alors il ne fallait pas quitter Coïmbre, il ne fallait pas dire adieu au Portugal.

— P.irdon, madame la dm lusse; mais pour moi Coimbre est Paris, et le Porlug il la I rince, puisque Pierre y est venu avec vous, avec >1 le due... -S uts ne voyageons pas seul;, nous emportons souvent la pairie avec nous.

— Et avec nous voyagent aussi les tristesses et les désillusions. Ko le crains-tu pas, Florida?

— Je le crains, madame, dit la jeune fille en pressant respectueusement la main de sa mai tresse; cela est, et cela est une injustice : quand nous avons Luit fait pour nous soumettre aux volontés du destin, ne devrait il pas nous tenir coin [i te de notre soumission ?

— Le destin i ses privilèges, dit la duchesse avec des larmes du us la voii; soumet ion s- nous, peut-être nous ré-

ve-iil le calme après les rigueurs.

— Eh bien, madame, c'est à cette pensée que vous devea vous attacher; et. pour ne pas vous en distraire, je vous demande la permission d'aller rejoindre frmm .il.

>'i>u, ivsie t dii hi duchesse; j'ai encore besoin de toi*

— J'obéis.

— Où esi-H? demanda la duchesse, presqur certaine que Fiorida éluderait la question sans oser pourtant tout à fait désobéir.

— monsieur le duc dil la eamérisle.

— Oui... monsieur le duc, el puis... l'autre, le lieuteniniDulomicii, dont il m'est permis de parler depuis que je ne l'aime plus que comme un frère.

— Le lieutenant Uoiomieu, pour qui vous n'avez, madame la duchesse, qu'une affection de sœur, ce qui rend ici tout le monde bien heureux, est là, dans sa chambre, seul, désolé, agité, comme s'il ue devait pas être neureu* aussi, lui... Je l'ai vu ce matin, toul â V heure, il m'a ordonné de VOUS apporter c« bouquet.

— Il ne fallait pas obéir; il esL des ordres au* n'est point coupable de désobéir; on ne doit jamais se faire complice d'une action blâmable, M. le duc était ici na-

re. ce me semble.

— Oui, madame la duchesse.

~- Il n*a pas demandé où J et aïs î

LE DUC I) 'AL .M El 11 A

iliv'iiujiiji!! uli tdhvre) (I^^t: G

— Pardon, maihmè In duchés^. Sm rtttord t-lnîl ]-lc-in dVmerliimc t sa proie saccadée; on eût d'il qu'il y nv.iil des Larmes dans ses sourires, madame la duchesse. Son cœur est bien malade; tout le monde le ptaini an château, tout le monde pourtant devrai importer ênviç.

— Il esi malade: dis-m ; in-âs ta guerôon, ûû 1;m'ih'cher? on la trouver

— S'il partait?... dit Florîda dune voix timîiie et avec une tiileui -i. qui ne pouvail êcha|.].rr i la duchesse, ce aérait peu l -être un remède efficace.

— lie qui wut-tu parler, Plorida?

— Madame la duclc ouffre beaucoup aussi ; et moi, ïauvre orpheline qui ne voudrais point de tri dans 'hôtel du noble duc d'Ahuri h. je me d> mande pourqu i es servi Leurs dévoués n'ont pu* le pouvoir de la .

pour eus seuls.

— Hélas î mon enfant, la Fortune ne m- 1 point à Pabri des rigueurs du sort; H semble vouloir nous punir des faveurs qu'il nous donne, et chacune de ■ paroles esl

une menace... J'en us quelque chose, va; mes forces s'é puisent, ma 'i' 1 s'en va dans les angoisses do celui que t'aime, que je dois aimer, que je révère, et qui if est pas uYiix de r amour pour lui.

— Je le crois bien ' se dit Honda en elle-même; le dur a la conscience du peu qu'on lui donne, et le brave homme mérite davantage.

— Tiens. Florîda, reprit la duchesse après nu violent efforl sur elle-même, rémois cette lettre au lieutenant Do* J^jiiii ii: ne perds pas un instant, va, refuse sa réponse,

Lse-rJn, quelque prière uull t'adresse, i|ur1i|ue menace qu'il <■■ fasse entendre,., Est-il sorti? poursai vit-elle, espérant que la cainérisie lui ferait une réponse indirecte.

— je vous l'ai dit, madame, rèpondil Plorida, qui voulait brusquer le dénoùment d'une conversation où l*- 1

rôle n'appartenait point i si noble maîtresse, il est la, dans son appartement*

— Bien affligé, n'est-ce pas?

— Mil madame, M, ïeduc faisait mal a voir ce malin

ÏUVftKS IMC JACQUES ARÀGO.

tous Les serviteurs J^ In maison pleuraient en le voyant passer, le fronl pile, Les yeux abattu*.,. Il allait, puis il

revenait sur ses pas, puis il ;iva^t l'air de ne pas j>

apercevoir, puis encore il nous saluait amicalement de la main quand nous n'étions plus près de lui,.. Le deuil est général au château,

— Je su lus lu réprobation de Loua*,, il il h duchesse de manière i n'être entendue que de ion CûfHjr; chacun me devine, chacun Ml, sur mon visage les pensées qui me dévoient, et nul ne trouve un mol p mr me donner du courage*., Orna mère! ma mère! protege-moi! sauve-moi ï Si lu ne viens à mon secours, ù ma sainte mère! je sais perdue !...

Il y eul un moment de silente, nous allions écrire tic réaction: on eul dit <;ii'iiii souflïe divin venait de descendre il Vu Inut et d'Illuminer la duchesse d'une flamme plus pure*

— N'est-ée pas, s'écria-t-elle fébrilement et en a'adreasi ni â l-lnrida, n'est-ce pas que c'est un ecEur noble et magnanime? n'est-ce pris qu'il y aurait infamie à trahir sa confiance] ;\ ne pas lui rendre iei i pour tendresse?

— Madame dit vrai, répondit la jaune fille, convertie depuis ■ ; « 1 1 ■ ! 1 1 « n ■ temps nui sentiments de dêliratessr r-r dr pudeur; M. le duc ne sali qu'aimer, bénir el pleurer. Ni

et moi nous pleurons aussi, madame, sur les mauvais

j "s de Rf. le uuc, et tons les soirs nous nous couchons

avec une douleur de plus à L'Ame, carie lendemain se lève toujours plus triste et plus décoloré,

— Vous ne pleurerez plus désormais I dit la duchés -iil 'h m: 1 voii résolue et que vous eussiez dite inspirée. Toi, ma Bdéîe eaméristo, coi. imm amïc, dont Les soins me sont si précieux, remets « «ne lettre au lieutenant el viens sans retard m'apprendra le retour de mon mari... Je me sens [dus forte â ses cotés, je me sens plus heureuse quand son regard se repose sur le mien... Va, Floride, je t'attends.

Puis, en sortant, elle se répéta le ni bas:

— Que me dira !<■ duc? que lui dirai -je, hélas? Toutes ses terreurs, tous ses déchirements, lui viennent do moi.

Restée seule, Florida si- promena d'abord à pas lents, le billet à la main, sans oser la regarder; puis, suivant par la pensée son Infortunée maîtresse :

— Cela est bon comme le pain bîmit à la chapelle de de, et pour Uni cela rend mat heureux tout ce qui l'approche... yue demande-t«i Ile à Dieu dan* ses prières? car elle prie souvent, l'honnête femme 3 Dieu smil le saitj Dl il me semble qu il devrait hil venir en aide, lui qui cs-t si puissant**. Une lellie d'elle au lieutenant Dolomieu!. , Les pleurs n'ont na> cessé de couler. Il y a là du désespoir pour l'un, de 1 ivresse pour l'autre.,, A qui l'ivresse qui h- ■ !■ sesnoir? Oli ! si je pouvais ne pas obéir!

La porte de Dolomieu s'ouvrit à ces réflexions de la cariste, qui se trouva près pie à ses cotes sans l'avoir aperçu; il était dans une agi la tien extrême; il se lord ait dans ses combats de chaque jour, et Ton devinait qu'il voulaii provoquer la lin de la crise.

— Toi ici 7 dil Dolomieu d'une lèvre altérée,

— Je le croîs.

— Kl M. le due ?

— Dans son appartement,

— Et madame la duchesse?

de lui sans doute, le caressant, du regard cl de la parole,

— Dis, Florida, comprend s- lu un de ces amours mal heureux qui hrùhml el muduiseiil en enfer/

— Je ne comprends que ceux qui consolent ei mènent en paradis.

— * Tu «s bîon heureuse, mais nmi je souffre, mou enfant: chacun des balkum-nis de r cu-nresl une torture,

el si lu te vem, o la plus généreuse des Animes: mon su p pt r ce US 80 ra a l' i 1 1 > \ «i 1 1 L même *

— Et celui lTuii autre commencera, in si-ce pasî répondit la Portugaise, bien décidàoi ne pas obéir.

— Florida, aimea-tn la nuitressi

— Plus que ma patronne, autant «pie Pierre Bonne val.

— Alors je suis .sauvé.., doune-lm cette lettre.

— Alors vous êtes perdu, car je ne la lui donnerai pas<

Pleurez, priez, menaçai, jurei, pen m'importe; ma résolulimi e$| inébranlable.

— Tu ne veux donc pas avoir pitié de moi?

— Je vous avoir çîtté d'elle et de lui! là est mon devoir, y manquer serait un crime, el Florida ne sait pas en commettre

— Rien qu'une lettre, dit Dolomieu d'un km suppliant el près |ue avec des larmes.

— En Portugal, répondit la camérUte, qui se souvenait de Coïmbre, eu Portugal, une lellre à la femme, c'est un affront au mari.

— Je iVu upplie, Florida,

— Inutile! vous parlez dans h vide.., Voyes votre bouquet, je ne l'ai pas encore remis,

— Pourquoi '

— Jo crains qu'il ne cache une de ce^ feuilles dangereuses Ljni font innt de bien et lant de mil à la fois,

— Ainsi donc nulle pitié'/

— £>i.«, un lullel do vous a madame, non; mais un billet de madame à vous, c'est différent.

— Elle m'a écrit!. ..

— (lui, voilà ]..,

— bonheur ! s'écria le fougueux jeune homme en cou* m a ut de baisers le papier qu'il tenait à la main, et qu'il lui avec aridité tandis que la caméristc se tenait à quelques pas de lui inquiète et tremblante:

« André» non- nous sommes trompés ; torts les sacrifiedoivent élre accomplis, les larmes du duc tombent sur mon cœur el IdlouftentJ ses douleurs sont les miennes... Parlai, André, qui liez I Ueau, il y a du bon h. nr dans l'accomplissement dl ses devoirs, et votre présence ici m'apprend diaque joui davantage ce que je dois d'affection à l'imi g^néreui sur rime duquel jai jelé tant d*amertume, Mes prières de celle nuit ont été stériles; ma prière de ce matin au ni- 1 -elle plus de puissance?..» Parlez, André.-, partez aujourd'hui même, et faisons que cet u.-.iir qui esi un malheur nesoîi pas un crime, »

Fl'UÈiln avilit entendu; elle souriait dr> lèvres et pleurait du cœur.

La h mue fille, nature privilégiée, se serait volontiers appauvrie d'une de ses joies pour eu doter eeui qui s'attristaient auprès û elle ; el, taudis quelle bénissait le ciel pour les jours heurèui qui s'ouvraient devant la due: elle maudissait Satan, ijui torturait le paime André, immobile et pale comme nue statue de marbre.

— Uu dépari p s'écria le lieutenant après quel nies minutes de réflexion fiévreuse; un départ! cela cal impossible, cela ne peut pas être, cela ne sua pas,*. Je tuerai cet homme.., je tuerai celle femme] ajjula-l-il dune voix sombre.

Puis, se plaçant en face de la camériste qui attendait l'explosion :

— JevettïToIr ta maîtresse, s'écria-t-ilj va, dis-le-lui: je vem | E i voir encore nue M s, une seule,... Lui adresser un dernier adieu, un adieu éternel,

— Je sais ce que c'est, répondit Florida, oui, elle aussi, avait pris sa détermination i les éternités nos amoureui durent un jour, une heure, quelques minutes; les siècles comptent à peine dans leur viOj 01 pour eux ou dirait que le lendemain précède la veille.

— Va, te dis-je, ou dans mon désespoir,,.

— - Voyons, calmez- voua, je vais tut porter votre bouquet, et si j'ai une bonne nouvelle è vous apprendre, je tend rai, car ça me fait m -I de roû MVir un h-uuu

— Je t'attends! dit Dolomieu en se laissant Lob sur

m L'aoLeilil.

— Dieu de Dieu! s "écria la jeune Portugaise, si le & gen t pou vait m'a imer cou ci '

Elle allait sortir et cherchait déjà dans sa têts sa phrase d'introduction, lorsque la duchesse se présenta» Ce fut un

ip de théâtre dont tous les acteurs demeurerai i pâ« lriii--s.

— Sorlez, Florida, dit la duché ^i> ; il l'an

rite qui ne v uhii nas de réjdlque. '- : en cgardanl Jhuotn.i n qui l'aisiiit pi no à voir.

— J'obéis, dit La l'uiu en s'acheiniuaut lentement vers la pone, j'obéisj madami

LE 11UC fTAUn-IÏIH

Puis plie njouia as être entendue :

— Lëtermté sera plus longue que je tic croyais. El elle sortit, lu monde d'idées brûlai! la tête de Ladach er ce-

p>ndanl vous eussiez lu sur sa Ugitre, devei rigide et

presque menaçante, qu'un seul sentiment la dominait: sentiment né l'un jour, d'une lieure peut-être, mais impérieux, puissant, invincible, avec lequel elle ne voulait

pas entrer en Euite.

Jamais LéLe Angélique de femme ne se dessina plus grave, plus religieuse ; il fallait $e courber devani elle, il rnllaîl rêver un" autre culte que celui des premiers jpi DoLomieu, oublianl son désespoir, attendit avec respect In parole sacramentelle tic madame la duchesse, et oublia I" ndaul quelques instants Julie 'le ttïragne.

— Est-ce une errance ou une mort que vous m'apportes? demanda le lie u te n a ni sans oser lever les regards sur son ju.

— Ces! une consolation, répondit la duchesse, car tout noble s icrilSce est un bienfait.

— Il en cal que nulle puissance humaine ne peut aei- rmplir, et je vous jure, madame la duchesse d'Alméida,*.

— Point r monts, monsieur André! interrompu la duchesse; la bouche lis prononce, k> cmnr ne peul '■ tenir, et toul parjure es! une impiété*

— Eli ! naviez-vous p.- s jure a votre mère mourante que vous De seriez qu'a moi?

— La tombe m'a dé e, Dolontieu; le ciel q fait le reste.,* André, tant que j ai eu assez de forces pour lullcr

rec mon devoir, k naî pas cherché ù vaincre unm amour, parce que je devais quelque chose à celui que la vois de ujj mère m'avait désigne pour époux, le trouvais même In bonheur et du la gloire dans ces combats de chaque jour, puisque L'honneur de mon mari était sans cesse iriomiihiiiLi- mais, aujourd'hui ijue je comprends In grandeur du péril dans Lequel ma confiance m'a jetée, aujourd'hui que l'absolution serait pour moi une flétrissure, je me relevé enfin, et j'atteste le ciel que >i vous ne parler pas je me jeter a Llnsttnt même aux genoux du due o*Àlméida et lui demander pardon d'un passé qui .s'eiï.icera, j'en suis tue, sous sa bénédiction paternelle.,. M avez-vnus entendue, Andn

— Ah ! viHi'-' l'i-vnqniTrz ces lerrîliles paroles! s'écria Il otomieu , c on i me r é vei lié par une sceo u ■ « I va u i q n e +

— Ne ['espérez pas.

— Ainsi donc Les accents de votre m iv roi us écho dans voire imeî

— Ils s'adressaient a sa Dite, I votre fiancée; mais non ■ ;'i l'é| se du noble duc d'Alméida.

— Eh bien, puisque vous êtes inexorable, puis [ue mes tortures vous trouvent sans pitié, j<! vais de ce pas,..

— Un allez-vous? inierrnmpil Pierre ftonneval qui venai ntrer, appelé dans le salon par les génère ises c uûdences de la belle camérïsie.

— Que l'importe?

— Ça ne regarde que moi, moi seul, et c'est pour çel i que je supplie humblement madame la duchesse de n permettre un moment d'entretien avec vous, qui m'avez toujours traité en ami plutôt qu'en subordonné.

— (ju'as-iu i'i me dire de si pressé?

— C'esi ivturt, mais important ; c'est comme une proclamation de notre ex- Empereur, pas un mol de trop, pas un mot d(ï minus,

— Je f iVrmie, dît froidement Dolomteu, qui était bien aine que mari imc d'Alméida m- se lui pas éloignée, car il atténuait du secours de sa générosil

— >Qiiand madame la duchesse ne pourra plus nous entendre, répliqua Honm-vn! eu pe m sur chacune de I ,r i •

— Parlez-lui rie voire maître, Pierre, dit !a duchesse, de votre maître que non s aimons tous, une nous vén irons tous,,, Dolomieu, ajoula-t-elle d'une t i* plusaccei vous connaissez ma dernière résolution; k ciel lui-même

pas la force de me !a faire ré? >quer„ u

Cet adieu est éternel.

— Oui, va voir eu m me je m'y lai -s.- prendre! grommela

Pierre Bonneva) -lu bout de ses lèvres. fia fait bouillonner le san

— Julie, Je ne -ni s pas encore vaincu, dîi le lieutenant d'une voix menaçante et en se dirigeant vers 1,1 porte de !.i duchesse,

Pierre l'arrêta, plus encore du regard que de la main, ei tous deux restèrent seuls.

Le choc sera rude, car les ad . ai mldeTéne ii m c eur, ri semblent mal trisds par une | ■ | ■ ■ ï les liènl

•' li chaîne.

' de commencer l'assaut, ils essayent leurs en eux-mêmes-: chacun d'eux se prépare, non pas à l'attaque, mais à la défense, et bini décidé A ne pas perdre un pouce de terrain.

Ils oui fait les mêmes campagnes, ils se sont tv

dans tes mêmes esc rmottehes, ils bravé ensembh

halles ru ses, les baïonnettes prus iennei ■ !. tes

i irtugaises; ils se reconnaissçnl tous >l« is •] gués du carrousel engagé, ils veulent combatte S ormes .'. et Les voilé poitrine romre poitrine, prunelle contre pruuî'lle

Voyons quel sera le vainqueur

* — Pardon, excuse, <Ht en lin Bonneval d'un ton goguenard el sérieux i In fois, si je vions monter la garde auprès de vousj <■'*< une vieille habitude que je ne ■. pus |n rdre, et je suis sur que vous ne demandez pas mieux, rnrin lieutenant, que je n y re ice pas*

— [}uu me veux-tu? rëpomlil Uolomieu d'un ton bref et sec qui aurai! pu ébranler un autre homme que fi

m- val.

— Histoire de causer, comme au bivac, sur le bord

la Bërësmn, où il gcJail â pierre fendre; el comme sur les rives du Etoffe, on le soleil aurait fondu la ealoiledej i valides.

— Je n'ai pas le temps, mes moments son! compté

— Ou trouve liien toujours quelques mi mires pour tin ami.

— Puisque tu e< mon ami, va-t'en,

— L.u -ument n*a pas le sens commun, leconlrain 1 esJ plus logique ; je suis voire ami, je reste*

— Si pourtant j'ordonnais? dit le lieutenant prêt à reprendre son rôle.

— Pas moyen, je vous désobéirais comme je l'ai fait une fois a Tannée, le jour où vous m'ordonnâtes <!<■ vous abandonner mourant, et nû je vous i hargeaisur mes épaules, eu dépit de la fusillade el < I ■ i style! des guérillas.

— Lh bien, parle, que veux-tu? mais dépêche-toi.

— Dsrne, c'est dur a sortir! c*èst c nie qui dirait une

étrille qui me gratte la gorge, un commandement de Fttce

quand L'ennemi nous canarde.

— Il faut pourtanl que je le sache.

— 1JI1 \ vous le saurez, p' vous en réponds, dir j'ai la jue bien pendue, car je ne veux rien garder pour moi..,

Ki d'abord uites<nioi, je vous prie, pourquoi vous svez lié.

— Tu en veus au ciel de ce miracle?

— J'en veux à l'enfer, qui vous a ouvert les portes qu'il .■uni il «lu tenir fermées â £rand renforl de verrous et de Cadenas,

— Llxpli [ne-lr>î,

,V\ viens, car enfin il foui cesser de tirailler; j'aime I serrer l'ennemi de prés, Voyez-vous, lieutenant, lorsqu'une fois on a *'" é escofië, suit par une balle soit par une tint Ue, ce ou*il y a de mieus. c'esl de rester cliez t\m\< sa nouvelle demeure, i ix pieds sons lerrc, alors sur to ut i[u "mi u\\ rien de bon a faire ici iii plein jour un ru plrine nuit.

— yuft veux-fu dire? demanda Dolomieu comprenant é moitii"' 1rs paroles de Bonne val el courant aptes une eiplication plus nette el i-h ■ tranchée,

— Je veux dire ee H|in- je lis, ;'i savoir que ta nuit esl

faç '■•• pour qu'on lorroe, el que, passé une heure, il

ne doit plus y avoir de réveillé dans les cours ow lesjar-

[ue des chats ou des malfaiteurs. Ûr T comme vous n'êtes pas un chat, quoi jue tous en ayez la ruse et la cAlînerie...

— Je suis donc un malfaiteur?

OEUVRES DE JACQUES ARAfïO,

— L'est vous qui [avez dit, riposta froidement Bouiii'V.i!.

— Promis garde, Pierre!...

— 09i . je ne suis pas ici seulement pour répondre, mais pour interroger* Mes paroles sont d'or, util pis pour vous si vous les croyez de cuivre nu de plomb, tant pis pour vous encore si vous prenez pour un faux umuuaYcur.

— Savez vous bien, Pierre..*

— Vous pouvez me décocher de* vom plus gros que le bras, je m en moque comme d'une pipe neuve, et ça ne Luer.i |i - mon ami lié pour vous,

— Dans u>us les cas lu dois apprécier mon calme.

— Vraiment oui. vous clés calme t murne l'eau qui bout; elle ne change p;is de place, mais elle bondit,

— Achève, r/terre, achève, dit le lieutenant qu'on met-

li il a la loi lu iv,

— M'y voici ; je vous le dis pour nue vous en fassiez part au noble duc d'Almêida. si ça vous convient, Celte unir j'ai vu dans le jardin un corps' mur, comme qui dirait

voire"; puis un corps blanc, comme qui dirait celui de madame la duchesse.

— Silence!

— Silence l dites -vous ? Mais non : Je veux parler haut. je le veux. Mmii ex-Lieutenanl ne doit cacher aucune de ses actions, il doit toutes Les avouer en plein joli l „ i.m alors il y ti trahison, perfidie et bns$i •■ ■■.

— Plein

— Monsieur Dolomicu 1

— Prends garde-

— Oh ! je ne vmis crains pas. Tenez, vous r.vêï fail là une action méprisable, monsieur André,.. Leduc est plein de confiance en vous, vous l'avez Indu, et c'est pour cela que je viens en définitive vous prier de vous aligner avec

m IL

— lu duel entre nous) Ce serait curieux, par exemple.

— C'esi pour cela que je vous le propose : j'aime l imprévu, j'aime ce qui est divertissant, et ça nous a musera tons deux

— Un duel! reprit Doleiuicu plus sérieusement.

— Ainsi que j'ai l'honneur do vous le dire : au briquet, ri bancal, an canon, peu m'importe ; un duel à mort, car • ne veux pas vous voir avili; un duel à mort, car je ne /em pas vous voir déshonorer mon bienfaiteur, voire aim. celui qui a respecté votre (lancée comme sa sœur; un duel a mort, or j'aime mieux être à dix pieds bous terre que de vous savoir près de moi e] de mi pouvoir vous serrer la main comme au temps passé... (Quelle arme, lieutenant?

— Tn es fou.

— C'est possible; mais pas lâche, pas traître. — Va-t'en !

— Ej vous avec moi.

— Laisse-moi, Pierre.

— Ça ordonne, et ça devrait prier*

— Laisse-in-'L *■ ieJ

— (!n commande, • t ça devrait obéir... Oh ! je sais bien ce qui vous voulez, monsieur: il vous tarde d'être libre pour aller gratter I cette porto comme un mendiant; il vous larde d> i • mil pour aller rôder sous les croisées ■!madame la duchesse, a lin de recevoir un de ses billets doux ou d'en faire accepter un des vôtres; mais je suis Là, moi qui n'envoie ni billets doux ni bouquets à personne; et. puisque vous voulez absolument de la société, eh bien, de par nuis les diables, vous auras la mienne.

— Pierre, ma patience est à bout, et je sms me faire libre quand je veui Té Ire.

— Ali l parbleu, je vous défie de l'être aujourd'hui, » moins que l'un de nous deux ne descende la garde; j'espère que ce ne sera pus moi, parce que la juste imite presque touji urs sous Le drapeau du plus loyal*

— Comiuriii . h- sergent >*• querelle avec son lieutenant? dil le duc d'AlmêUla uni venait d'entier et qui interrogeait du regard les pnysiunonjies; où est donc la discipline?

— Histoire de coupd'epée! répondit Pierre en relevant sa moustache; on se rappelle sou premier état, ou veut rétrograder dans la vie, on se m i friche à de vieux souve-

nirs de gloire et d'honneur.., et l*on chemine cependant au milieu de feus croise

— Que wi-i-il dire? se demanda tout bas Dol ieu.

—Tu veux le battre, loi? poursuivit Leduc, devinant le

iimiif de la i|uerelle, car il connaissait la nubb -•■■ îles seu» liment s de Pierre.

— l> n<' serait pas la première fois, j'espère; et si le sieur l'into est debout, il finît s'en souvenir, ompier les \ n lais et ies Portugais, qui muni donné tant de III a retordre.

— l'ienv ist fini... dil Dolomicu» qui cherchait en vain les regards du sergent pour lui imposer silence; il e des

lubies, îles visions.

— Vous croyez ï demanda le due.

— Sa tète bat la campagne, poursuivit le lieutenant, et, tout brave qu'il est et que je Tai connu, je suis sur qjtfil a [leur îles fariadets.

— Au contraire, mon ex-lieutenant; les farfadets rôdent la nuit, dans les ténèbres, au milieu des broussailles, 1 1, loin de les fuir, je cours â eux a je leur fuis une

l. ■ lerre incf ■ >■■■ ani o d'esca rmouches.

— il l'a vu aussi! dil tout bas ilAlru- îda, Quelle honte! quelle humiliation 1

— Il ta éclater, murmura Pierre; çare la bombe!

— Allons, allons, dit le duc avec un violent effort sur !"ii-uième. ï'ier redeviendra raisonnohle, sa tète reprendra sa solidité ordinaire, ei son coeur restera toujours noble et généreux..* Voyons, mes amis, ajouta-t-iL d'un ton dé-

igé qui trahissait une torture, il est Lard, le calme régne ïci T partons, et ne réveillons pas ceux qui dorment... A demain, une paix générale, 1111c paix durable... ê demain, mon cher monsieur André.. Etonne nuit, Pierre, et que vous si>ycz visités lu-us deu* par Le.* rêves les plus couso- 1 1 leurs]

— À demain donc! réoondil Dolomieu, qui murmura en rentrant dans sa chambre d'un pas précipité : C'en est fait d'elle on de moi.

— Ça finira par un coup de tonnerre, dit Pierre en se frappant le [roui, ■ -i furieux de n'avoir pas | n ïccumplïi son projet de duel,

i % r.AOAVftE.

Quand le malheur s'assied au foyer domestique, il s'v cramponne avec une si implacable ténacité, que vou< .r .[riez pi il veut exercer une vengeance.

Le duc d'Almèids, sï noble, *i généreux, si magnanime,

Subirait, hé!;isl cet arrêt presque général il r i liesliu; et

telle étail sa soumission aux volontés divines, qu'il enfermait religieusemeui eu lui i ■> - amertumee, et qu'il pensait parfois avoir mérité lantde rigueurs*

Il est cependant un jour où ce que nous avons appi soumission est faiblesse ou llchete, et ce jour de liai die réaction venait de se lever pour le Portugais, honteux de ses sacrifices,

Après s'être interrogé comme le bit tonte âme chrétienne à son heure suprême, il se dit enfin que lui au devait s'armer d'énergie et changer te martyr eu bourreau.

Il lui fallait 'lu sang, n'.mp u |uejj il cherchait auton* de lui, ei H trouvait pi ^ue partout !■■ justification de ses haines cl d> i ■ projets; peu lui importait que la

Clèim nr^. le pardon ou la pitié vinssent, plus Lard, Visiter

s.i tombe; il avait changé de religion, il s'était fait renégat, et La croyance de celui-ci, c'est le néant après la mort.

Dans son délire, car ses artères battaient â le primer de

.sa raison, il se créait l'rinçe exterminai* -nr < hargé par reitf«r p le ciel, on la destinée, du supplice ;i infliger aux rs; unis, lorsque *>* tltlermtnnlii*ri ne prévoy.iit plus d'obstacles, lorsque se voyait puissant, dominateur des ingrats dont il voulait faire nue sanglante hécatombe, son Âme, essence divine, reprenait son empire, ci M tomber anéanti sons te poids mémo de ta lune.

Dans ces moments de violence, ta tête br niante entre ses niiitns f^lacircs. il suivait ta duchesse dans sa vif* de jeune lillc, et il l'absolvait de ses larmes; puis, avançant vers les jours qu'elle avait promis â sa tendresse, il 1 absolvait encore de ses pieux et chastes souvenirs...

Ce n'était donc pas elle qu Î1 voulait frapper, puisqu'elle avait in sa l ne part d'angoisses et de désillusions.

Hais lui, Dolominu, ijnc l'on fer avait vomi â ses cotés rrimme un bouilliini iinnFli uir i • si lui, lui seul qui devait l'armer du frr ou du plomb, c'est lui qui devait apprenli' U* premier les impê né ira blés secrets de l'autre monde.

Puis encore, Dolorafeu, soumis i la passion inspirée par Jidif» p devenait p lur lui un objei vénéré, puisque la noble fille faisail - esclaves tous ceux qui osaient s'attaquer à In magie de son regard, à l'harmonie de su parole, Mais llolomieti hypocrite, Dotomieu traître .i l'amitié, profanal i i! de l'ssile ouvert â ses douleurs, Dolomicu cachant soti amour de jeune homme comme on cadio une bon-

IX Ml

ne voûtait pas absoudre, voila ceux nui le taisaient rêvei

I a Aj . J, '

teuse action.,, oh! voilà les crimes odieux que d'Àlméida ne voûtait pas ibsondr* do tortures et d'agonie.

Li cependant, semblable à l'épave déchirée que le tloi promène sur son dos moutonneux nvanl de la rejeter sur

la phi m un sinistre avertissement, le duc se dé-

battait, immobile, dans ses angoisses, et cherchait nu abri cunlrc tam de misères lors pie les récifs seuls grondaient autour di* lui,

Pierre H mneval. rc serviteur fidèle qui nvuU répudié la tendresse avilie de son ancien lieutenant, venait, par in* ■ rvalleSj adoucir l'acreié de ses pensées de mort: il souriait, li m he duc. .1 cet avenir de quiétude qu'il voulait lui ouvrir auprès de sa compagne, devenue forte par ses | faihtessi ■ mêmes,

i mine vous Je voyez, il n'oubliait rien, le duc d'ÀI nuLili, h s'il s. croyait déshérité don llicu, il en dotait

du omit:- crMS [pli :i ;mnt OU pitié de lui.

La nuit approchait, nuit ténébreuse avec la foudre qui lahourL.it l'espace, avec Je ligzag des éclaira qui déchira il la nue et jetait l'épouvante d;:ns les âmes,

Celle du duc dWlméîdi se plaisait a ces imnaces d'uni nature courroucée, et il s'était accoudé sur son balcon pour saluer les langues de feu qui coloraient l.i terre d'une teinte lugubre.

portèrent vers l'allée des tilleuls, où il n'avait p,i> voulu, par dignité, suivre ta veille la duchesse, Sun épouse.

Et dés ce moment il se débattit dans l'affreuse réalité de ta condition que lui avaient faîte les lâches et les ingrats.

Il allait rentrer, étouffé par les i manatinus sulfmeu es charriées dans l'atmosphère, quand un bruit depsa précipités lu rt'tinl cloué â sa place.

il écoula par tousses gens.

— L'orage ne t'a pus fait peur; merci, Florida, d'avoir été Jiïhîle au reniiez -von s.

é — He me lavais-tu pas donné? dès lors Ty serais venue en dépii il. La fondre tombant â mes pieds, éclatinl sur rua tête.

— (Teal bien, tu es un brave garç&n f Florhli, et dés demain lu seras ma femme, ma légitime pour toujours.

— Va, va, Pierre, tu ne t'en repentiras pas, et je li promets du bonheur plus que le noble duc n'éprouve de mis it'S r

— C'est pour le parler de lui que je i ai appelée sur celte terrasse, loin de tout iinportuu.

— Qu'a&tu -t nVapprendre?

— Tu n'en sa s pas autan I que moi.

— La nuit passée, je n'ai suivi que madame la duchesse, •pli pleurait, la sainte femme, autan i qui -ïd en <■ -

il; nwis, loi. pourquoi doue venais-tu aussi en pleines bre* à l'allée des tilleuls?

ment té né

-- hmry suivre mou es-lien tenant, comme le loup sa proie; et, je le jure, Florida de mon cœur, je l'aurais tué in premier cri de la duchesse; jamais Jamais lionne n'a ib'fiMidn ses enfant- avec pin d'énergie que no l\i taii la digne épouse de l'honneur de l'homme dont elle porte Kc nom. J en pleurais d* joie. Florida.

— Et moi de trisl e el de douleur: car, vtùVlu, notre maître pouvait aussi avoir suivi sa femme, et il est certain que le s.ni|„- n ,,-ni L'aurait rué,

— Eh bien I c'esl pour le parler de ces choses cl de quelques autres encart que nous sommes ici coude à coude.

— Je connais celles-là; dis>moi celles-ci,

— Volontiers: un homme eai d« tm|i .1 ms ce ib.îii'nu.

— Je le pense mimne lui.

— Il faut que cet homme s'en aille, dit le servent d'une voix rudement accentuée.

— Il étail parti, répondit Florida : m vois qu'il est revenu

— J'entends qu'il ne revienne plus, répondit Pierre; et, puisque ce soir indue, il y a une heun à peine, il a refusé le cartel que je lui ai proposé.,, suflit, tu m'eut nds

— Et moi, je refuse de l'entendre, .i la jeune Portugaise avec une ém ; jie fébrile; un meurtre est toujours an meurtre, et Pierre doit mourir pur comme il ;i vécu.

— Pierre ne survivra pas â Inaction qu'il médite, répliqua le fanatique serviteur, et le suicide absout de I assassinat.

— Cela fera donc trois cadavres au lieu d'un! dit Honda d'un nceent très-résolu qui ne voulait point de réplique,

— Tu éiîiis digne de moi, s'écria Pierre eu jeta»! se: bras autour du con de la belle l'orlugnise. La journée de demain éclairera bien d< myslcri

Deux chauds baisers furent échangés, et au même instant la foudre décapita le magnifique tilleul au pied duquel Dolomieu avait en vain exhalé ses plaintes et ses me n are s.

Le duc maudissait et bénissait â ta fois sa femme, qui n'avait rien perdu de sa dignité; mais 1rs tortures ne s af* lacent pas du cm tr comme les souvenirs de la pensée; h, malgré les conlldcnccs qu'il venait de rece* ur, il u demeura que plus ferme dans sa résulniinu finnnière.

.Ni *us niions voir s'il sortira vainqueur de la lutte enga^ée.

Si, au milieu du choc des éléments h dos passions >loni vous venez d Y n indu- lo murmure, votre regard s'éiaii porté sur une croisée de l'appartement '!■■ I.i riurhcs voisin du balcon mu son mari se tordait dans les angoisses de la jalousie, il aurait aperçu, à la Lueur de l'éclair, l'unbred une femme à genoux, immobile, demandant des consolations au ciel ou le remerciant de celles qull venait dt< lui accorder.

Ivncore quelques instants, et nous saurons également si les prières de la pénitente sont arrivées jusquan trône de

rËiemel.

Le duc était rentre puis sorti, puis rentré de nouveau,

11 voyaïl ■ lilieu des l tnébres, et cette lumière était un

météore; il entendait le silence, et ee silence «tait un bruyant anathème.

t/neidée infernale brûla s erveau el le i > jusqu'au blaspbémeî car, pour justifier sa résolution, il alla jusqu'à douter de la Gdélîlé de ses serviteurs,

— Ln mesure est comblée, dit-il d'une vois pn^qnr

inentendue; le pardon no serait que la e sécnu'uui de la

limite qu'ils m*onl infligée, el ma vengeance est nu devoir. Je l'avais prévu, pou rsd vit-il, leur ingratitude et leur dé!- nt mé en moi ce qu'il y avait encore dn

d "uri-'e! de [ûtié ,. Mais j'étais un lâche toui .• rheup-,

le désespoir avait égaré ma raison..* je voulais la laer..* die ne mourra y i:is - Une île douleurs, ft ciel : que d'outrages à subir! Pas une pensée qui ne fut â elle, dii-il encoir ,i .■*■ rks lanif- . pas un battement de mon cœur qui ne fut â elle; i elle tout ce qu'il p< ut y avoir d'émotion

ds une âme ,.., Je l*aimai&, ù mon tlieu) comme vous moi le juste, comme le juste aime la prière, etje voua

aurais renié sans remords si elle w dit : i 11 n

pas de Dieu! » Des pleins, toujours des pleurs! je n en

répandrai pins, j'espère Ha soutii nnenl que le reços

c'est lit tombe, dii-U avec nîi sourire amer; insensés 1 monirex*moi fin doîgl le cadavre qui es! venu roua l'apprendre. N'importe, coniinun-i-il en cheminant à grands pas comme pour s'aider dnns sa ai milieu îles

tortures qui nu* braient, le data te même esi un bienfait, et puisque ma mon im sa délivrance, pcut.êlrc même Bon

bonheur, je n'ai plus A h &iter. M est là, Ti n CD dil-il

en se plaçant en face d<! ta porte un DolotRteu ^ h? ira il peuNUfe A l'espérance; il eti ! ■ .le mise rallie, rêvant de trahis m et de meheté... Pourquoi ne me précéderait] j dans h tarabi

rnî^ frissonflanl a fy Lie pensée impie :

*^ Malheureux ! l'écria-t-t), un crime il la dernière

heure! Non» 1rs vivants seuls en commettent, et je

n'appartiens plus ,ï ce monde. .. C'en «■ t fait* jetons un terrible fardeau sur sa conscience, en pinçant mri mémoire

ma Ta projection de l'oubli. 1

Le due., pale, mis décidé, inflexible [mur lui friand \\ s'était montré >i longtemps généreux pour les autn s'approcha d'une table et écrivit d une main Ferme î

a Toute ma fort une a .lulie de Birague, pour avoir gardé « chaste ri pmv h tendresse qu'elle m'avait promis''

\ Pierre Donnera lj mon ttdèle amij min château de « Tm mitre;

i Mon ime î\ Dieu. *>

Après avoir plie et cacheté le papier, il s'arma d'un pistolet, et se dirigea vers l'oratoire, car il voulait motif ir en présence âe l'Arbitre suprême, qu'il avaii renié quelques instants auparavant

I, i duchesse entra rapidement

D'Alméida cacha son pistolet et voulut enfin se présenter à sa Tomme sans éveiller le> soupçons qu'il eut obligé de combattre...

Efforts Inutiles, tonte tendresse est ingénieuse* et le en ni de II duchesse n'était pas ferme* aux généreux sm- Ltnients,

— Vous, TTKi^'îiLii' ' lui dii-it d'une voix presque consolalri- r

— Oui, moL monsieur le duc; je ne sais quelle fatale pensée me poursuit^ je suis inquiète, tremblante, j'ai besoin d'appui, et je viens nupres.de voua.

— Est-ce bien moi nue vous cherchiez â une heure où tout repose, ou loul doit reposer ou cMleau?

— Oui, vous, d'Âlméida, vous £ qui je dois l'aveu d'un tort qui s'etfacefa, j'espère, dans mes larmes,

— Il est des torts qui sont des crii répondit le due,

et eeux*là t du moins, madame la duchesse les ignore; n*i pas «|uc vims les ign wi, vous qui nvtt toujours

vécu de cette vie de chasteté qui faisait mon orgueil et nvm bon heur?

— Soyez généreux, d'Mmekla, soyez* le, perce «|ue In b mi*^ esl viitrt! essence. ,. Dieu pardonne, même dans si m courroux.., Si vous saviez loul ce que j'ai souffert!

— Il parail que vous ne comprenez pas ce que je SGttf* fré, moi, depuis que l'enfer a jeté ce ratai atnour dans mon Ame... Berceau de mes aïeux, patrie adorée, saintes affections de famille qui OOOs aceompagnenl jusqu'à* h tombe, rêves brillants d'avenu qui nous jetti ttl dans lVxlase du préseni ; je vous ai tout immolé; je vous donn lonles mes joies en échange de tontes vos amertumes;

rôles aimées étaienl pouf moi on sourira du del, i j'aurais répudie une éternité de bonheur que vous n'aurii i point parli

La belle trie de Julie se divinisait ; el : 'Ulait ces maghpirs paroles par le regard, par la pensée, par tuus sens, et un frémissement cou v niait agitait tous ses mcin* br«

11 i eùl tlii qu'elle changeait de nalmv qu'elle n'aupartenaïl plus a la terre. ..

Le due poursuivi! :

— Fiancée d'André Dnlnmieu, nue ses hontes devraient effac* r >\<- i j otre cœur; épouse de d'Ahuri. 1 1. mie vous nur'u '<t il us <ns tortures, Dieu nous jugera toiis deux : je vais l'invoquer dans cet oratoire.

— M- nsieur le duc, au nom de Ce Dieu clément, votre religion el la menue,

— Julie de Birague, î< 1 veux être Seul, seul avec lui.., ne troubles pas ce moment supré •■■■... le recueillement précède In mort.

— .le prie, j'implore, monsieur lé duo!...

— implorez donc PI lemel pour lf;s [fiches, pour l

ils il pour eeui qui n'ont pas la force de sou fuir plus ionglemps.

Le "lue lowmali presque S !;« norie de l'oratoire; la duchesse l'arrêta d'une main énergique :

— D'Àlméida, je ne vous quitté point, je m'attache vous oontme le remords â rime... Ecoiitci-moi, par pitîë, écoutez-mm; ce n'esl pas la vfo qui vous implore, c'est la mon menu : -i rou retre généreux, ne ces* donc point d + êire fusio. Il «-sr une heure eu nous rpiî s*ei pare de tout le |- cl qui devient à jamais prutectrire de Tavenir... Celte heure a sonné pour mol. „ La jeu

fille a toujours été i-m i chaste, l'épouse n tmijours *

chaste et pure comme la jcime Bile, fen atteste le ciel,

: : m'écoute^. J'attends de \ monsieur le due, indu!* j^enceetnon pas absofutfon... j'attends de vous elémei si non pas châtimeni; il y o dignité dans tonie noble infortune... Est-ce asseï de mon désespoir, est-ce assez i mes I Armes, esLce assez de n rreurf

— Que Dieu nous juge! s"i ; en:i J'Àlméida prêt i entrer dans li chapelle sainte.

Un coup de pistolel retentil . le dm .^'arrêta, pêtriÛë.

Julie respirait a peine

La p irte du salon s'ouvrit sur Florid.i i re lion neval t lerriîiés tons deux.. 4

1 elui-cî s'élança, interrogea d*un regard attrîsi maîtres a cùlr i T un de l'autre..,

^ Lé, là! dll l:i duchesse d'uiie voix éïcink e1 eu montrant du doigl la chambre de Dolomktu

Piea i •' enfonça la porl

•^Miséricorde! uu cadavre!

Et Bonneval dlspafnt pouf se remontrer un instant plus tard.

— Malheur! Malheur! dit d'Àhtiéida.

[ lorida priait et nteuraît.

Pierre Don m v .1 lut rpieb[ues lignes trac es d'une main t'i-rnn- ;

Un sacriDce devait s'acoaiuptû . je ^als demander (>ar- « don :"i llieu des û lufeursdoni j*al abreuvé le dur el la « du cb esse d'Alméida...

« Le brave Pierre m'a ficni être épargné un crime; je s lui lègue mnu épautette, mon ma croix ;

% À Plorida son inspiratrice, i 1 d ime toute ma fof- «f ttioe, que Pierre partagera avec >

« Et je demande lue et à la duchesse l'Oubli de leurs

« douleurs el de mon Ingratitude. »

— J'étais sur, murmura Bonneval, que Delà Attirait par un coup de tonnerre.

— El inriiijti ■iinrii? dit le due d'une voix sombre en regardant la duchesse, presque aussi Immobile que lé cadavre de Dol'urii'-u.

— Maintenant, ré| dît-elle avec îles sanglots et en

tombant i genoux, î lui oi*n prières de tous les j^urs, à vous mon aniour de toute la vie.

U duchesse ne mental! pas,

COMll.r^h'S

Ravivé enfin ad sûleîl de In liberté, le Portugal n'entendait plus le bruit des e$cop< lies 'luis ses allées rendues i\ leur opulence,

Les habits rouges et les habits bleus \n <.? cherchaient plus sur les champs de bataille^ et le Brésil, sous don Pedro II, le plus équitable et le plus instruit peut4trtdéi

soureraîns d'aujourd'hui, avait ttfliré à lui une grande Lîe de In do Inesse 1 m m- Lemi écrasée les

désunies di* l;i guerre Chili .

Don Pedro el don Miguel dormaient tous deux le premier, du sommeil ilmit on ne se réveille ptitsj Le second, debout s< ub ment pur intervalles, e imme tout ce qui i pire dans li Rome des papes, dont il a faîl sa nouvelle patrie; e1 bien des familles en deuil cherchaient enc re a refouler en elïes !e souvenir de c^ combats Fratricides où 1'' vin" le plus gén feux avait coulé sous In balle du Lromhlon ou par L'acier du styteL

Blessé a vif put 1 ses désastres | tes, sous Le joug impérieux de ses prêtres, abrités derri re leurs autels, le l 1 in al avait bien do la peine à redevenir un peuple coin il l'avait été -m quinzième el au seizième siècle; mnis c'é« laii rli'jA une résurrection, el celuMA se fait indépendant qui reul l'être par le commerce, les artseï l'industrie,

Dans sa soif insatiable de voya Eansson ardeur impatiente de saluer par le cœur el la pensée les pays qu'il avait étudiés déjà, celui qui écrit ces pages, el que le ciel ,i déshérite de ses rayons, m m lui encore une lois rafraîchir son front nui (irises portugaises, se baigner û ses sources et se réchauffer â son soleil.

vivant plus que d< son passé si diamanlé. il essaye d'échapper » ses profondes ténèbres en recueil to ni par fes m ;i- il ml l'Etre suprême ne Vn point appauvri, les harmonies auxquelles il s'était lercé jadia nw tant d'amour,

Si le voilà, un ami (Ton Coté, mm bâton de l'autre, escaladant les Pyrénées ainsi qu'il Pavait fnir nu jour ne virilité, foulant la lèvre espagnole et se retfouvanl dé nouveau dans ce Portugal moderne toujours en lutte a sa gloire n , et peu disposé â la reconquérîi

Par une matinée priutaniëre. le piéton cosmopolite arrivea Coïmbre, el «nide lui-même loi j guida â travers • ruea de la petite vil h- illustrée 1 paff&n Uttivers1té<

— iVo levons êlrej dlt«îl, sur une place assez irrêgu* liêre embellie d'une donllr itUée d'ofan

— Lin iritë de la place existe lou/ours; maïs n peine reste-t-il quelque trace des allées dont En me parles* ta gw rre doit avoir passé par ici; la guerre, i|tii ne fiil

ni aux hommes ni aux choses; la guerre, fat nie i .?nï!!i' tonte Empiété,

— Pats aux morts et respect aux ruines l,.*Mai4 la, sur la droite, a une centaine de pas, poursuivît le Misai ru errant, ne vois-tu pas se dresser un hôtel orné de deux pavillons ii me i m ni l'opulence *

— Oui, Jactjues; mais les drus pavillons ont bien des cicatrices» ci je ne compre&di pis que cette opulence que lu me vantes ne cherche point <i les fermer.

— lais-toi! tais-toi: mon ami! le deuil dit le malheur, bat la misère* le dégradation l'impiété- J'ai connu

aulrel tis le maître de ce chAleau, coeur droit et loyal comme il eu esl peu; el si les brèches dont ta me pari existent toujours, c'est qu'il a voulu donner un utile eugnemenl aux hommes... On pleure, OU prie, en pré- : j. il n repos éternel : la Uns de la tombe ar* rite jusqu'aux vivants.

— Ta philosophie esl bien sombre aujourd'hui, mon pauvre Jacque

— Dis plutôt qu'elle est consolatrice, car je renais aux paroles amicales qui nous échappent. Viens, ajouta î-je en chemiuani vers l'bôtel que j avais indiqué} ou je ma h mpe fort, on j'y compléterai le livre que j'ai promis ta curiosité.

— Je le croyais terminé sur un cadavre.

— Vii ns.

• franchissions le grand portait sans que les vaïeta

■ au dehors sur un perron en bois ciselé nous demandassent te motif de notre visite, lorsqu'une voix d'enfant, douce comme le timbre d'une goutte d'eau sur un vase de cristal, me lit tressaillir:

— Où va le senor Àrago?

Je bondis de joie,

— Oi l'on voudra m'oiïrir L'hospitalité, répond i^je.

— Alors, entrer vite, médit un nd eaf ni i\

naît de s'emparer de ma main gauche, tandis que la in n était déjà plus libre.

— Votre nom, mes bons pelils ii .» », je veux le savoir, puisque vouai counaissese le mien?

— Us bons anges ne le sont pas tant que vous pourriez le croire, senor : moi. on m'api elle le netil Chérubin; mais ma su-or, qui vous guide de 1 autre coté, esl un ■.. démon qui faîl bien enrager pai i maman,

— Petîi frère ne ment pas, dit la jeune ÛHeUç : V h le mouvement, le désordre, la pluie, Toi .-■. m - j'aime par-dessus tout , ,|. papa el (!'■ maman, et je ne dois i :• leur sembler trop coupable, puisqu'ils ne i ;sent n - de m*accab!er de pralines el de baisers.

— Ils sont si bous, papa et mam in ! dit le bambin.

— C'esl qu'ils sont bien heureux! ajouta la jeune fille.

— Comment wus appelle-t-on Fines amis, me répondrezvous enfin?

— Moi, ?]\ rre ; elle, Julie,

Je tressaillis d uveau â ces syllal imêes, et une

bien douce espérance pénétra dnns mon dme.

— Le nom de ■■■ Ira père? demandai+je, impatientée

— Useye&vous l.i. -mi 1 ce canapé, el vous, senor, qui impagnet notreami Àrago, place^vous là, prés de lui,

Pierre et moi sur enoux.

— Soit; m lis vous n'avez pas répondu â ma quesLion mmesl s Ile votre mère? comment s'ai»r:elle vntr

ii m pu I s appelle votre mère? comment s'appelle votn- ! ère 7

— Ils ne fartferonf prts i rentrer; en attendant, eau* tons \ viuix-tu des dragées, des oran [es on des çonOtures? les huffels en snnl pleins.

— Cela prou e que vous ne les manges pas toutes,

— Oh! mol, j'en suce du malin au soir. pOMi'sumt l'esg!e Julie, qui. en effet, grignotait des pralines, comme

un outsiirldes noi aeti.es.

Il y eut un long silence que je cherchnis vainement û m'expiqtier.

Ou i f sfltaît autour de moi, des fauteuils se déplaçaient, et il me semblait entendre é rittme un bruit va^ue courant e i d l,i dnns le salon, el qui mai ri v. il mi cœur ainsi qu'un joyeux visiteur attendu depuis longtemps.

— Qui donc conspire contre moi : dcmandai*je avec une anxiété d'autanl plus grande, que Julie ne cessait découvrir i front de hniserSj et aue deux mains de femme,

minces el - yeuses, pressaient w miennes*

lion cœuf s'épanouisSBil -<\ une joie prévue, qui ne tarda pas ïi se réaliser.

Li. près de moi, Julie de Bîragne, ri ses côtèd t le noble duc ri'Mmëida, el. derrière eu x^ Pierre Bonnev.il el Florid

.Fe me reconnus en famille, et mes yeux se baignèrent des plus douces Urrm

.— Votre livre nuis est parvenu, me dit le duc; Julie el niiii non! l'avons In avec une reconnaissance bien senlie pour celui qtti a vodlfl aussi sn piirt de nos douleurs, ei ocras voua aimons, senor Arego, comme si vous étiez noire frère

— Mais Pierre R nneval '.' demandai-je avec inquiétude.

— Présent d rappel, répondit une voix ebere, --■ - «-ujc gnée d'une pression de main el d*un juron de douze syllabes h

— El Floride î

— Bile vous boude un peu, dit la ducb pour avoir jeiénii jour quelques faiblesses de s;l vie de jeune fille; mais trous >:ivcï qu'elle e>i indulgente, et elle vous pardonne, si VOUS C ez :i di VOS hr leurs que ses

jit'i miéres passions ne l'ont jamais conduite jusqu'à Ton de ses devoir?, de femme, et qu'elle a loujmirs été digne di^ l'amour de Pierre.

— Je m'yengi .-■ . dts-je, je mV engage but l'honneur*

— Va voila comme je vous remercie, senor*

li. nx IV ichi t ■■ i posérenl sur mes y. einls,

el (e crus voir la belle Portugaise escaladant l> •■ du jardin, et promenant ses tanîaistesdu village à la ville, d'un royaume i un au in-.

Le pelil Pierre était l'eufaul d* la duchesse, Jolie étail h fille do Piorîda;»

Le cfela ses caprices.

Pimi de jours «près je quittai riiûtel ■ 1 ■ i duc d'Alméîda s'us quiucr ceiiï qui l'habitaient, elj comme rien n'est

pins voyageur qn<* la pensée, eus à Coïmbrc sous leur vaste

soleil, moi ;i P.nis a itï u de im l > inèbres. nous noua

saluons de Irt main el «lia cœur, comme *ï nmis nous bercions â la même brise, comme si nous étions assis au même foyer-

TIN DU DLG I» ALilÉUlA,

mm —

MÀRESCU ET C*, ÉDITEURS.

OEl VUES DE ÎACQI ES ARAGO

CHASSES

AUX BÈTES FÉROCES

PftLFACE

—Pourquoi un nouveau volume, puisque la coins*? est achève? V.»us tfavei donc pas tout dit, ou vous appela niniiitenapt la fiction A votre aide»

— A lu bonne heure, j*atm« ]«s objections quand «lies sont franchement présentées. Je vais von. répondre.

(J n'ai -je entrepris dans U relation de mes voyages de cire uni 1um3.1t ion? de retracer h plus fidèlement possible les mœurs des peuples «pie j'ai tfsîtés, de vous iniii. r aux soc ici s de leurs passion s , de vous les montrer tels qu'ils sont devenus quand la civilisation a tenté de les régénérer, et tels 'jii ils étaient primitivement lorsqu'on les a surpris dans leurs déserts, sur leurs montagne inaccessibles, alors qu'ils se croyaient peuMtrc seuls maîtres du monde. J'a,i essaya de vous conduire par 1* main au ici vers des steppes, ibs forêts vierges, au sein des Laves noires tin-

ŒUVRES DE JACQUES ÀltAGO.

ci r, cs â Pair par des révolutions sous-marlnes ; je vous ai promené â mes côtés d" iilineni ï L'autre, d'un archipel doux cl parfumé à mi archipel abrupt el sauvage; j'ai étudie sous lou les tes zones, et aussi scrupuleusement que je l f ai pu, les admirables contrastes de ces natures si variées déjà dans leurs caprices ou même dans leur éternelle in un Habilité. Je vous ai présenté tes hommes rouges du l:ivv,| |, 5 hommes noirs de l'Afri |ue, les hommes j nu nés des Motnqti.es et de h Chine; je vous ai dit leurs usages el leurs vices, leur religion el leur stupidité, J'ai médité sur tout cf-lii an milieu d'immenses périls, tantôt sous le cas lètc zélamlais, tantôt a côté du crish empoisonné du farouche Hâtais, et presque toujours seul, isolé, sans armes, Ht escorté de mes deux braves, de mes deux dévoués matelots que vous connaissez déjà et que vous aimez, j'en suis sur,

Bli bien , ma lâche n'était | as remplie, et si je me suis arrêté en roule, c'est que Dieu a arrêté dans sa roule au ssi W. rayon lumineux qui venait frapper ma paupière. An milieu de la nuit si proronde qui m'a saisi, j'ai pensé que le repos me serait plus so Lu taire que le travail, et j'ai brisé Dits crayons nux deux tiers de mon livre.

Hélas! le calme pour moi c'est L'anéantissement; c'était a ssei d'une mort, je l'ai senti :je me suis chaudement r trempé aux consolations de Inimitié, aux encouragements i pie la i tresse généreuse a donnés a mon œuvre de patience "i d'énergie* el je me suis en quelque sorte façonné à mon infortune» Bien plus, à mesure que les ténèbres se sont éj aîssies sur mes yeui, il ma semblé qu'un plus large Jeit éclairait mou âme. Je vois tes nomme* tels au ils sont, la nature telle que je l'ai laissée a mon dernier jour de lumière, jeune, verte et riante. J'écris, je vous lattcsie, devant un miroir parfait. J'ai cane ié tout en moimême; rien de ce qui se passe autour de moi ne peut m 'arracher a mes méditations, à mi solitude. Ma mémoire es-l plus exacte mille fois que lorsque ma prunelle lui était d'un puissant secours, cl je me rappelle le plus lointain passé comme s'îl datait d'hier, comme s'il datait de ce matin. Je vous dirais sans réflexion les noms propres des vil* lages que j'ai traversés jadis, des cônes que j'ai escaladé des ruisseaux doul j'ai suivi le cours, des torrents qui m'ont forcé a la retraite et des filles sauvages que j'avais prises en affection. Je vois encore le caillou qui me lit trébucher nu M aria nues, le léger papillon pris dans mon réseau a la Non telle-JIo! lande» La profonde crevasse nu je pi Bgeai aui Sandwichs j'entends vibrer à mon oreille la parole menaçante qui m'accueillit d ûmbay et le cri ii rrihle des naturels de la presqu'île Péron, Je vous dirais le jour précis de nos calmes, de nos tempêtes, nos heures d'extases, nos moments de désespoir. Je vous conterais presque tous les miuulieui détails de cette vie incidentée que j'ai si douloureuseraent parcourue jusqu'à présent et qui s'achève sous le plus horrible malheur qui puisse frapper un homme*

Qfa CNN- paçe n'csl point une vanterie, comme vous pourrie* ie croire dan* votre inéllexion. Celle page est une ertume de plus à ajouter a tant d'amertumes. Quel est

1 nomme, se sentant une âme, qui nedoiineraii pas l'oubli de toutes ses joies pomTouMi de la moitié dt ses tortures?

Qu'il vienne, cl je me prosternerai devant cet être exceptionnel.

Etre aveugle! Etre avouée quand on a loul vu, tout exploré, tout étudié, c'est le millionnaire réduit â la mendicité. G tre a veugle et acce pter la vie! Eh hîc il I n 'a vezvous jamais été heureux la nuit? Laissez-moi vivre.

Et puis, voici un ami qui me tend la main, un frère qui m'encourage, uns vieille mère qui prie encore pour moi là «bas, là-bns dans un vallon des Pyrénées, une douce voix de femme qui nie dit : Marche! On me parle de beauxarts, de gloire, de patriotisme; ou me dit que La lâcheté, l'hypocrisie, la vénalité, la bas*' la trahison, s.. ni regardées comme les Ûé.mx de la lt?rrc (ou me le dit ! ) on ; m'assure que je puis être encore utile dans mon infortune, el je me laisse vivre!

Les nu Us sont Longue* pour l'aveugle ' ' c: (lKit Y™* T es " sa ver de les raccourcir que je publie aujourd'hui le drame des voyages; ne me le reprochez pas.

Avant de vous présenter les singuliers el 1er ri Ides individus qui vont passer sons vos yeux avec kurs col leurs fureurs el leur ra^c. j'ai cru qu'une simple et rapide notice sur leurs mœurs, leurs habitudes, leur caractère et leur silhoii lait indispensable. J'ai puisé a des sources prédenses, et j'y si timidement ajouté mes observations

personnelle

Je sais »ten que le tableau n'est pas achevé, mais il me scmbl' suffisant. Quanti au style des divers épisodes qui composent ce volume, j T ai voulu qu'il fût vif et chaud; est-ce assez de vouloir? La plus grande partie de ces pai: est écrite au milieu des actions terribles et sanglantes d ml j'ai été témoin; cl cependant le lecteur n'a pas à craindre que je me sois laissé emporter trop avant par mon imagina lion du par mes terreurs.

■b 1 ne me souviens pas que dans certains grands périls la pensée d'une honteuse retraite ait jamais pénétré dans mon orne. Quand j'ai voulu apprendre, j'ai appris, et ma volonté était telle alors, que la presque certitude dune catastrophe n'aurait pu me distraire de ce que j'avais une

fois regardé comme un devoir â remplir*

Toutefois, si vous trouvez du desordre dans mes récits,

ce n'est pas ma faute. Ecrive • froide ut et au compas, si

vous Le I tes, en présence du tigre qui bondit, du lion

qui broie un ennemi dans sa gueule de feu, du rhinocéros qui déracine les troncs les plus robustes, du crocodile qui

avale un nageur, du boa qui étouffe un buffle, de l'éléphant qui jellc â l'air les cabanes et les habitants d'une bourgade! Ecrive* donc avec tiédeur en présence d'un razde-marée, d un coup de veut aux Antilles, d une tempi au sud du Cap-Uoro au milieu des glai es australes ï Dans bien des inconstances, le désordre est l'harmonie.

CHASSES AL'X lU-IKS FÉROCES*

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