‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 8 sur 82 · PUJOL, CHEF DE M1QUKLËTS · texte numérisé non relu

PUJOL, CHEF DE M1QUKLËTS

Toi, lî«;|i|ia ! s'écrie-t-iJ d'une voix terrible en la voyant debout et calme sur une roche, (I\*pc20.)

vient colosse immense ^ elle fait encore un p.i>, elle se rue avec des mugissements â éhranler le monde, elle roule, elle envahît, elle pulvérise; et Pujol, cramponné â une massif de granit, est saisi dans le courant et roule Avec les mille débris do hanches d'arbres, de troncs déracinés qui vont combler la ji refonde r Allée* — Adieu, mes bons! secrie noire intrépide, et ses mains s» 1 déchirent, et ses épaules se meurtrissent, et son corps se crevasse Dieu !»*.,•

il trouve un appui, ses doigts le saisissent, c'est une puissante racine horizontale, née dans les anfractuositës d'une roche vieille comme la création : le voilà suspendu sur I V bimei il appelle, la irmpête seule lui répond; ses pieds cherchent un soutien et trouvent une Faible saillie oïi ils s'étayent â peine. Mais pourquoi retarder ainsi une mort qui, s'il le veut, sera si prompte ? Pourquoi Lutter contre le ciel et Venter lignés ensemble? Et cependant il tient ferme, et il espère encore donner nu démenti au ciel et à L'enfer.

Lame de hijol n'a jamais compris l'impossible, et son

corps est an niveau de son n me. M ni s ses forces l'abandonnent* il n T ose pas regarder sous lui; car si L'on n'aime point a voir le fer brûlant qui va vous percer le cœur, on détourne aussi les ycui des rochers contre lesquels va se briser votre cri ne 11 ne prie pas, lui, il a depuis son enfonce oublié toute pieuse oraison, mais il jure et vomi! avec fureur mille horriblee blasphâmeSj et de temps à autre son étemel ; Quel chien de temps! que) chien de temps! revient à sa Louche éc u m eu se.

Depuis un quart d'heure il était là, solidement cramponné à la branche robuste; mais il fallait en Unir avec la douleur, et, iptèa une épouvantable invinMiiuii a Satan, un éclair brise la nue, Pujol dit adieu au monde; il ose enlin regarder le gouffre qui d^ït à jamais IViidniilir...

Il était a deux pieds du sol, d'un sol tranquille, a vingt

jet s'accomplira.

ÎDVRB8 ni: UCQDIta AH A cri.

En un instant il arriva à la cabane, Klle était hafiii p.tr un brave homme ri uni- brave femme ifui priaient en ce marnent au pied du cruriiis d'ivoire pour les malheureux voyageurs égarés sur 11 montagne.

— L i ospitaliteE dit brus [uement Fujol» en poussa. ni du, pied la petite porte mal jointe*

— Entre/, répondit te pairQft t ef remerciez Pieu d • fpns avoir conduit jusqu'ici,

— ïist-ee qu'il y aurait un Dieu comme H y a, un d initie? se dît tout bas te bandit.

— Vous Ôles Iiiimi meurtri, poursuivît le vieillard, aveztous besoin de secours?

— fTim peu de repos seulement.

— Vous pouvez en prendre tnnl que ^oya voudrez. Aussi bien, êtes- vous le second que nous avons eu |e bonheur de «cueillir celte nuit.

— Ali! on esî déjà venu vous visiter?

— Uni, un rude miqiteleij guère dévot, celui-':

— Il vous a dit qu'il élail miqueirt..'

— 13 nous l'a diî, et UûUS avons compris â ses manu . bruUtcs, a ses regards de loup, qu'il devait être du ranimo dePujûl; oussî avons-nous tremblé qu'il ne nous assns; si ni!,

— tS'esl donc une armée de b ri garnis - ) ■ i ■ - l'armée, il. ciiei &v guérilleros?

— Une a- m de démons, et leur capitaine] loi, ma femmi nez-vous aussi, vous,

PuïoMit ïe signe de la croix en souriant, jeli quatre piastre^ sur une table délabrée » il se ic.

— Voilà pour payer vntn ç|tarîtc 1 leurdil-il; le temps me priss : :,i- i".i.-. .h partir. Adieu, mes braves geps, je suis Pujûl !

— Ave i| pj

— C'est cel ■ p?)B9, priez; qui sait, peul-ctre que vuparoles nrriveropl quelque pajt,

— C esJ l*i un ,i,i i$i, nuLi iiiiji'a le vieil lwnimi- en anpi chant du fi u quelques feuilles de laurier l.énit je jour des rameaux.

— (Test l'anléchrlsl j F#P lit I' 1 n-ni'i aranouillèe.

Lcmiquelel qui avail , ssê un. partie fie h nuit dans

la cabane des I ■ en s Hnii TuomawJllaSj j ■ \\\

par la lemp4 M. s qr; lui un pi- js au be

il reprit son cb.ni.n . cl u .1. nlriir de ^■njennce, il

brava quelque leroq e 4.111 11 se présentait a

chaque pas. Il ivflîj pns, twij ou eUerninue traverse dédaigne par Puj j i! savait bien 111 ii-ci ne pouvait voir dep; ■■■'■. j ou,? peu fine l'a - dont |e fracas ■ tait fait entendre -u hun, l'eu nu en roule.

Ainsi place en euinus I •h-itin- nu> haïe thituielle de noisetiers sauvagi flmnie un I ■ ■ ■ 1 1 ■ qui attend m pp

triue liomlis^rLit iTï 111 ji:i t i <- 1 m l-: e| mie ■ ■■ [mie j.iiinalre gtobulait .sur les deux coins de sa grande bunelu' Au plus léger mouvement des branches qui gémissaient encore sous la brise, il iji. le il» u I; il h me de sa carabine,

1 [ il avançait tfaitreusemênt In têk pour jouir plus u\i de la présence de celui dont il voulait la vie. Hais, Beppa, la généreuse Û) te, avait aussi, elle, suivi â lu piste ainsi qu'une lionne qui guette uue hyène Ip bandit TaumareiUas, et pieu seul aurait été capable de le lui faire perdre eu seul instant de vue. Les cri- île l'ouragAU» les voiles épata de h

itje tourbillonnante, (es aspérité a des rocs, les crevassée dans lesquelles on roulait tour à tour, y avaient perdu leur puissance, et flenpu était l'ombre qui B/alLaena au corps» Beppa, guidée par son amour, ne voyait qu um seule chose sur ces montagnes, la silhouette d'un nssas- -in.

Cependant, dans le lointain, poiuie une tache noïre qui

se meut et grandit* Mlle disparaît] se montre et s efface de

uiiiiir.ui. et la haine de TaumareiUas et la tendresse de

Beppa put reconnu Pu.j^L TaumafêNIâs écarte de sa main

iclie quelques petites branches qui peuvent Le gêner, il •

filace à genoux à deus pas du sentier que doit b riim-liir s 1 1 1 1 cepUaiiu 1 , il ùte son chapeau pour plus de 11* I ■ - ■ 1 1 ■ ■ il écoute encore, il appuie In redoutable cscopeUc sur son épaule; fujej bondit touiours eu sifflotUiat; il esl là T loui prèjs.., Un coup part, un homme tombe..... ee*i Tau m ai vii

L'intrépide Pnjol s 'élance le p dgnard è la no in.

— Toî. Deppa ! 1 rie-t-il d'une voix terrilde, en la voyant debout et calme sur une roclte.

— Moi! oui, moi et un cadavre, 1 1 gni'd

ns ! vient, et pardnnnc-u .: >,■ ur. je t*accu-

ii Q i je sujs bien infime 3 posais accuser, ma lleppa, ma scriir pieu aimée!

— Tii B03ttr?Je vois que lu ne nu: rompreuds pas en- Bore.

— Si ( ,-^i , des ce moment, et je l'aime, Beppa! dit l'uJnl avec un enthousiasme frénéii.|iie.

Le gitaon lui serra fortement h nciin et ih poursuivirent leur route jusqu'à une petite chapelle abandonnée et en ruines auprès de laquelle b'i ia maison de l'ancien

prieur.

— Rc|jiiMin nuus ici, dil Pnjol, et raconte-moi ta course de cciir juiit.

— El i»-s projeta, nte les (lirafrlu, majutenanl

— Non !

— Tu ne rn'iiimes pan.

— CVst panse que je raîme.

Àprèjn une heure de repos, 1 1 gitana ci. le guérillero sortii'pui de la chapelle, sjlencii

ssxToi, par la; moi, par iri; dit ce dernier; au revoir, femme i|e ï'ujoL

or. feus adieu, mari de leupa; songe que je t'attends d mi -i trois jours.

-- (Jiiatrc, an p]ys.

— - Si tu n>s piis aupr s de moi d.ms troji jours, je me

Lue.

— Aa *>i- j 1 1. > de 1 il

Page 1