‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 71 sur 82 · I.' IIV'M, l'impérieux besoin de sa .il ion person · texte numérisé non relu

I.' IIV'M, l'impérieux besoin de sa .il ion person

nelle» ont-ils change* La nature primitive de l'élépnant, et

devons-nous â lu rre péri ente qu'on lui a laite cette

turbulence, ce besoin d'envahissement et de destruction qui le possède aujourd'hui ' ùda peui être cela esl i lionne), et les peupladi es nu milieu desquelles

vient se jeter à l p improviste •■ formidable quadrupède le redoutent presque autant que le lion cl le tigre. La n esl énorme, le cuir dur ;ï percer, les balles des pfas gros

ifs sont mesquines contre uni vie si puis \ et, dés que la douleur s' esl fait sentir, gare aux cabanes des sauvages rnnire lesquelles l'ëlêph^rU blessa va se ruer d. sa fnrîe 11 ne cherche pas d'abord é tuer, mais a détruire, & abattre, à bouleverser; il piétine sur le toit des maisons et sur les cadavres des iiommes; il airache dosa trompe vîgom les plus solides barrières; il perce de ses énormi - défenses les cloisons les plus épaisses; vous

voltiger dans l'air des cadavres .le LIoiicuM Cal : d'animaux domestiques; c'esi une avalanche de

débris qui retombe sur le sol pour nter un instant

après Jusqu'à la hauteur des ai les plus élevés: car, brsqu il manque un aliment â la colère de l'éléphant dont le a rmiii h- m! il le cherche dans les m en

ruines qu'il ivaii déjà abandonnés. Une peuplade entière est sans asile par cela seul qu'une balle aura frappé un éléphant sans f'abattt

Et cependant Levaillant et quelques antres voyageurs n'ont pas craint île publier dans leurs amusantes relations qui élé| blessés pnr eux n uvent â leurs roi is leur faire h moindre mal et sans chercher â se venger.

Toutes tes races s'abfttnrdissent, disent les philosophes. Est-ce donc s'abâtardir ijue di er en cm uté

lies que sur le terrain sont empreintes de fraîches r i-.n es

de pieds d'éléphant} toute une bourgade est en éi i

pré| are au combat ; ceux-ci sont armes de fusils chargés do halles do plomb ou l'on a mélangé un peu d'étain; ceux-là portent en main île durs casse- té Les; d'autn

s d'arcs et de très-courtes flèches empotM - 9, «ont

surs nu moins nue, si la peau du quadrupède esl percé la mort viendra lueniôt saisir is proie; car il est actif, je vous jure, le poison donl tes Carres froiti nr leurs armes • !'■ guerre, et : ites ai ont les bras qui s en servent

'•'uinij'! ih-fciise de rue allaqiit,

i Je vis un jour, â quelque! lieues au nord-ouest de Table-Ray, (oui un village déiruil sans que Je pusse dV bord « ii soupçonner la cause, Je m'im quen guerre

avec un village voisin il avait été vaincu, et que la rage du vainqueur avait nccompli cet acte de destruction; mais plus loin j'aperçus, campei sur la lisière d'un bois êpaisj les pauvres habitants sans demeure; et c'est alors seule" ment que rappris que la colère d'un éléphant nvnii fait « i"Mi\aiiiah|i's ravages. A une lieue de lii, guidé par un vol énorme de vautours auTamés, je trouvai h' cadavre duu éléphant sur lu tète duquel étaient encore incrustées dis décile iGg [lavait doute pieds de hauteur : les hyènes et les v.iut-.urs ne manquèrent point de vivres.

Par quels moyens Les Gafras parviennanUils à se défendre ciintreleséiûphauts, nu milieu desquels ilsont bâti leurs villages? Ils emploient la ruse, bien convaincus que In f+jrce et le courage ne leur viendraient guère en aide?. A cet effet, autour de leurs cases, et à une centaine le pas de leurs habitations, ils ont creuse 5 dm fossés profonds séparés les uns des noires par de petites rigoles étroiti s ? qui U r QOEtl Indiqués â l'aide de pieux pin niés en terre et sur lesquels ils se dirigent pour s'éloigner ou se rapprocher de leurs familles; les fossés, p ds ei largi i recouverts de perches Ocxihles sur lesquelles on a

oilu des braisées de ri inujut de feuillage.

Sitôt que l'éléphant annonce sa visite, une trompe sonore dit a la bourgade la présence de l'ennemi : on s'arme, on va su*devaul du qua^lrupde, qu'un laisse traiepiillement poursuivre sa ruuio s*il ne songe point â L'attaque- ^1 m, pour peu qu'il faste mine d'accepter le combat, les s fuieii! ej] cherchant â attirer le quadrupède Mir leurs l'.is. Celui-ci s'avance, en effet, voit une proie facile

qu'on semble ne p.is vouloir lui disputer; il arrive plein

de confiance au f^rd du village, il pose un pied imprudcni sur les feuilles amoncelées, cl La mette énormi- *.'en-

ilïrc dans la fusai, ou on le lue alors MCC des balles anrement dirigées.

lu des plus riches planteurs du Tap m'n que,

dans une de ces chasses terribles entre le pays de* Cafres celui des SotlentoU, un de ses frères, qui venait de blesser un éléphant, sévît poursuivi par la bêle furieuse qui lai- ins daigner les regarder en passant auprès d'euj, les antres chasseursï que né de vitesse par elle, il ertmyia sur un arbre aun d'éviter la mmi: mais que, arriva là. réléphant furieux attaqua le tronc de ses redoutables défenses, pui* essnynde le déraciner à \ rrnuipi-

el |m'iI L abattit eiilin d'un terrible coup d'épaule : le malheureux frère fui brnyé sous les pieds de son ennemi.

Le besoin rend ingénieux Les sauvages habitants des pays où l.i vie de chèque jour s'achète par des sacrifia et des périls- Ils ont surtout un merveilleui instinct pour combattre les rigueurs du sol qu'ils roulent, du ciel qui les vé lit, ou les euvahissenu-uN des bêles féroces qui leur disputent le terrain. Aussi, quand le* éléphants, i l.i piste d'une population prévenue, oui assez i la dresse pour ne pas se laisser prendre aux fossés creusés autour d'une bourgade, qu'arrive-l-il alors? que le village est assiégé, bloqué dant toutes les formes; que oui haoîtant ne peut en sortir sans s'exposer â une mort presr{ue certaine, ci [ne ta faim dévorante est le plus sur auxiliaire du quadrupède temporisour.

Pour 1 1 hippcr à ce dan ier qui peut se présenler ^issex

iveni, les Cafres d'abord, et â leur exempte les Botlentois, apprivoisèrent des éléphants pris au piége; ils

ŒUVRES DE JACQUES AÈUGO

-ri — - ,

Guidé par un Tolde vautours affames, jelrouvii le cadavre d'un étëpltant. (Pagre 31.)

les soumirenl ;ï force de soins et de tendresse; ils les dressèrent aux combats el m mirent modestemutt sous leur jirotedinn. La guerre alors se faisait de colore si colns&i! ; c'étaient des rochers énormes que la main puissante de Dieu poussait l'un nuilve l'a il ire. Les alt-fi'iisrs aiguës entraient dan* les fi an es déchirés, les trompes calleuses se saisissaient, s'eniremêlaientp s'cnroul aient comme deux boas irrités cherchant à s 'étouffer; tes sourds mu« gissrmeiils des betes furieuses remplissaient les échos des montagnes çl des forêts, et la terre résonna ii sons les pieds gigantesques des deu\ ai h lé Les comme tous les battoirs d*un millier de blanchisseuses A l'ouvrage, Ce n'était pin* Ltn combat! c'était nue horrible tuerie où les lambeaux d^ chair lombaîcnL noirs et routes des oreille et lies épaules, Le s[ift:i;iclc riaii magnifique.

Mais, comme dans presaur i"iiii-> les luttes le courage joint à la générosité doïl remporter sur U force brutale, le champ de bataille demeurait presque toujours .i l'éléphant protecteur, et il rentrait v?* triomphe dans le vil-

h«ù sauvé par lui, au milieu des broyantes acclamations de toute la population enivrée* Mêlas! homme* etquadru- I ii -ii---=. riiM-.!M\ it poissons, sont soumis -l uw même loi, à une loi cotïi mime, éternelle, contre laquelle viennent se briser les plus Termes volontés, les pins énergiques courages Qui vous dit que les motlttsoues les m i] reports, 1rs coraux, les arbres» les plantes, les rochers, n'en subissent pas h ri^ui-iir? Celte loi est voliuiiaire, tyran* nique; tout front se courbe devant elle quand elle a parle haut, mut orgueil s'abaisse quand elle a dit : Je veni. À sa voix puissante, le fort devient faillie, le lâche brave, N 1 poltron audacieux; a sa voix encore» l'ami trahit son ami, le llls se révolte contre sa mère.

I . stupide Ho lien tôt seul peut-être ne détail pas don té de celle immuable loi qui régit le monde, et it a fallu que L'éléphant la lui fit connaître.

Lorsque dans une bourgade on mil apprivoisé un de ces intelligents colosses, il n'était jamais venu dans la tête du moins inepte de ces demi-brulcs qu'il fallait ait

imprimé |iai M. I H Jot, Mesnil (Eure)» sur tascUvhéa des Éditeurs

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