‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 72 sur 82 · CHASSES AUX BÊTES NUI 0M · texte numérisé non relu

CHASSES AUX BÊTES NUI 0M

au

I sauvage, arnu; dVnc pierre, fierai la Lelc de son ennemi, (l'ai:

défenseur nuire chose que des soins assidus, une lionne liliêre et des vivres en abondance. Ils nedemandaienl pas mieux que de donner ce qni est pour eux dune absolue nécessite; mais rélepliani est cent fois plus riche en intelligence que le lh>i certiot, il a même du cœur cl des pas* sinus, et ce cœur et ces passions cherchent souvent nu dehors un écho fidèle» Aussi q«**rrita-l-il?Que les mal* heureux HoLientots comprirent trop tard les motifs des fréquentes irruptions dont ils liaient harcelés.

Voilà des cris qui annoncent t'approche d'un rléphant! Vile, vile un appel à notre défenseur! On se mêle, on se presse autour de lui, on le caresse dç la voix et de la main, on lui montre une commcic facile p un lui désigne son adversaire, on lui un vit la lice,,, Et au même instant les deux combattants qu'on espère hientûi voir se déchirer parlent rote a cùlc comme de vieilles connaissances, comme rie chauds ri mi s, cl regagnent Les Imis el les profondes solitudes, C'est lui mâle el une femelle qui vont peupler ces déserts,

La tendresse de l'éléphant 'ma le pour la femelle qu'il s'est choisie le pousse parfois jusqu'au •h: , > m muni h- plus sublime. Dana les temps de disette, sur les terrains apinuvrif, la plus large portion de la pitance appartient â a femelle, cl, dans h dangers fi courir, on ralt lemàlc intrépide se je 1er au-devant du coup destiné â sa compagne.

I I823 f lors dune chasse générale, j laquelle pourtani NT, Routière ne voulut point prendre pari, car il n'aimait les dangers que pour lui seul, une femelle, isolée d'abord et blessée plus tard par plusieurs balles, fut foiiiprisonnière, fortement garrottée et portée au Gap sur un de ces chariots monstres dont je voua ai parlé dans mes Souvenirs. Elle revint rï la vie et â h santé, Reconnaissante des soins qui lui avaient été prodigues par un colon, elle le snu ail en esclave dans les mes, sur les promenades publiques, au pied de laTabl» ; «'lie assistait avec lui, calme et obéissante, aux réjouissances populaires, aux paradesde la garni» m et sa soumission était telle, qu'elle

ŒUVRES II K JACQUES Ail A GO,

nVceptait un ^Hc'iii ou un fm il dépassants que lorsque son maître lui en avait donné la permission par un signe de sa lêle ou un mol du &n bouche.

Depuis six mois If* Ni, comme on l'Appelait, faisait l'admiration des habitants de Table-Bay et était l'orgueil de son maître. Une nuit, à peine Lu calme régnait- il dans les rues, et Ion n'entendait plus que le Lugubre roulement des dota sur les galets, un cri terri hic et prolonge se lit entendre dans une des uns qui avoisinem le Champ ifr .Mars- Là, en effet , iims une cour immense abritée sur les côtés par une élégante galerie, se reposait molle-

inrhi lleILt de ses prni ad es de chaque jour; là iiissl,

guidé par sa tendresse, le mile nui l'avait perdue s'éta i arrêté; et les curieux, appelés au dehors de leurs de meures ou de leurs terrassai, furent témoins d'un spectacle intéressant et terrible à la fois- Le fou$ueiil éléphant frappait il coupe redoublés de ses deux dé lé uses les solides mu* railles de pierre, tandis que sa l rompe cherchait â les démolir en fouillant dans les Interstices où ses crocs pou* '-■iiiit s'attacher; il te ruait il es sus ainsi qu'il ivùi fait

sm te chasseur dont il aurait ressenti 1a halls; H allait en furiciiXp In n Lot à droite, tentât i gauche, cherchant une

is .1 il pût pénétrer, Il trouva enfin la porte de la

vaste enceinte : il rabattît du premier coup et y pém'-na d'un fias rapide».* Il venait de reconquérir sa compagne pour laquelle il s'était ma en pèlerinage depuis ai longtemps.

Le lendemain le maître de Huila eut deux esclaves au lieu d'un. Quelques jonri après, ILctla seule se promenait dans les mes du Cap ; le bonheur du m;iU: l'avait tué; peut-être aussi mourut-1] du regret de sa servitude : l'air de la liberté va si bien à tout frire vivant!

Partout où les armes ri feu ont pénétré, elles sont devenues les terribles auxiliaires des sauvages habitants des déserts africains; mais, la mi quelques inuivid us seulement oui pu s'en procurer, les chasses aux liètes féroce* sont devenues très -dangereuses. L'éléphant surtout a été dît'li' ile â vaincre : une masse si colossale ne peut pas être aisément maîtrisée dans ses colères, n les pièges n'obte- Jitiîciil pas toujours un heureux résultat. Plus vous pênétrei lions l'intérieur de l'Afrique, plus ^ms trouves les mpiilalions trembla nies en face des ennemis cruels que "eu leur a donnés : elles fuient au rauqm unni du tigre, au rugissement du lion, au glapisse meui de l'hyi m , gf lorsque ia terre retentit au loin bous les pas lourd* de l'éléphant, il est exact de dire >|u "on se prépare plutôt A la mort quau combat- À la véi îles trous moiuuds sont creusés; des filets énormes, tressés I l'aide décorées d'aibres e( formant des mruds coulants, tonl placés sur la : que l 'éléphant doit parcourir; m i bornent

les efforts des sauvages, là s'arrête leur prévoyance, et ranimai captif les chasse encore au loîn H

C*cst que dés leur enfance ils ont été façonnés à ces terreurs, et que plus Lard ils ont regardé les redoutables

hôtes de leur pays comme ils envisagent lis |.luies qui les

iégeot dans certaines saisons, le ï qui

dévorent dans un autre temps, les bouffées de venl du déserl qui les emprisonnent, h te soleil <]*• plomb qui les calcine.

Européens, essayes maintenant la conquête de l'Afrique sauvage : vous voyez qu'il ne vous reste à soumettre que le climat. Un déluge de Ilots et de feux, qu'est-ce qu un pareil obstacle pour la cupidité?

Quittez li sauvage Afrique, venez avec mol dans l'Inde visiter tes riches comptoirs où leléprmnl, animal doiro tique, se charge avec lant de ducdîlé du transport des marchandises et obéit en esclave aux Ofdrei qui lui sont donné*. A Bombay, ainsi que dans les établissements voisins» il est L'hôte familier de la ville; il a sis habitudes, ses lieux de prédilection, ses amis, ses connaissances, s antipathies.

Vous diriez que dans l'Inde ce monstrueux quadrupéle a perdu tout son courage, toute ta puissance, toute son énergie, toule sa force, et que, tremblant sous le .1 ird de sou cornac, il s'est fait de la servilité une habitude dont il n'a ni le pouvoir ni la volonté de s'affranchir. E^i bien . détrompes* vous : c'est chez les Indiens surtout que l'éléphant *e montre terrible dans ses violences et dans Bi fureurs. On dirait aussi que celui qui vient roder insolemmeni au pi us des villes les mieux défendues veut insulter a L'esclavage de ses frères abâtardis, qu'il tient I prouver que l'indépendance est dans .«es allures et drms ses m rem et qu'il ne recule jamais devant une rencon: a ivec ! hommes ou avec les dangereux quadrupèdes qui comme lui, habitent les forêts.

Dans l'Inde, en effet, on ne va à La chasse à l'éléphant qu'à J'aide des éléphants apprivoisés ei avec de l'artillerie : ce sont des mêlées sanglantes j effrayantes a voir, imn> si Ides â décrire. H y a là de* hurlements, 'le la m du désespoir, du délire; il y a la des déchirements affreux, des el forts incroyables de coin -.■ — ■-. des agonies ci des cadavres. Il n'est pas rare d'avoir trouvé dans les flan d'un éléphant encore plein de vie quinze mi vin- 1 êehiu de mitraille qui n'avaient pas pu même ébranler le colosse; il faut des boulets pour détruire et renverser les bastions, Quelques-uns de ces animaux atteints par le bronze se mhlI, iJaoS leur furie, jetés sur les e uiuis mis en bataille el les Ont renverses de leurs défenses Si de leur trompe*

Les chasses a l'éléphant du cùlé de l'ilymabi* ,1 i rutilent, dit-un, â des expéditions militaires h Mis >| .mi t>uii les princes alors qu'ils vont a la conquête d'un empire» cl l on raconte i ûe sujet de terribles épisodes.

Wons no publions dans o ■ récits que des détails avérés; nous ne voulons livrer â nos lecteurs <|ue les fûts dmit nous pouvons garantir l'authenticité, !Ne créons point le drame; nous n'avons tju'a fouiller dans la vie de» hommes et des quadrupèdes : il y domine â chaque page.

CHASSE AU SERPENT NOIlt

iVnTiCE

Ce redoutable reptile a communément cinq ou &h pieds de longueur, et une épaisseur de deux ou trois pouces de diamètre, mais d'une élasticité telle, qu'il nest pas rare de lui voir garder intact dans le corps un anima) aussi volumineux qu/qn lapin.

Lii té te du serpent noir est carrée, plate, osseuse; Le

museau est courbe, peu allongé. 11 adeui petites écailles en forme de croissant aux Jcîii cntns ùv la bouche, mais elle? se détachent de La peau a volonté par un bout ou par un antre; de sorte quelles ne nuisent eu rien â h dilatation de la gueule,

La langue est bifurquee et fort longue, presque toujours en mouvement et i l'air; ses yeux sont \ifs r «, -I un

jaune rouge, saillants, et se couvrant par intervalles d'un voile blanchâtre comme pour se reposer.

en AS s IIS AUX BÊTES PÉEOCKS.

S* 1 *? dents, au nombre de dix-huit, se replient à volonté en dedans; elles soin creuses, extrêmement nâmës. cl ne

Louchent conséquemment que par la base.

le venin est renfermé dans une vessie intérieure et extérieure ,i In fois, recouverte d'une menihranc exlmiiMmenl déliée, un peu jaune. Quand If n piil. m. nl T cet h» vessie crève, ei iras coule de La dent creuse dans la plaie.

Vous chercheriez en vain la place mordue parle serpent noir, c*esf li piqûre d'une aiguille* Au reste, .1 peine au** riez-vons ]■■ temps de vous occuper de ce sein : la mari 1 -i. si prompte '.

Sur le front et au-dessus de chaque œil le serpent noïr a ùv.iw taches vertes, rondes, i-j.i lis. <:t è cité de celles-ci d'autres Lâches plus petites qui se perdent graduellement ver* le cou.

La couleur noire du reptile est sale; quelques parties sont mates, d'autres brillantes; mais tout cela sans reculante, avec désordre on,

Le ventre est sensiblement moins foncé ; il est d'un I nni noir cl gélatineux; on dirait [pie ce hideux serpent hâve par tout le corps.

Uuelqties Lâches senu et lé se dessinent sur la partie élevée du ventre : celles qu'on remarque sur le cor] sont d'une letnte jaune et verd A tre; nulle symétrie d;m<; leur position.

En regardant avec la loupe, onaperruit des écailles sur toute la charpente du serpent noir, déni la queue se Li 1 mine par un crochet moins teinte que le reste ri peu mi i l'icil nu.

En repos, le serpent noir se tient presque toujours loué comme un*- manœuvre de navire; sa tête est au centre, droite, mobile, et m 1 reposant sur les courbes que pendant

1 sommeil.

Dans sa course, te reptile ne louche h terre que du tfers de son rorj â 1 eu près, à inoins qu*tl ne soît pas pre r.ir alors il ramiio comme no* couleuvres. et toujours m légers serments ae cercle; la Léte cependant ne pose point sur Le sol, el la bouche ■ si toujours fermée,

s il est pressé d'atteindre Le lun. le serpent noir ne

irt | as, il vole; c*i < la rapidité de la flèche. Ici, point de sinuosités, point d'ondulations ; c'est un frctîllemi imperceptible; on dirait un projectile livré >■ s>>n profère m iini-imfiiL Un cheval au galop n'échapperait pas su serpeut noir.

S'attaquent -ils entre eux? Je ne sais. Les personnes mi uni le mieux étudié les mœurs d dangereux reptile n'ont pas pu résoudre cette question. M. La&areUo, que j ai trouvé â la nouvelle Li ver pool, croît qu'ils viveol toujours en r 1 l boni)

Le serpe» l noir ne grïm] g pris sur les arbres, m'a dit

cm naturaliste : ei cependant M. Chlcy, dont

j'ai si souvent parlé d.ins tin s x - *iir$ r m'a assure avoir vu plusieurs ibis des serpents n iirs luspendus par la queue é des branches fort élevées d eucalyptus, et se ha- I néant et tournoyant comme mit: ll-iminc de navire agitée

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