‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 73 sur 82 · I -n" le vent · texte numérisé non relu

I -n" le vent

K. Oxlcv prétend enc ire que ce reptile craint le ten. Il d o! craindre une ■ • car il n'y a pas moyen de mordre dans une kaîse ardente.

CHASSE

Un nniurrl de la Nouvelle-Galles du Sud arrive tout nu à

I n y. admirable ville européenne bdlie ■ L'antipode 4e

Paris : il eu Fïrontément dans la maison d'un riche

banquier nu d'un planteur, il> m ttde 1 baguette de fusil,

offre i- 1 • ge un grossier cjs&e-léle recourbé, queUpiea sa r d'un Imis trés-dur oit une vieilli \ eau de kangu- ■- Le maître du logis lui tend une main généreuse, re^ ftise les ii- s proposées, lui donne la baguette convoitée, un morceau d* pain, un peu de viande fraîche, un

pctil verre d'eau-de-vie, et jette un kme; regard de pitié

r)e malheureux. G-ïn Mtns reconnaissance, sans on

coup d'oeil, sans un mut qui veuille dire merci, tourne sur

talons durs comme delà corne, s'achemine en gamba-

dam ■■•■ Nuis vierges qui cerclent encore la belle eolo-

• anglaise, va, va toujours, trouve au fond de ee- iuim en ses solitudes quelques cabanes faites avec Pécorce '■p le l'eucalyptus, su couche >nr le sul. et s'endort

ses joyeux, parce qu'il a une baguette de fusil ,ï L'aide dé laquelle il pourra si; défendre contre le serpent noir*

« v>i qu'il a vu combien il v avait de péril î oser attaquer le dangereux reptile en le saisissant par Is queue •l'une main audacieuse ci eu le faisant tournoyer connue une fronde au-dessus de la tête; ç'esi que le serpent noir donne la mort, une mort lier r i hk, A celui tpi'efjleuce si dent S; c'est i|u'ii n'atteod p.is i|u"hn le pourstiive

dans la retraite qu'il s'est choisie /et qu'il s'élance au couir ire, avec la rapidité de In uVche, contre tout être rivant • [il i plisse a sa portée»

Ans*i vovez quel singulier continent que celui qui eal habile par de (Hs listes '. C'est une nature à part, une terre comme ou n en trouve que là, un ciel fait tout exprès pour ajouter aux phénomènes nn-nWoln» joues qui le aulouneur, de? Li':vorautea venant comme dus avalanche» ou ne

sait d'où, il >lisparatssaur plus tard, on ne sait comment, par mille embouchures variant a ch.iqur ora^e; c'est une régéUlion neuve, forte, étemelle; une céte élevée ( coupée de criques délicieuses; des plaines à fatiguer la vue et nmagi nation; des montagnes meurtrières pour tout investi* gateur, des oiseaux, ilès nundru priiez, des pinssons orgais de telle sorte, iju'on les prendrait pour les enfants d'un cerveau malade; et, su milieu de 1 -mt cala, de* hommes, je me trompe, des brutes 1 la tête monstrueuse* aux yeus |"tîts et tlamhoyants, ti la bouche mordant l^s nM-iN-s. su nez aussi Wgc que la bouche", des chu mouvantes ayant des pieds comme de larges tattoirs, un corps anguleux et presque diaphane, des cheveux crépus, i'f îles jambes et des liras auiipiels on ue croit point, :i moins qn'on y regarde à deux y ! ' ,s de distance.

Tant de misères et tant de richesses sur un même terr.iin! une nature muette, belle et majestueuse comme hi n seul peut li rêver î une nature vivante, pauvre, sonffreteuse et crélioCj comme si Le malheur s'en éiait emparé;» s. m premier jour I

À qui veut des contrastes jô dirai : Allez visiter Li ?urorelle-Salli s du Sud; vous ne changerez pas seulement ihpays, vous changerez de momie*

Li aussi, au milieu des kanguroos t des emithoryaques, des opossums, vit le serpent noir, r o-r [-dire le p!iV= mortel des repliiez, celui qui seul peut-être atlaque l'homme, celui qui seul ne craint ni le bruit, ni les armes, ni l.i flamme : le serpent noir, à qui L'on doit peut-être le silence solennel qui trL r n<: dans ces forêts si jeunes, si fraîches, el pourtant vieilles comme la création.

Le fut nue entreprise bien téméraire que tenta le roi d* la Grande-Bretagne eu envoyant malfaiteurs et ses Elles de joie sur un continent où Pou voulait régénérer, ■ivit .c y..t[. L«-s nucurs de ceux qui allaient le peupler l'eu damnes cependant ont suffi pour celte double conquête, et le plus intrépida des marins ingl de, celui i qui toutes les nations doivent la connaissance dé tant de terres et d'archipels inconnus jusqu'à lui, le capitaine Coofc, il doté sn pairie de richesses impérissables. Hélas ! l'illusire navigateur do devait pas p'mr de si ^l^in 1 , et la rade de Carak.ik'M. aux Sandwichs, abrite dans un cercueil de plomb 1rs restes du plu nd homme de mer des temps au et modi mes!

v.ns quittons le ville de Sydney nous laissons â droite et à gmiche, sans le- reffarder el ;:vec une sorte de dédain, les magnifiques plantation bpéeunes qui oui • ■ Loin du port Jackson les « ■•< primitifs pesant sur la terre. Ingratitude du voi ir, tout offensé de retrouver

Loin d^- son |!ius le pays i|n"il re relie!

Juluv -i rexpérîence du malheur est puissante, puis-

qn'elle donne de L'intelligence a des i imea qui, pour les

premières nécessités de la *ie, n'ont pn- même Linstinct de la brute 1

ŒUVRES DE JACQUES ARACO

Quand les torrents débordent et couvrent In végétation, ils su Liissenl stupidement en^îoiilir par les eaux; quand les rafales de l'ours l foui ci ici Ici forêts menncées, a peine songent-ils à se incllre à l'abri du leurs atteintes sous te cas ns d ecorre presque toujours emportées, et d'ailleurs ItlsT-i-s. >nr le* troncs noueux; si le soleil calcine le soi, ils sont lu se laissant crevasser par ses rayons pénétrants, ci fous |f s trouves sous vos pas suant ei. liuvanl cornu le iir hiili'iix crapauds su bord d'un marais verd&tre et rangent.

Dès qu'il s agit de son existence physique! L'idioi n'y songe guère que lorsque ses membres décrépite avant l'âge se tordent sou* lis tiraillements do la faim; et comme les virées lut manquent, quoiqu'il pûl en trouver de frais cl abondamment a l'aide d'un ti avait facile au port Jackson, il aime mieux s'attaquer aux grosses araignées, dont les trames admirables joignent élëgamnirui ti.-s ai lires 1rs plus dis lancés, aux fourmis vo rares et gigantesques qu'il poursuit arec du feu dans leurs nids Lombes comme des tumuli, riux knnguroos blessés qu'il peut atteindre, et aux serpenls noirs qui lui disputent les vastes solitudes de ce continent sans pareil,

Ils Avaient imaginé (comme je vous l'ai rlil). ces rires leiïiNi le milieu entre 1 huître ei le corail, de s'emparer du serpent noir endormi, de le saisir dune main par la queue, de l'aire tournoyer le i^piik éionrdi dans ce mouveinent de rotation, de frapper ensuite sa trtc contre un tronc d'arbre ou contre un rociier; puis ils séparaient, à l'aide d'un bois tranchant, la léle du corps, et faisaient de celui-ci un succulent repas, Mais qu'arrivait-il souvent? que te serpent glissait dans les doigts, qu'il se retournait, mordait son antagoniste au premier endroit venu » et qu'un quart d'heure après on voyaitj étendu sur le sol, gonflé comme un ballon et lu langue et les yeux en saillie, un corps énorme, hideux, que la vrille vous auriez pris pour nue Tiiiiiiiri- desséchée an contact il*- l'aîr*

Cependant tout animal mouvant ici-bas est riche au moins d'une pense 1 . Voyez les mollusques, les coq ni lin y es ipii s'ouvrent aux Ilots ci pincent leurs ennemis; les po'lyjn'^ qui ftuii Ir vide entre te sol et leur coins gélatineux ii lin de se donner dans leurs attaques nu solide point d'appui; voyez l'unau qui monte avec tant de paresse sur un arbre qu'il dépouille feuille à feuille, et qui se laisse en Un tomber de sa branche pour s'épargner la fatigue du retour; voyez encore la taupe qui sillonne en tons sens les champs quelle dévaste, et la marmotte qui vît dans son sommeil pendant que l'hiver l'abrite chaudement sous son épais mil nienu de neige au fond de si retraite ignorée... Tout a au moins une pensée ici-bas, même le naiure! de la piesqu'île Pérou et celui de la Nouvelle-Galles du Sud-

Aussi, qu'imagina un jour ce dernier pour attaquer le serpent noir? d'arracher au pin de Norfolk une de ses fouetta ni es arêtes, et d'eu frapper te reptile au moment où son corps se détachait de la terre. L'effort du sauvage fut grand, sans doute; mais il y avait mieux à faire, et de celle demi-pensée en surgît une autre, laquelle, joïnic à la première, produisit Je merveilleux résultat nue mus avez déj.i ■ h vinè. Le farouche habitant delà Nouvelle-Hollande osa se rendre à Sydney, où on l'accueillit Toujours avec une pitié généreuse, ou "il obtint, en échange de quelques objets sans aucun prix, tes baguettes de fusil (Uni jl- vous ai déjà parlé; de sorte que* muni de cette arme meut trière, il alla sans crainte >'• ■ril'uici r de nouveau dans les vastes forêts, et déclarer la guerre au serpent noir, son plus redoutable ennemi après la faim.

génie de L'homme, que de prodiges lu enfantes!

Lt maintenant mul est armé, si vous avez le courage de suivre dans les bois un de ces audacieux chasseurs dont la vie est si malheureuse, ne rapprochez pas de trop prés, de peur de le gêner dans ses mouvements quand il fera la rencontre du serpent noir. Il Lui faut, voyez-vous? mi espace libre, un espace élargi où la baguette de fer puisse vibrer sans rencontrer d'obstacle; car l'élan du reptile est rapide comme la pensée, et l.i mort, je vous l'ai dit, v»y.-ige a vit lui.

Le sauvage chemine jetant a l'air ce que sans doute il a p] «: Ile sa musique et que vous prendriez, vous, pour un rognement de pourceau ou un dernier râle de l'hyène expirant sous la llèche em poison née du Cafrc. D'un arbre a

l'autre, c'esi un gazon ven et plein de vie; pas une ronce, pas un arbuste n'en troublent l'harmonie cl la fraîcheur, et vous diriez le rellet un peu violacé de l'immense dûme de feuillage qui l'abrite, arrêtant dans leur course les rayons du soleil.

ftlaïs, an pied d'un eucalyptus g+'-anl r>u .l'un r^uarina plein d'élégance et de légèreté, vous voyez enroulé, pnreil â mie grande carotte de tabac brésilum un serpenl noir. S;i tête est verticale, mobile et protégée par îles bourgeons naissants destinés à succéder nu jour à l'arbre brise par la foudre où le frottement des siècles.

Dans sou instinct, le sauvage a deviné le ventile plutôt qu'il ne Ta reconnu : il s'est arrêté .i une grande dislance, el a louvoyé alin de s'assurer si, en effet, le terrible combat allait se livrer. Fini doute : le feuillage a frémi autour du serpent noir ; celui-ci va partir en se déroulant plus vile que ne le fait le crible entraîné dans les eaux par I ancre de fer; et le sauvage, un genou a terre, le bras levé, le cœur battant fort, agite déjà la bague île fatale.

Le reptile est parti, la gueule ouverte, l'œil ètincetant comme Syriusau ciel... Il s'est arrêté tout court, &i courbe onduleuse devient une ligne bris- ■■■ . il pousse un stfïïemenl aigu, et toinhe su milieu de convulsions saccadées et de bizarres soubresauts dont il ne peut diriger Les meuve* mems. Le reptile s'est senti un de ses anneaux rompu; sa rage est désormais impuissante, inutile e>i son venin. Le sauvage, armé d'une pierre ou d'une branche ''puisse, écrase avec des cris de joie la lé te de son ennemi, et ne réjouit de sou triomphe que parce qu'il aura des vivres pour toute la journée. Je vous atteste qu'il ne m'est jamais venu dans la pensée de demander au naturel de la Nouvelle-Galles >lu Sud une faible part de son copieux repas, La discrétion, selon moi. est une demi-vertu, el j'aurais été sobre, même à la lahle de Lu cul lus.

De toutes les choses dont je vous ai parlé jusqu'à ce jour, ne comprenez- vous pas que celle-ci est la plus périlleuse et la plus diflîcitc à la fois'/ Deux adversaires en présence l'un de l'autre sans pouvoir se quitter que l'un des deux ne soit mort, et point de gloire après le suc» pas un témoin de La victoire 1 Je suis bien tenir île revenir du jugement que j'eî portr sur le l'ai- mche habitant de cette partie delà Nouvelle -Hollande; mais, j'ai beau faire, cela m'est impossible, même avec l'imagination la plus bienveillante el la plus générée m;.

C'est l'être misérable, di lionne, incomplet, dont on ne trouve nulle part une i mi talion, el d'autant plus repoussant qu'il lire vanité de ne pas vivre avec vous, et qu'il fuit vos cités comme vous fim-z ses imposantes snliiudcs.

Aux premiers jours de la colonie, Lorsque de ebetives cabanes se levèrent seules sur le sol vierge, il fallut songer d'abord a se domn c un peu d'air libre ri pur. Les furets étemelles qui couronnaient d'une si brillante végétalion le terrain où devait être baJieln cité naissante, durent être abattues; maïs la hache n'était pas encore assez active, on eut recours au feu. De vastes espaces furent circonscrits, la flamme dévora tout, et l'on trouva parmi les cendres une immense quantité de reptiles tordus et ea T cinés dont on ne connaissait pnint encore la fatale puissance. De leur colé, les serpents noirs désertèrent avec prudence !e pays conquis, el se réfugièrent dans l'intérieur des solitudes. Les naturels, effrayés de la civilisation que leur apportaient les exilés de la Grande-Bretagne, se livrèrent des combais plus fréquents et plus acharnés.

Cependant, instruits par l'exemple, les nouveaux colons firent â leur tour de profondes coupes dans les bois, le feu dévora d'immenses espaces, et les reptiles, refoulés el vaincus, cédèrent pelii à petit le sol qu'ils ne pouvaient plus posséder. Les conquêtes européennes s'arrêtèrent. 11 ne s agit pas seulement d'usurper, il faut rebâtir» fejre revivre, régénérer. Les sauvages habitants de cette ciuiiuteme partie -lu monde seuls ne comprirent point cette éternelle vérité : ils voulurent de la vie primitive que le ciel leur avait faile, et ils appelèrent la flamme a leur secours pour se découper un terrai u ou les serpents les laisseraient en paix.

chasses Arx botes féroces.

Ainsi se iln »si refit dans les forêts un grand nombre de

Ecl iles cabanes pnmdinnt de In façnn lu phi s étrange Ivs «nui établissements européens gui devaient nu jour s'appeler ♦Sydney* Grilce â l'apathie des sauvages, les serpents s'y logèrent pêlcmêle, el il y eui nouvelle désertion. J'ai traverse un grand nombre de ces villages ; c'était le deuil j r le silence.

Dans une de mes courses sa torrent do Kinkham, à une demi-lieue ilr Li délicieuse habitation de M. Qxtey, Garant et courapeus explorateur, je trouvai an jour, a peu de distinct les uns dos autre?;, les débris putré&és de quelques rais et de quelques ornithorynque- [d.icês ri dessein .-un pieds de certains eucalyptus; et, lorsque je demandai l'explication de ces singuliers dépôts a mon nouvel ami, i] m'appril que ces restes étaient empoisonnés pries saurages, 411c ceux-ci tendaient un piège au serjn ut noir, el

prendre, une mon

que, lorsque le reptile s'y laissai prompte eu «lait l'inévitable résultat.

Le serpent noir n'escalade point les a ilm-^ et ses morsures ne vont jamais plus haut que Les reins de l'homme;

^ a " s * r| c -'■ rapide, la moitié de son corps irai ne bonjours

i terre. Sa taille ne dépasse encre, six â huit pieds.

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parfois trouvé deux ou trois entortillés et abrites mus Je même arbusLr, vivnui dans L .!ik pur faite harmonie. Voilà, je l'avoue, une nais bien p us funeste ans hommes que les iru. m. cruelles qu'ils se fuiiL souvent dans ces contrées pour la possession de quel nu es ar^nis de terre. Hais le repos même du serpenl imîr doit être une calamité.

CHASSE A 1/nVÊXB

NOTICE

Ju«ftz de rbumnnr de la bf-le féroce par ses habitudes ; Ètles ■ Ml un minur paif.itJ de s,i \ïe de rapines el de mas-

in s. L'hyène, toujours solitaire, se blottit et s'abrite dans les cavernes des monlEtsmes, dans les fentes des rochers nu dans des lanières ou fond des buis touffus. Elle ne court après tes tiens habités que pie la faim l'y pousse, et son instinct de destruction csl tel, quelle rava ■1

âge même les pi intations alors qu'elle ne se nourrit que a* chair; quoique prise fort jeune, elle ne s'apprivoise pas; elle vil de la chasse comme le loup, mais elle est (dus forte el plus hardie que celui-ci. Bile suit de prés les troupeaux, se jette avec voraei lé sur le bétail, brise pendant la nuit les portes desétables, les clôliéres des bergeries, et ne craint un* me pas d'attaquer L'homme tenu sur lu iir*i\?ii<ivc-

tes yeui de l'hyène brlJienl dans l'obscurité comme deux êloili s, ei l'on prétend qu'elle voit mieux la nuit que le jour.

L'hyène se dé rend quoïquofms contre le !iim, ne craint pas la panthère, el attaque ronce, trop faible pour lui n sisler. Son cri Je guerre est à peu près pareil a celui d'un homme qui ternit de violents efforts pour vomir, on qui pousse ra il de lugubres sanglots. Lorsque la proie lui manque, elle creuse la terre avec ses griffes, et en (ire l -; 1 1 lambeaux les cadavres des animaux et des hommes, qu'on en terre dans ce pays à très-peu de profondeur. On la trouve dans presque tous les climats chauds de r Afrique et de l'Asie; et il parait que l'animal appelé farasse à Madar, el ipu ressemble au loup par la figure» mais qui « t plus grand, plus vigoureux et plu* cruel, pourrait fuit bien être l'hyène,

Ce hideux quadrupède a de longs poils sur le dos, Il est peut-être le seul de tous les animaux qui n'ait. Comme je viens de le dire, que quatre doigts tant aux pieds de devant qu'à ceux de derrière; il a, rumine le blaireau, une ouverture sous la queue qui ne pénètre pas dans l'intérieur du corps, Ses oreilles sont droites, longues et nucs t sa tète plus carrée et plus courte que celle du loup» ses jambes, surtout celles de derrière, plus longues, > eux placés comme ceux du chien, sou poil d'une couleur gris obscur mêlé d'un peu de fauve et de noir, avec des ondes transversales et noirâtres ] sa taille est plus grande que celle du loup, mais son corps plus court ei plus ramasi

Les anciens ont écrit gravement que l'hyène était 11 talc

et femelle alternativement ï que lorsqu'elle portait, allailait et élevait ses petits, edle demeurait femelle peudaul toute l'apnée; mais que, l'année suivante, elle reprenait les fnueiinnsdn mdleel faisait subira son compagnon le sort de la femelle. On voit bien que ce conte ira d'autre fondement que l'ouverture 1 n forme de fente que le mile il comme la femelle, indépendaiiminil des parties propres a la génération, qui, pour les deux sexes» sont dans l'hyène semblables à celtes de tous tes animaux,

Il existe dans la partie du sud de Tile Môrné une l.wue beauconp plus grande et plus grosse que celles de la Barbarie et de la Gafrerie» et qui a aussi le corps plus long à proportion et le museau plus allongé et plus semblable à celui du chien» en sorte qu'elle ouvre la gueule beaucoup plus large, Cet animal est si fort, qu'il ciihhvaisémcnl nu homme et L'emporte â une ou deux lieues sans le poser à terre. Il a le poil très -rude, plus brun que celui de l'autre hyène; les bandes transversales sont plus noires, la crinière ne rebrousse pas du ré lé de la tête, mais du coté de la queue. M* le chevalier de Bruce a observé le premier que cette hyène, ainsi que «elles de Syrie et de Barbarie cl probablement de toutes les autres espèces, ont un singulier défaut : c'est nue, dés ïe premier instant qu'elles sonl poursuivies, elles boitent de la jambe gauche; ce In dure environ pendant une centaine de pas T et d'une manière si marquée qu'il semble que l'animal vn culbuter du côté gauche comme un chien qu'on aurait blessé,

Ce sont là des observations qu'on ne Bauraii ii"|« recoinmander aux voyageurs; car elles blessent à la fois les lois de l'équilibre el coites de La raison.

CHASSE

L'hyène est, si je peu* m'esprimer ainsi, le reptile des quadrupèdes : elle eu a l'astuce, la làehelé, l'hypocrisie; son regard est oblique, ses allures sont tortueuses, ses

«bpisse nts honteux. On jurerait qu'e 1 au désespoir

de ne pas ramper et qu'elle a lion te de cheminer comme le font les animaux de cœur et d'énergie.

Le linu, le tigre, lerhimn. rn. r |.l|. liant, le crocodile» aimem beaucoup mieux s'attaquer aux vivants qu'aux

OEUVRES DE JACQUES ABACO

morts; el dans leur rage il est permis du moins de trouver une certaine grandeur, puisqu'il y en a dans loui péril volontairement \iffrfiiiii\ maïs L'hyène ne voudrait jamais rencontrer que des cadavres sur son passage. Des qu'il y a autour d'elle bruit et mouvement, elle rail mi tout au moins elle se cache et attend l'occasion favorable de vous surprendre par derrière.

(Jnand deux yeux intrépides s'attachent sur elle, son corps tremblote, elle hâve une salive verte et globuteus elle glapit, sembla vous demander grâce; et, quand elle se flatte d'avoir excité votre pifi^ eib- ne vous a inspiré que h- ili'iFûnL Un doit hier l'hyène avee plus de bonheur encore que le crapaud : celui-ei n'a pas la uircse de se défendre, l'autre nen a pas la votonlê. J'ajoute qu'un des plus douloureux supplias de ce hideux dévastateur des tombeaux est d'être f rr» p | »è en face, c'est de vnir le coup qui va L'atteindre. La vie de l'hyène est une lâcheté de toutes les heures; sa mort est une honte, une dégradation,

— Pourquoi, demandai -je un jour à M. H ou viens, n'allezvous pas â ta chasse à l'hyène comme vous niiez a la chasse an tigre ou au lion?

— Est-ce qu'on va à la chasse de ces hèles féroces? me répondit-il avec un rapide mouvement de dégoût. On les écrase sous un bâton lorsqu'on les trouve sur ses pas; mais ce serait dégrader une balle que de la leur réserver. Si jamais vous rencontre* dans vos courses une de ces bétes haim . croyez-moi, mon cher monsieur Àrago, prenez votre fusil par le Cft non et frappez-la avec la crosse.

— C'est ce que je ferai. répondis*je en sonriani au hardi colon, si elle essaye de me mordre avec la queue.

— En vérité vous découragez mon ami lié pour vous. Que diable! il y a des cbûil à faire dans ses affections comme dans ses antipathies. Koi, je me croirais déshonorée accepter certaines rencontres; et jetons jure |u"au |i 11 il d'écraser le crapaud que je trouve sur ma route, je m'en ê Lo i gn c a vec pré es uLion .

— Vous avez L'habitude de vous citer i ceux qui , comme moi, entreprennent de périlleuses excursions, ei, dans viiii-i? modestie, vous ne vous apercevez pas que roua êtes une exception trop heureuse.

— Devenez eiception à votre tour et n'allez qu'au devant de périls honorables. Voua jetterez - vous

Rlaisir dans mi marais fangeux pour y chasser un reptile ;' on sans doute, el je ne le ferai pas non plus, car il n'y a nulle noblesse â se vautrer dans la houe- mats un beau tigre, un agile léopard, lui m i ^ n Mime lion i combattre dans un bois épais, au milieu des taillis qui crient» des branches qui se brisent, en pleine campagne, sans témoins, sans obstacles, seul i seul, œil contre œil, etcur contre coeur, griffe contre trident, gueule béante contre bouche de fusil» a la bonne heure ï voilà des duels à proposer, des combats a accepter sans honte l

— C'est un rude métier que vous me présentez là!

— Je ne dis pas non; mais ulrz ta difficulté, vous ôlez le mérite; loui le monde chasserait le Lion si le lion avait les habitudes du lièvre. Quand je dis tout Le monde, je veux dire lout le nmnde excepté moi.

— Chassez- vous l'éléphant?

— N.iii, J'ai vou sogne. Ile colosse

lu eu essayer, je me suis lassé à la Lu* n'offre Hun de dramatique, rien dînât

tendu. S'il est calme, il fuit à voire approche et it ne se retourne contre vous qu'alors que vous l'avez blessé. En ce moment, j'en conviens, il est dangereux, terrible, effrayant; m. lis que peut la balte, que peuvent le courage et le trident contre cette masse énorme roulant comme une montagne? 4e voua rai dît, il y a des périls qu'il n'est pas honteux d éviter, et je ne vais, moi. qu'au-devant de ceux qui ont quelque utilité ou qui offrent quelque gloire.

— Cependant l'hyénc est forl dangereuse, surtout quand elle a faim.

— (Test vrai; mais, que voulez -vous? on ne peut se résoudre à la poursuivre. Si un terrent déborde, ou s'éloigne, on se sauve, on ne combat pas : ains^de L'hyène, V\i cherche a la repousser, â La refouler au fond des h >ts, si retraite naturelle; mais on ne va point â dh\ à moins qu'elle ne glapisse trop fort, car alors il faut lui imposer silence. Son grognement est en parfaite harmonie avec Bon

allure, sa charpente, les habitudes : cela ne sort ni d'une tète ni d'une poitrine, cela s'échappe d'un ègoiii,

— Pourtant on m'a assuré que les Roi te mois lui fusaient une rude guerre, ainsi que les Cafres et les africains du nord de ].■ colonie,

— Les Cafres peuf ils ont trop de cceurpour s'amuser a de pareils jeux. Quant aux llouenioiR, c'est différent ils sont, eux, les hyènes des animant ri deux pieds qu'on anpelle hommes. La partie n'est pas tout â fait égale, mais elle peut être entamée.

^- J'avais espère cependant me procurer un certain plaisir a assister â une de ces chasses, et j'étais venu vous prier de m'en faciliter tes moyens.

— Du plaisir, vous en aurez, car OU en éprouve a la

destructi les bêtes malfaisantes, et rien n'est

fionme devons satisfaire â cet égard. Je vais vous donner une Lettre pour un planteur de mes amis; je lui dirai vos désirs : il vous donnera deux ou Irais esclaves, H vous chasserez l'hyène tout â voire aise. .Mon cher monsieur, je Souhaite iju\ï votre retour vous ne me reprochiez pas ma complaisance.

— Lorsqu'on voyage, c'est pour voir.

— Allez chasser le lion.

— Vous m'en avez déshabitué,

— Ne me dites-vous pas un jour que cela vous avait semblé admirable?

— Les tempères ont aussi leurs majestés; mais chasser t hyène, ce sera toujours une distraction. Pourquoi ne viendriez- vous pas avec moi?

— C'est que je ne suis pas de ceux qu'un ouragan ép use. Voîlâ votre lettre : bon plaisir

Muni fie la recom manda Lion de M. Bouvière, j'allai trouver le plaideur, qui me recul avec une grande cordialité ii qui prétendu que le célèbre chasseur de Huns n'avait pas complètement raison dans son mépris pour L'hyène.

— Certainement, me dit -il, c'est la une de ces bêtes féroces donton peut se garantir sans trop courir de dangers alors qu'on est bien armé et que l'on a du sang-froid; mais y\. lluuvïèri' ne rond pas justice ;ï s-i fêronié : une hyène en quête de nourriture est, je vous L'atteste, un voisinage peu r.ej natif; et je vous montrerai parmi mes IL -Ueutuls plus d'un ménage appauvri par l'astuce et la gloutonnerie île celle bête fauve qui, ainsi que le ti^re, ne vit heureuse que dans le sang. Il n'y s pas huit jours encore qu'un enfant de quatre ans à peine a disparu de la

e fort bien barricadée par un de mes domesll [UCS, et je suis bien certain que e est une hyène qui a commis le rapt, car nous n'avons trouvé aucun n'élu "is hnuiam .hns le voisinage : ce vorace quadrupède ne ru ses vic-iimes que dans les creux des rochers ou au fond des plus épaisses forets. A l'hyène il faut du calme pour les rapines, du calme pour Les attaques, du calme pour les repas et le* digestions; l'hyène a peur de tout, excepté du silence; et pourtant, je le répète, l'hyi-ne est un animal fort a redouter.

■*■ Est-ce que vous recevez souvent do ses visites? déni indai-je nu planteur.

— Trop souvent, ma foi! Mais j'ai des chiens excellents, pleins de courage et d'adresse; ils foui cause commune contre l'ennemi commun; et pas une semaine ne se passe que je ne cloue â ma porta le cadavre d'un de ces lâches visiteurs dont mes Flottent Ois Utilisent la peau si leur profit.

— Qu'en font -ils?

— Des oreillers, des espèces de guêtres qui les protègent contre les ronces - L'hyène n'est bonne à rien dj pendant se vie ni après sa mort.

— Gomment, avec cette lâcheté que vous lui reproches, est-elle si redoutable auxplanteurst

— C'est que la faim lui donne du courage. Quand l'hyène u'apasdine, quand aussi elle se voit tombée dans un péril imminent, le désespoir et la rage lui inspirent une au- «I kC€ et une énergie inconcevables : elle muni les pi qu'on lui présente, elle serre de ses dents noires les

baïonnettes d on l'assaille, elle mâche les cailloux,

elle va ftU-devant des balles, des tridents; c'est "ne fré? nésie, un délire, auxquels ne peut pas même être comparée

CHASSÉ • ,U X lil-LKS FÉROCES.

L'agonie du li^i-e. Si L'hyène avait de la force, ce serait I hù e te plus dangereux Je L'Àfi Biais, poursuivit le plniiicLir m se levant, la journée sei i chaude; le vent du

-.1 souffle avec vi ilence : voire se peut commencer,

ei je vous donnerai cinq ou six IloUentots qui fou* guideront a merveille. Gardex-voas île h riser et de Les liMiicr avec trop di- bonté! Il y a de L'hyène cheat le Holteniot : brutalité, couardise, hv|..K-iis"n-, .1 . - ne sais pas en mérite pourquoi bipèdes et quadrupèdes ne firent pas en bonne inleïl 'îî uce*

Mes Uottenlots me donnèrent le signal du dépari : ils I ■.. ■.■!,! trois cris sourds, gutturaux, civerneux, et je m- pus m'enipéchêr de faire dés les premiers fins l'application de la ressemblance peu flatteuse que le planteur trouvail entre ses esclaves et h hideuse bêle que nous alitons combattre. Cependant je ne me montrai pas trop

soumis a ses Leçons, h Se rus bon envers nu- veaux

camarades, que j'amusai beaucoup avec nies f ■■* .r«-i-.i~

motage. tl était planteur et j'étais Européen-

Un chien galeux et Hjélif avait été abattu à l'aide d'un casse-tête au moment du départ, et un Hotlcn lot en chargea ses épaules taudis que deux autres emportaient troc case li- l.ii-en forme de souricière, et â l'extrémité de laquelle devait être déposé te cadavre du chu n -ùiûtque " i is entrerions en chasse. Hos armes étaient des casse-télcs en

ris très-dur et grossièrement façonnés, des sabres, des Haches, el moi seul avais à nia ceinture deux excellents pistolets nue Jim IMitiilois ne regardaient qu'avec frayeur.

Le soleil dardai! sur nous Bêches tes plus aiguës, la terre se crevassait sons nus pieds, et tues camarades, don! les épaules ruisselaient, ne semblaient nullement souffrir d'une température qui Jaisail monter le thermomètre de Beau mur j 11*40 '.ï 7>ô Q .1 l'ombre et sans réfraction*

Arrivés sur la lisière d'un bois épais que nous devions 1 .muer en suivant les sinuosité» d'une source fort abondante, nous finies halte et non» déjeunâmes, !>«' mes six Qoltenlots, un seul accepta nu peu de vin, tandis que les a n 1res me refus nienl : non espèce de dégoût qui sem- 1 . 1 .1 ït contrôler la recommaodûtîou que j'avais reçue du planteur, En un quart d'heure le repas fut achevé; je bus de l'eau du ruisseau, qui me parut délicieuse; el nous allions nous mettre en marche quand un des 11 >Llentots qui s'étaîl éloigné de quelques pas vint en toute hâte pour nous montre; les traces du passage récent 'If* rhyéne sur I boni lu courant d'eau, L'observation une fois continuée, mes sauvages placèrent rénorrae souricière sur un U r in uni, ni. au fond le cadavre lien, i: nt

silence a ceux nui nous accompagnaient el me lirnt entendre qu'il fallait nous éloigner. Ce n'était pas là mon intention, ce n'i 1 .1 pas lu le but de un course. Je refusai il me de suivre I- - Hottcntots, qui se retiraient déjà, - 1 je leur ordonnai de rester auprès ae moi, car j'avais supposé

l'ïIs n'obéi eut qu'a la peur en quittant les abords du bois. Kais l'un d'eux, m'ayant montré au-dessus delà ca«e uni 1 auln où un homme seul pouvait se tenir blotti,

me demanda par un i^sie si je voulais m'y placer, Je Lui

, dis que non, et je le vis sur-le*chamn aller s'enfermer

dans celte espère de souricière, dont il abaissa la porte sur lui el auxj»arois de laquelle deux trous pour les yeux et un pour Le jour étaient pn : 1 ! s- Je le laissai 1 1 lout entier à sa ruse, a ses méditations, et je rejoins Les autres lîottentots, à demi cachés derrière un monticule couvert de broussailles.

Peu de temps jprés une liyène toute petite, toute maigre, toute sale, sortit en effet du bots, s'avança obliquement vers la cage ou reposait le cadavre, en (taira l'ouverture, v pénétra; et sa queue avait ;i peine disparu, que la por

i ; . de fer, retenue par Le HoUentot, retomba sur Je animal, qui commença son repas comme s*il ne devait | . e le dernier.

Le Uo lenlot ouvrit sa retraite, Nous le rejoignîmes, et mes camar.i li . i l'aile de leurs Fers aigus et de leurs Ûôç es, mirent lin bieutél a l'appctit glouton de la bête

lauvi e ralacn m il,el ell tidit le dernier soupir

avec nu morceau de eh i. dans « gueule félii

Ju-: ■- i M, llouviii fait eu ; .. mi : ■■ « !aiL une vi toire -ans péril, e'étuil un trio - os gloire. Mai

■ ■ mme le planteur m'avait promis d'autres émotions, je poussai plus loin mou aventureuse promeu mt aux UoilentoU de me suivre, quoique je vi>- bien que de telles courses n'étaient p;is trop de leur goûL U p;n-

et I ichalance s. on soeurs de la poltronnerie

Ils obéirent cei tavec 1 *U* bonne grâce d mi

ordres, et nous pénétrâmes dans la furet.

a bois était sombre, difficile, tourmenté; oueùldil que les veuis, les or les dois, avaient Longtemps cou battu | tur sa conquête, el qu'il 1. sort] du terrible choc que tordu et mutilé. Les ronces en couvraient le jalemeni envahi par des débris immenses de branches robustes et de feuillages; les troncs d< s col ■-■' s ji plus xigoureux, déchirés }inr les rafales ou par les griffi des bêtes féroces, accusaient une longue décrépi tu de, tandis que là-haut, bien loin du pied, des parasol ris

■ ■■ touffus alîeslaienl la jeunesse et la vigueur. Tout était mensonge dans celte forêt religieuse, ou le silence môme devenail effrayant,

{ ' les jambes et les reins des lîottentots avaient

beaucoup .1 souffrir île mes courses a travers Les brous-

illes épineuses, je pris Le iiarii de rélre^ader .1 je i\<

sentir à m ■ . ompagnons que ma résolution n'avait pour

butque de leur épargner queloues fatigues. Ils me pr irent

eu échange de me montrer îles hyènes à combattre, ri ils nie liment paroi- 1 .

Je fus conduit vers une source, ou plutôt une mare, de ,ilu* de cinquante ps, ji-tuni la fraîcheur et la vie au miieu du gazon qui I entourait. Sur ce gazon d'innombrables piétinements de bêtes féroces disaient les fréquentes \ tsiles (jne recevait la nappe il'eau; et cependant nul débris de chairs ou d'osnesefaîsaU remarquer aux alentours counui' souvenir de la lutte* Le vainqueur emportait-il la victime pour I j dévorer plus loin * 1 sans importuns? c'est là une supposition qui devient en quelque sorte une certitude, alors surtout qu'on se rappelle nue les promeneurs sont le tjgre, le lieu, lerhin i-céros, l'éléphant et l'hyène- Il u'v n ni accord rÀ paix possible entre de pareils individus,

ependant le soleil allait se coucher, el je tenais A passer l.i nuit en un lieu moins solitaire et plus abrite Je donnais ljij.i U signal de I. retraite lorsqu'un jappement étouffé de chien se lit entendre auprès de nous. \* ■ des lîottentots, je veux dire Le plus balolc et le moins pul* tron, tourna la tète vers un tertre de couleur rouge situé au côté opposé à celui où uolk unn- trnuvimis ': il m? tr deux hyènes venant cote à cote u coi r apaiser leur soif, car le sang leur avait sans doule fait defaul dans la journée. Elles arriviri nt ensemble â la nappe d'eau, y 1 utrèrent jusq l'au-dessus des jarrets et se mirent à laper. Bo lento - medireni alors ;i voix basse que, si nous voulions en Unir plus Lôï h il fallait s'en rapporter nuxdiiens; elje in- demandai pns mieux que d'as ister a ce nouveau genre d'attaque. Lhacun de mes h mîmes prit donc un chien par la peau et tourna rapidement la position, les uns de droite a gauche, le- autres en sens inverse,

Tout â coup tin cri parti des poitrines de mes Elottenti dunna Le signal du • it. Les chiens, pleins d'ardeur, faisaient entendre des aboiements horribles; les byênes effrayées répondirent â ceLajuiel par des glapissements de terreur et de rage» et, attentives et immobiles, attendirent Leurs enn smis, qui, sans la moindre tu ion, s*é lancèrent dans l'étang et entourèrent les bêtes fauves, qu o'osèreni pourtant pas encore serrer de inm pre inït un tûhu-bohu à fali^ucr la vue. Les h menacées de

ion les parts, pi> ion! -ur elles-mêmes, m eni

irtanl un peu vers le l«orii de l'eau, lilles se trouvèrent y -ijiii] sur lui Lerraînsec, et la commença une lutte chaude, animée, ardente, où chaque cri attestait une douleur, oii chaque douleur était aiguë, ou les gueules ne s'ouvraient qu'a| rès avoir mordu et décliiiv. ou le sang coulait par vingt blessures, sans qu'on pût de longtemps encori |uv voii de quel coli- -■ déciderait la victoire, 'Ions les chiens 1: trouvaient blessés, mais pas un n'était hors de combat; des hyènes harcelées tombaient de hideux la ml .eaux de chair noire, el nulle d'elles cepen hni ne ployai! le genou. Des deux cotes la r lait à son paroxysme; el, pendanl que le cornb.it se trouvait si ënergiquèment en.. les

CMiUVElES m JACQUES ÀRÀUO.

JloLteiiLots, armés de (lèches cl île casse-têtes, excitaient tes chiens par leurs hurlements et leur venaient eu aide, prudemment | ila ce s derrière eux. La plus grande des bêles fa ii vos avait roçu deux flèches dans les flancs : ne pouvant les arracher de la blessure, elle les brisa d'un coup de mâchoire cl se remit plus rudement au coml.it. .le remarquai souvent que, pouvant mordre A la lèlc, a I 'épaule ou an cou d« son ennemi, l'hyène s'attaquait presque toujours au ï jambes, et deux des' Nouent ois reçurent de profondes blessures aux pieds cl aux jarrets, alors qu'ils *-i liraient pu être déchirés aux bras et aux cuisses. L'nyêne no dresse jamais la tète-

Cependant il fa Unit succomber : les deux biles fauves n'essayèrent pins de se défendre; le sang et les forces leur

manquèrent en mâme temps; elles tombèrent, poussa oui un raie douloureux, ci, la gueule ouverte, la langue en

dehors, elles cessèrent d« se mouvoir

A coté d'elles trois chiens rendirent aussi le dernier soupir, et les autre*;, fielelante et déchirés, u'arrivéreol avec nous chez le planteur que pour mourir le lendemain de rette sanglante attaque.

De paroi Ils luttes ne peuvent s'appeler ni combats ni batailles i notre langue est trop pauvre pour exprimer certains désordres , certaines colères, certains massacres, donfnoscharuiers d\iquarisscnrs peuvent ^euK donner une assez juste idée.

L'hyène ne voudrait pour demeure que la carcasse d'un éléphant en puii éïaction*

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