CHASSE AU RHINOCÉROS
NOTICE
La nmleiir du rhinocéros esl Ordinairement olivâtre; t ■ i ■ | . i - r 1 1 1 . t n i il t'en trouve quelques-uns, surioul eu Afrique, qui sonl pris, et dus voyageurs assurent on avoir vu d>n- Librement blancs* Les Indiens estiment la corne du rhinocéros bien plus que L'ivoire île L'éléphant, non pas lanl à
eau si- -il || qualité ou delà blancheur de ta matière nue de sa su hsi. mec même, a laquelle, dans leur Ignora née, Usât* i ri huent un grand nombre de qualités spécifiques el de proprh i s médicinales, Ce hideux quadrupède est, comme le coebon, enclin a"
se vautrer dans la tour h i se rouler dnns la linge. Il aime tes lieux humides el marécageux et lei bords îles rivières. On en irouve en Àsi> -, ru Afrique, au Iteu^ale, A Siam, à Lara, au -Mogul, â Sumatra, à J.t^a, en Abyssinïe, eu Ethiopie, au pays des Ànucoa et jusqu'au r.ap do
Bonne-Espérance, Toutes les parties de son corps et nié
son sang, son urine, ses excréments, sonl estime* comme des antidotes contre toul venin; mnis c'est là nue de ces croyances don) les récentes élude* «1rs voyageurs ont fait I • ■ ■ 1 1 1 1 ■ ■ justice, Il se nourrit d 1 herbes grossières, de chardons, d'arbrisseaux épineux; il préfère ces aliments la douce pâture des plus belles prairies. Les mes n sucre seul .m?.si fort il, et il man^o de
raines. Sa langue esl il rude, qu'elle râpe et déchire ce qu'elle louche, el même l'ëcorce des arbres.
Après l'éléphant, le rhinocéros esl le plus puissant des quadrupèdes, Il a au moins cloute pieds de Longueur depuis I ■ fctrëmUé «lu museau jusqu'à l'origine de la queue; i la circonférence du corps esl a peu prés égale a sa loueur, H approche donc de Télé u liant parle volume et la masse, et s'il partit bien plus petit, c'est qne ses jambes sonl Iteanoonp plus courtes, à proportion, que i.s de l'éléphant; mus il en diffère surtout par les facultés naturelles et par l'intelligence, Privé de toute sen* slbilrté dans la peau, manquant de mains el il orpnes disiim t- ,l le sens du toucher, n'ayant au lieu de
trompe qi ; lèvre mobile dans la quelle consistent tous
moyens d'adresse, il n'est guère supérieur aux antres animaux que par la force, la grandeur ci L'arme ofieni qu'il porte sur le net, l>tre es! une corne très-dure,
solide dans louic sa longueur, el \>: plu- avaii sgeu- - ' ■ 1 1 1 1 - r i r que les conn-s drs antres animaux ruminants* iles-ci ne munissent que les parties supérieures île la Lâte ei iln i-'ii, t.inili ■ la cerne un rhinocéros défend toutes les parties antérieures du museau i»t préserve le multe, la bouclmct la 1 V usai Je tigre allaque-l-îl plus lontiers IcLojihantj dont il saisît La trompe, que le rhi-
nocéros, qu*H ne peut (tresser sans courir le risque d'être mi !'.'■. c ir h' corps et tes membres sont recouverts d'une enveltinpe imppivEiable, cl cet animal ne craint ni la griffe ou tigre, ni l'ongle du lion, ni le fer ni Le feu du chasseur. Sa peau est un cuir bien plus dur et plus épais que celui de l'éléphant; il n'e*l pai sensible comme lui .< la piqûre des mouches; il m 1 peut non plus ni froncer ni contracter sa peau i elle est seulement plissée par deçrj tes rides au COU, aux épaules et A la croupe pour 1 • lihi
le mouvement de la tête et des jambes, qui sonl massii et te nui nées par do larges pieds armés de trois grai ongles. Sa léle est beaucoup plus longue -jik- celle 'le i h êié|di;iiil> mais ses yeux sont encore plus petits, et il ne les om re quM demi,
La mâchoire supérieure du rhinocéros est plus avancée que liub-ricnre. el la lèvre du dessus a lu mouremeiil e! pftUt B*all(mger ju<qii â six ou se|»l p.mces; elle est terminer par un appendice pointu qui donne à cet animal plus de facilité quaui autres quadrupèdes pour cueillir l'herbe et en faire îles poignéVs a peu près C tu me réléphanl fait avec sa trompe* Celle lèvre, musculaire et fluiM* 1 , une espèce île main ou de Irompe ires^iueunjiliiie, mais qui ne laisse nas do siisir avec force cl de pol| er ivec une certaine adresse, Au Lien de ces longin> ilenls d'ivoire qui forment les défenses île réléphanl, le rhinocéros a ta pubSELUle Cf>rne ( l l deux forte* dent* incisives ■' chaque mdchoire. i[ f >< ^\^■\\\< incisives, qui manquent a rëlephant, sont fort éloignées l'une do 1 autre dans les mâchoires du rhinocéros; elles sont placées nue i un chaque coin ou angle : vous ne rencontres pas d'autres dent-: paroi !■ dans toute la (unie antérieure que recouvrent les lèvres. Ses oreilles se tiennent droites et sont as-
ses semblables | 'la forme à celles du cochon : ce sont
les seules parties chargées île poils ou plutôt de soies. L'extrémité de la queue est, comme celle de L'éléphant, garnie d'un bouquet de grosses soies Irés-solîdes et ti -
dures*
Le rhinocéros a trois sabots de corne é chaque pied; les [dis «le la peau se renversent en arrière les uns sur les autres; on trouve entre ces plis des insectes qui s'y nichent, des hèles à mille pieds, des scorpions el même de petits serpenta, Il esl très-certain qu'il existe des rhinocéros qui n'ont qu'une corne sur Le ues, et d'autres qui en ontdcus; mai- il n'es* pas aussi bien démontré que cette variêtésoit • nie, et qu'on en Irouve également en Afrique ei 'huis les Indes-
ŒUVRES DE JACQUES AR.WJO
j .fr , BÇé- -j CQ
Y"jt^ •
Ils allument leurs tordit*, les agilcnl, cl poussent i Jair d'atfrcuï rauqucments. [Page 46.)
CHASSE
Si 1 je vous élisais qu'un cheval i-îenl do naître tout caparaçonne, mniean! son mors qui le Uni esclave, tout lier de sa selle, de ses siilmU rerrës, de sa bride et de ses santés, vous crieriez non pas au miracle, mais a l'impossibilité, el vous ren verriez le narrateur Éùï contes des Mille et ime NûUi II y lùrait injustice pourtant, el mère nature esl li biinrre/si eaprieinisr, si rirange dans ses créations, que ce qui vous a paru ii»ni drthord une monstruosité, mi mensonge, est une réalité, une combinaison sage, régulière, une harmonie logique, j'allais presque dire one nécessité» Avez- vous vu un rhinocéros? Àm-vous étudie celle colossale charpente où tout se meut comme par des ressorts, îles [lénes. des gâches, des loquets, el sans le secours des muscles? Celte chose qui roule avec tant de force, celle masse imposante qui écrase le sol sur
lequel elle pose ses pieds de géant, celte citadelle promeneuse au dedans de laquelle tous trouvez du sang, des fibres, un cœur, des intestins et de la chaleur* esl, je vous Ta l leste, une des plus curieuses études du naturaliste h du philosophe. L'homme aurait imaginé le lion, le serpent, la haleine* Péîéphant peut-être ; a coup sûr i! n'eût point bâti Je rhinocéros* Dieu seul avait ce pouvoir» et encore n-bil jeté ce volumineux quadrupède sur la terre pour prouver que la Divinité même avait ses moments de déraison. Est-ce que je blasphème?
j'entends crier au loin et tomber mutilés les arbres les plus robustes des fa rôl s; leur feuillage éternel roule brise comme si l'ouragan promenait sur lui ses écrasante* ha* leincs. J'cnlen'l !<"L T .imp cadencé d'un eM-adr'on de cavalerie au travers du la plaine usurpée; il me semble que je vais assister à la lutte de de us tigres qui déjà creusent le sol et envahissent lY-pace de leurs lugubres ranquements. Eh bien, non. c'est tout simplement nn rhinocéros, un seul rhinocéros qui sort de son gUeel se met en que le de
Imprime |>Lir Jl. UtiLuI, Manit (Eure), sur les ehebea des Editeurs
CHASSES AUX MÎTES FÉROCES
11 voitic monstre venant de son côté, (Pa^e GO,)
nourriture qaoïtu rj;< terrible quadrupède, L'un
tics plus pi . ï qui parcourent les solitudes indiennes il africaines, ne sait poini louvoya ; les détours lui sont impassibles, il va droit sou chemin connue le fait l\iïde (taiiA les ïiirsp et, au lieu de tourner un obstacle, il le brise et passe dessus, La course du rhinocéros est In plus ■ v ■ « -h- 'lèliriLiiiin de la ligne droite; seulement elle n'esl pas la Irace d'un point vers un «aire, le point n'a \h\< de dimension. Le rhinocéros est un bloc de roches, un banc madréporique; le dos du rhinocéros porterai t nu monde.
À li bonne heure, lie tels ennemis ,i combattre! A la bonne heure, le siège de ces bastions si bien défendus cl contre lesquels Je canon seul semble avoir quelque puissance! Qui donc osera imursuivre le rhinocéros dans déserts, alors que le lion lui-même l'évite sans le fuir? Qui il- me se présentera à lui pour l'arrêter il v - excur* s ; ou&? y ni? Celai nui seul ne recule devant aucune difficulté, celui qui seul veut dominer, régner sur la terre, el qui cependant appelle si sot i\ cul a son aide les êtres qu'il
i soumis. L'homme attaquera donc le rhinocéros parce qu'il s'attaque, lui t aux colères des fleuves, aux envahism lueiiis de la mer, aux fureur des ouragans. Mais il n'ira pas seul,
Lu Afrii|ui-, nulle peuplade ne fait la chasse au rhinocéros, ]flroc qu'on n'a nul moyen de le combattre. Dans quelques jwu lo * de lest, vers le pays des IloUcntols, on a essayé d'apprivoiser des éléphants pmir combattre le rTiï n ■ ccros et I arrêter dans ses terribles excursions: maïs la férocité de celui-ci rallumait souvent l'ardeur de soi adversaire, et il n'était pas rare de voir les deux colosse* se réunir pour la ruine el lo destruction d'un village* Au surplus, j'ai remarque que les peuples sauvages avoistnant la bel N: colonie du Gap n'aiment a ^attaquer dans leurs luttes cou Ire les animaux qui les entourent qu'a ceux dont l.-i mort leur offre quelque bénéfice, et ils ne retirent guère que quelques pièces d'étoffe de Li défense du rhinocéros et de ses m -iJs, .|Nr- |, h ;i huants de Tabte-Bay Façonnent eu élégantes et solides cravaches. Un district enliei , armé de
UVftËS H H IAC60ÏS AIM
Ûerhe- * -i 1 1 1 1 ■ lmihiu'ts, rie piques, île ! rident s el de cassetèles, peut, à la rigueur, attendre Le lion et l'arrêter au milieu de ses ravages: rciéphani esi souvent vaincu parla ruse. L'adresse el la forcej le Lîgre se rcpent parfois de s'être Irup avance au trav ers de* populations années; *nars le rhinocéros esl sansanWsnm igereux el sans dominateur. Les massues n'écrasent p-*int Tes roc» de granit mu les enclumes, et les uYclies ne |ierC6Ht pas plus la cuirasse du rhinocéros que celle du erocotfile.
(Juan! s vous, chasseur imprudent, qui oses l'alicndre et espérez iin triomphe, il roue Mil Mies lttl# ( • ngilc pour éviter un cou |. .!►■ sn heiituri, voua SUccom ta
|i sûr i la secuusse de son épnnlc nu de ses jarret* , Les
proronds et forges fn»és reconverts de branche* el de broussailles sont encore un des moyens de destruction que les naturels de l'Afrique méridionale mettent en œuvra contre le rhinocéros- el, comme l'intelligence du colosse qm fort bornée* il est rare qu'il échappe à un piège, lorsqu'on le n-i ■ ur sa route, et iju'im pince ii la superlicle lei feuilles, les fruits, les ronces, lea racines ou les éedrecs d mt i]
nourrit. Le brut! de <■■ ohutui pareil >i celui d'un me
• tombant dans un ablme 4 donne réveil nui peuplades nui
accourent et jettent dans le fossé dei bois enflammés, nés
matière** résînenscn |irni]ni>niii mit 1 félldc et noire fumée
qui étouffe le quadruplai l> ï.ur nu uirir dans ta flammes
au milieu des plus horribles tortures, f>pi n Inul ce mo]
ses commun dé combattre le rhinocéros n'offrant au chasseur aucun bénéfice, le* Gafrca el II* Hottentots ne l'emploient gttéfc que lorsque ta présence de plusieurs de
Ces redoutables < ini^ leur esl ftighulita aux rilenlnlii s de
leurs habitations, sans celle meii jinr les bAiea I
ruées les plus formidables qui pèsent sur ce nuilinent de malheur. C'est Un transi ' riujjiiîliqufl séjour rt ne donner en effet que celui ou le llgre el le Mou promènenl lenrs ravages, ou l' hippopotame répand ses miasmes pu- Indes, l'Jr -en sauvages dévastai ions, le crocodile ■■■ s (erreurs; on lélépïianl s amuse à détruire des villages, el
pour lequel le soleil garde ses rayons les plus torréfiants el le ciel ses inondai ions les plus meurtrières* Je vous l'.ii dit, l'intérieur de l'Afrique est I Eldorado rêvé p.ir les navigateurs du quinzième siècle*
U chasse au rhinocéros n'est donc en Afrique, au pris du rraji de lïiniiie r.s|êrrinn' ainsi irnc dans le centre de 01
mystérieux continent, qu'une défense perpétuelle contre les dévastations du farouche quadrupède, Car les mwus •i attaque manquent aux naturetsi ou plutôt c'est h* OOU" rage et l'intelligence qui leur font défaut. Mais c'est eu Asie qu'il esl curieux de suivre les hardies expéditions dirigées contre ce redouté rival du tigre et du lion; ce sont des colonnes serrées de courageux chasseurs armei de fusils, de peliles pièces de campagne, et de dogues excri charg ^ de harceler la béte fi : On ne met ni plu&d'ardeur ni plus rie [irudi nce pour rnilaque d'un fort ou d une province. S*empnivr uV ce ijuadrupéde dans des fossés recouverts de broussailles, est un stratagème méprisé parle* chasseurs habitués i aller au-devant du léopard et de la panthère; ils ne regardée! une chasse heureuse et honorable que lorsque Le colosse meurt blessé au défaut de i pmle. C'esi la seulement en effet qu'est fulnérable le terrible rhinocéros.
Hais ne croyés pas que ce ^oit aux canons, aoxftjslls, aux piques, aux chiens et quelquefois aussi aux éléphants prives, que se bornent les moyen* d'attaque des chasseurs : il y aurait trop de péril n potiifulVI'e si légère ni
nu corps défendu par des cuirasses si solides. Les arlu les plus robustes des foreia, sur lesquels vous vous croyei ] rotégés contre la puissance du rhfn tâto&i sont brisés à une de ses violentes secousses, et les chasseurs le savent si bien, qu'ils se gardent toujours danslénf finie il eu nppeler n ce refuge, 4 moins qu ils ne demeurent convaincus ne m i voir pas - té aperçue en exécutant leur retraite* ' e juil faut encore an chasseur Indien, tout intrépide qui] est, ni île solides bastions échelonnés sur la route,
d'eu Timi rail feu sur la bêle qui passe. Lri seuleinenl le chasseur respire A son aise; la seulement il regarde sans eltriu Tenui'iui dont il n'ose a ffriuHer la dangereuse colère. Mais l,-i retraite n*esl pas toujours assurée au chas-
tr et, quand une fois la lutte est ni. entre lui et l-i bèle fêr ice, il faut souvent plus queues fusils, phi- nrue des lestions pour la lUire cesser. L« champ de bataille n'est, 4 vrai 'lire, t[\]'\u\ champ de carnage où te sang coule par plus d'une blessure : et pourtant, i- i. c'est moins une entaille qui tue qu'une secousse. La défense du rhînor^i j. s frappe et nerce, m ni s sa tête frappe et écrase, ainsi qui cor}» rotiitntj comme un bloc détaché d'une cime. Ses pieds
dantesques le protégeui paiement conii n eniieinis, qui le barcôlenl, el e'esl un membre brisé que celui 4111 reçoil In redrutinblc ruade. Les caresses du rhinocéros soni îles coupa de ma Mi nbant sur un pîen pour l'enfoncer dans le sohjugi que doivent être ses mouvements de riil<TiMii de vengeance, Dans une chasse en l^J i . mr douïe ch.isseurs âtlachéa 1 la destruction il' un ûV ees jiérilleux visiteurs, mil ne rentra d Calcutta, et lerhiuor-'-ros, n]UTK son triomphe, nn sans blessures el a
petits pas la fluet d'où il s'était détaché pour aller a la rencontre de aes imprudents sdversiîrat.
Ilél.is ! un de mes timis. M, Duvouohel, ivec qui vo niiivei vu peut être achever une eases risible ascension sur In montagne de la Table, paya cher auprès ilu Ihi.jv un acte ili- hnnriié contre un rhinocéros dévastateur chnsse par une vingtaine dlntrépfdes Buropéeus. Il imi. lut, an mépris des invita lions qui lui étaient adressées par les gens les plus exercés à ces cnmbaU, se poster su delà d'une ravine où la chasse avait lien, espérant bien, en ->cachant licrriêre un arbre, éviter l'atteinte de la Wte Courrrnu'èe. Le rliiiioceiiis. qu'une hlewnre asseî profonde aval! talé dans uni fureur extrême, si mit eu cour contre M « Duvauchcl, le plus Inoffensif des chasseui celui ci, effraye, ne songe ni A aon fusil ni A son couteau de chasse, dont II sciait coquettement paré ; il fuit \l\ 1 util' Ii rapidité île sesjarretl et sediri^ vers la ravin où il espère trouver Un h 1 mais, trugnéde vitesse, il s'élance ver» un arbre éinuiiie ileiTinv lequel il se blottit, se llaltaut. quels rliium passera sans l'apercevoir,
DuvflUchi I trémhlant entend prés de lui le retentissi ment 1b 1 bi course du OoloSSe et lend la leie pour calculer la grandeur 4 u péril qui te menace; il voit le monstre
vi-ii.nil île son OÔléi niais un pende l'avant: il ■•■ penche
euieni en irrbre; le mai fhlnooéroi oblique nu peu, et du n coup de boutoir 11 lance mon pauvre ami au delà du ravin. La Ute Mme* se sauva dans les bois après a voulue un rnnibïMaiit Si eu avuir blessé troU autres. Quant ^ Ihti riiirlii-i. dont plusieurs. i"ih ent enfoncées, il alla mnnrlr quelques Jours eprêl â CslcutU, crueUemeni arrêté au milieu de ses fatigues et de ses éludes* U sein a aus •• dangers*
Dana Uni baitmi faite aux environs île Dhandernagor, en 1839, un rbtnocéroSi furieux contre une habitation d'où était parti uu coup de l'eu tpii l'avait blessé ^ la tête, s'é« bme- vers la tù lisse, rem ers... brisa, fouïfl aux pieds lft| solfdcs palissades «pii entouraient un verger } ravagea h s phiitntioue, aimait les bananiers, les m ingn ers, cl «■ rua enfin sur la case en briques el en pierres, ou se tenaient cachés les ha bilan ls. Ceux-ci, voyant la bêle furieuse occupie n démolir un mur t se sauvèrent alarmés par le côié oppose : mab le rhtno ■ roS) aux êootti èlança vers les fugitifs, rttleiguii un Malais ;n corne,
ei, comme M ratait frappa, le malheureux resta suspendu à cette i^| "'11' de croc 'l'im on ne le vu , nnher^ quoiqu'on suivit longtemps -lel'ieil le uuadrupède dans ta
qil
fempsjgne, niA il sllail porter ses ravages. U fam plus ipie le ji.uiis d'un homme pour ralentir la course det rbinue rus. Au surplus, comme ce colosse n'est poini carnivorCj certain^ explorateurs, assez heuiTns pour se trouver eu présenci de jeunes rhinocéros qui prenaient la fuite eu
ce dea chasseurs, oni publié que Ce rival du lion, du tigre el de IWphanl était «riiumeiir ■ pacifique, 1 qu'il retarda il autant que possible une lu Ile sérieuse avec les ennemis. N'en croyea rien, tous que l'amour de la science pousse dans les paya od le rninocôrw promène ses d. .1 i.itîous, évîtex la rencontre de ce formidable quadrupède, '[uil est toujours dangereux d'attaquer, et croyez un" il mutile el tue s il 11e dévore pas*
Quand vous attaquez un rhinocéros aux bords d'un
CHASSES \V\ BÊTES FÉÏÏÛCÉS.
Heure el que vous vous élances duos une pirogue pour
éviler voire ennemi, vous coures lancer plus grand
encore que si vous n'aviei pas quitté la ten car le monstrueux quadrupède nage comme un requin; il ne larde pas à rous atteindre, brise voire embarcation cl vous I ■ I . . 1 1 : - au fond des eaux. Kal ri^fuee pur sn meUre â l'abri de ■■ • terribles destru clairs. Mais c'csl lorsque Yléphant apprivoisé se meldr In partie que la scène devient imposante el dramatique. C'est alors que Pair retenti l de cris étourdissanl it la terre tremble sous les terribles tusses des deux colosses. Les chasseurs, placés der-
ire leur ami, à qui d'avance ils ont distribue une asses ruantitéde liqueurs fortes, l'excitent par des piqûres -mi flancs et «les paroles d«> menace el d'affection. Avanl de se joindre, les deux adversaires s'arrêtent d quelques pas de distance l'un de l'autre, ei semblent nn^Nti-r une ruse « 1 1 1 i leur assure la victoire. Ton! â coup ils se* tancent, cl les longues défenses de l'éléphant glissent sur t'ecorce de fer qui protège le rhinocéros, landts que celui-ci a (air une profonde entaille a son adversaire. M;iis le plus gros des combattants i une trompe aussi qui lui esi d'un merveilleux secours dans c<^ luttes effrayantes, 11 rallonge, elle embrasse et ëtreml le eou du rhinocéros, ni cherche en vain â se détacher de cet anneau so ide e chair prêt a l'étouffer el i l'enlever de terre. t.Vlui-ci r de son cote, pèse de tout son poids sur le sol, et par de
rapides uvements cherche a se dégager de l'étreinte
qui l'emprisonne.
Les voila de nouveau séparés. Le rhinocéros vcul une revanche : il tombe plutôt qu'il ne se me sur l'éléphanl ; celui-ci, plus Intelligent, prevoil le danger qui le menace, baisse la ifte, et ses dents entrent dans le cou de son en« inMiii. qui recule et commence si redouter une défaite* Pendant cette lu lie ardente! les chasseurs ne sonl pas ïnnctifs non plus, et leurs pistolets, visant à la léie, font des trouées sur le rhinocéros, tandis que quelques-uns, armés de dards el de larges fans tranchantes, cherchent â ouvrir se s jarrets. Ile sont i ren Le en m bat ta n i s eu n tre 1 1 n , el eepemiaiil rien n'est décide encore. Il faui bien des bail" s jMHir faire Lombcr un rhinocéros, il faut bien des blessures pour que ce sang noir qui s'en échapne lui oie de ses forces ci de son énergie. Quand il lomuera, c'est qu'il ne se relèvera plus, car il luttera jusqu'à" son agonie, rferrargnei rien pour les chasseurs, réléphant estiâ, exerce* i 1rs protéger. A ti tûtes les évolutions de son antagoniste pour tirer vengeance d'une blessure faiie par le plomb ou Le fer. ranimai â trompe bondit comme un ter- Ire qu'un tremblement de terre enlèverait du sol, el,, en tombant, il se trouve toujours en race du rhinocéros, >ans occupé ;i l'éviter; de telle sorte que, par générosité, peut-être aussi par reconnaissance dn d oui esclavage auquel on l'a su n mis, r éléphant reçoit presque toujours les
coups destinés à son maître. A la bonne heure, de tels pso-
les pour une liberté conquise 1
Les dévastations causées par le rhinocéros son! quelquefois aussi funestes -| ne celles causées par les orag et par les ouragans, Une îles plus magnifiques plantations de M. Uu ski as on 3 aux environs de l'ôndichéry, perdit en une unir hunes ses richesses par suiie d'un combat que se livrèrent, dans tes champs elles enclos, deux -l« . - énormes quadrupèdes en fureur. Rien ne resta debout; toul fut haché comme sous une grêle rapide, martelé, plié; iinii fui confondu : troncs Qlandreuxue bananiers, cann i sucre, rÎ2 t fruits, arbres ol légumes : la terre était profoodémenl creusée en plusieurs endroits; les liestïaus des étantes rompirent leurs barrière* et s enfuirent, êpouvans l.i ■■.uii|ih iii- ! lus maîtres ne barricadèrent au fond de Leurs caves, et le lendemain cul trouva un rhinocéros étendu i i sur te sol, et l'autre humblement mutilé, mais qu'on eut encore beaucoup de peine à acheter*
La mon arrive lentement ;î tout animal dévastateur- Je ni; me suis pas engagé â vous dire seulemeni ■ - ■ - r ■ ■ - UMiji les Kii m péril- voyageurs chassent, en étudiant les pays lointains, Les bêtes téoces ou > ; creuses; il * aurait trop do monotonie dans me* récits \ nous i merveille tirer le pistolet, un fusil, ou frnpper d'une épi mais, ces moyens une fois épuisés» nous n avons plus qu'à croÏMT les bras et â tu nu soumettre mit caprices de noire adversaire. Ce n'est pas grand'chose, ce n'est rien
Les Indiens, ma foi, ont bien d'autres ressources, et, dans leur acii vil s re*<e en ouvre par les dan. |ui
les entourent, ils eu appellent souvent a leurs ennemii pour se défaire d'ennemie redoutables, L'éléphanl et le lion se font parfois esclaves pour protéger leurs maîtres, et, comme loul esclavage abrutit, Unes! pas rire de vnïr lr plus fort trembler sous un regard où sons une
Tirrvr,
baguette du plus faible. C'est que toute obéissant
it que toute servitude tue, c'est que celni crtii l'habitude de la soumission Accepte plutôt la douleur et ÎC5 tortures que l'idée d'un affranchissement. Noblesse el livrée n'ont jamais vovagé de compagnie. Le rhînoi
pe p'iint.'i la loi imposée souvent par l'homme an tigre ci au lion. Des voyageurs assurent avoir vu dans quelques provinces de L'intérieur de rindc, et surtout au fi «il delà gigantesque chaîne de l'Hymalaya, des rhinocéros apprivoises et dociles aui ordres de leur matlre. [la ajoutent que ces miiiHirueuxquadrupêd "venl souvenl ;i transporter d'un point à un autre une famille, un camp, avec leurs truies, leurs armes, ierniB vivres et leurs haga- -. «i que fort rarement l'on a à se plaindre du l'inexactitude ou du mauvais vouloir de l'imposant véhicule.
Cependant on lit dans une brochure de H. Stéphen, puhliéeâ Calcutta, qu'en 1813 un 'le ces rhinocéros, allant toul doucement et transportant une famille d'Indiens pri d'un fleuve, se mit subitement en tète de varier ses allures, de se révolter contre la viù* de ses maîtres, di livrer aux loisirs de la n. italien, et que, ehnn^eani de route, sans se soucier h* nioins du monde des euups uni frappaient sur sa cuirasse, le quadrup>l'' sélanca dans les eaux, suivit le courant pendant plus d'une heure, el regagna seul le rivage, Toute la cargaison avait été noyée- Bruce, uu des planteurs les plus riches de Calcutta, s'étant un jour trop aventure i si nn'iit [été dans une plaine ouverte qui bornai! une de ses propriétés, se trouva lout a coup en pré se née d'un énorme rliinocéros venant i lui
d'un pas mesi comme s'il n'nvail pointa se LiUer |
une telle conquête; }\. lîruré glissa rapidement une seconde balle dans le fusil dont il élait armé; il visa le CO^ losse, el, par un lu m heur inespéré, les deux balles lui crevèrent m deux veux. L'intrépide planteur raconte les rapides évolutions, les élans frénétiques du rhinocéros v roulant ^ur le sable, se cabrant, frappant avec r a (je dis pieds et de la léte dans le vide, chercham « lûbiT son ennemi, levant la tète au ciel comme pour y retrouver une lumière si proinplcmcnt ravie, et tombant enfin inimohile sur le sol profondément rreusé.
Le récit de >l. Bruce est de l' fiel le plus dramslîque, et
nue bien de ne pouvoir en donner Ici un exilait. Le sanglier blessé, Tours traqué dam lanière, le ] np poursuivi dans lea bois, ont aussi leurs moments de «.dire il leurs heures de vengeance; mai* qu'est-ce ^ne la fureur stérile de ces petits quadrupèdes eu corn; son des violences et des dévastations eai^- '- par un rhinocéirrité ou un lion altéré de sangï Bo vérité, l'Europe est tnip ll.isquc. irop uniforme, trop énervéeï il faut '!■■-
ter IKurope et se hftter d'aller fraterniser avec i hôtes aimables deFlndousian, de 1^> Cafrerieou de lïanou, ■I les cris son! di-s lonnerres les menaces des allâtes meurtres, Quittons l'Surope, on y meurt sans emolion.
OBUVflES hE JACQUES AttAUth