‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 77 sur 82 · CHASSE A L'OUANG-OUTANG, AU JOCKO ETC · texte numérisé non relu

CHASSE A L'OUANG-OUTANG, AU JOCKO ETC

NOTICE

Le pongû ou orang-outang a une taille de cinq » six ieds iiii moins, et sa corpulence est crlli' d'un homme jen constitué. 11 ua nui ni de callosités au derrière, point d'abajoue ou poche au dedans des joncs, point de queue; sa {flcii Cal nue n cuivrée, ses yeux petits ni très-vifs; ses dénis sont pareilles â celles d'un homme; sa poitrine, s. m vcnlre, ses mains, ses pieds et ses oreilles sont nus; mais sa (êlo e«t couver ii 1 de pmls eu forme de cheveux* L'orang- Qulang est extrêmement sauvage, il ne se plali que dans l'intérieur des bois les plu> é] m sein des solitudes 1rs pins profondes, et il regarde tout être vîvanl comme un ennemi dont il cherche A se défaire. II est constaté que jamais on n'a pris ou congo en vie des qu'il ;i atteint l p lge de maturité; il préfère In mort a la servitude, et ceux que les ménageries montrent aux en tiens rmt été pris fort jeunes, du voit une nsse/ grande quantité de ces dangereux iHiodramanes n 3ierra-Le -, à Hacassar, et surtout

dans t intérieur de HorneV

Mm peui i « garder le Jocko comme un pnngo de petite espèce. C'est nu des plus lestes et îles pins intrépides habïlanls des bois; c'est aussi l'un des plus dévastateurs. 11 saute, il bondii sur les quatre mains,, très-rarement sur deux. Le maMril est dune laideur repoussante, et «le Tcsoere des babouins. Sa taille est de quatre a quatre pieds et demi. ïl a la face violette et sillonnée des deux rôles de vides profondes et longitudinales, le museau gros et long, le corps trapu et le derrière couleur de ^mi: ; *a robe est d'un brun roussi Ire, mais d'un gri* cendré sur la imiirino cl sur te ventre. Son nom dérive de l'anglais nwro, nomme, il rfril, magot. Jamais injure ne fol mieux adressée. Après l'orang-outang, c'est le plus gros de tous les singes. Ail surplus, lu rare de ces animaux si curieux et si malfaisants esl extrêmement nombreuse, et Ton penL en juger par In pclîle nomenclature que voici :

Les ursug-ouhm m le nougoet l« jocko, les sapajous cl les sagouins; la guenon à camail, I » guenon > <uironnée, la giu-mm â long nez, la guenon à nez. allongé, la

guet 9 nca proéminent, la guenon nègre, l.i guenon n,

crinière, la guenon à face pourpre; les sajous bruns et gris, le sajou nègre, h: sajou cornu; le tamarin, le tamarin nègre; le babouin des bois, le babouin â longues jambes. Le babouin a museau de chien; la macaque ■' l*aiïri'lii'. lii mjUTHjue à ifucue courte, lesmoustacs, 1rs monts,, le mangahey, le callitriche, la mone, le niaudril, le pilhê ■ que, le papiou, 1g patas T lr inaimnn, le choras, l'onandrron el lelowamlo, le petil cynocéphale, îr mnjrnl, le iùhli'iii, lis lalapmus, h Maue-nez, Lr ntlawav mi |;i palatine,, le dîme, la caïi.i et l'cxqmma, le soi. ie >âïmiri, rouanne il L'aloualc. le snki, l'ouistiti, réparte, le p inclut, le singe volant nie ta ^ nivelle-Hollande. Le vie est courte, nous nen chasserons que quelques-uns*

des orang-outang!* sont tellement supérieurs a ceux que possèdent en général les Malgaches, îes Mozambique?, les Angolais cl les Ilot tentais, que ce serait offenser la imcquadrumane que de lui opposer celle-là ; el qu'au total, si j'avais à choisir» j'aimerais beaucoup mieux être homme ibs Ijimv, ^iietié par le chasseur, sautant joyeusemeni de branche en branche, dévalisant Ses rizeries, h s champî de cannes â sucre, les riants vergers entourés Je haute murailles, que de me voir â peine soutenu par nue faible et détestable pitance» sans cesse agenouille sur le sol et courbé sons le fouet nuneax du planteur. Le sin^c a le dùum îles t puni- se proléger contre les averses el les r.mjiis boulants d'un soleil de plomb; le nègre reçoit sur ses épaules nues et crevassées les eaux du ciel qui le brisent, ci les uVlies ardentes d'un jour lorréRant sous une zone sans brise et sans fraiclieur. l't puis l'air libre pour le premier, h case enfumée pour le second; a celui-ci une eau souvent m m pic. â celtiMn ks l]<ilsdii Ion ml ou Les vapeurs vivillantos de T,i cascade; a t'Etoinnu' des chaînes, -in siu^e l'i^prire- Choisissez.

Ce qu'il y a de merveilleux a étudier dans les mœurs et les habitudes de ces individus si bien taillés pour ! courses aventureuses, c'esi le parfait accord, c'est r b.n-

t i' 1 ndmirable qui régnent dan* leurs rançs alors qulîs

se ^"'IjI assemblés pour uji Imi du rapine et de destruction, Vous diriea an aréopage di vieux guerriers façon c aux périls des batailb^ ;iu\ ruses ils escarmouches, assis dans mi vaste amphithéâtre, et, après de mûres délibérations, ne voulanl livrer le commandemenl qu'au plus brave, au plu* habile, au plus expérimenté- Dès qu'il s'agit parmi la race simiane d'une conquête de plantations

peine en maturité, vous pouvez, mai-; de loin seulement, aperce voir la j;eut sa titillante el criarde se rapprocher, s agiter, frétiller, tournoyer» gambader, choisir une vaste clairière ou nue forêt touffue, s'arrêter, pnU se cacher peti) i petit, garder enfin Limmohiliiè et teindre d'écouter les conseils de hm d'entre eux qui, niacv tu centre, prend toute la gravité d'un magistrat ou d'un maréchal au m omentd'nn arrêt solennel on d*u ne bâtai Ile d'on dépend r le salitl d*un empire. Que [nii-"M l . j» -n-Eant ce long sileitce, au milieu de cette attente religieuse, que uni gn gneiiieiit n'osera i t in ter nmip re. ■ 1 ■ ■ 1 1 1 1 1 > ; I L > - grotesque gambade ne trouble la majesté' On ne sait; mais, ce qn'il y a de vrai, c'est qu'après une ou plusieurs heures de celle délibération incomprise par nos intelligences, cinq ou six singes se détachent du gros de l'armée et ^ont se poster eu embuscade à cinquante nu soixante pas il<- là; sept oî) huit font volte-face et se placent sur les derrières, lari'h qu'un troisième peloton se dirige vers les lin ries et semble veiller sur IVxpcditinn . Tontes ces manœuvres exécutées avec une précision merveilleuse, le général en chef donne le signal de l'attaque par un saut el un cri aiguj il s'êlance, il bondit, il dévore le terrain, m malheur â la plantation sur laquelle il a projeté de porter le llmàlre de la ^i]*'rre! Apres quelques heures, nlns de feuilles aux ar-

bres, plus de fruits aux branches, plus de nhls abrités,

lies douces H julettfcs, plus de fraîches

UIASSK

Les nègres de presque toutes les parties du monde on la irai l eu vigueur disent cl croient >j au si leasing ne parlent pas, cVsl de | « m qu'on ne les \ ksse i gclaves,

IL est e^rrain iiue l h iutelli^ence, Tadn- se, la légèreté, la ruse el même le courage des maurfrils.» des jockns et

ires, pi jlus de

goiaves, plus d'oranges parfuniêes, plus de bananes onc- I lieuses, plus de jam-rosfts aigrelettes, plus de suaves a nains, plus de Heurs, plus de verdure: tout est dêiruit p tout est â terre, more Hé, diTliiqueté; lotit iM imbns; vous diriez ipic roumgan vienl de passer, m m s croiriez qu'un souffle de feu a tout consumé bous son haleine; rien ne main pic à îa dévastation»

Mais le pLmteur s'éveille à des cris frénétiques, il lève les stores uc ses croisées, el il voit, perchés sur les arbres voisins de sa piaulai ion, les singes vandales criant, riant

CHASSES A IX BÊTES FÉROCES-

«le sa rage, de sou désespoir, et insultant à sa fureur ei à SOS m n -m. ices. Sans la raillerie il n'y aurai! pas de vengeance complète : les démons insultent aux larmes lin parle beaucoup tlis la niali"ntlé< de IVsmi>>'lriii- iJu

singe:

parte Beaucoup ue m mangutie 4 ne i ^qu l'on a tort. Ces deux mois renfermcnl un sens pu rien Lie bon et de méchant ne se retrace, et, certes, ce im'-i |tas i l.i race donl nous partons que nous Tappliques avec quelque justesse. Le singe e&l méchant, cruel, Atroce, et, de plus, il est eu généra) Lraitre el lâche. Quand il nuit, c'est pour le plaisir de uni ri- : quand il égrattgne et mord, c'es! qu'il n du bonheur n faire crier el à voir couler le sanç. Encore s'il piaillait de ses exactions, de ses rapines, ne ses brigandages, on les lui pardonnerait

m •jiii.'l.|U'^ sorie en ni s le noii ini^i iuct, ue sa nature.

Illals non, le sin^c Jlêirît cl mutile sachant a" merveille nue son action est basse il hideuse; et, moins il y aura Ai danger i 1 1 commettre! plus il s'y livrera avec ardeur. N* me citez pas, je vous prie, cet petits singes-lions si gentils, si coquets, si lestes, si amusants, que vous portez sur vos Suantes, que vous laissez se promener sur votre laide, toucher à tous vos nuls el goûter, debout devani vous, ii la même tartine nu mordre ri la même grappe; ne me citez pas non plus ce déliririu ouistiti >i vu» si agile,

si pétulant, si pelil, si propre, si spirituel dans srt | 1 1 -- s i o* m m lie. si expressif dans smi regard, si craintif, si suppliant dans si voix; ce sont là deux grandes exceptions uui confirmant les régies générales, Et puis je ue vous dis pas non plus que toutes les familles de sii ; >■■- oui In même astuce, l.-i même perfidie, la même ema u te. El pourtant, ni observant avec attention les mœurs de ces individus privilégiés, dont le Brésil seul, je crois, possède les espèces, vous voyez encore chez eux nue tendance â la taquinerie, une sorte de velléité à la révolte uui vous frappera, et dont vous n'expliquerez L'irrésolution que par les perpétuels mouvements de crainte et de terreurs fébriles - 1 > i ï tes rurcenl ii l'obéissance alors que vous levez un doigt nu une imgurtii- pour lc$ punir de leur volonté mi même di-s qu'une menace s'échappe de vos regards*

Sitôt que la joie du méfait s*esl suftlsaniinent manifestée parmi la bande* celle-ci n'attend pas que (es chasseurs puissent la traquer et la poursuivre. Bile prend sou élan, se précipite du ne Ebrèl à l'autre, traverse les plaines les plus étendues avec la rapidité d'un torrent, et met entre elle el ses ennemis les coltines et les rivières, Pour franchir celles-ci. Les singes, qui, en L'i'wnul, ne savent point nager, se servent d'un moyeu si ingénieux, qu'on aurait i de la peine a y ajouter loi s'il n'étail attesté par 1rs récils des voya^-urs les plus v> ridiqui-s. Après avoir choisi ii u endroit du fleuve où La végétation des drus bords se rapproche du moins par U.-s rimes dt-s arbres, les singes iladent celui qui plane le plus avant sur les eaux, L'un deux alors, choisissant la branche qui lui parait eu même temps la plus robuste et la plus lli.'\ilile 1 se cramponna L'extrémité par ses mains et par sa queue, de suite qu'il forme mi demi-cerceau. LUi de ses camarades le suit, se glisse de la branche au corps de son ru ni, s'y cramponne vigoureuse meut vx forme ainsi un second anneau de la

inde chaîne qu'ils veulent tresser, et attend un troisième siii^e i|iii vient .i son tour en précéder un -juatrïéme, puis nu cinquième, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la troupe se trouve liée par les reins. Cette première opi^ralûui achevée, et avant que le singe en tète de la colonne annonce que ses fin- tus s épuisent, l'arriercgardç grimpe sur L'arbre, décrit un immense cercle, el, n- la i>?iatit aller tout à coup, donne un mouvement d'oscillation que chaque individu augmente, ainsi que nous te raisons dans uni- Liilaneoire, pour iiu^ le dernier puisse atteindre bientôt une des branches de la rive opposer. Uni: fois cramponné là, il devient a son tour la tête de In co- I. mur; le premier abandonne son appui, et la corde de singes, reprenant une oscillation inverse, parvient à mettre entre elle et ses ennemis une barrière nue ceux-ci a va iei 1 1 j n sfée i 1 1 franchi ssa Mr.

lit maintenant comment poursuivre et atteindre cette race malfaisante, si avide pour la destruction, si active dans sa fuite, si ingénieuse dans ses moyens de défense? La halle L Liera peut-être un ou deux de ces individus, Le plomb

en blessera quelques autres; mais les forêts en sont infestée». Ils uni besoin de nourriture, ils deviennent intrépides par nécessité, et les nègres chargés de veiller a la sûreté des planiaiiuiiN ne peuvent -m re se passer lu nuit du repus qui leur est refuse au milieu des ardeurs du soleil, La ruse vient cependant en aide au planteur, Il tâche d'attirer dans u é U**U le plus de singes possible, qu'il y appelle par h n ri lire d'une partie de .1 récolte; et, dés qu'il 1rs voit vu rarement attachés au butin, il fait monter nue pu-lie de ses esclaves sur les arbres qui entourent la scène du repas; il en place une autre partie sur le sol aveu ordre de faire un grand bruit de tambours et d'instruments, et il attend que la troupe aux abois cherche un asile contre ses adversaires. Traqués sur les adirés, attaqués à terre, les singes cherchent û se blotlir .m milieu des branches que Les nègres n'ont pas encore : atteintes. G'esl là ce qu'avait prévu le planteur,

c'est la aussi ce qu'il désirait. Une ie gluante mail

répandue sur les branches, une île ces gommes solides qui unis retiennent malgré vous ci la place ou votre pii-d ■ iepl de s'appuyer, et contre Laquelle le singe lutte des u mais en vain. Il esl pris, cloué, pour ainsi dire enchaîné : plus il piétine pour échapper à la glu, plus elle de vient ' in iLu.ïiiiV; j| crie, il s'agite, se roule, et le chasseur a lout le temps pour le détruire â coups d>- gaules ou avei le plomb en escaladant les arbres voisins.

Les lialiiumts d'une p.wiîodes Iles tna taises, de Su mai™ et de Java élèvent dus singes pour aller â la conquête de leurs frères, et cette chasse, qui n'exige que de la patience et ne présente aucun dauber, esl celle qui produit les (dus heureux résultats. 1rs singes esclave, s'élancent dans fa* forêts, se donnant des allures de liberté et d'indépendance toui a fait propres â séduire ceux qui, sages et craintifs, évitenl Le voisinage des villes et des comptoirs. Des que premiers s >w\ parvenus a se faire une cour asscx nombreuse] ils se mettent n la Léted une expédition qui parait devoir être meurtrière contre une plantation isolée; un d'eux se dé!m*he ehmdostinement de la troupe alin d'avertir son maître, qui dresse ses embûches; et, quand arrive la geut vorace au milieu des cannes à sucre, des bananiers et des rizières, des chasseurs apostés lendenl sur eux d immenses et solides I i 1 1- 1 s sous lesquels, un mo-

1 1 après, ils les écrasent à coups de bàinn en ayant

sotu d'épargner les traîtres etn bûcheurs, qu'on reconu.iit à un collier muge dont ou a eu soin d'orner leur cou.

Il faut, au su tplus. se tenir eu garde contre L'exagération de certains voyageurs qui représentent les foréls malaises, par exemple, comme infestées d'une immense quanlité de singes destructeurs el toujours prêts à déclarer : guerre dangereuse aux hommes. En général, les singes n'ont de courage el d'audace que Lorsqu'ils se voient nombreux ou quand la faim les traque dans leurs retraites, liais alors c'est nue guerre acharnée aux établissements, et il n'y a pas d'année qu'ils ne causent, dans leurs expéditions, la ruine de quelque planteur,

A présent que vous ave?, assisté avec moi inv rapines et aux déprédations de cette race criarde et dévorante, en- Ire?, dans ces forêts éternelles de IWnéo et de quelques iles malaises 011 le roi des singes a établi son empire. Là, troue l'.ni ei puissant le redoutable orang-outang, cet homme des bois qui marche comme vous, qui pense peutêtre aussi eo r vnus il moi, se glisse lu rtivemen auprès des babil allons qu'il dévaste, semble prévoir les colères il* éléments, cherche un abri contre les orages qui naissent â L'horizon, le découvre, s'y MoilïL et ni tend que le ciel soit redevenu bien pour se livrer à ses ténébreuses excursions. Vous cependant, infatigable explorateur, vous vous êtes aventureusement jeté dans ces immenses solitudes et, au milieu de v<»s méditations, vous vous trouvei lout à coup eu présence de. l'orang-outang 'j" 1 " vous ne voyiez pas, car il est doué de plus" de malice et de prévoyance que le ciel ne vous en a donné. A vos côtés pend un sabre tranchant ou nue épée, à votre ceinture sont deux pistolets, sur votre épaule un fusU; l'orang-outang n'a pour toute prolcclîon que le tronc de l'arbre où il se cache comme derrière un rempart, les haies touffues et les broussailles épaisses qui le dérobent aux yeux et le meU

OKUVRKS 1>E JACQUES A H A GO,

tent ainsi i l'abri des ballet, ses dentsaiguSàqui déchirent et uni' branche noueuse qu il a taillée pour lei besoins de sa nui relie et ceux de sa défense. Soyez firme dé pied en cap. n'importe : il y a grau il péril pour vous dans celte rencontre. 1! faut que voire plomb frappe l'ennemi -i la tête; i! faut que voir* épêe lui perce le cœur ou que votre sabre lui abatte une épaule. L'orang-outang saute, bondit, m-, s'efface; il esl là, il tous louche, il se fail grand ou petit; ses rapides évolutions le sauvent de vos coups, qui portent dans le vide, Il vous [unisse comme on homme exercé lux luttes du corps; il vous frappe i "mme s'il nvaii reçu des leçons du pugilat ; il fait le moulinet de son Ji:)i4iii noueux, il ménage vos jambes et c'est voire

1er i esl b de ses robri mains et de ses crocs

tranchants il s'attache n vos vêtements el à votre chair; vous êtes épuisé, en lambeaux, et n peine le wing de In bâte furieuse conle-t-iî par quelque légère blessure- Vous voulez fuir, alors il se plante devant vous el s'oppose hardiment â voire retraite, car il devine que vous ne viendriez plus a sa rencontre nu que vous n y viendriez pas seul, et il vent vous ôler le pouvoir d'aller a la recherche de nouveaux chasseurs. Son triomphe, à Lui, ù'esi complet que lorsqu'il vous voit étendu sur les fouilles mortes de la Forêt» lorsqu'il ne sent plus les haiiemeiHs de votre cœur, lorsque vos yeux son! sans regard. C'est, je vous l'atteste, un bien dangereux ennemi que \ nr&ng-outang tra |ué dans ses forêts,

On en n vu armés seulement de bâtons se défendre vaiU animent contre une douzaine de chaleurs habiles, w il n'es) pas rare d'entendre les pas rapides d'un éléphant on d'un hnflle ralentir dans les forêts d'où ces singes si lestes ni si forts parviennent a chasser ces monstrueux et terribles quadrupèdes» De pareils faits ont besoin d'être souvent n-riis pour combattre l'incrédulité, et tous les voyageurs heureusemem se trouvent d'aee^-d li -dessus pour que rôtie n'ayez plus droit de les révoquer en doute.

Le mandrll esl Irop &t lipide pour trouver de sûres protections contre les armes des Malais et des explorateurs européens; sa de marche lourde et embarras sec h* rend aisément victime des chasseurs qui l'attaquent â coups de fusils, de pierres ci de bâtons, et Le prennent souvent dans des filets tendus sur son |< i ^l\ Le maudril n a d'adresse qu'a L'heure de sa mort, et sa dernière pensée (donnez- n mi nue autre expression) est une vengeance. Blessé par le chasseur el jugeant qu'il ne i" ni plus se sauver de ses atteintes, I ; - m lie, reste immobile, se lais tourner P retourner sur le sol; et, lorsque le scalpel commence sa dissection, au nuniienl ou ûfl s'y rai end le moins, il se jette sur son ennemi el le mord avec voracité. Salisfaii de ce triomphe d'agonisant, il tombe et meurt sans pousser un cri* La chasse an mandrll est nu jeu plus qu'une guêtre, un amusement pins qu'une fatigue*

L*orang*outang et b'mandril sont originaires des mêmes clîmalset vivent des mêmes fruits et de la môme industrie; mais l'un est leste, actif, entreprenant, plein de< rage;

L'autre esl lourd, presque slupide. El faul voir ce dm nier traqué dans sa retraite par l'orang-outang qnMe laqu me, le harcelle el semble vouloir lui donner un peu dm tivitë. Aux crïs de joie du bourreau, ans accents de douleur de la victime, les chasseurs accouri-nl, déchargent Leurs arn ou décochent Leurs llécties empoisonnées sur les deux singes, et vainqueur et vaincu rendent ensemble le dernier soupir. Le mandrll se prend dans des filets, Dus qu'il s»- m rii captif, il se couche, et quelques instants après il songe â sa Liberté perdue; il veut la reconquérir, et il mi tant de lenteur â attaquer avec ses dents les mailles «In ri seau qui l'emprisonne, que les chasseurs mil le lemps d'arriver et de L'abattre à coups de crosses de fusil ou de pierres; On dit proverbial emem teste comme un singé pourquoi le mandrll n'est-il pas classé i-armi les martics eu 1rs {phoques? Le mandrll déshonore la race

simianc.

De tous les singes qui par coureur les archipels océan i-

Î[ues, les vastes solitudes brésiliennes et les immenses "rèls vierges qui pèsent sur le sol de celle magnifique partie du nouveau m nde, le jocko est, sans contredit, le plus leste, le plus entreprenant, le plus audacieux. A la

vérité, il ne se uire que la ouït et fuit les rayons du

soleil ; mais, quand tout don dans les habitations', quand tout est assoupi dans les cases des nègres, il se glisse furlivi -menl, ainsi qirnn adroit Mou, dans les élables OU les greniers iui sont gardés les gerbes, les -raines et le^ fruits; après avoir déposé son huiin au fond «le quelque retrai il revient â la charge, recoin m en w ses rapines, visite les endroits les plus cachés, ouvre* brise les armoires les plus solidemeni fermées cl ne sosauve que Lorsque le jour le chasse, Biais s'il est découvert dans nu appartement ou i nilieu d'un verger, loin de chercher â fuir alors, il s'arme de résolution, s'élance en désespéré sur les eh

si-urs. bondii comme un jaguar, pinre. déchire, mord, el ne tombe pre s pie jamais sans avoir fait de nombreuses victimes,

Les lléchee des Bouticoudos, des Paîkîces. des Mondruckus, des Tnpinambas et les fusils des Européens peuveni seuls arrêter dans ses excursions le jocko, qui cependant, pris jeune s'apprivoise facilement el devient un des plus agréables passe-temps des désœuvrés brésiliens, L'ouistiti, le singe-Lion et le singe volant de la PJouvelle-Doklande, qui ressemble^! bien à une chauve-souris, se chassent â

laide d'un Fusil chargé de son on de sable tres-tin. Le < p

Les étourdit; Ils tombent, et ils n'ont pas encore repris leurs sens qu'on les tient déjé renfermes dans une cage. Toul gentils, mm coquets, inut amusants ; u ils soni, vous les voyez, en l'absence de leurs maîtres, ronger 1rs pi cils lils d'à reliai de leurs prisons, grignoter les bois les rideaux, les étoffes qu'ils peuvent atteindre, et ne rêver que d est ru cl ion, IL y a toujours du singe dans le singe, et l'ouistiti ne meut pris à sa nature. M est impossible de se faire une idée de la véhémence oa, pour mieux dire, de la rage avec laquelle s'attaquent deux singes, grands ou peii jeunes ou vieux, de quelque espèce que ce soii t pour la "— -^i l'un fruil ou la conquête d'un gîte* C'est un déire, une frénésie; ce sont des cris, des frémissements, des m éléments à fatiguer les échos; te sont des morsures profondes, les déchirures qui enlèvent de longs lambeaux de

chair. \\n m cessera de corn bail re que lorsque h 'aura

plus de forces on plus de dents. Autour des deux athlètes vous voyez les branches des arbustes brisées, les feuilles en poudre» la terre labourée, et vous pouvez vous eppi cher en ce moment, libeller les deux antsgoni* « s piquer de vos épi ts, leur briser un membre, les percer même de petit plomb, nul d'eux ne lâchera prise, nul d'eux ne mourra sans serrer étroitement son en muni dans ses bras. Si le singe avait autanl de force que de méchanceté, de puissance d.uis sa bai ne, ce serait un des plus dangereux ennemis des hommes. Le silice a une peur effroyable du serpeni. A L'aspect du reptile, ses ntembi tremblotent ou se raidissent, ses dents s'entrechoquent, il s'agite dans un mouvement perpétuel, il si- cramj onne de sa queue à la branche que les pieds el les mains abandonnent; il courbe sa tête, ferme les yeux, el se lai> i nuLcr sur le <o\, ou il devient bientôt victime de ses terrem-, lies vnyn-eurs digiu-. di n i vsurent avoir observé ■ 4nges pendant une heure entière, perchés ainsi par l'extrémité de la queue aux plus hautes branches des arbres, ci ils ajoutent que ces vertiges du quadrumane leur ont toujours indique parmi les broussailles La présence d'un serp ni aux aguets en quête d'une proie. C'esl la une de ces éludes utiles et curieuses â recommander aux expie* râleurs, trop de p écautions ne peuvent jamais être prises contre les hoies dangereux qui infeste ni les furêiii éleril elles du Brésil, les solitudes africaines ou les archi pi d s indiens sillonnes par le inimitable boa, dont je vous aï déjà dît les effrayantes promenades,

On a beaucoup parlé de L'adresse des singes a éviter tel ou tel ptége tendu par les chasseurs, on a beaucoup parle aus^i ilr leur intelligence â se procurer les aliments nécessaires l leur vie» niais tout le monde ne sait pas que la plupart des espèces dont nous retraçons les moeurs ! construisent des habitations commodes â l'aide de bran- « lus, d'ëcorces el de feuilles, où Us se meltent â l'ai) ri d injures du terni s, Sous se rapport, rorsng-QUtang surtout (ail des merveilles. Les cases qu'il l-iltit el qu'on trouve éparses dans l'intérieur des foréis o"â il régne offrent uue

CiïAâSSS AUX BÊTES FÉROCES.

solidité, une entente d'archïtectnre, qui épouvantent In raismi. Mais n' qui lient du podîgç c'esl l'ardeur ou plutôt |i i »e de possession dont il s'anime quand on cherche é l'exproprier. Le* combats mi** %ou< Uti^ \mv* en n ^mnpegm» on ;m milieu des buts snnt diïïicîles et périlleux ;

ceux qui mit lieu aul i des habitations deviennent de*

lutiesoii presque toujours la rîetotre est du côté du siu n eilieusemenl posté en sentinelle avancée a quelques

ms de - sditfce, il a l'air de vous dire que personne n'a

■ droit d'y pénétrer, que cela est é l"ti â M seul, d qu'il est résolu A mourir plutôt qu*ii céder. Jamais soldât m m nis.1 pins de fermeté, pins de détermination pour la défense du posta qui fui cou lié a son honneur

Maintenant, si voua essayes de passer outre, si vous ne fi pas attendre que l*orang-outang se soit éloigné de on magnifique palais, tâchez que vos balles portent juste, car sa colère est chaude e! i! a pour auxiliaires La force el l adresse. l> *onl des élans de lui file» des évolutions de serpent, des morsures de tigre, des ait iques de gladiateur. . Il y oua déchire de ses dents signes, «le ses pieds rigoureux; il tous soufflette di «es mains promptes comme la pensée: von- croiriez entendre tomber sur votre dos les battoirs devinai blanchisseuses pres«ée§ d'achever leur lâche* l i déjà naissent Jos regrets. L'imprudente querelle dans laquelle fous vous êtes jeté vous ôle parfois ton le peu? !■■

ûefense, tant voire adversaire s' empan- de vu Ire admira* lion! Ce n'est que Lorsque le sang ■ -nie par mainte blessure, ce n*ea( que lorsque la douleur vous ramène au sentiment de votre ^mservûii pie veju< eu appelez A vos

pique», à vos ëpées, à vos poignards, qui vous sont enlevés souvint par votre ennemi.

Dés que l'orang-outang se sent frappé a mort, loin de Fuir, il se posteencore menaçant devant sa maison, semble jouir du spectacle du désordre qu'il a causé parmi ses antagonistes, sourit aux derniers râles des chasseurs «lendits sur I a poussière, et rentre dits lui pour expirer dans son domicile.

(tuelipies peuplades sauvages de l'intérieur du Brésil se livrent avec ardeur ,ï la chasse des ls sîn«es qui peuptenl les solitudes de cei empire presque aussi vaste que l'Europe, mais elles nuit surtout une iruerre sans relâche aux frêles individus de cette race dont elles estiment la chair Contre lesjocUs et quelques autres espèces géantes, le* Bouiicoudtts surtout se servent de leurs arcs à il- ■ 1 1 ■-« et de leurs arcs I pierres, qui sont leurs seules armes dnns Lès combats avec les tribus rivales. Ces arcs à pierr» 3 se composent d*im bamlimi coupé en deux do Long en loir aux ejtï rémités duquel on a pratiqué des trous pour le passage de la corde, qui es! nouée extérieurement; à cette n est tressée une antre qui s*- sépare de la première ■■i rs !' 1 milieu, de lellr sorte que deux petits bâtons oa deux os placés verticalemeni à ces cordes les empêchent de se rapj rocher* Iâ est un Met à m ni lies fort serrées; ce libi ■i irois pouces de longueur, etc'esl sur ce repère que le mvage place li pierre assujettie par L*indei < i t le ponce, si i-i qn on le fait de in Âéclie Vmi< comprenez que si l ■ Bouticoudo lance la pierre en ligne droite, elle doit frapper h- bois de Tare, puisque celui-ci se trouve dans le même p| .m rpic les cornes et le filet. Or le farouche Indien, qui osl selon moi, le plus habile, le plue leste» le plus iogénieux des nii nuls vivant loin de toute civilisation, tend, sa

i s- i n biais, et la pierre qui devait s'arréier à son départ

atteint le but en passant a côté du bambou. J'ai mi un en* finii de douze ans offert en cadeau i M* Umd*dorfr, chargé d'affaires de Russie auprès de Jean VI, et que sou père

î! expédié a ce nu aturaliste pour lut fournir une

I étudier sa tête après l'avoir séparée du irone ;

j'ai vu, dis-je, cel enfant, étonné qu'on Lui laissa I. -,

eindre presque toujours, n vingt-cinq pas de distance, un plongeon que j'avais pendu a la dunette de notre navire*

\ l'aide d< i ces arcs de cordes buts de six pieds ei tiédies non penmVs île plus de huit pieds de long leur, le Bouticoudo ne craint pas L'attaque du jaguar : jtigci donc si le singe tt'i pas tout â redouter d'un" pareil chasseur, y ua nt niK gracieux ouïs Utis, aux singea lions et au* nombreuses familles si ret, si rapaces, si petites» dont ils m oourrîssenl avec tant de sensualité, iledéd ignentpoui eux les pierres et les llècbes, et les prennent i l'aide d'une grande souricière (don net-moi un autre mot) pi ren-

iée d'un champ de mais, de cannes é sucre, nu au pied ■I un bananier. En grimpanl sur un arbre, en se promenantau milieu d'une plantation, l< i ouistiti peut apaiser sa faim; mais, dans Tliabi Inde mi El est de regarder comme sienne la propriété des antres, il dèlaigue d'j toucher* La souricière renferme entre ses parois les grains, les fruiu,

les légumes qu'j e déposés le Bouticoudo. Ici est la ra| -.

ni esi li [>t rtidle, ici est In méchanceté : c*esl i«î fc par

conséquent que doit, se jeter avec un bonheur ini elle

genl malfaisante, et la porte du piège, tomhanl derrière le

idmmane rongeur, lui prouve que le vol ne rapporte pas toujours bénéfice a qui le commet.

Les premiers explorateurs qui onl étudié lesraandril les orang-oulangs, les jockos dans leurs forêts, onl pnb té bien des anecdotes curieuses sur les mœurs et las habitudes de ers r\w.$ isinguliers, qui ressemble»! sous tanl dr rapports aux sauvages !i il.iianis des pays équatoriaux nourrissanl tant d'êtres divers, tant de natures npp Ils ont

raconté mille exli mees plus ridicules les unes que les au 1res et dmii la |iiiibsophie et les études sérieuses des lemps miidernes oui fait prompte el bonne justice. Sel>Ni les voyageurs du quinzième et du seJzieim- si^i-le, t'«|>nque si féconde en merveilles et pendant laquelle on croyaii encore a l'Kldorado, Les singes, dans Lrur amour désordonné pour les femmes, s'élançaient au milii-u lies peuplai Iluliaienl avec anlrur conire ta jalousie des hommes, se choisissaient une i ni partie, l > mportatcuit au fond des bois it vivaient avec elle en fort bonne Intelligence. J>e ces bizarres et monslrueux accouplemenls naissaient, selon eux, les niaraijues, les babouins, les mon s tacs, 1rs iahpouins, les matbroucks, les menas et les guenons, forinanl l'immense Fnmille de singes ravageurs des plantations qui peuplent encore une partie des castes forêts de l'Inde, de L'Afrique, de l'Amérique septenir tonale et de la plu| des archipels océaniques. Nous avons marché depuis trois siècles; les préjugés ont fait pince a U logique; l'art de La navigation a grandi les connaissances humaines; on n classé les esp< interrogé la nature avec une raison plus saine; etiesslnf»es 1rs plus industrieux, les plus lesti les plus spirituels, se irouvenl encore placés bien loin des Llottentots, des Moaamhiques, des sauvages naturels de la presqu'île Pi r m el des itiiptdes habitants de la Hou* '..-in-iii les du Sud, qui occupent, selon nous, U- dernier degré de récltelle sociale.

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