‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 79 sur 82 · H UT I CE · texte numérisé non relu

H UT I CE

Le porc épie ne ressemble ni au cochon, dont il n*a que le grognement, ni au hérisson, dont il n'a que Les dards. Sa h- ii- est longue rt plate sur les eûtes, sou museau [trèsque pareil â celui du lièvre, ses yeux poli! s et ses oreilles larges ci courtes, assez semblables aux oreilles îles singes. Ses dénis incisives ressemblent a relies de* rats et des écureuils; ses dents inférieures percent ta lèvre qui les enveloppe. Son cou est gros» son corps nulle, sa queue très-courte; cinq doigts sont bien foi nu s ,n.i\ pieds de derrière, el quatre seulement aux pieds de devant. Les plus grands ilanls du porc-épic soûl placés -\ la partie postérieure du dus el peuvent avoir de sept à 11 eut pouces de Longueur; ils sont pointus aux deux bouts et colorés d'un brun noirâtre. Ses pieds et le boni de son mu seau sont rouverts d:> petites soies brunes et roidës, el ses moustaches de soies noires el luisantes Iniques dr plus d'un demi- pied, Les piquants du porc-épic sont de vrais tuy&UX de. plu mes auxquelles il ne ni.iuquequi 1 tes barbes; ceux voisins de ta queue sonnent les uns contre les autres lorsque l'animal marche; il peut les redresser comme le paon relevé les plumes de sa queue. Quelques voyageur* mit assure que le porc-épic pouvait lancer assez- loin dards el avec »smv de force pour Mr^er profonde m cul : cest un conte ooticivmcni absurde. Unique originaire des cl i mal s les plus chauds de l'Afrique et des Indes, Le porcépic peut vivre et multiplier SOUS îles zones plus Leiupcrees. telles qu'eu tarse, en Espagne, en Italie.

lin domesticité, le porc-i'pîc il est ni féroce ni bronche, il est seulement très -jaloux de sa li lier té. À L'aide de ses dents de devant, il coupa le bois el perce la porte de sa loge- Sa nourriture abus se compose do pain, de fromage et de fruits. Libre, il vit de racines el de graines sauvages. S'il jn'iii pétièiret" dan*, bs jardins, il y i";nt. i^rriinl dégât cl se jette sur les légumes avec beaucoup d'avidité, Quand arme l.i lin de Jeté, il devient gras. Ainsi que la plupart des animaux, sa chair, quoique fade, n'est pas trop mauvaise à manger.

CHASSE

A la bonne heure, des chasses comme celle que je vais vous r; couler ! â la bonne heure, un amusement au lieu d'une fatigue, un jeu au lien d'une querelle, un cartel

pour rire au lieu il' hrel à mort ! Il esl temps que je

vous repose des scènes de carnage que j'ai déroulées à vos yeux. Assez de sang a roulé risse/ de lambeaux de chair palpitante oui volé à l'air et rougi le sol; il y n déjà en irop de cris, de Inirlemeni s, de rapines et île dévastation* ; il est temps de prendre un peu de quiétude eL de courir

après des i! tioos pins douces. Le plaisir dûlasse encore

plus que le repos: je n aime pas ■ ■■ qui énerve, mais bien ce qui occupe, et je ne suis pas trés-Sttï que le sommeil ne luise pas les membres. Eu avant doue, unis relie 1". avec «les rires aux lèvres, des conversations joyeu^s et '.i quolibets pour abréger la Longueur de la route' Xous avons la certitude que nous rentrerons sans regret, el voilà pourquoi nous jetons au départ, tant de folie au vent,

Lorsqu'on vil â la chasse du lion, du tigre, de la pan thriv, du rhinocéros ou île L'éléphant, ou douve toujours le chemin trop court; on arrive trop tard sur le champ de bataille, eu imagine mille petits incidents pour des ha fie on étudie les Heurs, les arbustes, les cailloux, les galel on s'extasie sur In beauté des arbres qui pèsent sur le soi, sur la fraîcheur de la luise qui se joue dans les cheveux, sur la richesse du plumage des oiseaux qui traversent i> airs, sur In forme des nuages mu passent, et l'on prend du repos sans avoir souli la lassitude, et l'on remplit sou calepin de notes insignifiantes qu'on effacera après la campagne, Cela esl naturel; on est bien où l'on se trouve, parce qu'on sait qu'il v aura plus lard bruyante ftgi talion et péril de la vie ou l on veut arriver.

fct tenez, en g Haut a la rencontre du Mon avec M, Hiniviere, je me rappelle avoir chaule pendant les deux tiers de la roule; vous savez que les enfants chantent aussi quand ils ont peur du fouet ou des revenants. Mais ici, a In ehnsse du porc-épic, nul danger ne vous attend dans li ba taille. Ce uue vous avez Le plus a craindre, c'est de ne pas rencontrer l'ennemi. U -ha s, vous auriez voulu ne vous trouver jamais face i foce avec lui, ici vous aurez ■!■ l'ennui â l'àme s'il vous évite et vous échappe. Ce qu'il y a de plus curieux ilans ces sortes d'expéditions, c'est que les chasseurs, pendant le trajet, se partagent déji h»> dépouilles de la victime» comme dans la fable de l'Ours, Chacuu aura sa narl du butin, chacun aura sa ration convoi- .• , 1 scepté la mente dont VOUS êtes suivi et qui piuissera bientôt d'horribles aboiements. Nous quittons les beaux, les admirables vignobles de Constance, et, tournant à l'est, vers l'intérieur, nous nous enfonçons dans les ten C'est un pays sauvage, nu , découvert, où pou s. sent de rares arbustes jusque dans les anfractuositèsdes roches qui percent la terre rougeàtrc et capricieuse en ses ondulations. Si le Uon devait venir nous visiter» nous le verrions de loin . et nos chiens d'ailleurs le devineraient avant nous. Aussi. tout est paisible dans la caravane, ou plutôt toul est joyeux

CHASSE AUX Tif.TES FÉftOCES,

il même impertinent. Hier, un bruissement nous faisait tressaillir ; aujourd'hui, ce qui nmis semble douloureux, c'est le silence. —-r'crons»uous uni- course inutile? ilïs-jen mes compagnons, Impolietils comme moi. — Nous saurons bien lii rendre ïï uctueuse, me répondit l'un d'eux, — Cornme ni cela? — Si nous ne trouvons pas, de porc~épic, nous

lue s de petits oiseaui, noua prendrons des lézards et

quelques* uns des rares ei sombres papillons qui voltigent autour de nous. La philosophie est d'un merveilleux secours, surtout dans les déceptions. — Paix, dit tout bas II- I ■ I ■ « i a i < ■ n i' qui nous accompagnait, voici un termin où j h aperçota des h 1 1 récentes du passaiir du porc-epic : soyea contents, messieurs, les chiens vont être bientôt sur ses traces.

En offris ou rapide mouvement de queue et de pattes i léctita parmi la pente canine; les impatients animaux poussaient des aboiements suis éclat, comme s'ils avaient compris que In bruit épouvanterait l'ennemi qu'on vou- In Et surprendre; el cependant, sans les ordres et le Fouet des m iitns, ils aurnieni pris l,i volée* Nous finies halte dans un pelif ravin, tandis que le colon, accompagné d'un seul chien, s'éloigna de nous de quatre cents pas, étudiant les zigzags du quadrupède exercé. Ils revinrent tous deux un moment après. — Hous devons renoncer, nous (lit-il, au porc- que; le chien n'en a pas trouvé lu trace. A ne avait -îl parlé «pie la meule boni! il ;i la fois el que nous v rimes l'animal liâttlë de flèches Yeuir de noire côte (rouillant et grognant comme une kwriêre hargneuse, A un signal donné, les chiens s'élancèrent cl le |K>rc*épic se trouve enlace comme dans on large réseau. Plus tard il vit serre de si prés, que les gueules béantes de la mente lui embrasaient la race de leurs brûlantes haleines. Voyex li querelle ! elle est curieuse, je vous f atteste, c'est a faire I'i-nII j de rire l'esprit le plus chagrin,

ll< sont la vingt contre un. 4 ■ lui»cî esl petit, chcïif, ts >lé, sans colère, sans peur aussi; le^ autres sont plein* de mutinerie el d'ardeur, Us ont des gueules béantes, des dents aiguës, des pattes el des lianes robustes, et cependant ils ne tri plient pas encore. S'ils s'éloignent île

quelques pas de leur adversaire, vous voyez e^ dt-mier pivoter sur hiionémc el lancet -;à et la des regards investigateurs sans èlre inquiets. Clai '■• dirait an milieu de vi famille attentive et caressante* Si In meute serre ses rnniïs et se rri|'i n»'-!n\ oh ! alors le porc-épic esl immo-

bile, sa petite tlte rentre dans >oti corps, ses courtes jambes Ih'chisscnt, les Bêches qu'il .i-.iii couchées les unes sur les antre qu'on s'était éloigne de lui se redressent vibrâmes dés qn on s'en approche, el vous ne devines que t un être vivant «u\i quelques mouvements fébriles ei 1 1 ' ira perceptibles. Les balles, dit»on, ont des: yeux pour atteindre tes. lâches; iei rr si ml les pins courageux qui ont surtout n souffrir de rattaque; mais quelles gritn.iii s : quels bonds ! quels Iturlement&î Le chien s elam ■ son museau s'allonge vers le norc-épic, la lleche aiguë pcrmtre dans les narines, le sang coule, et l'agresseur bat en telrniie iwvr h s contorsions les plus comiques.

An premier chien déco u ragé en succède un second qui n'obtient pas de sucrés; a celui-ci un h • ■ i > 1 « • rm; qui recule ." ion tour seni au t il-u- îes naseaux les flèches piquanti ■ qu'il a voulu luavcr, et c'est le speclacta le pins bizarre

du monde que de voir l,i. i deux pas de soi, vingt corps agités contre un corps en attente, le mouvement vaincu par ï'immobUii> D'Assas se vii arrêté par les faisreruix • h- baïonnettes ennemies; jf ne sais pas que] Humain enroii- par les pif igion immortelle;. Lesd'Assas de

la sente canine m son) pas plus heureux; ils foni volteface, ils se reposent de leurs fatigues â venir, et, découra- , ils semblent, par leurs tristes aboiements, demander secours er vengeance aux hommes qui les ont menés au combat. Vous comprenez que pour mettre un a cette lente agonie d<" f.i bête rongeuse N's chasseurs on! un moyen plus sur que les dents de la mcnie, et qu'il laut en Jmïi avec l'oursin terrestre. Une balle glissée dans nn pistolet li 1 1 son office j les dards aigus cessent de se tenir hérissés, Les jambes se replient, une boule de chair sfaffaisse, un cadavre est .i terre, < f les chasseurs auront (le coquets uruemenis pour leurs pinceaux.* Pauvre petite bêle iuolïcn-

sive qu'on vn traquer dans ses déserts, quelles dutilou* penses réflexions doivent traverser ton agonie contre la méchanceté des hommes! Tu nais, tu vis, lu le promènes solitaire, lu t'arrêtes à loui obstacle, tu respectes la haie du planteur, tu ne te fn utiles pas eu Jïlou dans si m pou- Lai lier, lu dors paisible In nuit dans lu lanière parce que la j nu in i^ ,i êii >;ins rapines et sans meurtre: lu te promènes iux rayons du toleil, lu t'abrites aux pluies et aux ouragans; ei nous, plus terribles que les Beaux qui désolent le pays ou le Ciel l'a fnit naître, nous allons Mrlu ment le chercher noise el rire à ton dernier soupir. Pauvres i"uxs-ëpicsl fournir l'Afrique, l'Europe a aussi ses bétes féroces, et tous les cœurs de ti^rc ne sont pas caches dans vos solitudes.

Biais, si un combat entre chiens et porc-épie est curieux et eu inique me ut dramatique, je vous assure qu'il n'est pas sans inléict, alors qu'il a Lieu entre cet animal et h k lion, car celui-ci a In peau dure el ne recule pas devant la i [■ ■>■ i leur. Au contraire, blessé à la face par les Bêches, il s'irrite, il rugit, il bai ses Bancs de sa queue nerveuse, il bondi I en tin et Lomho de loin sou poids sur la beU écrasée. Li est un blocilv chair presque sans forme; ruais Iri aussi *'^t un lion, le puissant roi des quadrupèdes, éclojfê. l'Uiinloi iê lorcj de. preinlre ■ I ■ i repos on de ne mnrefirr qu'avec peine. Si après la victoire U k lion ^-ui assouvir sa rage sur l'ennemi vaincu, il voitencoi ^ -■■> elï'u'ts impuissauts, les llèclies nV>ut f«as ion les été brisées, quelquesunes ^"Nt encore debout; et un cadavre lasse l'énergie du plus iuiloniptè des enfan!^ >k h erêjiLion. nuant au rlùnncérosqni trouve parfois un porc-épic sur son passage, s'il Jui prend Peu vie de s'en 'lit lire, lis flêch* ciluî-ri ne le sauvent pas, caria cuirasse île ee imm^truoux qn idrupede rlélii- la balle, el les cornes de ses pattes gijjanie*i.pms semienr ii peine blasées |iar le fer rouj;c.

Une rem irque Tort singulièvc faite par les colons qui se ^■"iii le plus occupés de la chasse du porc-épic, et qui m'a été confiée par quelques explorateurs peu avides du merveilleux, eVst que les chiens de forte race, les dogues, les chiens de rerrc-fleuvcsonl peu aptesà la chasse dont nous parlons, soîl qu'ils dédaignent un semblable ennemi, soil qu'il y ail dans leur nature'une .-intij'iiilue, un dëpiùl qui les éloigne de la bêle épineuse. Ils forment: presque loujmjrs l'a rrî ère* garde de l'armée belLigéranto, sans se soneier le moins du tmuide des épi l hèles île poltron ou île lâche q croit a droit de leur .ippliquer, il nn'-me eu déirtt des menaces el des coups de fouet, auxquels ils sont plus sensibles qu'au mépris . i .i la hrmie. (.es roquets, lis h.i -

sr-[s ri janiln-s torses, N-s épagneufs *'ï les petits li"-riir-

composenl pour l'ordinaire les Itéroîques phalanges menées à la poursuite du porc-épic; el pour ma part, j'avoue que j'aime beaucoup mieux voir en venir aux mrtms(paruon, messieurs les chiens) petïi corps contre petit corps < 1 1 1 1 • colosse eniiire naim Ce uesL pasdans ces sortes il nmuscmenls que les courra si es peuvent plaire ou itit ère n (Jiiiiiid l'issue du combat n'esi plus douteuse, le drame est mort : c'est le péril qui fait l'intérêt, c esl la crainte et I Vsj iéra nce, se d c p la ça n t to nj ou rs , qui fn 1 1 1 le dra me. I ■ ¥ b-phant i^ui chemine éi rasant tout sur sou passée, Ihvénc qui glapit et déchire, le lion rpii se henni- «■ mire li- irijre, voilà des senes â étudier, voila des Uhleaux qui ne mois laissent jamais ^ans émoiimi.

I ii visité quelques-une des piqûres faites par l« | i(l f É êpîc ii m>s ri nens bs plus iulrèpiùes : la plaie avait prt que toujours plus d'un pouce de profondeur; mais e le sr fermait prompteraenl, et en peu de jours les blesses n'en portaient aucune trace. La dent du serpent â sonnettes pénètre moins profondément, mais on eu meurt. Il ne tiendrait iju'.i moi de vou> dire que j'.ii nssislë â un i mutait a mort d'un porc-épic contre. un porc-épie, v\ île f-iire pisser devant vos yeux les divers épisodes de cette lutte ou la rage faisiii «les jiroilijjcs, et au milieu de Laquelle il

rail aussi de I" héroïsme, du désespoir et une agonio. Un m'a raconté à ce sujet, dans la ville du Gap, des choses trop curieuses pour que j'ose vous en foire part, La crédulité n'est guère la vertu du lecteur sédentain . et moi qui vous parle, moi qui ai marché en prolil t horiionlalenienlei verticalement sur ce globe si petit, et pourtant

iV<

(Uii:VIlES DE JACQUES ÀBAGO,

ni eusangltmtê, je vous avoue que je n'y ai ajouté au'iMti fii hitl rriivr* Voici, par exemple, ee que m'a certifié un des pins prosaïques notons de Table- Bay. Hais non. je ne rous le dVrikï pns voue m v nppl1<|uvfji6i fe proverbe iujurieusement adressé aux vovj mis, ci je veux 'rire cm quoique je ^iemie rie loin. II m'a semblé du reste que le porc-épîc l ih-i 1 1 ïj é par tes chien* étnïl assez rumeur, ei .pie p il

osait se un mirer asses décuira -s.é de ses thivaux de frise I our essayer de mordre le roniipl qui le liam-laUde plu»

priai. Quant a ses veut, ils elaieui lin m boyaux corn

deux étoiles sur tin ciel bleu daïur; et les mouvements fèiirilesde son corps attestaient sou irritation tout homéri |iie, l.e papillon et le ver rie terre q 'ont-ils pas aussi leur bile et leur De! :

Comme les Hotlentots font la guette si tout élre vivant m- viiMh'nni thiiis les eaux ou ^«gîtant sur la terre, comme ces Nommes dégénérés, même en naissant, combinent ioc une ardeur d'aula nt pins grande, qu'ils on! moins de dangers à courir, on conçoit que le pauvre pnre-epic dont ils onl surpris le i'ite n Licaueoiip m smiEïrir avant il empirer. Les misérables, alors qu'ils n'ont pas pu VaUelniJi > dans sa course, le (raquent au fond de sa reiraile, et, pour cg n I* 1 1 victime ne leur échappe point, ils ferment i ' ouvert nrc du terrier nu de la roche caverneuse <l» j plern'set de r aï on mastiqué*) ei l'y laissent douloureusement

rir de fi i ru et de soif. Ans glapissements du désolé

rmadrupède o,in se déliai contre les torturea de la famine, In horde stupide et farouche pousse des cris de joie et ne se repose que lorsque le silence lui apprend qu'un dernier soupir a été rendu. Quelquefois encore, le désespoir animant le porc-épic, celui-ci parvienl a s'ouvrir une route i ira ver s les conçues épaisses qui l'ont ahrilé, et, préférant un i repas rapide â une longue souffrance, il se montre, cl les trapus et crasseux llotlentots le cerclent et Lin- "i lient richement de leurs railleries, en le frappa nt comme pour le réveiller; et, quand h malheureuse bèt<\ aui abois, tombe épuisi ■<>, ils s'approchent d'elle ci lui arrachent brutalement une a une les flèches qui la vêtissent, ainsi que le font les petits cola ne s aux iiieineaux imprudéminent confiés a leur cruelle Innocence. Je vous Taï

dil, je Dtoifti le Ilot len lot n'a pas lu plus léger sentiment de générosité.

li chair du porc-énic est à peu prés semblable i celle du jeune sanglier, mais elle os haie cependant nue odeur pins fm. . i s t pour cela sans doute que les Hollentol ['estiment presque à l'égal de celte de t'aippopotame*

T^s Cafres aussi finit la guerre au porc -épie, m ni s du moins sans torture pour leur ennemi, un coup de massue a bien lot abattu la victime, et vous rotes souvent les 11 elies de ces courageux et féroces Africains armées des plumes du porç-épic, (jui voit ainsi tourner contre lui les d^fi n i s i| iim le ciel lu! n données. Le pore-épic est, vous te comprenez, le rrai souffre-douleur de* contrées qu'il habite en fugitif, en vagabond, en paria, J'avais acheïé à Tablc-Uay une cuirasse de pou .'■, n composée d r u m demidouzaine de peaux forl bien préparées ne co quadrupède, gardant encore intactes leurs pointes aiguës et bariolées, et je vous assure que, revêtu de ce bizarre costume, quand j "allais nie pronn -in -r sur la montagne de ta Table ou au delà, j'aurais bien pu étiv pria par quelque naturaliste explorateur pour un de ces fantastiques diablotins duui Gai lot a si heureusement doté son admirable et grotes |iie tableau de la Tentation de nui ut A idoine . Ne vous ri- inné £ pas, après ce que je viens de vous conter de cet infortuné quadrupède , si je n'ai consenti qu'une seule fois à aller ;i sa poursuite. Il faut de la pitié, même â l'homme d'étude; et, quand la science & quelque chose a perdre du sa lassitude ou de sa paresse, l'humanité a quelque C-bose .iiissi â y gagner. Que vaul-il mieux contenter, OU le ciuur ou l'esprit '

Dieu a donné d^s moyens de défense .1 loot être vivant : des griffes au lion et au tigre, de l'ivoire â IVIénhant. des écailles nu crocodile, de l'espace et des muscles au jaguar, au léopard et à la panthère; des cornes au buffle» une odeur fétide ù l'hyène, des eaux profondes a l'hippopotame, du poison au ter peut, di-s Ne au porc-epir, la voûte céleste à laigle, i l'homme l'inlel licence* Il a donné â la brebis la patience, la faiblesse et lu douceur»

La brebis est le moins défendu des êtres virants.

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