CHASSE AU PHOQUE
INOTir.E
Le phoque a la tête ronde, comme l'homme; le mu-
m larges comme lu loutre; les yeux grands et placés
haut, des dents pareilles aux dents du loup, la langue
f il . 1 1 1 'h's moiislnclies, un poil court ci rude sur le^:
mains, sur les pieds et sur le corps , une queue très-pelite, lé corps allongé comme celui du poisson.
Le phoque a des ongles aigus el ries dénis forl fnn* chaules; il ne redoute iii le Troid ni le chaud, se nourrir d'herbe, de chair et de poisson, habita Peau, la (flaoe et la terre. Il esi estropie des quiiire membres; ses bras,. ses cuisses et ses jambes sont presque totalement enferni"- ihns son corps; lu-* mains el les pieds sortent soûls; les niiv et les autres snnl divisés en cinq doipfl, qui ne snnt mobiles que simultanément, Sur terre, le jdioqueest loin d'avoir scs aises comme dans la mer; il faui alors qu'il rampe comme un repiile, et pourtant il chemine avec une certaine fitesee. Ce! amphibie esi lutsceptlble d'être apprivoisé, mais il faut avoir sOîn de te tenir souvent dans Iran Plein d'intelligence et de docilité, il peut apprendre et exécuter une foule de singeries. Il aime infiniment h société, aussi ne se pi ait- il qu'en nombreuse
cl turbulente compagnie* Les mers les plus peuplées de ces animaux sont Les mers polaires; il s n trouve bien nussi dans les mers méridionales d'Afrique et d'Améiîque el sur les Imrds ■!•-■* presque toutes les mers d'Europe, s en peiit nombre,
Ia voix du phoque ressemble beaucoup â un aboiement. Dans le premier Age, son cri est le miaulement dn chat. Il unit toujours à lerre, sur un Un ne de sable ou sur un rocher. Après avoir allaité ses pelits durant doute ou quînie jours dans le lieu de leur naissance, In mère tes «n" une dans les eaux, où elle leur enseigne la natation el le moyen île se procurer des vivres, tfes qu'ils paraissent faiijii -, i lie les prend sur son dr»s. Elle niel bus eu hiver, et jamnis plus de iroîs petits, e qui lui donne asseï de latitude jour soigner leur éducation, fort secondée d'ailleurs par la nature. Les petits connaissent hesbien leur mère et ne si' méprend r onl jamais, fût-elle en nombreuse compagnie*
Surchargé dégraisse cl de sang, le phoque aime a dormir; sou lit est d'ordinaire un glaçon eipnaé^ au soleil, sur une roche. Son sommeil est profond; mais te qu'il
aime par-dosus tout, c'est forte pluie et un violent
orage, Quand les sauvogesonl irioni|li' I un | Inique, ils lui tirent toute l'huile qu'il peut rendre, el, l'ayant fait
COASSES aux îuVrr.s PËHOCES.
fondre, la renieii^nL dans si vessie. Elle n + n ni oilettr nî fumée, ainsi que celle d'olive, La peau de CCI Amphibie • i d'un usage trcVprcct eux ; on remploie S couvrir des
mnlles et des coffres; ou en hïl aussi de l remuons sûu-
liera et des bot unes que l'eau ne ira verte pas *
CHASSE
Ce n'esl p^s l'ardeur de la vengeance qoï vou* pousse vers celle langui: d<- terre blamlir .-n < ..; : iiv un corps noir ii [rigunicsque ; ce n'esl pi ml une basse cupi lîléqiii vous lance vers cet amphibie paisible venant s'attiédir aux I aies rayons d'un soleil oblique; ce n*est point pour votre personnelle que tous vous arme?, île piques* de tridents, de Fourches, ue haï. m m -lies, de plomb et de cor*
des : c'est parce que vous avex faim et qu'il y a 1. i
masse en forme de chairs puante* que voire voracité va pourtant trouver saines et savoureuses. Je ne suis plus d-iiis quel lac bourbeux Alexandre éteignit un joui ut' iLi-mitnttLi-, ei les hMorltns nous disent ntur te vainqueur de Plndc n'avait jamais joui d f uo plus ineffable bonheur.
Kous gommes douze, In phoque est seul. Houe sommes I lestes, bien armés, intelligents, noua manquons de vivres*** Le phoque est lourd, sans protection aucune, brute et H'I'ii. La victoire doîî noua rester. Volts là, tous ici» vaut de Ci ■ 5té, vous eu léte, vous par derrière, moi sur les lianes. Le monstre eal entouré, cerné, emprisonna dans an réseau de fer et de feu. Une balle pénètre dans sa tel le colosse fait un léger mouvement de curiosité; il croit
- n i a êternué auprès de lui et qu'il vient de se heurter le front contre une hui.iv éehappiVG du rivage, Les sis ponces de (fraisa* qui le cuirassent empêelo'ni le plomb d'arriver jusqu'à l;i chair vite. Il faut reuoucei 1 .1 relie puissance» H c + eil peut-être, avec la haleine, le seul anU mal de la création qui se rtl du fusil et de la pondre.
Alerte donc d'une antre façon pluw Relire. Le Mii|nite phoque qui venait de se livrer au sommeil s'est rêtcîllé ■iu bru i I : il a ouvert nonchaUmmtDt les veux, lia vu se
mouvoir devant loi des animaux Marres, Inconnus, cou-» verts de vêtements qu*ll prend pour ' herbe* marinct; il .1 remarqué avec ëtonnemenl qu'ils se mnuvaîcni sur dent pinls, comme lui lorsqu'il se livre à ses combats amoureux, et le voill eicilé par un flcnllmonl de frayeur r| 11 ' i 1 ne s'explique pas encore, se dirigeant vers les êanx, ou il comprend qu'il trouvera on refuse assuré. Une barrière de dards suppose a sa fuite ; il brise les traits- qui se
ft plantés sur sa trompe, dans ses lèvres t dans sa gueule el même dan yeux. Il chemine plus vite; un
ond obstacle lui est opposé La douleur lui fait rebrous* ser chemin; on lui permet alors h retraite* car on le combattra sur un rlnmpclos solide. Le voilà, Il se repose uu i , "n le harcelle de nouveau ; il ouvre Ja gueule pour mordre In lime qui pénètre violemment dans sa gorge el cloue sa langue a son palais. Deux balles bien dirigée^ vont fouiller jusque dans irrimeu es imestins et y apportent l'agonie. Cependant la dernière torture sera turbulente. Près pie toutes les piques se trouvent brisées, les et de fusil ont volé en éclata, les munition* de pondre mal épuisais, les sabres se sont ë brèches .t Faire de profondes entailles; vous combatte!, ou plutôt
vous m: nez* dans une mare de sang, voua pataugea
dans un hideux triomphe, el Je Colosse SUI abois gémit, I h lire, bave, el jette au loin des caillots rouge "Lie s. bondit sur tes nattes-nageoires, ta roule, piv* -sv. l,,1ir * bî lionne, cherche le rupoi les glaives qui frappent Iqti* joues, ap| 1 lie d'un regard à demi éteint L'océan qui semble
fuir, s'amte enfin et meurt
Lâches] maintenant que tons avei du cuir n n pendant plusieurs jours, vives île cette prisse jaune comme du safran, de cette viande noirs comme du bituma, gluante comme la bave du crapaud j goberges-vous,
voi urs, le lièvre .1 ■'■( • irrêté nu roi, le cerf ■
milieu il** broussailles» la perdrix sur les blés don vive/., explora tours sybarites, votre table, est dressée, votre couvert est mis* Il y a de la joie pan convives, l'orgie viendra avec la joie, car voici Les (laçons que les valets apportent- La la h le esl le rivage de saldes mou* vanK- lii liqueur renfermée dans les vases est de l'eau
I de 1,1 nappe voisine, le service un lambeau -l je ne
sais quoi contre lequel le couteau est sans puissance, un fragment de bnite user que vous tenez, dans deux mains, et que des dents aiguGs ne peuveni eninmer qu'après l-s imacesel les efforts le- plus diabolique*. L'orgie, C'estle siiruiiM-JlipiL su t Celte faEignc,nn In ebans'Ui houff*uiTie par
laquelle nu provoque le courroui des éléments, la cruauté de la famine. Avec de la philosophie, du courage el H bùison Crmvéi mi ne meurt de faim mille part, pas n ème peut-dire .1 la terre d'RndraehLJe me trompe, il faut encore îles yeux qui voient!... Voyez, écoute/. Nous sommes la-bas, la-bas, aux terres australes, par une très-haute latitude. Le vent dit nord sou II :s liedes bouffées sur nue cote déchirée, basse, madréporique, al protégée contre envahissements de rtïcau courrouce par des ni tons bisorres, irréguliers, les uns an dôme, i pente M
1 • . la plus grande p[irtie lai lies i pic, de difficile
lun> noirs «■■■niiin- de tristes l'.i n rennes. C bien de navires, po par l'ouragan, se sont-its ouverts sur leurs angles et brisés contre leurs créiesl Dieu seul lésait, car tes Nuls sont muets après la tempête. Cnml'ien de eadavres d'hommes ont-ils rutilé autour de ces fosses sotjd dont la nui' lave |i s inehes que le san^ y rnntt tuiifireintes! Dieu seul le sait, car tout a été silencieux dans ces parages polaires après le désastre*
Après tes radiera vient la std qu'elles ahrileuE r tantôt à vingt pas de distance, tantôt ft une demi-lieue, tantôt cale â cote, comme deux amis au repos so faisant leurs confldences* Les premUni sont nues r pelées, ainsi que le front d'un centenaire; ta masse quelles entourent est ridée, trisd\ désolée* sans ehcveluie a la tête, sans vigueur ;ui\ flancs. Tout est cadavéreux ici, tout y 6*ût l'abandon, tout y est muet nnnme In lombe, aicepte h laine voyageuse qui s'y affile, s'y déroule, pareille au lonp affamé hurlant autour des cimetières, vous avez vu la terri levez maintenant la tète et regardai les cfoux. Ils s<mi hJens comme vous les aves admirés lorsqur vous vous promenies sous des soneséquatorialea; mais ici l'atmosphère est pâle, sans chaleur, sans visiteurs ailés, sans cris d'oiseaux aux lirlllants pluni L r > , seulement des
rua - -. énormes, blanches et fantastiquement t lelécs
passent rapidement comme de sinistres présages, *\ se chassent les Unes les mitres, pressées d'abandonner d'aussi tristes horiions. Le froid est vif, aigu, imprégné de goutpénélrantes qui pi [uenl ainsi que des pointes d'ai- ^11 les broussailles que vous foule* nom Apres el
ses, le sol tourbeux on elles mit poussé se couvre çâ et là d'un réseau de uaïun jauni, et, si vous en ipprocl l'oreille dans l'intervalle d'une rafabî i l'autre, vous entendez des courants d'e.m se promenant dans les vallons, hés f souterrains, formant sans doute des Des, des archipels, des capx, promontoires que nul regard, ex- Câpté celui qui voit tout, n'ira visiter.
Si vous quittez la plage ou sont ajinmeelés des sables arrachés aux profondeurs de l'Océan par le» tempêtes, et que vous gagnïes l'intérieur de Tile où vous êtes arrivé apréa un l liste naufrage, vitus trouvez une ceinture élevée de pierres usées, de galets roulé> sous h -qm j 1s tourbillonnent, plus bruyanU encore. Us torrents intérieurs dont je vous ai parlé, et tu pied de laquelle onl poussé uelijii-s touFTes de joncs serrés où s'abritent les troupeau! e chenaux sauvages a la crinière ondoyante, aux jam tins et in rveux, aux naseaux enflamméSi qtm la prévoyance espagnole y a jetés Lors de La conquête de eei archipel, dis*
Eiuté nag par les Français ei les Anglais, al que la irande^lretagne s + est entin approprié Je) mis quatre ans au plus, en dopït de nos menaces fanfaron Des. Ua Grande- Bretagne, en effet* a raison de se permettre tout ca que les autres peuples n'osent pas lui interdire. TSasI droit ne^i (dus solidement établi que relui qui *-t acquis par la force.
PVJ'JW-
a fAUtt.
^fftrr '*
Celui-ci p par un s.mi rapide, se Jeltû decùle et abat les jambes du hultle. (l'agc f>8.)
consacré par \\ prur. Les iLes donl. je vous parie, indi
ailles aujourcUnu sur les. caries nautiques sous le nom e Falklin, nous sont à jamais enlevées, et nos voisinnmliiioov peuvent y continuer, au fond de 1a Urne des français, rétablissement que le capitaine BougainviJIç avait tenté, cl se mctlrea Tabri du froid, ainsi que je l'ai faïl après un douloureux naufrage, dans le^ immenses fours de pierre ipic les rapides bouffée* un Sud n'ont pas encore démolis. Vous ries arrivé sur celte terre de dèso- Lit ion sans vivres, presque sans espérance, car les navires voyageurs s'en éiniinimt avec précaution* Mais la faim wus attaque au milieu de vos sombres n lésions et de vos ycbii* stériles. La point d'arbustes po riant une graine savoureuse, point de grandi végétaux parés de leurs fruits, point de racine au suc bienfaisant, je vous l'ai dil. Ou sable, des gjilels raadré]n.riqni<, de la tourbe et le silence- FTiniporte, OH ne meurt petil-èlrc nu milieu des angoisses delà faim et de h soif que sur doux points de la terre : la presqu'île Pérou. In Wrw d'Endraclit H le* île.* ')■ LWrc et de
Iînrnici . Ici point d'oiseaux» nn seul quadrupède rapide comme la balle, cl point deau douce.
Mais au* ihs Malouines, de l'eau partout, sur In surface el dans les eu ira il 1rs du sol; une eau pure, fraîche, vous épargnant du moins une torture cl un désespoir au milieu de \ViLn a m mie. Si vous èlcs seul ou |p *f|ue seul sur celle terre de désolation, votre mort est certaine. Si vous n'avez ni baïonnettes, ni impies, iiî fusils, ni poudre, ne prolongez pna votre supplice et donnez-vous une tombe dans lea Ilots. Mais si vous avez sauve île la colère océanique des munitions de guerre, si vous avez des compagnon s I infortune et que vous soyez arrivés dans la s ni s on la moins rigoureuse de l'année, vous ponvei espérer des vivres pendant i[iiclquc$ mois; car, en été seulement, les pilons que je vous ai signalés, les joins, le gazon, les criuues tourbeuses, toute Tile en Un est peuplée de pin
goins, de plongeons, de nous et d'éléphants de mer, de phoques a crias ou â poil. L'île a ses habitant*, ses colères, ses joies, ses querelles et ses amours. Corps étranges cl
imprime par 11- Ditlot, Mtsiiil \£urc], sur Ici BOOM) tics Èdiliiurt.
CHASSES AUX «ÊTES FÉltOHES.
Le vorace animal se jiîHi sur ses victimes encore himantcs. (Page 72,)
hideux .1 voir, difficile à poursuivre, durs â vaincre, plus durs à mâcher; chairs huileuses, coriaces, ne j ■■-l.mt qu'aux dents les plus tranchâmes, nui mâchoires les plu* roli ■ i révoltant Les estomacs les plus indulgents. Eli :
• Dieu! c|u 1 esl-ce q,ui vous épouvante dans ce pays que je viens de dérailler >i imparfaitement â vos yeux, el d.mt je voile les pailies les plus sombrus? J'y aï vécu pcudanl trois riM-is et demi sans Lrop de diront, je vous jure, Dai il va du bonheur dans toutes les infortunes, Imrnus peut* riii- dans la cécité. J'y aimanté des Hialrs piiiintes, de celle de l'aigle vorace qui vcn^ïi me les disputer, el aussi de celle du vautour, auprès de laquelle une tranche de phoque est un mets savoureux. J'ai vécu là parce que peu île vivres suffisent .1 mi un np|u<lir, pourvu niu- !■• riel ne me refuse, pis nnr nui limpide; j'y ai vécu parce que l'Etre éternel 1 voulu me dédoiniiiavi'i- de tant ■ 1 ■ ■ f:i ligues, de douleurs, d'angoisses, par une douleur aussi nnii;îiaiire que la soif, hsidemeisl el In famine.
J'écris ces lignes et je suis aveugle. Je ne relais pas
alors. Aussi voyez avec quelle ardeur j'attaquais les phuques, les lions, les éléphants! li^cî du moins -'-I une guerre raile nu proJUdii chasseur, sans |n rll, presque sans
fa tigne. Voua vous éti s reposés après La victoire, ei.cn
poui vous venger du peu de péril que vum*; avez couru, vos dents se sont plantées avec une aorte de rage dans les lanières cuites à une fumée roneeâtre pour en tirer mie subsistance que votre estomac, hélas Saura bien de la peine a digérer, Hais, tout coins*.- qu'il était, le phoque attaqué quotidiennement par vous et par les aigles royaux ne pré* sentere bientôt plus S l'œil qu'un immense squelette que la rafale du sud ne tardera pas ;i démolir. C'est donc une nouvelle lutte â entreprendre* On se bat avec ardeur qu.u ni il s'agit de la conquête d'un de ces çrecieui anijdiiliifs si délicats, si savoureux, si bienfaisants* G- lui -ri vous attend, Ignorant «lu mauvais parti que vous allez lui faire; mais d'autres peuvent lire plus lestes; le phoque n'est pas toujours arrêté dans sa marche de géant, et vous n'irci pas le chercher dans les llo[s h ou il vous sera dispute
OEUVRES DE JACQUES AF1.VGO
par les requin?, À la faim qui roui creuse se joint 1 in*
ansétude qui brise votre énergie, ft, eomme le soldai couamn eaux marches Forcées el réduil nu tiers de h ration, vous vous la aller a l'abattement. ]J\w vois cependant 1 encore retentissante: « Aux piques! je vois là-bas un gigantesque éléphant de incr qui vient se reposer sur Je rivage. Aux piques! ans bâti us el au? fu>ils! [Vous nn-
i' -us après le combat dis livres | r quelques jours; d*ici
là peut 'être un navire, poussé p-ir lu tempête, viendra chercher un refuge dans cul le baie si profond)», et nous srrachi r de ce Lieu de désolation, »
On se réveille * ces paroles, les armes redoutables sont dans tontes les mains, et l'on reli-ouve >li i | mir en
conquérir de nouvelles Les ch ra s'approchent à pas lents, en tapinois. L'ennemi est assoimL il ne lui- pas le réveiller, vous ailes le tuer et vous voulez qu'il passe d'un sommeil à un autre; vous avez, messieurs, une singulière
iiérosiULltflis je vous pardonne» vous êtes conseillés par la faim, et la cruelle a la voix ''datante, je vous L'atteste.
Presque tous les voyageurs ont publié que l'éléphant de mer succombe à ipie]ques coups ne béton vigoureusement appliqués sur sa trompe. Sans doute ces messieurs ont été témoins du fait; unis. ■ | n.i 1 1 r moi, je vous garantis que nous avons appliqué plus de cent coups de crosse de fnsiï sur cette trompe si sensible, et que le colosse n'avait pas l'air «lui ulre abattu. La partiels plus tendl-f d< l\-imphibie, celle qui lui faisait fuite les plus violents souhre-
iis, i-t:.it le sommet de la lête* Tant que le ministre nue iHius pressions de toutes paris ne reçut du blessures que sur son corps ou sur sa trompe, il fut assez calme, n soumis au sort fatal qu'il prévoyait peut-être, mata, des qu'une baïonnette eut pénétré dans le Crâne, ce lut un remue- ménage a nous épouvanter» et nous faisions fort
S ru déminent de nous tenir a l'écart de ses mouvements es coups de sa queue et de ses nageoires. Autour de lui et sous lui le sol était profondément creusé; les arbustes étaient brisés et la maie d'eau limpide dans Laquelle nous avions a tî a q ué I e colosse devint 1ji>u eu se et loti rhillon na nie.
Si fi ni de nous ne fut blessé, ■ ■ • ■ s t que nul de nous n*osa approcher le monstre de ire s* pies pendant sa longue agonie, c'est que nous ne nous montrâmes braves, en effet, que lorsque nous n'avions aucun péril à craindre. Vous a\ez d'abord lue un phoque à crins on un phoque à poils, peu importe, ils ont tous deux les mêmes mœurs, li- iii.'-im-s habitudes de paresse et du volupté; ils se rss* semblent en tout, excepté dans la fourrure qui lus véllL Plus tard nous avons vaincu l'éléphant de iner i le jdus grand colosse des eau* après la baleine, lui dont la vie paisible et iuoiïensive jouit dans l'onde et sur la pla^e des deux éléments s la fois qui lui gardent Leurs identatts. L'un ii I mire de ces amphibies ont satisfait votre appétit excité par la brise piquante du pôle qui ne vous engourdit pas encore de son haleine glacée* El cependant il faut iw.immencer vos courses et votre chasse ; vous n'avez point ni de repos â espérer si votre navire s'est ouvert sur nue des roches qui défend eut la cote, car, je vous I d lit, la terre est sans fruits et les airs sans habitants.
Le»* phoque et l'éléphant ont été dévorés* Après votre triomphe, a l'aide des fusils, des piques et des baïonnette sur un ennemi plein du vie, vous avez eu plus de peine. à l'aide de vos dents, à vous défaire des restes coi iaees d'un ennemi mort, Mais sur cette Une rude, au milieu de < eaux turbulentes sous ce rie! do givre, nulle fûuis$anci n'est sans amertume, vos paroles d'espérance ont des noies douloureuses, el vos sourires sont $i faibles, qu'on les prend pour des souffrances. Il faut de La chaleur au sob-il comme il en faut I L'homme, ei le manteau de neîp--pii menace ou couvre ces relions australes ne laisse germer que des idées imparfaites dans rve.-ui, el des pi. mies para-
sites au sol. Lh chaleur seule csl vivifiante.
Aux tortures de la faim qui se fait de i veau sentir, à
celle de L'inquiétude qui ne vous quitte jamnis, il faut ou* poser une activité oie chaque heure si ^us umlez ;dimenle? votre estomac rétréci. C'est donc encore nue r h asse une vous allez entreprendre, une chasse â l'un de ces iimpniliic* massifs nui viennent complaisamment s'exposer a vus coups. Mais ils ont aussi leurs caprices, leur
Unité dan- la vie qu'on leur a faite; Us ont des saisons marquées pour chacune de leurs joies, et si pendant une partie de l année ils se jouent tour à tour dans tes eaux et sur la grève, ils ont des saisons où ils se cachent a vos y m au fond des abimes de L'Océan et au milieu des gla< que les ouragans détachent des pôles. Aussi, maintenant que les nuits sent longues et froides* voyez o un me la plajio esl déserte, uniforme et silencieuse! Ceat le premier | de l'hiver qui s'avance et vient vous saisir dans ses et aux de l.iimiz*!. Vous ne vaincrez guère le froid, mais vous
I ■ 1 1 1 ji ' t. ei i core c om ha tt re a vec p ri * Ji t I a diset le qui unis tiraille, Ke vous lasses poinl de courir le rivage, les phoqui ut paresseux; dans leur armée envahissante, il îles traînards que vous pouvez facilement atteindre*..
Tenez, en voici un planté sur cette dune solitaire, pareil a mi de coi sphinx colossaux que vous trouvez çâ et la dressés par la religion des peuples dans les solitud égyptiennes, lie n'est ni uu éléphant, tu nu phoque n crins, ni un phoque â poils : on voii a ses allures somnolentes qu'il lient de l'espèce, mais qu'il n'est pas de la même famille- Une partie île son corps traîne sur le sol : sa lèle, son cou, ses épaules cl son estomac sont delmul, el il ouvre, en vous dévisageant, des yeus magnifiques dv\ ion, Sou attitude a quelque chose d'imposant et de comique â la fois; il vous regarde avec une tranquillité qui
II mble vous ôtcrlout d'abord l'envie de l'attaquer; il vous el inné* vous VOUS ju-imh 7. à rire suis le vouloir, "t VOUS
regrettez presque le triomphe qui vous esl promis, v\iyez
Comme il est propre, lisse et coquet; sa peau n'a rien de
gélatineux, elle ne présente aucune écaille, elle n'est ;
uverte d'aucun poil. Foncée, brune» elle n'offre aucune
ce irrcgulière; ses oreilles sont peif tes, admirablement
s; son museau n'est pas Imn lonjr. comme celui du
évrier, ni trop court, comme celui du ie; son cou a
le volume convenue, et il v n de la ffréee et de Télé sa née flans son amére-train el dans la forme sveltc do sa queue.
(/est le lion de mer qui | ose la devant vous avec l'immobilité du modèle d'atelier, Prenez vos crayons, vos piuttaux, vos calepins, \otrc toile, ne vous presses pas, vous pouvea modeler tout a voire aise ces yeux si étincetants, celle moustache pareille à celle du roi' des quadrupède ces di-riis éclatantes eom me les dénis du tigre. Copiez tout cela de face el de profil, c'est un roc immobile qui devine que vous avez besoin de temps pour perfectionner votre ouvrage, et qui n'aura pas L'impolitesse de laisser voii
ivre inachevée. Ainsi ni-je (ait, moi, la première fois une je me trouvai en présence de Ce singulier amphibie. Agissez aussi comme j'agis oins tard Lorsque j'eus terminé
le croquis qui devait enrichir mon calepi t tâchez que
votre admiration pour le lion de mer ne vous condamne pas lu lendemain a La diète. Après un regard studieux, le
ard duit devenir menaçant; après b 1 s et les pinceaux, la pique et la balle. Vous avez eu tout le temps nécessaire pour décrire le calme du maijuiuque amphibii prenez, bien vos mesures si vous ne voulez pas que son agonie échappe â . Lu des. Ce n T esl plus la Lourdeur du pho pu-. ce n est plus la somnolence de l'éléphant, c'est la rapidité du Lion terrestre, et s'il ne vous de H i ire pas de sus dents tranchantes, c'est pane qu'il n\a point de nerfs qui Je lassent l dir, Le lion de mer est vif, pétulant ; mais to
mouvements spéculent presque sur place, et il ne
gne son empire de prédilection que Lorsqu'il voit la
bataille perdue, lorsqu'il sent sa vie s'en aller par les mille
blessures dont il est criblé. Il est vivace comme sou ho-
vin.- de L'Afrique et do l'Asie, el la balle qui luijser-
cera Je cceur ne le laissera pas immobile parmi les joues lu rivage ou il a posé devant vous avec une si funeste Complaisance.
Seul, vous ne viendrez jamais ji h mt du Lion de mer :
.t •/. plusieurs pour le comknLtire, soyez beaucoup i>our le vaincre, ou vous ne saurez jamais quel est le goul de sa chair rosée. Dans les élans de défense de l'éléphant de mer il y a eu paresse et presque impuissance; dans ceux du phoque il y a eu vivacité, colore h menaces î dans ceux du lion vous voyez une de ces ardeurs qui ne restent sons pouvoir que parce que la nature a refusé au fmi^uem amphibie IMasiicité du lion terrestre. U y a la en ellel les
CHASSES MX BÊTES ; t BOCES.
évolutions, les fureurs, les grincements de dents du monarque des quadrupèdes, il y a I =■"■ soif ardente de ven-
ance,car, jjonflé de cruauté, s'il vont saisît im membre, soyez sûr qm- le membre est séparé du corps; si si mlclibire^ se ferme sur le 1er de votre pique, le for est inrdu un brisé* Le bâton noueux que vous enfoncez dans gueule béante et rouge comme une fournaise en sorl Loal en débris, et quand une de ses pattes. mi, si vous l'aimez mieux, une de ses nageoires tous heurte, tous êtes jeté à ld ri nvi-r*e ut brisé comme si vous veniez de recevoir un grand coup d aviron, tje champ de babille ou s f esl passée la scène que je viens de vous esquisser offre à l'oeil tlmi du chaos; on dirait qu'un* 1 çn-le borribk est tombée du ciel el n mitraille Le sol. Les joncs pressés et robustes au milieu desqw igitaîl le furieux amphibie sont hachés i n mille morceaux, et les eruli-t- que le llui y avait laissés
dnus ses iit> t tsde tourmente ont clé rendus aux abîmes
d'où L'ouragan les avait arracha.
Le moûstn esl là étendu sans force et bissant échapper le sang par vingt larges entailles; ses lianes se gonflent et se contractent convulsivement ; il souffla avec une violence extrême, Il esl criblé, troué, lai Mû, et il vivra longtemps encore; son agonie esl lente, vous n'arrêterez les l-.icie-
Dis «le son cœur que si vous lui arrachez les intestins,
que si vous sépares !a liHc du corps; el i]Liiiml vousaurex achevé celte œuvre de dissection, vous verres encore remuer p pendant deux jours nu moins, ses chairs chaudes, comme si le sentiment de La vie et h vie s'y trouvaient toujours, Une demi-heure après avoir sépare la tête du tronc d*un lion de mer» j'ai présenté rapidement une pointe de fer a L'œil ouvert de l'amphibie; eb bien! cet œil s'esl fermé avec promptitude et nue un mouvement si expressif, que loule la face du monstre en a été endolorie* A quoi bon tant de vie pour la douleur? Le cadavre, ce me semble, m' devrait pas souffrir.
Voila maintenant le ciel qui se zèbre de iges bizarres
changeant a chaque instant de forme et de dimension: ils
courent les uns après les autres, poussés par des I [fées
rapides, e! &e plongeai bientôt dans un horizon vague, b rre pénible a voir. C'est un bruit sourd au haut des airs comme le i "ibum-nt lointain d'une cataracte; le ciel se degaj^ bien Loi des colosses voyageurs qui l'avaient voilé; vous levés les yeux et vous b. 1 roy< •■' gris, froid, sans Ironsace; vous dïi ^au serre sur lequel séjournent
■ il s rouelles i m m ii n ses de gîvri
Sur la terre incolore tout est silencieux \ sur la mer ter-
reuse tout est menaçant, Nous sommes aux Maloulncs, ne
l'oubliez yus, il.'tns 'les îles nées su sein de la » l rançais; pins de pingouins; hier encore vous pouviez les passer en revue sur les plateaux élevés, en mnt-garde en fjce de leurs [an .. Hier, -i 'I l'ait de la cliah des phoques et des éléphants, nous pêcH acore, en fouillant 'fuis le soi â rrride de crocs de tvr tordus eu spirale, quelques-uns de ces singuliers animaux, moitié oiseaux, moitié poissons, dont les membres huileux apaisaient en quelque sorte notre appé il glouton; hier encore 1. s plmu les erraient en phi h ^tphes çâ el Là sur la plage et s'abri^ latent derrière les dunes on Le Ilot venait les visiter: aujourd'hui nous sommes sans vivres, aujourd'hui tout nous fait défaut, tout hormis l'hiver, uni a déployé ses larges n ilr* et qui s'est dressé pins tcrrilde, plus dévorant que celui des terres boréales- Ici sont des peuple* dont vous avez l'espoir d'atteindre les bulles enfumées, des ours blancs une vous pouvez, combattre et vaincre; vous avez ei core des bois dotil l.i Eîamme peut s'emparer el au foyer desquels vous réchauffez vos membres brUi ; s,Lt*ba5 f point de bois, point d'arbustes, point de cabane*, [«nui de
itineuE. Dos que l'ouragan usurpe l'atmosphère, les amphibies en valu- sent les eauxj il y a partage, il y a p, riait accord entre eux : le premier, pour vous briser en vous attaquant; les autres, en voua livrant a vous-même; l*nn vous tord en se ruant sur vous, Les autres vous déchirent par leur ahseuce.
Si vous vous décidez m lin, iHiand tout vous lui défaut sur La terre, â vous élancer dans les eaux, à déclarer la guerre aux habitants de la mer, la rutile arrive, impétueuse comme la Foudre, bruyante comme elle, vous chas* s.ini de la côte ou vous démolissant sur les galets. V*olr< nie sera plus lente que celle du lion, plus len t e aussi que celte du phoque ou de l'éléphant, ri U lame venant du large, ainsi qu'une montagne mou vante, vous saisil dans sa >l voranle a -pi rat ion;" elle vous enlève vous '-t votre canot
c me u n léger llncon d'écume, monte jusqu'aux nues
retombe de loin .son poids, et !';■: l> s.- L t - 1 1 l après U tourmente el se délasse â déchirer de son bec et de ses ongles les lambeaux de chair qui étaient hier un matelot, un explorateur, un homme. Certes, il valait bien I ■ peine de chasser avec tant d'ardeur les colosses marins qui vous ont aide ri traîner une vie souffreteuse, pour unir, â quelques jours de lé, dans un seul choe, dans une seule secousse, dans un seul mOuu-ninii d épaules d'un Ilot cour-
roucéj laisser votre squelette sur la plage déchirée*
CHASSE AD BIFFLE
NOTICE
Cet animal est originaire des climats les plus chauds de l'Afrique et des Indes, «ju'il parrourl eumre en dévastateur, quoi |iu depuis longtemps on s il parvenu i le dompter. Les anciens ne connaissaient point le buffle; jusqu'à présent, on ni pas trouvé l'origine du nom qu'il porte, mais Ton sait seulënu nt iju'il le lient d'il m* des langui asiatiques éteintes peut être |inr la >m n sion des âges, Il
■ t étonnant que le buffle, quijdaussa forme e r urs
domestiques, ressi mble fort au bœuf, vive avec Lui dans une complète antipathie ; presque jamais on n'a \ u i' accoupler, cl jamais, a coup sur, ils tumt pu | i -luire. La propreté ne va pas au buffle, même nppnvoiséî il s'irrite des qu'on rétriîle, et il ne ut a Taise que dans les bourbiers ou au milieu des immondices* Sa face est large et repoussante, son regard stupidement farouche, et
sa télé penchée vers la terre lui donne une attitude il hypocrisie et de lâcheté jui inspire le dégoûl : en étal de liberté cepend ml, sa démarche a quelque chose de terneraire pariai terne ni fi n bain i-- avec sa force el s» puissauce Sa voix adeuï fus |.lu>d.- iPtentissement que celle du taureau; rV-i nu inugis^Muenl épouvantable pareil nu roubuncni d'une cataracte, surtout alors qu il enl inilé l'asped de l'ennemi qui veut le combattre* Ses membres sont maigres, mais nerveux; sa queue esl pelée, sa
<n ordinairement brun foncé on noire: son poil est par loutfes irrëgiiUéres. IL a le corps plus gros el plus (mut que le bœuf, les jambes plus hautes, la têt* proporlion-
le beaucoup plus petite, les tomes moins r-oid- s
et en partie comprimées, et un loupeide poil trq.u sur le front : le buflif est le ivéqre de la race bovine Sa peau esl beaucoup plus épaisse et plus dure que celle du taureau ; sa chair noire et dure est non-seulement désagréable au goût, mais répugnante à roderai.
CH
Le lait de la Femelle es! inférieur a relut de In vache, (■■.lis 4*11 |»ru - (grande quantité; le fromage qu'on en fait dans les pays équntoriaux est niûdlocrtiiii-iil marnais cl mut » Li rigueur satisfaire rappel it d'un Européen : 1rs G très et les llotlentots [■aiment avec passion. La langue du buflle enfant es! un met» assez délicat, cl, dans l'Inde surtout, nu la sert sur 1rs Ni bips des plus riches gourmets
Le li ii III» 1 1 1 .1 1 ne un fardeau deux lais plus lourd <|ue ' ■■■ pourrait le faire le bœuf, et deux de ces animaux aiiclés a m iip charrue sont d'un immense secours pour lu labourage 'li .\ lerres dans le haut Indonstau. Après L'éléphant, le rhinocéros ej l 1 hippopotame, le bulÔe est le glus grand des quadrupèdes. Partout ou la civilisation n faii des pro-
s, ou a remarqué t|iic les animaux féroces perdaient de leur cruauté; aussi, dans 1 ' 1 1 m I • - , voit-on des troupeaux de bu flics calmes i 1 paisibles au milh-ii des ]dnnlalÈons. Mais, n Timor et dans quelques nuin-s île- malaises, ce formidable quadrup-de r>t un plus dangereux ennemis des hommes- Je vais bientôt vous le montrer aux prises avec
'i ilaïs.
CHASSE
— Par que] moyen vous faisiez* vous comprendre des peuplades sauvages au milieu desquelles vous vous êtes si longtemps promené? uTa-t-on du bien des fins depuis
mou retour de tant de * "ses aventureuses. — J'apprenais
d'un pays ri l'autre les mois les pins usités dans 1rs archipels voisins, et je faisais comme ce facétieux étranger arrivant â Londres, qui commençait toutes ses phrases par goâdem.
Si nous étions tous garçons, je vous conterais a ce sujet une anecdote fort originale, arrivée a un Français vnv.i
ml en Italie; mais il y .« peut-être en ce moment des regards de femme attachés sur eus ligues pudiques; je me tais.
— Cependant, poursuivait-on, le moyen que vous m'ïndî [uez nesi pas sans exception. — J'en vois si peu.— il en
beaucoup, au contraire. — C'esl >\ • les difficultés no
paraissent réellement grandes qu'alors qu'on n'ose pas les
b irdcr. — Ji- ne demande pas mieux de nVéctatrer de
votre expérience i — Poses l«ien U question > j'essayerai de
lu résoudre. — Je conçois, p. u- exemple, que, lorsque vous
ex au cap de U uuie'-Espéi :e, vous ayei |ui apprendre
bien des phrases cafres ou hollenlofes; je rompt ends encore que vous ayez connu â Rio plusieurs nuits du langage des Paîfcicés, des Taupinambas ou des Bouticoudos; j'admets que Les habitants des Mariannes, qui h oa^oninrnt L'espagnol, vous aient appris â parler nu peu l'idiome des CarolinSj qui viennent les visiter, i;t que les Chinois que avez rencontrés i Koupang ou i Bielhy, colonies hollandaise et portugaise, vous aient aidé â prononcer quelques-unes de leurs syllabes i difficiles; mais quand, apr une longue nav galion, vous jetez l'ancre en face dune ilp nouvelle ou dun peuple comme celui delà presqu'île Pérou, ne voulant aucun contact avec les hommes civilises, comment vous y prenies-vous pour Troua faire comprendre/
— J'essayais le langage des geste*- — Lis besoins et les habitudes doivent changer? — Cela est vrai ; cependant U i st des choses que louiV* U-> imccs d'hommes font â peu I rés de la même manière; ils marchent, ils mangent, ils boivent, ils dorment partout ennuie nous dormons, mangeons et buvons vous cl moi. — Lt pour exprimer d'autres
mis? — C'était plus difficile-, — Pour apprendre, par exemple, le nom de certains arbustes, des étoiles, des poissous des oiseaux, des quadrup^li-s/ — Lus restes venaient a imm aide, — Il y a des pensées que les gestes ne peuvent, traduire. — Tant de peu nies ne pensent pas? —Oui, mais ils vivent et vous rivez vécu avee eux. — .Sans nul doute.
— Comptent Eaisici-vous, je vous' le demande encore, pour vous In ire comprendre? — Je tic me faisais pas comprendre, voila tout.
Lu effet, je ne ni pas dans l'habitude de lutter contre les impossibilités, quoique je les aborde souvent; je n'ai jamais essayé d'apprendre a n.i.'T dans un marais boueux et sans eau; je n'ai pas tenté de suivj *■ I m le dans sou vol, d'attaquer la baleine dans son immense empire, d'arrêter la • < ade mugissante ou d'aplanir PBymalaya. Mats, irrité eoutre les diilicullcs, il n*es1 point de dangers que je n'aie bravés pour tes vaincre. liés qu'on me 'signalait un obstacle infrancliissablejc m"y jetais â corps perdu, et Il Niait alors bien des volontés" opposées a la mienne pour me forcer à renoncer â une entreprise arrêtée. Je suis descendu à Ombay, îles d'anthropophages, d'où je suis revenu sain et sauf, grâce â mes tours d'adresse et â mon rue talent de prestidigitateur < J'ai fait un vny.i™e à Tiuiau, iJansinic pir.»-m- de vin-t pieds de long sur trok de large, et je ne sais pas nager. Je me suis enfoncé dans les terres désolées de le presqu'île Pérou peur aller à la recherche de deux amis égarés. J'ai traversé â Waboo de larges et profondes rivières à laide des hommes sauvages dont j'a-
is conquis la confiance et L'amitié. J'ai bravé- La lèpre hideuse dans un lazaret de Guham; j'ai essayé de era\ir le Howna-Kaali par un chemin horrible de laies... Toutes ces choses et bie u d T a u I ces e i ico re , j e I es cou i pre mis ; mais, raisonnable dans mes folies, je m'arrête quand la terre me fait défaut, et j^ nue repose lorsque mes jambes ne sont pas au nheaii di- mon courage.
Tenez : on m'avait signalé à Ko u pan g l'empereur Pierre comme un homme curieux à étudier, et je savais pourtant qu'avant d'arriver dans son domaine j'avais â parcourir îles terres presque inconnues rm- tes buffles se promènent en toute liberté. Eli bien, je me mis en route un beau jouis au milieu d'une population rare, mais féroce, et je vis le monarque, décrépit ainsi que Les cirurs de Ter sur lesquels il régnait en maître absolu* faisant tomber leurs tries â son gre, et j'assistai, non sans IV. i y nr, je l'avoue tout bas, â une citasse au h;ll]-, objet principal de ma course. Ce n'est pas, à proprement parler, une chasse dont je veirx vous parler; ruais un combat, un duel à mort : c'est la colère ardente en lutte contre l'adresse et lesangfroid; c'est un seul coup dr ^-n'iic donné, un seul coup de cristi vigoureusement appliqué. Ton) est dit et fait; le duel ne se prolonge pas an delà de quelques minutes] une seule suFlil souvent aux deux athlètes. Si ces bulllcs sont réunis bar bandes cl font crier le sol sons de rapides bonds, il est rare de les voir s'attaquer aux hommes : vous croiriez qu'ils dédaignent une violence qui ne peut leur
e funeste. Aussi les" Malais, dés qu'ils entendent le rtten
ti :nl de La terre su us les pas du troupeau, ne se lui
tcnt-ilâ guère de gagner un asile sûr; car ils savent, p r eipéricnce, que nul danger ne les menace. Ce n'est pas, d'ailleurs, contra une masse si formidable cl si compac e qu'ils oseraient s révolter r nulle puissance u'arrélerail ravalancJic de bu Ries excités parla colère. Mais, quand Le quadrupède ruminant a quitté sa nombreuse famille; quand il broute seul sur nm vaste plaine, et qu'il voit venir A lui le farouche Malais, oh! alm* sa -punie s'agit^ ses narines se gondent, sa langue verd lire se meut inces< sa m m eut, ses lèvres ire in bleui, tout sou corps (remit; sa peau se ride, ses yeux se voilent a demi comme pourafl i Idir le jour trop puissant qui tes Irrite; il frappe la terri de ses deux sabots, il recule de quelques pas, il prend de Pespacoet part... Le Malais la attendu dun picdfevme; ÎL lient dans sa main le redoutable crisji qu'il fait tournoyer avec tant d'adresse : il attend que la lié te furieuse l'inonde de son haleine brûlante, et c est alors qu'elle n'a plus qu'a baisser la lêleelà lancer â Pair sou cniu mi ^UC celui-ci, par un saut miûde, se jette de cote cl abat les jarrets du bufile, qui tombe en poussant de lugubn s mugissements. Cela ■ al téméraire, sans doute; mais, si vous ■iv. Kïstéé ^\^ belle course de taureaux â Valence, â Grenade ou à Madrid» vous ne serez pas surpris de tant d'audace: les toréadors espagnol se font en quelque si i rie u u a m use me Ht d c ce për tl leux ex erci ce -
Gardez-vous bien de croire cependant qu'un jpareîl combat lourne toujours ii t'avantage du Malais; I instinct du quadrupède lui vient souvent en aide, et il rfest pas rare oe voir Le fougueux animal, lancé de l.mtc h ra|iid)[é de
CHASSES AI X Il ÊTES FÉUOCËS.
(■ïl
j.HTHs. su i rétcr tout n coup, esquiver h lame llamboyante el nbnitit* le M l lis | ■ • > i j i - l'achever ensuite ■! 4 • museau w i J-- ses sabots rugw ni. Ici encore, 1rs fossés recouverts de branches et de foui > - - j j t employés pour la ronquèk des buffles» «a c'est un spectacle curieux de suivre de l'œil les rapides rI:iiis de La bête allant à la rmconlrc de l'h mmie intiiH thiLo qui L'attend -ni delà du fossé dans lequel elle tombe avec un traces horrible.
Si elle n'es! pas irês-riini l*'c 1 mi m- l'.tki( point; niais on la laisse la pendant plusieurs jours srins. nourriture et sans boisson, el lorsque ses jambes affaiblies fléchissent, un Malais descend dans le fusse, ti 1m narine du quadrupède, 1 ose | resque >ousses lèvres une ample provision d'herbes; celle-ci prend sa nourriture n gsaisil ses forces,
• i c'est alors tfua raî de de sol unn-nies dont les bouts sont amarrés à des i remes d'arbres, elle remonte par une
lente foeile et regagne II plaii:e, m la parque pour
es besoins, il.- 1 1 r..i- m---. Jamais buffle n'a elé pana nient apprivoisé; jamais à timor au moins ou n esl | venu a l'employer au labour des terres. Il faut de !.i Liberté à ce formidable quadrupède, «-i l'on dirai! quïl a pris quelque cbii-.r ^rs îiML-m's [mouches cl indépendantes des peuples au milieu desquels il a été jeté. On a vu quelqoe- 1 i- nu Malais, gagné île vil esse par un bu file irrite, s" r« rôb r toute coup, faire volt s*face àson ennemi, tombera hure sur le dos au moment uù le fi ut de la bâte furieuse allait l'atteindre* et le frapper de son gflaîve nu ventre au moment 011 elle plongeait sur lui. Ainsi fout également les Poinçons â raide tle leurs fusils quand le jaguar s'élance ■i:i le poitrail du cheval qu'il croit sans défense, parce qu'il ne porie pas son cavalier. Mais vous comprenez coinbien le tlaii.cr du Nnhis esl plus imminent encore, pu que le monstrueux quadrupède, qui frappe dans le vide
avec ses cornes, son front 1 1 ses épaules, le broie souvent smis ses pieds gigantesques el sa m sse colossale* Aussi n'est-ce que dans un montenl de lutte désespérée que le naturel de Timor emploie le moyen périlleux que je viens de vous indiquer, cl alors que toul espoir d.- salut par la fuite lui esl enlevé. M. Thilman, secrétaire du gouverneur île la colonie, m'a assuré iju'il avait quelquefois été témoin d'un combat â mort >r un boa contre un buffle, eoml dans lequel celui -ci esl toujours vaincu; mais qu'il n'avait jamais appris qu'un crocodile se fui jetesur le redoutable drupede pour essayer de le soumettre. Au contraire» les Malais qu'il envoie à la recherche des phenuménes de
• 1 [te iie si curieuse à étudier Lui ont dit avoir vu f â Bm 11 surtout, fréquentés par les alligators, le bu file et l'amphibie se promenant à quelques pas de distance l'un de l'autre sans se pi indre ou s étonner même du voisinage. ]j nr instinct de destruction leur apprend sans deute qu'il doit y avoir accord entre eus pour mieux disputer aui hommes la conque" Le d'un pays dont, jusqu'à présent, avaiuement cherché <i lo* exiler. Ln même harmonie parai!
jner entre le boa et !« crocodile, tandis que le bu flic cl
le monstrueux reptile sonl en guerre permanente. Que d.
faits ni ri eux » approfondir! Que de courages lasses a la
h- relie de certains .senvi s. guidant L'instinct ou la rai-
bi 11 des animaux que Dieu a jetés sur la terre J
Il parait qih- 1 1 c rritude des buffles de Timor n'a jamais pu être parfaitement complète, quelques soins que les dompteurs eussent d'ailleurs pour leurs esclaves; car, sitôt qu on voulait s'en servir pour amener à l\ihêis*;nice l<^ buffles sauvages, ceux-ci, .m lieu de se ranger du eùtïdis vaincus, les animaient au contraire par leurs terribles beuglements, les excitaient a 1 1 révolte à coups de corn ri parvenaient enfin .1 les mettre i la débandade. C'é alors une avalanche foudroyante, une dévastation générale, une éruption de laves dévorantes, un monde pour ainsi dire bouleversé* Aussi les Timorieus se virent-ils bientôt forcés de continuer ce genre d'attaque, et se trouvent-ils aujourd'hui» dans leurs vastes solitudes intérieures, contraints a de bien grandes précautions pour échapper aux fureurs de rcs redoutables quadrupèdes, qui se ruent indomptés contre tout ce qui se meut devant eus. Le plus s ir moyen de s*< mparer d'un buflle esl de se saisir d'abord dune femelle, de L'attacher vigoureusement «i un arbre à l'aide d'un gros anneau de fer passé au naseau et
d'attendre que deux buffles rivaux viennent se disputer la possession, t'es! alors un combat .'1 mort; mais un 1 m'.. a d'une minute an plus. Les deux aiimuivux quadrupèdes arrivent par bonds retentissants île deux côlês opposés, Les voilà eu présence Tn 11 de l'autre, se mesurant, grattant la terre du Leurs rudes sabots Jetonl autour d'eus des [ans de Cûlére et de rapides bouffées d'une Lui née nuire et L rujante. Leurs lianes se gonflent et se v sserrenl comme un immense soufflet de forge; leurs jarrets tremblotent, leur jienn se ride et frémit ; leur langue tombe «i se relevé coiiiine une nappe rougeliro tourmentée parle vent, rt leur^ueue ineessiimment mouvementée sillle avec une vibration perpétuelle. Les adversaires ont accepté la luilej ils s V|i lignent ;ilors â petits pas sans cesser de se regardi r Cice a face: ils reculent, ils reculent encore, et quand vous croves qu'ils se sont volontairement el d'un commun ord disposés à une retraite, vous entendez un cri lu- S nbre sortir de leur poitrine haletante, et, s'élauçant l'un sur l'autre de toute la rapidité de leurs jarrets, ils se heurtent au plus fort de leur course, el, pareils è deux n qui s'abordent grand largue coutani -i contre-berJ, les fronts des buffles s'ouvrent, et l'un des deux adversaires
a oins tombe, se roîdît Cl meurt eu vomissant îles, Ilots
• i"! ui-'v *Vun san^ noir el globuleux. J'ai vu sur le terriittire de Honouebaug, dans les domaines du rajah Pierre, le patriarche des souverains de cet archipel, deux buffles s'attaquer ainsi d s ns leur colère et tomber ensemble 11 1 ni mes sur le sol. Cette fois cependant il n'y aval p.. s de femelle nupivs d i-ns f.;i vint justifier la violence de leur rage. Ils se tuèrent peut-être pour une poignée de gaton. i vie du bul'ile esl une querelle >;ms relfleuc; il s'attaqu aux troues séculaires qu'il cherche ri renverser quan I uni éiie ne s'agite oufour de Lui puer j|u*ll unisse rit teindre, tlji comprend -.i merveille les appel ils uo destruction du tigre, du Lion, de la pnnlhère, du en n cal ; mais le buftlc P por aie structure el ses formes disgracieuses, ne devrait vivre que dans l'inaction. Kl n'en est pas ainsi pourtant, et le hideux quadrupède ne s'échappe d'une mare boueusi que pour se vautrer dans le sang.
On a remarqué que presque tous les animaux féroces s ■ semaient abattus, saisis de frayeur aux upproclies soudaines de quelque phénomène atmosphérique, Le; chiens, les chèvres, les chevaux, les éléphants, cbe:cheni un abri emiire les urnptions volcaniques avant même que le cratère ail vomi ses laves; et c esl même à elle sorte d'agitation fébrile de ces quadrupèdes qu'on iconnsît d'ordinaire I- uuragans, les tempêtes et les iremblcments de terre qui doivent bientôt éclater. Eh bien, le lion et le buflle seuls ne sont puiut nijcls aux terreurs 'Lui poursuivent même l'homme dans ses demeures le plus solide* m rut construites. Sildt que la foudre envahit l'espace, sitôt 'lue I éclair brise In nue et embrase le eiel, au mo*
m, -ut un, | ssanl .1 L'air d'en irmes blocs de roche, la
gueule du volcan vomit une Longue colonne de feu qui semble vouloir déclarer la guerre aux astres, ce formidable qua.lrn|"-dej ciuiime s'il se croyait assez, fort pour lutter contre de si terribles destructeurs fivpi ■ sol de ses sabots, rugit, bondit ainsi 'Lie- les blocs arrachés aux entrailles de la lerre, el court furieux, renversant tout sur son passage. Aux ipproches des coups de vent, si terribles dans les pays è |uatoriaux,il n'est pas rare non plus, alors que la mer immense sente sur le rivage qu'elle couvre, île voir les (milles se poser comme d'ardents gladiateurs en fuce de l'Océan qui se gon Ile, menace cl envahit, comme s'il ;ue ni le provoquer a un combat singulier. N'essayesspàs, au mi lieu de ces cris ardents, la conquête du buffle] ii. n ne vous sauvera de ses c -rues rudes el noirâtres, si vous oses l'attend re ci le braver. C'est une montagne qui se mule sur vous pec un horribie fraens; et quand voire .-..Livre en lambeaux sera étendu sur le su!, le buffle, peu satisfait d'une si faible conquête, viendra l'insulter en le bruyant sous ses naseaux de feu, sous ses jarret s impatients. Lui* voyez-vous, quand il a vaincu, lue. il mutile l'ennemi qui a vu I audace de Le W;iver, Il n'est pas rare de in utvcr après ces bouleversements de la nature, auxquels suul exposés La jilupari des arcLiipels 1 cèWiqucs, les cadavrea a demi consumés de quelques Lmllles qui, excités
OEUVRES DE JACQUES \ Il \i}[)
par les rugissements dis volcans, s'élancent vers la rime des monts et ne s'arrêtent que lorsque la lave dévorante \ï-< a, pour ainsi dire. cloués sur le mûnt envahi* Combien de fais sttssi des buffles, brises sur les galets de la place, ont-ils roulé, enlevés par la lame m sein de laquelle ils n'avaient pas erainl de se plongi i Ve*1-cepas un bienfait du ciel que ces vengeances, une celle guerre des él-meuls contre un si dangereux quadrupède qui, fu- K e^teiuent dû lé d'une force si prodigieuse, m' m pas plus de générosité que le tigre et la pnnlhVre?
À Dielhy, les Malais soumis au résident sont tenus de payer au gouvernement portugais, en bu files ou en porc nu certain impôt presque toujours forcé à l'amiable. Or que Tout les farouches naturels qui ha Mitent 1 "ï n r ■ -i icur des ums inconnues? Ils placent d'immenses nantis coulants aux abords des hoîs ou les buffles vont se mettre ii l'abri des rayons d'un soleil à pie; et quand le hoa vorace s'élance sur un de ces quadrupèdes pour satisfaire son appel it, ceux qui échappent à ses replis et â ses étreintes conrenl dans ton le ta plaine ouverte, et se prennent aveu» glc ment au piège qu'ils n'ont pa:* eu le temps d'éviter. Je ne sais pourquoi il y a un grand nombre d'animaux auxquels vous vous sentez Loutdisposé a prêter sinon de l'intelligence, puisqu'on dit que c'est une impie te j mais du moins un de ces instincts si précieux qu ils étonnent l'homme même enorgueilli de sa supériorité, Vous sup-
(>osez (moi du moins) quelque grandeur d'âme nu lion, de a finesse au renard, de l'astuce au siiiire, de l'hypocrisie
au crocodile Eh Lien! on ne prête aucune sorte de
mérite ou de vice au bnflle; on n'es! pas ptns généreux envers le bison, et l'on croit voir marcher, iundir, se rouler, beugler et brouter des machines se mouvant par hasard et prèles a se ruer contre les troncs d'arbres aussi hien que (outre les hommes* Lorsqu'une des colonies portugaises ou hollandaises esl frappée par la famine, les
gouverneurs ordo ni des chasses aux buffles, et l'on est
témoin alors, au sein des vastes solitudes de cotie lie vigoureuse, si déchirée, si poétique, si effrayante du us (nul son aspect, de luttes terribles entre des populations armées de javelots, de flèches empoisonnées, de crishs et de J'unis, contré ces quadrupèdes aux épaules robustes, aux jarrets nerveux, ans cornes acérées; luttes formidables où le sang coule à Ilots pressés de part et d'au ire, cl où le quadrupède vaincu sert de pâture au vainqueur. Celui-ci tue et dévore; celui-là tue et mutile, (Jiicl est le plus généreux? Si les buffles raisonnaient, ils se diraient plus magnanimes que les Malais. J'ai vu les uns et les autres, Le Malais est plus cruel que le lui file, Gardez* vu us de tous lus deux*
Ainsi donc voilà un pays sur le juel la brise se prora ardente et dévorante, voici une terre on tout es1 en iioslitité flagrante, ou le caillou est en guerre avec le caillou voisin, du l'arbuste veut vivre aux dépens du colosse qui l'abrite cl le protège, où le rima et le multipliant, qui occupent tant d'espace, marient leurs chevelures diverses
comme pour se disputer la souveraineté du sol sur lequel ils Déseni, et celle de l'air qu'ils envahissent. Vuki une ile où la terre tremble souvent comme la mer qui veut l'engloutir, et au milieu de laquelle elle s'est insolemment dressée dans un jour de terrible conquête; une ma%s« immense de laves de toute* couches, de toutes formes, d'où les feux intérieurs s'échappent avec fracas pour insu lier aux feux du ciel vomis au milieu des tempête* êqualo-
des. Et voyez encore les singuliers habitants de cette ile gfgantes pu s p le crocodile infestant ses rades et le rivage i*o le voyageur ne trouve aucune sécurité, le crocodile,
efliroï des eaux ci de In terre, des poissons et des h on h ;
voyez le boa promenant ses spirales meuririi Tes m milieu des déserts, intérieurs el parmi les troncs séculaires des forêts, el le buffle hurlant comme la calaracî , bondissant comme elle; et le Malais plus cruel, plus féroce, plus tndompté que le bnflle, le Imi et le crocodile; le Malais, dont chaque parole est une menace, dont chaque menace esi l,i mort! Visitez donc Timor, vous qui aimez les voyaj et les sauvages harmonies; éludiez Timor, vihk dont les flèches d'un 'soleil brûlant crevassent le corps sans amortir le courage? et dites-moi ensuite ce que vous pensez de w celte Emo|ie régulière* alignée, tirée au cordeau, où ne " souffle que le Liede zéphyr, où ne s'agitent que des nains, où ne se promènent jamais L'ouragan, le boa Je crocodile, le buffle et le .Malais avec son crish trempé dans le hohonlutpas. A coté de cette Timor, dont le nom fatal est peut-
re emprunté â la langue hitine, sont plusieurs groupes d'iles détachées sans doute de leur nv-re par quelque commotion sous-manne. Là se dresse Réra, tenir parfumée de son éternelle .-talion balsamique, mais où le gigant s [uc alligator vient baver sous les él^ginta panaches du l' manier, k côté de Réra s'nlk«ni:c Sa vu, qui donne la main a Simao, a Ilot lie et a Denk'i, dont tes forêts naturelles sont si régulièrement plantées, qu'on les dirait échelonnées par "l . mata habile des hommes. Eh bien, i rotes ces iles visitées par le crocodile e! le boa nourrissent de nombreux troupeaux de bu files paisibles el sans colère qu'on emploie a la culture du sol et aux besoins des populations, — Expliquez celle différence dans les mœurs et les habituai des quadrupèdes, vous qui trouve/ une cause à tout effet. Je vous dis ce qui esi; apprenezmoi pourquoi cela est ainsi el pas autrement* Est-ce qu'il suffit de louchera Timor pour se sentir une vie plus active, un sang plus chaud, des nuits plus tourmentées! des jours plus orageux? Cela pourrait bien être; il y a des pays corrupteurs de tout sen liment généreux, comme il y a des zones sous lesquelles se brisent les membres, s'émnussc la force, s'aliène la raison* D'où vient la peste? (Jui Ta dnun à riïgypic'.' Uni a ilnië le Mexique du vomito-negro? Le lézard géant, Le crocodile, te buffle, le boa, s. m L les prend" irs Rôles de Timor.
Priez pour que Dieu engloutisse cette ile Je feu au fond des abîmes.
Vous verrez qu'elle grandira encore.