‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 81 sur 82 · CHASSE A LA PANTHÈRE · texte numérisé non relu

CHASSE A LA PANTHÈRE

NOTICE

La première espèce de ce genre, et qui se trouve dans raiM'ien continent, est la grande panthère que nous appellerons simplement panthère, qui était connue des Grecs sous le nom de pawfafts, dés anciens Latins sous celui de pnnthera, ensuite sous le mon de } rs, el par les lit in s m ode ru es sons celui de leopardus. Le corps de ■ ■■ t animal,

lorsqu'il a pris son accroissement entier, a cînq ou six pieds di longueur, en le mesurant depuis l'origine de la queue jusqu'il rcxlrémité du museau. Cette queue est longue di [dus de deux pieds; sa peau csl, pour le fond du jinïl, d'un fauve plus ou moins foncé sur le dos et sur Les cotés di] corps, et d'une couleur blanchâtre sur le ventre. Elle esi marquée de taches noires eu grands an-

us ou en forme de rose*, Tes anneaux sont bien s'q. les uns des autres sur Les côtés du corps, é vidés dans leur

\ IÎASSJ3S àOX BÉTES FÉHOCi

milieu, el U plupart on! tu»* ou plusieurs lâches an centre de '.ï rin'riir couleur que Le lour «lu Panneau, < es même anneaux, dont les uns sont ovales et les autres circn- I. ii « s, on) soitveibi plus de trois pouces de diamètre. La de vi n m > espèce est la petite panthère d'ûppien,é laquelle les anciens n'onJ pis donné de nom particulier, mais que lis vnv. - 1 - 1 j i ■ .-: modernes oui appelée once, du nom corrompu do tyna ou funj Nous conserverons i cet animal Le nom d'once. La panthère parait dire d'un* n ture plus sûre « > moins flexible. Un la dompte pluiùi qu'un rie l'apprivoise. Jamais elle ne perd en entier son caractère féroce, el, loi i v.-ur s'en servir pour la chasse, H tau* beaucoup

do soin pour la dresser, el eue ire plus de précautions pour la conduire el l'eiercer. La panihère se plaii ralement dans les forêts lonffues el fréqin nlesouvenl 1rs bords des fleuves cl les environs des ItaUitalions isolées, ou elle cherche ri surprendre hs animaux domestrqw 1,11e se je te rarement sur Les hommes, alors même qu'elle esi provoquée.

chasse

Ksi- ce un liurc, un lézard, tin serpent, un lion, quî dévore l'espace? Est* ce une flamme qui le traverse avec la rapidité de la pensée? f'Vst une panthère en quête d*une proie, e'est le plus leste, le plus igile des quadrupèdes que poursuit le chaasi ur el qui va meure eu une heure une plaine immense entre elle et lui. Que voire balle porte vîhv si elle veut l'atteindre; In flèche n'est \ ^i promple; et puis dans l'air, comment frapperait-elle ce

ps él tstique qui s'allonge, se courbe, se replie se rac-

ireil, se raréfie, si je puis nVexprinier ai o si ? Gomment

ir cet être remuanl i qui toui repus est impossil une le mouvement délasse, que le calme et le sommeil énervent F Vises terre â terri : I;» panthère, que vous n m. i frapper d'un plomb sur, von I ■ lever la tète poui la

ttrdcr, Elte ne marche pas : elle voir; et vous la et, chez nu pied d'un arbrequand elle* -i perchée au sommet. Votre œil épuisé la ponrsujt de brandie en branche, et au tu > ■ 1 1 ■• • ii r où tous vous Bat tei de l> voir tomber percée (par tint' bnllc, idle se précipita sur un tronc éloigné dfl plus de franchit une immense haie et disparait dans

le plus épais il u bois. La panthère ne peut être vaincue que par la ruse, alors que par hasard elle sommeille, «.Ile

e «l'iin.i rue, il un enlèvement il ■ - moutons* île parcs et même d'hommes. La panthère ne se bat jamais qu'a coup sûr. Elle r le sentiment de sa force, elle connaît celle de l'ennemi. Si celui-ci est loin, elle est 1> es eûtes; s"ïl

puissant et redoutable, elle l'esquive ela*amuse n en route pour IV puiser par une course inutile. (Test à la

ilhére plutôt qu'an lion ou au i m on aurait raison ïe dire qu appartient le momie; et telle esi lu rapidité de ses b |nona vu des chasseurs éloignes le* nus des

res el habiles tireurs se refuser de foire feu sur elle dans la conviction d'une décharge inutile. U léopard esj Ee frère île la \ mi hère par i é; il est son frère aussi par sa taille, sa tournure, ee et la hardiesse di

• attaques; il l'i si surtout par ses ra] es dévasta*

Lions el s.i s«iîf ardente de sans humain, Armés, vous

pouvez aller à la poursuite de r :e; pour vaincre ses

ni nés, je vous conseille d'avoir recours aux pièges, à la ruse, ans embuscades. U faut bien il pour user

alla pu ri' .h i hinûccros nu le II . l'our alla*

quer la p - Inére or. le Léopard, il ne faul -pie de i i tresse, â 1 1 14 il : s | oiiri ii n t qu'il ne lui prenne envie de vous chasi r â son lourï i ar alors vous n'aurez point irop il' 1 vos poignaro\de *"s pi |ues, de vos sabres el de vos pistolets. La robe de ces quadrupèdes est dure a* percer, et leurs ongles el lems dents sont aigus 1 1 tranchants. La panthère lutin. i : P*. à corps, et si vous n'évitez pas sa rencontre, alors qu'elle Relance sur vous, vous êtes enle^ meurtri r jeté au loin, ftc songez pas ;l vous redresser pour

combattre, une mâchoire terrible est là qui vous brise le crâne ou vous «nui-, la poitrine.

On croirait que la panthère cl le léopard ont la (acuité de changer il*- direction ou de rebrousser chemin, alors même qu'ils son! sans point d'appui, G*csl une chose admirable fjn'uu de ces gracieux h terribles quadru|w jouanl à l amour ou â laguei ir tout esi jeu pour eus

Vous avez vu un chai, poursuivi par un Lévrier, grim sur un arbre; vous i*aves vu, après un larcin, menacé par

nu valet h bondir sur une armoir â travers une

Imarne; ^3i bien, décuple/ maintenant ces sauts prodï-

eus et prêtez un volume vingt fois plus considérable au corps qui si; déplace, et dites-moi s'il n'y a pas mort d'homme à être ath'int dans sa eitut'sc par un de CCS proj CC U les animés dont la volonté est toujours dr ivinerser et de détruire. <]r n'est pas tout. L'n ûo [<■* sans volonté peu! vnii Loucher obliquement, vous étourdir el vous n i uiii s vous broyer les os, sans \ous ouvrir les chairs; mais le léopard, mais la pan thérOj ne ions leissenl pas la même chance, l^-s qu'ils sonl sur tous leur! U'sel leur gueule jouent aussi Leur rôle de destruction, el vous êtes brisé et mutilé â la dis: la terre ne vous reçoit pas loiiL entier : vin de vos bras, une de vus épaules uni suivi à la course lelan de U bète féroce um retombe glorieuse à vijjiii pas de là. C'est un spectacle curieux que celui d'une pantbi-n 1 assoupie Ou livrée au sommeil. Il n*esl pas besoin qu'elle se lève et parte pour que vous jugiez de s- m élasticité. Son repos a elle vous fa signale. Gtle respire par soubresauts ses muscles s'agitent sans re- Licne, ses moustaches frémi sseiH, ses paupières clignote ut» sa peau se ride el se rotdîl , ineue fouet h- ! ^s airs, cl ses griffes ouvertes et fermées tour à tour frappent dans le vide Un serait tenté de croire qu'elle est incessamment tourmentée par une fièvre aigui on soumise à l'action de la pile de Velu. Encore, si cette a^ï talion perpétuelle pouvait la fatiguer, énerver un ptn ses membres si bien taillés; mais non, elle se délasse à celle fatigue, comme je vé.hïs lai déjà dil ; et si ses nuits ëtaieni calme ,; t sens turbulence, ses jours seraient noirs et tournirui^s.

U faut piaulai u déclarer La guerre â cette race cruelle el Funeste qui vit de chair comme Le ti^re, et comme lui, ilans ses moments ^le disette] attaque les habitations el n<craint |»as d'affronter le tumulte des villes. Une panlh -v-sITainée est redoutable a une population, et elle fait bii des victimes avant que son sang rougisse le soL 11 prestesse dans sa mâchoire comme il yen a dans Les muscles de ses jarrets. Les Indiens, façonnés aux pourvu des tigres et des lions, savent Lieu les dangers dont ils sont menacée quand ils traquent h panthère dont ils ont une vengeance â tirer î mais ils prennent leurs précautions en conséquence, et les tridents de fer qu'ils opposent â la bêle furieuse sont solides el pointus, p i vous jure. Le i rident, eu effet, est l'arme la plus Utile et la plus usitée

itre le léopard el La panthère. L'un el L'autre, vous le

ez. ctiiunieur. ri! toujours l'attaque, même quand vous le provocateur, et au moment où ils se précipitent ri u urne unecascadc snr Leur adversaire, « «^lui-cï a du sangfroid et vist juste; 1< corps de la bète féroce est profondément troué sans que vous vous Boyei donné la ueiiie de frapper vous-même* Votre existence a luut fait, il y a un cadavre à terre, mais un cadavre qui se meut encore. Les agitations sont lentes i sG calmer. Dès qu'une panthère a été parla fuite drs troupeaux de bœufs ou de mérinos, les chasseurs qui veulent s'éloigner se réunissent, s^or-

nt> se concertent, circonscrivent par groupes de dii â douze L'espace ou ils supposent que s'est poste le quadrupède; ils cherchent un solide point d'appui peur Le nia ne de leurs piques, de leurs fourches, Je leurs tridents, et attendent que leur ennemi choisisse ses adversaires. Ils

.£ut bii-ii que la bête furieuse ne passera pas sans m-:, ai r, Ut la connaissent trop pour qu'ilsesperenl qu'elle

ieitern dans Tin lervaHe qui sépare les chasseurs les uns

i aulre-i, il ils se tiennent fermes el serrés à leur poste, bien convaincus que ! sera terrible. Il L'est en effet.

La panthère a vu les chasseurs. Elle ne rélléchit pas, elle ne choisit pas. elle n'a pas de temps i perdre, elle part, elle est en l'air, elle tombe sur une haïe de fer qui

ŒUVRES DE JACQUES AllAGO.

Lui ouvre lesttanesel la ttenl quelques instants suspendue a cinq ou sis pieds du sol. IlJ^re. furieuse, idle pousse

d'horribles rauqtien ls, elle se lord, brise ses dénis ô

mordre les piques r|u*e1l« traîne après elle, irrite sa tries* sure, fait grandir sa rage, lance un regard de feu s tir les Hiasseurs armés de leurs pistolets ou de leurs fusils, et meurt dans d'affreuses convulsions, f.e plus sûr moyen de chasser ta panthère par l.i ruse n'est point de placer des

Sièges A terre; il fierait difficile qu'elle s'y laissai prendre, ans ses courses au travers des [lôpulalions, des plaines el des collines, a peine ses pieds touchent*Us oa ,; t ^ le sol, vous ne pouvez par conséquent espérer qu'un succès fort incertain, Son séjour â elle c'est celui «le l'oiseau, c'est l'air, Là seulement doïi donc être préparé le lacet fatal qui t'arrêtera et vous la livrera prisonnière. Emparezvihk de la panthère comme vous le feriez de l'aigle; c'est i] m conseil ijne L'expérience a dicté aux Indiens et qu'Us suivent de ]niii]L en point peur la conquête de ce dangereux quadrupède. D'après les réélis des voyageurs qui ont pair-. uni les pays dmil je vous parle avec "le plus d intrépide curiosité, la panihêre est, "Lins ses attaques, beaucoup plus audacieuse i[uc te tigre, et ils sont tous d'accord pour ajouter qu'après un acte in-m'i de rapine nu île cruauté, elle se couche souvent a côté de sa victime, malgré l.i présence des nombreux ennemis qui l'entourent et la menacent. En 1829, dit M Itancks, quia écrti un fort bon livre sur flnde, une pan l hère affamée élancée

d'un enclos «I ms une croisée fermée par des si . *t a tué le planteur et deux Malais qui lui servaient de dômes* tiques, Celle émisée était à douze pieds du sol, ei L'espace pour prendre de l'air se trouvait fort resserré. De pareils voisinages, il faut en convenir, feraient tenir bien closes les fenêtres el le* portes de nos habitations.

Intrépide cou ire les hommes, intrépide re les bêtes fér ces ses rivales en forcején puissance, sinon en agili: la panthère a une frayeur horrible du feu. l^s fu'elie voit hi uamme tourbillonner, elle pousse de rauques ei n-isii hurlement*, elle a'agite avec fébrilité, elle pivote sur ellemême; elle inise m avancer nî reculer, el L'on dirait, à ses regard voix ■ teinte» qu'elle demande gi Ace- Si

elle se voit entourée de plusieurs foyers a nie ni s, elle tombe presque en syncope : elle s'étend, firme les veux, et il est assez facile de l'attaquer et de la vaincre. Il ne faut pourtant pas se livrer avec irop d'assurance â fespoti iJe ]a cou i il arrive parfois que, l a par le

plomb ou par la lléche, la panthère furieuse se lève, bond et fait autour d'elle de nombreuses victimes avant de reprendre la première position que lui avait înQigce le feu, J..-S Indiens, habiles réserva leurs des manies et des habitudes des quadrupèdes dangereux qui les entourent, connais son l à me rv e i l le I e pou v< fini es i I a m m c s s n r I a pa n t h ù re , la chassent souvent avec des torches» l'acculent vers une

forêt on ils viennent aise ni ï bout de la terrasser

Gomme la ruse, ainsi que je I ai dît, doit venir u aide au chasseur dans cette guerre permanente qu'il fait tS la panthère, le moyen le plus efficace «Je s en emparer esi de suspendre au milieu d'un nœud coulant a cinq ou six f >ieds de haiil un cadavre de chien ou de mérinos. (IcLLc-ri, dans sa rapidité, s'élance sur ta facile proie qui lui est offerte, el échappe rarement au solide lacet qui la saisit nar le cou, parles jambes ou le corps. Une Fois captive, a bête féroce esl tuée à coups de fusil, et les chasseurs prennent huiles les précautions possibles pour ne la frapper qu'au ventre, afin de ne pas ^àier la I" île peau de leur victime, dont on se fait eommunémenl dans nnde d'élégants tapis de pied el de riches descentes >le lit.

Au surplus, la tuasse a la panthère, à l'once et au léopard ne varie ^uèro, un le comprend, de celle qui est déclarée au tigre ou au lion; ce sont toujours les mène précautions a prendre de la pari des hardis chasseurs, ce sonl les mêmes stratagèmes, les mêmes ruses; o >.ml aussi les mêmes périls dans les luttes. Pour ne pas nous répéter, nous nous bornerons au détail de quelques faits curieux et dramatiquescontre-i- nés dans les annales des « iplorateurs don! la vie aventureuse a si souvent été menacée par les bêtes féroces, sîll menant les immenses solitudes ou l\imour de la science et l'ailuot du danger les

avaient conduits. Ainsi que le lîfjre, dont la soif de sang n'csl jamais apaisée, la panthère ne penl se rassasier de meurtre el de carnage, lu ennemi mort la met en appétit, el elle se réveille (dus animée, plus ardente, â I aspect des cadavres : on la vue souvent, aprea avoir abattu un chasseur, après lin avoir ouvert le cri ne. le quitter, re* venir sur ses pris H ouvrir la poitrine au Corps sans vie étendu sur le sol. Un de ces agiles quadrupèdes s'est no jour élancé sur uu troupeau dé mérinos près de M idras, h en a tué vingt-sept avant que les gardiens armés eussent fin lui faire lâcher prise. Le lendemain, les cadavres ne furent pas eu terrés, car <m supposa que la panthère viendrait à la curée préparée la veille, llmiic intrépides chasseurs se postèrent pour la surprendre ei la tuer; en effet, i peine fut-il jour que le voracc animal dëbouqua d'un bois voisin, m 1 jeta sur ses victimes encore fumantes; mais tomba bientôt al se roula expirant dans le san^ Il est aussi arrivé fort souvent qu'attirés par 1 Videur o"un cadavre étendu dans la plaine, un léopard el nue panthère* une once el un chacal, se son! trouvés en présence pour la dispute du Linliu.lei un horrible combat avnil lieu:cVtail leligroel le Itou s'a l Laquant avec fureur, c'était l'éléphant et le rhinocéros sep* t el se déchira ni les entrailles; ç était peut-être un tableau plus dramatique encore, quoi* '|ii'il fallut plus d'espai e aux deu* athlètes, tant leurs évolutions étaient rapides et imprévues Sins cesse dans t'ai* tente de pareils combats, les chasseurs se iienneni eu aie rie pour mettre à profil des circonstances aussi favorables, l'u m- la panthère, l'homme est minus â craindre que le chacal; [mur l'once, l'homme esl moins a redouter que le léopard : l'homme est dmc dêdai n de

celte lu tic sanglante, et il en pi ifite habilement pour se défaire du vainqueur, d.'ja si affaibli par les griffés et les •u Ls • I . . 1 1 1 ve rsa ire. Il r j e pa n i hère et n n 1 eu | ta n I aj a ni un jour bondi pn - [uc en même leTnpssur une proie jeter au milieu des branches el d> s feuilles mortes couvrant un I '-v. j"o]i trouva le lendemain un cadavre horriblement mutilé, celui du léopard, et nue bêle éeumeuse el presque

is force, la panthère. De semblables bonheurs sont choses fort rates, ci les béies f' qui ravagent les

fje les orientales semblent au conlr.m e d'accord pour semer la terreur dans les fermes isolées, h venir même effrayer les populations des grandes cîlés.

Aucun phénomène sur le mouvement ne doit sembler extraordinaire a qui > vu une panthère poursuivre une proie ou éviter un chasseur, .'d uxlcy, donl le m in se recommande par tant d'utiles travaux, et qui n séjourne à Cachemire pendant plus de six ans. raconte au sujet de e

hardis quadrupèdes des pli n nés de vitesse et d'agi lité

devant lesquels la raison humaine ne craint pas de reculer. Il dit, dans nu [ - - de son livre si curieux et si instructif â la fois, avoir vu une pan therc tirée au vol par nu habile chasseur, ipi l'atteignit d'une balle â h naissance de h queue, et il ajouïe que. sans loucher le sol, le fougueux animal se retourna et tomba faisant lace a celui qui venait de le blesser. Les vents tourbillonnent, la course de la panthère est un ouragan : je crois aux paroles île M. Uxley. La panthère est de race extrêmement vivace, et ceux qui ont le mieux i ludié ses allures et ses mmurs assurent qu'elle ne succombe pas immédiatement sous

ratteinle d'une balle ont lui aura percé le couir. I;lle auraii, sous ce rapport, b même privilège que le lion. D'autres chasseurs aileslcnl que plusieurs de ces animaux,

dont h- r [s a reçu cinq nu su balles, luttent encore

pendant longtemps el ne meurent pas sans une lente agonir a moins que le plomb ne les frappe au crâne et n'entre dans la cervelle, Le lynx, le léopard, le chacal el Ton ce, ajoutent les mêmes voyageurs, sont plus faciles à liur, et la chasse qu'on leur fait est par conséi|tient beaucoup moins périlleuse; Cdt' le dernier soupir de la panthère précède toujours de peu d'instants La mort d'un h ses ennemis.

J'ai dit plus haut, je crois, que la panthère ne pouvait poim être apprivoisée, qu elle ne rëptuutaii aux prévenances que par des menaces, et aux caresses que par des moi -iins. Presque lûus lis voyageurs soûl d'accord sur ce point, et cependant on a vu Ses planteurs assez patients,

(MASSES AUX MÎTES FEItMCES*

iv>ez habiles pour dompter ce redoutable quadrupède el le dresser ri !.i chasse des hètes féroces. Les exemples en sont malheureusement trop rares, et ce sauvage destructeur regardera toujours uuTume un ennemi é combattre

rjUtCO]|r|Uf> sr présentera ri lui \ ' l'.LDV^TllaU^MS l'SCllï 1 -

sions, Lindsay, de Calcutta, éiaïl parvenu dam mie de sus chasse* iî s'emparer d'une panthère fort jeune, dont il se lUlongiemps accompagner dans lus rues et Les promenades. Lu« (utils uufants jouaient parfois avec elle; ils la battaient, et. craintive! soumise, elle baissait la létc* se couchait servilement et sembla il demander grâce à nne ni.ii h menaçant)!. In matin, .M. Liudsny» qui avait l'hal.iluii-c â son réveil de l'appeler auprès de lui, Ht vainement entendre son cri il '.i mitié. Inquiet, il se leva, et if aperçut ■jiins la cour d' vfiu habitation son obéissante amie occupée rï achever son déjeuner. El lu s'était jetée sur un jeune bu file enfermé dans une é table ui l'avait emporté, déchiré dans h cour. A In voix de 31. lindsay, la panthère s arrêta immobile un instanl et la gueule en repos, elle parut se consulter, En valu son maître t'appchH-*il de sa vois douce ou menaçante, elle demeura sur sa proie, nageant dans le snng, et elle ai lieva -on festin. Après cela elle i' monta ; m pas tranquille, vint se coucher nonchalamment sur les tapis où elle passait lus nuits, et s'endormit avec de lugubres rauquemeuts. S-ige ut prudent, M. Lindsay, qui •' ■■■ii compris que rôdeur du sang devait donner ;i son élève le goût de U destruction, lit fii ne grande

.'■. Li tarda du solides hai-reaux, j lïl adroitement entrer la ; us ! i ■! i- et referma la grille sur elle, Celle-ci ou wm aucune colère, no tenta aucun effort pour cOnquèrii liberté; elle se soumit â son esclavage, et loin de sirrilcr contre son maître défiant, le caressa de la langue avec une atfurtiou I'Iik marquée. En récompense d'une docilité si hum bit-, )L Lindsay ouvrait du temps à autre la cage, la panthère en sortait sans précipitation, et souvent elle y rentrait d'clte-mème pour s y endormir» On eut dit qu'elle cherchait a expier le meurtre du bu ni» si brutalement dévoré.

Un jour cependant In ca^c retentit de hurlements cffi lyables. M, Lindsay a-commi. vît la bote furieuse s'agiter, se tord ru, lioudir, mordre les barreaux de fer et h-iih r de Iriser les planches épaisses qui la retenaient captive. Tandis que M\ Lindsay cherchait a l'apaiser, un esclave arriva d'un air ■ tl iré, ap[irit à son maître que, hou près son habitation, un léopard monstrueux venait de su montrer, el qu'il s'était déjà rué sur un troupeau de mérinos dont il avait fait nu horrible massacre. Le planteur m: jx'iiiii pas un infant, ouvrit la cage de la panthère, et celle-ci s'élança avuu La rapidité de reclair, franchît lus murs d'entrée de la maison, jeta un regard de feu sur la campagne, aperçut lu léopard, se trouva en irids Imjids auprès de lui el l'attaqua avec rage; un combat terrible

n gagea, h- Léopard vaincu resta mort sur la place, el, cela fait, la panthère rentra paisiblement dans la demeure de Û. Lindsay» el se coucha dans La cage qui lui servait de prison.

h-- ri's irritations si actives, de celle colère si ardente, de ce retour si imprévu dans L'asile qu'on avait diurne à la panthère, M. Linusay conclut qu'il serait possible, à l'aide du certaines éludes, de conduire cet animal â la dindes butes féroces* IL en Lit lissai et réussit. Il se sursit d'abord i\v la pan (lune apprivoisée contre de jeunes lynx, du petits Léopards et quelques bâtes fauves. Lu vigoureux quadrupède revenait toujours vainqueur Ai • ses exped ilious, et recevait un récompense de sa cruauté ut de sou courage f ht»' caresses du I.l uni u de mhi martre. Chacun d'eux était parfaitement dans sou rôle. Hais, un jour que le nuque* ment de la panthère avait annmeê an planteur la présence d'une béte féroce dans lus environs, le colon partit avec sa compagne enfermée dans la cage, et alla bravement au-devant de lunueini. Arrivé en rase campagne et bien appuyé par quelques domestiques, M. Lindsay ouvrit lacagu; là panthère creusa Le sol, Itaira et parut appliquer son oreille dans le, trou; puis elle s'achemina lentement

ra un Imis voisin* [jescuasseurs la suivirent; c'est elle qui était en tête de l'expédition. Tout a coup elle s'élança dons la foré! et disparut, l'un imt quelque temps on

entendit des cris, le bruit des branches brisées el le retentissement du ml sous ses bonds rapides ; bientôt on n'entendit plus rien. 31. Lindsay crut que sa panthère, I s e de l*es« clavoge, venait de reprendre goût à ses excursions au iravers de la plaine, util se disposait A regagner sa demeure auaud un nouveau bruit arriva jusqu'à Lui. Il s'arrêta; un domestique, détaché de la troupe, s était approché du bois.

La \m e se jula sur lui, lu terra>sa et lui ouvrit l,i |. , trïne, M* Lindsay et ses compagnons su liment sur la défensive; mais l'animal, satisfait d'avoir enfin apaisé sa soif de saiit\ s'achemina â petits pas vers les chasseurs et rentra dans sa cn«c, La course inutile de la béte féroce au trav. : ■. des bois Favail irritée, et Le pauvre domestique subit le sort ocelle voulait CHirp iiwtniver â quelque quadruiM'dr. M t Lindsay, depuis ce jour, usa deprni]nice, Utiaquu fuis qu'il allait a la chasse w compagne de sa panthère, il portait ■ <-e lui mi mouton, un porc ou ou morceau du bœuf; el si hi na ni Hère, furieuse 'l'une course infruutueuae, revenait h Dictante et la ti le écumeuse, lu planteur jetait

sous sa d<- ut lus provisions apportées. Les mâchoires broyaient, el l'on rentrait sans accident â l'habitation.

Quelques autres colons de Pod lictaéry, deCliandeniagor, \\r liolconde et de Calcutta «mt i .après le succès de U. Lîudsay, de dresser la panthère a La chasse des botes féroces; m^îs. lus tentatives ^m clé sans résultat et fuiumême ans instructeurs. Aussi i ; uebl, dans un magnifique traité sur les meeurs dus quadrupèdes de l'Iude, dit que les pauin n s. après plusieurs mois d'une obéissance craintive, s'élançaient m effet, a la ww île leur maître, coû Ira le reduLilal>V ennemi qui osiiit les attendre ou vouait les attaquer: mais que, plus souvent encore, La hèle féroce ne retournait plus s. m s la baguette dominatrice, et Qu'elle reprenait ^a Liberté dausb- désert 'lés qu'une fois ellu s'é< tr il abreuvée d'un sang qui avattcoûlé quelque chose a sou audace. 3ï. Eeeld ajoute nue deux planteurs de ses amis ont été, a huij jimrs de distance, immolés |»ar une panthère qu'ils avaient crue parfailemuiil apprivoisée et qui 1rs suivait comme un dogue dans les rues de Calcul la.

L'once, le lynx, h- léopard, se chassent connue la panthère, et c'est contre les premiers surtout qu'on exerce Celle-ci a la guerre Opiniâtre qu'on leur déclare. Ils s«mt plus faibles, moins audacieux, iimins lestes surtout; ils le savent, et cette certitude leur ôlc de leur énergie et de Leur légèreté, Quelquefois cependant deux chacals ou deux léopards attendent bravement leur adversaire, ci e'est al un combat horrible ttprès Lequel la panthère est presque toujours vaincue, !/■ 'pierellr dv> vainqueurs entre eux suit de prés leur triompne; une piote fumante est là, sous leurs griffes rouges, devant leurs yens êlincel ints, eh;icun la veut loute pour lui, et ce sontalurs du nouveaux rugissements» une nouvelle agonie, un nouveau cadavre. Un I ladrupède plu> petit, inoins vigoureux, mais plus i : plus féroce encore, vient se jeter souvent au milieu de ces effrayantes querelles et y joue aussi sou rdlededi ■ traction: c'esi lu chacal. Lui, par exemple, choisit ses adversaires; il ne se rue pas sur eux en aveugle, il n'at- (i |ué pas la panthère en liberté ou le léopard plein de vi iv M attend que celui-ci repose, il s'approche avec lenteur et sourdement comme le feriit l'hyène ; il se prépare, en cas de réveil, une retraite sure; il a cherche le creux d'un rocher où lui seul pourra glisser son corps Mi a plu. et si L'adversaire est plus fort que Lui, il se tapit irudemment dans son gîte- J'eus un jour une conversalion foil significative avec un intrépide et habile chasseur que les riches planteurs de Calcutta ne manquaient jamais d emmener avec cm lors d'une expédition difficile contre les butes féroces que la civilisation lia pas eu encore le pouvoir de remuer dans les déserts.

— fjuel c4 ranimai que vous redoutez le plus? lui demandat-je. — La question esl mal posée, monsieur. — Klle me semble pomnaut bien pivcise. — Cela ne suflit pas. Avec les en ne mi s que nous avons à combattre, il faut être

ut us exact encore, etvousseulex à merveille que le istre

le plus à craindre esl sans contredit lu crocodile lorsqu'on se li.iî;joe dans le Gange* — A merveille. Mais sur tn i — Cela dû[ii-nii de taui de circonstances que rien ne peut être déterminé â cet égard. — lûpliquei-vutiS- — Si la

OEUYHBS DE JACQUES ABAGO.

i halrnr est excessive et que le lion D'ail pas déjcnn^, c'est le lion. Âpres le serpent, c'est l'éléphant on le rhinocéros, Ces deux colosses aki lient les arbres les plus robustes, et l\m peut dire que. malgré les obstacles, leur course est presque toujours directe. Le rhinocéros et l'éléphant ne sonl gênés que dans le calme, au milieu des broussailles et des arnustes. Dès qu'on les irrite et qu'ils se fâchent, ils se donnent de Fair t-t de l'espace, car ils ojjI des *l'-' pour démolir et des épaules et des défenses pour renverser, — Ivti rase campagne, craigne** vous fil us le tigre que la panthère? — Uni, quoique infiniment plus leste, celle-ci n'a m le courage ni la Férocité du ligre royal, lit puis» une victime suffit parfois h In jmthére, tandis que mille radavres n'apaisent point la ragedu premier. — Vous â tes- voua trouvé jamais en grand péril dans une de vos excursions? — Il y a péril dans toutes. J'ai blessé une panthère d'un coup* de feu et elle m'a blessé a son tour d'un coup dégriffé, mais je suis venu a limil du monstre ;i l'aide de mon iridenl- Je necrofs pas qu'on puisse être blessé par le tigre; avec lui il faut vaincre ou succomber. — M. ftouriore, intrépide chasseur du cup de Bon ne* Espérance, m f a dit qu'il tic fallait pas croire a la générosité un lion : etvous du même avis?— Certainement. Cependant il De faut pas trop généraliser, carie Hou est sans nul demie le quadrupède le plus facile a dompter après l'éléphant, et Ton

peut ;l 1 f s-r ^ compter en quelque ^irli-surss recon un issnn ce dès qu'il comprend les soins qu'on a de lui. Mais eu pleine liberté, mats traqué dans ses domaines, le lion estindomp- Inhle* et sll ne déchire pas comme le tigre, il tue a coup sûr aussi bien <pie lui. J'avoue, au surplus, continua le chasseur, que j'aimerais mieux mourir sous la griffe du lion que sous celle du tigre. Cela peut vous sein Mer étrange, et pourtant cela est. L'astuce et la férocité du Ji;rn- ih'mhspiicnl île la colère e! du mépris à la fois, et il d >il être doublement cruel de mourir sous les coups de celui qu'on méprise. Est*ce que vous ne préférerîet pas un coup de mâchoire de léopard à celui d'un crocodile? — Ma foi, si j'avais h choisir, j'avoue que j'aimerais mieux mourir

dans; r lit, entouré de mes amis. — Alors pourquoi

voyagerons? — Pour savoir ce que von- venei de m apprendre. — Les livres vous eu auraient il il tout autant — Jeu conviens- mais je n'aurais écouta qu'un récit, tandis que j'assiste à un spectacle. — Vous avez raison. Le plus beau livre â étudier est celui qui nous est ouvert a charpie pas en changeant de pays, Etudier le monde dans des bouquins, c'est ne pas le connaître. La mémoire des yeux est h |h[ us précieuse, lapins fldoîe . Il I mi voir le tigre dans le désert pour s r eï) turc une idée exacte; il Tant avoir été battu par la tempêté el l'ouragan pour en garder le sou* vi'ciir. Toul ivlii des grands phénomène* de la nature esl ii Je et décoloré. Et puis encore la distance rapetissé les

objets : de l'Europe vous devi i apercevoir t'Inàoustan en miniature. Je ne sais pas même si vous le distinguez an bout de vos télescopes. — Vous ave/ l'air de vous faire an mérite "les desavantages de votre pay-, ilis-je au coloo en souriant. — Vous appelez d mtages ce qui esl bénéfice

Le soleil nous assoupir ail trop, me répondit-il eni [uît-

tanl ; le lion, le tigre el l.i panthère nous ont été donnée pour nous réveiller. Tacher de ne pas rous endormir dans DOS f iivis ou nos montagnes : vous ne reverriez pas votre

paisible Europe.

C'est un pays délicieux à habiter, il fini en convenir, que celui oit, près de votre habitation parfumée par les riches végétaux des tropiques, vu us royei toul a coup arriver sur VOUS, rapide comme une avalanche, un de cei terribles quadrupèdes, tels nue le lion, le tigre, le léopard, la panthère, dont je vous ai esquissé les mœurs et contre lesquels les balles sont sou v cm sans efficacité. Parlons pour l'Inde, car la du moins les émotions sont douées cl imprévues. C'est un délicieux séjour que celui où, dans votre demeure bien close, bien barricadée, protégée perde hautes murailles et par un grand nombre d'esclaves et de doincstiques, vous êtes réveillé la nuit par des cris féroces. uVs rugissements â ébranler le sol, et assiégé par un rhin ■■■ ros ou un éléphant dont le» secousses rnivi rient les plus solides barrières. Parlons pour l'Inde. Quanta la panthère, que les chasseurs poursuivent avec tant u'intrépidii nus avez vu qu'elle n'était pas fort dan gr que ses bonds

sont peu rapides, ses uents et ses griffes peu aiguës; ce n'est donc pas délie que vous ave/, quelque chose 4 redouter, surtout >i vos portes et vos émisée sont bardées de fer, si vos piques sonl acérées, vos fusils d'excellente rubrique, si vos nombreux esclaves ont toujours IVil et l'oreil e attentifs aux eomro 'lions du dehors. La paulhere est là-bas ci ici en même temps. Allons habiter l'Inde, qu'Isal'ite la panthère; nous la trouverons la calme ci généreuse, alors surtout que, venant d'enrichir le pavs d'un de g rejelons, elle tremble qu'on ne le lui enlève. Si j'aime l'Inde, ce n'est point parce que j'y trouve Calcutta, la ulle des palais, l'Himalaya, dont le regard de l'homme ne peut Loucher la cime, dés forêts aromatiques, des plantations gigantesques, des fleuves pleins de majesté, des parfums, du sommeil, des bayadéres complaisantes, des réveSj la brise de mer, le bengali. Non, si j'aime l'Inde, c'est que le tigre royal parcourt ses solitudes, cVsi que le lion les ravage, cYsi que le rhinocéros et l'élépuanl tes déf astent, c'est que l'ouragan s'y promène en nivelant tes coteaux ci en décapitant les forcis, c'est que le tétanos y décime ses populations, c'est que le choiera dépeuple ses cités. Si j'aime l'Inde, c'est que la panihêrey bondit en liberté, c'est qnp rimrni rumnsâ s;i chasse qu'elle ne van lâchasse de

l 'homme , L'Europe esl trop prosaïque, allons habiter l'Inde.

chasse au K\\i;nion

NOTICE

Je vous défie devoir un de ces singuliers individus sans qu'il vous prenne de violentes envies de rire. On croirait qu'en le créant Dieu s'est ravisé, ci qu'après avoir commencé un périr animal il a voulu l'achever dans de grandes propiiiLhiiK. Pieu eu était bien le maître* Ce n'est pas font: sa physionomie esl en harmonie parfaite avec sa taille et

- ,i 11 urcs. Il v a dans ses yeux, dans la forme île sa tète, il m-, ses mouvements, de la bonté el de la perfidie, de Ja Confiance H de l'astuce» de la naïveté et de la malice : oh dirait le renard cl la marmotte, h Ion loche. Les

oreilles du konguroo sont longues, roides, bien planté s, sans cesse en agitation, tourné s du côté d'où vient le bruit. Ses lèvres sont comme celles du lapin et son Cou a une licite remarquable, Si le kanguco. à demi caché par |

une haie, vous montre sa tête, vous croyes voir un petit lièvre hisse sur une table ou sur nu tronc d'arbre. Sis petites panes se jouent coquettement sur ses lèvres : il broute, il tousse, il pivote avec une agilité tout â frit amusante; mais s'il part, effrayé par votre présec us avez peine a le suivre de Toul," tant ses élans sont prompts et variés. Sa queue nerv- t ses longues jambes de derrière

lui servent de ire pied, et il tombe sur les cônes les plus aigus avec un aplomb qui tienidu prodige. Comme la. partie supérieure de cet être exceptionnel esi loute mignonne, îl n'a pas â craindrai lui, de se laisser eu trn mer par le rapide mouvement de sa course, el il s'arrête là tout d'un irait, comme s'il tombait verticalement sur le sol. Le poil du

kansuroo est long et fauve sur te dos, mais puis c 't et

moins foncé sur te ventre; sa queue en est presque dégarnie, excepté à l'extrémité : la force de celle-ci esl memtl -

CHASSES AI \ BÊTBS FÉROCES

leuse. Ses denU ion! aiguës ; de nelils poils blancs brillenl sur ses lèvres supérieures et quelques-uns Aussi se >. i i > t L m guent dans la cavité de* oreilles.

Jl y ;i dans quel |ues pariîes de la Nouvelle-Hollande plusieurs kanguroosa' bandes transversales et longitudinales; ils n'ont gdèfe que trois pnds il** haut et smii par conséquent de moitié plus petits qu h mourons fauves; ih ont une robe gris foitc^- lâchée de roux. Je ne conn« rien de plus séduisant et de plus eo piel a h fois, Le kmgnroo est de la fnmilïe des sarigues; la Femelle abrite -> ■■ petit* dans une poche placée sous son rentrée) les voiture avec la plus grande facilité. Li terre de Van-In'emeii, si rapprochée de la H uivelle-Hol lande , nourri i inssi une a grande quant ito de kanguroos; mais il est évident que celle île si voisin.- du continent, -Limt elle nest séparée que par un détroit de quelques lieues, a reçu ces hôtes amusants par quelque navire voyageur on plus probablement encore par les sauvages de la Nouvel le-fca 11 es du Sud exilés de la mère patrie par suite des combats qu'ils sa livrant de lourde en bourgade, La guerre aussi a ses bienfaits.

CHASSE

Encore une exception, encore une chasse sans colère, l et- rems, sans cria de rage et de desespoir. Encore une course ardente! travers Los forêts éternelles qui pèsent sur i ■ nouveau continent, dont la civilisation achèvera bientôt la conquête au profit des arLs, de l'industrie et de i opulence, mais à l'avantage aussi de noire vieille Europe ; i fe • i r n : . J ï i ■ | .1 1 les ridicules et les vices. Il fallait il i j pendant au norc-épfc, dont je vous ni raconté l'amusante (basse; il h Lui vous distraire encore une fois avant de

s livrer les dernières et sombres impressions de nos

caravanes si aventureuses; et me voici vous menant a la poursuite du pins curieux à coup sûr et de l'un dis plus lestes quadrupèdes. Je vais donc donner un camarade an poroepic El d'abord que je vous dise quelques mots du pays ou doit se passer h scène; il est fantastique, je vous J'atteste, il ne ressemble à aucun antre ni par sa atiou» ni par ses hahilants, ni par les bizarres individus qui peuplent ses r mt et ses solitudes vieilles comme la en a i. Le ciel qui ["abrite est également un dôme tout étrange; les nuages qui le téopardent ont des formes cl une allure qui déjouent tes ca priées d'une imagination en travail. On se croît tout à coup jeté dans un univers a part, et l'un pourtant d'en cire surpris quand on songe

qu'un est presque à l'antipode de Paris, Il faut bien voir de fabuleuses créations lor> qu'on marche la téta en bas; mou matelot Petit ne se serait pas autrement exprim

Tenez, voyez. Le temps est chaud, le thermomètre de Elcau mur marque 55 d jrés: c'est beaucoup sans doute, mais nos climats équatoriaux sont souvent plus torréfiés. Ëb bien t ici, 4 cette température, la plus grande partie des arbustes s'cnllamment, se carbonisent ■ voyez encore: de profondes ravines sont sèches, pas une goutte d'eau ne les rafraîchit ; ces larges allées offrent à l'œil une verdure

liante; le ciel qui 1rs vêtit esL bleu et diaphane. Tout à coup L'horizon se voile, une nappe immense s'empare des airs envahis ; d- d'une pluie rapide foudroient

le sut. vous êtes abrité sous nu dùme solide, vous jetai un

;ard curieux sur la campagne. C'est une mer avec son bruissemeni et sa turbulence; les vallées sont comble tes collines nivelées; k* trouts des immenses ■ ucalyptus pointent i peine au-dessus des avalanches furieuses; et si vous regardez le plicnoniêue pendant quelques heures, vpus e décroître les eaux, se dresser 1rs collines, et vous croyez qui i la végétation qui mon in *\ dîsptti aux mers refoulées le lerrain qu'elles voulaient lui enle* Tout à l'heure c'étaient des calera cl • emprisonnant les colons dans Leurs demeures; imiinicu mic'esi ta grêle, non pas celle grêle longue, polygonale, rhomboï laie, qui crible nos moissons aux mois les plus chauds de l'année, mah

une grêle â pari, formée i Tnir on ne sait comment, latio-e avec une violence extrême sur le sol ravagé* Ce sont iL s plaques de glace larges comme la main, épaisses comme elle, brisant lestoUs, endommageant Les murailles les plus solides et s'incrusta ni dans les troncs noueux, qu'elles dépouillent nu leur êcoro-. Si pendant un pareil ovaire vous vous trouves dans la campagne, vous êtes haché, voua •■• mort. La nature est retonde dans ses ci priées; quand elle

vise d'ehe désordonnée, elle va jusqu'à" la folie. Il y a ici des mu i maux qui sonl â la fois oiseau, poisson et quadrupède : L'onrf-tltoringue ne le trouve qu*é la Nouvelle- Il il lande* Ici encore le cacaloès, l'opossum, le kaugnroo, et, si vous y vnyeadcs i ygnes, ils sont noirs. Dieu ne s'était pas souvenu sans doute 'cju' il avait jeté ces magnifiques in* dividiis sur d'autres continents; il s'en aperçut plus tard, et, pour ne pas se donner un démenti eomplet, il a changé seulement la couleur du plumage de ces navires terresire-: qui ont leur proue» leur poupe, leurs mines ci leurs

îles, comme nos vaisseaux Voyageurs. Vous n'avez rion vu si vous n'avez pus poussé votre promenade jusqu'à cette \ou M-lle-Ualles du Sud que je vous signale du doigl ta, tout près de vous, à vos pieds, en passant par le diamètre de la lerre, ce grain de sa ble inaperçu de ee monde de moi ides tourbillonnant autour de* lui. Aux faits maintenant.

On a déjeuné, les chevaux piaffent dans la cour de la riante habitation, autour de laquelle vous voyez se marier de la façon la plus pittoresque les luis robustes du chêne européen aux palmes touffues du pin de Norfolk, la chevelure du saule bui scelles rameaux du eus marina s'en lae tut {ou s hs deux aux vignes et nus filas de nos contrées Le coup d'mit est ravissant, le spectacle est magique. Le ciel est voile, une brise dVsl passe sur nuire front, quelle rafraîchit, et nous voilà en route. Je vous l'aï dit, la civilisation est usurpatrice, et le banguroo sest éloigné des lieux habités pour se cacher bien loin, bien loin dans les profondes solitudes. Nous a va t irons ;m milieu couver* salions les plus folles, et nous voici enlin sur la lisière de deux foré la solennelles où l'on ne pénètre jamais qu'avec admiration et respect. Attention maintenant et faisons en

• rie |ue te piétinement des chevaux sur le gazon ne i veille pas trop le kanguroo dans son gîte, car lui aussi a la course rapide- et les élans Immenses In faible gémis* sèment s'est (air entendre, le curieux animal est tout près; bichons de le cercler, barrons-lui tout passage et ne faisons usage de la balle que lorsqu'il sera bien constaté que nous ne pourrons pas le réduire aux abois. Alerte! il a tendu Mm cou, dressé ses oreilles, interr >gé d'un mil pénétrant les profondeurs du buis ou il se croyait solitaire cl en sûreté. Alerte! car il nous a vus et il est parti. Par la É par ici, par la; il a franchi le ravin, tmus l'avons franchi bvpc lui : le voilà en face il 'une barrière â pic de douze pie de hauteur; il est pris il est vaincu; le voila qui s'arrête, H recule; c'est sa n* doute afin de nous émouvoir par sa soumission, tiare! il s'est élancé quand nous croyions le tenir, il est en fair, il nous échappe, l'obstacle est surmonté, nous I avons perdu de Mie, Kl maintenant il se dresse encore I i-bassur ce lerre-plein,» dans celle clairière où il respire avec effort et où il se promène eu bondissant sur ses Longues pattes de derrière ei sur sa queue qui lui sert admirablement de point d'appui. C'est un être fantasque hissé sur un trépied mobile. A quoi resserablc-t-il encore ainsi noaé, ainsi sautillant/ A une gigantesque sauterelle m: juua-ut dans une prairie.

Mais le moment de l'étudier n'est pas venu. C*est celui di- le poursuivre, de n tus en emparer, ^i cV>i | ■ cela

o nous nous divisons encore et que nous contournons la barrière que le katiguroo seul pouvait franchir, .Vais roîcî enfin en rase campagne. La plaîuc est immense, le quadrupède chassé s'y repose auprès de quelque nrtniBt . il ne nous échappera pins, car nos chevaux s-mt de race anglaise et ils eu valussent prompte nient fe-pi e. I ■■ kauguroo se dresse â quelques centaines de pas di • i

nous is précipitons vers tut de la rapidité de nos m- -:i-

lures et nous ne gagnons euère de vitCsSL' sur uolre agile coureur, qui esl plus souvent en l*aîr que sur la terre, La balle L'arrcterail peut-être; mais la victoire sérail indigne «le nous; nos chevaux sont infatigables, nous sommes dix

contre an et il est la» lui, n'ayant ni oncles aigus pour se défendre ni dcids acérées pour imus Liéckiii'tsr. Le chasseur a aussi sis moments de genérosiiê. Mais La phi st dévorée ci nous sommes résolus d'atteindre le kanguroo* dont les forces ne semblent ras encore a fîaî blic à Voici une coU Mue en race de nous; elle se dresse, grandit* W développe ; il fatii l.i gravir, nos chevaux ont le piel sur, Ce n'est pas assez. Le terrain effae trop d'avantages â l'animal indomplé â qui ses loueurs pattes de derrière deviennent d'nu immense secours pour les ascensions. Aussi, â peine sommes-nous au pied de la colliue qu'il en a déjà franchi lit sommet et que nous nous regardons a.ec iU*s vous découragés. Les chevaux sont lents, ils unt besoin ife repos; nous faisons Imite auprès d'un courant d'eau, nous Interrogeons nos besaces vernies en croupe avec m mis, et un maigre dîner s'achève en cor e joyeuse m en I, surtout si nous reportons nos souvenirs vers cette patrie absente où tout dorl en re moment dans 1rs ténèbres, tandis que le soleil se promène éclatant à notre ïéuiili.

Vous qui me lisez, essayez d'un pareil bonheur, visitez l'Atlantique, doublez te cap lions, jeivz l'ancre après une faible course de quel pies milliers de lieues sur le cou l nient où je vous promène, et dites-moi ensuite si les joies domestiques soni les plus dnucr^ que l'homme puisse goûter. On n'a pas voyagé quand on ira pas été â l'antipode de chtiï soi, La pitance a été vite dévorée; il est midi, nous avons bien des heures avant que la nuit nous force d la retraite, et il serait trop houleux que nous rentrassions â Sidney sans la cou -\\\> "ri- d'un seul kanguroo. En avant dune et gravissons cette r*dïi ne rebelle: sachons si de l'autre

Cote nous ni> serons pas plus lieun-uï que de celui-ci, Nous en avons atteint la crête* le coup d'oeil esi imposant majestueux; le désert ei son silence, son silence qui vous cm eut et vous parle si haut, La voix du tonnerre a moins de gravité, je vous le jure* cl vous êtes moins frappe de ses & aïs que du mutisme des solitudes. Mais nous ne sommes pas venus ici aujourd'hui pour nous Livrer a nos éludes philosophiques et religieuses ; argonautes infatigables, nous sommes partis pour faire Lâchasse au kanguroo; il nous en faut un au moins, et dussions-nous Va tieindre d'une balle, nous apporterons sa dépouille au Port-Jackson. Le plateau sur lequel mois nous promenons est large; ne le quittons pas, puisqu'il nous sert de belvédère et que nous pouvons espérer d'y i rou ver le gîte de quelque kanguroo, ca r i 'an imal esl poltron et il doit se poster de préférence dans les liens ou son iril embrasse le plus de terrain. En effet, voici les traces de sou recrut passage; il n'est pas loin sans doute, et eeite fi os nous n'avons pas de collines â gi avir. Nos chevaux se sou! élancés, Leltaoguroo leur en a donné le signal par un hond sur place qui, en l élevant au-dessus des broussailles sous lesquelles il s'ëtaii abrité, lui a permis de nous voir* Ici res longues pa les le protègent encore; m lis il faut eiilîu descendre tu plateau, nous pouvons ra-

CHASSE AU REOUIN

NOTICE

Quelques êlymologislcs pensent que le mot requin vicnl du latin reqmes, qui veut dire repi* éternel, et ils s'appuient su réelle ideee^arle de la voracité de ce terrible cétacê, qui, dès qu'il vous donne chasse* vous engloutit presque toujours dans ses entrailles. Le requin est le tigre des océans. Il » d'ordinaire vingt-quatre à ire nie pieds le longueur et pèse mille Livres. Certains voyageurs cependant assurent en avoir vu de longs de plus* de quinze métrés et qui pesaient pins de quatre mille livres. Le requin a reçu de la naluic une force el une voracité extraordinaires r il court au-devani de loui ennemi, il l'attaque avec fureur» le mord avec rruje; il frétille joyeusement a

le ntii noire marche, le fauve quadrupède ne noua échoppera pas, La pente devient rapide, le lerraïn esl circonscrit et Il faut descendre la colline ou se rendre â merci, Le premier parti parai! plus rassurant au kanguroo, que nous urnes bien pies de forcer; il part après un moment de réllexiui, " I Je voit i non plus sautant, non plus gambadant, mais roulant jusqu'en bas, emporte par le poids de son corps, car sa queue ne peut lui servir il.- point d'appui el se* cour les pal Les de devant louchent le sol presque en rm nu temps que sa lêle. 11 va, il va selon le caprice du sol T il s'arrête, trébuche, chancelle, reste un moment suspendu en Ire l'équilibre et la chute, tombe, bondit comme une cascade, tantôt roulant de la lète â la |ueue É l lisant en roule vingt sauts périlleux, lantùt roulant sur le dos et sur le ventre comme un harîl aliamhuuè sur une pente. Quant â nous, nous n'avons plus besoin d'aiguillon pour nos chevaux, nous calmons leur fougue désormais inutile-; nous les menons au petit pas en louvoyant jusqu'à la terre horizontale, et quanti nous avons atteint le pied de la colline, nous trouvons gisant là* couvert de plaies, déchiré» râlant, vaincu par sa chute, le |uadrupèae bizarre «punous n'avions pas pu dompter a la course, \\i\r. h-rmis-

nous maintenant de cette peau déchiquetée? Laissons-ln dans ces déserts avec Les chairs faisandées; une borde de sauvajges passera peut-être par ici dans Quelques jours; les exhalaisons putrides ratureront au pied de celle colline, elle dépècera voracement l'animal, dont elle jettera h lambeaux au milieu d'une llainme rotigeâtre, et elle re

merci era de ce repas.., qui d ■ ! [& sauvage habitant de

la Nouvelle-Hollande n'a noinl de Dieu, Je vous ai faïl faire une rapide course, n'est-ce pas.' Je vous ai présen l'esquisse de celte chasse au kanguroo avec une véloei: ii ne roua me reprocherez peut-être, el cependant elle m'a donné quelque, mal a achever II qu'on est à II poursuite du singulier animal qui arpente si eliaudement Les solitudes de la Nouvelle-Hollande, on n'a pas un seul instant de repos pour prendre des noies; il faut sans cesse être en alerte» se cramponner solidement sur sou coursier. La pli: im- .pi.- vous roulez tracer est a peine commencée que vous devez l'abandonner au milieu du mot. oubliant le

point sur \ i ou l.i barre an t pouf vous élancer vers le lu ■ tif. Comme le vent, le kanguroo a ses caprices; il \u ..le t'est a l'ouest et du nord au sud. selon L'instinct de sécurité pui le possède, et le pays que vous envahisses pas si vile qu'il s'efface pour ainsi dix- devant vous. Il n'y a pas deux manières de peindre les choses matérielle Je moment où vous les roye? est le seul fatorablc* - : si vous les traduisez par le souvenir, vous n'éles plus exact. L'a peu près esl un vice dans Imite Inslnirt!. Le kanguroo expire; je trace ces lignes au dernier battement de sou cœur, à son dernier regard qui se vitrifie; le voilà qui se roidit; il est immobile, mort; je ferme mon • île pin.

! a pecl d'une proie, il ouvre une gueule immense, el il n"e>i satisfait que lorsqu'il voit auprès de sa victime d anir, < vleii mes prêtes a lui servir de pâture. Le corps du requin esl Ire s -a limité et La peau qui le recouvre est garnie de petits tubercules t tés-serré* les uns contre tes autres, Comme cette peau tuberculée esi très-dure, o uploie â polir divers ouvrages de bois ou d'ivoirOf on s'en sert aussi pour faire des liens et des courroies ainsi qi pour cguvrir des étuis et d'autres meubles * mais il ne faut pas la confondre avec la [.eau Lie In taiesephen, .1 ml on fait le galuchat et qui n'est connue dans le commerce que sous le faux nom de peau de regain. Un dis que la \ niable peau de requin porte la dénominaliou très- vague de peau ât chien tic met.

CHASSES AUX ÏÏÈTKS [■ OnŒS,

La c:oitlnL]i- de son dos cl de les côtés est d'un cendré brun, et celle du dessous de son corps, «l'un blanc sale. Sa Ute esl aplatie h terminer par un mu senti tin p-t-n arrondi. Le contour de la mâchoire supérieure d'un requin de trente pieds esl d'environ deux mètres. Lorsque la gueule est ouverte, on voit au delà des lèvres, qui sont étroites et do In consistance du cuir. <li> dru ta plaies triangulaires, dentel -<- sur leurs bords ri blanches comme de rivoire.

Le nombre des dents augmente avec l'Age de l'uni I.

Lorsque lo requin esl encore lrés-jeune t il n'en montre qu'un rang dans lequel on u^perroii môme quelquefois

qi[li de faillies ili-lih-llircs; mais ;'i nieMlre qU*ll Se dévfi-

liïppe, il en offre un |ilus grand nombre de rangées; et lorsqu'il est devenu adulte, sa gueule est armée, dans lo haut comme dans lo bas, de six rangs Je ces dents fortes, dentelées et si propres à déchirer ses victimes* La langue • lo requin est courte, large* épaisse ei cartilagineuse) retenue fii dessous par un frein, lïbrr dans ses bords, blanche et rude au loucher comme le palais. Ses yeux sool f" 1 liis et presque h nuls: Li r or née est irés-dure, riris don verl foncé et doré; la prunelle, bleue, consiste dans une lente transversale. Les nageoires du requin sont lermcs, rotdea et eaiiila^iimuses/riou eerveau est peiit, gris à sa surface, blanchâtre dans son intérieur el dune substance plus molle et plus flasque que le cervelet. Un »c sait aas

lement ouubïon [ I vivre le requin; mais .1 peine

i*4- il nu que sa voracité se développe, et i! est cruel jusqu'à sa dernière h e.

CHASSE

Je comprends la chasse an lion et au tigre; je comprends aussi que, 1 r se débarrasser d'un voisinage pérît-

leuït, l'on chasse le boa, le serpent mûre! le serpenta MHitieltc*. Le tIiI iros cl l'éléphant devaient avoir également leurs ennemis, leurs vainqueurs car llminme veuj trôner en Ions lieux et ne poul souffrir de rivaux pu ni piadrupédes. A peine le condor ut l'aigle échappent-tls -01 li ni des .iirs à la halle du chasseur qui va souvent les chercher au-dessus des nuages Lu castor et U marmotte ne sont guère protèges par leurs demeures souterraines; vous »vei vu (es glaces |iolaires n'offrir qu'un faihh 1 obstacle A l'audace i-i à ].i persévérance du chasseur allant

poursuivre l'ours blanc an delà du cercle arctique. Ainsi doue unis les animaux ont été vaincus, tous oui trouvé leur maître, leur dominateur orgueilleux; l'air i-i la terre ont en quelque sorte été soumis an inertie despote avide

de posséder, impatient de tout envahir, L \ mie seul peut

lutter ■' forces égales contre l'homme... Je me trompe, les passions ont plus de puissance encore que nous : le> passions sont les seules sou vr rai m s du inonde. Des maisons

Il 'niantes mif étendu leurs Iji'eis rulmsles et livré leurs

voiles bus vents*, d'intrépides matelots ont balaye les un vd'unpôlea l'autre et traqué h baleine dau> "son empire*

Cela se conçoit^ mille nains peuvent attaquer et soumettre nu colosse, et puis le navire qui porte ces provocateurs nudacienx n de solides bordages fortement chevillés et une carène bordée de plaques de cuivre. Il marche aussi» lui, - 1 « 1 • ■ aussi vite que le vent, il courl presque aussi rajiiili imni que h- monstre sur lequel il brûle de se ruer, tiare le choc pourtant! car la tête de la baleine esl du ri . h si elle se fâche, h j vaisseau sera entrouvert ci. l'équipage englouti dans nue loinlie muette.

ijnaml l'homme s'est senti trop faible pour combattre les quadrupèdes, il a appelé à son secours ceux-là mêmes auxquels il déclare la guerre ainsi que 1rs machines et les armes qui lui servent Je protection sur la terre; les reptiles seuls inmt .1 se défendre que contre les hommes; le lion, lé iternm le rhinocéros reculent souvent un présence du reptile qui si' replie sur lui-même pour s'élancer et 1rs éirriudrc dans ses rendis tortueux ou qui va les briser sons: le venin mortel dont le ciel T;i si mu es terrien! doté. Ne * 1 uycas paa, mes amis, -i ces événements trafiques racontés par tant de voyageurs casaniers, témoins oculaires de

scènes effrayantes ou In requin avalait un homme comme vous avalez un goujon» Ces choses-là ne se voïenl que dans les romans ou dans les livres écrits pour faire peur ans petites filles. Le requin» j'en conviens, a un triple rang de dents aiguës et tranchantes; il esl vorace autant que tout autre animal terrestre; il parait insatiable, il mèche, il mâche toujours, même alors qu T il est plongé dans h» sommeil; il triture les débris d'aviron que les maielnis lancent à la mer; il avale les linges, le goudron, les morceaui de eàlde, cl plus rous j et e/.d'ali uieiiis a sa gloutonnerie, plus sa voracité parait hisaliablei L'on a dit ri l'un a souvenl écrit aussi >|uc le requin sentait, au milieu des Ilots, es exhalaisons des corps malades enfermés dans les batteries

ou le faux- pont des navires. C'e>l encore l.i u lé ces

croyances ridieulrs > 1 ■ 1 ' ï t Cuit reléguer parmi les conte», enfauts d'une imagination déréglée <m avides du merveilleux. Le requin nage lentement; sa course habituelle est de trois à quatre noeuds à l'heure, si le navire prend un élan plus rapide, il est rare que le requin que vous voyez passer au près de vous suive le sillage en depil de son iu * stiiict qui lui indique partout l*espéranceî cl vous le voyez

s'éloigner mAchani le lh»t < e pour se venger de ne

pouvoir atteindre proie plus Tissante-

Quand le re juin sort delà mer, ce n'est jamais qu'à une I or l petite distance de la surfaei 1 ; et la disposition de sa mAcuoireesi telle, qu'il ne peut alors saisir qm trés-dinU"

cilcmcnt le corps nui lui v±i jurseiitè. La lèvre supéei>

du requin avance beaucoup; e] pour mâcher et avaler, il • il cou Irai n ï iln se tenir à demi couché sur le dos.

Kons m mis rv>;iyésouvnil de harnonuer les rctj mus qui

venaient rôder autour du navire; et, mil que les bras de Vinl mu ih' M n'cLais ne lussent point assest exercés, il nous a été impossible deu saisir nu seul de cette façon, si i iuiirn"il' contre les marsouins cl les dorades, tanuis que dans te détroit d'Ombay nous eu avons pris six eu un seul

jour à l'aide de i'émerill Blarchais, Barthe, Via! cl

Petit surtout se sentaient humiliés >U' leur impuissance -1

lu lier ire ce vorace ennemi sans cesse en guerre

avec (ou) ce qui respire. J'ai vu souvent d.ms 1rs /mu'équatoriales les navires reieuus par h-s câlines jeler une voile d l'eau, lui faire faire une sorte de cerceau doit les bords ne s'élevaient au-dessus de l'Ofénu que d'un fied, ei nu une larlie de réquipage s»; livrait au pl;ti>ir de 1.1

natation. Li bien, 'y n',ii pas entendu din- qu'un req

s' 1 fut jamais élancé dans ee bassin improvisé pours'y emparer duu nageur. Je le répète, le requin est peut-être le plus vorace des animaux; mais, eu (général, il ne saisit qur ce qui se trouve a portée de sa gueule, lïn-n de plus étrange et de plus admirable à la fois que l'esclavage du requin obéissant comme à un hou inai're a un petit f«oismii de six on huit poiu-i-». de Longueur, que les marins ont appelé pilote, parce que c'est lui qui Lunie lé monstre dévora leur, Une proie serait là presque sous la dent du requin qu'il n'y touchera pas si le pilote prend une direr-iiou oppesrc ; et te cruel célaeé, qui dévore tout ^in i sou passi^i-, respectera son pilule même dans les disettes les plus forcée?- i>e ces deux affections miraculeuses, quelle est la plus chaude, la plus sainte? Vous ave/ vu le requin humide sujet du pilote, el maintenant celui-ci il- > que son élève est enlevé, se jette sur son ventre, s'j tient violemment cramponné, cl se condamne volontairement â la mort avec lui. De si touchantes affections ne se trouvent qu'au fond des eaux.

Le moyen le plus simple de s'emparer du requin est de jeter a la traîne sur l'arriére du navire un solide êmêrillou tenu par un gros tiliu et recouvert d'un morceau de viande, À sa vue, le monstre redouble de vîtesse r gukJé toujours par le piloïe alteniif t il s'approche, se |K?nche, fait fié il lier sa queue, tourne va mâchoire» l'ouvre, h referme, el lé morceau de fer entre profondément dans In partie supérieure de la tête, Le voila captif, el la joie esl a liûrd, car l'équipage aura des livres Kiis pour >a journée de fatigue, (m pèse sur le liliiu des cris de joie se font entendre aux violents efforts du célacé qui vient de

quitter son clément; ou le hisse el on le jette sur le ] 1

Saisisse d abord le généreux pilote, que vous o'arrachei qu'avec effort du venlreou de la nageoire de son maître

OtiUVPiKS DE JACQUES AllAiJO.

ou de son valet* et, sons croire an\ terribles [légats i|u\ni

vous o dit que le requin commettait sur tes navires si on

ne se hAlajt du lui couper hi oncne û coups de hache, tenez -vous L< iin île lui, car, H sa queue vous frappe, vous serez renversé. C'est un coup asses violent d'aviron que vous venet de reeetoîr. Vous séparée ilu tronc la queue du monstre, dont les yeux rouge&lres 64 animés disent les souffrances et La colère, vous le privez de ses nageoires, vous li 1 suspendes, vous rouvre* de bout en bout, vous lui arrachez ïefoic, les intestin*, le creur; il ne resté plue du requin que la carcasse, et il se tord encore, il frappe Tan*, et sn mâchoire se contracte et se dilate fébrilement, h ses yen s ont toujours nue expression d'amertume et de rage extrêmement remarquable, Prenez le cœur dans vos drus mains, serrez-Us l'une contre l'autre, el à des iniervtilles presque égaux, après un isolement complet tfe quelques heures, ce cœur, que voua devriei supposer sans vie, vnns l'.rhT.i à ouvrir vos mains, lant ses soupirs mit du In promptitude et de l'énergie.

\a nuit a passé sur le cadavre suspendu ilu requin, vous te jetés a* Peau pour le rafraîchir avant «le te taillader jour voire table*.. Eh lu ru. il nage encore; la v te est luissante sur eette carcasse <ptc vous ailes jeter dans la mêle; il y a sous cette peau un sang qui s'agite, une (loueur, une agonie- Lrt mort si lente du requin est la plus horrible expiation de sa vie de çlouiiuHime et de meurtres. U"'t durait cependant que ce monstre si difficile ,1 vaincre et a tuer est souvent traqué dans son domaine ii-ni* l'homme. i|ui ne veut dV^nl m sur la terre, ni dans les eaux, ni dans les airs, où il a osé s'élever A la hauteur de l'aigle et du condor.' Oui. le requin va étie vaincu par le nègre de Gambie, par celui du Sénégal et de M tdngascar. fjuelqucs peu pi [tues sauvages de l'Amérique dti Sud "ut aussi leurs intrépides chasseurs de requin, dont ils trouvent exquise la chair huileuse et coriace. Voyez :

La mer est calme, bleue, transparente* Armé d'un dard court, aigu, le chasseur est posté sur une roche élevée; son œil j ■ rçanl interroge les Huis dans Lesquels il va s'élancer, comme vmis le faites vers Les broussailles où gll h lièvre. Il n [il us de calme peut-être, et à coup sur an- [n ut do (ertiiude de succès. Une lâche noirâtre se dessimâ la surface enlre deux eaux* elle va n et là sans se course, comme un promeneur sous de fraîches allées, le chasseur nage et vole à sa rencontre. Al tiré par le bruit, le rejuin vigilant s'arrête d'al-ord; mais, guidé par le I iloie, il se dirige vers son ennemi, qui nage avec pré* caution et lui épargne ainsi la moitié du chemin. La celacé ai;ite si queue, il est â coté «le son adversaire, son corps fait révolution dont je vous ai parlé, et a peine estelle commencée, que le chasseur {est-ee un chasseur 7} se précipite La main droite en avant et fouille profondément dans les entrailles du monstre.

Les deux adversaires ne se quittent pas après le premier coup de poignard; un Second est porté, puis un Iroi- Bième, puis un quatrième, a moins que le requin, plus agile que de roui unie, ne s'empare de la tète, du bras ou de la cuisse de son ennemi, qu'il brise d'une seule pression de mâchoire, EL y a là un cadavre mutilé servant de p il turc à un autre cadavre, car le fer a pénétré dans Le emur ou le foie du squale; et demain, après-demain peutêtre, le requin aurn vécu pour servir â son tour de pâture a quelques-uns de ses frères, conduit 4 auprès de lui par leurs dociles pilotes. Dans une traversée presque toute de

lmes.de Batavia â Calcutta, le mousse d'un navire m i ■ chaud, en se baignant le long du Imi'il, fut saisi par un requin et coupé Rttéralemeut î-udeus au moment ou il se cramponnait â un II lin qui loi étail tendu par son frère alarmé- A cette vue, celui-ci demande à grands cris une ftaffe, il en brise le manche, s'arme de la pointe de fer, se jette dans l'eau, attaque Le requin, lui plonge l'arme dans la gueule, la relire, ei I ■ lui enfonce dans" le liane* Mais, an moment m'i, ^aiïsfnif de sa vengeance» il va remontera bord, le requin fait sol te -face et cou ne comme un coup de hache le bras qui s'attachait au navire. Les

deux frères trouvèrent dans le corps du mon s ire i

tombé commune, Dans la Floride, il n'est pas rare de voir deux ou plusieurs nègres partir «l'une habitation après *>u

avoir demandé h ( Lssion à leurs maîtres, se diriger

eu chantant vers If- rivage, s'élancer dan* la mer, courir au large, el se meure â la chaise du requin comme s'il ■ ffissaîl d'une p-iriie de délassement ou de plaisir.

L'un des chasseurs pu le sur le dos un filin amarré a un éruèrillon armé d'un jjrns morceau de lard ou menu: d'un linge -impie trempé dans de la graisse. L'autre boni du IHin est noué ,i sa ceinture, mais par un nœud bouclé

3 ne le nageur peut défaire d'un seul coup de doigt, afin 'éviter deire entraîné par le squale alors que la douleur on l'agonie le force â de plus rapides mouvements, Toul est calculé, vous le voyez* pour un jeu, pour une distraction qui doit occuper quelques heures. Tandis que. en présence du requin attentif â sa proie, le chasseur dont je vous parle lient d'une main le morceau de lard voilant le feî recourbé, et se protège de L'autre main par une pointa atgnfi, le second chasseur voltige, ainsi qu'une dorade» autour du monstre voracs iliaque p-ir le liane, et pi >ii r t» profondément le glaive -ni le couteau dans ses entrailles, Si déjiî le morceau de lard a été saisi, et une la mâchoire du requin se trouve, prise par le fer dentelé, le

h' péM» us et force ainsi le squale à faire voltc-

I ce; si, an contraire. le piège a été respecté et que la lutte s'engage entre le requin et l homme qui vîeni de le blesser, le premier antagoniste s'élance et cherchée attirer â lui le requin irrité. Ainsi, dans ce combat de deux contre un. le devoir du chasseur est toujours d'appeler a lui le péril ; je dis plus, c'est son devoir el sa sécurité. Ne croyez pas pourtant qu'en allant à la rencontre du requin les nègres chasseurs se llattenl d'une victoire facile el

crée; il tien est pas ainsi, et ils enhunu-ul avant de partir, de même qu'au mourtit où ils se jettent a l'eau, un cliaui monotone et nasillard qui est pour ainsi dire leur oraison funèbre.

* Si je dois être mangé par mon ennemi, disent-ils à la divinité qu'ils se sont créée, fais qui mon esprit ne reste pa$ au fond WX) et récompensé mon courage, i

(Juand le requit», vaincu par IV un ti lion qui le lien! en ivspri r ri h s profondes blessut i s qu'il ii reçues aux Jl.nn -s ou â li tête, cesse de se défendre, vous vovei les né ire s regagner le rivage en traînant nprés eux leur conquête <i lutter encore pendant des heures entières contre le monstre, dont vous savez maintenant que la vie se s'échappe qu'avec nue extrême lenteur. Le plus souvent encore un veut nègre est de retour a la case* et il nest pas rare que le planteur attende vainement les deux esclaves auxquels il a permis forl discrètement la chasse au requin. Ce fut un spectacle horrible que celui donl ']*• v.iis vous pu .» i ,, Le baleinier Washington^ de Baltimore, voguait s. m s petit» s voiles, Le cap au sud. Ln brise était si faible que de temps a autre les mais se trouvaient coiffés et qu'a peine l'on filait deux nœuds a I 1 heure. La veille, une douloureuse cérémonie avait eu Lieu à bord, el l'équipage attristé gardait un morne silence eu songeant a l'adieu éternel qu'il venait de dire à un de ces braves mateSots donl la vie de s ufTimes s éteint pour l'ordinaire dans une rafale ou emportée par une vague venant couvrir les bastingages. D.nnley a^ail

cousu dans un morceau de toile; on avait j'urieineni amarré deux lioulels à ses pieds, les flots s'étaient ouverte el refermés sur lui avec un bruit monnione et lugubre. I^a brise se leva moins douteuse, le baleinier prit son élan comme pour s'éloigner de la tombe de Dnrnley, el quand tous les .uiiLr.uk> du | auvre ami mort s'affligeaient, on voyait l.i-his sur le paillard dV ml un tout jeune homme assis sur les borda^ s, s.i loto blonde dans ses mains, insensible i tout 06 qui se faisait autour de lui et obéissant ri ii urne une machine sans vie au roulis et nu langage du navire* (Tétait le frère de Damier, dont le capitaine resfn i lait la vive douleur et â qui il épargnait le travail du matelot

Le vent mollir de nouveau, le baleinier s'arrêta* Toul à

coup : « Requin, crie une voix s ïre, requin de l'nr-

riére i » L'équipage dresse ses embûches, le vorace animal se jette dessus, il esl captif» On le hisse, on le suspend â unétsi, <m le dépecé, on l'ouvre presque en fa rc de ce pauvre Damley jeune qui ouvrait les yens presque sans rien vir. Ciel! un bras! un pied! Le "bras est tatoué cl

CHASSES ALX lîliTES I ÎBOiM-S.

uni" bague d'argent au doigl dit au mateiol lerriflé que h uni- vieni de hit rendra quelques restes d'un frère a doré. I i mer bien plus que Sa terre a ses drames avec leurs terribles dënoùmenls.

Le navire Loulsa, de Douvres, se vit un jour enlever par un coup de ruer plusieurs hommes de s juîpagc. Lun d'eux, nommé Jackson, fut fts&ex heureux pour se saisir rie lii bouée de sauvetage, et il put attendre la, debout sur le plateau et cramponné a la llccfro, que Dieu lui envoyât uu navire sauveur* U i'altendfi pendant quarante-huit heures • M-- nourriture, sans sommeil t souvenlasais, souvent aussi debout pour in lerroger l'horizon du plus loin possible. Et taudis que, en proie à de don loi ire uses agonies, il invoquait

il ii ciel une morl sans souffc es, nu r sir \ requin

vînt â lui et tourna souvent autour du liège protecteur

ni d'essayer m conquête. Il s'ei aea enfin et chcrcti i saisir dans sou vol la jambe de l'infortuné Jackson! qui, a eha lue élan du vor limai, bondirait aussi ri évitait la lemlilc mâchoire. La lu LU dura quelques heures, \t le malheureux matelot raconte que, durant tniii ce marnée où cependant il usait ses forces, il avait tout à frit oublié si soif et sa faim.

Résigne ù h patience, le requin se reposa de ses évntu* tîous.et, tournoyant sans oesse autour de l;i l...in . . il parut attendre que le matelot épuisé se laissât tomber dans le* eaux, tu navire enfin se montra, il grandît, s'approcha,

ueillit l'infortune marin qui allait se livrer au monstl > : pais, avant démonter a tord, l'équipage du hrirk n\ lil

éd la traîne le lard tentateur» et les deux combattants furent hissés ensemble sur le pont, l'un pour servir de nourriture a l'an ire i seulement h*- rôles se trouvèrent '■li.in^'s, nu ii.iiili- encore d Douvres, chet l'armateur 'lu lirick, la carcasse du requin, auprès de l.i [uHle nn a i [uissé la scène de 11 doubla ns<viisîim accompagnée d'un i ■ Et en fin me de complainte, ou les railleries sont pour le •larksou sauvé et les doléances pour le requin se inrilaul sur la braise el la llammeau fond de la mai mite du coq. Le tigre el !•■ serpent sut la terre, le vautour dans les airs, le ■nu dana les eaux, voila* les êtres les plus cruels de la création, voilà du moins ceux que les hommes uni le plus appris m redouter. Mais qui vous dit à vous, dont l'orgueil ne se Lait devant aucun mystère, que de plus petits animaux n'uni pas de colères aussi chaudes, des ag -oies aussi tourmentées, des vengeances aussi actives? Qui vous assure que dans vos tentes et périlleuses éludes vous avez kq qucmenl classé les espèces et accordé â chacune sa part' de l' h I» i s ou d'humiliations.' Il n'en a coûté que sept jours à Dieu pour faire le monde? (Ju 1 ries -vous auprès do Dieu?

Qu'est-ce qu'une minute, qu'est-ce qu'un - le, qu'est-ce

même que rëLenrilë a côlê de l'éternité? <J 1 1 " î I s'en faut de peu de chose pour que la sagesse devienne folie i Creuser l'immensité, cest bouleverser La raison.

Mi iirhr e*t donc accomplie. .1 ii fan passer devant vos yeux les redoutables adversaires qui ont si souvent arrêté conquêtes des explorateurs; j'ai fidèlement tenu mes promesses au milieu des profondes ténèbres qui m'isoleni de (nui ce que t'ai chéri Bans le monde ; famille, beauxarts, allures d indépendance, d« lib-H doîl, nature, contraste, mouvement» beauté avec ses caprices, son coloris et ses parfums, tirilitê avec ses teintes chaudes et ■ passions, vieillesse avec ■•■ démarche chancelante i rides vénérables au front, devant lesquelles je m'inclinais

avec respect Je n'ai plus a fouiller désormais que dans

mes souvenirs et dans mes pensées pour y trouver nn alirn- ■« .5 i'i iTïte vie de douleurs qu'il frut bien nue t'accepte, puisqu'il y aura encore des larmes pour mon dernu i adieu, des paroles généreuses sur ma tombe. Je vous ai dit r le puissantes querelles, de rudes combats. Que d'autres, plus al tenttfs, plus profonds, vous initient au<< secrets de lui moins tumultueuses, plus envenimées ncut-ëtre. Je

n'ai même pas de regard pour le jour le plus eelatant; comment irai s- je chercher les secrets des êtres microsco* piques qui s'agitent autour de nous sans nous urdïrdc leurs incessantes colères? Voyes la fourmi et ses champs de bataille où tombent tant de' victimes! Voyez le petit ver

de terre se tordant fébrilement contre la douleur d'une piqûre d'épuagti ■ iyex le combat meurtrier de deux sa uterelies se disput.ini un brin degason, la rage de deux papii;.i.n- •■■■ déchirant et se "l icol Tant les ailes pour trouer seulssur une rose épanouie ! Voyez la vor a ce araignée emprisonnant dans ses mille réseaux l'insecte imprudent qui vient se reposer près de sa demeure semée de cadavres privés de sang',..

Croyei-vous qu'il n'y aurai L pas i a -dessus un livre plein d'intérêt à écrire? Croyez-vous doue que. le drame ferait défaut au philosophe qui entreprendrait nu ai rare el ai rurieux travail? J'ai senti mon eceur battre d'indignation â la tranquille cruauté d'une araignée velue eu fre.ini nue mouche, >'( je n'ai pas pu oa'empecher d'user de ma puissance p «raser le vainqueur et délivrer le vaincu. Penses, tradoi invitions, ces morts, ces funérailles,,.,

- h sures instruit le monde; moi, j'ai cherché i le distraire, â l'amuser... Que peut un aveugle? Je vous aï parlé, dans mes $ouvcnir$ } de deux matelots chamls dans leur

affection | ■ UIOÎ, ivrognes UOa pas romrne une êptni

qui, pour Pordinatre, ne boil que dé l'eau, mats comme un biscuit, qui ne buis que du un, intrépides cmitre toute menace des vents ou des Unis, actifs, passionnés, dévoués jusqu'au martyre, soumis jusqu'à lasser le malheur, reconnaissants jusqu'à la servilité, qui les relevait au lieu de les abaisser, nngnanimes, généreux dans leur misère, ne comprenant jus une méchante action ou en commettant par ignorance du mal el sans un remords -i rime ; m a le lots battus depuis leur enfance par les lemjiéLes comme nous le sommes, nous, par nos passions, vivant de l.isr-uîi, u>

chair salée el sans nulle fm dans ni ulh ir avenir. Voua

en souvenez-vous ' On m'a hien des fois demande ce qu'étaient devenusMarchàts et ivit.ivtii surtout, cepauvre souffre-douleur du premier, qui n'a jam.-ii.s poussa nue plainte an tiel alors même que ses membres uns se cuivraient de givre sons une zone d'airain, alois même que la soif cl la faim tordaient -mi estomac sans fraie heur et sans nourriture, Petit, cible de toutes les calamités et dont le sourire

n i jamais été sain larmes vl sans rides nu front, enfant isolé, né du pauvre, nmrant dans la vie toujours entre de us ennemis redoutables, la faim et la lame écumeuse ouvrant sa gueule piétu â dévorer celui qui la brave, voyageur errant, ne secousolaul d'une infortune que par une infortune moins grande et regardant a fhoriïon sans jamais y trouver mie espérance.

Mes lecteurs mil émnif», j'en suis sur, le sourire aux lèvres, ces naïves, questions el ces bouffonnes réponses dont mu ù brave compagnon de voyage égayait mes aventureux excursions. Ils l'ont vu non sans quelque pitié cramponné iiux i- xi remîtes des vergnes, envahir les air- comme un albatros ou plooger ■ I - ■ ■■-=- l.i vague écumeuse J'Mi^i qu'un

irsouiu. Ils Pont étudie au momeiu d'un terrible naufrage, résidant d'un o?îl sec monter l*eau qui allait nous envahir et s'écrier a un de mes injustes reproches de couardise : — Quel bonheur si cette eau était du vin ! Te l i*çsi devenu Marchais, re qu'est devenu Petit? Ilélas! je I ignore, eL je m'appauvrirais voloniiers de I oubli de quelques-unes de mes pies les plus belles pour me reirouver encore bras Ii'smis braa dessous avec nmn brave Petit sur tes laves onduleuses du Howua Kaah, aux iles Sandwich, ou sous Lfs è\égi ss touffes de cocotier, aux Ma-

riannes. Où est Marchais l'indompté? où est ftsUt le résigné? Qui viendra m'en donner des nouvelles et réjouir mes nuits si longues.' Perdus dans ce monde immense qu'ils ont tant de Sis sillonné, battus sansces^e par lee.iurr.uii

des lun ss et des -L-meiits, où vivent ils? ou sont-ils

morts! Te ni -être point de terre qui les abrite, point de

■i\ qui les pr"iëi. r e, point de prière qui ait esconé leur agonie, Mi reliais est mort sans doute «ans une rixe sanglante conire une peuplade sauvage. Peiii par un requin en volant au secours d'arc de si marades menacé. Pauvre matelot I Voiei un requin" Point d'ëm.-. rilloii rï la iraiue. Cimpoau bas' C*esl peut-être la bière de Petit qui passe!

OEUVRES DK JACQUES ABACO.

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