‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 5 sur 130 · XVIII ALFHED DE MUSSET · texte numérisé non relu

XVIII ALFHED DE MUSSET

Cependant de nomlireux imilalaleurs aussitôt commencèrent à copier sans succès ce genre nouveau, et les romantiques, se plaignant de la désertion de leur disciple, déclarèrent que ce jeune homme ne tenait pas les promesses de ses débuts. Ainsi Musset se trouva isolé tout à coup ayant tous les partis à la fois contre lui.

Mais il était, selon la juste expression de son frère, • jeune et superbe •; il se contenta de ne plus aller au Cénacle et comprit qu'il devait être lui. Il ne vénérait pas assez Hugo qui n'avait écrit alors que les Odes et Ballades, qui entendait être le chef de l'école nouvelle et qui voulut d'abord ne pas prendre au sérieux cet esprit trop indépendant.

Alfred de Musset ne se laissa jamais enrôler dans le Romantisme au point de perdre son indépendance et sa liberté d'action. Il bataillait en allié, en volontaire, en gentilhomme; il avait su, dit avec justesse Adolphe Jullien, se faire l'ami de ses partisans juste assez pour avoir leur aide au besoin, tout en les pouvant quitter à l'occasion. 11 s'est fort défendu, par la suite, d'être jamais tombé dans les exagérations folles de l'école nouvelle, et rappelait alors sa Ballade à la lune, composée exprès pour tourner en ridicule de telles extravagances. Celui-là en vérité ne (ut jamais un romantique farouche et convaincu qui traita le Cénacle de « boutique • et osa écrire, dès 1831, cette apostrophe :

Salut, jeunes champions d'une latise pin vieille. Classiques bien rasés à la face vermeille, Jlomanliques barbus aux visaycs blêmis.

Vous qui des Grecs défunts balayez le rivage, Ou d'un poiyiiard sanglant fouillez le Moyen Age. Salut! j'ai combattu dans vos rangs ennemis. Par cent coups meurtriers devenu respectable, Vétéran, je in'assois sur tnon tambour crevé. , Racine rencontrant Shakespeare sur ma table.

S'endort près de Boileau qui leur a pardonné.

Il avait aimé d'abord lord Byron, celui de Manfred, de f.ara, du Corsaire et surtout de Don Juan. Il aimait le héros sombre, fatal, maudit, misanthrope, ténébreux, ayant dans son passé une ou plusieurs histoires tragiques et mystérieuses, laissant apercevoir sur son visa.-re pà'.e et dans ses yeux sombres « sa grande ànie immortellcmenl triste », et promenant sur toute la terre, au gré de ses caprices mélancoliques, son immortel ennui.

— Il aimait les drames courts, mais sombres et sanglant;:, a justement remarqué É. Fuguel, les romans exoti(iues où l'étrangeté du cadre ajoutait à lélrangeté du tableau, les histoires funestes et violentes qui plus tnrd plurent si véhémentement à Stendhal, « cet esprit charmant ». 11 aimait les invectives contre l'humanité et les blasphèmes contre le ciel. Il aimait les tempêtes des éléments et les orages de l'àme. L'éternel per-nn

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