‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de MussetChapitre 68 sur 76 · CONTES ET NOUVELLES · texte numérisé non relu

CONTES ET NOUVELLES

Lorsqu'en 1907 on célébra le cinquantenaire de l'anniversaire de la mort d'Alfred de Musset, Marcel Prévost, au nom de la Société des gens de lettres dont le poète ne faisait pas partie, a fait une très juste remarque.

Les Contes et les Nouvelles de Musset se distinguent du reste de son œuvre par une qualité singulière, qui leur ôte de l'intérêt anecdotique mais leur vaut un caractère général et durable; ce sont les seules pages, dans cette œuvre tumultueuse, enfiévrée, qui respirent le calme, la sérénité.

Certes on y rencontre des souvenirs personnels de l'écrivain, des observations prises directement dans la vie. Il est rare que le héros ne soit pas Musset lui-même.

Qui donc est le Valenlin des Deux Maîtresses"? Qui donc est l'étudiant de Bernerette? De même les milieux, les personnages secondaires sont à l'ordinaire fournis par la réalité. Mais le ton demeure impersonnel, un peu indifférent et pour tout dire classique. C'est que les Nouvelles sont les dernières œuvres de Musset : il a commencé à les écrire juste au moment où s'apaisait le grand orage de sa jeunesse, de 1837 à 1839, au moment où il approchait de sa trentième année.

Il les a composées en pleine possession de son talent, et aussi de son habileté d'ouvrier; elles sont très littéraires, bien comjiosées, bien écrites, mais parfois elles ne sont pas autre chose parce que le tumulte sentimental s'est apaisé et qu'à vingt-huit ans il cessa d'écrire en vers. Le Fils du Titien est une œuvre jolie, VHistoire d^un Merle blanc est un chef-d'œuvre de goût et de fantaisie, Mimi Pinson une peinture délicieuse des mœurs des grisettes parisiennes au temps de Louis-Philippe, Margot et la Mouche sont des récits charmants pleins de couleur et de vie. On vient de les lire. Les autres Nouvelles offrent un intérêt moins grand. Nous nous contentons de les analyser et d'en citer quelques passages.

La Confession d'un Enfant du Siècle était une sorte de réquisitoire passionné plutôt qu'un roman; dans l'intérêt de son œuvre et afin de varier ses travaux, Alfred de Musset voulut composer ces récits à la place d'un roman qu'il s'était engagé, par écrit, à donner à la Revue des Deux Mondes.

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