LE VOILE
Avcz-vout prié Dieu oe toir, Desdémona?
SBAKSPBAnf.
LA SOBUB.
— Qu'avex-vous, gu'avez-voiis . mes frères? Vous baissez des fronts soucieux. Gomme des lampes funéraires, Vos regards brillent dans vos yeui, Vos cemtures sont déchirées ; Déjà trois fois, hors de l'étui, Sous vos doigts, à demi tirées.
Les lames des poignards ont lui.
U FEiai AiKK.
N'avei-vous pas levé votre voile aujourd'hui?
LA SQIUB.
Je revenais du bain, mes frères, Seigneurs, du bain je revenais, Cachée aux regards téméraires Des Giaours et des Albanais.
En passant près de la mosquée Dans mon palanquin recouvert,
LES ORIENTALES
L'air de midi m'a suffoquëe :
UoA voile au instant s'est ouvert.
Ll SBCORD fftÉU.
Un homme alors passait? un homme en caftan vert?
LA SOEUl.
Oui... peut-être... mais son audace N'a point vu mes traits dévoilés...— ^^is vous vous parlez â voix hasse, Â voix basse vous vous parlez.
Vous faut- il du sang? Sur votre Ame.
Mes frères, il n'a pu me voir ! Grâce ! tùrez«vous une femme Faible et nue en votre pouvoir?
U TBOlSiftMB FIÉBl.
Le soleil était rouge A son coucher ce soir!
LA SCiDR.
Grâce ! qu'ai-je fait? grâce ! grâce ! Dieu ! quatre poignards dans mon flanc ! Ah ! par vos genoux (^ue j'embrasse...
Omon voile! mon voile blanc!
Ne fuyez pas mes mains qui saignent.
Mes frères, soutenez mes pas !
Car sur mes r^ards qui s éteignent S'élend un voife de trépas.
Ll QUATIIÉIU FRÉBI.
C'en est un que du moins tu ne lèveras pas ! Septembre 18^.
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