LA SULTANE FAVORITE
PerBde eemine l'onde.
N'ai-j€ pas pour toi, belle juive, Assez dépeuplé mon sérail?
Souffre qu'enfin le reste vive :
Faut-il qu'un coup de hache suive Chaque coup de ton éventail !
Repose-toi, jeune maitre&se; Fais grâce au troupeau qui me suit.
Je (e fais sultane et princesse :
Laisse en paix tes compagnes, cesse D'implorer leur mort chaque nuit.
Quand à œ penj»er tu t*an^tes.
Tu viens plus tendre à mes genoux, Toujours je comprends dans les fttes Que tu vas demander des tètes Quand ton regard devient plus doux.
Ah ! jalouse entre les jalouses 1 Si belle avec ce cœur d'acier!
Pardonne â mes autres épouses.
Voit-on que les fleurs des pelouses Meurent a l'ombre du rosier?
Ne suis-je pas â toi? qu'importe, Qliand sur toi mes bras sont fermés.
Que cent femmes qu'un feu transpcurte Consument en vain â ma porte Leur souCQe en soupirs enflammés!
Dans leur solitude profonte.
Laisse-les t'envier toi^ours ; Vois-les paai^er comme fuit l'onde , Laisse-les vivre : à toi le monde, A toi mon trône, à toi nies jours!
A toi tout mon peuple qui tremble; A toi Stamboul qui, sur ce bord Dressant mille flèches ensemble, Se berce dans la mer et semble Une flotte â l'ancre qui dort !
A toi, jamais à tes rivales.
Mes spahis aux rouges turbans.
Qui, se suivant sans intervalles.
Volent courbés sur leurs cavales Gomme des rameurs sur leurs bancs !
A toi Bassora, Trébizonde, Chypre où de vieux noms sont gravêit, Fez où la poudre d'or abonde, Mosul où traflque le monde, Eneroum aux chemins pavés !
A toi Smyrne et ses maisons neuves, Où vient blanchir le flot amer ' Le Gange redouté des veuves f Le Danube qui par cinq fleuves Tombe échevele dans la mer!
Dis : crains-tu les filles de Grèce?
Les lis nâles de Damanhour?
Ou l'œil ardent de la néjgnresse Qui, comme une jeune tigresse.
Bondit rugissante d'amour?
Que m'importe, juive adorée, Un sein d ébène, un front vermeil?
Tu n'es point blanche ni cuivrée :
Mais il semble ou'on t'a dorée Avec un rayon ae soleil.
N'appelle donc plus la tempête, Princesse, sur ces humbles fleurs ; Jouis en paix de ta connoète, Et n'exige pas qu'une télé Tombe avec chacun de tes pleurs!
Ne songe plus qu'aux frais platanes.
Au bain mêlé aambre et de nard, Au golfe où dissent les tartanes...
U faut au sultan des sultanes, 11 faut des perles au poignard '
Octobre 1828.
LES OBIBNTALES.