‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 106 sur 309 · LE DERVICHE · texte numérisé non relu

LE DERVICHE

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Pamago Soono.

QoaiA U perte d'un mortel est écrite dani le lÎTre fatal de la destinée, quoi qu'il fasse, il n'édiappcra jamais à son funeste avenir; la Diort le poursuit partout; elle le surprend même dans son fit. suce ae ses lërres avides son sanj, et l'emporte sur ses épaules.

Un jour Âli passait : les télés les plus hautes

Se oourbaieol au niveau des pieds de ses arnaules.

Tout le peuple disait : Allah !

Un derviche soudain, cassé par l'Age aride, Fendit la foule, prit son cheval par la bride,

Et voici comme il lui parla :

c Ali Tépéléni, lumière des lumières,

c Qui sièges au divnn sur les marches premières,

c Dont le grand nom toujours grandit, c Ecoute-moi, vizir de ces ffuerriers sans nombre, c Ombre du padischah c^ui de Dieu même est l'ombre,

c Tu n*es qu'un chien et qu'un maudit!

< Un flambeau du sépuicre â ion insu t'éclaire. c Gomme un vase trop plein tu répands ta colère

« Sur tout un peuple frémissant; c Tu brilles sur leurs fronts comme une faux dans l'herbe, c Et tu fais un ciment à ton palais superbe

c De leurs os broyés dans leur sang.

c Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe, c Que sous les pas enfin croule et s'ouvre ta tombe !

c Dieu te ffarde un carcan de fer c Sous l'arbre au segjin charsé d'Ames impies c Qui sur ses rameaux noirs trissonnent accroupies,

c Dans la nuit du septième enfer!

« Ton Ame fuira nue ! au livre de tes crimes « Un démon te lira les noms de tes victimes ;

« Tu les verras autour de toi, « Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines, c Se presser plus nombreux (jue les paroles vaines

c Que balbutiera ton ef&oi!

« Ceci t'arrivcra sans que ta forteresse

c Ou ta flotte te puisse aider, dans ta détresse,

c De sa rame ou de son canon ; « Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde, c Pour tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde,

c En mourant âiangerait de nom 1 »

Ali sous sa pelisse avait un cimeterre,

Un tromblon tout chargé, s'ouvraut comme un cratère,

Trois longs pistolets, un poignard * U écouta le prelre et lui laissa tout dire, Pencha son iront rêveur, j^uis avec un sourire

Donna sa pelisse au vieillard.

Novembre 1828.

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