‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 107 sur 309 · LE CHATEAU-FORT · texte numérisé non relu

LE CHATEAU-FORT

A quoi pensent ces flols^qui baisent sans murmure Les flancs de ce rocher luisant comme une armure? fuoi donc! n'onl-ils pas vu, dans leur propre miroir, jue ce roc, dont le pied déchire leurs entrailles. L sur sa tête un fort, ceint de blanches murailles. Roulé comme nn turban autour de son front noir?

Que lont-ils? â qui donc gardent-ils leur colère? Allons i acharne-toi sur ce cap séculaire, 0 mer, trêve un moment aux pauvres matelots! Ronge, ronge ce roc ! qu'il chancelle, qu'il penche, Et tombe enfin, avec sa forteresse blanche, La tête la première, enfoncé dans les flots !

Dis, combien te faut-il de temps, 6 mer fidèle, Pour jeter bas ce roc avec sa citadelle ? Un jour? un an? un siècle?... au nid du crimind Précipite toujours ton eau jaune de sable ! '

Ïue t importe le temps, ô mer intarissable? n siècle est comme un Ilot danb ton gouffre éternel.

Engloutis cet écueil ! que ta vague l'efface Et sur son front perdu toujours passe et repasse ! Que l'algue aux verts cheveux dégrade ses contours ! lue, sur son flanc couché, dans ion lit sombre il dornu*

iu*on n'y distingue plus sa forteresse informe!

jue chaque flot emporte ime pierre à ses tours 1

Afin que rien n'en reste au monde, et qu'on respire De ne plus voir la tour d'Ali, pacha d'Epire; Et qu'un jour, côtovaul les bords qu'Ali souilla, Si le mann de Cos dans la mer ténébreuse Voit un grand tourbillon dont le centre se creuse, Aux passagers muets il dise : C'était là !

Novembre 18%.

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