ADIEUX DE L'HOTESSE ARADE
10. Habitei avec nous : U terre est en votre paissanoe; cultives-ls. trafiqnex-y, et la possèdes.
(7<néM, chap. mv.
Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays, Ni l'ombre du palmier, ni le jaune mais.
Ni le reposy ni l'abondance; Ni de voir é ta voix battre le jeune sein De nos sœurs, dont, les soirs, le t#amoyant essaim
Couronne un coteau de sa danse;
Adieu, voyageur blanc! J'ai seMé de ma main, De peur qu'u ne te jette aux pierres du chemin.
Ton cheval i 1 œil intrépide; Set pieds fouillent le sol, sa croupe est belle i voir, Ferme, ronde et luisante, ainsi qu'un rocher nqîr
Que polit une onde rapide.
Tu marches donc sans cesse! Oh ! que n'es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux
Leurs toits de branches ou Je toiles ! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis,
De s'en aller dans les étoiles !
Si tu Favais voulu, peut-être une de nous, 0 jeune homme, eût aimé te servir à genoux Dans not huttes toujours ouvertes;
LES ORIENTALES
Elle eût fait, en berçant Ion sommeil de ses chants, Pour chasser de ton front les moucherons méchants, Un éventail de feuilles vertes.
Hais ta pars! — Nuit et jour tu vas seul et jaloux. Le fer 4e ton cheval arrache aux durs cailloux
Une poussière d*élincelles; A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit. Les aveugles démons quivolent dans la nuit
Souvent oht déchiré leurs ailes.
Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau,
Ce mont noir qui de loin semble un dos de chameau ;
Pour trouver ma hutte fidèle, Songe à son toit aigu comme une ruche à miel, Qu*elie n*a qu*une porte, el qu'elle s*ouvre au ciel
Du côte d*où vient Thirondelle.
Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois Aux filles du désert, sœurs à la douce voix,
Qui dansent pieds nus sur la dune; 0 beau jeune homme blanc, bel oiseau passager, Souviens-toi ; car, peut-ét|^, ô rapide étrangir,
Ton souvenir reste à plus d'une !
Adieu donc ! — Va tout droit. Garde-toi du soleil,
Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ;
De VArabie infranchissable.
De la vieille qui va seule et d*un pas tremblant. Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc,
Tracent des cercles sur le sable!
Nofembre i828.