LA DOULIVS DU PACHA
Paye 15.
Lui font-ils voir en rêve, aux bornes de la terre, L'ange AsraSI, debout, sur le pont de rente I
Azraël, ange turc des tombeaux.
LA CAPTIVI
Pagt iS.
Bien loin de ees Sodonics, etc.
Voyes les JK^motrei d'Ihrahim-Mamzimr Effendà sur le double sérail d'Ali-Pacha. C'est une mode turque.
CLAIS Dl LVIII.
Pagt 18.
Est-ee on <ifjinn qui là-liant siffle d'une voix grêle, Et jette dans la mer les eréneaux de la tour?
DHnn, génie, esprit de la nuit. Votes dans ce rscoeii les 1^1
LI DIRVlCm.
vu
Pag9 90.
te garde un carcan de fer Sons l'arbre du segjin, chargé d'âmes impies.
Le $ê0im, septième cercle de l'enfer turc. Toute lumière y est obstmée par l'ombre d'un arbre immense.
MABCHB TOaQUe.
Page 21.
Tel est, comparadjis. spahis, timariots, Le vrai guerrier croyant. .
Camparaé^, bombardiers; sparts, cavaliers qui ont des espèces de fiefs et doivent au sultan un certain nombre d'années de service militaire; HmarMi, cavalerie composée de recrues, qui n'a ni uniforme ni discipline, et ne sert qu'en temps de guerre.
LA BATAILLI PIIDUI.
Pagt^i.
Cette pièce est une inspiration de l'admirable romance espagnole, Rodrigo m el campo de hatalla, que nous reproduisons ici, traduite littéralement comme elle a paru en t82t , dans un extrait du J^omancero genertû. publié pour la première fois en firançais par Abel flugo, frère de l'auteur ae ce livre.
RODiKDI SOR LE CEAHP Bl BATAILLI.
c C'était le huitième jour de la bataille : l'armée de Rodrigue, découragée, fuyait devant les ennemis vainqueurs.
< Rodrigue quitte son camp, sort de sa tente royale, seul, sans personne qui raccompagne.
c Son cheval, fatigué, pouvait a peine marcher. Il s'avance au hasard, sans suivre aucune route.
< Presque évanoui de fatigue, dévoré par la faim et par la soif, le malheureux roi allait, si couvert de sang, qu'il en paraissait rouge comme un charbon ardent.
NOTES
c Ses armes sont faussées par les pierres qui les ont frappées; le tranchant de son épée est dentelé comme une scie; son casque, déformé, s*enfonce sur sa tête enflée par la douleur.
c n monte sur la plus haute colline; et de là il voit son armée détruite et débandée, ses étendards jetés sur la poussière; aucun chef ne se montre au loin; la terre est couverte de sang qui coule par ruisseaux. Il pleure et il dit :
c Hier, j*étais roi de toute l'Espagne, aujoùrd*hui je ne c le suis pas d'une seule ville. Hier, j'avais des villes el c des châteaux, je n*en ai aucuns aujourd'hui. Hier, j'avais c des courtisans et des senriteurs, aujourd'hui je suis seul, c je ne possède même pas une tour à créneaux ! Malheuc reuse rheure, malheureux le jour où je suis né, et où c j*héritai de ce grand empire, que je devais perdre en un c jour. »
On voit du reste que les emprunts de l'auteur de ce recueil, et c'est un tort sans doute, se bornent é quelques détails reproduits dans cette strophe :
Hier j'arais des châteaux ; j'avais de belles villes; Des Grecques par roiliiers à vendre aux juifs serviles. J'arais de grands iiareins el de grands urscnaux. Aujourd'hui, dépouillé, Viiincu, proscrit, funeste, Je fuis... de mon empire, hélas i rien ne me reste, Allah I je n'ai plus mémo une tour à créneaux 1
Monsieur Emile Deschamps, qui nous a fourni l'épigraphe de cette pièce, a dit dans sa belle traduction de cette belle romance :
Hier, j'avais douxe armées.
Vingt forteresses fermées.
Trente ports, trente arsenaux...
Aujourabnt pas une obole, Pas une lance espagnole.
Pas une tour à créneaux 1
La rencontre était inévitable. Au reste, monsieur Emile Deschamps est seul en droit de dire qu'il s'est inspiré de l'original espagnol, parce qu'en effet, indépendamment de la fidélité à tous les détails importants, il y a dans son œuvre inspiration et création. Il s'est emparé de la romance gotne, Ta réformée, l'a refondue et l'a jetée dans notre vers français, plus riche, plus variée dans ses formes, plus large et en ouelaue sorte reciselée. Son Rodri- (f%ie fendant ia hata{lte nest pas la moindre parure de foo beau recueil.
L mrAiiT.
Pan? 21.
On le fitiit du inba, de cet arbre si grand Qu'un cbetal an galop met toiigoors en coortnt Cent ans à sortir de son ombre.
Yoyex le Koran pour l'arbre tuba comme pour l'arbrr du segjin. Le paradis des Turcs, comme leur enfer, a son arbre.
rtOURMAUAL LA ROUSSI.
Pag9 28,
Nourmahal est un mot arabe qui veut dire lumière de la maisùn. Il ne faut pas oublier que les cheveux roux sont une beauté pour certains peuples de l'Orient.
Quoique cette pièce ne soit empruntée i aucun texte oriental, nous croyons que c'est ici le lieu de citer quelques extraits absolument inédits de poèmes orientaux qui
nous paraissent à un haut degré remarquables et curieux. La lecture de ces citations accoutumera peut-être le lecteur à ce qu'il peut y avoir d étrange dans quelques-unes des pièces qui composent ce volume. Nous devons la communication de ces fragments, publiés ici pour la première fois, à un jeune écrivam de savoir et d'imagination, monsieur Ernest Fouinet, qui peut mettre une érudition d'orientaliste au service de son talent de poète. Nous conservons scrupuleusement sa traduction; elle est littérale, et par conséquent, selon nous, excellente.
LA CHAMBLLK.
C La chamelle s'avance dans les sables de Thamed.
c Elle est solide comme les planches d'un cercueil, quand je la pousse sur un sentier (rayé, comme un manteau couvert de raies.
c Elle dépasse les plus rapides, et rapidement son pied de derrière chasse son ])ied de devant.
c Elle obéit à la voix de son conducteur, et de sa queue épaisse elle repousse les caresses violentes du chameau au poil roux.
c D'une queue qui semble une paire d'ailes d'aigle que l'on aurait atticbées à Tos avec une alêne ;
« D'une queue qui tantôt frappe te voyageur, tantôt une mamelle ande, tombante, ridée comme une outre.
c Ses cuisses sont d'une chair compacte, pleine, et ressemblent aux portes élevées d'un château fort.
c Les vertèbres de son dos sont souples; ses côtes ressemblent à des arcs solides.
« Ses jambes courbées se séparent quand elle court, comme les deux seaux que porte un homme du puits à sa (ente.
c Les traces des cordes sur ses flancs semblent les étangs desséchés et remplis de cailloux épars sur la terre aride.
c Son crAne est dur comme l'enclume : celui qui le touche croit toucher une lime.
c Sa joue est blanche comme du papier de Damas, ses lèvres noirâtres comme du cuir d'Yemen, dont les courroies ne se rideut point.
c Enfin elle ressemble à un aqueduc dont le constructeur grec a couvert de tuiles le sommet, i
Ce morceau fait partie de la Moallakai de Tarafa.
Totu les sept ans, avant l'islamisme, les poëtes do l'Arabie concouraient en poésie, à une foire célâ)re, dans un lieu nommé Occadh. La cassideh (chant) qui avait été jugée la meilleure obtenait l'honneur d'être suspendue aux murailles du temple de la Mecoue : on a conservé sept de ces poèmes ainsi couronnés. moaUakai veut dire tospendne.
LA CAVALI.
C La cavale qui m'emporte dans le tumulte a les pieds longs, les crins épars, blanchâtres, se déployant sur son front.
c Son ongle est comme l'écuelle dans laquelle on donne à manger â un enfant. 11 contient une chair compacte et ferme.
« Ses talons sont parfaits, tant les tendons sont délicats.
« Sa croupe est comme la pierre du torrent qu'a polie le cours d'une eau rapide (1].
« Sa queue est comme le vêtement trainant de l'épouse... r2).
c A voir ses flancs maigres, on croirait un léopard couché.
(1) L'auteur a traduit ce passage dans les Adieum de Vhôiuse arabe:
Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir. Ferme, ronde et luisante, ainsi qu'un rocber noir
Que polit une onde rapuic.
(2) U y a ici quelque chose de tout à fait primitif, et qui pourrait lou( au plus se traduire en liitin.
LES ORIENTALES
« Son cou est comme le palmier élevé entre les palmiers aaqael a mis le feu un ennemi destructeur H).
t Les crins qui flottent sur les côtés cie sa télé sont comme les boucles des femmes qui traversent le désert, montées sur des cavales, par un jour de vent.
« Son front ressemble au dos aun bouclier fabriqué par une main habile.
c Ses narines rappellent Tidée d'un antre de bétes féroces et d*hjénes, tant elles soufflent violemment.
c Les poils qui couvrent le bas de ses jambes sont comme des plumes d'aigle noir, qui changent de couleur quand elles se hérissent.
c Quand tu la vois amver à toi, tu dis : C'est une sauterelle verte qui sort de Télang.
^ « Quand elle s'éloigne de toi, tu dirais : C'est un trépied solide qui n*a aucune fente (2).
< Si tu la vois en travers, tu diras : Ceci est une sauterelle qui a une queue et la tend en arriére.
< Le fouet en tombant sur elle produit le bruit de la grêle.
« Elle court comme une biche que poursuit un chasseur.
« Elle fait des sauts pareils au cours des nuages qui passent sur la vallée sans l'arroser, et qui vont se verser sur une autre. »
Que les lecteurs d'un esprit prompt exercent sur ce tableau les forces de leur imagination, s'écrie, à iiro|iOs de ce beau et bizarre passage, ce bon Allemand Reiske, qui préférait si énergiqnement le chameau frugal de Tarafa au cheval Pégase,