A LOUIS B
0 Louis! je sonp^eais! — Baii^né d'ombre sereine, Le soir tombait; des feux scintillaient dans la plaine Les vastes ilôts berçaient le nid de Talcyon ; J'écoutais vers le ciel, où toute aube commence. Monter confus(';menl une louange immense Des deux extrémités de la créftjtion.
Ce que Dieu lit petit chantait dans son délire Tout ce (pie Dieu fait jçrand, et je voyais sourire Le colosse à l'atome et l'étoile nu flami)eau ; L\ nature semblait n'avoir qu'une *1mc aimante. L:i montagne disait : Que la ileur est charmante'. Le mouclieron disait : Que l'Océan est beau !
Août 18:9.
A cette teiTe où Ton ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie ; Contente-toi de l'amour!
Excepté lui, tout s'efface.
La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ebauche l'homme pour Dieu.
L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en ileur.
Son sort jamais ne s'achève Que du coté du malheur.
Tous cherchent la joie ensemble; L'espoir rit à tout venant; Chacun tend sa main qni tremble Vers quelque objet rayonnant.
l^ais vers toute âme, humble on fiére, Le malheur monte à pas lourds; Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours !
Tout nous manque, hormis la peine !
Le bonheur, pour l'homme en pleurs, îS'est qu'une flgure vaine De choses qui sont ailleurs.
L'espoir, c'est l'aube incertain*; Sur noire but sérieux tycst k dorure lointaine D'un rayon mystérieux.
Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits.
Viennent à travers les branches Des arbres du paradis!
C'e.Nt l'ombre que sur nos grèves Jettent CCS arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements !
Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur; Et nous voulons saisir l'ombre, Quand la chose est au Seigneur !
Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a tait pleurer.
Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi.
Souffrons ! c'est la loi sévère.
Aimons ! c'est la douce loi.
Aimons I soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau.
Les deux yeux font le visage; Les deux ailes font l'oiseau.
Soyons deux! — Tout nous convie A nous aimer jusqu'au soir.
N'ayons à deux qu'une vie !
N'ayons à deux qu'un espoir !
Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs.
Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs !
Mai 183..