DUC DE BORDEAUX
Le ciel... prodifçue en leur faveur les miracles.
La postérité de Joseph rentre dans la (erre de Genen,
et cette conquête, due aux larmes des vainqueurs,
ne coûte pas une larme aux vnincus.
CharaubriarDi Martifrt.
ODE HOITIÈMB
Sayez-vont, voyageur, pourquoi, dissipant l'ombre, D*innombrab1es clartés brillent dans la nuit sombre? Quelle immense vapeur rougit les cieux couverts? Et pourquoi mille cris, frappant la nue ardente,
Dans la ville au loin rayonnante.
Gomme un concert confus s élèvent dans les airs?
0 joie ! ô triomphe! ô mystère !
Il est né l'enfant jglorieux, L'ange que promit à la terre Un martyr partant pour les eieux!
L'avenir voilé se révèle.
Salut i la flamme nouvelle
8ui ranime l'ancien flambeau ! onneur i ta première aurore, 0 jeune lis qui viens d'éclore, Tendre fleur qui sors d*un tombeau !
C'est Dieu aui l'a donné, le Dieu de la prière : La cloche, nalancée aux tours du sanctuaire, Gomme aux jours du repos, y rappelle nos pas. C'est Dieu qui l'a donne; le Dieu de la victoire ! —
Chez les vieux martyrs de la gloire Les canons ont tonné, comme au jour des combats.
Ce bruit si cber à ton oreille.
Joint aux voix des temples bénis, N*a-t-il donc rien qa\ te réveille, 0 toi qui dort à Saint-Denis?
Lève-toi I Henri doit te plaire Au sein du berceau populaire !
Accours, ô père triomphant!
Enivre sa lèvre trompée, Et viens yoir si ta grande épée Pèse aux mains du royal enfant.
Hélas ! il est absent, il est au sein des justes. Sans doute, en ce moment, de ses aïeux augustes Le cortège vers lui s'avance consolé :
Car il rendit, mourant sous des coups parricides,
Un béros à leurs tombes avides, Une race de rois à leur trône isolé.
Parmi tous ces nobles fantômes,
Qu'il élève un front couronné,
Uu'il soit fier dans les saints royaume»,
Le père du roi nouveau-né ! •
Une race longue et sublime
Sort de l'immortelle victime :
Tel un fleuve mystérieux.
Fils d'un mont frappé du tonnerre.
De son cours fécondant la terre* Cache sa source dans les cieux !
Honneur au rejeton qui deviendra la tige ! Henri, nouveau Joas, sauvé par un prodige, A l'ombre de l'autel croîtra vainqueur du sort. Un jour, de ses vertus notre France embellie,
A ses sœurs, comme Cornélie, Dira : Voilà mon fils, c'est mon plus beau trésor.
0 toi, de ma pitié profonde Reçois l'hommage solennel, Humble objet dès regards du monde, Privé du regard pat^nel !
Puisses4u, né dans la souffrance,* El de ta mère et de la France Consoler la lon^e douleur !
Que le bras divin t'environne.
Et puisse; â[ Bourbon, la couronne Pour toi ne pas être un malheur !
Oui, souris, orphelin, aux larmes de ta mère! Ecarte, en te jouant, ce crêpe funéraire Qui voile ton Wceau des douleurs du cercueil; êhasse le noir passé qui nous attriste encore;
Sois 6 nos yeux comme une aurore!
Rends. le jour et la joie à notre ciel en deuil.
Ivre d'espoir, ton roi lui-même, , CQ^sa(»»nt le jour où tu nais, T'impoaiB, avant le saint baptême.
Le baptême du Bénrnais.
La veuve t'offre à l'orpheline!
Vers toi, conduit par l'héroïne. Vient ton aïeul en cheveux blancs; Et la foule, bruyante et Hère, Se presse à ce Louvre, où naguère, Mnette, elle entrait à pas lents.
Guerriers, peuple, chantez : Bordeaux, lève ta tête. Cité (pli, la première, aux jours de la conc[uête. Rendue aux ileurs de lis, as proclamé ta foi. Et toi, que le martyr aux combats eût guidée.
Sors de ta douleur, ô Vendée !
Un roi naît pour la France, un soldat naît pour toi.
Rattachez la nef â la rive : — La veuve reste parmi nous.
Et de sa patrie adoptive Le ciel lui semble enfin plus dcnCc L'espoir à la France l'enchaîne :
Aux champs où fut frappé le chêne Dieu fait croître un frêle roseau.
L'amour retient l'humble colombe; U faut prier sur une tombe.
Il faut veiller sur un berceau.
Dis, qu'irais-tu chercher au lieu qui te vit naître. Princesse? Parthénope outrage son vieux maître: L'étranger, qu'attiraient des oords exempts d'hivers, Voit Palerme en fureur, voit Messine en alarmes.
Et, plaignant la Sicile en armes.
De ce funèbre Eden fuit les sanglantes mersl
Mais que les deux volcans s'éveillent!
Que le souffle du Dieu jaloux
ODES
Des sombres géants qui sommeillent Rallame enfin Tardent courroux; Devant les flots brûlants des laves,
8iue seront ces hautains esclaves, es chefs d*un jour, ces grands soldats? Courage! ô vous, vainqueurs sublimes! — Tandis que vous marchez aux crimest La terre tremble sous vos pas!
Reste au sein Aes Français, 6 fille de Sicile,
Ne fuis pas, pour des bords d*où le bonheur s*exi1e,
Une terre où le lis se relève immortel ;
Où du peuple et des rois Tunion salutaire
N*est point cet hymen adultère Du trône et des partis, des camps et de Tautel.
Nous, ne cral(i;nons plus les tempêtes Bravons Thonzon menaçant :
j^nt
Les forfaits qui chargeaient nos têtes Sont rachetés par Tinnocenl !
Quand les nochers, dans la tourmente, Jadis voyaient Tonde écumante Entr'ouvrir leur frêle vaisseau, SiVs de la clémence étemelle.
Pour sauver la nef criminelle Ils y suspendaient un berceau.
Octobre 1820.
LE BAPTftME no