AU VALLON DE CHERIZY
Factus sttm peregrinua et qwMm qui simul
coolrâtaretur, et non Aiit.
P8. LZTUl.
Perfiee gressus meos semitis tuis.
Je suis devenu Toyageur, .. et j'ai cherché qui s'affligerait avec moi, et nul n*est venu. Permets à mes pas de suivre ta trace.
ODE TROISIÈME
Le voyageur s'assied sous voire ombre immobile, Beau valiOD; triste et seul, il contemple en rêvant L*oiseau qui fuit Toiseau, l'eau que i^ouille un reptile. Et le jonc qu'agite le vent ! ,
Bêlas! l'homme fuit l'homme; et souvent avant l'âge Dans un cœur noble et pur se glisse le malheur ; Heureux l'humble roseau qu'alors un prompt orage En passant brise dans sa fleur !
Cet orage, 6 vallon, le voyageur l'implore. Déjà las de sa course, il est bien loin encore
Du terme où ses maux vont fmir; Il voit devant ses pas, seul pour se soutenir, Aux rayons nébuleux de sa funèbre aurore, ' Le grand désert de l'avenir !
De dégoûts en dégoûts il va traîner sa vie. Une lui font ces faux biens qu'un faux orgueil envie? Il cherche un cœur fidèle, ami de ses douleun;; Mais en vain : nuls secours n'anlaniroiit sa voie, Nul parmi les mortels ne rira de sa joie, nul ne pleurera de ses pleurs !
Son sort est l abandon ; et sa vie isolée Ressemble au noir cyprès qui croît dans la vallée. Loin de lui, le lis vierge ouvre au jour son bouton; Et jamais, égayant son ombre malheureuse,
Une jeune vigne amoureuse A ses sombres rameaux n'enlace un vert feston.
Avant de gravir la montagne, Un moment au vallon le voyageur a fui : Le silence du moins répond à son ennui. Il est seul dans la foule : ici, douce compagne,
La solitude est avec lui!
Isolés comme lui, mais plus que lui tranquilles,
Arbres, gazons, riants asiles, Sauves ce malheureux du regard des hulnains ! Ruisseaux, livrez vos bords, ouvrez vos flots dociles A ses pieds qu'a souillés la fange de leurs villes.
Et la poudre de leurs chemins 1^
Ah ! laissez-lui chanter, consolé sous vos ombres. Ce long songe idéal de nos jours les pins sombres La ^ierge au front si pur, au sourire si beau ! Si pour l'hymen d*un jour c'est en vain qu'il l'appelle. Laissez du moins rêver à son Ame immortelle L'étemel hymen du tombeau '
La terre ne tient point sa f)ensée asservie; Le bel espoir l'enlève au triste souvenu* ; Deux ombres désormais dominent sur sa vie : L'une est dans le pas^é, l'autre dans l'avenir.
Oh^! dis, quand viendra84a? quel dieu va te conduire. Etre chafmant et doux, vers celui one tu plains?
Astre ami, quand viendras*tu luire, Gomme un soleil nouveau, sur ses jours orphelins?
Il ne t'obtiendra pomt, chère et noble conquête; Au prix de ces vertus qu*il ne peut oublier; il laisse au gré du vent le jonc courber sa tête : 11 sera le grand chêne, et devant la tempête il saura rompre et non plier.
Elle approche, il la voit ; mais il la voit sans crainte.
Adieu, flots purs, berceaux épais, fieau vallon où l'on trouve un écho pour sa plainte.
Bois heureux où l'on souHre en paix !
Heureux qui peut, au sein du vallon solitaire, Naître, vivre et mourir dans le champ paternel 1
11 ne connaît rien de la terre,
Et ne voit jamais que le ciel !
Juillet 1821.