ACTIONS DE GRACES
Ceui qui auront setoé dans les larmes moissonneront
dans l'allégresse.
Salomom, P«. cxif, f . 5.
ODE QUATORZIEME
Vous avez dans le port poussé ma voile errante ; Ma tige a refleuri oe sève et de verdeur;/ Seigneur. Je vous bénis! de ma lampe mourante Votre souille vivant rallume la splendeur.
Surpris par l'ouragan comme un aiglun saas aites Qui tombe du grand chêne au pied de Tarbrisseau, taible enfant, du malheur j'ai su les lois cruelles, L'orage m'assaillit voguant dans mon berceau.
Oui, la vie n pour moi commencé dés l'enfance, Quoiaue le ciel jamais n'ait foudroyé de fleurs. Et qu ii ne veuille pas qu'un être sans défense Mélo à ses premiers jours l'amertume des pleurs.
La jeunesse en riant m'apporta ces mensonges,
Son avenir de gloire,, et d amour, et d'orgueil ;
Mais quand mon cœur brûlant poursuivait ces beaux songes,
Hélas 1 je m'éveillai dans la nuit d*un cercueil.
Alors je m'exilai du milieu de mes frères. Calme, car ma douleur n'était pas le remords, J'accompagnais de loin les pompes funéraires : L'hymne oe l'orphelin est écouté des morts.
L'œil tourné vers le ciel, je marchais dans l'abime ; Bien souvent, de mon sort bravant l'injuste affront, Les flammes ont jailli de ma pensée intime, Et la langue de feu descendit sur mon front.
Mon esprit de Pathmos connut le saint délire, L'effroi qui le précède et l'effroi qui le suit ; Et mon âme était triste, et les chants de ma lyre Etaient comme ces voix qui pleurent dans la nuit.
J'ai vu sans murmurer la fuite de ma joie, Seigneur; a l'abandon vous m'aviez condamné. J'ai sans plainte au désert tenté la triple voie; Et je n'ai pas maudit le jour où je suis né.
Voici la vérité qu'au mondé je révèle :
Du ciel dans mon néant je me suis souvenu.
Louez Dieu ! la brebis vient quand l'agneau l'appelle ,
J'appelais le Seigneur, le Seigneur est venu.
Il m'a dit : « Va, mon fils, ma loi n'est pas pesante! < Toi qui dans la nuit même as suivi mes chemins,
c Tu ceindras des heureux la robe éblouissante ; < Parmi les innocents tu laveras (es mains. •
Je ne veux plus de loin t'oflVir ma vie obscure, Gloire, immortel reflet de l'étemel flambeau. Du génie en^son cours trace éclatante et pure, Ou rayon merveilleux émané d'un tombeau î
Un ange sur mon coBur ploie aujourd'hui ses ailes. Pour Elle un orphelin n est pas un étrancer ; Les heures de mes jours à ses côtés sont belles : Car son joug est aimable et son fardeau léger.
Vous avez dans le port poussé ma voile errante , Ma tige a refleuri ae sève et de verdeur; Seigneur, je vous béuis! de ma lampe mourante Votre sou me vivant rallume la splendeur.
Août 1828.