LE SYLPHE
Le tent, le froid et Torage Contre l'enfuit fâÎMieot nge.
— OuTrez, dit-il| je suis nu!
liA FoHTAuiBi ImUaHon d^Ânaoréon, BALLADE DEUXIÈME
c Toi C|U*eD ces murs, pareille aiix rêveuses sylphides, c Ce vitrage éclairé montre à mes yeux avides, « Jeune fifie, ouvre>inoi ! Voici la nuit, j*ai neur ! c La nuit, qui, peuplant l'air de figures livides, c Donne aux âmes des morts des robes de vapeur!
QfeVierffe, je ne suis i^int de ces pèlerins sages «Qui font de lonp récits après de longs voyages; « ni de ces paladms, qu'aime et craint la beauté, « Dont le cor, éveillant les varlets et les pages, c Porte un appel de guerre à l'hospitalité.
c Je n*ai ni lourd bâton, ni lance redoutée,
c Point de longs cheveux noirs, point de barbe argentée,
c Ni d*humble chapelet, ni de glaive vainqueur.
« Non souffle, dont une herbe est d peine agitée,
« N'arrache au cor des preux qu'un murmure moqueur.
c Je suis l'enfant de l'air, un sylphe, moins qu'un rêve, c Fils du printemps qui uait, du matin qui se lève, c L'hôte du clair foyer, durant les nuits d'hiver, c L'esprit que la lumière a la rosée enlève, c.Diapnane habitant de l'invbible éther.
« Ce soir un couple heureux, d'une voix solennelle, « Parlait tout bas d'amour et de flamme éternelle. « J'entendais tout; prés d'eux je m'étais arrêté : « Ils ont dans un baiser pris le bout de mon aile, « Et la nuit est venue avant ma liberté.
« Hélas! il est trop tard pour rentrer dans ma rose ! « Châtelaine, ouvre-moi, car ma demeure est dose, c Recueille un fils du jour égaré dans la nuit; c Permets, jusqu'à demain, qu'en ton Ut îe repose; c Je tiendrai peu de place et ferai peu de bruit.
'c Mes frôres ont suivi la lumière éclipsée,
« Ou les larmes du soir dont l'horbe est arrosée ;
« Les lis leur ont ouvert leur calice de miel;
c Où fuir?... Je ne vois plus de goutte de rosée,
a Plus de fleurs dans les champs, plus de rayons an ciel!
c Damoiselle, entends-moi, de peur que la nuit sombre, c Gomme en un grand filet, ne me prenne en son ombre < Parmi les spectres blancs et les fantômes noirs, c Les démons dont l'enfer même ignore le nombre, c Les hiboux du sépulcre et l'autour des manoirs !
c Voici l'heure où les morts dansent d'un pied débile.
t La lune au pâle front les regarde, immobile;
c Et le hideux vampire, ô comble de frayeur!
c Soulevant d'un bras fort une pierre inutile,
c Triine en sa tombe ouverte un tremblant fossoyeur.
c Kentôt, nains monstrueux, noirs de poudre et de cendre, c Dans leur gouffre sans fond les gnomes vont descendre. « Le follet fintastiqne erre sur les roseaux. « Au frais ondin s'unit l'ardente salamandre, c Et de bleuâtres feux se croisent sur les eaux.
a Oh !... si pour amuseï son ennui taciturne,
<( Un mort, parmi ses os, m'enfermait dans son urne!
a Si quelque nécromant, riant de mon effroi,
«c Dans la tour, d'où minuit lève sa voîx nocturne,
d Liait mon vol paisible au sinistre beffroi !
ii Que ta fenêtre s'ouvre*... Ah I si tu me repousses, d 11 me faudra chercher quelque vieux nid ae mousses, < A des lésards troublés livrer de grands combat<;... « Ouvre 1 mes yeux sont purs, mes paroles sont douces « Gomme ce qu'à sa belle un amant dit tout bas.
c Et je suis si joli! Si tu voyais mes ailes « Trembler aux feux du jour, transparentes et frêles... c J'ai la blancheur des lis, où, le soir nous fuyons, c Et les roses, nos sœurs, se disputent entre elles « Mon soudle de parfums et mon corps de rayons.
c Je veux qu'un rêve heureux te révèle ma gloire, c Près de moi (ma sylphide en garde la mémoire ), c Les papillons sont lourds» les colibris sont kiids, c Quand, roi vêtu d'axur, et de nacre, et de moire, « Je vais de fleurs en fleurs visiter mes palais.
« J'ai froid : l'ombre me glace, et vainement je pleure, c Si je pouvais t'offrir, pour m'ouvrir ta demeure, « Ha goutte de rosée ou mes corolles d'or! c Mais non : je n'ai plus rien, il faudra que je meure, c Chaque soleil me oonne et me prend mon trésor.
c Que veux-tu qu'en dormant je t'apporte en échange?
c L'écharne d'une fée ou le voile d'un ange?
c J'embellirai ta nuit des prestiges du jour !
c Ton sommeil passera, sans que ton bonheur change,
c Des beaux songes du ciel aux doux rêves d'amour.
c Mais mon haleine en vain ternit la vitre humide! c 0 vierge! crois-tu donc que, dans la nuit perfide, c La voix du sylphe errant cache un amant trompeur? « Ne me crains pas, c'est moi qui suis faible et timide, c Et si j'avais une ombre, hélas ! j'en aurais peur. »
H pleurait. — Tout â coup devant la tour antique. S'éleva, murmurant comme un appel mystique, Une voix... ce n'était sans doute qu'un espnt! Bientôt parut la dame a son balcon gothique : On ne sait si ce fat au sylphe qu'elle ouvrit.
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