LA MÊLÉE
Les armées s'ébnnlenl, le cboc est terrible, * les combsltADts soat terriblei , les blessures sont tirrihU^^
U mettre est terrible.
GoRSAU) Bkbcso, la Bataille de Simanetu,
BALLADE SEPTlfiMg
Pâtre! change de route. — Au pied de ces collines Vois onduler deux rangs d'épaisses javelines; Vols ces deux bataillons l'un vers l'autre marctiaiii Au signal de leurs chefs, que divise la haine. Ils se sont pour combattre arrêtés dans la plaînr. Ecoute ces clameurs... tu frômis : c'est leur chani !
<( Accourez tous, oiseaux de proie, « Aigles, hiboux, vautours, corbeaux!
« Volez, volez tous pleins de joie «c A ces champs comme à des tombeaux ! tf Que l'ennemi sons notre glaive <c Tombe avec le jour qui s achève!
« Les psaumes du soir sont finis, a Le prêtre qui suit leurs bannières <( Leur a dit leurs vêpres dernières, « Et le nêtre nous a bénis ! »
Ualbert, baron norm.ind, Rouan, prince de Galles. Vont mesurer ici leurs forces présaue égales : Les Normands sont ndroils; les Gallois sont ardents. Ceux-là viennent chargés d'une armure sonore, ' Ceux-ci font, pour couvrir leur front sauvage encore. De la gueule des loups un casque armé de oents !
« Que nous fait la plainte des veuves,
« Et de Torphelin gémissant?
<c Demain nous laverons aux fleuves
« Nos bras teints de fange et de sang.
a Serrons nos rangs, brûlons nos tentes I
a Que nos trompettes éclatantes
« Glacent l'ennemi méprisé!
<t En vain leurs essaims se déroulent;
«c Pour eux chaque sillon qu'ils foulent
« Est un sépulcre tout creusé! »
Le signal est donné. — Parmi des flots de poudre. Leurs pas courts et pressés roulent comme la foudre... Gomme deux chevaux noirs qui dévorent le frein, Gomme deux grands taureaux luttant dans les vallées. Les deux masses de fer, à grand bruit ébranlées. Brisent d'un même choc leur double front d'airain.
« Allons, ffoerriers! la charge sonne!
c Gourez, frappez, c'est le moment!
BALLADES
. Noir chaos de coursiers, d'hommes» d*annes heurtée> Les Gallois, tout couverts de peaux ensanglantées, Se roulent sur le dard des écus meorlriers; A mourir sur leurs morts, obstinés et Odèles, Us semblent assiéger comme des citadelles L^ cavaliers normands sur leurs grands destriers.
« Que ceux qui brisent leur épée « Luttent des ongles et des dents, «r S'ils veulent fuir la faim trompée « Des loups autour de nous rôdants!
« Point de prisonniers! point d'esclaves! « S'il faut mourir, mourons en braves « Sur nos compagnons immolés.
« Que demain le jour, s'il se lève, « Voie encor des tronçons de glaive « Etreints par nos bras mutilés!... y>
Viens, berger : la nuit tombe, et plus de sang ruisselle ,
De coups plus furieux cha(|ue armure étincellev
Les chevaux éperdus se dérobent au mors.
Viens, laissons achever cette lutte brûlante.
€es hommes acharnés â leur tâche sanglante
Se reposeront tous demain, vainqueurs ou morts!
Septembre IS'iS.
c Au ton de la trom()e saxonne,
c Aux accords du clairon normand !
c Dagues, hallebardes, épées,
« Pertuisanes de sang trempées,
« Bâches, poignards a deux tranchants,
« Parmi les cuiraiseï Ihiiasées
c Mêlez vos pointes hérissées,
c Gomme la ronce dans les champs 1 »
Où donc est le soleil?^ Il luit dans la fumée. Gomme un bouclier rouge en la forge enflammée. Dans des vapeurs de sang on voit briller le fer; La vallée an loin semble une fournaise ardente; On dirait qu'au milieu de la plaine grondante S'est ouverte soudain la bouché de l'enfer*
« Le jeu des héros se prolonge,
« Les rangs s'enfoncent dans les rangs,
« Le pied des combattants se plonge
« Dans la blessure des mourants.
c< Avançons! avançons! courage!
« Le fantassin mord avec ra^e
cr Le poitrail de fer du coursier;
« Les chevaux blanchissants frissonnent;
<K Et les masses d'armes résonnent
« Sur leurs caparaçous d'acier! »
À MONSJBVn LOUIS BOULANOSa,