‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 26 sur 309 · I-iuU X! et Trirtin l'Hennila · texte numérisé non relu

I-iuU X! et Trirtin l'Hennila

Il pounuil; ellererHnl à Ii religion, parce que la Jeunesse ne renonre pas voloniairement à la vie : c'esl f ourqnat elle cxi|;c du p: ile |iliis que les eéDÊrations antiques n'en ont reçu. 11 ne tlonnail au penpie que des lais, elle lui demande des croyances.

tfn des écrivains qui ont le plus puissamment coniribaé â éveiller piirmi nons celle soif d'émolions religieuses, on de cenx qni savenl le mieux rétanelier, c'est sans contredit M. l'abbc P. de Lamennais. Parvenu, dés ses premiers {ms, an sommet de l 'illustrât! on liltérnire, ce prêtre vcncrable semble n'aToir rencontré la aloire humaine qn'en passant. Il va pins loin. L'époiuc de l'appnrilior de l'Etsat sur fiudifférence sera une des dates de ce siècle. Il faut <|n'il y ait un mystère bien étrange dans ce li<cre qne nul ne peut tire sans espérance ou sans terreur, comme s'il cacnait quelque luule révélation de noire destinée. Tonr à tour majesiueui et passionne, simple et magnifique, ftrare et véhcmeot, profond et sublime, l'écrivain s'adresse au ctcur par toutes les tendresses, à l'esprit par tous les artifices, é l'Ame par tous le; enthousiasmes. II éclaire comme Pascal, il brille comme Rousseau, il foudroie comme Bossnet. Sa pensée laissé tou-

jours dans les esprits trace de son p.isaage ; elle abat tons ceux qu'elle ne relève pna. Il faut qu'elle console, à moina q^u'elle ne désespère. Elle (lètril tout ce qui ne peut frucliSer. Il n'y a point d'opinian mîite sur un pareil ouvrage ; on l'attaque comme un ennemi ou on le défend comme an saureur. Chose frappante ! ce livre était un besoin de notre époque, et la mode s'est mêlée de son succès! C'est la première fois sans doute que la mode aura été du parti de l'éternité. Tout en dévorant cet écrit, on a adresse à l'auteur une fonle de reproches que chacun en particulier aurai! dil adresser à sa conscience. Tous ces vices qu'il vonlait -bannir du cœur humain ont aie comme les vendeurs chastes du temple. On a craint que l'âme ne reslil vide lorsqu'il en aurait expulsé les passions. Nous avons entendu dire que ce livra Bustà« al- Iriilait sa vie, que ce prêtre morose arrachait les Deuri du sentier de l'Iiomme. D'accord. Mais les fleurs qu'il arrache sont celles qui cachaient l'abtme.

Cet ouvrafje a encore produit un autre phénomène, bien remarquable de nos jours; c'est la discussion publique d'une question de théologie. Et ce qu'il y a de singulier, et ce qu'on Aùl attribuer à l'inlént exlrmr-

ET PHILOSOPHIE MÊF.ËB!:.

dinaire eicilé par l'Ëuat, la rrivolilé des gens du monde et la préoccupation des iiommes d'Etal ont disparu un inslant devant un débat scolas^que el relif^ieiii. On ■ cru voir un mament la Sorbonue renaitre entre les deux Chambres.

H. de Lamenniù, aidé dans sa torce par la force d'en han). a accoutumé sei lecteurs l'i le voir porter, sans perdre haleine, 'd'un bout à l'autre de son immense composition, le fardeau d'une idée foodamenlale, vaste et unique. Partout se révèle en lui la possession d'une

Praode pensée. 11 la développe dans toutes ses parties, illumine dans tous ses détails, Veiplique dans tous ses mystéret, la critique dans tous ses résultats. H remonte i toutes [h causes c«mme il redescend à toutes les conséquences.

Un des bienfaits de ces sortes d'ouvrages, c'est qu'ils dégoûtent profondément de tout ce qu'ont écrit de dérisoire et d'ironique les chefs de la secte incrédule. Quand une fols on est moulé si liant, un ne peut plus redescendra aussi bas. Dés qu'on a respiré l'air et vu la lumière, on ne saurait rentrer dans ces ténèbres et dans ce vide. On est saisi d'une ineiprimable compatsiou en

voyant des Iiommes épuiser leur touille d'un Jour h forger ou à éteindre Dieu. On est tenté de croire que

l'atnée est un être à part, organisé à sa façon, et qu'il a raison de réclamer sa place parmi les bjtes; car on ne conçoit rien à la révolte de l'intelligence contre l'inlelligeûce. El puis, n'est-ce pas une étrange société que celle de ces individus afant chacun un créateur de leur création, une foi selon leor opinion, disposant de l'éternilë pendant que' le temps les emporte , et cherchant i réaliser cette irtullipUx reUigio,innt monstrueux trouvé par un païen? On dirait le chaos n la poursuite du néant. Tandi8i]ue l'Ame du chrétien, pareille à la Un m m e tourmentée en vain par les caprices de l'air, se relève incessamment vers le ciel, l'esprit de ces iuBdéles est comme le nuage qui ciianije de forme et de roule selon le »en( qui le pousse. Et 1 on rit de tes voirjUKer les choses éternelles du haut de la philosophie humaine, ainsi que dc4 malheureux qui graviraient péniblement au sommet d'une montagne pour mieux examioer les étoiles. Ceux qui apportent aux nations enivrées par tant de

S oison s la véritable nourriture de vie et d'intelligence, oi*ent se conSer en la sainteté de leur entreprise. Tôt

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LITTÉRATURE

(»u lard, les peuples désabusés se pressent autour d'eux, 1 vers donl un poêle de son école saluait l'ombre généreuse j et leur disent comme Jean à Jésus : Ad quem ibimus? d'André Chénier :

verba vitx xteriix habes. « A qui irons-nous ? vous avez les paroles de la vie élernelle. »

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