‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 272 sur 309 · I.i;s FilfILLtS DAl'TOMNE · texte numérisé non relu

I.i;s FilfILLtS DAl'TOMNE

IJuind la soiirili! mâl^ élreint lu ei

El loufHc, rurieiue, lui bouchei dea dtîroDi.

De Ions les ocëaos votre course a tu

Hélai ! et Tons Teriez une ceinture i)

Du silloD du vBÎueiiu.

Le soleil de vingt cîeui i mi'iri votre vie. Partout où vous meni votre inconstante eoTie,

Jelflul et ramaRsant, Pareil au laboureur qui l'ëcolte et qui sème. VoD) arei pris dea lieux et hisse de Tou^mime

Quelque chose ta passant.

Tandis ijue loire ami, moins henreax et moins u Attendait dei saisons l'unirorme passage

Dans te même horiioo; Kt comme l'arbre vert qui de loin la dessine, A sa porte elTeuilUnt ses jours, prenait racine

Au seuil de sa maison :

Voni êtes Taligué tant voua avei vu d'homma 1

Ëafln voua revenet, lai de ce que nous sommet,

Vous reposer en Dieu.

Triste, vous me contes vos courses inlécondes, Et vos pieds ont mêlé la poudre de-troù mondes

Aui cendres démon feu.

Or. maintenant, le cœur plein de choses profondes, Des enfants dans vos mains tenant les tftet blondes.

Vous me parles ici, Bt vous me demande*, sollicitude amere, — Où donc ton p«re? où donc Ion iils? où dpDC ta méceT

— Os vof agent aussi !

Le voyage qu'ils font n'a ni soleil, ni lune. Nul homme n'y peut rien porter de sa fortune.

Tant le maitre est jaloux!

Le vojase qu'ils font est profond et sans bornes; On le ùiit à pas lenls parmi des face* mornes,

Et nous le ferons tous !

LES FEUILLES D'AUTOMNE

J*étais  leur départ comme j'étais an vôtre. En diverses saisons, tous trois. Ton après l'antre»

Ils ont prk leur essor.

Hélas! j'ai mis en terre, a cette heure suprême, Ces têtes Que j'aimais. Avare, j'ai moi-même

Enfoui mon trésor.

Je les ai vus partir. J'ai, faible et plein d'alarmes, Yu trois fois un drap noir semé de blanches larmes

Tendre ce corridor; J'ai sur leurs froides mains pleuré comme une femme, Mais, le cercueil fermé, mon âme a vu leur Ame

Ouvrir deux ailes d*or 1

Je les ai vus partir comme trois hirondelles

Qui vont chercher bien loin des printemps plus fidèles

Et des étés meilleurs.

Ma mère vit le ciel et partit la première, Et son œil en mourant fut plein d'une lumière

Qu'on n'a point vue ailleurs.

Et puis mon premier-ué la suivit, puis mon père, Fiervéléran Agé de quarante ans de guerre,

Tout cnargé de chevrons.

Maintenant ils sont là, tous trois dorment dans l'ombre, Tandis que leurs esprits font le voyage sombre^ - fit vont où nous irons !

Si vous voules, à l'heure où la {une décline. Nous monterons tous deux la nuit sur la colline

Où gisent nos aïeux.

Je vous dirai, montrant A votre vue amie La ville morte auprès de la ville endormie :

Laquelle dort le mirjx?

Venex; muets tous deux et couchés contre tem»; Nous entendrons, tandis que Paris fera taire , ,

Son vivant tourbillon, Ces millions de morts, moisson du fils de l'homme, Sourdre confusément dans leurs sépulcres, eomme

Le grain dans le sillon !

Combien vivent joyeux, qui devaient, sœurs ou frères, Faire un pleur éternel de quelques ombres chères!

Pouvoir des ans vainqueurs !

Les morts durent bien peu : laissons-les sous la pierre ! fiélasl dans le cercueil ils tombent en poussière

Moins vite qu'en nos cceurs l

Voyageur! voyageur! Quelle est notre folie!

Qui sait combien de morts à chaque heure on oublie ?

Des plus chers, des plus beaux?

Qui peut savoir combien toute douleur s'émousse, Et combien sur la terre un jour d'herbe qui pousse

Efface de tombeaux !

GaiiM tangor ab omnL ovio.

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