‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 273 sur 309 · DICTÉ EN PRËSENCE DU GLACIER DD RHONE · texte numérisé non relu

DICTÉ EN PRËSENCE DU GLACIER DD RHONE

Souvent, quand mon esprit riche en métamorphoees Flotte et rode endormi sur l'océan des choses, ' Dieu, foyer du vrai jour qui ne luit point aux yeux. Mystérieux soleil dont ri|me est embrasée, Lo/rappe d'un ravoo^ et, f^me une rosée. Le rainasse âi'e&lév^ aux cieux.

Alors, nuage errant, ma haute poésie Vole.caprÎQieuse, ,et sans foutQ choisie. De l'êccident au sud, du nord à l'orient ; Et regardé, du haut des radieuses voûtes, Les c.itës de la terre, et». les didaignant toutes, Leur jette son omâje en f|yant.

Poîsr^lans l'or du matin luisant comme une étoile, Twitôt d}^j découpe une tnm^ i son voile. Tantôt, comme un guerrier qui résonne en marchant, Elle frappe d'éclairs la forêt qui murmure; Et ta il tôt en passant rougit sa noire armure . . Dans U foui:oa^ mi couchant.

Enfin, sur un rieux mont, colosse à tète ffrise, Sur des Alpes de neice un vent jaloux la brise. Qu'importe! Suspendu sur l'abime béant Le nuage se change en un placier sublime. Et des mille fleurons qui hérissent sa cime Fait une couronne au géant!

Gomme le haut cimier du mont inabordable, Alors il dresse au loin sa crête formidable. L'aro-en-del vacillant joue a son flanc d'ader; Et, chaque soir, tandis que l'ombre en bas l'assiège. Le soleil, ruissekint en lave sur sa neige, Change en cratère le glader.

Son firont blanc dans la nuit semble une aube étemelle ,* I/O chamois eiîaré, dont le pied vaut une aile. L'aigle même le craint, sombre et silencieux; La tempête à ses pieds tourbillonne et se traîne. L'œil os^A peine atteindre à sa face sereine, TanT iLest avant dans les cieux I

Et seul, à ces hauteurs, sans crainte et sans vertige, Mon es|)rit, de la terre oubliant le prestige, Voit le jour étoile, le ciel qui n'est plus meu, Et contemj^le de près ces splendeurs sidérales Dont la nuit sème au loin ses sombres cathédrales, Jusqu'à ce qu'an rayon de Dieu

LBS FEUILLES D'AUTOMNE.

Le frappe de nouTeau, le précipite, et change Les prismes du glacier en Uols m^lés de fange ; Âlon il croule, alors, ^veillanynille échos, 11 retombe en torrent dans Toéian du monde, Chaos aTeagle et soilrd, mer immense et profonde, Où se rassemblent tous les flots !

Au gré du divin souffle ainsi vont mes pensées. Dans un cercle étemel incessamment poussées. Du terrestre océan dont les flots sont amers, Gomme sous un rajon monte une nue épaisse, Elles montent toujours vers le ciel, et sans cesse Redescendent des cieux aux mers.

Mai 1829.

D'hommes tu nous fais Dieu.

RÉGHfCa.

Page 1