DÉDAIN
Qui peut savoir combien de jalouses pensées. De haines, par l'envie en tous lieux ramassées, De sourds ressentiments, d'inimitiés sans frein, D'orales à courber les plus sublimes têtes, Combien de passions, de fureurs, de tempêtes. Grondent autour de toi, jeune homme au front serein !
Tu ne le sais pas» toi! — Car tandis qu*& ta base La gueule des serpents s'élargit et s'écrase. Tandis que ces rivaux, que tu croyais meilleurs, Vont t'assiégeant en foule, ou dans la nuit secrète Creusent maint piège infiime à ta marche distraite, Pensif, tu regardes ailleurs !
Ou si parfois leurs cris montent jusqu'à ton âme. Si ta colère, ouvrant ses deux ailes de flamme, Veut foudroyer leur foule acharnée à ton nom, ^vant que le volcan n'ait trouvé son issue. Avant que tu n'aies mis la main i ta massue. Tu te prends é sourire et tu dis : A quoi bon?
Puis voilà que revient ta chère rêverie. Famille, enfance, amour. Dieu, liberté, patrie; La lyre à réveiller, la scène à raîeunir; Napoléon, ce dieu dont tu seras le prêtre; Les grands hommes, mépris du temps qui les voit nallre, Religion de l'avenir.
LES FBDI(.LBS D'AUTOMNE.
AUei donc! eniifinis de son nom! fonle vaine! Aaloor de son génie épuiMi votre baleine ! Rccommencei lonjounl ni trêve ni remord. Allei, recommencBi, veillei, et uns relicbe Roalei TOtre rocher, relsites votre liche, Envîeuxl — Lvi, poCle, il chanle, il rAve, il dort.
Votre ttte qui l'aignife, al ribre comme an glaive, ITest an'une na & fini dus le bruit qu'il soulève. La gloura cat u raiMert de mille échos épars. Chœurs de Mnwu, accords divins, chtDti angéliquc!;,
11 ne TOns tonnait pas. —Il dit psr întervetlesi Quil but ans jours d'été l'aigre cri des cigales ; L'épine à mainte fleur ; que c est le sort commun ; Que ce «rait pilié d'écraser la cigale ; (Joe le trop bien est mal; que la rose an Bengale Pour être sUs épine est aussi sans parfum.
El puia, qa'importel amis, ennemis, tout l'écoule. C'ett au même tombeau que va toute la Foule. Rien ne toncbe un esprit que Dieu même a saiiî. Trônes, Kepires, lauriers, lemplea, chars de vici lir On ferait à des roii des couronnes de gloire De tout ce qu'il dédaigne ici .'
Que lui font doue ces cris où votre Que sert au flot amer d'écumer sur la proue ? Il ignore vos nouu, il n'en a point souci. Et quand, ponr ébranler l'édiljce qu'il fonde, La lueur de vos froals ruinelle et vous inonde, 11 ne sait même pat qui vous fatigue ainsi j
Paie, quand il le voadra, icribei, docteun, poitee, Il sait qu'il peut, d'un souille, en vos bouchea muettes
EtMiidre vos clamean.
Et qnll emportera toutes vos voii ensemble. Comme le vent de ner emporte où bon Ini semble
La chanson des ramenn !
Bo vain vos làpona l'environnent sans nombre, Il n'a qu'A se bver pour couvrir de son ombre
A la fou tous vos bonis ; '
Il n'a qn'i dire un mot pour couvrir vos voii grêles. Comme un char en passant couvre le bruit des ailes
De mille m— "^ '
Quand 11 vent, *os Oambaanx, sublimes auréoles Dont vous illumine! vos temples, vos idoles,
Vos dieni, votre Toyer, Phares éblouissants, clartés universellei. Pâlissent à l'éclat des moindres éllncelles
Do ]ned de son coursier!
0 loi qut si longtemps vis luire i mon cAté Le jour égal et pur de la prospérité.
Toi qui, lorsque mon Ame allait de doute en doute, ' Et comme un voys^ur te demandait sa route, Endormis sur ton sein mes rêves ténébreui, El pour toute raison disais : Soyons heureux I Héras ! A mon amie, hélas ! voici que l'ombre Envahit notre ciel, et que la vie est sombre; Voici que le malheor s'épanche lentement Sur l'aïur radîeui de notre Srmament; Voici (|U'à noa regards s'obscurcit et recule
dans un noir crépuscule ;
va la nuit se propageant,
leui, vivant, intelligent,
cette profonde étoile ?
le bonheur nous voile, c'est la première encor
de sa lumière d'ort
ta sombre nuit réclame, pour cacher celle flamme, '
inl, ou du septentrion, Chaque ombre qui survient donne i l'astre un rayon, Et plus viendra la nuit, et plus, i plis funèbres. S'épaissiront sur nous son deuil et ses lénèbres, Plus dans ce ciet sublime, à non yeux enchantés, En foule apparaîtront de splendides clarles! Plus nous verrooi dans l'ombre, où leur loi les r.issemble. Toutes les vérités étinceler ensemble.
Et graviter autour d'un centre impérieui. Et rompre et renouer leur chœur mystérieuxl Cette Cttate nuit que le malheur amené Fait voir plus clairement la destinée humaine. Et montre i ses deui bouts écrits en traits de feu Ces mots : Ame immortelle ! éternité de Dieu 1
Car tant que tuit le jour, de son mleil de flamme 11 accable nos jeux, il aveugle noire Ame, Et nous nous reposons dans un doute serein Sans savoir si le ciel est d'axur ou d'airain. Hais la nuit rend aux cieui leurs étoiles, leurs gidres, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. Uaàl dans leurs profondeurs découvre i chaque pas Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas, Soldlt plus llamboyanlB, plus chevelus dans l'orabre, Qu'en 1 abime sans fin il voit luire sans nombre 1
LES FEUILLES D'ACTOHNE.
ne Je icat de mer «mporU où boa lot tanUt
Li cliiDson des nmeunl