‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 276 sur 309 · A MONSIEUR FONTANEY · texte numérisé non relu

A MONSIEUR FONTANEY

C'eit une cboM grtndè et que laul homme envie D'avoir un luiire en wi qu on répand sur u rie.

D'être choUi d'iie peuple â venger md iffrout. De ne point feîre ud pas (jui D'ail trace en l'hiiloire. Ou de chanter les yeui au ciel, et que ]» gloire Passe avec un regard reluire voire tronl.

U est lieau de courir par la: terre ii8ur|>ie.

Disciplinant les rois du plat de son épèe. *

D'élre Rapoléon, l'empereur radieui;

D'être Danle, à son nom rendant le« *oix muettes.

Sans doute lia sont lieureui, les héros, les poêles.

Ceux que le bras fail rois, ceux que l'ecprit fiil dieni i

Il esl beau, conquéranî. I^islateur, prophète,

De marcher dépassant les nommes de la tête;

D'élre en la nuit de loua un éclatanl flambeau.

Et que de vos vingt ans vingt siècles se souviennent!...

— Voilà ce que je dis : puis des pitiéi me viennent

Quand je pense a tous ceui qui sont dam le lombein '.

LES tTUH.LES O'AUTONNE.

Oh prioûiTenl gio venta dell' ir

0 mes lettres d'nmour, de verlu, de jeunesse,

C'est donc rou^ ! Je m'enivre encore n voire ivreue !

Je vous lis li genoui.

Soulfrei que pour un jour je reprenne votre Age ! Ui!.'Wz-moi me cocher, mm l'Iieureui cl le soge,

Pour pleurer avec vout !

J'avKis donc dix-huit ans! j'étais donc plein de aongei I L'espérauce en chmlaot me lierait de roeniongen.

Un nsti-e m'nvalt lui !

J'étais un dieu pour loi qu'en mon cceur seul je Domme 1 J'éluis donc cet enfiDt, liélas 1 devant qui l'homme

Rougi! presque aujourd'hui !

0 lemns de révme, et de force, et de grtce! Atteoure tous les soirs une robe qui passe.

Baiser un gant jeté 1 Vouloir tout de la vie, amour, puisunce et fçloire I Etre pur, être fier, être sublime, cl croire

A toute pureté '.

je sais. — Qu'importe t ouvrir ma porte Qui gémit en tournant 1 Ob ! que cet Age ardeut qui me semblait si sombre, A côté du bonheur qtii m'abrite à son ambre Rayonne mainlcnout !

LES FEUILLES D'AUTOMNE

Que vous at-je donc fait, ô mes jeunes années ! Four m*avoir fui si vite et vous être éloignées

Me croyant satisfait?

Hélas ! pour revenir m*apparaitre si belles. Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes,

Que TOUS ai-je donc fait 't

Oh ! quand ce doux passé, quand cet Age sans tache. Avec sa robe blanche où notre amour s'altache,

- Revient dans nos chemins.

On s'y suspend, et puis aue de larmes améres Sur les lambeaux flétris ae vos |eunes chimères Qui vous restent aux mains !

^Oublions! oublions! Quand la jeunesse est morte. Laissons-nous emporter par le vent qui l'emporte

A l'horizon obscur. * '

Rien ne reste de nous; notre œuvre est un problème. L'homme, fantôipe errant, passe sans laisser même

Son ombre sur 1c mur !

Mai 1830.

Sinite parvulos vcinrc ad niK.

jiaus.

Laissez. — Tous ces enfants sont bien lé. — Qui vous dit Que la bulle d'azur que mon souffle. agrandit

A leur souffle indiscret s'écroule ?

Qui vous dit que leurs voix, leurs pas, leurs jeux, leurs cris, Effarouchent la muse et chassent les péris?... —

Venez, enfants, venez en foule I

Venez autour de moi ; riez, chantez, courez ! Votre œil me jettera quelques rayons dorés,

Votre voix charmera mes heures.

C'est la seule en ce monde, où rien ne nous sourit, Qui vienne du dehors sans troubler dans l'esprit

Le chœur' des voix intérieures!

Fkheux! qui les vouliez écarter! — Croyez- vous Qlie notre cœur n*est pas plus serein et plus doux

Au sortir de leurs jeunes rondes ?

Croyez-vous que j'ai peur quand je vois, an milieu De mes rêves rougis ou de sang ou de feu,

Passer toutes ces têtes biondes?

\a vie est-elle donc si charmante à vos yeux. Qu'il faille préférer d tout ce bruit joyeux

Une maison vide et muette ?

N'ôtez pas, la pitié même vous le défend, Un rayon de soleil, un sourire d'enfant

Au ciel sombre, au cœur de poète !

— c Mais ils s'efTsceront à leurs bruyants ébats, c Ces mots sacrés que dit une muse tout bas,

c Ces chants purs où Téme se noie?... » — Et que m'importe à moi, muse, chants, vanité, Votre g[loire perdue et Timmàrtalité,

Si j'y gagne une heure de joie !

La belle ambition et le rare destin !

Chanter! toujours chanter pour un écho lointain!

Pour un vain bruit qui passe et tombe! Vivre abreuvé de fiel, d'amertume et d'ennuis I Expier dans ses jours les rêves de ses nuits!

Faire un avenir i sa tombe !

Oh ! que j'aime bien mieux ma joie «t mon plaûiir, Et toute ma famille avec tout mon loisir, *

Dût la gloire ingrate et frivole, Dussent mes vers, troublés de ces ris familiers, S'enfuir, comme devant un essaim d'écoliers

Une troupe d'oiseaux s'envole !

Mais non. Au milieu d'eux rien ne s'évanouit. L'orientale d'or plus riche épanouit

Ses fleurs peintes et ciselées ; La ballade est plus fraiche, et dans le ciel grondant L'ode ne pousse pas d'un souflle moins ardent

Le groupe aes strophes ailées l

Je les vois reverdir dans leurs jeux éclatants.

Mes hymnes parfumés comme un chant de printemps.

0 vous, dont l'Ame est épuisée, 0 mes amis ! l'enfance aux riantes couleurs Donne la poésie à nos vers, comme aux fleurs

L'aurore donne la rosée !

Venez, enfants! — A vous jardins, cours, escaliers! Ebranlez et planchers, et plafonds, et piliers!

Que le jour s'achève ou renaisse.

Courez et bourdonnez comme l'abeille aux champs ! Ma joie et mon bonheur el mon Ame et mes chants

Iront on vous irez, jeunesse!

Il est pour les cœurs sourds aux vulgaires clameurs D'harmonieuses voix , des accords, des rumeurs,

Qu'on n'entend que dans les retraites.

Notes d'un grand concert interrompu souvent, Vents, flots, feuilles des bois, bruits dont l'Ame en rêvant

Se fait des musiques secrètes!

Moi, quel que soit le monde, et l'homme, et l'avenir. Soit qu'il faille oublier ou se ressouvenir,

Oue Dieu m'afflige ou me con.<^lcr, Je ne veux habiter la cité des vivants Que dans une maison qu'une rumeur d'enfants «

Fasse toujours vivante et folle.

De même, si jamais enfin je vous revois.

Beau pays, dont la langue est faite pour ma voix.

Dont mes yeux aimaient les campagnes.

Bords où mes pas enfants suivaient Napoléon, Fortes villes du Cid ! ô Valence, 6 Léon,

Castille, Aragon, mes Espagnes!

Je ne veux traverser vos plaines, vos cités, Franchir vos ponts d'une arche entre deux monts jetés, Voir vos palais romains ou maures.

LES FEUILLES D'AUTOMNE

Votre Guadftlqutvir qui serpente et s'enfuît. Que dans ces chars dorés qu'emplissent de leur bruit bêê grelots des mules sonores!

Mai 1830.

Where shotild I stcer?

BTRON.

Quand le lÎTre où s'endort chaque soir ma pensée, Quand l'air de la maison, les soucis du foyer, Quand le bourdonnement de la viile insensée Où toujours ou entend quelque chose crier, Quand tous ces mille coins de misère ou de fête Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné, Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma léte, Le regard de mon âme à la terre tourné ;

Elle s'échappe enfin, va, marche, et dans la plaine Prend le même sentier qu'elle prendra demain, Qui régare au hasard, et toujours la ramène. Gomme un coursier prudent qui connaît le chemin. Elle court aux forêts, où dans l'ombre indécise Flottent tant de rayons, de murmures, de voix. Trouve la rêverie au premier arbre assise, • Et toutes deux s'en vont ensemble dans les bois !

Jain 1830.

Flebile nescio quid.

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