V1DB
Oh ! pourquoi te cacher? Tu pleurais seule ici. Devant tes yeux réveuift qui donc passait ainsi? Quelle ombre llottait dans ton âme?
Etaitrce long regret, ou noir pressentiment* Ou jeunes souvenirs dans le passé dormant, Ou vague faiblesse de femme?
• Voyais-tu fuir déjà l'amour et ses douceurs. Ou les illusions, toutes ces jeunes sœurs
Qui, le matin, devant nos portes.
Dans l'avenir sans borne ouvrant mille chemins. Dansent, des fleurs au front et les mains dans les mains, Et bien avant le soir sont mortes ?
Ou bien te venait^ii des tombeaux endormis Quelque ombre douloureuse avec des traits amis,
Te rappelant le peu d'années, El demandant tout bas quand tu viendrais le soir Prier devant ces croix de jpierre ou de bois noir
Où pendent tant de fleurs fanées?
Mais non, ces visions ne te poursuivaient pas. Il suffit pour pleurer de songer qu'ici- bas
Tout miel est amer, tout ciel sombre.
Que toute ambition trompe l'effort humain, Que l'espoir est un leurre, et qu'il n'est pas de main
Qui garde l'onde ou prenne l'ombre !
Tovqours ce qui là-bas vole au gré du léphyr Avec des ailes d'or, de pourpre et de sapnir, .
Nous fait courir et nous devance; Mais adieu l'aile d'or, pourpre, émail, vermillon, Quand l'enfant a saisi le frêle papillon,
Quand l'homme a pris son espérance I
Pleure. Les pleurs vont bien, même au bonheur; tes chants Sont plus doux dans les pleurs; tes yeux purs et touchants
Sont plus beaux quand tu les essuies.
L'été, quand il a plu, le champ** est plus vermeil, Et le ciel fait briller plus frais au beau soleil
Son azur lavé par les pluies !
Pleure comme Rachel, pleure comme Sara.
On a toujours souffert ou bien on souffrira.
Malheur aux insensés qui rient !
Le Seigneur nous relève alors que nous tombons. Car il préfère encor les malheureux aux bons,
Ceux qui pleurent à ceux qui prient !
Pleure afin de savoir! Les larmes sont un don. Souvent les pleurs, après l'erreur et l'abandon,
Raniment nos forces brisées!
Souvent l'àme, sentant, au doute qui s'enfuit. Qu'un jour intérieur se lève dans sa nuit.
Répand de ces douces rosées !
Pleure ; mais tu fais bien, cache-toi pour pleurer. Aie un asile en toi. Pour t'en désaltérer,
Pour les savourer avec charmes, Sous le riche dehors de ta prospérité, Dans le fond de ton cœur, comme un fmit pour l'été,
Mets à part ton trésor de larmes!
Car la fleur, qui s'ouvrit avec l'aurore en pleurs Et qui fait à midi de ses belles couleurs
Admirer la splendeur timide.
Sous ses corolles d'or, loin des yeux importuns, Au fond de ce calice où sont tous ses parfums,
Souvent cache une perle hnmide !
Juin 1830.
LES FEDILLES D'AUTOMNE.
Sad utis ett jam posée mon.